CORPUS HISTORIQUE ÉTAMPOIS
 
 
Lecesne-Allien
Industries nouvelles à Étampes
Abeille d’Étampes, 17 mai 1913
 
   
Moulins d'Etampes (Léon Marquis, 1881)
 
     A la veille de la guerre de la Grande Guerre, Lecesne-Allien, directeur de l’Abeille d’Étampes, nous trace un portrait aussi rapide que saisissant d’une époque méconnue de l’histoire économique étampoise. On y découvre un dynamisme étonnant, dont personne ne saura jamais ce qu’il aurait pu produire, sans la saignée terrible qui va bientôt frapper la ville, comme tout le reste de la nation. Sept moulins ont su se reconvertir après l’abandon de la minoterie traditionnelle.

     B.G.
  

L’Abeille d’Étampes 102/20 (17 mai 1913), p. 2.
Industries nouvelles à Étampes



ACTUALITÉ
Etampes. – Industries nouvelles



       Tout se transforme, tout évolue, et cette loi est vraie pour les industries comme pour les institutions.

     Et c’est ainsi que nous assistons actuellement à une sorte de réveil de moulins que les progrès du machinisme moderne semblaient avoir condamnés à mort.

     Un de nos concitoyens faisait devant nous, il y a quelques jours, le relevé suivant qui a peut-être des manques et qui peut avoir des suites.

     Le moulin des Fontaines, anciens 
Établissements de Glos, est occupé depuis quelque temps pour la préparation du sel de table Pyrrhos et aussi d’engrais chimiques. Un matériel pour le travail industriel de l’étain y sera, dit-on, prochainement installé, ce qui donnerait à supposer qu’un personnel assez nombreux sera nécessaire.

     Au Petit Moulin, derrière les ateliers Berthelot, chacun sait que notre industrieux concitoyen, M. Pasquet, a installé, de sa belle main, comme on dit, depuis la roue motrice jusqu’aux appareils de transformation, une fabrique de glace, où chacun de nous est assuré de trouver, à un prix consciencieux – c’est un ami, nous ne faisons pas payer la réclame – une glace compacte et pure. Et il est curieux de voir les manchons glacés qui entourent les conduits réfrigérants. On se croirait en Laponie.

     Souhaitons à lui et à nous-mêmes un été chaud, et des demandes nombreuses.

     Le Moulin de la Pirouette, sur le chemin qui va du Petit Saint Mars à la rue de la Pirouette, abrite depuis le début de cette année une fabrique qui, sous la direction de M. Vautravers, fait les articles en celluloïd, des carters pour vélos, des bacs pour accumulateurs, des vernis spéciaux. Cette industrie était presque entièrement allemande. La voici francisée. Le personnel employé ne comprend qu’une huitaine d’ouvriers et ouvrières, mais il pourra se développer si la fabrique peut développer elle-même ses affaires et s’assurer la régularité et l’abondance de l’eau pour sa force motrice.

     Au Moulin Braban, chez M. Nabot, nous trouvons une dizaine d’ouvriers employés à faire des pièces pour réparations de chambres à air d’automobiles et des rondelles de caoutchouc pour le bouchage des bouteilles de bierre [sic]. Cette petite usine travaille activement.

     Au Moulin Chamois, qui naguère devait travailler à la reconstitution du caoutchouc hors d’usage, est aujourd’hui une brasserie de bière que M. Dufrenoy a intallée, et qu’il espère pouvoir développer.

     Le Moulin de l’Hospice, s’il ne fait plus, de blé, farine, fabrique encore des produits d’alimentation qui, sous le vocable d’ensemble de «produits Excelsior», résument sous l’aspect de pâtes, de poudres, de concentrés, les principes nutritifs contenus dans les produits naturels. Madame veuve Debolle est la meunière de ce moulin.

     Enfin, M. Paul Bouvard, en association avec un chimiste très compétent, M. Collet, vient de créer dans les anciens locaux de l’Usine de la Trinité une fabrique de pansements qui est déjà en pleine activité et qui occupe, elle aussi, un certain nombre d’ouvriers. L’usine de la Trinité, isolée au milieu de la plaine du Petit Saint Mars, et par suite éloignée de tout centre d’infection microbienne, se prête en effet merveilleusement aux délicates opérations qu’exige cette fabrication; dans les vastes salles bien éclairées des divers étages, les opérations de surveillance et de manutention sont faciles: au besoin des agrandissements peuvent être faits sur le terrain de plus de 50 ares qui entoure l’usine, et tout permet d’espérer que cette nouvelle industrie étampoise peut prendre par la suite une très grande extension, d’autant plus désirable que le produit vient d’Allemagne.

     Toutes ces initiatives seront fécondes, nous l’espérons. Jadis, les routes conduisant aux moulins appartenaient aux paisibles bourriquots qui allaient porter le grain et chercher la farine. Désormais, elles seront aux camions automobiles, et si le pittoresque y perd, le mouvement d’affaires qui sera ainsi créé nous fera moins regretter de ne plus entendre comme nos pères le mouvement du moulin et la chanson de l’ânier.

La scierie Berthelot
La scierie Berthelot (actuel parking Berchère)
 
Source: Article de l’Abeille repéré par B.G. et par Bernard Métivier en mars 2012.
BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE
      
Édition

     LECESNE-ALLIEN (directeur du journal), «Actualités. Étampes. Industries nouvelles», in L’Abeille d’Étampes 102/20 (17 mai 1913), p. 2.

     Bernard MÉTIVIER & Bernard GINESTE [éd.], «Lecesne-Allien: Industries nouvelles à Étampes (Abeille d’Étampes, 17 mai 1913)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-19-lecesne1913moulins.html, 2012.

Sur les moulins étampois

     COLLECTIF, «Les moulins d’Étampes (compilation)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cee-moulinsdetampes.html, depuis 2010.

Sur le XIXe siècle étampois

     Page de liens à venir.



Toute correction, critique ou contribution sera la bienvenue. Any criticism or contribution welcome.
   
Explicit
   
SommaireNouveautésBeaux-ArtsHistoireLittératureTextes latinsMoyen Age NumismatiqueLiensRemerciementsAssociationNous écrire - Mail