De Jean des Temps à Jean d’Estempes
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Vincent de Beauvais.— Martin d’Oppavia.— Guillaume de Nangis.— Juan Gil de Zamora.— Sigimar
de Kremsmünster.— Jean Lelong d’Ypres.—
Autres chroniques flamandes.— Liber Terre Sancte d’Évreux.—
Philippe de Bergame.— Fulgosius.— Johannes Nauclerus (Vergenhans).— Paul Émile.— Joachim
Curius.— François de Belleforest.—
Theodor Zwinger.— Giovanni Selino.— Paolo Morigia.— Jean Bodin.—
Richard Verstegan.— Lewis Bayly.— Balthasar Exner.—
Francis Bacon.— Thomas Browne.— Dom Basile
Fleureau.— Pedro Calderón de la
Barca.— Christian Friedrich Garman.— Henning Witte.— Johann
Jacob Hofmann.— John Evelyn.— Les Comtes Stampa.— Jean
Paul.— Johann Georg Theodor Grässe.— Robert Leslie Ellis.— Emilio Seletti.—
Felix Liebrecht.— Edward Peacock & Abram Smythe Palmer.—
Gaston Paris.— Volkrat Stampa..— Jesko Stampa.— Giacomo Cavallo.— Le comte Henri de Stampa.— Bernard Gineste.
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01.
Vincent de Beauvais, Chronique
(avant 1264)
Vincent de Beauvais,
savant dominicain, a étudié à Paris à
la fin du règne de Philippe Auguste, avant d’entrer couvent
des dominicains de Saint-Jacques à Paris en 1218. Familier
de saint Louis, il a peut-être été le précepteur de ses enfants,
et son bibliothécaire. Son œuvre est caractéristique
de l’esprit du XIIIe siècle, tout occupé à classer
et à organiser les nouveaux espaces intellectuels ouverts par
le siècle précédent: c’est l’âge des encyclopédies.
Sa notice est la plus ancienne
connue à ce jour sur notre mystérieux personnage. Nous
ne connaîtrons sans doute jamais ses sources. On peut se demander
si une édition critique de cette chronique n’en viendrait pas
à corriger le nombre de 341 en 361: en effet, toutes les chroniques
qui paraissent ensuite s’inspirer de celle de Vincent de Beauvais
portent ce dernier nombre.
Texte de l’édition
de Douai (1624)
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Traduction B. G. (2006)
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[An. Christ. 1139.] Anno domini 1139.
habitaculum seruorum Dei in loco qui dicitur ad Montem Dei
construitur. Florebat hoc tempore ecclesia Gallicana per viros
religione ac sapientia illustres: Milonem Morinensem episcopum
humilitatis virtute præcipuum. Aluisum
Atrebatentem liberalitate atque consilio ac
facundia clarum. Godefridum Lingonensem, Hugonem Antisiodorensem,
Ioslenum Suessionensem, Giffridum Carnotensem, Albericum Bituricensem
Archiepiscopum, scientiaque literarum atque consilij prudentia
clarissimum. Inter hos & alios multos tunc claros scientia
viros, Bernardus Clareuallensis vir opinatissimæ religionis
eminentissimè clarebat, qui multorum miraculorum patrator,
& verbi Dei seruentissimus, prædicator, atque multorum monasteriorum
fundator, animarum lucra maxima Dei exhibebat, adeo vt magistri scholarum
cum magno clericorum comitatu, etiam de longinquis regionibus ad eius
optabile magisterium confluentes, centenario vel etiam ampliori novitiorum
numero domum probationis implerent, & vno die 40. monachi fierent.
Eodem anno Ioannes
de temporibus moritur, qui annis 341. vixerat à tempore
Caroli magni cuius armiger fuerat.
[An. Christi 1140.]
Anno Domini 1140. cenobium sanctæ Mariæ de frigido
monte fundatum est.
(p.1102)
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[1139] L’an
du Seigneur 1139 fut construite la résidence des serviteurs
de Dieu qui s’appelle Mont-Dieu.
En ce temps-là l’église gallicane s’illustrait par
des hommes célèbres par leur piété
et leur sagesse: Milon, évêque de Théouanne,
caractérisé par la vertu d’humilité, Alvise
d’Arras réputé pour sa libéralité,
son bon sens et sa faconde, Geoffroy de Langres, Hugues d’Auxerre,
Jocelin de Soissons, Geoffroy de Chartres, Aubry archevêque
de Bourges, fort réputé pour sa connaissance des
lettres et la sagesse de ses avis. Parmi ceux-ci et bien d’autres
hommes réputés pour leur science, brillait par-dessus
tout Bernard de Clairvaux, homme d’une piété des plus
vantées, qui, accomplissant de nombreux miracles, servant
mieux que personne la parole de Dieu et fondant de nombreux monastères,
gagnait à Dieu de très nombreuses âmes, au point
que des maîtres d’école accompagnés d’un grand
nombre de clercs, affluant même de régions fort éloignées
vers une autorité si désirable, emplissaient le logis
des candidats d’un nombre de novices atteignant la centaine, voire davantage,
et qu’en un seul jour il se fit quarante moines.
La même année
meurt Jean des Temps, qui avait vécu 341 ans, depuis
l’époque de Charlemagne, dont il avait été
écuyer.
[1140] L’an du Seigneur
1140 fut fondé le monastère de Notre-Dame de Froidemont.
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Éditions
LEANDER A SANCTO-MARTINO
(Léandre de Saint-Martin, Leander of St-Martin, nom
de religion de John JONES) [éd.], Bibliotheca
Mundi, seu Speculi Maioris Vincentii Burgundi, præsulis
Bellovacensis, ordinis Prædicatorum, theologi ac doctoris eximii,
Tomus Quartus, qui Speculum Historiale inscribitur: in quo universa
totius orbis, omniumque populorum ab orbe condito usque ad Auctoris
tempus Historia continetur, pulcherrimum actionum civilium &
ecclesiasticarum Theatrum. Omnia nunc accuratè recognitæ,
distinctè ordinata, suis unicuique autori redditis exactè
sententiis; summariis prætereà & observationibus,
quibus anteà carebant, illustrata. Operà & studio
Theologorum Benedictorum Collegii Vedastini in Alma Academia Duacensi
[in-f°; pagination multiple (environ 2000 p. dont 1334 p. plus
les index; «Bibliothèque du Monde, ou: Quatrième
tome du Grand Miroir de Vincent de Bourgogne, évêque
de Beauvais, qui est intitulé le Miroir Historique,
dans lequel est contenue toute l’histoire du monde entier et de
tous les peuples depuis la création du monde jusqu’à
l’époque de l’auteur. Le tout étant maintenant vérifié
et mis dans un ordre clair, chaque citation étant correctement
attribuée à son auteur, et le tout étant en outre
éclairci par des résumés et des remarques qui
auparavant faisaient défaut. Par le travail et les recherches
du collège des théologiens bénédictins
de Saint-Vaast de l’académie de Douai»], Duaci (Douai),
ex Officina Typographica Baltazaris Belleri (Balthazar Beller), sub
Circino aureao. Anno M.DC.XXIV (1624) [dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?O=N081676,
en ligne en 2006], p. 1102.
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02.
Martin d’Oppavia, Chronique (avant 1278).
Martin de Troppau, ou d’Oppavia, selon qu’on adopte le nom germanique
ou slave de cette localité de Bohème, actuellement située
en Tchéquie, est un dominicain qui est mort à Rome,
chapelain et pénitentiaire du pape, laissant plusieurs ouvrages,
dont une Chronique. Il dépend
visiblement de Vincent de Beauvais pour ce qui nous occupe.
Les différences entre le texte (et le contexte)
des notices de Vinccent de beauvais et de Martin d’Oppavia paraissent minimes
mais sont en réalité considérables. Nous monterons
dans nos propres conclusions que Matin d’Oppavia
paraît beaucoup plus près du texte originel que Vincent de
Beauvais, et que, correctement analysé, son texte tend à prouver
que la date de la mort de Jean était originellement 1039, plutôt
que 1139.
Texte de l’édition
de Hanovre (1872)
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Traduction et notes de
B. G. (2006)
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[1138] Conradus II. imperavit
annis 15. Huius tempore quidam magister Arnaldus nomine predicavit
in urbe Roma, reprehendens divicias et superfluitates. Per cuius
dicta multi magnates Romanorum sequebantur eum. Qui postea captus
ad odium clericorum est suspensus. Huius tempore Ascalon capta est
a christianis. Huius tempore anno Domini 1039. Iohannes
de Temporibus, qui annis 361 vixerat a tempore Karoli Magni, cuius
armiger fuerat, est defunctus. [Un autre manuscrit où se passage est porté
par une deuxième main porte: Huius tempore anno Domini 1039. Iohannes de Temporibus obiit,
qui annis 361 vixerat a tempore Karoli Magni, cuius armiger fuerat.] Hic Conradus rex in Frankenvort
a sancto Bernardo cum cunctis pene principibus crucis caractere
est insignitus, et illius temporibus socii peregrinacionis super
numerum multiplicantur. Nam de Lothoringis, Flandria et Anglia cum
200 pene navibus proficiscuntur. Conradus itaque imperator cum innumerabili
multitudine peregrinacionem aggressus, Yconium pervenit. Cui Ludovicus
rex Francorum cum multa milicia per Ungariam descendens, ibidem advenit.
(M.G.H., t. XXII, p. 469)
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[1139] Conrad
II [en fait Conrad III] fut empereur
pendant quinze ans [1138-1152]. De son
temps un certain écolâtre du nom d’Arnaud précha
à Rome, réprouvant les richesses et le luxe. Entraîné
par ses dires, nombre de magnats des Romains le suivaient. Mais
ensuite il fut pris à faire haïr les clercs et suspendu.
De son temps Ascalon fut prise par les chrétiens [en fait: 1153]. De son temps,
l’an du Seigneur 1039 [sic: on notera que c’est Conrad II qui a régné
de 1024 à 1039], mourut Jean des
Temps, qui avait vécu 361 ans depuis l’époque de
Charlemagne, dont il avait été écuyer.
Ce roi Conrad, à Franckfort, fut marqué du signe de
la croix par saint Bernard avec presque tous les princes, et du temps
de celui-ci ceux qui s’associent à la croisade se multiplient
d’une manière incalculable. En effet ils partent de Lorraine,
de Flandre et d’Angleterre à bord de près de 200 navires
[1147]. Ainsi donc l’Empereur
Conrad ayant entamé son expédition en compagnie d’une
multitude innombrable, arrive à Iconium. Louis, roi des Francs,
descendant pour le rejoindre par la Hongrie avec une armée innombrable,
arrive au même endroit, etc.
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Éditions
Ludowicus (Ludwig) WEILAND [éd.], «Martini Oppaviensis
Chronicon Pontificum et Imperatorum» («Chronique des
papes et des empereurs par Martin d’Oppavia»), in Georgius
Heinricus (Georg Heinrich) PERTZ (serenissimo Borussiae regi a consil.
regim. int. bibliothecae regiae praefectus) [éd.], Monumenta
Germaniae Historica, inde ab anno Christi quingentesimo usque ad annum
millesimum et quingentesimum, auspiciis Societatis aperiendis fontibus
rerum Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus XXII [VIII+564
p.], Hannoverae (Hanovre), impensis bibliopolii aulici Hahniani (Hahn),
MDCCCLXXII (1872). [Réédition anastatique: Leipzig,
Karl W. Hiersemann, 1928. Dont une réédition en microfiches
(15 micorfiches), Leiden, IDC, XXe siècle. Dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne
sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93451j,
en ligne en 2006], pp. 377-475, spécialement p. 469.
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03.
Guillaume de Nangis, Chronique
(avant 1301)
Guillaume de
Nangis, bénédictin de Saint-Denis, mort en 1300, fut
garde des chartes de Saint-Denis de 1289 à 1299. On lui doit entre
autres une Chronique des rois de France. Nous reproduisons un
extrait assez large pour qu’on puisse mesurer à quel point il dépend
ici de Vincent de Beauvais, cité plus haut, dont il reprend des phrases
entières.
Texte de l’édition
de Paris (1840)
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Traduction de François
Guizot (1825)
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MCXXXVIII. Petrus Leonis, qui
per schisma papatum invaserat per octo annos, judicio Dei percussus
interiit. Tunc Innocentius papa ordinatos ab eo degradavit, et
ne ultra promoverentur ad ordines judicio Dei decrevit. Florebat hoc
tempore Theobaldus comes Campaniæ, pater orphanorum, judex
viduarum, cæcorum oculus, pes claudorum, in pauperibus sustinendis
singulariter munificus, in construendis monasteriis et erga religiosos
quoscumque largitate incomparabilis. Hic abbatiam sancti Florentii
salmuriensis et abbatiam Eleemosynæ cisterciensis, ac plures
alias construxit. Genuit autem ex Matilde uxore sua, nobili genere
Teuthonicorum progenita, Henricum comitem Campaniæ, et Theobaldum
comitem blesensem, ac Stephanum comitem Sacri-Cæsaris, Guillermum
primò carnotensem electum, deinde senonensem archiepiscopum,
post remensem; item Adelam reginam Francorum, comitissam de Pertico,
comitissam Barri, ac uxorem ducis Burgundiæ.
Florebat etiam Guillermus
nivernensis comes insignis, cujus devotio mira enituit, dum
de potenti principe sæculi factus est in Carthusia humilis
pauper Christi. Florebat et sanctus Bernardus abbas Clarevallis,
et sanctus Malachias in Hybernia, qui mortuum suscitavit. Florebat
etiam magister Gilbertus cognomento Porree, tam liberalium artium
quàm divinarum scripturarum doctor eximius, et fere incomparabiliter
eruditus. Hic post magistrum Anselmum super psalterium et super
epistolas Pauli ex dictis Sanctorum Patrum compactam edidit glossaturam.
MCXXXIX. Obiit Johannes
de Temporibus, qui vixerat annis trecentis sesaginta uno à
tempore Karoli magni, cujus armiger fuerat. His temporibus
quidam pseudo-imperator in partibus Alemanniæ surrexit,
qui per aliquot annos apud Solodorum in reclusione vivens, [p.751], egressus inde imperatorem Henricum
perditum se esse mentiendo dixit, et cùm multos seducendo
sibi allexisset in tantum ut pro eo etiam graves pugnæ et homicidia
fierent, aliis eum recipientibus, aliis seductorum
palam profitentibus, tandem declaratâ ejus falsitate,
Cluniaci in monachum attonsus est.
MCXL. Obiit magister
Hugo sancti Victoris parisiensis canonicus regularis. Habitaculum
servorum Dei carthusiensium in loco qui dicitur ad montem Dei
construitur. Cœnobium sanctæ Mariæ Frigidimontis in
episcopatu belvacensi cisterciensis ordinis fundatur. Henricus frater
regis Franciæ Ludovici apud Clarevallem monachus effectus est,
qui non multò pòst ad episcopatum belvacensem est assumptus;
fueruntque præter istum Henricum alii fratres regis Franciæ,
Robertus Drocarum comes, et Petrus dominus de Cortenayo. Innocentius
papa fundavit apud Aquas-Salvias monasterium sancti Anastasii martyris,
et constructis ibidem cœnobialibus mansionibus, petiit à
Clarevalle conventum monachorum et abbatem. Missus est autem illuc
cum conventu Bernardus pisanæ civitatis olim vicedominus, qui
postmodùm fuit papa Eugenius.
Florebat hoc tempore gallicana
ecclesia per viros religione et sapientiâ. illustres,
Milonem morinensem episcopum, humilitatis virtute præcipuum,
Alvisum attrebatensem pontificem, liberalitate atque consilio et
facundiâ clarum; Godefridum lingonensem; Hugonem autissiodorensem;
Goslenum suessionensem; Gaufridum carnotensem episcopos; Albericum
bituricensem archiepiscopum, scientiâ litterarum atque consilii
prudentiâ clarissimum; Sugerium abbatem sancti Dionysii in
Francia, virum eruditissimum. Inter hos et alios multos tunc claros
scientiâ viros, Bernardus abbas Clarevallis vir opinatissimæ
religionis eminentissime clarebat, qui multorum miraculorum patrator,
ac verbi Dei servientissimus prædicator, atque plurimorum monasteriorum
fundator, animarum Deo lucra maxima exhibebat; adeo ut magistri scholarum
cum magno clericorum comitatu etiam de longinquis regionibus ad ejus
optabile magisterium confluentes, centenario vel etiam ampliori novitiorum
numero domum probationis implerent, et unâ die quadraginta monachi
fierent. Florebat etiam magister Richardus de sancto Victore parisiensis
canonicus regularis, qui in libris et tractatibus variis multa Ecclesiæ
sanctæ utilia descripsit. Claruit præterea his temporibus
Hugo de Folieto Sancti Petri corbiensis monachus, qui librum de claustro
animæ et corporis composuit. Alii dicunt istum Hugonem in pago
ambianensi fuisse canonicum regularem.
(Recueil des Historiens, t. XX, p.
750-751)
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[1138.]
Pierre de Léon, qui s’était, par un schisme, emparé
pendant huit ans du pontificat, mourut, frappé du jugement
de Dieu. Alors le pape Innocent destitua ceux qu’il avait ordonnés,
et les déclara, par le jugement de Dieu, incapables d’être
élevés aux ordres de l’Eglise. Dans ce temps florissait
Thibaut comte de Champagne, père des orphelins, le défenseur
des veuves, l’œil des aveugles, le pied des boiteux, qui soutenait
les pauvres avec une singulière munificence, et se montrait
incomparablement libéral [p.20] à aider toutes sortes de religieux,
et construisit des monastères. Il fit bâtir l’abbaye de
Saint-Florent de Saumur, l’abbaye d’aumône de Cîteaux,
et plusieurs autres. Il eut de Mathilde, sa noble épouse, allemande
d’origine, Henri, comte de Champagne Thibaut, comte de Blois; Etienne,
comte de Sancerre; Guillaume, qui fut d’abord élu archevêque
de Chartres, ensuite archevêque de Sens, et après archevêque
de Rheims; Adèle, reine des Français, comtesse du Perche,
comtesse de Bar, et femme du duc de Bourgogne.
En ce temps florissait
aussi le noble Guillaume, comte de Nevers, qui fit éclater
sa merveilleuse dévotion, en se rendant, de puissant prince
du siècle qu’il était, humble pauvre du Christ au
monastère des Chartreux. Dans ce temps florissait saint Bernard,
abbé de Clairvaux, et saint Malachie en Hibernie, qui ressuscita
un mort. Alors florissait aussi maître Gilbert, surnommé
Porré, aussi célèbre, et presque aussi incomparable
dans les arts libéraux que dans la science des divines Ecritures.
Il continua, d’après les saints pères, les commentaires
de maître Anselme sur le psautier et les épîtres
de saint Paul.
[1139.] A cette
époque mourut Jean Des Temps, qui avait vécu trois
cent soixante et un ans depuis le temps de Charlemagne, dont il
avait été homme d’armes. Dans ce temps il s’éleva
en Allemagne un faux empereur qui, après avoir vécu
pendant quelques années dans la retraite à Soleure,
en sortit, et prétendit faussement être l’empereur
Henri, qui avait disparu. Ayant, par ses mensonges, séduit
beaucoup de gens, il les attacha tellement à son parti,
qu’il en advint de cruels et meurtriers combats, les uns le recevant,
et [p.21] les autres le proclamant publiquement
un imposteur; mais enfin son imposture fut reconnue, et il fut tonsuré
moine de Cluny.
[1140.] En ce temps
mourut maître Hugues, chanoine régulier de Saint-Victor
à Paris. On construisit dans un endroit appelé Montdieu
une maison de serviteurs de Dieu de l’ordre des Chartreux. Le monastère
de Sainte-Marie de Froidemont, de l’ordre de Cîteaux, fut
fondé dans l’évêché de Beauvais. Henri,
frère de Louis, roi de France, se fit moine à Clairvaux,
et, peu de temps après, fut élevé à
l’évêché de Beauvais. Outre ce Henri, le roi
de France eut d’autres frères, Robert, comte de Dieux, et Pierre,
seigneur de Courtenai. Le pape Innocent fonda le monastère
de Saint-Anastase, martyr; et y ayant fait construire des demeures
pour les moines, il demanda une société de moines et un abbé tirés de Clairvaux.
On y envoya, avec une société de moines, Bernard,
autrefois vicomte de la ville de Pise, qui dans la suite devint le
pape Eugène.
Dans ce temps des hommes
célèbres par leur dévotion et leur sagesse
faisaient fleurir l’Eglise française: c’était
Milon, évêque des Morins, remarquable par sa vertueuse
humilité: Éloi, évêque d’Arras, fameux
par sa libéralité, sa sagesse et sa faconde; Geoffroi,
évêque de Langres; Hugues, évêque d’Autun
[distraction de Guizot: il s’agit
d’Auxerre (B.G)], Goslin, évêque de Soissons;
Geoffroi, évêque de Chartres; Aubry, archevêque
de Bourges, homme savant et célèbre par la sagesse
de ses conseils; Suger, abbé de Saint-Denis en France, homme
très-érudit. Parmi eux et beaucoup d’autres hommes
remarquables par leur science, brillait éminemment Bernard,
abbé de [p.22] Clairvaux,
homme de la plus éclatante dévotion, qui fit un grand
nombre de miracles, prêcha avec la plus grande ferveur la parole
de Dieu, fonda plusieurs monastères, et gagna à Dieu
beaucoup d’âmes; au point que les maîtres des écoles,
accompagnés d’un grand nombre de clercs, accourant en foule
des nations lointaines se ranger sous son excellente domination, remplirent
la maison d’épreuves de plus de cent novices, et que quarante
se firent moines en un jour. On voyait aussi fleurir maître Richard,
chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, qui écrivit,
dans différens livres et traités, beaucoup de choses
utiles à la sainte Église. Dans ce temps brilla aussi
Hugues de Feuillet, moine de Saint-Pierre de Corbeil, qui composa
un livre de la prison de l’âme et du corps; d’autres disent que
ce même Hugues fut chanoine régulier dans le territoire
d’Amiens. |
Éditions
Première édition:
Domnus Lucas D’ACHERIUS (Dom Luc d’Achery, bénédictin
de la congrégation de Saint-Maur), [éd.], «Nangiacum
Chronicon», in ID. [éd.], Veterum aliquot
scriptorum qui in Galliae bibliothecis, maxime Benedictinorum, latuerant,
Spicilegium... opera et studio D. Lucae d’Acherii,... [in-4°;
13 volumes; ouvrage communément appelé Spicilegium],
Parisiis (Paris), apud C. Savreux, 1655-1677., in Spicilegium
[in-4°], tome. XI, pp. 405-602.
Deuxième édition:
Ludovicus-Franciscus-Joseph de LA BARRE (Louis-François-Joseph
de LA BARRE), Edmundus MARTENE (Edmond MARTÈNE, 1654-1739),
Stephanus BALUZE (Étienne BALUZE, 1630-1718) [réviseurs
& éd.], Domnus Lucas D’ACHERY (dom Luc D’ACHERY) [premer
éditeur], «Nangiacum Chronicon», in ID. Spicilegium
sive collectio veterum aliquot scriptorum qui in Galliae bibliothecis
delituerant, olim editum operâ ac studio D. Lucæ d’Achery,
prebyteri ac monachi ordinis sancti Benedicti, congregationis s. Mauri.
Nova editio prior accuratior, & infinitis propè mendis ad
fidem mss. Codicum, quorum varias lectiones V. C. Stephanus Baluze, ac
R.P.D. Edmundus Martene collegerunt, expurgata, per Ludovicum-Franciscum-Joseph
De La Barre, Tornacensem [in-8; 3 volumes], Parisiis (Paris), Montalant,
1721-1723. Dont une réédition numérique en mode
image par la BNF (curieusement, seulement des tomes II et III) sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1085969
(tome II) et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k108597p
(tome III)], t. III, p. 1-53, spécialement p. 5.
Troisième édition:
Pierre-Claude-François DAUNOU (1761-1840) & Joseph
NAUDET (1786-1878) [éd.], «Suppleta pars prior Chronici
Guillelmi de Nangiaco, ann. 1113-1226» (aliter: «Chronicon
Guillelmi de Nangis, sive Nangiaci, monachi Sancti Dionysii in Francia,
ordinis sancti Benedicti»), in ID. [éd.], Rerum
Gallicarum et Francicarum Scriptores. Tomus vigesimus – Recueil
des Historiens des Gaules et de la France. Tome vingtième,
contenant la première livraison des monumens des règnes
de Saint Louis, de Philippe le Hardi, de Philippe le Bel, de Louis X,
de Philippe V et de Charles IV, depuis MCCXXVI, jusqu’en MCCCXXVIII,
publié par MM. Daunou et Naudet, membres de l’Institut [in-8°
(42 cm); LXVII+844 p.; 1 folio de frontispice; table p. LXVI], Paris,
Imprimerie Royale, 1840 [dont une réédition en microfiches:
Doetinchem, Microlibrary Slangenburg Abbey, sans date; dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50138z,
en ligne en 2006], pp. 725-763 (et non 752-763 comme indiqué
par erreur par la BNF), spécialement pp. 750-751.
Traduction
François GUIZOT
[trad.], Chronique de Guillaume de Nangis [IX+421
p.; en fait traduction de la fin de cette chronique (de 1113 à
1301) et de sa première continuation (1301-1327)], Paris,
J.-L.-J. Brière [«Collection des mémoires relatifs
à l’histoire de France depuis la fondation de la monarchie
française jusqu’au 13e siècle, avec une introduction,
des suppléments, des notices et des notes, par M. Guizot, professeur
d’histoire moderne à l’Académie de Paris (1823-1835)»
13], 1825 [dont une réédition numérique en mode
image par la BNF, 1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k946086,
en ligne en 2004], p. 20.
Sur Guillaume
de Nangis
M. de SAINTE-PALAYE,
«Mémoire sur la vie et les ouvrages de Guillaume
de Nangis», in Mémoires de l’Académie
des Inscriptions, tome VIII, pp. 560-578.
DAUNOU & NAUDET,
«Monitum», in op. cit., pp. 543-544.
François GUIZOT,
«Notice sur Guillaume de Nangis», in op. cit.,
pp. VII-IX.
|
04.
Juan Gil de Zamora, Chronique (avant 1318)
Juan Gil de Zamora,
en latin Johannes Aegidius Zamorensis, en français
parfois Egide de Zamore, était un clerc séculier
à Madrid, en 1266. Il entre dans les ordres en 1269-1270
et devient maître en théologie à Zamora en 1278.
Ami et collaborateur du roi Alphonse X, c’est un encyclopédiste
important, qui a notamment rédigé une Chronique.
On remarquera que Juan Gil
de Zamora présente la même anomalie que Martin d’Oppavia: il
date la mort de Jean du règne de Conrad II, mais dans un contexte
chronologique qui ne convient qu’à Conrad III, de sorte qu’on doit
comme dans le cas précédent se demander où est l’erreur:
ou bien le numéro de l’empereur est inexact, ou bien la notice a
insérée au mauvais endroit dans leur source. Mais comme,
chez Martin, la date également est aberrante dans le contexte (1039)
et correspond au numéro de l’empereur (Conrad II), c’est la deuxième
solution qui paraît la plus vraisemblable.
Édition Fita
de 1884
|
Traduction B. G.
(2006)
|
[VII.] [19] Henrricus quartus
Henrrici filius imperator, suscepto imperio, patrem suum capiens, in
vinculis mori fecit. Huius temporibus papa Kalixtus, compostellanum episcopum,
pro reverencia Beati Jacobi qui ibi quiescit, ad archiepiscopatus apicem
sublimavit, [p.189] subiiciens
Emeritanam provinciam sibi totam. Tempore Lotharii IIII, tanta
siccitas in Francia fuit, ut flumina, lacus, fontes, et puttei siccarentur.
Ignis quoque quod per rimas terram subintraverat, nec ymbribus, nec
frigore nec arte aliqua biennio extingui potuit. Temporibus
Conrradi secundi, Johannes de temporibus, qui annis CCCLXI vixerat,
a tempore Karuli Magni cuius armiger fuerat, est defanctus.
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[VII.19] L’empereur Henri IV [Lisez
Henri V, 1106-1125] fils d’Henri [Henri IV, 1056-1106], après avoir
accédé à l’empire, capturant son père,
le fit mourir en prison. De son temps le pape Calixte
[1119-1124], par révérence
pour saint Jacques qui repose là, éleva l’évéche
de Compostelle au rang d’archevêché en lui soumettant
toute la province de Mérida. Au temps de Lothaire IIII [Lisez Lothaire III, 1123-1137], il y eut en France
une si grande sécheresse que les fleuves, les lacs, les
sources et les puits s’asséchèrent. Aux
temps de Conrad II [Même numéro
aberrant que chez Martin d’Oppavia], Jean des Temps,
qui avait vécu 361 ans, depuis le temps de Charlemagne dont il
avait été écuyer, trépassa.
|
Éditions
Manuscrit: Biblioteca de
la Real Academia de la Historia, estante 23, grada 7. Códice
A, 189, fol. 99-136 (copie déficiente du XIVe siècle).
Fidel FITA, «Dos libros
(inéditos) de Gil de Zamora: I. Liber de preconiis Hispanie.
II. Liber de preconiis civitatis Numantine», in Boletín
de la Real Academia de la Historia 5 (1884), pp. 131-200.
Dont une réédition numérique en mode texte
in FUNDACION BIBLIOTECA VIRTUAL MIGUEL DE CERVANTES, Biblioteca
Virtual Miguel de CervantesLa Biblioteca de las Culturas Hispánicas,
http://www.cervantesvirtual.com/servlet/SirveObras/12504986456704839654657/p0000017.htm#I_24_,
en ligne en 2006.
|
05. Sigimar
de Kremsmünster, Chronique (début du XIVe
siècle)
Wilhelm Wattenbach,
qui a édité en 1851 pour les Monumenta Germaniae
Historica différentes annales autrichiennes, et entre
autres celle de Melk avec chacun de ses divers remaniements, a notamment
publié dans ce cadre les additions qui ont été
faites à cette chronique par un moine de Kremsmünster
qu’il supppose être Sigimar, cellérier de ce monastère
au début du XIVe siècle.
Texte de l’édition
de Hanovre (1851)
|
Traduction B. G. (2006)
|
1138. Hoc anno mortuus est
Iohannes de temporibus, qui 361. annis vixerat, scilicet a tempore
Karoli Magni, cuius armiger fuerat.
Sanctus Bernardus floruit.
(M.G.H., t. IX, p. 554)
|
1138.
Cette année-là mourut Jean des temps, qui avait
vécu 361 ans, à savoir depuis l’époque de
Charlemagne, dont il avait été écuyer.
C’est le temps de Saint Bernard.
|
Éditions
Wilhelmus (Wilhelm) WATTEBACH [éd.],
«Annales Mellicenses a. 1-1124-1123: Auctarium Cremifanense
a. 249-1217» [«Surplus de Kremsmünster pour
les années 249-1217» (additions anonymes au canevas
de la chronique de Melk, attribuées par l’éditeur
précisément à Sigimar de Kremsmünster)],
in Georgius Heinricus (Georg Heinrich) PERTZ (serenissimo Borussiae
regi a consil. regim. int. bibliothecae regiae praefectus) [éd.],
Monumenta Germaniae Historica, inde ab anno Christi quingentesimo
usque ad annum millesimum et quingentesimum, auspiciis Societatis
aperiendis fontibus rerum Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus
IX [VIII+910 p.], Hannoverae (Hanovre), impensis bibliopolii aulici
Hahniani (Hahn), MDCCCLI (1851) [Réédition anastatique:
Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1925. Dont une réédition
en microfiches (24 micorfiches), Leiden, IDC, sans date. Dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k934370,
en ligne en 2006], pp. 550-554, spécialement p. 554.
|
06.
Jean Lelong d’Ypres, Chronique de Saint-Bertin (avant 1383)
Jean Lelong
était un moine du monastère de Saint-Bertin, à
Saint-Omer, en Flandre, dont on date la mort de 1383. On lui doit
une importante chronique, dite de Saint-Bertin. Comme Martin d’Oppavia
et Juan Gil de Zamora il place la mort de Jean sous le règne de Conrad
II (mort en 1039) alors qu’on est d’après la date qu’il donne sous
Conrad III (1139).
Texte de l’édition
de 1925
|
Traduction B. G.
(2006)
|
Leo vero noster indultum sibi
privilegium a papa super hac sententia secum afferens, prospere
gaudensque repatriavit. Quod privilegium sic incipit: Innocentius
episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Leoni abbati Sancti
Bertini eiusque successoribus regulariter substituendis in perpetuum.
Que ad perpetuam ecclesiarum et cet. Datum Laterani anno Domini 1139.
Item attulit litteras quibus papa mandat Theodorico comiti Flandrie,
Sibille eius comitisse et baronibus per Flandriam constitutis iudicium
predictum, mandans, ut hoc monasterium et abbatem eius in has sua iusticia
manutenere defendereque curent. Itemque consimiles Willelmo castellano
et tam majoribus quam minoribus ville Sancti Audomari; similes quoque Miloni
episcopo, Philippo et Miloni archidiaconis et toto capitulo Minororum.
Et hec tria eiusdem date cum originali sentencia predicta. Datum Laterani
anno Domini 1139.
Eodem anno ecclesia de
Ardea, que nunc dicitur prioratus de Ardea, data est Theodorico
abbati de Capella. Et eodem anno obiit Iohannes de
Temporibus, qui fuerat armiger regis et imperatoris Karoli Magni,
et ab eiusdem Karoli Magni tempore vixerat usque nunc, id est annis
361, hoc anno defunctus est, id est anno Domini 1139. Imperante
Conrardo secundo necdum coronato.
(M.G.H., t. XXV, p. 801)
|
Notre cher
Léon apportant avec lui la charte qu’il s’était fait
accorder par le Pape relativement à cette sentence, regagne
heureusement et joyeusement sa patrie. Ce privilège commence
ainsi: L’évêque Innocent, serviteur des serviteurs
de Dieu, à son cher fils Léon abbé de Saint-Bertin
et à ceux qui seront désignés de façon
légitime pour lui succéder à jamais. Pour que
des églises la perpétuelle etc. Donné
au Latran l’an du Seigneur 1139. En outre il rapporta une charte dans
laquelle le Pape ordonne au comte de Flandre Thierry, à sa comtesse
Sybille et aux barons en fonction par toute la Flandre d’avoir soin
de soutenir par leurs jugements et de défendre en ces matières
ce monastère et son abbé. Et une autre charte semblable
adressée au châtelain Guillaume et tant aux notables qu’à
la population de la ville de Saint-Omer. Une autre aussi à l’évêque
Milon, aux archidiacres Philippe et Milon et à toute l’assemblée
du peuple. Et ces trois documents ont la même date que la susdite
sentence: Donné au Latran l’an du Seigneur 1139.
La même année l’église
du Héron, qui s’appelle présentement le prieuré
du Héron fut donnée à l’abbé Thierry
de la Chapelle. Et la même année mourut
Jean des Temps, qui avait été écuyer du roi et
empereur Charlemagne, et qui avait vécu depuis le temps du
dit Charlemagne jusqu’alors, soit 361 ans; il décéda
cette année-là, c’est-à-dire l’an du Seigneur
1139, sous le règne de l’empereur Conrad II [à nouveau
qui n’avait pas encore été couronné.
|
Éditions
Oswald HILDER-EGGER
[éd.], «XXX. Chronica monasterii Sancti Bertini
auctore Iohanne Long» [«Chronique de Saint-Bertin
due à Jean Lelong»], in Monumenta Germaniae
Historica, inde ab anno Christi quingentesimo usque ad annum millesimum
et quingentesimum, auspiciis Societatis aperiendis fontibus rerum
Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus XXV [VIII+957 p.],
Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1925. Dont une réédition
en microfiches (24 micorfiches), Leiden, IDC, sans date. Dont une
réédition numérique en mode image par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93454k,
en ligne en 2006], pp. 736-866, spécialement p. 801.
|
07. Autres
chroniques flamandes (?)
Selon Felix Liebrecht (1879),
cité par Gaston Paris (1891), ce sont des chroniques
flamandes qui feraient mention de Jean des Temps. Il n’y aurait
pas donc seulement la chronique de saint-Bertin que nous venons
de citer à évoquer ce personnage, et nous faisons appel
aux chercheurs qui tomberaient sur ces passages pour nous nous les signaler,
au cas où le manque de rigueur de Gaston Paris ou de Liebrecht
ne nous induirait pas ici en erreur.
Texte non disponible
|
Traduction à venir
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Source:
Felix LIEBRECHT, Zur Volkskunde.
Alte und Neue Aufsätze [in-8; XVI+522 p.], Heilbronn, Henninger,
1879, p. 107 [cité par PARIS 1891].
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de deux études
dont celle de 1891], in ID., Légendes du moyen âge
[in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux», «Le
paradis de la reine Sibylle», «La légende du Tannhäuser»,
«Le juif errant», «Le lai de l’oiselet»],
Paris, Hachette, 1903. Rééditions: 1904. 1908. 1912.
[reproduction en fac-similé de l’édition de 1903],
Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque
de Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
|
08.
Liber terre sancte Jerusalem d’Évreux (fin
XIVe siècle)
Dans
une compilation de la fin du XIVe siècle conservée
à Évreux signalé à Gaston Paris par
son ami le comte Paul Riant (1836-1888), spécialiste
de l’Orient latin, nous trouvons un guide du pélerin en Terre
Sainte. On y donne l’adresse à Jérusalem du Juif errant
qui aurait frappé le Christ sur son chemin de croix, Jean Boutedieu
(entre la maison de Judas et celle du Mauvais Riche). Ce personnage
du Juif errant (qui d’ailleurs n’est pas toujours juif) apparaît
sous diverses formes et sous divers nom à partir du début
du XIIIe siècle, et notamment celui de Jean Boutedieu, pour lequel
se firent passer, semble-t-il divers imposteurs en divers temps.
Notre compilateur introduit
ici une glose où il exprime son incrédulité
envers la légende de Jean Boutedieu, qui serait selon lui
une déformation populaire de la réalité elle
historique de Jean des Temps, personnage qu’il appelle curieusement
pour sa part Jean Dévot-de-Dieu, et qui n’aurait vécu
selon ses informations que 250 ans.
Texte donné en 1891
par Gaston Paris d’après Paul Riant
|
Traduction B. G. (2006)
|
L’une des notices ajoutées par le compilateur
est celle qui nous intéresse: «Aussitôt après
l’église du Spasme, la station de Simon le Cyrénéen
et la maison de Judas (Philippus, p. 52), on lit: Item magis
ultra per eamdem viam est locus a vulgo [il manque
évidemment dictus et un nom], ubi Johannes Buttadeus impellit
(Lisez: impulit) Christum Dominum
quando ibat ligatus ad mortem, insultando dicens Domino: Vade ultra,
vade ad mortem! Cui respondit Dominus: Ego vado ad mortem, sed tu usque
ad diem judicii non. Et, ut quidam dicunt simplices, visus est aliquando
multis; sed hoc asseritur a sapientibus quia
dictus Johannes, qui corrupto nomine dicitur Johannes Buttadeus, sano
vocabulo appellatur Johannes Devotus Deo, qui fuit scutifer Karoli Magni
et vixit CCL annis. Vient ensuite la maison du mauvais
riche.»
|
En outre plus loin dans la même rue se trouve un lieu
vulgairement [lacune: appelé on ne sait comment], où Jean Boutedieu frappa
notre Seigneur le Christ alors qu’il allait enchaîné à
sa mort, en l’insultant et disant au Seigneur: Vas-y,
va mourir! Le Seigneur lui répondit: Moi je vais mourir,
mais toi, jusqu’au jour du Jugement, non. Et, à ce que
rapportent les gens naïfs, il est apparu de temps à autres
à de nombreuses personnes; mais ce qu’en disent
les sages, c’est que le dit Jean, qu’on appelle sous un nom déformé
Jean Boutedieu, s’appelle de son vrai nom Jean Dévot-de-Dieu, qu’il
fut écuyer de Charlemagne et vécut 250 ans.
|
Éditions
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de deux études
dont celle de 1891], in ID., Légendes du moyen
âge [in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux»,
«Le paradis de la reine Sibylle», «La légende
du Tannhäuser», «Le juif errant», «Le
lai de l’oiselet»], Paris, Hachette, 1903. Rééditions:
1904. 1908. 1912. [reproduction en fac-similé de l’édition
de 1903], Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque de
Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
Publications du Comte
Riant pouvant présenter de l’intérêt pour l’interprétation
de ce document:
Paul-Édouard-Didier,
comte RIANT, Archives de l’Orient latin [in-4°; 2 tomes],
Paris, 1881-1883.
Paul-Édouard-Didier,
comte RIANT, Inventaire sommaire des manuscrits relatifs
à l’histoire et à la géographie de l’Orient
latin. I. France. A. Paris [in-4°; 81 p.; extrait des Archives
de l’Orient latin publiées sous le patronage de la Société
de l’Orient latin, t. II, 1882, pp. 131-204], Gênes, l’Institut
royal des sourds-muets, 1882.
Henri MICHELANT & Gaston
RAYNAUD [auteurs], Paul-Édouard-Didier, comte RIANT [préfacier],
Itinéraires de Jérusalem et descriptions
de la Terre Sainte, rédigés en français aux
XIe, XIIe et XIIIe siècles [gr. in-8°; XXXIII+283+12
p.], Genève, J. A. Fick [«Publications de la Société
de l’Orient latin. Série géographique» III],
1882.
|
09.
Philippe de Bergame, Chronique (1483)
les photographies du texte italien (édition
non datée) nous ont été aimablement communiquées
par M. le comte de Stampa (2004).
Jacopo Filippo
Foresti (1434-1520), en latin Jacobus Philippus Bergamensis, et
en français Philippe de Bergame, naquit à Bergame, et
y passa l’essentiel de sa vie au couvent Ermites de Saint-Augustin. Ce
théologien et historiographe a surtout donné une Chronique
qui a un connu un gros succès sous le nom de Supplément
des Chroniques, et de nombreuses rééditions de 1483
à 1537, notamment à Paris, sans parler d’une traduction
italienne elle-même plusieurs fois rééditée
de 1491 à 1581, et d’une version espagnole en 1510.
Dans cette chronique, fort curieusement,
la date de la mort de Jean des Temps est déplacée de
1139 aux alentours de 1144, probablement par suite d’une simple erreur
matérielle, l’auteur ayant intercallé de nouveaux matériaux
entre ses notes sur le règne de Conrad et la mention de la mort
de Jean des Temps.
On peut se demander
la raison du succès d’une chronique qui paraît contenir
tant d’erreurs matérielles que dans ce bref passage qui nous
intéresse, on n’en trouve pas moins de quatre: date de la mort
de Jean, numéro du pape Luce, calcul de la durée de son
pontificat et occasion réelle de sa mort: tout cela est entièrement
faux dans notre chronique!
Texte latin
|
Traduction B.G. (2006)
|
[papa 176] Lucius papa eius nominis
tertius natione bononiensis patre Alberto: post celestinum pontificem
predictum: sedit mensibus .11. diebus .9. Hic tituli sancte crucis
in hierusalem presbyter cardinalis fuit, Quam quidem basilicam ferme
totam colapsam, propriis expensis restituit. Qui inito ponti. nil pretermisit:
quod ad expeditionem hyerosolimitanam necessarium putabat. verum &
ipse dum in his versaretur: peste absumit: & in laterensi basilica
sepelitur
Ioannes de t(em)p(or)ibus
sic appellatus: ut Cronicæ omnes referunt: hoc eodem anno:
cum .361. annis vixisset: in Galliis moritur: quem caroli magni Armigerum
fuisse tradunt. |
[Pape n°176]
Le pape Luce, troisième du nom [en réalité le deuxième (B.G.)], de nation bolognaise, fils d’Albert, après le susdit pape
Célestin, siège 11 mois et 9 jours [en fait 3 jours: 12 mars 1144 - 15 février
1145 (B.G.)]. Il était
cardinal-prêtre du titre de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette
église étant presque entièrement effondrée, il
la fit restaurer à ses frais. Dès le commencement de son pontificat,
il n’omis rien de ce qu’il pensait nécessaire à l’expédition
de Jérusalem; mais lui aussi, alors qu’il s’en occupait, est emporté
par la peste [En réalité
il mourut au combat lors d’un
assaut contre le Capitole où s’étaient retranchés ceux
qui contestaient ses droits au pouvoir temporel (B.G.)], et il est enseveli dans la basilique
du Latran.
Jean des Temps, appelé ainsi
au rapport de toutes les Chroniques, cette même année,
alors qu’il avait vécu 361 ans, meurt en Gaule, lui dont on
rapporte qu’il avait été écuyer de Charlemagne.
|
Version italienne
|
Traduction B.G. (2006)
|
[Gioanni] Gioanni chiamatode Temporibus
(come scriveno gli historici) essendo di età d’anni .361.
mori in Franza quest’anno, & dicono che fu homo d’arme de Carolo
chiamato sopranome Magno.
|
[Jean]
Jean, appelé de Temporibus (comme écrivent
les historiens), étant âgé de 361 ans, meurt
en France cette année-là, et on dit qu’il fut homme
d’armes de Charles surnommé le Grand.
|
Éditions latines du vivant
de l’auteur:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS
(Jacopo Filippo FORESTI, de Bergame, 1434-1520), Supplementum
Chronicarum [in-f°; 180 ff. ; caractères gothiques;
figures; l’auteur dit avoir achevé son ouvrage à Bergame
le 3 des calendes de Juillet 1483, âgé de 49 ans], in
civitate Venetiarum (Venise), per Bernardinum de Benaliis Bergomensem,
1483.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Fratris Iacobi Philippi Bergomensis ordinis Fratrum Eremitarum
Diui Aug. in omnimoda historia nouissime congesta Supplementum cronicarum
appellata liber primus feliciter incipit (f°22) [in-f°
(31 cm); 23+358+1 ff.; le titre est au f°22], Brixiae (Brescia),
per Boninum de Boninis de Ragusia, 1485.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Fratris Iacobi Philippi Bergomensis, Ordinis Fratrum
Eremitarum Diui Augustini, In omnimoda historia nouissime congesta,
Supplementum cronicarum appellata [in-f° (31 cm); 274 ff.;
gravures sur bois], Venetiis (Venise), per Bernardinum de Benaliis
Bergomensem, 1486.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Opus preclarum supplementum chronicarum vulgo appellatum
in omnimoda historia novissime congesta fratris Jacobi Philippi Bergomensis,
religionis heremitarum diui Augustini decoris [in-f° (31 cm);
12+261+1 ff.; gravures sur bois], Venetiis per Bernardum Rizum de Novaria,
1490. Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys [«Italian books before 1601» 441.5],
vers 1990.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum Jacobi Philippi Bergomensis
(aliter: Supplementum chronicarum ab ipso mundi exordio usque
ad annum 1490, editum à Jacobo-Philippo Bergomate) [in-f°
(32 cm); 2+256+12 ff.; gravures sur bois], Venetiis (Venise), Bernardinus
Ricius de Novaria, 1492.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Nouissime hytoriarum omnium repercussiones nouiter a
Reuerendissimo Patre Jacobophilippo Bergomense, ordinis heremitarum
edite, que supplementum supplementi cronicarum nuncupantur incipiendo
ab exordio mundi usque in annum salutis nostre MCCCCCII [inf°
(34 cm); 543+10 ff.; gravures sur bois], Venetiis (Venise), per Albertinum
de Lissona Vercellensem, 1503.
Autre édition vénitienne
de la même année: [in-f°; 452+9 ff.; figures gravées
sur bois et coloriées; initiales peintes], Venetiis, 1503.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum [in-f°; à la
page 440 (année 1493) on lit: «de quatuor permaximis
insulis in India extra Orbem nuper inventis» (découverte
de l’Amérique)].
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Novissime historiarum omnium repercussiones, noviter
a reverendissimo patre Jacobo Philippo Bergomense,... edite, que
supplementum supplementi cronicarum nuncupantur, incipiendo ab exordio
mundi usque in annum salutis nostre 1502... [in-f°; 449 p; table;
figures gravées sur bois], Venetiis (Venise), opera G. de Rusconibus,
1506 [Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys («Italian books before 1601» 99.1), vers
1990. Dont une réédition numérique par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k587732,
en ligne en 2006], f°295, verso.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum supplementi chronicarum ab ipso mundi exordio
usque ad redemptionis nostrae annum MCCCCCX editum et novissime recognitum
et castigatum a... Jacobo Phillippo [sic] Bergomate,...
[in-f°; 335 ff. ; gravures sur bois], Venetiis (Venise), impensa
G. de Rusconibus, 1513.
Éditions latines
posthumes:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicorum, omnes fere historias quae ab
orbe condito hactenus gestae sunt, iucunda admodum dicendi breuitate
complectens, opus... primum... a... Jacobo Philippo Bergomate,...
conscriptum, deinde vero eruditorum quorundam diligentia... mendis...
repurgatum, cui insuper addita est nostrorum temporum brevis quaedam
accessio, eorum annorum... res... complectens quae ab anno 1500, ad annum
1535... gestae sunt (autre titre: Supplementum Chronicarum omnes
fere historias quae ab orbe condito actenus Gestae sunt ineunda admodum
brevitate complectens, repurgatum et Bernardini Bindoni, annorum 32
appendice auctum) [in-f° (35 cm); 18 pièces liminaires;
443 ff.], Parisiis (Paris), apud Simon. Colineum & apud Galiotum,
1535.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicorum, Venetiis, 1547.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum [17 cm; pagination multiple
; reprodiction d’une édition non précisée par
la catalogue de la Congress Library], Roma, Klaræ Augia, 1983.
Version numérique
en mode texte en ligne:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Novissime historiarum omnium repercussiones, noviter
a reverendissimo patre Jacobo Philippo Bergomense,... edite, que
supplementum supplementi cronicarum nuncupantur, incipiendo ab exordio
mundi usque in annum salutis nostre 1502... [in-f°; 449 p; table;
figures gravées sur bois], Venetiis (Venise), opera G. de Rusconibus,
1506 [Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys («Italian books before 1601» 99.1), vers
1990. Dont une réédition numérique par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k587732,
en ligne en 2006], f°295, verso.
Versions italiennes:
Francesco SANSOVINO Fiorentino
(1521-1583) [trad.], Jacopo Filippo FORESTI da Bergamo (1434-1520)
[premier auteur], Incomenza l’Opera dignissima et preclara
chiamata supplemento de le Chroniche, in le quali se tracta in brevità
d’ogni historia, comenzando dal principio del mondo fino al presente:
compilata et facta per lo excellentissimo et famoso Doctor Messer Frate
Iacobo Philippo da Bergamo: de l’ordine de gli Heremitani di Sancto
Augustino.... et vulgarizzato per me Francesco C.(iei) Fiorentino
[in-f°; le traducteur dit avoir fini son œuvre à Florence en
janvier 1483, c’est-à-dire 1484], Venetia (Venise), Bernardino
Rizo de Novara, 1491.
Autres rééditions
in-folio: [in-f°] Venetiis (Venise), 1500. Venetia (Venise),
1520; [in-f°; «vulgarizato et historiato cum la gionta per
insino 1524»], Venetia (Venise), 1524. Venetia (Venise), 1535.[in-f°;
«nuovamente revisto, vulgarizzato secondo il vero testo latino
dell’ultima impressione fatta a Parigi. Et appresso l’addittione delle
cose più memorabili accadute, o fatte per l’universo Mondo
a tutto l’anno 1539»], Venezia (Venise), Bernardino Bindoni, 1540.
Etc.
Francesco SANSOVINO Fiorentino
(1521-1583) [trad.], Jacopo Filippo FORESTI da Bergamo (1434-1520)
[premier auteur], Sopplimento delle croniche universali
del mondo... Tradotto da Francisco Sansovino… con un ritratto del
più nobili città d’Italia... [in-4°; 2 volumes],
Venetia (Venise), 1575. Réédition, 1581.
Version espagnole:
Narcís VIÑOLES
[trad.], JACOBUS PHILIPPUS Bergamensis (Jacopo Filippo FORESTI,
de Bergame, 1434-1520), Suma de todas las cronicas del mundo, llamado
en latin Supplementum cronicarum (por J. F. Foresti, traducido por
N. Viñolas).— [autre titre:] Suma de los cronicas del mundo traduzido
de lengua latina y toscana en esta castillana por Narcis Viñoles
[in-f°; 446 ff.; table; caractères gothiques; figures gravées
sur bois], Valencia (Valence), Gorge Costilla, 1510.
Sur Philippe de Bergame:
P. David Aurelius PERINI (ordinis Erem. S. Augustini), «Foresti
Fr. Iac. Philippus» [6 items bibliographiques], in ID., Bibliographia
Augustiniana, cum notis biographicis. Scriptores Itali [in-8°;
4 volumes (t.1: A-Cyr, 1929; t.2: D-M, 1931; t.3: N-S, 1935; t.4:
T-Z, 1937)]. Firenze (Florence), typis florentinis librariae editricis
[«Biblioteca agostiniana. Serie 2a» 5], 1929-1937, tome
II (1931) [dont une réédition numérique en mode
texte par le Centro Studi Agostiniano “Cherubino Ghirardacci”, http://web.tiscali.it/ghirardacci/perini/perini2.htm,
en ligne en 2006], pp. 77-79.
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10.
Nicole Gilles, Annales (avant 1503)
Les Annales de François
Nicolle, contrôleur du Trésor royal sous Charles VIII
mort en 1503, passent pour la première Histoire de France, Cet
ouvrage fut constamment réédité et remanié
jusqu’en 1621. Il a adapté et complété les Grandes
Chroniques de France.
En fait je n’ai pas encore consulté
ces Annales.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Éditions des Très
élégantes Annales de Nicole Gilles (de 1520 à
1551)
Nicole GILLES (vers
1425-1503), Les très élégantes, très
véridiques et copieuses Annales des très preux, très
nobles, très chrestiens et très excellens modérateurs
des belliqueuses Gaules... Depuis la triste desolation
de la...cite de Troye jusques au regne du tres vertueux roy François...
Compilées par... Nicole Gilles jusqu’au temps de très
prudent et victorieux roy Loys unziesme et depuis additionnées
selon les modernes hystoriens jusques en lan mil cinq cens et vingt
[2 parties en 1 volume in-f°; caractères gothiques; encadrements
gravés; figures], Paris, Galliot Du Pré, 1520. réédition:
1521. Réédition, 1527. Réédition:
Les treselegantes… [in-f°; LXI+CLXVII ff.; caractères
gothiques; deux cahiers de l’édition de 1531 insérés
à la suite de celle de 1527], Paris, Galiot du Pre, 1531. Réédition:
Les très élégantes… jusques
en l’an mil cinq cens XXXVI [in-f°, 2 parties en 1 volume (CXXXIII,
CXLV ff.); feuillets imprimés recto-verso; illustrations], Paris,
J. Longis, 1536. Réédition: Les très
élégantes… Nouvellement reveues et corrigées sur
les anciens originaulx oultre les précédentes impressions
[2 tomes en 1 volume in-f°], Paris, à l’enseigne sainct Jehan
Baptiste, 1538. réédition: Les très élégantes…
jusques en l’an mil cinq cens XXXVI [in-f°], , à l’enseigne
sainct Jehan-Baptiste, 1538. Réédition: Les
très élégantes… et depuis additionnées selon
les modernes hystoriens... mil D. XLIIIILes très élégantes…
[in-f°], Paris, J. Foucher, 1544. Réédition:
Les tres elegantes… [in-f°], Paris, J. de Roigny &
Galliot Du Pré & J. de Roigny, 1547. Réédition:
Les Tres elegantes…, iusques en l’an mil cinq cens
cinquante et un. Nouuellement reuues et corrigees sur les anciens originaulx,
et amplifiees oultre les precedentes impressions [in f°; 145 ff.
; table], Paris, veufve Françoys Regnault & Massellin, 1551.
Éditions des Chroniques
et Annales de Nicole Gilles et de leurs continuations avant
Belleforest (de 1525 à 1621)
Nicole GILLES (vers 1425-1503),
Chroniques et annales de France [in-f°; 2 tomes
en 1 volume], Paris, Galliot-Dupré, 1525.
Nicole GILLES, Les Cronicques
et annalles de France [28 cm; 776 ff.; 2 parties en 1 volume
(1: «Le Premier volume des Cronicques et annalles de Fra[n]ce
augmentees en la fin du second volume daucuns faictz dignes de memoire
des feux rois Charles huistieme Loys douziesme et Fracois premier
du nom jusques en l’an mil V.C.XXX. A Paris M.V.C.XXX»; 2: «Le
Second volume des Cronicques et annalles de Fra[n]ce augmentees en la
fin dudit volume daucuns faictz dignes de memoire des feux rois Charles
huytiesme, Loys douziesme et Fra[n]cois premier du nom jusques en lan mil
cinq cens trente. Nouvellement imprime a Paris»], Paris, Philippe
Le Noir, 1530.
Nicole GILLES, Chroniques
et annales de France [in-f°; 2 tomes en 1 volume], Paris,
Gilles Gormontius, 1533.
Nicole GILLES, Les Annales
et cronicques de France, composées par feu... Nicolle Gilles,...
- Le second volume des cronicques et annales de France, augmentées
d’aucuns faitz... jusques en l’an mil cinq cens trente huyct
[2 volumes in-f°], Paris, Galliot Du Pré, 1538 [l’exemplaire
de Baluze est conservé par la BNF].
Denis SAUVAGE (pseudonyme de
DU PARCQ, Champenois) [continuateur], Annales et chroniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du roy Loys XI, jadis
composées par... maistre Nicole Gilles,... depuis additionnées
selon les modernes historiens jusques en l’an mil cinq cens quarante
et neuf, le tout nouvellement reveu et corrigé... par Denis
Sauvage,... Le second volume des Croniques et annales de France, augmentées...
d’aucuns faictz dignes de mémoire des feuz roys Charles
huyctième, Françoys premier et Henry deuxième...
jusques en l’an mil cinq cens quarante et neuf Nouvellement reveu
et corrigé... par D. S. [Denis Sauvage] [2 parties en 1
volume in-f°; figures; tableaux généalogiques; armoiries],
Paris, G. Du Pré, 1549.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les... Annales et croniques des
très chrestiens et excellens modérateurs des beliqueuses
Gaules... jadis composées par... Nicole Gilles, et depuis
additionnées... jusques en l’an mil cinq cens cinquante et
un... [in-f°; 145 ff.; table], Paris, Vve F. Regnault &
R. Masselin, 1551. monographie
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Annales et Croniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du Roy Louis onziesme,
jadis composees par feu maistre Nicole Gilles,... Imprimees nouuellement
sur la correction du Signeur Denis Sauvage de Fontenailles en Brie, et
additionnees, selon les modernes historiens, iusques à cest an
Mil cinq cens cinquante trois [2 tomes en 1 volume in-f°; 149
ff.; table; figures], Paris, V. Sertenas & Jean Macé, 1553.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Annales et croniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du roy Louys onziesme
jadis composées par... maistre Nicolle Gilles,... imprimées
nouvellement sur la correction de M. Denis Sauvage,... et additionnées...
jusques à cet an mil cinq cens soixante et deux... - Le Second
volume des Annales et croniques de France, augmentées, en la
fin dudict volume, d’aucuns faictz dignes de mémoire des feuz
roys Henry deuxiesme, Francoys deuxiesme et Charles IX. du nom, jusques
en l’an mil cinq cens soixante et deux, imprimées nouvellement
sur la correction de M. Denis Sauvage,... [2 parties en 1 volume
in-f°; figures; portraits; tableaux généalogiques;
armoiries], Paris, G. Le Noir, 1562 [La BNF conserve un exemplaire annoté
de Montaigne].
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye, iusques au Roy Loys onziesme, jadis
composees par feu maistre Nicole Gilles,... Nouuellement imprimees
sur la correction de maistre Denis Sauvage, de Fontenaille en Brie,
et additionnees, tant par luy que par autres, selon les modernes historiens,
iusques au Roy Charles neufiesme... Auec les effigies des Roys...
[2 parties en 1 volume in-f° ; portraits], Paris, G. Buon, 1562-1566.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye jusqu’au roi Louis XI composées
par Nicole Gilles, additionnées jusqu’au roi Charles IX, par
Denis Sauvage, avec les effigies des rois au plus près du naturel
[in-f°; 2 tomes en 1 volume], Paris, Duchemin, 1566.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye, iusques au Roy Loys onziesme, jadis
composees par feu maistre Nicole Gilles,... Nouuellement imprimees
sur la correction de maistre Denis Sauvage, de Fontenaille en Brie,
et additionnees, tant par luy que par autres, selon les modernes historiens,
iusques au Roy Charles neufiesme... Auec les effigies des Roys...
[in-f°; table; 336 ff.; portraits], Paris, J. Ruelle, 1571. [in-f°;
2 parties en 1 volume; figures; encadrements gravés], Paris, à
l’enseigne de l’Éléphant & à l’enseigne du Pellican,
1541-1544.
Version allemande des Chroniques
de Nicole (1572) :
Nicolaus FALCNER [trad.],
Nicole GILLES [premier auteur], Frantzösische Chronica,
oder volkommene Beschreibung aller nammhafftiger Gedechtnuss wirdiger
Geschichten unnd Thaten so sich zum Theil von Anfang der Welt demnach
under allen Fürsten und Königen... biss auff diss gegenwirtige
1572. Jar und Carolum den Neundten diss Nammens, jetzt regierenden
König in Franckreich, zugetragen, gantz ordenlich begriffen...
erstlich durch weiland Herren Nicolaum Gillem,... [in-f°; 2
volumes; portrait], Basel (Bâle), gedruckt bey N. Brylingers Ehrben,
1572.
Éditions des Chroniques
et Annales de Nicole Gilles par Belleforest et ses continuateurs
(1573-1551)
François de BELLOREST
[2e continuateur & éditeur], Denis SAUVAGE (pseudonyme
de DU PARCQ, Champenois) [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Croniques et Annales de France dès
l’origine des Francoys, et leur venue ès Gaules, Faictes
iadis... par Nicole Gilles,... iusqu’au Roy Charles huictiesme, et
depuis continuees par Denis Sauvage, iusqu’au Roy Francoys second.
A present reuues, corrigees et augmentees... iusqu’au Roy Charles neufiesme
régnant à présent... Par Françoys de
Belle-Forest, comingeois. Avec les Genealogies et effigies des Roys...
[in-f°; VIII+536 ff.; portrais], Paris, G. Buon, 1573.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venue ès
Gaules...... faictes jadis... par Nicole Gilles,... et depuis additionnées
par Denis Sauvage... reveues... par F. de Belleforest,... augmentées
et continuées... jusques au roy Henri III... par G. Chappuys...
[in-f° ; pièces liminaires; table; 521 ff.; portraits],
Paris, J. Cavellat, 1585.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et Annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venuë
ès Gaules, faictes jadis briefvement par Nicole Gilles,... jusqu’au
roy Charles VIII et depuis additionnées par Denis Sauvage
jusqu’au roy François II du nom, reveues, corrigées
et augmentées... contenantes l’histoire universelle de France
dès Pharamond jusqu’au roy Charles IX, par F. de Belleforests
(sic), Comingeois, avec la suite et continuation d’icelles, depuis
le roy Charles IX, jusques au roy... Louys XIII à présent
régnant, par G. Chappuys,... et autres [in-f°; 2 parties
en 1 volume in-f°], Paris, M. Sonnius & C. Rigaud & Sébastien
Chappelet, 1617.
Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur & éditeur],
François de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE
[continuateur], Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques
et annales de France... continuées par Denis Sauvage... et
augmentées... jusqu’au Roy Charles neufième régnant
à présent... [in-f°], Paris, P. Chevalier,
1621.
Jean SAVARON (1566-1622)
[4e continuateur & éditeur], Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur], François de BELLOREST
[2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Chroniques et annales de France dez l’origine des
Françoys par Nicole Gilles jusqu’au roi Charles VIII, additionnées
par Denis Sauvage jusqu’à François II, revues et augmentées
jusqu’à Charles IX, par F. de Belleforest avec la suite et continuation
jusques au roy... Louis XIII... plus la saincteté du roy Louys
dict Clovis, par M. Jean Savaron,... [in-f°; pièces
liminaires; 730 ff.; table], Paris, P. Chevalier, 1621.
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11. Fulgosius, De dictis factisque memorabilibus (avant 1504)
Battista Fregoso (1453-1504),
surnommé en latin Fulgosius, fut doge de Gènes,
et donna en italien plusieurs ouvrages dont un Recueil de Dits et
faits mémorables (titre emprunté à un ouvrage
du même genre de l’historien antique Valère-Maxime), qui
fut traduit en latin par Camillo Ghilini et connut une dizaine d’éditions
au XVIe siècle.
Nous n’avons pas consulté
cet ouvrage. Robert Leslie Ellis,
éditeur de l’Historia Vitae de Francis Bacon en 1859 (page
146, note 6), le range au nombre de ceux qui pensent que le nom de Jean
des Temps fut donné à Jean d’Étampes en raison de sa
longévité.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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On
dit que son nom était Jean de Stampis (D’Estampes), et
on lie ce changement de nom à sa longévité légendaire.
Voyez Zuingerus [Theodor Zwinger],
Theatrum vitæ humanæ, ou Fulgosius [Battista Fregoso], Factorum dictorumque memorabilium,
p. 298.
(Robert Leslie Ellis, 1859)
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