Tout se transforme, tout évolue, et
cette loi est vraie pour les industries comme pour les institutions.
Et c’est ainsi que nous assistons actuellement à
une sorte de réveil de moulins que les progrès du machinisme
moderne semblaient avoir condamnés à mort.
Un de nos concitoyens faisait devant nous, il y a
quelques jours, le relevé suivant qui a peut-être des manques
et qui peut avoir des suites.
Le moulin des Fontaines, anciens Établissements de Glos, est occupé
depuis quelque temps pour la préparation du sel de table Pyrrhos
et aussi d’engrais chimiques. Un matériel pour le travail industriel
de l’étain y sera, dit-on, prochainement installé, ce qui donnerait
à supposer qu’un personnel assez nombreux sera nécessaire.
Au Petit Moulin, derrière les ateliers
Berthelot, chacun sait que notre industrieux concitoyen, M. Pasquet, a
installé, de sa belle main, comme on dit, depuis la roue motrice
jusqu’aux appareils de transformation, une fabrique de glace, où
chacun de nous est assuré de trouver, à un prix consciencieux
– c’est un ami, nous ne faisons pas payer la réclame – une glace
compacte et pure. Et il est curieux de voir les manchons glacés
qui entourent les conduits réfrigérants. On se croirait en
Laponie.
Souhaitons à lui et à nous-mêmes
un été chaud, et des demandes nombreuses.
Le Moulin de la Pirouette, sur le chemin qui
va du Petit Saint Mars à la rue de la Pirouette, abrite depuis le
début de cette année une fabrique qui, sous la direction de
M. Vautravers, fait les articles en celluloïd, des carters pour vélos,
des bacs pour accumulateurs, des vernis spéciaux. Cette industrie était
presque entièrement allemande. La voici francisée. Le personnel
employé ne comprend qu’une huitaine d’ouvriers et ouvrières,
mais il pourra se développer si la fabrique peut développer
elle-même ses affaires et s’assurer la régularité et
l’abondance de l’eau pour sa force motrice.
Au Moulin Braban, chez M. Nabot, nous trouvons
une dizaine d’ouvriers employés à faire des pièces
pour réparations de chambres à air d’automobiles et des rondelles
de caoutchouc pour le bouchage des bouteilles de bierre [sic]. Cette petite
usine travaille activement.
Au Moulin Chamois, qui naguère devait
travailler à la reconstitution du caoutchouc hors d’usage, est aujourd’hui
une brasserie de bière que M. Dufrenoy a intallée, et qu’il
espère pouvoir développer.
Le Moulin de l’Hospice, s’il ne fait plus,
de blé, farine, fabrique encore des produits d’alimentation qui, sous
le vocable d’ensemble de «produits Excelsior», résument
sous l’aspect de pâtes, de poudres, de concentrés, les principes
nutritifs contenus dans les produits naturels. Madame veuve Debolle est
la meunière de ce moulin.
Enfin, M. Paul Bouvard, en association avec un chimiste
très compétent, M. Collet, vient de créer dans les
anciens locaux de l’Usine de la Trinité une fabrique de pansements
qui est déjà en pleine activité et qui occupe, elle
aussi, un certain nombre d’ouvriers. L’usine de la Trinité, isolée
au milieu de la plaine du Petit Saint Mars, et par suite éloignée
de tout centre d’infection microbienne, se prête en effet merveilleusement
aux délicates opérations qu’exige cette fabrication; dans
les vastes salles bien éclairées des divers étages,
les opérations de surveillance et de manutention sont faciles: au
besoin des agrandissements peuvent être faits sur le terrain de plus
de 50 ares qui entoure l’usine, et tout permet d’espérer que cette
nouvelle industrie étampoise peut prendre par la suite une très
grande extension, d’autant plus désirable que le produit vient d’Allemagne.
Toutes ces initiatives seront fécondes, nous
l’espérons. Jadis, les routes conduisant aux moulins appartenaient
aux paisibles bourriquots qui allaient porter le grain et chercher la farine.
Désormais, elles seront aux camions automobiles, et si le pittoresque
y perd, le mouvement d’affaires qui sera ainsi créé nous fera
moins regretter de ne plus entendre comme nos pères le mouvement du
moulin et la chanson de l’ânier.
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La scierie Berthelot (actuel parking Berchère)
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