De Jean des Temps à Jean d’Estempes
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Vincent de Beauvais.— Martin d’Oppavia.— Guillaume de Nangis.— Juan Gil de Zamora.— Sigimar
de Kremsmünster.— Jean Lelong d’Ypres.—
Autres chroniques flamandes.— Liber Terre Sancte d’Évreux.—
Philippe de Bergame.— Fulgosius.— Johannes Nauclerus (Vergenhans).— Paul Émile.— Joachim
Curius.— François de Belleforest.—
Theodor Zwinger.— Giovanni Selino.— Paolo Morigia.— Jean Bodin.—
Richard Verstegan.— Lewis Bayly.— Balthasar Exner.—
Francis Bacon.— Thomas Browne.— Dom Basile
Fleureau.— Pedro Calderón de la
Barca.— Christian Friedrich Garman.— Henning Witte.— Johann
Jacob Hofmann.— John Evelyn.— Les Comtes Stampa.— Jean
Paul.— Johann Georg Theodor Grässe.— Robert Leslie Ellis.— Emilio Seletti.—
Felix Liebrecht.— Edward Peacock & Abram Smythe Palmer.—
Gaston Paris.— Volkrat Stampa..— Jesko Stampa.— Giacomo Cavallo.— Le comte Henri de Stampa.— Bernard Gineste.
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01.
Vincent de Beauvais, Chronique
(avant 1264)
Vincent de Beauvais,
savant dominicain, a étudié à Paris à
la fin du règne de Philippe Auguste, avant d’entrer couvent
des dominicains de Saint-Jacques à Paris en 1218. Familier
de saint Louis, il a peut-être été le précepteur de ses enfants,
et son bibliothécaire. Son œuvre est caractéristique
de l’esprit du XIIIe siècle, tout occupé à classer
et à organiser les nouveaux espaces intellectuels ouverts par
le siècle précédent: c’est l’âge des encyclopédies.
Sa notice est la plus ancienne
connue à ce jour sur notre mystérieux personnage. Nous
ne connaîtrons sans doute jamais ses sources. On peut se demander
si une édition critique de cette chronique n’en viendrait pas
à corriger le nombre de 341 en 361: en effet, toutes les chroniques
qui paraissent ensuite s’inspirer de celle de Vincent de Beauvais
portent ce dernier nombre.
Texte de l’édition
de Douai (1624)
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Traduction B. G. (2006)
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[An. Christ. 1139.] Anno domini 1139.
habitaculum seruorum Dei in loco qui dicitur ad Montem Dei
construitur. Florebat hoc tempore ecclesia Gallicana per viros
religione ac sapientia illustres: Milonem Morinensem episcopum
humilitatis virtute præcipuum. Aluisum
Atrebatentem liberalitate atque consilio ac
facundia clarum. Godefridum Lingonensem, Hugonem Antisiodorensem,
Ioslenum Suessionensem, Giffridum Carnotensem, Albericum Bituricensem
Archiepiscopum, scientiaque literarum atque consilij prudentia
clarissimum. Inter hos & alios multos tunc claros scientia
viros, Bernardus Clareuallensis vir opinatissimæ religionis
eminentissimè clarebat, qui multorum miraculorum patrator,
& verbi Dei seruentissimus, prædicator, atque multorum monasteriorum
fundator, animarum lucra maxima Dei exhibebat, adeo vt magistri scholarum
cum magno clericorum comitatu, etiam de longinquis regionibus ad eius
optabile magisterium confluentes, centenario vel etiam ampliori novitiorum
numero domum probationis implerent, & vno die 40. monachi fierent.
Eodem anno Ioannes
de temporibus moritur, qui annis 341. vixerat à tempore
Caroli magni cuius armiger fuerat.
[An. Christi 1140.]
Anno Domini 1140. cenobium sanctæ Mariæ de frigido
monte fundatum est.
(p.1102)
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[1139] L’an
du Seigneur 1139 fut construite la résidence des serviteurs
de Dieu qui s’appelle Mont-Dieu.
En ce temps-là l’église gallicane s’illustrait par
des hommes célèbres par leur piété
et leur sagesse: Milon, évêque de Théouanne,
caractérisé par la vertu d’humilité, Alvise
d’Arras réputé pour sa libéralité,
son bon sens et sa faconde, Geoffroy de Langres, Hugues d’Auxerre,
Jocelin de Soissons, Geoffroy de Chartres, Aubry archevêque
de Bourges, fort réputé pour sa connaissance des
lettres et la sagesse de ses avis. Parmi ceux-ci et bien d’autres
hommes réputés pour leur science, brillait par-dessus
tout Bernard de Clairvaux, homme d’une piété des plus
vantées, qui, accomplissant de nombreux miracles, servant
mieux que personne la parole de Dieu et fondant de nombreux monastères,
gagnait à Dieu de très nombreuses âmes, au point
que des maîtres d’école accompagnés d’un grand
nombre de clercs, affluant même de régions fort éloignées
vers une autorité si désirable, emplissaient le logis
des candidats d’un nombre de novices atteignant la centaine, voire davantage,
et qu’en un seul jour il se fit quarante moines.
La même année
meurt Jean des Temps, qui avait vécu 341 ans, depuis
l’époque de Charlemagne, dont il avait été
écuyer.
[1140] L’an du Seigneur
1140 fut fondé le monastère de Notre-Dame de Froidemont.
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Éditions
LEANDER A SANCTO-MARTINO
(Léandre de Saint-Martin, Leander of St-Martin, nom
de religion de John JONES) [éd.], Bibliotheca
Mundi, seu Speculi Maioris Vincentii Burgundi, præsulis
Bellovacensis, ordinis Prædicatorum, theologi ac doctoris eximii,
Tomus Quartus, qui Speculum Historiale inscribitur: in quo universa
totius orbis, omniumque populorum ab orbe condito usque ad Auctoris
tempus Historia continetur, pulcherrimum actionum civilium &
ecclesiasticarum Theatrum. Omnia nunc accuratè recognitæ,
distinctè ordinata, suis unicuique autori redditis exactè
sententiis; summariis prætereà & observationibus,
quibus anteà carebant, illustrata. Operà & studio
Theologorum Benedictorum Collegii Vedastini in Alma Academia Duacensi
[in-f°; pagination multiple (environ 2000 p. dont 1334 p. plus
les index; «Bibliothèque du Monde, ou: Quatrième
tome du Grand Miroir de Vincent de Bourgogne, évêque
de Beauvais, qui est intitulé le Miroir Historique,
dans lequel est contenue toute l’histoire du monde entier et de
tous les peuples depuis la création du monde jusqu’à
l’époque de l’auteur. Le tout étant maintenant vérifié
et mis dans un ordre clair, chaque citation étant correctement
attribuée à son auteur, et le tout étant en outre
éclairci par des résumés et des remarques qui
auparavant faisaient défaut. Par le travail et les recherches
du collège des théologiens bénédictins
de Saint-Vaast de l’académie de Douai»], Duaci (Douai),
ex Officina Typographica Baltazaris Belleri (Balthazar Beller), sub
Circino aureao. Anno M.DC.XXIV (1624) [dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?O=N081676,
en ligne en 2006], p. 1102.
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02.
Martin d’Oppavia, Chronique (avant 1278).
Martin de Troppau, ou d’Oppavia, selon qu’on adopte le nom germanique
ou slave de cette localité de Bohème, actuellement située
en Tchéquie, est un dominicain qui est mort à Rome,
chapelain et pénitentiaire du pape, laissant plusieurs ouvrages,
dont une Chronique. Il dépend
visiblement de Vincent de Beauvais pour ce qui nous occupe.
Les différences entre le texte (et le contexte)
des notices de Vinccent de beauvais et de Martin d’Oppavia paraissent minimes
mais sont en réalité considérables. Nous monterons
dans nos propres conclusions que Matin d’Oppavia
paraît beaucoup plus près du texte originel que Vincent de
Beauvais, et que, correctement analysé, son texte tend à prouver
que la date de la mort de Jean était originellement 1039, plutôt
que 1139.
Texte de l’édition
de Hanovre (1872)
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Traduction et notes de
B. G. (2006)
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[1138] Conradus II. imperavit
annis 15. Huius tempore quidam magister Arnaldus nomine predicavit
in urbe Roma, reprehendens divicias et superfluitates. Per cuius
dicta multi magnates Romanorum sequebantur eum. Qui postea captus
ad odium clericorum est suspensus. Huius tempore Ascalon capta est
a christianis. Huius tempore anno Domini 1039. Iohannes
de Temporibus, qui annis 361 vixerat a tempore Karoli Magni, cuius
armiger fuerat, est defunctus. [Un autre manuscrit où se passage est porté
par une deuxième main porte: Huius tempore anno Domini 1039. Iohannes de Temporibus obiit,
qui annis 361 vixerat a tempore Karoli Magni, cuius armiger fuerat.] Hic Conradus rex in Frankenvort
a sancto Bernardo cum cunctis pene principibus crucis caractere
est insignitus, et illius temporibus socii peregrinacionis super
numerum multiplicantur. Nam de Lothoringis, Flandria et Anglia cum
200 pene navibus proficiscuntur. Conradus itaque imperator cum innumerabili
multitudine peregrinacionem aggressus, Yconium pervenit. Cui Ludovicus
rex Francorum cum multa milicia per Ungariam descendens, ibidem advenit.
(M.G.H., t. XXII, p. 469)
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[1139] Conrad
II [en fait Conrad III] fut empereur
pendant quinze ans [1138-1152]. De son
temps un certain écolâtre du nom d’Arnaud précha
à Rome, réprouvant les richesses et le luxe. Entraîné
par ses dires, nombre de magnats des Romains le suivaient. Mais
ensuite il fut pris à faire haïr les clercs et suspendu.
De son temps Ascalon fut prise par les chrétiens [en fait: 1153]. De son temps,
l’an du Seigneur 1039 [sic: on notera que c’est Conrad II qui a régné
de 1024 à 1039], mourut Jean des
Temps, qui avait vécu 361 ans depuis l’époque de
Charlemagne, dont il avait été écuyer.
Ce roi Conrad, à Franckfort, fut marqué du signe de
la croix par saint Bernard avec presque tous les princes, et du temps
de celui-ci ceux qui s’associent à la croisade se multiplient
d’une manière incalculable. En effet ils partent de Lorraine,
de Flandre et d’Angleterre à bord de près de 200 navires
[1147]. Ainsi donc l’Empereur
Conrad ayant entamé son expédition en compagnie d’une
multitude innombrable, arrive à Iconium. Louis, roi des Francs,
descendant pour le rejoindre par la Hongrie avec une armée innombrable,
arrive au même endroit, etc.
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Éditions
Ludowicus (Ludwig) WEILAND [éd.], «Martini Oppaviensis
Chronicon Pontificum et Imperatorum» («Chronique des
papes et des empereurs par Martin d’Oppavia»), in Georgius
Heinricus (Georg Heinrich) PERTZ (serenissimo Borussiae regi a consil.
regim. int. bibliothecae regiae praefectus) [éd.], Monumenta
Germaniae Historica, inde ab anno Christi quingentesimo usque ad annum
millesimum et quingentesimum, auspiciis Societatis aperiendis fontibus
rerum Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus XXII [VIII+564
p.], Hannoverae (Hanovre), impensis bibliopolii aulici Hahniani (Hahn),
MDCCCLXXII (1872). [Réédition anastatique: Leipzig,
Karl W. Hiersemann, 1928. Dont une réédition en microfiches
(15 micorfiches), Leiden, IDC, XXe siècle. Dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne
sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93451j,
en ligne en 2006], pp. 377-475, spécialement p. 469.
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03.
Guillaume de Nangis, Chronique
(avant 1301)
Guillaume de
Nangis, bénédictin de Saint-Denis, mort en 1300, fut
garde des chartes de Saint-Denis de 1289 à 1299. On lui doit entre
autres une Chronique des rois de France. Nous reproduisons un
extrait assez large pour qu’on puisse mesurer à quel point il dépend
ici de Vincent de Beauvais, cité plus haut, dont il reprend des phrases
entières.
Texte de l’édition
de Paris (1840)
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Traduction de François
Guizot (1825)
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MCXXXVIII. Petrus Leonis, qui
per schisma papatum invaserat per octo annos, judicio Dei percussus
interiit. Tunc Innocentius papa ordinatos ab eo degradavit, et
ne ultra promoverentur ad ordines judicio Dei decrevit. Florebat hoc
tempore Theobaldus comes Campaniæ, pater orphanorum, judex
viduarum, cæcorum oculus, pes claudorum, in pauperibus sustinendis
singulariter munificus, in construendis monasteriis et erga religiosos
quoscumque largitate incomparabilis. Hic abbatiam sancti Florentii
salmuriensis et abbatiam Eleemosynæ cisterciensis, ac plures
alias construxit. Genuit autem ex Matilde uxore sua, nobili genere
Teuthonicorum progenita, Henricum comitem Campaniæ, et Theobaldum
comitem blesensem, ac Stephanum comitem Sacri-Cæsaris, Guillermum
primò carnotensem electum, deinde senonensem archiepiscopum,
post remensem; item Adelam reginam Francorum, comitissam de Pertico,
comitissam Barri, ac uxorem ducis Burgundiæ.
Florebat etiam Guillermus
nivernensis comes insignis, cujus devotio mira enituit, dum
de potenti principe sæculi factus est in Carthusia humilis
pauper Christi. Florebat et sanctus Bernardus abbas Clarevallis,
et sanctus Malachias in Hybernia, qui mortuum suscitavit. Florebat
etiam magister Gilbertus cognomento Porree, tam liberalium artium
quàm divinarum scripturarum doctor eximius, et fere incomparabiliter
eruditus. Hic post magistrum Anselmum super psalterium et super
epistolas Pauli ex dictis Sanctorum Patrum compactam edidit glossaturam.
MCXXXIX. Obiit Johannes
de Temporibus, qui vixerat annis trecentis sesaginta uno à
tempore Karoli magni, cujus armiger fuerat. His temporibus
quidam pseudo-imperator in partibus Alemanniæ surrexit,
qui per aliquot annos apud Solodorum in reclusione vivens, [p.751], egressus inde imperatorem Henricum
perditum se esse mentiendo dixit, et cùm multos seducendo
sibi allexisset in tantum ut pro eo etiam graves pugnæ et homicidia
fierent, aliis eum recipientibus, aliis seductorum
palam profitentibus, tandem declaratâ ejus falsitate,
Cluniaci in monachum attonsus est.
MCXL. Obiit magister
Hugo sancti Victoris parisiensis canonicus regularis. Habitaculum
servorum Dei carthusiensium in loco qui dicitur ad montem Dei
construitur. Cœnobium sanctæ Mariæ Frigidimontis in
episcopatu belvacensi cisterciensis ordinis fundatur. Henricus frater
regis Franciæ Ludovici apud Clarevallem monachus effectus est,
qui non multò pòst ad episcopatum belvacensem est assumptus;
fueruntque præter istum Henricum alii fratres regis Franciæ,
Robertus Drocarum comes, et Petrus dominus de Cortenayo. Innocentius
papa fundavit apud Aquas-Salvias monasterium sancti Anastasii martyris,
et constructis ibidem cœnobialibus mansionibus, petiit à
Clarevalle conventum monachorum et abbatem. Missus est autem illuc
cum conventu Bernardus pisanæ civitatis olim vicedominus, qui
postmodùm fuit papa Eugenius.
Florebat hoc tempore gallicana
ecclesia per viros religione et sapientiâ. illustres,
Milonem morinensem episcopum, humilitatis virtute præcipuum,
Alvisum attrebatensem pontificem, liberalitate atque consilio et
facundiâ clarum; Godefridum lingonensem; Hugonem autissiodorensem;
Goslenum suessionensem; Gaufridum carnotensem episcopos; Albericum
bituricensem archiepiscopum, scientiâ litterarum atque consilii
prudentiâ clarissimum; Sugerium abbatem sancti Dionysii in
Francia, virum eruditissimum. Inter hos et alios multos tunc claros
scientiâ viros, Bernardus abbas Clarevallis vir opinatissimæ
religionis eminentissime clarebat, qui multorum miraculorum patrator,
ac verbi Dei servientissimus prædicator, atque plurimorum monasteriorum
fundator, animarum Deo lucra maxima exhibebat; adeo ut magistri scholarum
cum magno clericorum comitatu etiam de longinquis regionibus ad ejus
optabile magisterium confluentes, centenario vel etiam ampliori novitiorum
numero domum probationis implerent, et unâ die quadraginta monachi
fierent. Florebat etiam magister Richardus de sancto Victore parisiensis
canonicus regularis, qui in libris et tractatibus variis multa Ecclesiæ
sanctæ utilia descripsit. Claruit præterea his temporibus
Hugo de Folieto Sancti Petri corbiensis monachus, qui librum de claustro
animæ et corporis composuit. Alii dicunt istum Hugonem in pago
ambianensi fuisse canonicum regularem.
(Recueil des Historiens, t. XX, p.
750-751)
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[1138.]
Pierre de Léon, qui s’était, par un schisme, emparé
pendant huit ans du pontificat, mourut, frappé du jugement
de Dieu. Alors le pape Innocent destitua ceux qu’il avait ordonnés,
et les déclara, par le jugement de Dieu, incapables d’être
élevés aux ordres de l’Eglise. Dans ce temps florissait
Thibaut comte de Champagne, père des orphelins, le défenseur
des veuves, l’œil des aveugles, le pied des boiteux, qui soutenait
les pauvres avec une singulière munificence, et se montrait
incomparablement libéral [p.20] à aider toutes sortes de religieux,
et construisit des monastères. Il fit bâtir l’abbaye de
Saint-Florent de Saumur, l’abbaye d’aumône de Cîteaux,
et plusieurs autres. Il eut de Mathilde, sa noble épouse, allemande
d’origine, Henri, comte de Champagne Thibaut, comte de Blois; Etienne,
comte de Sancerre; Guillaume, qui fut d’abord élu archevêque
de Chartres, ensuite archevêque de Sens, et après archevêque
de Rheims; Adèle, reine des Français, comtesse du Perche,
comtesse de Bar, et femme du duc de Bourgogne.
En ce temps florissait
aussi le noble Guillaume, comte de Nevers, qui fit éclater
sa merveilleuse dévotion, en se rendant, de puissant prince
du siècle qu’il était, humble pauvre du Christ au
monastère des Chartreux. Dans ce temps florissait saint Bernard,
abbé de Clairvaux, et saint Malachie en Hibernie, qui ressuscita
un mort. Alors florissait aussi maître Gilbert, surnommé
Porré, aussi célèbre, et presque aussi incomparable
dans les arts libéraux que dans la science des divines Ecritures.
Il continua, d’après les saints pères, les commentaires
de maître Anselme sur le psautier et les épîtres
de saint Paul.
[1139.] A cette
époque mourut Jean Des Temps, qui avait vécu trois
cent soixante et un ans depuis le temps de Charlemagne, dont il
avait été homme d’armes. Dans ce temps il s’éleva
en Allemagne un faux empereur qui, après avoir vécu
pendant quelques années dans la retraite à Soleure,
en sortit, et prétendit faussement être l’empereur
Henri, qui avait disparu. Ayant, par ses mensonges, séduit
beaucoup de gens, il les attacha tellement à son parti,
qu’il en advint de cruels et meurtriers combats, les uns le recevant,
et [p.21] les autres le proclamant publiquement
un imposteur; mais enfin son imposture fut reconnue, et il fut tonsuré
moine de Cluny.
[1140.] En ce temps
mourut maître Hugues, chanoine régulier de Saint-Victor
à Paris. On construisit dans un endroit appelé Montdieu
une maison de serviteurs de Dieu de l’ordre des Chartreux. Le monastère
de Sainte-Marie de Froidemont, de l’ordre de Cîteaux, fut
fondé dans l’évêché de Beauvais. Henri,
frère de Louis, roi de France, se fit moine à Clairvaux,
et, peu de temps après, fut élevé à
l’évêché de Beauvais. Outre ce Henri, le roi
de France eut d’autres frères, Robert, comte de Dieux, et Pierre,
seigneur de Courtenai. Le pape Innocent fonda le monastère
de Saint-Anastase, martyr; et y ayant fait construire des demeures
pour les moines, il demanda une société de moines et un abbé tirés de Clairvaux.
On y envoya, avec une société de moines, Bernard,
autrefois vicomte de la ville de Pise, qui dans la suite devint le
pape Eugène.
Dans ce temps des hommes
célèbres par leur dévotion et leur sagesse
faisaient fleurir l’Eglise française: c’était
Milon, évêque des Morins, remarquable par sa vertueuse
humilité: Éloi, évêque d’Arras, fameux
par sa libéralité, sa sagesse et sa faconde; Geoffroi,
évêque de Langres; Hugues, évêque d’Autun
[distraction de Guizot: il s’agit
d’Auxerre (B.G)], Goslin, évêque de Soissons;
Geoffroi, évêque de Chartres; Aubry, archevêque
de Bourges, homme savant et célèbre par la sagesse
de ses conseils; Suger, abbé de Saint-Denis en France, homme
très-érudit. Parmi eux et beaucoup d’autres hommes
remarquables par leur science, brillait éminemment Bernard,
abbé de [p.22] Clairvaux,
homme de la plus éclatante dévotion, qui fit un grand
nombre de miracles, prêcha avec la plus grande ferveur la parole
de Dieu, fonda plusieurs monastères, et gagna à Dieu
beaucoup d’âmes; au point que les maîtres des écoles,
accompagnés d’un grand nombre de clercs, accourant en foule
des nations lointaines se ranger sous son excellente domination, remplirent
la maison d’épreuves de plus de cent novices, et que quarante
se firent moines en un jour. On voyait aussi fleurir maître Richard,
chanoine régulier de Saint-Victor de Paris, qui écrivit,
dans différens livres et traités, beaucoup de choses
utiles à la sainte Église. Dans ce temps brilla aussi
Hugues de Feuillet, moine de Saint-Pierre de Corbeil, qui composa
un livre de la prison de l’âme et du corps; d’autres disent que
ce même Hugues fut chanoine régulier dans le territoire
d’Amiens. |
Éditions
Première édition:
Domnus Lucas D’ACHERIUS (Dom Luc d’Achery, bénédictin
de la congrégation de Saint-Maur), [éd.], «Nangiacum
Chronicon», in ID. [éd.], Veterum aliquot
scriptorum qui in Galliae bibliothecis, maxime Benedictinorum, latuerant,
Spicilegium... opera et studio D. Lucae d’Acherii,... [in-4°;
13 volumes; ouvrage communément appelé Spicilegium],
Parisiis (Paris), apud C. Savreux, 1655-1677., in Spicilegium
[in-4°], tome. XI, pp. 405-602.
Deuxième édition:
Ludovicus-Franciscus-Joseph de LA BARRE (Louis-François-Joseph
de LA BARRE), Edmundus MARTENE (Edmond MARTÈNE, 1654-1739),
Stephanus BALUZE (Étienne BALUZE, 1630-1718) [réviseurs
& éd.], Domnus Lucas D’ACHERY (dom Luc D’ACHERY) [premer
éditeur], «Nangiacum Chronicon», in ID. Spicilegium
sive collectio veterum aliquot scriptorum qui in Galliae bibliothecis
delituerant, olim editum operâ ac studio D. Lucæ d’Achery,
prebyteri ac monachi ordinis sancti Benedicti, congregationis s. Mauri.
Nova editio prior accuratior, & infinitis propè mendis ad
fidem mss. Codicum, quorum varias lectiones V. C. Stephanus Baluze, ac
R.P.D. Edmundus Martene collegerunt, expurgata, per Ludovicum-Franciscum-Joseph
De La Barre, Tornacensem [in-8; 3 volumes], Parisiis (Paris), Montalant,
1721-1723. Dont une réédition numérique en mode
image par la BNF (curieusement, seulement des tomes II et III) sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1085969
(tome II) et http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k108597p
(tome III)], t. III, p. 1-53, spécialement p. 5.
Troisième édition:
Pierre-Claude-François DAUNOU (1761-1840) & Joseph
NAUDET (1786-1878) [éd.], «Suppleta pars prior Chronici
Guillelmi de Nangiaco, ann. 1113-1226» (aliter: «Chronicon
Guillelmi de Nangis, sive Nangiaci, monachi Sancti Dionysii in Francia,
ordinis sancti Benedicti»), in ID. [éd.], Rerum
Gallicarum et Francicarum Scriptores. Tomus vigesimus – Recueil
des Historiens des Gaules et de la France. Tome vingtième,
contenant la première livraison des monumens des règnes
de Saint Louis, de Philippe le Hardi, de Philippe le Bel, de Louis X,
de Philippe V et de Charles IV, depuis MCCXXVI, jusqu’en MCCCXXVIII,
publié par MM. Daunou et Naudet, membres de l’Institut [in-8°
(42 cm); LXVII+844 p.; 1 folio de frontispice; table p. LXVI], Paris,
Imprimerie Royale, 1840 [dont une réédition en microfiches:
Doetinchem, Microlibrary Slangenburg Abbey, sans date; dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50138z,
en ligne en 2006], pp. 725-763 (et non 752-763 comme indiqué
par erreur par la BNF), spécialement pp. 750-751.
Traduction
François GUIZOT
[trad.], Chronique de Guillaume de Nangis [IX+421
p.; en fait traduction de la fin de cette chronique (de 1113 à
1301) et de sa première continuation (1301-1327)], Paris,
J.-L.-J. Brière [«Collection des mémoires relatifs
à l’histoire de France depuis la fondation de la monarchie
française jusqu’au 13e siècle, avec une introduction,
des suppléments, des notices et des notes, par M. Guizot, professeur
d’histoire moderne à l’Académie de Paris (1823-1835)»
13], 1825 [dont une réédition numérique en mode
image par la BNF, 1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k946086,
en ligne en 2004], p. 20.
Sur Guillaume
de Nangis
M. de SAINTE-PALAYE,
«Mémoire sur la vie et les ouvrages de Guillaume
de Nangis», in Mémoires de l’Académie
des Inscriptions, tome VIII, pp. 560-578.
DAUNOU & NAUDET,
«Monitum», in op. cit., pp. 543-544.
François GUIZOT,
«Notice sur Guillaume de Nangis», in op. cit.,
pp. VII-IX.
|
04.
Juan Gil de Zamora, Chronique (avant 1318)
Juan Gil de Zamora,
en latin Johannes Aegidius Zamorensis, en français
parfois Egide de Zamore, était un clerc séculier
à Madrid, en 1266. Il entre dans les ordres en 1269-1270
et devient maître en théologie à Zamora en 1278.
Ami et collaborateur du roi Alphonse X, c’est un encyclopédiste
important, qui a notamment rédigé une Chronique.
On remarquera que Juan Gil
de Zamora présente la même anomalie que Martin d’Oppavia: il
date la mort de Jean du règne de Conrad II, mais dans un contexte
chronologique qui ne convient qu’à Conrad III, de sorte qu’on doit
comme dans le cas précédent se demander où est l’erreur:
ou bien le numéro de l’empereur est inexact, ou bien la notice a
insérée au mauvais endroit dans leur source. Mais comme,
chez Martin, la date également est aberrante dans le contexte (1039)
et correspond au numéro de l’empereur (Conrad II), c’est la deuxième
solution qui paraît la plus vraisemblable.
Édition Fita
de 1884
|
Traduction B. G.
(2006)
|
[VII.] [19] Henrricus quartus
Henrrici filius imperator, suscepto imperio, patrem suum capiens, in
vinculis mori fecit. Huius temporibus papa Kalixtus, compostellanum episcopum,
pro reverencia Beati Jacobi qui ibi quiescit, ad archiepiscopatus apicem
sublimavit, [p.189] subiiciens
Emeritanam provinciam sibi totam. Tempore Lotharii IIII, tanta
siccitas in Francia fuit, ut flumina, lacus, fontes, et puttei siccarentur.
Ignis quoque quod per rimas terram subintraverat, nec ymbribus, nec
frigore nec arte aliqua biennio extingui potuit. Temporibus
Conrradi secundi, Johannes de temporibus, qui annis CCCLXI vixerat,
a tempore Karuli Magni cuius armiger fuerat, est defanctus.
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[VII.19] L’empereur Henri IV [Lisez
Henri V, 1106-1125] fils d’Henri [Henri IV, 1056-1106], après avoir
accédé à l’empire, capturant son père,
le fit mourir en prison. De son temps le pape Calixte
[1119-1124], par révérence
pour saint Jacques qui repose là, éleva l’évéche
de Compostelle au rang d’archevêché en lui soumettant
toute la province de Mérida. Au temps de Lothaire IIII [Lisez Lothaire III, 1123-1137], il y eut en France
une si grande sécheresse que les fleuves, les lacs, les
sources et les puits s’asséchèrent. Aux
temps de Conrad II [Même numéro
aberrant que chez Martin d’Oppavia], Jean des Temps,
qui avait vécu 361 ans, depuis le temps de Charlemagne dont il
avait été écuyer, trépassa.
|
Éditions
Manuscrit: Biblioteca de
la Real Academia de la Historia, estante 23, grada 7. Códice
A, 189, fol. 99-136 (copie déficiente du XIVe siècle).
Fidel FITA, «Dos libros
(inéditos) de Gil de Zamora: I. Liber de preconiis Hispanie.
II. Liber de preconiis civitatis Numantine», in Boletín
de la Real Academia de la Historia 5 (1884), pp. 131-200.
Dont une réédition numérique en mode texte
in FUNDACION BIBLIOTECA VIRTUAL MIGUEL DE CERVANTES, Biblioteca
Virtual Miguel de CervantesLa Biblioteca de las Culturas Hispánicas,
http://www.cervantesvirtual.com/servlet/SirveObras/12504986456704839654657/p0000017.htm#I_24_,
en ligne en 2006.
|
05. Sigimar
de Kremsmünster, Chronique (début du XIVe
siècle)
Wilhelm Wattenbach,
qui a édité en 1851 pour les Monumenta Germaniae
Historica différentes annales autrichiennes, et entre
autres celle de Melk avec chacun de ses divers remaniements, a notamment
publié dans ce cadre les additions qui ont été
faites à cette chronique par un moine de Kremsmünster
qu’il supppose être Sigimar, cellérier de ce monastère
au début du XIVe siècle.
Texte de l’édition
de Hanovre (1851)
|
Traduction B. G. (2006)
|
1138. Hoc anno mortuus est
Iohannes de temporibus, qui 361. annis vixerat, scilicet a tempore
Karoli Magni, cuius armiger fuerat.
Sanctus Bernardus floruit.
(M.G.H., t. IX, p. 554)
|
1138.
Cette année-là mourut Jean des temps, qui avait
vécu 361 ans, à savoir depuis l’époque de
Charlemagne, dont il avait été écuyer.
C’est le temps de Saint Bernard.
|
Éditions
Wilhelmus (Wilhelm) WATTEBACH [éd.],
«Annales Mellicenses a. 1-1124-1123: Auctarium Cremifanense
a. 249-1217» [«Surplus de Kremsmünster pour
les années 249-1217» (additions anonymes au canevas
de la chronique de Melk, attribuées par l’éditeur
précisément à Sigimar de Kremsmünster)],
in Georgius Heinricus (Georg Heinrich) PERTZ (serenissimo Borussiae
regi a consil. regim. int. bibliothecae regiae praefectus) [éd.],
Monumenta Germaniae Historica, inde ab anno Christi quingentesimo
usque ad annum millesimum et quingentesimum, auspiciis Societatis
aperiendis fontibus rerum Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus
IX [VIII+910 p.], Hannoverae (Hanovre), impensis bibliopolii aulici
Hahniani (Hahn), MDCCCLI (1851) [Réédition anastatique:
Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1925. Dont une réédition
en microfiches (24 micorfiches), Leiden, IDC, sans date. Dont une réédition
numérique en mode image par la BNF, 1995, mise en ligne sur
son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k934370,
en ligne en 2006], pp. 550-554, spécialement p. 554.
|
06.
Jean Lelong d’Ypres, Chronique de Saint-Bertin (avant 1383)
Jean Lelong
était un moine du monastère de Saint-Bertin, à
Saint-Omer, en Flandre, dont on date la mort de 1383. On lui doit
une importante chronique, dite de Saint-Bertin. Comme Martin d’Oppavia
et Juan Gil de Zamora il place la mort de Jean sous le règne de Conrad
II (mort en 1039) alors qu’on est d’après la date qu’il donne sous
Conrad III (1139).
Texte de l’édition
de 1925
|
Traduction B. G.
(2006)
|
Leo vero noster indultum sibi
privilegium a papa super hac sententia secum afferens, prospere
gaudensque repatriavit. Quod privilegium sic incipit: Innocentius
episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Leoni abbati Sancti
Bertini eiusque successoribus regulariter substituendis in perpetuum.
Que ad perpetuam ecclesiarum et cet. Datum Laterani anno Domini 1139.
Item attulit litteras quibus papa mandat Theodorico comiti Flandrie,
Sibille eius comitisse et baronibus per Flandriam constitutis iudicium
predictum, mandans, ut hoc monasterium et abbatem eius in has sua iusticia
manutenere defendereque curent. Itemque consimiles Willelmo castellano
et tam majoribus quam minoribus ville Sancti Audomari; similes quoque Miloni
episcopo, Philippo et Miloni archidiaconis et toto capitulo Minororum.
Et hec tria eiusdem date cum originali sentencia predicta. Datum Laterani
anno Domini 1139.
Eodem anno ecclesia de
Ardea, que nunc dicitur prioratus de Ardea, data est Theodorico
abbati de Capella. Et eodem anno obiit Iohannes de
Temporibus, qui fuerat armiger regis et imperatoris Karoli Magni,
et ab eiusdem Karoli Magni tempore vixerat usque nunc, id est annis
361, hoc anno defunctus est, id est anno Domini 1139. Imperante
Conrardo secundo necdum coronato.
(M.G.H., t. XXV, p. 801)
|
Notre cher
Léon apportant avec lui la charte qu’il s’était fait
accorder par le Pape relativement à cette sentence, regagne
heureusement et joyeusement sa patrie. Ce privilège commence
ainsi: L’évêque Innocent, serviteur des serviteurs
de Dieu, à son cher fils Léon abbé de Saint-Bertin
et à ceux qui seront désignés de façon
légitime pour lui succéder à jamais. Pour que
des églises la perpétuelle etc. Donné
au Latran l’an du Seigneur 1139. En outre il rapporta une charte dans
laquelle le Pape ordonne au comte de Flandre Thierry, à sa comtesse
Sybille et aux barons en fonction par toute la Flandre d’avoir soin
de soutenir par leurs jugements et de défendre en ces matières
ce monastère et son abbé. Et une autre charte semblable
adressée au châtelain Guillaume et tant aux notables qu’à
la population de la ville de Saint-Omer. Une autre aussi à l’évêque
Milon, aux archidiacres Philippe et Milon et à toute l’assemblée
du peuple. Et ces trois documents ont la même date que la susdite
sentence: Donné au Latran l’an du Seigneur 1139.
La même année l’église
du Héron, qui s’appelle présentement le prieuré
du Héron fut donnée à l’abbé Thierry
de la Chapelle. Et la même année mourut
Jean des Temps, qui avait été écuyer du roi et
empereur Charlemagne, et qui avait vécu depuis le temps du
dit Charlemagne jusqu’alors, soit 361 ans; il décéda
cette année-là, c’est-à-dire l’an du Seigneur
1139, sous le règne de l’empereur Conrad II [à nouveau
qui n’avait pas encore été couronné.
|
Éditions
Oswald HILDER-EGGER
[éd.], «XXX. Chronica monasterii Sancti Bertini
auctore Iohanne Long» [«Chronique de Saint-Bertin
due à Jean Lelong»], in Monumenta Germaniae
Historica, inde ab anno Christi quingentesimo usque ad annum millesimum
et quingentesimum, auspiciis Societatis aperiendis fontibus rerum
Germanicarum medii aevi. Scriptorum tomus XXV [VIII+957 p.],
Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1925. Dont une réédition
en microfiches (24 micorfiches), Leiden, IDC, sans date. Dont une
réédition numérique en mode image par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93454k,
en ligne en 2006], pp. 736-866, spécialement p. 801.
|
07. Autres
chroniques flamandes (?)
Selon Felix Liebrecht (1879),
cité par Gaston Paris (1891), ce sont des chroniques
flamandes qui feraient mention de Jean des Temps. Il n’y aurait
pas donc seulement la chronique de saint-Bertin que nous venons
de citer à évoquer ce personnage, et nous faisons appel
aux chercheurs qui tomberaient sur ces passages pour nous nous les signaler,
au cas où le manque de rigueur de Gaston Paris ou de Liebrecht
ne nous induirait pas ici en erreur.
Texte non disponible
|
Traduction à venir
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Source:
Felix LIEBRECHT, Zur Volkskunde.
Alte und Neue Aufsätze [in-8; XVI+522 p.], Heilbronn, Henninger,
1879, p. 107 [cité par PARIS 1891].
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de deux études
dont celle de 1891], in ID., Légendes du moyen âge
[in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux», «Le
paradis de la reine Sibylle», «La légende du Tannhäuser»,
«Le juif errant», «Le lai de l’oiselet»],
Paris, Hachette, 1903. Rééditions: 1904. 1908. 1912.
[reproduction en fac-similé de l’édition de 1903],
Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque
de Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
|
08.
Liber terre sancte Jerusalem d’Évreux (fin
XIVe siècle)
Dans
une compilation de la fin du XIVe siècle conservée
à Évreux signalé à Gaston Paris par
son ami le comte Paul Riant (1836-1888), spécialiste
de l’Orient latin, nous trouvons un guide du pélerin en Terre
Sainte. On y donne l’adresse à Jérusalem du Juif errant
qui aurait frappé le Christ sur son chemin de croix, Jean Boutedieu
(entre la maison de Judas et celle du Mauvais Riche). Ce personnage
du Juif errant (qui d’ailleurs n’est pas toujours juif) apparaît
sous diverses formes et sous divers nom à partir du début
du XIIIe siècle, et notamment celui de Jean Boutedieu, pour lequel
se firent passer, semble-t-il divers imposteurs en divers temps.
Notre compilateur introduit
ici une glose où il exprime son incrédulité
envers la légende de Jean Boutedieu, qui serait selon lui
une déformation populaire de la réalité elle
historique de Jean des Temps, personnage qu’il appelle curieusement
pour sa part Jean Dévot-de-Dieu, et qui n’aurait vécu
selon ses informations que 250 ans.
Texte donné en 1891
par Gaston Paris d’après Paul Riant
|
Traduction B. G. (2006)
|
L’une des notices ajoutées par le compilateur
est celle qui nous intéresse: «Aussitôt après
l’église du Spasme, la station de Simon le Cyrénéen
et la maison de Judas (Philippus, p. 52), on lit: Item magis
ultra per eamdem viam est locus a vulgo [il manque
évidemment dictus et un nom], ubi Johannes Buttadeus impellit
(Lisez: impulit) Christum Dominum
quando ibat ligatus ad mortem, insultando dicens Domino: Vade ultra,
vade ad mortem! Cui respondit Dominus: Ego vado ad mortem, sed tu usque
ad diem judicii non. Et, ut quidam dicunt simplices, visus est aliquando
multis; sed hoc asseritur a sapientibus quia
dictus Johannes, qui corrupto nomine dicitur Johannes Buttadeus, sano
vocabulo appellatur Johannes Devotus Deo, qui fuit scutifer Karoli Magni
et vixit CCL annis. Vient ensuite la maison du mauvais
riche.»
|
En outre plus loin dans la même rue se trouve un lieu
vulgairement [lacune: appelé on ne sait comment], où Jean Boutedieu frappa
notre Seigneur le Christ alors qu’il allait enchaîné à
sa mort, en l’insultant et disant au Seigneur: Vas-y,
va mourir! Le Seigneur lui répondit: Moi je vais mourir,
mais toi, jusqu’au jour du Jugement, non. Et, à ce que
rapportent les gens naïfs, il est apparu de temps à autres
à de nombreuses personnes; mais ce qu’en disent
les sages, c’est que le dit Jean, qu’on appelle sous un nom déformé
Jean Boutedieu, s’appelle de son vrai nom Jean Dévot-de-Dieu, qu’il
fut écuyer de Charlemagne et vécut 250 ans.
|
Éditions
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de deux études
dont celle de 1891], in ID., Légendes du moyen
âge [in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux»,
«Le paradis de la reine Sibylle», «La légende
du Tannhäuser», «Le juif errant», «Le
lai de l’oiselet»], Paris, Hachette, 1903. Rééditions:
1904. 1908. 1912. [reproduction en fac-similé de l’édition
de 1903], Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque de
Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
Publications du Comte
Riant pouvant présenter de l’intérêt pour l’interprétation
de ce document:
Paul-Édouard-Didier,
comte RIANT, Archives de l’Orient latin [in-4°; 2 tomes],
Paris, 1881-1883.
Paul-Édouard-Didier,
comte RIANT, Inventaire sommaire des manuscrits relatifs
à l’histoire et à la géographie de l’Orient
latin. I. France. A. Paris [in-4°; 81 p.; extrait des Archives
de l’Orient latin publiées sous le patronage de la Société
de l’Orient latin, t. II, 1882, pp. 131-204], Gênes, l’Institut
royal des sourds-muets, 1882.
Henri MICHELANT & Gaston
RAYNAUD [auteurs], Paul-Édouard-Didier, comte RIANT [préfacier],
Itinéraires de Jérusalem et descriptions
de la Terre Sainte, rédigés en français aux
XIe, XIIe et XIIIe siècles [gr. in-8°; XXXIII+283+12
p.], Genève, J. A. Fick [«Publications de la Société
de l’Orient latin. Série géographique» III],
1882.
|
09.
Philippe de Bergame, Chronique (1483)
les photographies du texte italien (édition
non datée) nous ont été aimablement communiquées
par M. le comte de Stampa (2004).
Jacopo Filippo
Foresti (1434-1520), en latin Jacobus Philippus Bergamensis, et
en français Philippe de Bergame, naquit à Bergame, et
y passa l’essentiel de sa vie au couvent Ermites de Saint-Augustin. Ce
théologien et historiographe a surtout donné une Chronique
qui a un connu un gros succès sous le nom de Supplément
des Chroniques, et de nombreuses rééditions de 1483
à 1537, notamment à Paris, sans parler d’une traduction
italienne elle-même plusieurs fois rééditée
de 1491 à 1581, et d’une version espagnole en 1510.
Dans cette chronique, fort curieusement,
la date de la mort de Jean des Temps est déplacée de
1139 aux alentours de 1144, probablement par suite d’une simple erreur
matérielle, l’auteur ayant intercallé de nouveaux matériaux
entre ses notes sur le règne de Conrad et la mention de la mort
de Jean des Temps.
On peut se demander
la raison du succès d’une chronique qui paraît contenir
tant d’erreurs matérielles que dans ce bref passage qui nous
intéresse, on n’en trouve pas moins de quatre: date de la mort
de Jean, numéro du pape Luce, calcul de la durée de son
pontificat et occasion réelle de sa mort: tout cela est entièrement
faux dans notre chronique!
Texte latin
|
Traduction B.G. (2006)
|
[papa 176] Lucius papa eius nominis
tertius natione bononiensis patre Alberto: post celestinum pontificem
predictum: sedit mensibus .11. diebus .9. Hic tituli sancte crucis
in hierusalem presbyter cardinalis fuit, Quam quidem basilicam ferme
totam colapsam, propriis expensis restituit. Qui inito ponti. nil pretermisit:
quod ad expeditionem hyerosolimitanam necessarium putabat. verum &
ipse dum in his versaretur: peste absumit: & in laterensi basilica
sepelitur
Ioannes de t(em)p(or)ibus
sic appellatus: ut Cronicæ omnes referunt: hoc eodem anno:
cum .361. annis vixisset: in Galliis moritur: quem caroli magni Armigerum
fuisse tradunt. |
[Pape n°176]
Le pape Luce, troisième du nom [en réalité le deuxième (B.G.)], de nation bolognaise, fils d’Albert, après le susdit pape
Célestin, siège 11 mois et 9 jours [en fait 3 jours: 12 mars 1144 - 15 février
1145 (B.G.)]. Il était
cardinal-prêtre du titre de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Cette
église étant presque entièrement effondrée, il
la fit restaurer à ses frais. Dès le commencement de son pontificat,
il n’omis rien de ce qu’il pensait nécessaire à l’expédition
de Jérusalem; mais lui aussi, alors qu’il s’en occupait, est emporté
par la peste [En réalité
il mourut au combat lors d’un
assaut contre le Capitole où s’étaient retranchés ceux
qui contestaient ses droits au pouvoir temporel (B.G.)], et il est enseveli dans la basilique
du Latran.
Jean des Temps, appelé ainsi
au rapport de toutes les Chroniques, cette même année,
alors qu’il avait vécu 361 ans, meurt en Gaule, lui dont on
rapporte qu’il avait été écuyer de Charlemagne.
|
Version italienne
|
Traduction B.G. (2006)
|
[Gioanni] Gioanni chiamatode Temporibus
(come scriveno gli historici) essendo di età d’anni .361.
mori in Franza quest’anno, & dicono che fu homo d’arme de Carolo
chiamato sopranome Magno.
|
[Jean]
Jean, appelé de Temporibus (comme écrivent
les historiens), étant âgé de 361 ans, meurt
en France cette année-là, et on dit qu’il fut homme
d’armes de Charles surnommé le Grand.
|
Éditions latines du vivant
de l’auteur:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS
(Jacopo Filippo FORESTI, de Bergame, 1434-1520), Supplementum
Chronicarum [in-f°; 180 ff. ; caractères gothiques;
figures; l’auteur dit avoir achevé son ouvrage à Bergame
le 3 des calendes de Juillet 1483, âgé de 49 ans], in
civitate Venetiarum (Venise), per Bernardinum de Benaliis Bergomensem,
1483.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Fratris Iacobi Philippi Bergomensis ordinis Fratrum Eremitarum
Diui Aug. in omnimoda historia nouissime congesta Supplementum cronicarum
appellata liber primus feliciter incipit (f°22) [in-f°
(31 cm); 23+358+1 ff.; le titre est au f°22], Brixiae (Brescia),
per Boninum de Boninis de Ragusia, 1485.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Fratris Iacobi Philippi Bergomensis, Ordinis Fratrum
Eremitarum Diui Augustini, In omnimoda historia nouissime congesta,
Supplementum cronicarum appellata [in-f° (31 cm); 274 ff.;
gravures sur bois], Venetiis (Venise), per Bernardinum de Benaliis
Bergomensem, 1486.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Opus preclarum supplementum chronicarum vulgo appellatum
in omnimoda historia novissime congesta fratris Jacobi Philippi Bergomensis,
religionis heremitarum diui Augustini decoris [in-f° (31 cm);
12+261+1 ff.; gravures sur bois], Venetiis per Bernardum Rizum de Novaria,
1490. Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys [«Italian books before 1601» 441.5],
vers 1990.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum Jacobi Philippi Bergomensis
(aliter: Supplementum chronicarum ab ipso mundi exordio usque
ad annum 1490, editum à Jacobo-Philippo Bergomate) [in-f°
(32 cm); 2+256+12 ff.; gravures sur bois], Venetiis (Venise), Bernardinus
Ricius de Novaria, 1492.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Nouissime hytoriarum omnium repercussiones nouiter a
Reuerendissimo Patre Jacobophilippo Bergomense, ordinis heremitarum
edite, que supplementum supplementi cronicarum nuncupantur incipiendo
ab exordio mundi usque in annum salutis nostre MCCCCCII [inf°
(34 cm); 543+10 ff.; gravures sur bois], Venetiis (Venise), per Albertinum
de Lissona Vercellensem, 1503.
Autre édition vénitienne
de la même année: [in-f°; 452+9 ff.; figures gravées
sur bois et coloriées; initiales peintes], Venetiis, 1503.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum [in-f°; à la
page 440 (année 1493) on lit: «de quatuor permaximis
insulis in India extra Orbem nuper inventis» (découverte
de l’Amérique)].
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Novissime historiarum omnium repercussiones, noviter
a reverendissimo patre Jacobo Philippo Bergomense,... edite, que
supplementum supplementi cronicarum nuncupantur, incipiendo ab exordio
mundi usque in annum salutis nostre 1502... [in-f°; 449 p; table;
figures gravées sur bois], Venetiis (Venise), opera G. de Rusconibus,
1506 [Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys («Italian books before 1601» 99.1), vers
1990. Dont une réédition numérique par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k587732,
en ligne en 2006], f°295, verso.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum supplementi chronicarum ab ipso mundi exordio
usque ad redemptionis nostrae annum MCCCCCX editum et novissime recognitum
et castigatum a... Jacobo Phillippo [sic] Bergomate,...
[in-f°; 335 ff. ; gravures sur bois], Venetiis (Venise), impensa
G. de Rusconibus, 1513.
Éditions latines
posthumes:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicorum, omnes fere historias quae ab
orbe condito hactenus gestae sunt, iucunda admodum dicendi breuitate
complectens, opus... primum... a... Jacobo Philippo Bergomate,...
conscriptum, deinde vero eruditorum quorundam diligentia... mendis...
repurgatum, cui insuper addita est nostrorum temporum brevis quaedam
accessio, eorum annorum... res... complectens quae ab anno 1500, ad annum
1535... gestae sunt (autre titre: Supplementum Chronicarum omnes
fere historias quae ab orbe condito actenus Gestae sunt ineunda admodum
brevitate complectens, repurgatum et Bernardini Bindoni, annorum 32
appendice auctum) [in-f° (35 cm); 18 pièces liminaires;
443 ff.], Parisiis (Paris), apud Simon. Colineum & apud Galiotum,
1535.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicorum, Venetiis, 1547.
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Supplementum chronicarum [17 cm; pagination multiple
; reprodiction d’une édition non précisée par
la catalogue de la Congress Library], Roma, Klaræ Augia, 1983.
Version numérique
en mode texte en ligne:
JACOBUS PHILIPPUS BERGAMENSIS,
Novissime historiarum omnium repercussiones, noviter
a reverendissimo patre Jacobo Philippo Bergomense,... edite, que
supplementum supplementi cronicarum nuncupantur, incipiendo ab exordio
mundi usque in annum salutis nostre 1502... [in-f°; 449 p; table;
figures gravées sur bois], Venetiis (Venise), opera G. de Rusconibus,
1506 [Dont une réédition en microfilm: Cambridge (Massassuchetts,
U.S.A.), Omnisys («Italian books before 1601» 99.1), vers
1990. Dont une réédition numérique par la BNF,
1995, mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k587732,
en ligne en 2006], f°295, verso.
Versions italiennes:
Francesco SANSOVINO Fiorentino
(1521-1583) [trad.], Jacopo Filippo FORESTI da Bergamo (1434-1520)
[premier auteur], Incomenza l’Opera dignissima et preclara
chiamata supplemento de le Chroniche, in le quali se tracta in brevità
d’ogni historia, comenzando dal principio del mondo fino al presente:
compilata et facta per lo excellentissimo et famoso Doctor Messer Frate
Iacobo Philippo da Bergamo: de l’ordine de gli Heremitani di Sancto
Augustino.... et vulgarizzato per me Francesco C.(iei) Fiorentino
[in-f°; le traducteur dit avoir fini son œuvre à Florence en
janvier 1483, c’est-à-dire 1484], Venetia (Venise), Bernardino
Rizo de Novara, 1491.
Autres rééditions
in-folio: [in-f°] Venetiis (Venise), 1500. Venetia (Venise),
1520; [in-f°; «vulgarizato et historiato cum la gionta per
insino 1524»], Venetia (Venise), 1524. Venetia (Venise), 1535.[in-f°;
«nuovamente revisto, vulgarizzato secondo il vero testo latino
dell’ultima impressione fatta a Parigi. Et appresso l’addittione delle
cose più memorabili accadute, o fatte per l’universo Mondo
a tutto l’anno 1539»], Venezia (Venise), Bernardino Bindoni, 1540.
Etc.
Francesco SANSOVINO Fiorentino
(1521-1583) [trad.], Jacopo Filippo FORESTI da Bergamo (1434-1520)
[premier auteur], Sopplimento delle croniche universali
del mondo... Tradotto da Francisco Sansovino… con un ritratto del
più nobili città d’Italia... [in-4°; 2 volumes],
Venetia (Venise), 1575. Réédition, 1581.
Version espagnole:
Narcís VIÑOLES
[trad.], JACOBUS PHILIPPUS Bergamensis (Jacopo Filippo FORESTI,
de Bergame, 1434-1520), Suma de todas las cronicas del mundo, llamado
en latin Supplementum cronicarum (por J. F. Foresti, traducido por
N. Viñolas).— [autre titre:] Suma de los cronicas del mundo traduzido
de lengua latina y toscana en esta castillana por Narcis Viñoles
[in-f°; 446 ff.; table; caractères gothiques; figures gravées
sur bois], Valencia (Valence), Gorge Costilla, 1510.
Sur Philippe de Bergame:
P. David Aurelius PERINI (ordinis Erem. S. Augustini), «Foresti
Fr. Iac. Philippus» [6 items bibliographiques], in ID., Bibliographia
Augustiniana, cum notis biographicis. Scriptores Itali [in-8°;
4 volumes (t.1: A-Cyr, 1929; t.2: D-M, 1931; t.3: N-S, 1935; t.4:
T-Z, 1937)]. Firenze (Florence), typis florentinis librariae editricis
[«Biblioteca agostiniana. Serie 2a» 5], 1929-1937, tome
II (1931) [dont une réédition numérique en mode
texte par le Centro Studi Agostiniano “Cherubino Ghirardacci”, http://web.tiscali.it/ghirardacci/perini/perini2.htm,
en ligne en 2006], pp. 77-79.
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10.
Nicole Gilles, Annales (avant 1503)
Les Annales de François
Nicolle, contrôleur du Trésor royal sous Charles VIII
mort en 1503, passent pour la première Histoire de France, Cet
ouvrage fut constamment réédité et remanié
jusqu’en 1621. Il a adapté et complété les Grandes
Chroniques de France.
En fait je n’ai pas encore consulté
ces Annales.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Éditions des Très
élégantes Annales de Nicole Gilles (de 1520 à
1551)
Nicole GILLES (vers
1425-1503), Les très élégantes, très
véridiques et copieuses Annales des très preux, très
nobles, très chrestiens et très excellens modérateurs
des belliqueuses Gaules... Depuis la triste desolation
de la...cite de Troye jusques au regne du tres vertueux roy François...
Compilées par... Nicole Gilles jusqu’au temps de très
prudent et victorieux roy Loys unziesme et depuis additionnées
selon les modernes hystoriens jusques en lan mil cinq cens et vingt
[2 parties en 1 volume in-f°; caractères gothiques; encadrements
gravés; figures], Paris, Galliot Du Pré, 1520. réédition:
1521. Réédition, 1527. Réédition:
Les treselegantes… [in-f°; LXI+CLXVII ff.; caractères
gothiques; deux cahiers de l’édition de 1531 insérés
à la suite de celle de 1527], Paris, Galiot du Pre, 1531. Réédition:
Les très élégantes… jusques
en l’an mil cinq cens XXXVI [in-f°, 2 parties en 1 volume (CXXXIII,
CXLV ff.); feuillets imprimés recto-verso; illustrations], Paris,
J. Longis, 1536. Réédition: Les très
élégantes… Nouvellement reveues et corrigées sur
les anciens originaulx oultre les précédentes impressions
[2 tomes en 1 volume in-f°], Paris, à l’enseigne sainct Jehan
Baptiste, 1538. réédition: Les très élégantes…
jusques en l’an mil cinq cens XXXVI [in-f°], , à l’enseigne
sainct Jehan-Baptiste, 1538. Réédition: Les
très élégantes… et depuis additionnées selon
les modernes hystoriens... mil D. XLIIIILes très élégantes…
[in-f°], Paris, J. Foucher, 1544. Réédition:
Les tres elegantes… [in-f°], Paris, J. de Roigny &
Galliot Du Pré & J. de Roigny, 1547. Réédition:
Les Tres elegantes…, iusques en l’an mil cinq cens
cinquante et un. Nouuellement reuues et corrigees sur les anciens originaulx,
et amplifiees oultre les precedentes impressions [in f°; 145 ff.
; table], Paris, veufve Françoys Regnault & Massellin, 1551.
Éditions des Chroniques
et Annales de Nicole Gilles et de leurs continuations avant
Belleforest (de 1525 à 1621)
Nicole GILLES (vers 1425-1503),
Chroniques et annales de France [in-f°; 2 tomes
en 1 volume], Paris, Galliot-Dupré, 1525.
Nicole GILLES, Les Cronicques
et annalles de France [28 cm; 776 ff.; 2 parties en 1 volume
(1: «Le Premier volume des Cronicques et annalles de Fra[n]ce
augmentees en la fin du second volume daucuns faictz dignes de memoire
des feux rois Charles huistieme Loys douziesme et Fracois premier
du nom jusques en l’an mil V.C.XXX. A Paris M.V.C.XXX»; 2: «Le
Second volume des Cronicques et annalles de Fra[n]ce augmentees en la
fin dudit volume daucuns faictz dignes de memoire des feux rois Charles
huytiesme, Loys douziesme et Fra[n]cois premier du nom jusques en lan mil
cinq cens trente. Nouvellement imprime a Paris»], Paris, Philippe
Le Noir, 1530.
Nicole GILLES, Chroniques
et annales de France [in-f°; 2 tomes en 1 volume], Paris,
Gilles Gormontius, 1533.
Nicole GILLES, Les Annales
et cronicques de France, composées par feu... Nicolle Gilles,...
- Le second volume des cronicques et annales de France, augmentées
d’aucuns faitz... jusques en l’an mil cinq cens trente huyct
[2 volumes in-f°], Paris, Galliot Du Pré, 1538 [l’exemplaire
de Baluze est conservé par la BNF].
Denis SAUVAGE (pseudonyme de
DU PARCQ, Champenois) [continuateur], Annales et chroniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du roy Loys XI, jadis
composées par... maistre Nicole Gilles,... depuis additionnées
selon les modernes historiens jusques en l’an mil cinq cens quarante
et neuf, le tout nouvellement reveu et corrigé... par Denis
Sauvage,... Le second volume des Croniques et annales de France, augmentées...
d’aucuns faictz dignes de mémoire des feuz roys Charles
huyctième, Françoys premier et Henry deuxième...
jusques en l’an mil cinq cens quarante et neuf Nouvellement reveu
et corrigé... par D. S. [Denis Sauvage] [2 parties en 1
volume in-f°; figures; tableaux généalogiques; armoiries],
Paris, G. Du Pré, 1549.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les... Annales et croniques des
très chrestiens et excellens modérateurs des beliqueuses
Gaules... jadis composées par... Nicole Gilles, et depuis
additionnées... jusques en l’an mil cinq cens cinquante et
un... [in-f°; 145 ff.; table], Paris, Vve F. Regnault &
R. Masselin, 1551. monographie
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Annales et Croniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du Roy Louis onziesme,
jadis composees par feu maistre Nicole Gilles,... Imprimees nouuellement
sur la correction du Signeur Denis Sauvage de Fontenailles en Brie, et
additionnees, selon les modernes historiens, iusques à cest an
Mil cinq cens cinquante trois [2 tomes en 1 volume in-f°; 149
ff.; table; figures], Paris, V. Sertenas & Jean Macé, 1553.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Annales et croniques de France,
depuis la destruction de Troye jusques au temps du roy Louys onziesme
jadis composées par... maistre Nicolle Gilles,... imprimées
nouvellement sur la correction de M. Denis Sauvage,... et additionnées...
jusques à cet an mil cinq cens soixante et deux... - Le Second
volume des Annales et croniques de France, augmentées, en la
fin dudict volume, d’aucuns faictz dignes de mémoire des feuz
roys Henry deuxiesme, Francoys deuxiesme et Charles IX. du nom, jusques
en l’an mil cinq cens soixante et deux, imprimées nouvellement
sur la correction de M. Denis Sauvage,... [2 parties en 1 volume
in-f°; figures; portraits; tableaux généalogiques;
armoiries], Paris, G. Le Noir, 1562 [La BNF conserve un exemplaire annoté
de Montaigne].
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye, iusques au Roy Loys onziesme, jadis
composees par feu maistre Nicole Gilles,... Nouuellement imprimees
sur la correction de maistre Denis Sauvage, de Fontenaille en Brie,
et additionnees, tant par luy que par autres, selon les modernes historiens,
iusques au Roy Charles neufiesme... Auec les effigies des Roys...
[2 parties en 1 volume in-f° ; portraits], Paris, G. Buon, 1562-1566.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye jusqu’au roi Louis XI composées
par Nicole Gilles, additionnées jusqu’au roi Charles IX, par
Denis Sauvage, avec les effigies des rois au plus près du naturel
[in-f°; 2 tomes en 1 volume], Paris, Duchemin, 1566.
Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques et annales de France,
depuis la destruction de Troye, iusques au Roy Loys onziesme, jadis
composees par feu maistre Nicole Gilles,... Nouuellement imprimees
sur la correction de maistre Denis Sauvage, de Fontenaille en Brie,
et additionnees, tant par luy que par autres, selon les modernes historiens,
iusques au Roy Charles neufiesme... Auec les effigies des Roys...
[in-f°; table; 336 ff.; portraits], Paris, J. Ruelle, 1571. [in-f°;
2 parties en 1 volume; figures; encadrements gravés], Paris, à
l’enseigne de l’Éléphant & à l’enseigne du Pellican,
1541-1544.
Version allemande des Chroniques
de Nicole (1572) :
Nicolaus FALCNER [trad.],
Nicole GILLES [premier auteur], Frantzösische Chronica,
oder volkommene Beschreibung aller nammhafftiger Gedechtnuss wirdiger
Geschichten unnd Thaten so sich zum Theil von Anfang der Welt demnach
under allen Fürsten und Königen... biss auff diss gegenwirtige
1572. Jar und Carolum den Neundten diss Nammens, jetzt regierenden
König in Franckreich, zugetragen, gantz ordenlich begriffen...
erstlich durch weiland Herren Nicolaum Gillem,... [in-f°; 2
volumes; portrait], Basel (Bâle), gedruckt bey N. Brylingers Ehrben,
1572.
Éditions des Chroniques
et Annales de Nicole Gilles par Belleforest et ses continuateurs
(1573-1551)
François de BELLOREST
[2e continuateur & éditeur], Denis SAUVAGE (pseudonyme
de DU PARCQ, Champenois) [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Croniques et Annales de France dès
l’origine des Francoys, et leur venue ès Gaules, Faictes
iadis... par Nicole Gilles,... iusqu’au Roy Charles huictiesme, et
depuis continuees par Denis Sauvage, iusqu’au Roy Francoys second.
A present reuues, corrigees et augmentees... iusqu’au Roy Charles neufiesme
régnant à présent... Par Françoys de
Belle-Forest, comingeois. Avec les Genealogies et effigies des Roys...
[in-f°; VIII+536 ff.; portrais], Paris, G. Buon, 1573.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venue ès
Gaules...... faictes jadis... par Nicole Gilles,... et depuis additionnées
par Denis Sauvage... reveues... par F. de Belleforest,... augmentées
et continuées... jusques au roy Henri III... par G. Chappuys...
[in-f° ; pièces liminaires; table; 521 ff.; portraits],
Paris, J. Cavellat, 1585.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et Annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venuë
ès Gaules, faictes jadis briefvement par Nicole Gilles,... jusqu’au
roy Charles VIII et depuis additionnées par Denis Sauvage
jusqu’au roy François II du nom, reveues, corrigées
et augmentées... contenantes l’histoire universelle de France
dès Pharamond jusqu’au roy Charles IX, par F. de Belleforests
(sic), Comingeois, avec la suite et continuation d’icelles, depuis
le roy Charles IX, jusques au roy... Louys XIII à présent
régnant, par G. Chappuys,... et autres [in-f°; 2 parties
en 1 volume in-f°], Paris, M. Sonnius & C. Rigaud & Sébastien
Chappelet, 1617.
Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur & éditeur],
François de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE
[continuateur], Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques
et annales de France... continuées par Denis Sauvage... et
augmentées... jusqu’au Roy Charles neufième régnant
à présent... [in-f°], Paris, P. Chevalier,
1621.
Jean SAVARON (1566-1622)
[4e continuateur & éditeur], Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur], François de BELLOREST
[2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Chroniques et annales de France dez l’origine des
Françoys par Nicole Gilles jusqu’au roi Charles VIII, additionnées
par Denis Sauvage jusqu’à François II, revues et augmentées
jusqu’à Charles IX, par F. de Belleforest avec la suite et continuation
jusques au roy... Louis XIII... plus la saincteté du roy Louys
dict Clovis, par M. Jean Savaron,... [in-f°; pièces
liminaires; 730 ff.; table], Paris, P. Chevalier, 1621.
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11. Fulgosius, De dictis factisque memorabilibus (avant 1504)
Battista Fregoso (1453-1504),
surnommé en latin Fulgosius, fut doge de Gènes,
et donna en italien plusieurs ouvrages dont un Recueil de Dits et
faits mémorables (titre emprunté à un ouvrage
du même genre de l’historien antique Valère-Maxime), qui
fut traduit en latin par Camillo Ghilini et connut une dizaine d’éditions
au XVIe siècle.
Nous n’avons pas consulté
cet ouvrage. Robert Leslie Ellis,
éditeur de l’Historia Vitae de Francis Bacon en 1859 (page
146, note 6), le range au nombre de ceux qui pensent que le nom de Jean
des Temps fut donné à Jean d’Étampes en raison de sa
longévité.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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On
dit que son nom était Jean de Stampis (D’Estampes), et
on lie ce changement de nom à sa longévité légendaire.
Voyez Zuingerus [Theodor Zwinger],
Theatrum vitæ humanæ, ou Fulgosius [Battista Fregoso], Factorum dictorumque memorabilium,
p. 298.
(Robert Leslie Ellis, 1859)
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Notre source:
Robert Leslie ELLIS [éd.],
«Francis Bacon: Historia vitae et mortis», in The
works of Francis Bacon, etc. (voir infra), 1859 [mis
en ligne sur le site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k254716,
en ligne en 2006], p. 146, note 6.
Éditions:
Camillus GILINUS (Camillo
GHILINI) [traducteur en latin], Baptista FULGOSIUS (Batiista FREGOSO,
doge de Gènes, 1453-1504) [auteur, en italien], De dictis factisque
memorabilibus collectanea a Camillo Gilino Latina facta [in-f°
(31 cm); 664 p.], Mediolani (Milan), Iacobus Ferrarius, 1509.
Camillus GILINUS [trad.] & Baptista
FULGOSIUS, Factorum dictorumque memorabilium libri IX
[in-f°; 20+380+16+3 ff. + 154 p.], Parisiis (Paris), Petrus (Pierre)
Cavellat, 1578 (relié avec: De Magistratibus adeoque
reipublicae romanae statu commentarii. Lausannae, excudebat Franciscus
le Preux Ilustr. D. Bernensium Typographus, Parisiis, Cavelat, 1578)
[Plusieurs rééditions par Cavellat (où seule la
date est changée, à la plume), 1580-1599], p. 298.
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12.
Johannes Nauclerus, Chronique (avant 1510)
Johann
Vergenhans, en latin Johannes
Nauclerus, chroniqueur allemand né vers 1430 en Souabe et mort vers 1510, professeur,
puis chancelier de l’Université de Tübingen, a laissé
une Chronique en latin, parue en 1516, qui va depuis Adam
jusqu’en 1500.
Nauclerus
mentionne le cas de Jean des Temps dans sa Chronique, selon Johann Jacob Hofmann, dans son Lexicon Universale
paru en 1698, tome II, page 622 (voir ci-dessous).
Merci à toute personne qui
y aurait accès de nous en comuniquer le texte, voire un scan.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Notre source:
Johann Jacob HOFMANN, Lexicon
Universale,1698, tome II, page 622 (voir ci-dessous).
Éditions:
Joannes NAUCLERUS (Johann
VERGENHANS, mort en 1510), Memorabilium omnis aetatis
et omnium gentium chronici commentarii a Ioanne Nauclero I.U. Doctore
Tubing. Praeposito, & Universitatis Cancellario, digesti in
annum Salutis M.D. [40 cm; 2 livres en 1 volume], Ex Tvbinga
Sveviae vrbe (Tübingen), 1516.
Johannes NAUCLERUS, Chronica
D. Iohannis Navcleri ... svccinctim compraehendentia res memorabiles
secvlorvm omnivm ac gentivm, ab initio mundi vsque ad annum Christi
nati M.CCCCC. Nvnc, plvrimis locis, ex ipsis, vnde desumpta sunt,
authoribus emendatis, & mendis, quæ irrepserant, sublatis,
nouo insuper adiecto indice, emendatiùs ac elegantiùs quàm vnquam
antehac excusa ... [in-f° (32 cm); 20 pièces liminaires;
1122 (en fait 1102) p.], Coloniæ (Köln, Cologne), apud G.
Calenium, & hæredes Iohannis Quentel, 1579.
Aperçu en
ligne de cet ouvrage:
Per NAUCLÉR, «The World Chronicle»,
in ID., A Naucler Genealogy Home Page, http://web.telia.com/~u42300055/NAU/The_book.htm, en
ligne en 2006.
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13. Paul
Émile, De rebus
gestis Francorum (1519).
Appelé en France sous Charles
VIII pour composer une histoire érudite de ce pays, Paolo
Emili (en latin Paulus Aemilius) a publié les quatre premiers
volumes de son œuvre en 1517, les deux suivants en 1519, et laissa
à sa mort en 1529 les matériaux suffisant pour en
composer quatre autres, tâche qui fut entreprise par son ami et
compatriote Zavarizzi. La première édition de l’œuvre
complète prit place en 1539 chez Vascosan; à cette
chronique furent reprochés son ton déclamatoire et son
parti-pris pro-français mais elle demeure une source importante
pour l’histoire du XVème siècle.
Malheureusement nous ne disposons pour l’instant que du
texte de l’édition de 1520 mis en ligne par la BNF sur son
site Gallica, texte presque illisible à force de pâtés:
l’édition en était typographiquement très mauvaise.
Elle nous permet cependant en l’état
de rectifier la citation tronquée et erronée que
fait Gaston Paris (1891), d’après Graesse (1861), du passage
relatif à Jean des Temps, et de mieux comprendre qu’ils ne
l’ont fait l’hypothèse très ingénieuse et élégante
de Paul-Émile, qui permet de ramener le nombre de 361 à
161, et de passer ainsi du surnaturel à l’extraordinaire.
Paul-Émile suggère qu’il
a pu y avoir une confusion entre deux Charles de la dynastie carolingienne,
à savoir le premier, Charlemagne, et le dernier, Charles
dit de Basse-Lorraine, compétiteur malheureux d’Hugues Capet,
qui fut couronné en 988, un an après son rival, mais
fut capturé et emprisonné par ce dernier en 991.
De fait, un homme qui serait mort
en 1139 à l’âge de 161 ans, et qui serait donc né
vers 978, aurait eu de dix à treize ans pendant la période
où Charles de Basse-Lorraine fut roi en même temps qu’Hugues
Capet, à savoir de 988 à 991. Il aurait donc en être
le page, voire même, en tirant sur les dates, l’écuyer.
Par ailleurs, Paul Émile est
le premier auteur à notre connaissance qui propose d’identifier
Jean des Temps à un certain Jean d’Étampes.
On notera que ceux des auteurs suivants
qui citent Paul Émile (voyez ci-dessous), à savoir au moins Fleureau (1668), Grässe (1840)
et Gaston Paris (1891), ne prêtent pas tout le soin qu’il faudrait
à sa lecture, pourtant des plus suggestives.
1) Dom Basile Fleureau (1668) comprend
mal le terme latin de virtus, qui signifie ici, selon toute
apparence, «prodige», et non pas «vaillance», de sorte que l’argument de Paul Emile, qui était
logique (les historiens n’auraient pas manquer de signaler un tel prodige)
devient très faible, voire illogique chez le savant barnabite
(les historiens n’auraient pas manqué de signaler quelque trait
de sa bravoure).
2) Quant à Grässe (1841),
servilement suivi par Gaston Paris (1891), il lit Paul Émile
avec tellement d’inattention qu’il lui prête l’idée
que, par Charlemagne, il faudrait entendre Charles le Simple; alors
qu’en réalité cet auteur parle de Charles de Basse-Lorraine,
petit-fils de Charles le Simple et rival d’Hugues Capet, hypothèse
beucoup plus intéressante, et même si intéressante
qu’on peut en venir à se demander si Paul Émile n’a pas
trouvé la solution de cette énigme véritablement
irritante de la longévité merveilleuse de Jean des Temps.
Qui aurait à sa disposition
une édition de Paul Émile plus lisible que celle qui
a été mise en ligne par la BNF, et plus fiable que celle
qu’ont utilisée par Grässe et Gston Paris?
Texte latin
|
Traduction B. G.
(2006)
|
Sub idem tempus obiit Ioannes a
Stampis, quam per errorem a temporibus multi vocitant, ob diuturnam
vitam. Plus trecentis sexaginta vixisse annis eum faciunt, sub Karolo
Magno meruisse, Ludovico Crassi filio decessisse; cum interea
nulla in tot motibus mentio eius facta fuerit, nec latere ignorarive
potuisset virtus, que speci... ......clarissimi ....... ........ ..........isset,
.....ius crediderim eum militasse sub Carolo Simplicis nepote, quem
Regnum ..........cumque petentem & in Carolum Magnum originem suam
referentem, Capetus Regni æmulus cepit (?), speque ..... ................orum
...... nec trecentorum sexaginta sed centum circiter & sexaginta
annorum vitam ei contigisse, id quod etiam consenescente mundo magnum
& memorabile sit.
(Livre V, édition
de 1520, ff. CXLIv-CXLIIr)
|
Vers la
même époque mourut Jean d’Étampes, que par erreur beaucoup
appellent des Temps, à cause de la longueur de sa vie. On le fait
avoir vécu plus de trois cent soixante ans, avoir servi sous Charlemagne,
être décédé sous Louis, fils de Louis le Gras;
alors que dans l’intervalle, au milieu de tant de péripéties
il n’a été fait aucune mention de lui, et que ce miracle n’aurait
pu rester inaperçu ou inconnu... (une ligne illisible)
... je croirais qu’il a servi sous Charles le petit-fils de Charles
le Simple, qui prétendait à la royauté ...... .....,
qui faisait remonter son lignage à Charlemagne, et que Hugues Capet,
son concurrent pour la royauté, captura ........... ; et qu’il n’a
pas eu pour lot une vie de trois cent soixante ans mais de cent soixante
ans environ, ce qui est encore considérable et mémorable
en cet âge avancé du monde.
|
Manuscrits:
Un manuscrit est conservé
au musée Hunter de l’université de Glasgow (Pauli
Aemilii Veronensis Galliæ Antiquitates, GB 0247 MS
Hunter 11 (S.2.1), l’autre à la BNF.
Éditions:
Paulus ÆMILIUS Veronensis
(alias Paulus ÆMYLIUS, en italien Paolo EMILI, en français
Paul ou Paule ÆMYLE ou ÆMILE ou EMILE ou ÉMILE,
1460-1529), Pauli Aemilii,... de Rebus gestis Francorum libri
IIII... [in-f°; 124 ff.; 1 f° d’errata], Parisiis (Paris),
in aedibus Jodoci Badii Ascensii (Josse Badius, du village bruxellois
d’Asse), vers 1517.
Paulus ÆMILIUS, Pauli
Æmilii Veronensis De rebus gestis francorum libri VII
[in-f°; CCXVIII (218) ff.], Parisiis (Paris), in aedibus Jodoci
Badii Ascensii, 1520 [dont un microfilm: Cambridge (Massachusetts,
U.S.A.), Omnisys [«French books before 1601» 93.3], années
1990. Dont une réédition numérique en mode image
par la BNF, 1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k52692m/,
en ligne en 2006], ff. CXLIv-CXLIIr.
Daniel ZAVARISIUS (Danielo ZAVARIZZI)
[continuateur] & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE) & Johannes
TILIUS (Jean du TILLET, †1570, auteur du Chronicon), De rebus
gestis Francorum. Additum est de regibus item Francorum chronicon,
ad haec usque tempora studiosissime deductum [auctore Joanne Tilio],
cum rerum maxime insignium indice copiosissimo [in-f° (35 cm);
IV+CCXLVIII+47 ff.; 2 parties en 1 vol. in-f°; première édition
complète des 10 livres, avec la continuation par Zavarizzi couvrant
les années 1488 à 1539 dans les 4 derniers livres; la page
de titre porte après l’adresse: «cum privilegio Senatus»;
pièces limininaires (privilège du Parlement de Paris accordé
à Michel Vascosan pour deux ans; épître dédicatoire
de M. Vascosan à François Ier ; Paris, le 3 des nones de
mai 1539; liste des rois France de Pharamond à Charles VIII; préface
de Paul Emile; avis de Daniel Zavarisius au lecteur (f° CCXLVIII);
texte encadré; le Chronicon de Jean Du Tillet a un titre propre],
Parisiis [Paris], ex officina Michaelis Vascosani (Michel Vascosan) &
Galliot du Pré, 1539.
Réédition: Parisiis
(Paris), Michael Vascosanus & Johannes Roigny 1544 (où le
Chronicon est de 1543).
Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
premier continuateur du De rebus) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE)
& Johannes TILIUS (Jean du TILLET, auteur du Chronicon)
& Arnoldus FERRONUS Burdigalensis (Arnoul LE FERRON de Bordeaux,
1515-1563, deuxième continuateur), De rebus gestis
Francorum Libri X. Chronicon de iisdem regibus, a Pharamundo usque ad
Henricum II [relié avec:] Ferroni Arnoldis De
rebus gestis Gallorum Libri quator, ad Historiam Pauli Aemilii additi
[in-8° (16,5 cm sur 11,5); trois parties : 1) Paul Émile :
996 p. paginées 9+506 (1548) ; 2) Arnoul Le Ferron: Ferroni
Arnoldis De rebus gestis Gallorum Libri quator, ad Historiam Pauli
Aemilii additi: 140 p. numérotées 3-70 (1549); Jean
du Tillet: Chronicon de Regibus Francorum, a Pharamundo usque ad
Henricum II, 1+165+2 p. (1548)], Parisiis (Paris), Audoënus
Parvus & Vascosanus, 1548-1549.
Réédition: Lutetiæ
(Paris), Michael Vascosanus, 1550.
Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
premier continuateur) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE) &
Johannes TILIUS (Jean du TILLET, auteur du Chronicon) &
Arnoldus FERRONUS (Arnoul LE FERRON, deuxième continuateur),
Aemylii Historici clarissimi de rebus gestis Francorum…Additum
est de regibus item Francorum Chronicon [relié avec:]
Arnoldi Ferroni Burdigalen. regii consiliarii, De rebus gestis Gallorum
libri IX ad historiam Pauli Æmylij additi, perducta historia usque
ad tempora Henrici II. Francorum Regis. Tertia edio nunc recèns aucta
& reconita [in-f°; 1 volume en deux parties (t.1: 4 ff. + 244
p. + 20 ff. + 32 ff.; t. 2: 183 p. + 8 ff. (index)], Parisiis (Paris),
ex officina typographica Michaelis Vascosani (Michel Vascosan), 1550.
Réédition: 1555.
Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
premier continuateur) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE),
& Arnoldus FERRONUS (Arnoul LE FERRON, deuxième continuateur)
& Johannes TILIUS (Jean du TILLET, auteur du Chronicon),
Pauli Aemylii,... de Rebus gestis Francorum libri X. Arnoldi
Ferroni,... de Rebus gestis Gallorum libri IX, ad Historiam Pauli Aemylii
additi. Chronicon Jo. Tilii de regibus Francorum, a Pharamundo usque
and Henricum II [in-8°; 448 ff.], Parisiis (Paris), apud Vascosanum,
1555.
Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
premier continuateur) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE) &
Arnoldus FERRONUS (Arnoul LE FERRON, deuxième continuateur),
Pauli Aemylii Veronensis historici clariss. De rebus gestis
Francorum libri X. Arnoldi Ferroni Burdigalensis regii consiliarii,
de rebus item gestis gallorum libri IX ad historiam Pauli Aemylii additi,
historia perducta a Pharamundo primo Francorum rege, usque ad Henricum
secundum, Galliarum regem, 3a editio nunc recens aucta et recognita
[in-f° ; 244+183 p.; index], Lutetiae Parisiorum (Paris), ex officina
Vascosani, 1565. Réédition 1566.
Johannes-Thomas FREIGIUS (Johann
Thomas FREIGE) [éditeur], Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
continuateur du De rebus) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE)
& Arnoldus FERRONUS (Arnoul LE FERRON, continuateur de Paul Émile
de Zavarizzi) & Johannes TILIUS (Jean du TILLET, auteur du Chronicon),
Historiae jam denuo emendatae Pauli Aemilii,... de Rebus
gestis Francorum, a Pharamundo,... usque ad Carolum octavum, libri
X. Arnoldi Ferroni,... de Rebus gestis Gallorum libri IX, ad Historiam
Pauli Aemylii additi, a Carolo octavo usque ad Henricum II... Adjunctum
est Chronicon Joan. Tilii de regibus Francorum [in-f°; 2 volumes],
Basileae (Bâle), per S. Henricpetri, 1569.
Daniel ZAVARISIUS (D. ZAVARIZZI,
premier continuateur) & Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE),
& Arnoldus FERRONUS (Arnoul LE FERRON, deuxième continuateur),
Pauli Aemylii,... de Rebus gestis Francorum libri X. Arnoldi
Ferroni,... de Rebus gestis Gallorum libri IX, ad Historiam Pauli Aemylii
additi. Chronicon Jo. Tilii de regibus Francorum, a Pharamundo usque
and Henricum II [in-f°; pièces liminaires; 244 ff.;
index; sans DU TILLET semble-t-il], Lutetiae Parisiorum (Paris), ex
off. Vascosani, 1577.
Jacob HENRICPETRI (Jabob Henric-Petri,
éditeur & troisième continuateur), Arnoldus FERRONUS
(Arnoul LE FERRON, deuxième continuateur), Daniel ZAVARISIUS
(ZAVARIZZI, premier continuateur), Paulus AEMILIUS (Paul ÉMILE,
premier auteur) & Johannes TILIUS (Jean du TILLET, auteur du Chronicon),
Pauli Aemylii,... de Rebus gestis Francorum, a Pharamundo,
primo rege, usque ad Carolum octavum, libri X. Arnoldi Ferroni,...
de Rebus gestis Gallorum libri IX. ad Historiam Pauli Aemylii additi,
a Carolo octavo usque ad Henricum II. Continuatio Jacobi Henricpetri,...
ad Aemylium et Ferronum adjecta usque ad annum 1601. Ad hujus historiae
lucem, in fine adjunctum est Chronicon Joan. Tilii de regibus Francorum
a Pharamundo usque ad Henricum II. a. D. Jac. Henricpetri auctum usque
ad Henricum IIII, cum omnium regum imaginibus... Editio ultima emendatior
[in-f°; 2 volumes; figures], Basileae (Bâle), per S. Henricpetri,
1601.
Édition numérique
en ligne:
Paulus ÆMILIUS, Pauli
Æmilii Veronensis De rebus gestis francorum libri VII
[in-f°; CCXVIII (218) ff.], Parisiis (Paris), in aedibus Jodoci
Badii Ascensii, 1520. Dont un microfilm: Cambridge (Massachusetts,
U.S.A.), Omnisys [«French books before 1601» 93.3], années
1990. Dont une réédition numérique en mode image
par la BNF, 1995, mise en ligne sur son site Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k52692m/,
en ligne en 2006.
Traductions françaises
Simon de MONTHIÈRES [trad.]
& Paul ÉMILE [premier auteur], Deux livres de Paul
Aemyle de l’Histoire de France... traduicts de latin en françois,
par Simon de Monthiers [in-4°; pièces liminaires; 144
ff.], Paris, M. de Vascosan, 1556.
Jean REGNART [trad.] & Paul
ÆMILE [premier auteur], Les Cinq premiers livres de l’histoire
française, traduits en françois du latin de Paul Aemile,
par Jean Regnart [in-f°; pièces liminaires; 328 p.;
index], Paris, M. Fezandat, 1556.
Jean REGNART [trad.], Arnoul LE
FERRON [deuxième continuateur], Daniel ZAVARIZZI [premier continuateur]
& Paul ÉMILE [premier auteur], L’Histoire des faicts,
gestes et conquestes des roys, princes, seigneur et peuple de France,...
par... Paul Aemyle véronois,... mise en françois par
Jean Regnart, gentilhomme angevin, en son vivant seigneur de la Mictière,
avec la suyte de ladicte Histoire tirée du latin de feu Me Arnold
Le Ferron, conseiller du roy à Bourdeaux... [in-f°;
pièces liminaires; 687 p.; table; errata; privilège;
en tête, vers latins signés: Jo. Auratus, Fed. Morellus,
Ger. Sepinus Salmureus; vers français de Jacques Tahureau et
d’Estienne Jodelle], Paris, F. Morel, 1581.
Traduction italienne:
ANONYME [trad.], Historia delle
cose di Francia raccolte fedelmente da Paolo Emilio da Verona, e recata
hora a punto dall latina in questa nostra lingua volgare [in-8°
(21 cm); 28+354+2 ff.],Venetia (Venise), Michele Tramezzino, 1549.
|
14.
Joachim Curius, Gentis Silesiæ Annales (1571)
Jaochim Curius
est un historien polonais qui a publié en 1571 des Annales
de la nation silésienne (Gentis Silesiae Annales). Rappelons que la Silésie (Śląsk en polonais,
Sleszko en tchèque, Schlesien en allemand, Silesia en latin) est une
région située pour l’essentiel au sud-ouest de la
Pologne, une partie se trouvant au-delà de la frontière
avec la République tchèque.
Curius est le seul à notre connaissance à
donner la date de 1151.
On voudra bien bien remarquer trois choses: Conrad
II est mort en 1039; Conrad III en février 1152; au Moyen Age l’année
commençait en mars, et par suite on datait la mort de Conrad III
de 1151, Il semble donc que Curius dépend d’une source qui datait
la mort de Jean des Temps de la dernière année du règne
de l’empereur Conrad. C’est-à-dire, originellement de 1039, comme nous le redirons dans nos conclusions.
(Cité par Garmann
en 1670, ci-dessous)
|
(Traduction B.G., 2006)
|
Anno 1151, in Galliis vixit 372.
annos Caroli Magni armiger Johannes de Temporibus (Cureus
Annal. Siles. Part. 1. p. m. 46.).
|
L’an
1151, dans les Gaules, mourut à l’âge de 372 ans
l’écuyer de Charlemagne, Jean des Temps (Cureus, dans ses
Annales de Silésie, part. 1, p. m. 46).
|
Notre source:
Balthazar
EXNERUS de Hirschberga (Balthazar EXNER, 1576-1624), Valerius
Maximus christianus, hoc est Dictorum et factorum memorabilium unius
atque alterius seculi impp., regum, principum, imprimis christianorum,
libri novem [in-8° (14,5 cm sur 7,5); pièces liminaires;
427 p.], Hanoviae (Hanovre), apud D. et D. Aubrios et C. Schleichium,
1620. Réédition: Hanoviae (Hanovre), sumptibus J. Pressii,
1645. Dont une réédition numérique en mode image
et en mode texte (de l’édition de 1620) par l’Université
de Mannheim: http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner.html,
en ligne en 2006], spécialement: Livre VIII, chapitre XIX
(De Senectute, «De la Vieillesse»), § 6 (Ioannes
de Temporibus, «Jean des Temps») p. 381 [http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner/exner1/books/exnervalerius_8.html#s396
en mode texte, http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner/exner1/s397.html
en mode image)]
Éditions
Cureus, Joachim CUREUS, Gentis
Silesiae Annales complectentes historiam de origine; propagatione
et Migrationibus Gentis, et recitationem praecipuorum Eventuum,
qui in Ecclesia et Republica, usque ad Necem Ludovici, hungariae
et Bohemiae Regis, acciderunt. Contexti ex antiquitate Sacra et ethnica,
et ex Scriptis recentioribus a Joachimo Cureo Freistadiensi, philosopho
et Medico [in-f°; 393 p.; sujet: Histoire des états
du roi de Prusse, avec celle des villes hanséatiques], Witebergae
(Wittenberg), Joannes Crato), 1571.
Heinrich RÄTEL [trad.],
Joachim Cureus, Newe Cronica des Herzogthumbs Ober
und Nieder Schlesien. Warhaffte und grüntliche beschreibung
aus Göttlicher Schrifft, heidnischen und andern Alten und newen
Historien (...) Verteutschet durch Heinrich Räteln [3 livres
en un volume; 591 p. (en fait 606)], Leipzig, H. Grosse, 1601.
|
15.
François de Belleforest, Annales (1579).
François de Belleforest
(1530-1583) fut un temps, à partir de 1568, historiographe
du roi Henri III, “mais l’infidélité
de ses récits lui fit perdre cette place. Il se mit alors
aux gages des libraires et inonda Paris de ses écrits” (Wikipedia).
Il donna en 1573 une nouvelle réédition
augmentée des Chroniques et Annales de France de
Nicolas Gilles (vers 1425-1503). Cet ouvrage, que l’on considère
à juste titre comme la première des Histoires de France,
avait déjà connu de nombreuses rééditions
augmentées, de 1520 à 1571, et en connut encore après
Belleforst de 1585 à 1621.
En 1579 Belleforest donna ses
propres Grandes
Annales et Histoire générale de France, depuis
la venue générale des Francs en Gaule, jusqu’au règne
du roi Henri (rééditées en 160).
Bellorest (dont nous n’avons pas encore
consulté le texte) est selon Fleureau (voir infra),
est de ceux qui font de Jean d’Étampes un gendre de Philippe
Ier,
et le premier comte d’Étampes (qu’il ne fut jamais).
Voici ce qu’écrivait de ce
Belleforest le comte d’Argenson, grand érudit du XVIIIe
siècle, dans ses Réflexions sur les historiens
françois et sur les qualités nécessaires
pour composer l’histoire:
«Belleforest fut homme
de grand lecture & de peu de discernement. Ses Annales
sont remplies de contes ridicules, il y a employé tous
ceux qu’il avoit trouvés dans nos vieilles chroniques,
il en a ajoûté beaucoup d’autres de son invention.
Cela ne vient cependant ni d’ignorance, ni de malice; mais on cherchoit
à plaire, & c’étoit la mode de ce temps-là;
l’on ne se rendoit recommandable que par les fables.»
Texte non disponible
|
Traduction à venir
|
«Belle-forest en ses Annales,
assure qu’Eustache fut mariée à Jean, Seigneur
d’Estampes, qui en faveur de ce mariage, en fut fait le premier
Comte.»
(Fleureau, Antiquitez...,
1683, p. 76)
|
|
Réédition
par Belleforest des Chroniques et Annales de Nicole
Gilles (1573)
François de BELLOREST
[2e continuateur & éditeur], Denis SAUVAGE (pseudonyme
de DU PARCQ, Champenois) [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Croniques et Annales de France dès
l’origine des Francoys, et leur venue ès Gaules, Faictes
iadis... par Nicole Gilles,... iusqu’au Roy Charles huictiesme, et
depuis continuees par Denis Sauvage, iusqu’au Roy Francoys second.
A present reuues, corrigees et augmentees... iusqu’au Roy Charles neufiesme
régnant à présent... Par Françoys de
Belle-Forest, comingeois. Avec les Genealogies et effigies des Roys...
[in-f°; VIII+536 ff.; portrais], Paris, G. Buon, 1573.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venue ès
Gaules...... faictes jadis... par Nicole Gilles,... et depuis additionnées
par Denis Sauvage... reveues... par F. de Belleforest,... augmentées
et continuées... jusques au roy Henri III... par G. Chappuys...
[in-f° ; pièces liminaires; table; 521 ff.; portraits],
Paris, J. Cavellat, 1585.
Gabriel CHAPPUYS (vers
1546-vers1613) [3e continuateur et éditeur], François
de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur],
Nicole GILLES [premier auteur], Les Chroniques et Annales
de France dez l’origine des Françoys et leur venuë
ès Gaules, faictes jadis briefvement par Nicole Gilles,... jusqu’au
roy Charles VIII et depuis additionnées par Denis Sauvage
jusqu’au roy François II du nom, reveues, corrigées
et augmentées... contenantes l’histoire universelle de France
dès Pharamond jusqu’au roy Charles IX, par F. de Belleforests
(sic), Comingeois, avec la suite et continuation d’icelles, depuis
le roy Charles IX, jusques au roy... Louys XIII à présent
régnant, par G. Chappuys,... et autres [in-f°; 2 parties
en 1 volume in-f°], Paris, M. Sonnius & C. Rigaud & Sébastien
Chappelet, 1617.
Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur & éditeur],
François de BELLOREST [2e continuateur], Denis SAUVAGE
[continuateur], Nicole GILLES [premier auteur], Les Croniques
et annales de France... continuées par Denis Sauvage... et
augmentées... jusqu’au Roy Charles neufième régnant
à présent... [in-f°], Paris, P. Chevalier,
1621.
Jean SAVARON (1566-1622)
[4e continuateur & éditeur], Gabriel CHAPPUYS
(vers 1546-vers1613) [3e continuateur], François de BELLOREST
[2e continuateur], Denis SAUVAGE [continuateur], Nicole GILLES [premier
auteur], Les Chroniques et annales de France dez l’origine des
Françoys par Nicole Gilles jusqu’au roi Charles VIII, additionnées
par Denis Sauvage jusqu’à François II, revues et augmentées
jusqu’à Charles IX, par F. de Belleforest avec la suite et continuation
jusques au roy... Louis XIII... plus la saincteté du roy Louys
dict Clovis, par M. Jean Savaron,... [in-f°; pièces
liminaires; 730 ff.; table], Paris, P. Chevalier, 1621.
Chronique de Belleforest (1579):
François de BELLEFOREST,
Les Grandes Annales et histoire générale
de France, dès la venue des Francs en Gaule jusques au règne
du Roy très-chrestien Henry III... par François de
Belle-forest, commingeois... [2 volumes in-f°; pagination
continue], Paris, G. Buon, 1579.
Gabriel CHAPPUYS [continuateur
& éditeur] & François de BELLEFOREST [premier
auteur], Les Grandes Annales et l’Histoire générale
de France par Fr. de Belleforest, augmentées par Gabr. Chappuys
[2 volumes in-f°], Paris, G. Buon, 1600.
Édition numérique:
Aucune à notre connaissance.
Sur Belleforest:
René-Louis
de VOYER, marquis d’ARGENSON, «Réflexions sur
les historiens françois et sur les qualités
nécessaires pour composer l’histoire (lû le 14 Mars
1755)», in Mémoires
de l’Académie des Inscriptions, t. XXVIII, 1761 , pp. 627-646,
spécialement p. 633 [dont une édition numérique
en mode texte pour Cromohs par Guido Abbattista (Juin 1997),
http://www.eliohs.unifi.it/testi/700/argenson/argenson.html].
|
16. Theodor
Zwinger, Theatrum vitæ humanæ (1565)
Théodore Zwinger
l’Ancien (1533-1588), à ne pas confondre avec Théodore
Zwinger le jeune (1658-1724), est un savant suisse né à
Bâle. Il suit à Paris les cours de Pierre Ramus, fait des
études de médecine à Padoue et Venise et revient
à Bâle comme membre de la faculté de médecine.
Cet humaniste publie en 1565, en latin, un Théâtre de
la Vie Humaine à caractère encyclopédique, dont
le premier noyau était dû à Conrad Lycosthène
(alias Wolffhardt), auteur fort goûté de Montaigne.
Nous n’avons pas consulté
cet ouvrage. Robert Leslie Ellis,
éditeur de l’Historia Vitae de Francis Bacon en 1859 (page
146, note 6), le range au nombre de ceux qui pensent que le nom de Jean
des Temps fut donné à Jean d’Étampes en raison de
sa longévité.
Texte non disponible
|
Traduction à venir
|
On
dit que son nom était Jean de Stampis (D’Estampes), et
on lie ce changement de nom à sa longévité légendaire.
Voyez Zuingerus [Theodor Zwinger],
Theatrum vitæ humanæ, ou Fulgosius [Battista Fregoso], Factorum dictorumque memorabilium,
p. 298.
(Robert Leslie Ellis, 1859)
|
|
Notre source:
Robert Leslie ELLIS [éd.], «Francis
Bacon: Historia vitae et mortis», in The works
of Francis Bacon, etc. (voir infra), 1859 [mis en ligne
sur le site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k254716,
en ligne en 2006], p. 146, note 6.
Éditions (1565,
1571, 1586, 1604)
Theodorus ZVINGERUS Basiliensis (Théodore
ZWINGER de Bâle, 1533-1588), Theatrum Vitae humanae, Basileæ
(Bâle), Joannes Oporinus (Jean Oporin), 1565.
Theodorus ZVINGERUS Basiliensis (Théodore
ZWINGER de Bâle), Theatrum Vitae humanae: hoc est Eorum omnium
fere quae in hominem cadere possunt Bonorum atque Malorum exempla historica,
Ethicae philosophiae praeceptis accommodata, et in XIX libros digesta,
comprehendens Ut non immerito historiae Promptuarium, vitaeque humanae
speculum nuncupari possit: Primum a Conrado Lycosthene Rubeaquense inchoatum:
deinde Theodori Zwinggeri Philosophi et Medici Basiliensis studio et
labore eiusque deductum, ut omnium ordinum hominibus ad vitam praeclare
instituendam utile et jucundum sit futurum. Hac vero editione permultis
locis et exemplis auctum et locupletatum a multis etiam haeresibus et
erroribus, quae pio lectori et vero catholico nauseam movere potuissent,
consulto vindicatum et repurgatum. Adiecto praeterea indice locupletissimo,
cum rerum, tum nominum propriorum, eo studio arteque concinnato, ut omnia
hoc opera contenta, tanquam per compendium, ordine alphabetico digesta
Lectori exhibeat [«Théâtre de la Vie Humaine, c’est-à-dire
exemples historiques de presque tous les biens et les maux qui peuvent
arriver à l’homme, de sorte qu’on peut justement l’appeler Raccourci
de l’histoire et Miroir de la vie humaine tout d’abord commencé
par Conrad Lycosthène de Rouffach, puis augmenté par les
recherches et le travail de Theodor Zwinger, philosophe et médecin
de Bâle, pour aider les hommes de toute condition à se donner
une ligne de conduite claire et nette et à leur être agréable,
augmenté et enrichi dans cette édition de très nombreux
passages et exemples, censuré et expurgé aussi de nombreuses
hérésies et erreurs qui auraient pu donner la nausée
à un lecteur pieux et réellement catholique. On y a joint
de plus un index très riche tant des matières que des noms
propres, composé soigneusement et méthodiquement pour qu’il
montre tout ce que contient cet ouvrage, à la manière d’un
résumé, présenté par ordre alphabétique»],
Parisiis (Paris), apud Nicolaum Chesneau (Nicolas Chesneau), M.D.LXXI
(1571).
Theodorus ZVINGERUS Basiliensis (Théodore
ZWINGER de Bâle), Theatrum vitae humanae, Basileæ
(Bâle), 1586.
Jacobus ZVINGERUS (Jacod ZWINGER, fils de
Theodor) [réviseur, éd.], Theodorus ZVINGERUS [Theodor
Zwinger, premier auteur] Theatrvm hvmanae vitae Theodori Zuingeri
Bas, tertiatione nouem volvimibvs locupletatum, interpolatum, renouatum,
Jacobi Zvingeri fil. recognitione plurium imprimis recentiorum exemplorum
auctario, titulorum & indicum certitudine ampliatum [37 cm; 29
tomes en 5 volumes], Basileæ (Bâle), per Sebastianvm Henricpetri,
1604.
|
17. Giovanni
Selino (avant 1592)
Jesko Stampa nous fait savoir que selon Paolo Morigia (1592), un
certain Giovanni Selino (?), auteur d’un texte non identifié
sur Charlemagne, citait Jean d’Étampes
comme l’un de douze pairs de Charlemagne. Nous n’avons pour l’heure
trouvé aucune référence sur cet auteur.
Texte non disponible
|
Traduction à venir
|
|
|
Notre source:
Courriel de Jesko Stampa en date de 2003, selon qui
Morigia, en 1592, cite,
avec quatre autres documents du même genre, le témoignage
de Giovanni Selino, che discrive la vita di Carlo Magno, narra
che Giovanni de Stampa fu uno de dodici Conti del Sacro Imperio,
l’un des douze comtes de l’Empire.
|
18. Paolo
Morigia, Histoire de l’antiquité de Milan (1592)
Paolo Morigia (1525-1604), Milanais de naissance, fut général
et réformateur de la congrégation des Gesuati,
ordre des séminaristes apostoliques de saint Jérôme
fondé par le bienheureux Jean Colombini. Il a consacré plusieurs
ouvrages à sa ville natale, dont une Histoire de l’Antiquité
de Milan, divisée en quatre livres.
Girolamo Tiraboschi,
dans sa Storia della letterature italiana, publiée
à Milan de 1772 à 1782, nous dit quelques mots de
Paolo Morigia. Ce serait selon lui un historien totalement
dépourvu d’esprit critique. Ceci considéré,
il rassemblerait des données très intéressantes
pour la connaissance de son temps, mélangées avec
des relations fabuleuses et puériles qui témoignent
d’une extrême crédulité. Quant à son
Istoria delle antichità di Milano, il s’agirait
essentiellement d’une collection d’histoires populaires et de fables
en vogue dans le Milanais de son temps.
Au chapitre 16 de cet ouvrage, intitulé «Dell´antichita e nobilita
di casa Stampa», on lit que Jean d’Étampes,
fut surnommé Giovanni de tempi «Jean des Temps», à cause de ses 361
ans (trecento sesant´un anno). Il ne serait mort
que sous le pape Eugène III (1145-1153), après
avoir été un compagnon de Charlemagne (qui régna
de 768 à 814). Il serait l’ancêtre de la famille milanaise des
comtes Stampa.
Qui aurait à sa disposition l’Histoire de Milan par
Paolo Morigia (récemment rééditée) et pourrait
nous faire parvenir un scan des passages relatifs à la famille
Stampa et à Jean d’Étampes?
Texte non disponible
|
Traduction à venir
|
|
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Notre source:
Emilio SELETTI, Inscrizioni alla Memoria di alcuni personaggi
dell´illustre casato dei Conti Stampa marchesi di Soncino
raccolte da Emilio Seletti, Milan,
1877 [dont
un extrait en fac-similé donné par Volkratt
STAMPA 1994, p. 29].
Éditions
Paolo MORIGIA (1525-1604),
Historia dell’antichità di Milano, diuisa in quattro
libri, del r.p.f. Paolo Morigia Milanese dell’Ordine de’ giesuati di
san Girolamo. Nella quale si racconta breuemente, et con bell’ordine
da quante nationi questa città è stata signoreggiata, dal
principio della sua fondazione sino l’anno presente MDXCI . Et chi primieramente
diede il battesimo a’ Milanesi, col numero degli arciuescoui, santi, chiese,
monasterij, discipline, case pie, & scuole ... Con due copiosissime
tauole, vna de i capitoli, l’altra delle cose notabili [in-4°;
92+710+2+64 p.], In Venetia : appresso i Guerra : a instantia di Antonio
de gli Antonij, 1592.
Dont une réédition
en fac-similé: Paolo Morigia, Historia dell’antichità
di Milano (Venezia, appresso i Guerra, 1592) [804 p.], Sala
Bolognese, Arnaldo Forni [«Historiæ Urbium & Regionum
Italiæ rar.»], sans date (années 2000) [ISBN:
88-271-0233-7; 91 €].
Sur Morigia:
Girolamo TIRABOSCHI (1731-1794),
Storia della letterature italiana, Milan, 1772-1782, puis
Modène, 1787-1794. [Jugement
défavorable sur Morigia, cité sans référence
par une page web].
|
19. Jean
Bodin, Colloquium heptaplomeres (1593)
Jean Bodin
est un penseur important de la Renaissance, qui s’est intéressé
à différents sujets. Outre son importante contribution
à la pensée juridique et politique, qui porte sur le
concept de souveraineté, il a écrit sur la démonologie.
Dans un autre domaine, il a écrit en 1596 et diffusé sous
le manteau un curieux dialogue à sept voix, le Colloquium
heptaplomeron, qui n’a été publié qu’en 1858,
à Leipzig, par Ludwig Noack.
Ce dialogue met en scène
un catholique (Coronaeus), un luthérien (Fridericus), un calviniste
(Curtius), un païen (Senamus), un juif (Salomo), un musulman
(Octavius), et pour finir un déiste (Toralba), à qui Bodin
semble bien donner le beau rôle, et celui d’exprimer sa pensée
profonde.
| Texte de l’édition
princeps de 1857 |
Traduction B. G. (2006)
|
FRIDERICUS: Ego quidem pisces caeteris animantibus puriores esse
duco, tum quia in elemento purissimo vivunt, tum etiam quod maris
puritate sordes omnes non modo corporum, sed etiam animorum elui
atque expiari putantur. Sed quod vitam terrestribus diuturniorem
aquatilia ducant, vix est, ut mihi persuaderi possit, cum Elephantos
centum annos supra viginti vivere consuesse proditum sit de Juba
rege, rerum naturalium acerrimo venatore.
|
FRÉDÉRIC [luthérien]:
Pour ma part je pense que les poissons sont plus purs que tous
les autres animaux, d’une part parce qu’ils vivent dans un élément
très pur, et d’autre part parce que, selon la croyance générale,
la pureté de la mer nettoie et purifie des souillures non
seulement corporelles, mais aussi spirituelles. En revanche on me
persuadera difficilement que les animaux aquatiques vivent plus longtemps
que les animaux terrestres, alors que le roi Juba, ce chasseur très
pointu d’observations scientifiques, rapporte que l’éléphant
a coume de vivre plus de cent vingt ans.
|
OCTAVIUS: Immo vero Apollonius Tyanaeus elephantum in India
vidit, ut est apud Philostratum (1), qui ab Alexandro Magno ad sua
[p.240] usque tempora vitae trecentos
annos superarat (2). Quod
Aristotelis opinioni quodammodo congruit; is enim tradit, nullum
animal homine vivacius esse post elephantum.
|
OCTAVIUS [musulman]:
Bien plus, Apollonius de Tyane a vu un éléphant en
Inde, à ce qu’on lit chez Philostrate (1), qui avait passé (2) trois cents
ans de vie, du temps d’Alexandre le Grand jusqu’à son époque
à lui. Ceci s’accorde avec une certaine opinion d’Aristote,
car cet auteur rapporte qu’aucun animal ne vit plus longtemps que
l’homme, après l’éléphant.
|
FRIDERICUS: Certe vivacissimum esse animalium hominem, ex
sacris litteris constat, scilicet primos illos humani generis creatores
nongentos amplius annos vixisse ac nonnullos proxime ad annum millesimum
accessisse.
|
FRÉDÉRIC [luthérien]: Il est bien établi en effet par les saintes Écritures
que l’animal qui vit le plus longtemps est l’homme, en ce que les
fameux premiers parents du genre humains ont vécu plus de
neuf cents ans, et que certains ont atteint près de mille ans.
|
SENAMUS: Quid est igitur, quam ob rem diuturna vita tam brevi
curriculo (3) conclusa sit, ut etiamnum Moses (4), qui libros
originum et vitas diuturniores litteris mandavit, conqueratur,
hominem robustiorum vitam vix ac ne vix quidem octogesimum annum
superare.
|
SÉNAMUS [païen]:
Comment se fait-il donc, et qu’est-ce qui est cause que cette grande
longévité ait été réduite à
un cours (3) tellement bref que le même Moïse (4), qui a mis par écrit le livre de la Genèse
et ces grandes longévités, se plaigne que l’homme ne puisse
qu’à grand peine parfois dépasser la vie d’animaux
plus robustes, et atteindre quatre-vingts ans?
|
| FRIDERICUS (5):
Scio plerisque Epicuraeis (6)
libros originum incredibiles videri et ea potissimum, quae de
hominum diuturna vita prodita fuere. At Josephus, antiquitatum
interpres optimus (7), ut
ea, quae Moses scripserat, confirmaret, duodecim historias ab omnibus
fere populis summae antiquitatis ac auctoritatis testes arcessere
non dubitavit, scilicet Berosum Chaldaeum, Mochum, Hestiaeum, Hieronymum
Aegyptium, Nicolaum Damascenum, Homerum, Hesiodum, Hecataeum, Hellanicum,
Ephorum, Theopompum, Acesilaum (8),
Xenophontem, qui homines aliquot non modo quadringentos et sexcentos
annos, sed et nongentos excessisse prodiderunt. Quin etiam majorum
(9) nostrorum aetate
historicis nobilitatus est Miles, qui quod annos 369 explevisset,
Johannes de Temporibus usurpatur (10). At nostra aetate, i.e. 1519, Franciscus
Aluaresius (11) in Aethiopicis
scripsit, Marcum Abnuam (12)
pontificem maximum Abyssiniorum, anno centesimo quinquagesimo aetatis
nondum senium prae se tulisse. Ex quo intelligitur, eos aberrare, qui
longissimam hominis vitam post aquarum eluviones centum ac viginti
circumscriptam fuisse putant, cum id tempus
(13) hominum generi ad poenitentiam ante
diluvia Dei concessu data esset (14).
|
FRIDERICUS [luthérien] (5): Je sais bien que les Épicuriens
pour la plupart (6) ne tiennent pas
pour fiable le livre de la Genèse, et surtout ce qu’on y rapporte
de la longévité du genre humain. Cependant Flavius
Josèphe, excellent traducteur des Antiquités (7), n’a pas hésité, afin de
prouver ce qu’avait écrit Moïse, à citer à
l’appui douze récits tirés de presque tous les peuples
les plus anciens et les plus autorisés, à savoir: le
Chaldéen Bérose, Mochus, Hestiée, Hiéronyme
d’Égypte, Nicolas de Damas, Homère, Hésiode, Hécatée,
Hellanicus, Éphore, Théopompe, Acésilas
(8), Xénophon, auteurs au
rapport desquels un certain nombre d’hommes ont dépassé
non pas seulement quatre cents ou six cents ans, mais même neuf
cents. Bien plus encore, à l’époque de
nos aïeux (9), s’est
rendu célèbre auprès des historiens un chevalier,
que, parce qu’il a vécu 369 [sic]
ans, on surnomme (10) Jean des Temps. Et de notre temps, c’est-à-dire
en 1519, François Alvarez (11)
a écrit, dans ses Éthiopiques, que
Marc Abnoua (12), souverain pontife des
Éthiopiens, n’avait pas encore vu venir la vieillesse à
l’âge de cent cinquante ans. Cela nous fait comprendre qu’ils
sont dans l’erreur, ceux qui pensent que la plus grande longévité
humaine possible depuis le Déluge serait limitée à
cent vingt ans, alors que cette durée (13) était
celle du genre humain, en vue qu’il fasse pénitence, avant
que ne lui soit donné le Déluge avec la permission de
Dieu (14). |
SALOMO: Illud philosophis constat inter ipsos, non modo certum
vitae tempus omni animantium generi ab ipso conditore circumscriptum
fuisse, verum etiam singulorum hominum annos, menses, dies, horas,
momenta definita esse (15), quae
tum virtutibus augeri, tum etiam flagitiis circumcidi sacra oracula
declarant, sive in hoc cadaveris gurgustio, sive cadaveribus erepti.
Sic tamen interpretor, ut hominis spirantis vita non excedat annos
969, quoniam Methusala is, qui vitam mortalium omnium longissime
protraxit, non diutius vixit (16).
|
SALOMON [juif]:
C’est un point sur lequel les philosophes sont d’accord entre eux:
non seulement une certaine durée de vie fixe a été
déterminée par le
créateur lui-même pour chaque espèce
d’êtres vivants, mais encore les années, les mois, les
jours, les heures et les minutes de chaque être humain ont été
fixés (15): les saintes Écritures
déclarent qu’ils sont autant prolongés par l’exercice
des vertus, qu’ils sont aussi retranchés par celui des vices,
que ce soit dans la tente de ce corps présent, ou bien une fois
libérés de ce corps. Cependant je conclus que la vie d’un
homme corporel ne peut excéder 969 ans, de ce que ce Mathusalem,
qui de tous les mortels a joui de la plus grande longévité, n’a pas vécu
plus longtemps (16).
|
TORALBA: Vitam hanc diuturnam non naturae vi, sed procuratione
[p.241] divina primis hominibus tributam
fuisse existimo, ad artes et scientias constituendas ac praesertim
ad coelestium motuum cognitionem.
|
TORALBA [déiste]:
Cette longévité, à mon avis, n’a pas été
octroyée aux premiers hommes par un effet de la nature, mais
par un dessein divin [p.241] en vue de mettre en place les
techniques et les sciences, et principalement la connaissance
du mouvement des astres.
|
NOTES
(1) Lib. 7, in
vita Apollonii Tyanaei. (2)
Alibi: superabat. (3) Alibi: circulo. (4)
Ps. 90, qui est Mosi tributus. (5) Alius: SALOMO.
(6) Alibi: Epicuraeorum.
(7) Antiq. lib. IV., 5.
(8) Alius: Acasiceum.
(9) Alii: majori. (10) Alibi: vocatur. (11) Alius: Mauretius. (12) Alibi: Albanum, vel: Atanam. (13) Alibi: id. (14)
Genes. 6, 3 sqq. (15)
Deuter. 6. 3. Regum 3. Josuae
14. 21. 29. Psalm. 14. 60. 72 et 108. Proverb. 6. 15. 28. (16) Alibi:
ulterius non vixerit.
|
NOTES: (1)
Au livre 7 de la Vie d’Apollonius de Tyane. (2) Variante: surpassait
[superabat pour
super(av)erat]. (3) Variante: le cycle [circulo
pour curriculo]. (4) Psaume 90, qui est attribué à
Moïse. (5) Variante:
SALOMON. (6) Variante: la plupart des Épicuriens
[plerisque Epicuraeorum
pour plerisque Epicuraeis].
(7) Antiquités de la Judée,
livre IV, chapitre 5. (8) Variante: Acasicée [Acasiceum pour Acesilaum]. (9) Variante: ancêtre [non sens: majori pour majorum].
(10) Variante: on nomme [vocatur pour usurpatur]. (11) Variante: Mauret [Mauretius pour Aluaresius]. (12) Variantes: Alban, Atana [Albanum ou Atanum pour Abnuam]. (13) Variante: alors que ceci [id pour id tempus]. (14) Genèse VI, 3 et suivants. (15) Deuteronome,
ch. V; Troisième livre des Rois [c’est-à-dire le Premier selon
le comput actuel, puisqu’on appelle désormais les deux premiers, selon l’usage juif et protestant, Livres
de Samuel (B.G.)], ch. III. Josué, ch. XIV, XXI
& XXIX. Psaumes XIV, LX, LXXII et CVIII. Proverbes ch. VI,
XV et XXVIII. (16) Variante: n’a pas vécu au-delà [ulterius
non vixerit pour non
diutius vixit].
|
Éditions
Manuscrits: BNF, ms. lat. 3259; ms. lat. 6564; ms.
lat. 6565; ms. lat. 6566 ; ms. 6.
Ludovicus NOAK (Ludwik Noack),
Joannes Bodinus. Colloquium heptaplomeres de rerum sublimium
arcanis abditis e codicibus manuscriptis Bibliothecae Academicae Gissensis
cum varia lectione aliorum apographorum nunc primum typis describendum
curavit Ludovicus Noak philisophiae doctor, in universitate Gissensi
professor extraordinarius [in-8°], Suerini Megalogurgiensium
(Schwerin), typis et impensis Friderici Guilelmi B??renprung & Parisiis
(Paris), Fr. Klincksieck & Londini (Londres), D. Nuit, 1857 [Dont
une réédition en fac-similé: Hildesheim &
New-York, Georg Olms, 1970], pp. 239-241.
Traduction française
anonyme:
Manuscrit: BNF, ms. fr. 1923.
Roger CHAUVIRÉ (né
en 1880) [éd.], Colloque de Jean Bodin des secrets
cachez des choses sublimes entre sept sçavans qui sont de différens
sentimens (Traduction française du ’Colloquium heptaplomeres’)
par Roger Chauviré [in-8°; 213 p.], Paris, L. Tenin,
1914.
François BERRIOT (né
en 1939) & alii [éd.], Jean Bodin. Colloque entre sept
sçavans, qui sont de differens sentimens, des secrets cachez
des choses relevées. Traduction anonyme du Colloquium heptaplomeres.
Texte présenté et établi par François
Berriot [26 cm; 591 p.], Genève, Droz & Champion
[«Travaux d’humanisme et Renaissance» 204], 1984.
Sur le Colloquium:
Claudio JANET (1844-1894), «L’Heptaplomères de Jean
Bodin»in ID., Les Précurseurs de la franc-maçonnerie
au XVIe et au XVIIe siècle [in-8°; 77 p.], Paris,
Victor Palmé, 1887 [dont une réédition numérique
en mode image par la BNF sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62743w,
en ligne en 2006], pp. 31-34.
Gottschalk-Eduard GUHRAUER,
Das Heptaplomeres des Jean Bodin: zur Geschichte der Kultur
und Literatur im Jahrhundert der Reformation [LXXXVIII+277 p.;
texte en latin et en allemand], Berlin, G. Eichler, 1841 [dont une
réédition en fac-similé (23 cm): Genève,
Slatkine reprints, 1971. Dont une réédition numérique
en mode image par la BNF, 1985].
Karl Friedrich FALTENBACHER
(né en 1946), Das Colloquium Heptaplomeres, ein Religionsgespräch
zwischen Scholastik und Aufklärung: Untersuchungen zur Thematik
und zur Frage der Autorschaft [23 cm; 126 p.], Frankfurt am
Main, P. Lang [«Publications universitaires européennes.
Série 13, Langue et littérature françaises»
/ «Europäische Hochschulschriften. Reihe 13, Französische
Sprache und Literatur» 127], 1988 [ISBN: 3-8204-9191-0].
Karl Friedrich FALTENBACHER,
Das Colloquium Heptaplomeres und das neue Weltbild Galileis.
Zur Datierung, Autorschaft und Thematik des Siebenergesprächs
[43 p.], Mayence & Stuttgart, Franz Steiner
[«Akademie der Wissenschaften und der Literatur: Abhandlungen
der Geistes- und Sozialwissenschaftlichen Klasse» 1993/2], 1993.
[L’auteur essaie de démontrer que le Colloquium n’est
pas de Bodin.]
Jean LETROUIT, «Jean Bodin,
auteur du Colloquium heptplomeres», http://www.univ-paris12.fr/scd/lc4-2e.htm,
en ligne en 2006 [Lestrouit réduit à néant
la démonstration de Faltenbacher].
Varia:
Pierre MESNARD, La Pensée
religieuse de Bodin [in-8°; 45 p.; extrait de la Revue
du XVIe siècle 16 (1929)], Paris, Honoré Champion,
1929.
Eugénie DROZ, «Le Carme
Jean Bodin, hérétique», in Bibliothèque
d’Humanisme et de Renaissance X (1948), pp. 77-94.
Ann M. BLAIR, «La nature
théâtre de Dieu selon Jean Bodin», in Nouvelle
Revue du XVIe siècle VII (1989), pp. 73-91.
|
20. Richard
Verstegan, A Restitution
of decayed intelligence... (1605)
Richard Verstegan est un catholique
anglais d’origine flamande, qui a vécu à une époque
où les catholiques étaient persécutés
en Grande-Bretagne: il a connu l’exil. Outre diverses publications
qui lui ont été inspirées par sa piété,
il a surtout donné en 1605, à Anvers, un ouvrage original,
qui est peut-être la première tentative pour faire prendre
conscience aux Anglo-Saxons de la richesse de leur patrimoine linguistique,
coutumier et juridique, ce qui ne laisse pas d’étonner à
une époque où le prestige du latin était partout
si grand: A Restitution of decayed intelligence in antiquities,
concerning the most noble and renowmed English nation.
Concernant le
cas de Jean des Temps, il ne veut y voir qu’une démonstration
donnée par la providence de la vérité des Saintes
Écritures dans ce qu’elles nous disent de la longévité
des patriarches antédiluviens.
Texte de l’édition
de 1634, p. 323
|
Traduction B. G. (2006)
|
Here by the way I must note unto
the reader that Ioannes de temporibus, that is to say
John of the times, who so was called for the sundry
times or ages he lived, was Shield-knave unto the Emperour
Charles the great, of whom he also was made knight.
This man being of great temperancce, sobriety, and contentment
of mind in his condition of life, but above all of a most excelling
constitution of nature, residing partly in Germany
where he was borne, and partly in France, lived
unto the ninth yeere of the raigne of the Emperour
Conrade, and died at the age of three hundreth threescore,
and one yeere, seeming thereby a very miracle of nature, and one in
whom it pleased God to represent unto later ages the long yeeres, and
temperate lives of the ancient Patriarches.
(ici cité d’après Eason)
|
Je dois
ici au passage signaler au lecteur que Ioannes de Temporibus,
c’est-à-dire Jean des Temps, qui fut ainsi
appelé en raison des divers temps ou époques qu’il
vécut, fut écuyer de Charlemagne, de qui il fut fait
aussi chevalier. Cet homme, étant d’une grande tempérance
et sobriété, et dont l’esprit se satisfaisait de
ses conditions de vie, mais qui par-dessus tout était d’une
constitution naturelle des plus excellentes, résidant pour
partie en Allemagne, où il était né, et pour partie
en France, vécut jusqu’à la neuvième année
du règne de l’empereur Conrad, et mourut à l’âge
de trois cent soixante et un ans, paraissant par là un véritable
miracle de la nature, et une personne en qui il a plu à Dieu
de montrer en des âges plus récents ce que furent les
longues années et les vies tempérantes des anciens patriarches.
|
Notre source:
James EASON (University
of Chicago) [éd.], Pseudodoxia Epidemica: or,
Enquiries into very many Received Tenents and commonly presumed
Truths. by Thomas Brown Knight, M. D. Based on The Sixth and Last
Edition of 1672 [pages web; texte copieusement annoté en
anglais], in UNIVERSITY OF CHICAGO, Sir Thomas Browne, http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudodoxia.html,
en ligne en 2006, spécialement: «III.ix (pp. 135-140):
Of the Deer», http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudo39.html#b15,
en ligne en 2006.
Éditions:
Richard VERSTEGAN
(pseudonyme de Richard ROWLANDS, 1550-1640), A Restitution
of decayed intelligence in antiquities, concerning the most
noble and renowmed English nation. By the studie and travaile of
R. V. ... [in-4°; pièces liminaires; 339 p.; table;
figures; ], Antwerp (Anvers), R. Bruney, 1605. Réédition:
1634 (alléguée par James EASON peut-être
par erreur). Réédition [in-8°; pièces
liminaires; 264 p.; figures], London (Londres), J. Kirton, 1655.
Réedition [in-8°; pièces liminaires; 374 p.; table;
figures]: London (Londres), S. Mearne, J. Martyn & H. Herringman,
1673.
Extrait ici reproduit de
la page 323 de l’édition de 1634, tiré d’une note
de James EASON (de l’Universite de Chicago), à son édition
en ligne du Pseudodoxia Epidemica de Thomas Brown
(voyez infra), http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudo39.html#b15,
en ligne en 2006.
Sur Richard Verstegan:
J.H. POLLEN, «Richard Verstegan (alias Rowlands)»,
in The Catholic Encyclopedia, Volume XV, New York,
Robert Appleton, 1912 [dont une réédition numérique
en mode texte par K. KNIGHT, in New Advent, http://www.newadvent.org/cathen/15377a.htm,
2003, en ligne en 2006.
|
21. Lewis
Bayly, The Practice of Piety (1611)
Lewis Bayly,
évêque anglican de Bangor, publia en 1612 un traité
intitulé La pratique de la Piété,
qui consacre beaucoup de place à la sainte communion. Il
connut de nombreuses éditions (la 74e en 1821), dont une édition
intégrale sur Internet, et de nombreuses traductions en divers
langages.
Concernant Jean des Temps, Lewis
Bayly, voulant démonter l’excellence du chiffre sept, censé
rythmer toute vie humaine, fait remarquer que le nombre des années
de sa vie, à savoir 361, serait un multiple de sept. Ce faisant
il commet une erreur de calcul ridicule, qui semble-t-il n’a jamais
été observée de personne; car il dit que Jean
des Temps serait mort dans le cinquante-troisième septenaire
de sa vie: ce que ne serait exact que s’il avait vécu 371 ans.
Texte de l’édition
de 1611
|
Traduction B. G. (2006)
|
[Ten Reasons demonstrating
the Commandment of the Sabbath to Be Moral.]
|
[Dix raisons démontrant la moralité du commandement
du Sabbat.]
|
| And the year of our Saviour Christ’s
birth, being the three thousand nine hundred and forty-eighth of
the world, was at the end of a sabbatical year, and the five hundred
and sixty-fourth septenary of the world. Moses makes the common
age of all men to be ten times seven 177 (Psal. xc), and every seventh
year commonly produces some notable change or accident in man’s life:
and no wonder; for, as Hippocrates affirms, a child in his mother’s
womb, on the seventh day of his conception, has all his members finished,
and from that day grows to the perfection of birth, which is always
either the ninth or seventh month. At seven years old, the child
casts his teeth, and receives new. And every seventh year after, there
is some alteration or change in man’s life, especially at nine times
seven, the climacteric year, which by experience is found to have
been fatal to many of those learned men who have been the chiefest lights
of the world;64 and if they escaped that year, yet most of them have
departed this life in a septenary year. Lamech died in the year of his
life seven hundred and seventy-seven. Methusalem, the longest liver of
the sons of men, died when he began to enter his nine hundred and seventieth
year. Abraham died when he had lived twenty-five times seven years;
Jacob when he had lived twenty-one times seven years; David, after he
had lived ten times seven years. So did Galen, so did Petrarch, who (as
Bodin notes) died on the same day of the year that he was born: so did
Queen Elizabeth, of blessed memory. Hippocrates died in the fifteenth
septenary; Hierom and Isocrates in their thirteenth; Pliny, Bartolus, and
Caesar, in their eighth septenary; and Johannes de temporibus,
who lived three hundred and sixty-one years, died in the fifty-third septenary
of his life. The like might be observed of innumerable others. And,
indeed, the whole life of a man is measured by the Sabbath; for how many
years soever a man lives here, yet his life is but a life of seven days
multiplied: so that in the number of seven there is a mystical perfection,
to which our understanding cannot attain. |
Et l’année
de la naissance de notre Sauveur Christ, étant la trois
mille neuf cent et quarante-huitième du monde, était
à la fin d’une année sabbatique et le cinq cent et
soixante-quatrième septénaire du monde. Moïse
déclare l’âge commun de tous les hommes être dix
fois sept (Psaume 90) et chaque septième année produit
généralement quelque changement notable ou accident
dans la vie de l’homme; et ce n’est pas étonnant; car, comme
l’affirme Hippocrate, un enfant dans l’utérus de sa mère,
le septième jour de sa conception, a tous ses membres finis et
de ce jour s’achemine vers la perfection de sa naissance, qui a toujours
lieu soit le neuvième ou bien le septième mois. À
sept ans, l’enfant perd ses dents et en reçoit de nouvelles. Et
chaque septième année après se produit quelque transformation
ou changement dans la vie de l’homme, particulièrement à
neuf fois sept, l’année cruciale, dont l’expérience montre
qu’elle a été fatale à beaucoup de ces hommes instruits
qui ont été les principales lumières du monde; et
s’ils ont échappé à cette année, la plupart
d’entre eux encore ont quitté cette vie lors une année septenaire.
Lamech est mort l’an de sa vie sept cent soixante-dix-sept. Methusalem,
celui qui a vécu le plus longtemps parmi les fils des hommes, est
mort alors qu’il entrait dans sa neuf cent et soixante-dixième
année. Abraham est mort alors qu’il avait vécu vingt cinq
fois sept ans; Jacob quand il avait vécu vingt et une fois sept
ans; David, après qu’il avait vécu dix fois sept ans. De
même pour Galien, pour Petrarque, qui (comme le remarque Bodin) est
mort le même jour de l’année qu’il était né;
de même pour la Reine Elisabeth, de sainte mémoire. Hippocrates
est mort dans son quinzième septenaire; Jérôme et
Isocrate dans leur treizième; Pline, Bartolus et César, dans
leur huitième septenaire; et Johannes de temporibus,
qui a vécu trois cent soixante et un ans, est mort dans le cinquante-troisième
septénaire de sa vie. La même chose pourrait être
observé d’innombrables autres. Et, en effet, toute la vie d’un homme
est mesurée par le Sabbat; car combien d’années que puisse
vivre un homme ici-bas, cependant sa vie n’est qu’une vie de sept jours,
multipliée: de sorte qu’il se trouve dans le nombre sept une perfection
mystique, que ne peut atteindre notre intelligence.
|
Éditions
Lewis BAYLY (évêque
de Bangor), The Practice of Piety, Directing a Christian
Hom to Walk, that He May Please God, 1611. Dont de nombreuses
rééditions. Dont des traductions en plusieurs langues
européennes.
Version française:
Jean VERNEUIL (ou VERNUEIL ou VERNUILH)
[trad], La Pratique de piété addressant le
chrestien au chemin qu’il doit tenir pour plaire à Dieu, escrite
en anglois anglois par M. Louys Bayle... Traduite en françois
par Jean Vernuilh,... sur la dernière édition. Septiesme
édition françoise reveuë... de nouveau [in-12],
Quévilly, 1635. Genève, P. Chouet, 1641. Rouen, J. Berthelin,
1645. Genève, P. Chouët, 1664. La Pratique de piété,
etc. sur la dernière édition. IIe édition françoise
reveue et corrigée de nouveau [in-12; XXII+696 p.], Rouen,
R. Darb’, 1654. Devoirs de l’âme chrestienne,
ou la Pratique de la piété... traduite de l’anglois
de L. Bayle,... Dernière édition... mise en la pureté
de la langue françoise [in-8°; 574 p.], Saumur &
Charenton, O. de Varennes, 1668.
Réédition: London
(Londres), Hamilton, Adams & Co, 1842.
Dont une réédition
numérique en mode image et en mode texte: Grand Rapids
(Michigan, USA), Christian Classics Ethereal Library, 2003, http://www.ccel.org/ccel/bayly/piety.iv.xi.i.html &
http://www.ccel.org/ccel/bayly/piety/png/0215=177.htm,
en ligne en 2006.
|
22. Balthasar
Exner (1620)
Balthasar
Exner (1576-1624), théologien allemand, publia en 1620 à
Hanovre un Valère-Maxime chrétien.
Rappelons que l’historien antique Valère-Maxime
a laissé, à l’usage des classes de rhétorique
de son temps (c’est-à-dire du premier siècle de notre
ère), un recueil de d’anecdotes historiques, les Factorum
ac dictorum memorabilium libri IX.
En d’autres termes, Exner introduit
le cas de Jean des Temps dans la culture générale
de tous les collégiens, afin qu’ils puissent en faire usage
en temps que lieu commun, lorsqu’ils auront à composer quelque
ouvrage ou discours.
L’objectif est atteint à la génération
suivante où nous verrons Henning Witte l’utiliser vers 1664
dans l’oraison funèbre d’un collègue octogénaire
Texte latin de 1620
|
Traduction B. G. (2006)
|
LIBER I. CAPUT XIX. DE
SENECTUTE.
|
LIVRE III, CHAPITRE
XIX. DE LA VIEILLESSE.
|
SUMMARIA. 1. Caroli Magni. 2. Wilhelmi
Ducis Brunsuicens. 3. Friderici III. Imp. 4.
Othonis Ducis Sax. 5. Iodoci Brandeburg. 6. Ioan. de Temporibus.
|
SUMMARIA.
1. Charlemagne. 2. Wilhelm, duc de Brunswick. 3. Frédéric
III. empereur. 4. Othon, duc de Saxonie.
5. Josse de Brandebourg. 6. Jean
des Temps.
|
1. CArolus Magnus Rom. Imp. septuagenario
maior, Aquisgrani expleuritide decessit, 5. Calend. Febr. annum
circiter Christi 814.
2. Wilhelmus Dux Brunsuicensis,
Princeps bellicosissimus, ubi attigit annos nonaginta, decessit
e vivis anno Christi 1482.
3. Fridericus III. Imp. praefuit
Imperio tribus annis perpetuis, et quinquaginta, mensibus 4.
ac diebus 4. Natus annos 78. defunctus est.
4. Otho Dux Saxoniae, Henrici
Aucupis Imp. pater, cum illi offerretur administratio Rom. Imperii,
et is senecta invalidus esset, excusatione aetatis usus: Si Germanicis
rebus (inquit) usui dextra mea, ars rerum gerendarum esse posset,
nullum corporis laborem, nullam animi sollicitudinem pro communi salute
recusarem. Sed Imperio a familia Caroli translato alius nobis vir quaerendus,
non qui ex Imperio [p.381] decus
sibi expetat, sed Imperio adferat. Unde auctor fuit, ut Conradus I.
Imp. crearetur.
5. Iodocus Brandenburgensis
Marchio, et Moraviae, Romanorum Rex a nonnullis proceribus Imperii
electus: et provectioris iam aetatis, cum excessisset annum nonagesimum,
obiit.
6. Ioannes, de temporibus
cognomento dictus, alias Polychronius, quan quam non fuit Princeps:
tamen quia longaevus ad admirationem usque exstitit, non inconvenienter
visum est fieri, ut et Principum catalogo in fine subscribatur,
cum sit exemplum valde memorabile. Hic tempore Caroli Magni vixit,
cuius etiam armiger fuisse legitur. Et cum communem hominum vivendi
morem annos vitae trecentos sexaginta unum superasset, in Gallis moritur,
Anno Christi 1146.
|
1. Charlemagne
empereur des Romains, âgé de plus de soixante-dix
ans, mourut d’une pleurésie à Aix le 5 des calendes
de février vers l’an 814.
2. Guillaume, dux de Brunswick,
prince fort belliqueux, lorsqu’il eut atteint les quatre-vingt-dix
ans, quitta cette vie l’an du Christ 1482.
3. L’empereur Frédéric
III présida à l’Empire sans discontinuer cinquante
et trois ans, 4 mois et 4 jours. Il décéda à
l’âge de 78 ans.
4. Othon, duc de Saxonie,
père de l’empereur Henri l’Oiseleur, comme lui était
offerte l’administration du Saint-Empire, et qu’il était impotent
du fait de la vieillesse, tira excuse de son âge: Si, déclara-t-il,
ma main droite, en qui réside l’art même du gouvernement,
pouvait être de quelque usage aux intérêts de l’Allemagne,
je ne refuserais à l’intérêt général
aucune peine de mon corps ni souci de mon esprit. Mais puisque l’Empire
a été soustrait à la famille de Charlemagne,
c’est un autre homme qu’il nous faut rechercher, non pas un homme qui
veuille tirer gloire de l’Empire, [p.381] mais qui en fasse la gloire. Par quoi
il fut responsable du fait que Conrad Ier fut fait empereur.
5. Josse, marquis de Brandebourg
et de Moravie, une fois élu roi des Romains par un grand
nombre des princes de l’Empire, d’un âge déjà trop
avancé, puisqu’il avait dépassé sa quatre-vingt-dixième
année, mourut.
6. Jean, surnommé
des Temps, autrement dit Polychrone, quoiqu’il
ne fut pas prince et parce cependant il a été d’une
longévité tellement étonnante, il ne paraîtra
pas déplacé qu’il se fasse qu’il soit porté
à la fin aussi d’une liste de princes, vu que cet exemple est
tout à fait mémorable. Cet homme vécut à
l’époque de Charlemagne, dont on lit qu’il avait été
l’écuyer. Et comme il avait surpassé la commune manière
de vivre des hommes, il mourut en Gaule l’an du Christ 1146.
|
Éditions
Balthazar EXNERUS de Hirschberga
(Balthazar EXNER, 1576-1624), Valerius Maximus christianus,
hoc est Dictorum et factorum memorabilium unius atque alterius seculi
impp., regum, principum, imprimis christianorum, libri novem
[in-8° (14,5 cm sur 7,5); pièces liminaires; 427 p.], Hanoviae
(Hanovre), apud D. et D. Aubrios et C. Schleichium, 1620. Réédition:
Hanoviae (Hanovre), sumptibus J. Pressii, 1645. Dont une réédition
numérique en mode image et en mode texte (de l’édition
de 1620) par l’Université de Mannheim: http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner.html,
en ligne en 2006], spécialement: Livre VIII, chapitre XIX
(De Senectute, «De la Vieillesse»), § 6 (Ioannes
de Temporibus, «Jean des Temps») p. 381 [http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner/exner1/books/exnervalerius_8.html#s396
en mode texte, http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/exner/exner1/s397.html
en mode image)]
|
23.
Francis Bacon, Historia Vitae et Mortis (1623)
Selon Bacon les objectifs de la médecine ne devraient pas seulement
être de lutter contre les maladies et de conserver la santé,
mais aussi d’augmenter la longévité de l’homme autant
que possible. Il développe dans ce esprit une théorie de
la longévité qui repose sur les bases aujourd’hui surannées
de la médecine de son temps, et spécialement sur la croyance
que la vie a ses principes essentiels dans les esprits animaux, fluides
subtils qui habitent les êtres vivants, mais qui tendent progressivement
à s’en échapper, notamment par les pores de la peau.
Bacon a accumulé un très
grand nombre d’exemples de longévité. Selon son éditeur
Ellis (p.94) il n’est pas toujours facile de déterminer quelles
sont ses sources : il semble qu’il a toujours noté, au gré
de ses nombreuses lectures, tout ce qui se pouvait se rapporter à
ce sujet, sans parler de nombreux emprunts à des auteurs classiques
tels que Pline l’Ancien ou Valère-Maxime, Pétrarque et
bien d’autres. Il apparaît que bon nombre de ses allégations
sont de deuxième ou de troisième main.
Bacon fait tenir à Jean des
Temps des propos tout à fait originaux: ce chevalier aurait
lui-même expliqué sa longévité en disant
s’oindre d’huile et consommer du miel. Il va sans dire que cette pratique
de l’onction d’huile va tout à fait dans le sens de la théorie
de Bacon, puisqu’elle obstrue les pores de la peau et prévient donc
l’exhalaison mortifère des esprits animaux.
Mais d’où tire-t-il ce propose
de Jean des Temps ? Il s’est tout simplement embrouillé dans ses
notes. Car ces propos auraient en réalité été
tenus, selon Pline l’Ancien, mille ans plus tôt, à l’empereur
Auguste par un certain Pollion Romilius. Pollion Romilius que par ailleurs
Bacon, à quelques lignes de là, confond allègrement
avec son plus célèbre homonyme Asinius Pollion.
Sir Francis Bacon, d’évidence, était
plus un homme de système qu’un érudit minutieux. On reste
frappé cependant par la niaiserie pathétique de ses conseils.
Ce qui surprend surtout c’est le sentiment d’urgence qu’il éprouvait,
et l’obession qu’il avait alors de divulguer au plus vite les magnifiques
découvertes qu’il venait de faire, pour aider ses frères
humains à retarder l’heure de leur mort. Quitte à ne pas
se relire.
| Édition anglaise
non datée |
Édition latine
de 1859
|
Traduction B.G. (2006)
|
LENGTH
AND SHORTNESS
OF LIFE IN MAN
|
LONGÆVITAS
ET BREVITAS
VITÆ IN HOMINE.
|
LONGUEUR
OU BRIÈVETÉ
DE LA VIE CHEZ L’HOMME
|
|
[...]
19. The cases
which follow, are promiscuous in their order, more doubtful in authority,
and more scanty in observation. Arganthonius, king of Cadiz in Spain,
lived 130 or (according to some) 140 years, for eighty of which he
was on the throne. Of his manners, habits of life, and the time in
which he lived, nothing is recorded. [.......]
A people of India called Pandorae
are very long-lived, lasting even for 200 years. (a) They say also (which is more strange)
that their hair, which is nearly white in boyhood, turns black in
old age, before it grows hoary; though indeed it is common every-where
for light hair in the boy to turn darker in the man. The Seres likewise,
another Indian people, with their palm-wine, [p.265]
are reputed to live as long as 130 years.’
Euphranor the grammarian continued to teach in his school till
he was above 100. (b) The elder Ovid,
the father of the poet, lived 90 years; he was of a different character
from his son, as he despised the Muses and dissuaded his son from
poetry. (c) Asinius Pollio, the friend
of Augustus, exceeded 100 years. (d) He
was a man extremely luxurious, eloquent, and devoted to literature;
but yet violent, proud, cruel, and selfish. It is a common idea that
Seneca was very old, and no less than 114. But this cannot be true;
for fir from being a decrepit old man when he was appointed tutor to
Nero, he was on the contrary exceedingly active in the government.
Besides, a little before, in the middle of the reign of Claudius, he was
banished for adultery with some noble ladies, a thing not compatible
with such an age. Johannes de Temporibus among all the men of later
times is by tradition and common report reputed long-lived, even to a
miracle or rather a fable, his age being said to be above 300. He was by
birth a Frenchman, and served under Charlemagne. Gartius of Aretium,
great grandfather to Petrarch, lived 104 years. He always enjoyed good
health, and at the end felt a decay of strength rather than any malady;
which is the true dissolution by old age. Many Venetians of high rank were
long-lived; as the Doge Franciscus Donatus, Thomas Contarenus and Franciscus
Molinus procurators of St. Mark, and others. But the most memorable instance
is that of the Venetian Cornaro, who being of sickly body in his youth,
began for the sake of his health to measure his meat and drink by weight.
This custom led by degrees to a fixed diet, and the diet to a very long
life, of even more than 100 years (e), with
unimpaired faculties and constant health. Guillaume Postel, a Frenchman,
in our time, lived nearly 120 years; the top of his moustache being still
black, and not at all grey. He was a man of dis-ordered brain and unsound
mind, a great traveller sad mathematician, and somewhat tainted with
heresy.
20. In England I imagine
there is scarce any village of any size in which an octogenarian
man or woman may not be found. A few years ago, at a May-game
in Herefordshire, a morrice dance was performed by eight men, whose
united ages made up 800 years; some of them’ exceeding 100, by as
much as others fell short. [...]
(pp. 264-265 d’une édition non datée)
(p. 105 de l’édition de 1638)
|
[...]
19. Quæ sequentur, ordine promiscua, fidei magis dubiæ,
observatione magis jejuna, erunt. Rex Arganthonius, qui regnavit Gadibus
in Hispania, centum et triginta, aut (ut alii volunt) quadraginta, annos
vixit; ex quibus octoginta regnavit (1);
de moribus ejus et vitia genere, et tempore quo vixit, siletur. [.......] Populus
Indiæ, Pandoræ appellati, admodum longævi; etiam usque
ad annum ducentesimum (2): addunt
rem magis miram; [p.146] scilicet cum pueri
fere candido capillo fuerint, senectute ante canitiem eos nigrescere solitos:
id tamen ubique vulgare est, ut pueris capillitio candidiore virili
ætate pili mutentur in obscurius. Etiam Seres, Indorum populus,
cum vino suo ex palmis, longævi habiti sunt, usque ad annum centesimum
tricesimum. (3) Euphranor grammaticus
consenuit in schola, et docebat literas ultra annum centesimum. (4) Ovidius senior, poëtæ pater, nonaginta
annos vixit (5); diversus a moribus filii,
utpote qui Musas contempsit, et poëticem filio dissuasit. Asinius
Pollio, Augusti familiaris, centum annos superavit (6): vir ingentis luxus, eloquens, literarum cultor;
attamen vehemens, superbus, crudelis, et tanquam sibi natus. Invaluit
opinio de Seneca, quod admodum annosus fuerit, usque ad annum centesimum
decimum quartum (7); quod verum esse non potest,
cum tantum absit ut senex decrepitus ad Neronis tyrocinium admotus sit,
ut contra rebus gerendis strenue suffecerit; quinetiam paulo ante, medio
tempore Claudii, exularit, ob adulteria aliquarum principum fœminarum;
quod in talem ætatem non competit. Joannes de Temporibus, ex omnibus
posterioribus sæculis, traditione quadam et opinione vulgari, usque
ad miraculum, vel potius usque ad fabulam, longævus perhibetur, annorum
supra trecentos (8): natione
fuit Francus, militavit autem sub Carolo Magno. Gartius Aretinus, Petrarchæ
proavus, ad centum et quatuor annos pervenit (9),
[p.147] prospera semper
usus valetudine, atque in extremis vires labantes sentiens potius quam
morbum; quæ vera est resolutio per senium. Ex Venetis reperiuntur
haud pauci longævi, etiam gradu eminentiori; Franciscus Donatus dux;
Thomas Contarenus procurator S. Marci; Franciscus Molinus item procurator
S. Marci (10); alii. At maxime memorabile
est illud de Cornaro Veneto, qui corpore sub initio valetudinario, cœpit
primum metiri cibum et potum ad certum pondus, in curam sanitatis: en
cura transiit usu in diætam, et ex diæta in magnam longævitatem,
usque ad annum centesimum et ultra (11),
integris sensibus, et constanti valetudine. Gulielmus Postellus, nostra
ætate, Gallus, ad centesimurn et prope vicesimum annum vixit (12); etiam summitatibus barbæ in labro superiore
nonnihil nigrescentibus, neque prorsus canis: vir capite motus, et non
integræ omnino phantasiæ; magnus peregrinator, et mathematicus,
et hæretica pravitate nonnihil aspersus.
20. Apud nos in Anglia, arbitror non existere
villulam paulo populosiorem, in qua non reperiatur aliquis vir aut mulier
ex octogenariis; etiam ante paucos annos, in agro Herefordiensi, inter
ludos florales, instituta erat chorea et saltatio ex viris octo, quorum
ætas simul computata octingentos annos complebat; cum quod alteris
eorum ad centenarium deesset, alteris aliquibus superesset.
[...]
|
[...]
§ 19.
Les cas qui suivent donnés sans ordre, seront d’une authenticité
plus douteuse et moins bien renseignés. Le roi Arganthonius, qui
régna à Cadix en Espagne, vécut 130 ou bien (selon
d’autres) 140 ans, pendant quatre-vingts desquels il fut sur le trône.
De ses habitudes, de sa manière de vivre, et du temps où
il vécut, on ne dit rien. [... (nombreux
autres cas...)] Un peuple de l’Inde appelé les Pandores
sont d’une grande longévité, dépassant même
les 200 ans. On dit aussi (ce qui est plus étonnant) que leurs
cheveux, qui sont presque blancs dans l’enfance, virent au noir lors de
la vieillesse: avant cela il sont blanc neigeux; il est vrai toutefois
que c’est partout une chose commune que les cheveux clairs d’un enfant deviennent
plus sombres à l’âge adulte. Pareillement les Sères,
autre peuple de l’Inde, grâce à leur vin de palme, passent pour
vivre non moins de 130 ans. Le grammairien Euphranor atteignit la vieillesse
dans son école, et il enseignait les lettres à plus de cent
ans. Ovide l’Ancien, père du poète, vécut 90 ans; il
était d’un caractère différent de celui de son fils,
car il méprisait les Muses et tenta de détourner son fils
de la poésie. Asinius Pollion, l’ami d’Auguste, dépassa
les 100 ans. C’était un homme vivant dans un luxe inouï, éloquent
et attaché aux belles-lettres, et cependant violent, fier, cruel
et égoïste. C’est une idée répandue que Sénèque
atteignit un grand âge, et pas moins de 144 ans. Mais cela ne peut
être vrai tant il est invraisemblable qu’un vieillard décrépi,
alors qu’au contraire il fut très énergique dans son gouvernement.
Bien plus, peu de temps avant cela, vers le milieu du règne de
Claude, il fut banni pour avoir commis l’adultère avec plusieurs
femmes nobles, ce qui n’est pas compatible avec un âge si avancé.
Jean des Temps, de tous siècles les plus récents,
selon une certaine tradition et selon l’opinion commune, passe pour avoir
joui d’une longévité qui tient du miracle, ou plutôt
de la légende: plus de trois cents ans. Il fut Français de
naissance et servit sous Charlemagne. Garzo d’Arezzo, grand’père
de Pétrarque, vécut 104 ans. Il jouit toujours d’une bonne
santé et à la fin éprouva une déperdition de
ses forces que quelque maladie: c’est là le véritable effet
destructeur du grand âge. Nombre de Vénitiens de haut rang ont
vécu longtemps; ainsi les doges Francesco Donato, Thomas Contareno
et Francesco Molino prévôts de San-Marco, et d’autres. Mais le
plus mémorable exemple en est le Vénitien Cornaro qui, étant
d’une constitution maladive dans l’enfance, commença dans l’intérêt
de sa santé de mesurer en le pesant ce qu’il mangeait et buvait. Cette
habitude le conduisit progressivement à un régime alimentaire
régulier, et ce régime à une grande longévité,
de plus de 100 ans, avec des facultés intactes et une santé
constante. Guillaume Postel, un Français, de notre temps, a vécu
près de 120 ans; le sommet de sa moustache était encore noir
et ne grisonnait pas le moins du monde. C’était un homme au
cerveau dérangé et à l’esprit peu sensé, un
grand voyageur, piètre mathématicien, et quelque peu teinté
d’hérésie.
§ 20. Chez nous en Angleterre j’imagine
qu’il n’est pas de village tant soit peu peuplé où l’on
ne puisse trouver un homme ou une femme octogénaire. Il y a quelques
années, lors d’un carnaval dans le Herefordshire,
une danse morris fut exécutée
par huit hommes dont les âges additionnés atteignaient
800 ans, quelques-uns d’entre eux dépassant les 100 ans d’autant
que les autres s’en approchaient.
[...]
|
(a) Pliny, vii. 2.
(b) Suidas in v. Apion.
(c) Ovid. Tristia,
iv. 10. 77
(d) Cf. Pliny, xxii. 53.
(e) Flourens,
De la Longévité, p. 33.
|
(1) Cicero, Herodotus, and Valerius Maximus
agree in saying that Arganthonius lived a hundred and twenty years, and
Pliny seems inclined to agree with item. He mentions however that Anacreon
affirms that he lived to be a hundred and fifty. According to one account
he died at a hundred and thirty. That he reigned eighty years is said
by Cicero and Pliny. See Cicero De Senect. [19], Herodotus [l.
163], Val. Max. viii. 13., and Pliny, vii. 49.
(2) Pliny, vii. 2.
(3) “Onesicritus, quibus in
locis Indiæ umbræ non sint, corpora hominum cubutorum quinum
et hinorum palmorum existere et vivere annos centum et triginta,” &c.—
Pliny, vii. 2. As the longevity of the Seres is mentioned in the preceding
sentence, I believe that this is the passage which Bacon was thinking
of, though we cannot account for his speaking of palm wine except by supposing
that he mas misled by a hasty glance at the phrase “binorum palmorum.”
Lucian in the Macrobii expressly says that the Sere were said
to be a nation of water-drinkers. Palm wine was however, Pliny elsewhere
says, common throughout the East.
(4) Suidas
in v. Apion.
(5) Ovid.,
Tristia, iv. 10. 77.
(6) Bacon
manifestly confounds Asinius Polio with Pollio Romilius, of whom Pliny
says, “Centesimum annum excedentem eum D. Augustus hospes interrogavit
quânam maxime ratione vigorem illum animi corporisque custodisset.
At ille respondit, Intus mulso, foris oleo.”—Pliny,
xxii. 53. Asinius Pollio died, according to Eusebius, Chron. Olymp.
195, at the age of eighty. Moreri makes him eighty-four.
(7) The notion
that the philosopher Seneca lived to a great age arose from confounding
him with his father the rhetorician. Raphael Volaterranus (Comment.
Urban. p. 223.) is said to te the first writer by whom they are
distinguished. See Antonius, Bibl. Vet. Hisp. i.
4. 47. A hundred and eight years intervene between the death of Cicero
and that of the younger Seneca. Now in the preface to the first book
of Controversiæ Marcus Seneca says that he was old enough
to have heard Cicero, though the civil war prevented his doing so. Between
his birth therefore and his son’s death there can scarcely be less than
a hundred and twenty years. Compare Cardan, Paralipomena,
xiv. 8.
(8) His name is said to have been Jean de Stampis
(D’Estampes), and the change to Johannes de Temporibus is connected
with his mythical longevity. See Zuingerus, Theatrum vitæ
humanæ, or Fulgosius, Factorum dictorumque memorabilium,
p. 298.
(9) See Petrarch, Rerum memorandarum.
§ De Senectute; or Fulgosius, ubi modo.
(10) These three persons are
mentioned by Egnatius, Exempta illustr. Venetor.
The longevity of the Venetians is noticed by Peter Ravennas.
(11) “Cornaro
mourut le 26 Avril, 1566. Je n’ai pu trouver la date précise
de sa naissance. La Biographie Universelle le fait naître
en 1467….. La Notice écrite par sa nièce, dit positivement
cent ans, une autre Notice dit plus de cent ans, une troisième
dit cent cinq”. — Flourens, De la Longévité,
p. 33.
(12) Postellus
died in 1583, being then, according to the biographical dictionaries,
more than seventy-one. Bacon’s statement is altogether incorrect. It
is not improbable that Postel may have chosen to represent himself as
much older than he really was. He was a man of great learning, but on
some subjects scarcely sane: “quem insania ah omnis malitiæ suspicione
vindicare poterit” is Joseph Scaliger’s judgment of him. See Morhof.
Polyhistor. i. 4. 5.
|
|
THE OPERATION UPON
THE EXCLUSION OF THE AIR.
|
OPERATIO SUPER
EXCLUSIONEM AËRIS
|
LA PRATIQUE DE LA
PRÉSERVATION DE L’AIR AMBIANT
|
|
[p.]
The History.
1. Exclusion of the external air tends in
two ways to pro-long life. First, because most of all things, next
to the internal spirit, the external air (although it is as life
to the human spirit, and contributes very much to health) preys upon
the juices of the body and hastens its desiccation; whence the exclusion
of the air conduces to longevity.
2. The second effect of the exclusion of
the air is much more deep and subtle; namely, that the body being
closed up, and not perspiring, detains the spirit within, and turns
it upon the harder parts of the body, which are thereby rendered soft
and tender.
3. The reason of this process is explained
in the desiccation of inanimate bodies. And it may be taken for an
infallible axiom, that the emission of the spirit dries bodies, but
the detention thereof melts and softens them. And it may be further
assumed that all heat properly attenuates and moistens, but contracts
and dries only by accident. [...]
|
[p.175] Historia.
1. Exclusio aëris ambientis ad diuturnitatem
vitæ dupliciter innuit. Primo, quod maxime omnium, post spiritum
innatum, aër extrinsecus (utcunque spiritum humanum quasi animet,
et ad sanitatem plurimum conferat) succos corporis deprædatur,
et desiccationem corporis accelerat; itaque exclusio aëris ad longitudinem
vitæ confert.
2. Alter effectus qui sequitur exclusionem
aëris, subtilior multo est et profundior; scilicet quod corpus
occlusum et non perspirans spiritum inclusum detinet, et in duriora corporis
vertit; unde spiritus ea emollit et intenerat.
3. Hujus rei explicata est ratio in desiccatione inanimatorum;
atque est axioma quasi infallibile, quod spiritus emissus corpora desiccat,
detentus colliquat. et intenerat: atque illud insuper simul assumendum,
quod calor omnis proprie attenuat [faut-il lire:
attenerat? (B.G.)] et humectat, et
per accidens tantum contrahit et desiccat. […]
|
Exposé des
faits.
1. La préservation de l’air ambiant
favorise de deux manière la longévité. D’abord par
ce que, plus que tout, après l’esprit inné, l’air ambiant,
même s’il donne vie en quelque sorte à l’esprit humain
et contribue trés grandement à la santé, détériore
les humeurs du corps et accélère le désèchement
du corps: c’est pourquoi la préservation de l’air participe à
la la longévité.
2. Le deuxième effet qui découle
de la préservation de l’air est beaucoup plus subtil et profond;
c’est que le corps bien clos et sans transpiration retient enfermé
l’esprit et le détourne vers les parties les plus dures du corps:
ainsi elles les amoliit et les attendrit.
3. L’explication de ce phénomène
tient dans le désèchement des corps inanimés, et
c’est un axiome quasiment infaillible que l’évaporation de l’esprit
désèche les corps, tandis que sa conservation les humecte
et les attendrit. Et on doit prendre en compte en outre que toute chaleur
affaiblit [faut-il corriger:
attendrit? (B.G.)] et humecte, et
que c’est seulement accidentellement qu’elle contracte et et désèche.
[...] |
10.
As for filling up the pores, paints and such like thick unctuous substances,
and (which may be most conveniently used) oil and fat things, no
less preserve the substance of the body than oil colours and varnish
preserve wood.
11. The ancient Britons painted themselves
with woad, -and were extremely long-lived. The Picts likewise had
the same custom, and are even supposed by some to have derived their
name from it.
12. At this day the natives of Brazil and
Virginia use to paint themselves, and are said, especially the former,
to be very long-lived; insomuch that five years ago the French Jesuits
met with some of them who remembered the building of Fernamburg, which
happened 120 years before, they being then grown up.
13. Johannes de Temporibus, who is said
to have reached the age of three hundred, on being asked how he had
preserved himself, is reported to have answered, "By oil without,
and honey within."
14. The Irish, especially the wild Irish,
are, even to this day, very long lived. In truth, they say that within
these few years the Countess of Desmond lived to 140, and shed her
teeth three times. Now the Irish have a custom of standing naked
before the fire, and rubbing and as it were pickling themselves with
old salt butter. [...]
16. Hippocrates’ advises to wear clean
clothes neat to the skin in winter, but foul and smeared with oil
in summer. The reason whereof appears to be, that in summer the spirits
exhale most, and therefore the pores of the skin should be stopped.
(pp. 187-188 de l’édition de
1638)
|
[p.176] 10. Quod ad oppletionem
attinet; pigmenta, et hujusmodi spissamenta unctuosa, atque (quod commodissime
in usu potest [p.177] esse) oleum et pinguia, non minus corporis substantiam
conservant, quam pigmenta in oleo et vernix ligna.
[p.177] 11. Britones antiqui corpus glasto pinguebat,
et fuerunt ad modum longævi; quemadmodum et Picti, qui inde etiam
nomen traxisse a nonnullis putantur. (1)
12. Hodie se pingunt Brasilienses
et Virginienses, qui sunt (præsertim illi priores) admodum longævi;
adeo ut quinque abhinc annis Patres Galli nonnullos convenerint, qui
ædificationem Fernamburgi, annis abhinc centum et viginti, ipsi
ad tunc virilis ætatis, meminissent. (2)
13. Joannes de Temporibus, qui
dicitur ad trecentesimum annum ætatem produxisse, interrogatus
quomodo se conservasset, respondisse fertur, Extra, oleo; intus,
melle. (3)
14. Hiberni, præsertim sylvestres,
etiam adhuc sunt valde vivaces; certe aiunt, paucis abhinc annis comitissam
Desmondiæ vixisse ad annum centesimum quadragesimum, et ter per
vices dentiisse. Hibernis autem mos est se nudos ante focum butyro salso
et veteri fricare et quasi condire. [...]
16. Hippocrates jubet vestes ad cutem hieme
puras portare, æstate sordidas et oleo imbutas (5); hujus ratio videtur, quod per æstatem
spiritus exhalant maxime; itaque pori cutis opplendi sunt.
|
10.
Pour ce qui concerne l’obturation (des pores de la peau), les fards
et les onguents épais de ce genre, ainsi que l’huile et les les
produits gras (qui sont d’un usage des plus aisés) ne préservent
pas moins le principes essentiels du corps que la peinture à
l’huile et le vernis ne préservent le bois.
11. Les anciens Bretons se peignaient
le corps de pastel, et jouissaient d’une très grande longévité;
de même aussi les Pictes, dont beaucoup pensent qu’ils tirent
de là leur nom.
12. De nos jours se peignent les Brésiliens
et les Virginiens, qui jouissent (surtout les premiers) d’une longévité
considérable; à tel point qu’il y a cinq ans les Jésuites
français en ont rencontré un certain nombre qui se souvenaient
de l’édification de Fernambourg cent vingt ans plus tôt,
alors qu’ils étaient eux-mêmes déjà adultes.
13. Jean des temps, dont on dit qu’il
a atteint l’âge de trois cents ans, comme on lui demandait comment
il s’était préservé, répondit à ce
qu’on dit: Dedans, du miel, dehors, de l’huile.
14. Les Irlandais, surtout ceux qui
vivent dans les forêts, sont des plus vivaces; et bien l’on dit
qu’il y a peu d’années de cela, la comtesse Desmond a vécu
jusqu’à cent quarante ans, et qu’elle a eu trois poussées
de dents. Or les Irlandais ont coutume, nus devant le foyer, de s’enduire
d’un beurre salé et rance, et comme de s’en confire. [...]
16. Hippocrate recommande de porter en hiver des
vêtements propres sur la peau, mais en hiver des vêtements
sales et imbibés d’huile; la raison paraît en être
que les esprits s’évaporent surtout en été; et
c’est pourquoi il faut alors obstruer les pores de la peau.
|
|
(1) Legis in his work on Runes
has auggested the idea that not only the Picts, but the Britons also
derived their name from this practice. He connects, probably fancifully,
the root brit with that of that of verb to write, remarking that, as we
see in Greek, the ideas of writing and painting are cognate.
(2) This
statement, although doubtless resting on the authority of the Jesuit
Fathers, appears to be at variance with chronology. It is true that
Cabral took possession of Brasil on behalf of the Crown of Portugal
as early as 1500, and that on Easter Sunday in that year he erected a
stone cross where Quarto Seguro now stands. But neither that town nor
any other appears to have been founded until at least thirty years later,
after the division of the country into captaincies. In that of Pernambuco,
Olinda was the first founded; and as the native name of its site was
given to the captaincy of which it was the capital, it is doubtless to
it that Bacon here refers. That its foundation should have been remembered
by several persons among those whom the missionaries met with ninety
years afterwards is quite crédible; but the story as it stands
is at least exceedingly improbable. That the climate of Brazil favours
longevity was long believed, and may perhaps be true. The notion is mentioned
in Bacon’s essays.
(3) This
answer was originally given to Democritus (see the Geoponica,
xv. 7. 6.); afterwards, with a slight modification, to Pollio Romilius.
[See suprà. note p. 146.] I do not know by
whom it is ascribed to the mythical Johannes de Temporibus.
(4) Spenser mentions these habits of the Irish
among the customs which he supposes them to have derived from Spain,
for no other reason, apparently, than that they appear to him to be suitable
to a warm climate. It is worthy of remark that Campion, writing about
a quarter of a century earlier, affirms that the Irish had given up the
use of saffron, and were learning to wash their linen. However the custom
was retained in some parts of the country not only after Campion’s time,
but till a much later period.
(5) Hippocr. De salubri Diætâ.
See note on Sylva Sylvarum, § 55. —J.S.
|
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Éditions:
Franciscus BACO baro de Verulamio,
vice-comes Sancti Albani (Francis BACON, baron de Verulam, vicomte de
St. Abans, 1561-1626), Historia vitae & mortis, sive,
Titulus secundus in Historia naturali & experimentali ad condendam
philosophiam: quae est Instaurationis magnae pars tertia [in-8°;
6+454 (en fait 458) p.], Londini (Londres), In officina Io. Haviland,
impensis Matthaei Lownes, 1623.
Franciscus BACO, Historia vitae
et mortis [in-12 (11 cm); 476+52 p.], Lugduni Batavorum (Leyde),
Ex officina Ioannis Maire, 1637.
Barthol. MOSERUS [éd.] &
Franciscus BACO, Historia vitae et mortis: cum annotatioinbus
[sic] Barthol. Moseri, Med. D., nouiter in lucem data
[in-12 (11 cm); 12+526+52], Dilingae (Dillingen), Typis academ., 1645.
Franciscus BACO, Historia vitae
et mortis [in-12 (15 cm); 201+47 p.], Amstelodami (Amsterdam), Apud
Joannem Ravesteinium, 1663.
Johannes Sigismundus HENNINGERO (Johann
Sigismund HENNINGER) [éd.], Franciscus BACON, Historia vitae
et mortis... [in-8°], Argentorati (Strasbourg), Theodoricus
Lerse, 1712.
Johannes Sigismundus HENNINGERUS (Johann
Sigismund HENNINGER) [éd.], «Historia vitae et mortis,
Francisci Baconis», in ID. [éd.], Santorio SANTORI (1561),
Francis BACON (1561-1626), Helius Eobanus HESSUS (1488-1540) & Giovanni
Battista FIERA (1469-1538)], Quadriga scriptorum diaeteticorum
celebriorum, adcurante Joh. Sigismundo Henningero [in-8° (17 cm);
4 tomes en 1 volume (5 ff. + 45+20+93+268+125 p.); réunit 4 ouvrages
publiés séparément en 1712 chez le même éditeur
(«De Conservanda bona valetudine», Liber Scholae Salernitanae;
«De Statica medicina», ars Sanctorii Sanctorii; «Historia
vitae et mortis», Francisci Baconis; «De Tuenda bona valetudine»,
libellus Eobani Hessi & «Coena», Baptistae Fierae Mantuani);
index], Argentorati (Strasbourg), sumptibus Theodorici Lerse, 1713.
Robert Leslie ELLIS [éd.],
«Francis Bacon: Historia vitae et mortis», in James SPEDDING
(du Trinity College de Cambridge), Robert Leslie ELLIS (late fellow
du Trinity College) & Douglas Denon HEATH (barrister-at-law, late
fellow du Trinity College) [éd.], The works of Francis
Bacon, baron of Verulam, viscount St. Alban, and Lord High Chancellor
of England, collected and edited by James Spedding, of Trinity College,
Cambridge, Robert Leslie Ellis, barrister-at-law, late-fellow of Trinity
College, Cambridge and Douglas Denon Heath, late-fellow of Trinity College,
Cambridge. Vol. II (The Second Volume. Philosophical Works. Part I. continued.
Works published or designed for publication, as parts of the Instauration
Magna [19 cm; 692 p.; œuvres complètes en latin et anglais (tome
2 de 14 volumes publiés de 1857 à 1874)], London (Londres),
Longman & Co, Simpkin & Co, Hamilton & Co, Whittaker & Co,
J. Bain, E. Hodgson, Washbourne & Co, Richardson Brothers, Houlston &
Co, Bickers a Bush, Willis & Sotheran, J. Cornish, L. Booth, J. Snow,
Aylott & Co, 1859 [dont une réédition en fac-similé:
The works of Francis Bacon. Zweiter Band [692 p.],
Stuttgart, Frommann & Holzboog, 1986 (ISBN: 3-7728-0025-4), dont une
réédition numérique en mode image par la BNF, 1995,
mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k254716,
en ligne en 2006], pp. 91-228, spécialement pp. 146 & 177.
Version latine en ligne:
BNF [éd.], «The
works of Francis Bacon. Zweiter Band» [réédition
numérique en mode image de l’édition ci-dessus], in Gallica,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k254716, en
ligne en 2006], pp. 91-228, spécialement pp. 146 & 177.
Version anglaise:
Francis BACON, The historie of
life and death: with observations naturall and experimentall for the
prolonging of life, written by the Honorable Francis Lord Verulam, Viscount
S. Alban [in-12 (14 cm); 14+323+1 p.], London, Humphrey Mosley,
1638, pp. 105 & 187-188.
Francis BACON, History naturall
and experimentall of life and death, or, Of the prolongation of life,
written in Latine by the Right Honorable Francis Lo. Verulam, Vis-count
St. Alban [in-12 (15 cm); 32+395(en fait 435)+3 p.], London (Londres),
William Lee, and Humphrey Mosley, 1638.
Francis BACON, Sylva sylvarum,
or, A naturall history in ten centuries. Whereunto is newly added
the History naturall and experimentall of life and death, or, Of the
prolongation of life. Both written by the Right Honourable Francis Lo.
Verulam, Viscount St. Alban. Published after the author’s death, by
William Rawley ... Hereunto is now added an alphabeticall table of the
principall things contained in the ten centuries [in-f° (29 cm);
9 pièces limiaires; 218+19 p.; 3 ff.+36 p.; 4 ff.+ 64 p.; 6e édition
de l’ouvrage principal], London, William Lee, 1651.
Francis BACON, Sylva sylvarum,
or, A naturall history in ten centuries : whereunto is newly added
the History naturall and experimentall of life and death, or, Of the
prolongation of life. Both written by the Right Honorable Francis Lo.
Verulam, Viscount St. Alban. Published after the author’s death by
William Rawley ... Hereunto is now added an alphabeticall table of the
principall things contained in the ten centuries [in-f° (29 cm);
218+19 p.; 3 ff.+36 p.; 4 ff.+ 64 p.; 7e édition de l’ouvrage principal],
London, William Lee & Thomas Johnson, 1658.
Francis BACON, Sylva sylvarum,
or, A natural history in ten centuries : whereunto is newly added
the History naturall and experimentall of life and death, or of the
prolongation of life, both written by the Right Honourable Francis Lord
Verulam, Viscount St. Alban ... ; hereunto is newly added an alphibetical
table of the principal things contained in the ten centuries. The eighth
edition, whereunto is added, Articles of enquiry touching metals and minerals
[in-f° (30 cm); 18+218+24+221-228+2+8+64 p.; 1 planche; portrait],
London (Londres), William Lee & Thomas Williams, 1664.
Francis BACON, The historie of
life and death [16 cm; 323 p.], Amsterdam, Theatrum Orbis Terrarum
& New York, Da Capo Press, 1968.
Francis BACON, The historie of
life and death [21 cm; 323 p.],New York : Arno Press, 1977 [ISBN:
0405095546].
Version anglaise en ligne:
Lawrence GERALD [éd.] «Francis
Bacon’s History of Life and death, of the second title in Natural
and Experimental History for the Foundation of Philosophy, being the
third part ofthe Instauratio Magna» [saisie d’une édition
de date non précisée], in sirbacon.org (Sir
Francis Bacon’s New Advancement of Learning), http://www.sirbacon.org/historylifedeath.htm,
2003, en ligne en 2006.
Traductions en français:
J. BAUDOIN (vers 1590-1650) [trad.],
Histoire de la vie et de la mort... composée par
Mre François Bacon,... et fidèlement traduite par J.
Baudoin [in-8°; XXI+510 p.], Paris, G. Loyson et J.-B. Loyson,
1647.
Victor STAQUET [trad.], François
Bacon,... Histoire de la vie et de la mort. Traduction nouvelle et
intégrale du latin, d’après l’édition de 1637,
par Victor Staquet [in-16 (17,5 cm sur 11); 191 p.], Bruxelles,
Éditions La Boétie, 1945.
|
24.
Thomas Browne, Pseudodoxia
Epidemica (1646)
Sir Thomas Browne
(1605-1682) est un écrivain anglais qui a touché à
la médecine, à la religion, à la science et à
l’ésotérisme. Ses principaux ouvrages sont la Religion
du médecin (1642), traduit en français par Nicolas
Lefebvre en 1668, et un essai sur les idées reçues,
Pseudodoxia epidemica (1646), également traduit en
français, par l’abbé Souchay en 1733 sous ce titre:
Essai sur les erreurs populaires, ou Examen de plusieurs opinions
reçues comme vrayes, qui sont fausses ou douteuses.
Concernant le cas de Jean des Temps,
il insiste surtout sur l’impossiblité de tirer des conclusions
générales de faits isolés, quand bien même
on ne mettrait pas en doute leur véracité.
| Texte de la 6e édition
(1672) |
Traduction B. G. (2006)
|
And therefore in that account of
Pliny, of a Deer with a Collar about his neck,
put on by Alexander the Great, and taken alive an hundred
years after, with other relations of this nature, we much suspect imposture
or mistake. And if we grant their verity, they are but single relations,
and very rare contingencies in individuals, not affording a regular
deduction upon the species. For though Ulysses his Dog lived
unto twenty, and the Athenian Mule unto fourscore, yet do we
not measure their days by those years, or usually say, they live thus
long. Nor can the three hundred years of John of times, or
Nestor, overthrow the assertion of Moses*, or afford a reasonable encouragement beyond his septuagenary
determination.
(III, IX, p. 135-140 de l’édition de
1672)
|
Et c’est
pourquoi dans ce récit de Pline d’un cerf portant un collier
au cou que lui avait mis Alexandre le Grand, et capturé en vie
une centaine d’année plus tard, comme pour les autres rapports
du même genre, il nous faut suspecter soit une supercherie ou bien
une erreur. Et si nous acceptons leur authenticité, ce ne sont
que des rapports, et que des cas très rares concernant de simples
individus, dont on ne peut pas tirer de déductions relatives
à leurs espèces. Car, bien que pour Ulysse, son chien ait
vécu plus de vingt ans, et le mulet athénien plus de quatre-vingts
ans, nous ne pouvons cependant pas mesurer leurs jours par ces nombres
d’années, ni dire communément qu’ils vivent si longtemps.
Et les trois cents ans de Jean des Temps ou
de Nestor ne peuvent l’emporter sur l’assertion de Moïse, ni procurer
un soutien raisonnable au-delà de la limite de soixante-dix ans
qu’il a formulée.
(III, IX, p. 135-140)
|
Note de l’auteur: * Psalm 90.
|
Note
de l’auteur [et de B.G.]: * Psaume 90. [verset
1: Prière. De Moïse, homme de Dieu (...) versets
9-10: Sous ton courroux tous nos jours déclinent,
nous consommons nos années comme un soupir. Le temps de nos années,
quelque soixante-dix, quatre-vingt, si la vigueur y est. (...) verset
12: Fais-nous savoir comment compter nos jours, que nous venions de
coeur à la sagesse. (Bible de Jérusalem)]
|
Éditions:
Premières
éditions: Thomas BROWNE (1605-1682), Pseudodoxia
epidemica, or enquiries into very many received tenents and
commonly presumed truths, by Thomas Browne, dr. of physik [in-f°
(26 cm); pièces liminaires; 386 p.; table], London (Londres),
E. Dod, 1646. Deuxième édition [28 cm; 329 p.; «2d
ed. corr. and much enl. by the author. Together with some marginall
observations»], London (Londres), E. Dod and N. Ekins, 1650.
Troisième édition [in-f°; pièces liminaires;
326 p.; tables]: London (Londres), N. Ekins, 1658. Quatrième
édition [22 cm; 8 pièces liminaires; pagination multiple;
2 planches; «The 4th ed. With marginal observations, and a
table alphabetical. Whereunto are now added two discourses the one
of Urn-burial, or sepulchrall urns, lately found in Norfolk. The other
of The garden of Cyrus, or Network plantations of the antients. Both
newly written by the same author»;], London (Londres), E. Dod,
1658. Sixième édition: Pseudodoxia, etc., together
with the Religio medici [23 cm sur 17; 11 pièces liminaires;
pagination multiple; «The 6th and last ed., cor. and enl. by the
author, with many explanations, additions and alterations throughout,
etc.»], London (Londres), N. Ekins, 1672.
Édition
critique: Robin ROBBINS [éd.], Sir Thomas
Browne’s Pseudodoxia epidemica [23 cm; 2 volumes (LXI+1198
p.; 7 p. of planches; illustrations], Oxford, Clarendon Press
& New York, Oxford University Press, 1981 [ISBN: 0198127065].
Édition
critique numérique en mode texte: James EASON (University
of Chicago) [éd.], Pseudodoxia Epidemica: or,
Enquiries into very many Received Tenents and commonly
presumed Truths. by Thomas Brown Knight, M. D. Based on The Sixth and
Last Edition of 1672 [pages web; texte copieusement annoté
en anglais], in UNIVERSITY OF CHICAGO, Sir Thomas Browne, http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudodoxia.html,
en ligne en 2006, spécialement: «III.ix (pp. 135-140):
Of the Deer», http://penelope.uchicago.edu/pseudodoxia/pseudo39.html#b15,
en ligne en 2006.
Traductions françaises:
Abbé Jean-Baptiste
SOUCHAY [trad.], Essai sur les erreurs populaires,
ou Examen de plusieurs opinions reçues comme vrayes, qui
sont fausses ou douteuses, traduit de l’anglais de Thomas Brown
[in-12; 2 volumes], Paris, Briasson, 1733. Réédition:
1738. 1741.
Bernard HOEPFFER [trad.]
& Catherine GOFFAUX [collaboratrice ], Thomas Browne.
Pseudodoxia epidemica ou Examen de nombreuses idées reçues
et de vérités généralement admises
[22 cm; 963 p.; portrait; notes bibliographiques; index; lexique],
Paris, J. Corti, 2004 [ISBN 2-7143-0849-X; 35 €].
|
25. Basile
Fleureau, vers 1668
Les Antiquitez de la Ville et du Duché
d’Estampes (édition
posthume de 1683)
Dom Basile Fleureau, dans
ses Antiquitez de la Ville et du Duché d’Éstampes,
parle une première fois de notre homme au début
de son chapitre sur Philippe Ier, puis revient sur ce personnage
à la fin de son chapitre sur Louis VII dit le Jeune. En
bon connaisseur des chartes des onzième et douzième sièclees,
il démontre que le véritable Jean d’Étampes d’une
part n’a jamais été comte d’Étampes, et d’autre
part qu’il n’a jamais été non plus le gendre du roi de
France Philippe Ier, sa véritable épouse ayant été
Eustachie de Corbeil, qui en aucun cas ne peut-être identifiée
avec la prétendue fille de Philippe qui aurait porté ce nom,
et dont l’existence même est plus que douteuse.
| Première partie, chapitre XXIII,
pp. 75-76
|
Philippe I. ne se contentant pas de Berthe, sa legitime épouse,
passant à Tours l’an 1091. fit enlever par un de ses
Gentils-hommes, Bertrade de Monfort, femme de Fouques Réchin,
ou l’Aspre, Comte d’Anjou, laquelle il épousa, au grand
scandale de la France, & de toute l’Europe, après la mort
de son mary, qui ne pouvant se venger de l’affront qu’il avoit receu
de l’enlevement de sa femme, en mourut bien-tost après de déplaisir.
Il y a de nos Historiens, qui ont laissé par écrit, que
de ce mariage Philippe eut quatre enfans, deux garçons Philippe,
& Fleury, & deux filles, Cecile, & Eustache. Dieu ayant
eu en horreur l’incestueux adultere du Roy; a voulu que la memoire de
ces deux Princes, soit entierement éteinte, sans qu’il reste
d’eux, ny de posterité, que le seul nom. Cecile leur sœur fut
mariée deux fois, la premiere, elle épousa Tancrede,
Prince d’Antioche (Guill. de Tyr. lib. XI. c. 4.), neveu de [p.76] Boëmond, qui s’est si
fort signalé dans les Croisades; & la seconde Bertrand,
Comte de Tripoly, en Syrie. Belle-forest en ses Annales,
assure qu’Eustache fut mariée à Jean, Seigneur
d’Estampes, qui en faveur de ce mariage, en fut fait le premier
Comte: Mais il se trompe; parce que cette Eustache
est surnumeraire, entre les enfans de Philippe, & de Bertrade,
que la plus commune opinion de nos Historien, & Genealogistes
reduit seulement à deux garçons, & une fille.
Et j’ay ci-devant remarqué, qu’il n’y a point eu de Comte,
ny de Seigneur proprietaire de la ville d’Estampes que le Roy. Et nous
verrons en traitant de l’Abbaye de Morigny, que le Roy Philippe, &
Louis le Gros son fils, ont toûjours joüy de la ville
d’Estampes: même du vivant de Jean, surnommé d’Estampes,
qui fut mary d’une Eustache, non pas de France, mais de la maison
de Corbeil, laquelle dans toutes les donations qu’elle a faites, avec
son mary, à l’Abbaye d’Yerre en Brie, où elle est inhumée,
n’a jamais pris la qualité, ni de fille, ni de sœur de Roy,
ni de Princesse, ni de Comtesse: non plus que son mary celle de Comte
d’Estampes.
(I, XXIII, pp. 75-76)
|
Première
partie, chapitre XXIX, pp. 120-121
|
Il
y a des Annalistes qui rapportent la mort de Jean d’Estampes
ou des Temps, à cause de sa longue vie, aux premieres années
du regne de nôtre Roy Louis VII, & disent qu’il a
été homme d’armes de l’Empereur Charlemagne, &
qu’il a vêcu trois cent soixante & un an; mais Paule Emile,
& beaucoup d’autres ne sont pas de cette opinion, ne pouvant
croire qu’il ait vêcu tant d’années sans s’étre
rendu recommandable par quelque belle action, dont la memoire
auroit passé à la posterité avec le nombre
des années de sa vie, ce qui toutefois ne nous paroît
point, n’en étant point fait mention dans l’Histoire. Quoy qu’il
en soit de ce Jean d’Estampes. Il est assuré qu’il y a eu un
autre Jean d’Estampes, qui vivoit au temps de nôtre Roy Louis
VII. & de Louis VI. son Pere. Celuy-ci étoit tres-noble,
& grand Seigneur, dont Sugger fait mention, au Livre premier de
ce qu’il a fait pendant qu’il a gouverné son Abbaye. Où
il dit qu’étant venu à Guillerval, qui est un Bourg
à deux lieuës d’Estampes, il trouva cette terre en si
mauvais état, & si négligée depuis plusieurs
années, qu’il n’y avoit point de maison pour loger l’Abbé,
ny de grange pour retirer les grains, ny aucun lieu pour la commodité
du Seigneur, où il pût recevoir ses droits; ce qui l’obligea
à acheter pour son Abbaye, une metairie de trois charuës,
au sujet de laquelle il y avoit eu depuis quarante ans de tres-grands
differends, & plusieurs combats entre Jean d’Estampes, fils de Payen,
homme noble & vaillant, & un autre Gentil-homme, nommé
de Piguiere, ou de Piviers, si la lettre G, du mot Piguerensem, doit être
prise pour V, selon l’ancien usage, qui ne pûrent jamais être
d’accord ensemble qu’en demeurant tous deux privez de cette terre. Et
pour mieux assurer ce Contract il fut signé, selon l’usage du temps,
par des parents, & des amis des parties contractantes, entr’autres
par un nommé Baudouyn de Corbeil, ce qui me fait juger que ce Jean
d’Estampes, dont nous parlons, étoit mary de Madame Eustache de
Corbeil, dont il est dit dans les donations qu’elle a fait à l’Abbaye
d’Yerre en Brie, que c’a été du consentement de Jean d’Estampes
son mary, & des Baudouyn de Corbeil son Gendre, & d’Ameline sa femme,
comme l’a remarqué le sieur de la Barre en son Histoire de Corbeil.
Et il y a lieu de croire que Jean d’Estampes étoit son frère, [p.121 (et
non 127)] ou du moins proche parent
de Marc, Vicomte d’Estampes, dont il est fait une honnorable mention dans
la Cronique de Morigny, liv. 2. & dont je parleray dans mes Observations
sur la même Cronique.
(I, XXIX, pp. 120-121, la page
121 étant numérotée par erreur typographique
127)
|
Éditions:
Dom Basile FLEUREAU, Les Antiquitez
de la ville, et du Duché d’Estampes, Paris, J.-B. Coignard,
1683 [réédition en fac-similé: Marseille, Lafittes
reprints, 1997; réédition numérique en ligne (en
cours depuis 2001): Bernard GINESTE (éd.), «Dom Fleureau:
Les Antiquitez d’Estampes (1668)», in Corpus
Étampois, http://www.corpusetampois.com/index-fleureau.html,
2001-2006], pp. 76 & 120.
|
26. Pedro
Calderón de la Barca (1600-1681)
Selon
Felix Librecht (1879), cité par Gaston Paris (1891), un
des nombreux drames de Calderón (mais lequel?) fait mention
de notre personnage sous le nom de Juan de los Tiempos.
Quelqu’un
pourrait-il nous indiquer quel est ce drame de Calderón?
Selon Gaston Paris
d’après Liebrecht
|
Traduction B. G. (2006)
|
... Juan de los Tiempos...
|
... Jean des Temps...
|
Source:
Felix LIEBRECHT, Zur Volkskunde.
Alte und Neue Aufsätze [in-8; XVI+522 p.], Heilbronn, Henninger,
1879, p. 107 [cité par PARIS 1891].
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de deux études
dont celle de 1991], in ID., Légendes du moyen âge
[in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux», «Le
paradis de la reine Sibylle», «La légende du Tannhäuser»,
«Le juif errant», «Le lai de l’oiselet»],
Paris, Hachette, 1903. Rééditions: 1904. 1908. 1912.
[reproduction en fac-similé de l’édition de 1903],
Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque
de Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
|
27. Christian
Friedrich Garmann, De Miraculis Mortuorum, 1670
Christian Friedrich Garmann (1640-1708)
paraît avoir été un médecin allemand, sur
lequel je n’ai guère pu glaner de données, n’étant
pas germanophne.
Version allemande de 2003
|
Texte latin de 1670
|
Version B. G. (2006)
|
§. 7. [Daß sich das Leben über mehr als
hundert Jahr erstrecken kann]
Daß unser Leben aber
nicht länger als hundert Jahre währen kann, wie es
die Ägypter gezeigt haben, dem widerspricht die Erfahrung.
Ich will nicht die Beispiele, welche die Historiker angemerkt, aufhäufen.
Was die Menschen, die vor der Sintflut lebten, angeht, so ist die
Sache klar. Im Jahr 1151 starb in Frankreich nach 372
Lebensjahren der Waffenträger Karls des Großen, Johannes
de Temporibus (Cureus Annal. Siles. part.1. p.m. 46.).
Wilhelm Barneslai starb in England nach Vollendung des 126. Jahres,
als er in seinem hundersten Lebensjahr Witwer geworden war, heiratete
er zum zweiten Mal (Olear.l.3. Itin. Muscov. Persiae. c.25. p.289.).
Das Gleiche berichtet Borel (Cent.2. obs.39.p.138.) [und] unser
[Landsmann] Sachs (c.l.p.507.§.8.). Über die Eingeborenen
Brasiliens [berichtet] Guilhelm.Pis.(l.1.de Medicin.Brasil.p.6.),
daß sie über das hunderste Jahr hinaus sich eines blühenden
und langen Alters erfreuen. Er fügt hinzu, daß den dort
lebenden Europäer dasselbe widerfährt. Folgende Gründe
führt er an: (a) daß sie von athletischen Eltern abstammen;
(b). sich nicht durch Sorgen abhärmen und keine Ausschweifungen
kennen. (g). Immer dieselbe schlichte Nahrung und Kleidung beibehalten.(d).
Daß ihnen Besitzstreben fehlt und sie sich freiwilliger Armut unterwerfen,
so daß derjenige, der über mehr [Besitz] verfügt, denjenigen,
die weniger haben, gern abgibt, wobei die Leichtigkeit zu geben und
zu verlangen die gleiche ist.
|
De Cordis in igne duratione, §7.
Ultra Centum annos autem vitam
nostram se non extendere posset, ut Ægypti docuerunt, experientia
reclamat. Nolo Exempla coacervare ab historicis notata. De Antediluvianis
res clara est. Anno 1151, in Galliis vixit 372.
annos Caroli Magni armiger Johannes de Temporibus (Cureus Annal.
Siles. Part. 1. p. m. 46.) Vvilhelm. Barneslai in Anglia
126. annos complevit, centesimo viduus factus conjugium iterum iniit.
(Olear. l. 3 Itin. Muscov. Persiæ. c. 25. p. 289.) Gemella
recitat Borellus (Cent. 2. obs. 39. p. 138.)
Sachsius noster (c.1. p. 507. § 8.)
De Brasilianis Gvilhelm. Pis. (l. 1. de Medecin. Brasil. p. 6.)
qvod post centesimum ætatis annum viridi & longæva
senectute potiantur. Addit idem Europæis ibidem degentibus contingere.
Causas subdit has (a.) qvia athleticis nati parentibus (b.) curis
non macerantur, & voluptates ignorant. (c.) Eodem semper victu
& amictu eoque simplici gaudent. (d.) Nullus illis habendi amor,
paupertatique se addicunt voluntariæ, ut, cui plus est, lubens
impertiat aliis minus habentibus, pari dandi & poscendi facilitate.
|
§7. De ce que le cœur
est fortifié par le feu (?)
Que notre vie ne puisse pas
s’étendre au-delà de cent ans, ainsi que l’enseignaient
les Égyptiens, c’est ce qui demande vérification.
Je ne veux pas accumuler les exemples notés par des historiens.
En ce qui concerne les gens d’avant le Déluge, la chose est
claire. L’an 1151, dans les Gaules, mourut à l’âge
de 372 ans l’écuyer de Charlemagne, Jean des Temps (Cureus,
dans ses Annales de Silésie, part. 1,
p. m. 46). William Barneslai en Angleterre parvint à
l’âge de 126 ans, et devenu veuf à l’âge de cent
ans, se remaria (Olearius, Voyage à Moscou et en Perse,
ch. 25, p. 289). Disent des choses analogues Borel (Cent. 2, obs.
39., p.138) et notre compatriote Sachs (ch. 1, p.. 507, § 8). Au
sujet des Brésiliens, Guillaume de Pise (livre 1 de Médecine
Brésilienne, p. 6) dit qu’ils restent verts après cent
ans d’âge et qu’ils jouissent d’une longue vieillesse. Le même
ajoute qu’il arrive la même chose aux Européens qui vivent
là. Il y trouve les causes suivantes: (a) ils naissent de parents
athlétiques; (b) ils ne se morfondent pas en soucis et ignorent les
plaisirs; (c) ils se contentent d’une nourriture qui est toujours la même
et d’un vêtement rudimentaire; (d) ils n’ont aucun désir
de possession et s’adonnent à une pauvreté volontaire, de
sorte que celui qui a plus donne volontiers aux autres qui ont moins,
avec une égale facilité à donner et à réclamer.
|
Éditions
L. Christianus Fridericus GARMANNUS
(Christian Friedrich GARMANN, 1640-1708), De Miraculis Mortuorum
[112 p.], Lipsiæ (Leipzig), impensis Christiani Kirchneri (Christian
Kirchner), 1670, p. 69.
L. Christianus Fridericus GARMANNUS,
De Miraculis mortuorum [in-4°; pièces liminaires;
112 p.; index], Lipsiae (Leipzig), apud M. G. Weidmannum, 1687.
Immanuel Heinrich GARMANN [éd.],
L. Christ. Frid. Garmanni,... de Miraculis mortuorum
libri tres, quibus praemissa dissertatio de cadavere et miraculis
in genere, opus physico-medicum... editum a L. Immanueli Heinrico
Garmanno,... [in-4°; pièces liminaires; 1244 p.; indices;
portrait], Dresdae (Dresde) & Lipsiae (Leipzig), sumptibus J. C.
Zimmermanni, 1709.
Réédition numérique en
ligne: Silvio BENETELLO & Bernd HERRMANN [éd.],
Christian Friedrich Garmann. De Miraculis Mortuorum: Über
die Wunder[dinge] der Toten [288 p.; texte latin original en
mode image et traduction allemande en mode texte au format PDF], Göttingen,
Universitätsdrucke Göttingen, http://webdoc.sub.gwdg.de/univerlag/2003/garmann/pages_1-144.pdf
& http://webdoc.sub.gwdg.de/univerlag/2003/garmann/pages_144-288.pdf,
2003, en ligne en 2006.
|
Henning Witte
(1634-1696), dans cette oraison funèbre en l’honneur du professeur
d’Histoire Reinhold Franckenberger (1585-1664), doyen de l’Académie de Wittenberg, mort à près de quatre-vingt ans, amasse un
fleuve de lieux communs sur le grand âge, où l’exemple
de Jean des Temps surgit tout naturellement, parmi d’autres auxquels
il est déjà associé par des auteurs antérieurs,
chez qui il puise abondamment son inspiration.
| Texte de 1679
|
Traduction à venir
|
| RArissimum in nostra Universitate funus
indictivum grandaevi adeo et incani Professoris Historiarum
Publici, Viri Amplissimi, DN. REINHOLDI FRANCKENBERGERI, Collegii
Philosophici et Academiae huius, post [p.440]
divum AUGUSTUM BUCHNERUM (cuius magna semper apud posteros recordatio
pervigebit) Senioris venerandi! cum octogenariam fere illam, et
iam pridem, inter postremissimae aetatis fata habitam periodum attigisset,
nudius octavus inde translatus ad aeternitatem, dies Nobis hodiernus
imperat. Quoto enim cuique ex milibus hominum id cessit, ut tam vicinus
saeculo propemodum exstiterit? et quota vero eorum pars est, qui dimidium
aevi fere, in tam nobili officio transegerunt? Iam inde a temporibus
diluvii istius, quod cum flagitiis suis orbem universum merserat,
aetatem mortalium elanguisse, semperque lapsam in deteriora, historiae
sacrae iuxta ac profanae referunt. Latere neminem signatus a Mose terminus
humanae vitae potest. Hinc in Thalia etiam Historiarum parens, spatium
vivendi longissimum periodo annorum octoginta finit. Grandaevus et
dierum satur Propheta ille Regius, annos septuaginta natus audit. In
omni Romanorum, Graecorum, Francorumque ac Germanorum Caesarum, quatuor
solummodo inventi, octogesimum qui attigere: e Pontificibus Romanis
quinque. Elisabetha Angliae Regina, isthaec supergressa sexum altera
Semiramis, universos a Guilielmo Conquestore antecessores, vita, quidni
et Imperii gloria? superavit. Vixit enimvero Davidis, regnaverat Augusti
annos mulier. Adeo nimirum rara grandiorum natu exempla deprehendas,
ut inter saeculorum miracula vulgo ponerentur. Sic prodigio Epimenides
Cretensis fuit, quod sesquiseculo illius vita constitisset. Trecentos
(DEI hominumque fidem!) annos, Caroli, a rebus gestis magni, armiger
Iohannes de temporibus (sic vocabatur) et ultra aliquid exsuperasse
traditur. Laurentium Orcadensem annos centum ac quadraginta iam
emensum, saeva quoque hieme piscatum cum navicula prodîsse, Buchananus
auctor est. Vidit apud Herefordienses, inter floreales ludos, institutam
a senibus octo, quorum simul computata aetas, annos octingentos ipsos
exaequaverat, choream, Verulamius. Ac nescio quid veluti praerogativae
Britannis ad makrobiothta frequentiorem
concesserit natura sollers? Wilhelmum Barnesloium, Equitem, post centum
et viginti sex annorum spatia, annus M DCCLI. Angliae vitaeque exemit.
Thomas quoque Parrius centum trigintaque superstes, ante hos nunc undetriginta
annos diem ibidem obiit supremum. Nondumque adeo elapsum lustrum est,
quo Lesburiensis in Northumbria Ecclesiastes, biennio [p.441] ante, quam finiretur
(agebat tum enim duodecimum centesimumque annum) dentes aliquot et
renatos etiam capillos sensit. Quas dum cumulatiores solito historias
longaevorum hic atteximus, nemo facile miretur, qui et venerando Seni,
et Historiarum diu satis merito Professori scriptionem funebrem esse
adornandam cogitet. |
Événement
fort rare dans notre Académie, les funérailles d’une
personne aussi âgée et chenue que le fonctionnaire et
professeur d’histoire REINHOLD FRANCKENBERGER, personnage considérable,
et, après le divin August Buchner [1591-1661]
(dont le souvenir restera toujours grand et vivace auprès de
la postérité), vénérable
doyen du collège de Philosophie et de
toute cette académie, puisqu’il avait presque atteint cet âge
fameux de quatre-vingts, et depuis longtemps déjà la période
qui pour fixée par le destin comme l’âge le plus extrême
qui soit, entré depuis déjà huit jours dans l’éternité,
le jour présent nous commande de les célébrer. En
effet, sur mille personnes, à combien est-il arrivé d’approcher
de si près le siècle? Et combien en est-il parmi eux qui
aient passé presque un demi-siècle à occuper de si
nobles fonctions? Dejà, depuis l’époque de ce Déluge
qui avait englouti le monde entier et tous ses vices, l’histoire sainte,
d’accord avec l’histoire profane, rapporte que la longévité
des mortels s’est affaiblie, allant toujours de mal en pis. Nul ne
peut ignorer le terme assigné par Moïse à la vie de
l’homme [Psaume 90]. C’est pourquoi
dans [son chapitre] Thalie, le père
de l’Histoire [Hérodote] limite la plus longue étendue de la vie à une
durée de quatre-vingts ans. Avancé en âge et rassasié
de jours [1 Chroniques
XXIX, 28], le fameux prophète-roi [David] se voit attribuer eu soixante-dix ans
[donnée traditionnelle, non biblique].
Parmi tous les empereurs romains, grecs, et français autant qu’allemands,
il s’en est trouvé seulement quatre qui atteignirent les quatre-vingt
ans. Et cinq parmi les souverains-pontifes. La reine Élisabeth
d’Angleterre [1533-1603],
cette nouvelle Séraminis, sortant du rôle imparti à
son sexe, surpassa en longévité tous ses prédécesseurs
depuis Guillaume le Conquérant, et que n’en est-il pas de la
gloire de son empire? Car c’est un fait: une femme a vécu aussi
longtemps que David [70 ans] et régné
aussi longtemps qu’Auguste [45 ans]. Les
exemples qu’on trouverait de personnes plus âgées sont si extraordinairement
rares qu’il sont été d’habitude rangés parmi les miracles
de chaque siècle. Ainsi Épiménide de Crète
fut tenu pour un prodige parce qu’il avait vécu un siècle
et demi. C’est trois cents ans (au nom de Dieu et des hommes!)
que, au rapport de l’histoire de Charlemagne, un chevalier Jean des Temps
aurait vécu et davantage encore. Laurent des Orcades, âgé
déjà de cent quarante ans partit pêcher en mer par
une effroyable tempête, à ce qu’écrit Buchanan. Le vicomte
de Verulam [Francis Bacon] a vu dans l’Herefordshire,
lors de jeux floraux, un chœur de huit vieillards, dont les âges
additionnés atteignaient huit cents ans. Est-ce qu’une nature industrieuse
accorderait aux Britanniques je ne sais quel privilège favorable
au grand âge? L’an 1751 enleva à l’Angleterre et à
cette vie le chevalier William Barneslai, après une vie de cent
vingt-six ans. Thomas Parrius aussi [†1616], ayant survécu cent trente ans, mourut au même endroit
le tout dernier jour avant ces plus précisément
cent vingt-neuf années. Et il n’y a pas cinq ans de cela, un ecclésiastique
de Lesbury, en Northumbrie, deux ans avant de mourir (car il était
alors âgé de cent douze ans), se vit repousser certaines dents
et même des cheveux. Personne n’ira s’étonner que nous ayons
ici aligné plus que de coutume des exemples de longévité,
si l’on veut bien considérer qu’il fallait un ornement suffisamment
conséquent à l’éloge funèbre d’un vénérable
vieillard qui était aussi un professeur émérite d’histoire.
|
Éditions:
Henning WITTE, Memoriae renovatae
decades [in-8; 2926 p.; 215 notices; 2 volumes (t.1: 606 p.;
t.2: 628 p.); 4 parties (1: Memoriae philosophorum, oratorum,
poetarum, historicorum, et philologorum nostri seculi clarissimorum
renovatae decas prima - nona; 2: Memoriae medicorum nostri seculi
clarissimorum renovatae decas prima - secunda; 3: Memoriae jurisconsultorum
nostri seculi clarissimorum renovatae decas prima - quarta; 4:
Memoriae theologorum nostri saeculi clarissimorum renovatae
decas prima - sexta)], Königsberg &, Frankfurt (Francfort-sur-le-Main),
Hallervord, 1677-1679 [dont une réédition numérique
en mode image et en mode, mise en ligne par l’Université de Mannheim:
http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/witte.html,
en ligne en 2006], t.II, 1679, p. 440 [http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/witte/witte2/s440.html
(en mode image), et http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/witte/witte2/books/wittememoriae2_4_5.html
(en mode texte)].
|
29. Johann Jacob Hofmann, Lexicon Universale
(1698)
Johann
Jacob Homann, de Bâle, publia en 1698 la troisème et
dernière édition de son Lexicon Universale,
qui constitue une première tentative d’encyclopédie
humaniste. Elle parut sous forme de quatre volumes de mille pages chacun.
Jean des Temps y est simplement l’objet
d’un renvoi aux chroniques de référence. Son âge
y est curieusement réduit à 61 ans, sans doute par simple
distraction, et de même pour la date de sa mort curieusement fixée
à 1120: car on maintient qu’il a été un dignitaire
de Charlemagne, affublé de plus du titre ronflant de stabuli
præfectus, qui doit refléter l’allemand Stallmeister.
Texte de l’édition
de Leyde (1698)
|
Traduction B. G. (2006)
|
JOHANNES de Temporibus, Car.
Mag. stabuli præfectus, Obiit A. C. 1120. Æt. 61. Vincentius
Bellovacensis, Nauclerus, &c.
(Tomus II, pag. 622.)
|
JEAN
des Temps, préfet de l’étable [Stallmeister] de Charlemagne, mourut l’an du Christ
1120 [sic], à l’âge de 61 ans [sic].
Vincent de Beauvais, Nauclerus, etc.
(tome II, p. 622)
|
Éditions
Johannes Jacobus HOFMANNUS (Johann
Jacob HOFMANN, 1635-1706), Lexicon universale historico-geographico-chronologico-poetico-philologicum...
opera et studio Joh. Jacobi Hofmanni [in-f°; 2 volumes],
Basileae (Bâle), impensis J. H. Widerhold, 1677
Johannes Jacobus HOFMANNUS (Johann
Jacob HOFMANN), Lexici universalis historico-geographico-chronologico-poetico-philologici
continuatio... opera et studio Joh. Jacobi Hofmanni [in-8°;
3 volumes], Basileae (Bâle), impensis J. H. Widerhold, 1683.
Johannes Jacobus HOFMANNUS (Johann
Jacob HOFMANN), Lexicon Universale, Historiam Sacram
Et Profanam Omnis aevi, omniumque Gentium; Chronologiam Ad Haec
Usque Tempora; Geographiam Et Veteris Et Novi Orbis; Principum Per
Omnes Terras Familiarum [...] Genealogiam; Tum Mythologiam, Ritus,
Caerimonias, Omnemque Veterum Antiquitatem [...]; Virorum [...] Celebrium
Enarrationem [...]; Praeterea Animalium, Plantarum, Metallorum, Lapidum,
Gemmarum, Nomina, Naturas, Vires Explanans. - Editio Absolutissima
[...] Auctior [...] [in-f° (32 cm sur 17); 4 volumes (t.1: Literas
A, B, C, continens, 1072 p.; t. 2: Literas D, E, F, G, H, I, K, L,
continens, 900 p.; t. 3: Literas M, N, O, P, Q, continens, 994 p.; t.4: Literas
R, S, T, V, X, Y, Z, continens, 743+116 p.)], Lugduni Batavorum (Leiden,
Leyde), apud Jacob. Hackium, Cornel. Boutesteyn, Petr. Van der Aa et Jord.
Luchtmans, 1698.
Dont une réédition numérique
en mode image et en mode texte par l’Université de Mannheim:
http://www.uni-mannheim.de/mateo/camenaref/hofmann/hof2/s0662b.html
(mode image), en ligne en 2006.
|
30.
John Evelyn, Acetaria (1699)
John Evelyn
de Wotton (1620-1706) , type de gentleman-farmer, fut un écrivain
anglais assez prolifique qui a abordé autant la théologie
et la politique que l’architecture, l’horticulture et la gastronomie, notamment dans son petit traité Acetaria,
un discours sur les salades., où il nous dit que de son
temps un missionnaire aurait rencontré en Perse, en 1636, un vieillard
de 400 ans, ce qui enfonçait Jean des Temps de près d’un siècle.
Texte anglais
|
Traduction à venir
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And here might we attest the Patriarchal
World, nay, and many Persons since; who living very temperately
came not much short of the Post-Diluvians themselves, counting from
Abraham to this Day; and some exceeding them, who liv’d in pure
Air, a constant, tho’ course and simple Diet; wholsome and uncompounded
Drink; that never tasted Brandy or Exotic Spirits; but us’d moderate
Exercise, and observ’d good Hours: For such a one a curious Missionary
tells us of in Persia; who had attain’d the Age of four hundred Years,
(a full Century beyond the famous Johannes de Temporibus)
and was living Anno 1636, and so may be still for ought we know. But,
to our Sallet.
|
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Éditions
John EVELYN, Acetaria. A Discourse
of Sallets. By J.E., S.R.S. Author of the Kalendarium [in-8°
(17 cm); 40+192+48 p., 2 ff. de planches], London (Londres), B. Tooke,
1699. Deuxième édition: London (Londres), B. Tooke, 1706.
Rééditions étatsuniennes:
1) Brooklyn, Brooklyn Botanic Garden, 1937 [dont une réédition
numérique en mode texte qui suit]. 2) [25 cm; 149 p.; introduction
de Kit Currie; illustrations de Tottoroto], Dallas, Still Point
Press & Newtown (Pa, U.S.A.), Bird & Bull Press, 1985 [ISBN:
0933841019]. 3) Dallas, Still Point Press, 1986.
Réédition numérique
en mode texte:: ANONYME [éd.], «John Evelyn: Acetaria.
A Discourse of Sallet» in The Gutenberg Project
[EBook #15517], http://www.gutenberg.org/files/15517/15517-h/15517-h.htm,
en ligne en 2006.
Sur John Evelyn:
ANONYME, «John Evelyn»,
in Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/John_Evelyn,
en ligne en 2006.
|
31.
Les comtes Stampa (après 1740).
Selon Emilio Seletti, érudit milanais de la fin du XIXe siècle,
on trouve à Balsamo, dans la villa des Comtes Stampa,
marquis de Soncini, une série de fresques représentant
les ancêtres de la famille, A quelle date peut remonter
cette série de fresques? Selon une note historique mise en
ligne par la commune de Cinisello-Balsamo, cette villa n’entra dans
la famille des comtes Stampa qu’en 1740. Quoi qu’il en soit, le premier
de ces nobles ancêtres est dépeint sous les traits
d’un guerrier, sous lequel on lit cette inscription latine:
Inscription de Balsamo
(édition de Seletti 1877)
|
Traduction B.G.
(2003)
|
|
IOANNES D’ESTAMPES
CAROLI MAGNI
MAGNUS SCUTIFER, ET EX XII. S. R.
IMP. COMITIBUS.
DE REGE CORDUBAE SINGULARI CERTAMINE
TRIUMPHAVIT
ET STAMPENSE GENUS IN GALLIA NOBILISSIMUM
APUD INSUBRES PROPAGAVIT
ANNO DCCC.
Autrement transcrit, avec résolution des abréviations:
Johannes d’Estampes, Caroli Magni magnus scutifer, et ex
duodecim Sancti Romani Imperii comitibus, de rege Cordubae
singulari certamine triumphavit, et Stampense genus, in Gallia
nobilissimum, apud Insubres propagavit anno DCCC.
|
Jean d’Estampes,
grand écuyer de Charlemagne, et l’un des douze comtes
du Saint Empire Romain, triompha du roi de Cordoue en combat
singulier, et propagea chez les Insubres (c’est-à-dire
dans le Milanais) la race d’Étampes, très
noble en Gaule, en l’an 800.
|
Notre source:
Emilio SELETTI, Inscrizioni alla Memoria di alcuni personaggi dell´illustre
casato dei Conti Stampa marchesi di Soncino raccolte da Emilio
Seletti, Milan, 1877 [dont un extrait en fac-similé
reproduit par Volkratt Stampa dans son ouvrage généalogique
de 1994, p. 29, dont photographie nous a été communiquée
par Jesk Stampa en 2003].
Sur la villa des comte Stampa:
COMMUNE DE CINISELLO-BALSAMO, «Inserto
storico», http://www.comune.cinisello-balsamo.mi.it/allegati/storiacin.pdf,
en ligne en 2003, dont l’extrait qui suit:: «Anche il territorio di Balsamo
si arricchì di prestigiose ville […]. La più
nota per il suo valore artistico e architettonico è quella
fatta erigere nel 1700 dalla famiglia Ferrari e acquistata nel
1740 dal Conte Francesco Stampa. Nel 1905 tutto il complesso divenne
proprietà del Marchese Casati Soncino da cui prese poi il
nome.»
|
32. Jean
Paul, Der Jubelsenior (1797)
Jean Paul,
pseudonyme du littérateur romantqiue allemand Johann Paul
Friedrich Richter (1763-1825) fut un auteur très en vogue
de son vivant. Il fait mention en passant de la légende
de Jean des Temps dans son ouvrage Der Jubelsenior, «Le
vieillard du Jubilé», paru en 1797.
Texte original
|
Traduction à venir
|
Dritter Hirten - oder Zirkelbrief: Über den Egoismus
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|
Teuerster Freund!
Die sonderbarsten Translokationen
nehm’ ich vorzüglich mit dreierlei Menschen vor, mit Brobdignaks,
mit Lilliputern und mit mir als dem Gulliver: ich versetze sie
wie eine algebraische Größe mit allen Zeiten und Räumen
und sehe dann nach, ob ich sie noch kenne. So hab’ ich z. B. den
königlichen Geist Friedrichs zu vielerlei gemacht, um ihn zu
prüfen, zum Papst - zum Großherrn - zu einem spanischen
Ephorus - dann zu einem geistlichen - ich vozierte ihn darauf zum Rektor
eines Lyzeums und dann von Ragusa - promovierte ihn zu einem Kirchenvater
des ersten Jahrhunderts - zum Bakkalaureus des 16ten - zum Mitarbeiter
an der Literaturzeitung - - oft nahm ich ihm diese Kenntnisse bis auf
wenige wieder weg und setzt’ ihn in mehrerern naturalibus als pontificalibus
auf die Zahnküste aus, in ein arabisches Zelt, in eine Sennenhütte
und gab ihm ein Alphorn.... Ich kann nicht beschreiben, welcher Anstrengung
des Blicks ich nötig hatte, um diesen Visthnu in seinen zehn Menschwerdungen
immer zu verfolgen und zu enthülsen. Leichter schuppte und lederte
ich den abscheulichen zweiten Philipp von Spanien ab, wenn er vor
mir die ganze Theatergarderobe meiner Phantasie hatte anprobieren
müssen, wenn dieses Lithopädium der Zeit, dieser geistige
Zoolith vor mir ein Konsistorialrat - ein valet de fantaisie - ein Mautoffiziant
- ein Sadduzäer - ein Werboffizier - ein erster Christ - ein Arkadier
- ein Berliner - ein Höfer gewesen war. -
Noch lehrreicher ists, wenn man
mit sich selber diese Völker- und Seelenwanderung versucht.
Ich erwählte mich in Frankfurt - um zu sehen, wie ich mich
dabei betrüge - zum römischen Kaiser - zu einem Apostel
- zu einem alten Ritter - zum Gouverneur der Bastille - zu einem
von den neun Aussätzigen - zu einem Buschneger - Minoriten - Hohenpriester
- Kardinal - und Pariser Stutzer; ich lebte nicht nur wie der ewige
Jude oder St. Germain zu Christi oder nachher zu des Antichrists Zeiten
und im 12. Säkulum mit dem Johannes de temporibus
(dem Wagenmeister Karls des Großen), der 361 Jahre alt wurde,
sondern schon vorher in Nebukadnezars und Apis’ Zeiten. Was war die
Folge? - Demut und Gerechtigkeit. Ich nenne dieses die höhere vergleichende
Anatomie, wodurch man, wie ein Daubenton, viele beschämende Ähnlichkeiten
ausgräbt: man errät sich und den andern, aber auf umgekehrte
Kosten, man hält dann die waagrechte Entfernung auf derselben
Sprosse der Wesenleiter für keine steilrechte von mehrerem Sprossen
und denkt dann ganz billig - wenigstens gegen Tote, Freunde und Fremde.
[...]
Ich bin, Bester, Ihr
J. P. [...]
|
|
Éditions
JEAN PAUL (pseudonyme
de Johann Paul Friedrich RICHTER), Der Jubelsenior, ein Appendix
von Jean Paul [in-8°; 400 p.], Leipzig, J. G. Beygang, 1797.
JEAN PAUL (pseudonyme
de Johann Paul Friedrich RICHTER), «Der Jubelsenior, ein
Appendix», in Jean Paul’s Sammtliche Werke [4 volumes
in-f°: t. 1 (1. Grönländische Prozesse; 2. Die unsichtbare
Loge; 3. Auswahl aus des Teufels Papieren; 4. Hesperus; 5. Quintus
Fixlein); t. 2 (1. Biographische Belustigungen; 2. Blumen-Frucht- und
Dornenstücke (Siebenkäs); 3. Jubelsenior; 4. Kampaner Thal;
5. Palingenesien; 6. Briefe und bevorstehender Lebenslauf; 7. Titan;
8. Komischer Anhang zum Titan; 9. ″Clavis Fichtiana″); t. 3 (1. Flegeljahre;
2. Klaglied der jetzigen Männer; 3. Vorschule der Aesthetik; 4.
Freiheit-Büchlein; 5. Levana; 6. Feldprediger Schmelzle; 7. Katzenberger);
t.4 (Friedenpredigt; Dämmerungen; Herbst-Blumine; Fidel; Mars
und Phöbus; Museum; Fastenpredigten; Doppelwörter; Komet;
Kleine Bücherschau)], Paris, Tétot frères, 1836-1837,
t. 2.
Édition numérique
en ligne: ANONYME [éd.], «Jean Paul. Der Jubelsenior.
Ein Appendix (1797)», in Projekt Gutenberg (section
allemande), http://gutenberg.spiegel.de/jeanpaul/jubelsen/jubelsen.htm,
et spéccialement: http://gutenberg.spiegel.de/jeanpaul/jubelsen/jubelh31.htm,
en ligne en 2006.
Traduction française:
Albert BÉGUIN (1901-1957)
[trad.], Jean Paul. Le jubilé: appendice, traduit
de l’allemand par Albert Béguin [19 cm; IX+191 p.],
Paris, Stock, Delamain & Boutelleau [«Le cabinet cosmopolite.
Série classique» 5], 1930.
|
33. Johann
Georg Theodor Grässe, Der Tanhäuser und der ewige
Jude (1841)
Nous savons par Gaston Paris (1891) que Grässe
a évoqué la figure de Jean des Temps dans son ouvrage
sur La légende du juif éternel, paru et
1841 et réédité en 1861. Gaston Paris lui emprunte
une citation d’ailleurs fort corrompu du texte de Paolo Emili sur cette
question.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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(p. 117 de l’édition
de 1861, d’après Gaston Paris)
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Source:
Gaston PARIS, Le Juif errant
en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal des savants
(septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante in Italia,
par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition d’une étude
de 1880 et de celle de 1891], in ID., Légendes du moyen
âge [in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux»,
«Le paradis de la reine Sibylle», «La légende
du Tannhäuser», «Le juif errant», «Le
lai de l’oiselet»], Paris, Hachette, 1903. Rééditions:
1904. 1908. 1912. [reproduction en fac-similé de l’édition
de 1903], Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque
de Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
Éditions:
Johann Georg Theodor GRÄSSE
(1814-1885), Die Sage von dem ewigen Juden, 1844,
p. ?.
Johann Georg Theodor GRÄSSE,
Der Tannhäuser und ewige Jude [reprend une autre
étude: Die Sage vom Ritter Tannhäuser, 1846],
Dresde, 1861, p. 117. Sur Grässe:
ANONYME, «Johann Georg Theodor Grässe» [en allemand], in Wikipedia,
http://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Georg_Theodor_Gr%C3%A4sse,
en ligne en 2006.
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34. Robert
Leslie Ellis, Notes à l’Historia Vitae et Mortis de Bacon
(1859)
Robert Leslie
Ellis est un scholar de Cambridge qui a contribué à
l’édition des Œuvres complètes de Sir Francis Bacon,
et s’est spécialement chargé de son Historia Vitae et
Mortis, où il a relevé, le plus respectueusement du
monde, et parfois un peu trop charitablement, un nombre considérables
d’erreurs manifestes.
Il n’ose pas dire clairement que, concernant
Jean d’Étampes, Bacon s’est encore trompé dans ses fiches
en lui attribuant une réponse à l’empereur Auguste d’un
certain Pollion Romilius, mille ans plus tôt, et suggère
que l’erreur pourrait remonter à une source indéterminée
de Bacon. Il note bien pourtant que le même Bacon a manifestement
confondu, par ailleurs, le dit Pollion Romilius avec le plus fameux Asinius
Pollion, gendre d’Auguste.
On remarquera cependant que Bacon, en commettant
cette erreur, continue une tradition millénaire: déjà
Pline semble avoir n’avoir attribué que par erreur ce dire à
Pollion Romilius, puisqu’une source antérieure, selon Ellis,
rapporterait que cette réponse avait été faite au
philosophe Démocrite, plusieurs siècles avant celui d’Auguste.
Note 4 de la page 146
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Traduction B.G. (2006)
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Asinius
Pollio, Augusti familiaris, centum annos superavit (4): vir ingentis luxus, eloquens, literarum cultor;
attamen vehemens, superbus, crudelis, et tanquam sibi natus.
(4) Bacon manifestly confounds Asinius Polio
with Pollio Romilius, of whom Pliny says, “Centesimum annum excedentem
eum D. Augustus hospes interrogavit quânam maxime ratione vigorem
illum animi corporisque custodisset. At ille respondit, Intus
mulso, foris oleo.”—Pliny, xxii. 53. Asinius Pollio died, according
to Eusebius, Chron. Olymp. 195, at the age of eighty. Moreri
makes him eighty-four.
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Asinius
Pollion, l’ami d’Auguste, dépassa les 100 ans (4). C’était un homme vivant dans un luxe
inouï, éloquent et attaché aux belles-lettres,
et cependant violent, fier, cruel et égoïste.
(6) Bacon confond manifestement Asinius Polion avec
Pollion Romilius, de qui Pline dit: “Le divin Auguste son hôte lui
demanda surtout par quelle méthode il avait conservé cette
vigueur physique et morale, et celui-ci lui répondit: avec
du miel dedans, et de l’huile dehors.” (Pline, Histoire
Naturelle XXII, 53). Asinius Pollion mourut, selon Eusèbe (Chronique,
195e olympiade), à l’âge de quatre-vingts ans. Louis Moréri
lui donne quatre-vingt-quatre ans.
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Note 6 de la page 146
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Traduction B.G. (2006)
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Joannes
de Temporibus, ex omnibus posterioribus sæculis, traditione quadam
et opinione vulgari, usque ad miraculum, vel potius usque ad fabulam,
longævus perhibetur, annorum supra trecentos (6): natione fuit Francus, militavit autem sub
Carolo Magno.
(6) His name is said to have been Jean de Stampis
(D’Estampes), and the change to Johannes de Temporibus is connected
with his mythical longevity. See Zuingerus, Theatrum
vitæ humanæ, or Fulgosius, Factorum dictorumque memorabilium,
p. 298.
|
Jean des Temps, de tous siècles les plus récents,
selon une certaine tradition et selon l’opinion commune, passe pour
avoir joui d’une longévité qui tient du miracle, ou plutôt
de la légende: plus de trois cents ans (6).
Il fut Français de naissance et servit sous Charlemagne.
(6) On dit que son nom était Jean de Stampis
(D’Estampes), et on lie ce changement de nom à sa longévité
légendaire. Voyez Zuingerus [Theodor Zwinger],
Theatrum vitæ humanæ, ou Fulgosius
[Battista Fregoso], Factorum dictorumque
memorabilium, p. 298.
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Note 3 de la page 177
|
Traduction B.G. (2006)
|
Joannes de Temporibus, qui dicitur
ad trecentesimum annum ætatem produxisse, interrogatus quomodo se conservasset,
respondisse fertur, Extra, oleo; intus, melle (2).
(2)
This answer was originally given to Democritus (see the Geoponica,
XV, 7. 6); afterward, with a slight modification, to Pollio Romilius. [see
suprà, note p. 146.] I do not know by whom it is ascribed to the mythical
Johannes de Temporibus.
|
Jean des Temps, dont on dit qu’il
a prolongé sa vie jusqu’à trois cents ans, comme on lui avait
demandé comment il s’était ainsi conservé, répondit
à ce qu’on rapporte: Dehors, par l’huile, et dedans par le miel
(2).
(2) Cette
réponse était attribuée au départ à Démocrite
(voyez les Geoponica, XV, 7. 6); et après cela, avec une légère
modification, à Pollion Romilius (voyez supra, note p. 146). Je ne
sais pas par qui il est attribué au mythique Johannes de temporibus.
|
Éditions
Robert Leslie ELLIS [éd.],
«Francis Bacon: Historia vitae et mortis», in James SPEDDING
(du Trinity College de Cambridge), Robert Leslie ELLIS (late fellow
du Trinity College) & Douglas Denon HEATH (barrister-at-law, late
fellow du Trinity College) [éd.], The works of Francis
Bacon, baron of Verulam, viscount St. Alban, and Lord High Chancellor
of England, collected and edited by James Spedding, of Trinity College,
Cambridge, Robert Leslie Ellis, barrister-at-law, late-fellow of Trinity
College, Cambridge and Douglas Denon Heath, late-fellow of Trinity College,
Cambridge. Vol. II (The Second Volume. Philosophical Works. Part I. continued.
Works published or designed for publication, as parts of the Instauration
Magna [19 cm; 692 p.; œuvres complètes en latin et anglais (tome
2 de 14 volumes publiés de 1857 à 1874)], London (Londres),
Longman & Co, Simpkin & Co, Hamilton & Co, Whittaker & Co,
J. Bain, E. Hodgson, Washbourne & Co, Richardson Brothers, Houlston &
Co, Bickers a Bush, Willis & Sotheran, J. Cornish, L. Booth, J. Snow,
Aylott & Co, 1859 [dont une réédition en fac-similé:
The works of Francis Bacon. Zweiter Band [692 p.],
Stuttgart, Frommann & Holzboog, 1986 (ISBN: 3-7728-0025-4), dont une
réédition numérique en mode image par la BNF, 1995,
mise en ligne sur son site Gallica, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k254716,
en ligne en 2006], pp. 91-228, spécialement pp. 146 & 177.
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35. Emilio
Seletti, Inscrizioni... (1877)
Emilio Seletti
di Busseto (1830-1913), avocat milanais passionné d’archéologie,
a notamment publié en 1877 une notice sur les inscriptions
qu’il a trouvées relatives à la noble famille milanaise
des comtes Stampa, qui prétendaient descendre de Jean d’Étampes,
identifié à Jean des Temps, et donc à un écuyer
de Charlemagne autant qu’à un gendre du roi de France Philippe
Ier.
Nous avons donné plus haut le
texte de l’inscription qu’il a relevée, relative à
Jean d’Étampes lui-même.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Édition:
Emilio SELETTI, Inscrizioni alla Memoria di alcuni personaggi
dell´illustre casato dei Conti Stampa marchesi di Soncino
raccolte da Emilio Seletti, Milan,
1877 [dont un extrait en fac-similé
dans STAMPA 1994, p. 29].
Sur Emilio Seletti:
Francesco NOVATI, Commemorazione
di Emilio Seletti, 1830-1914 [25 cm; 11 p.; extrait de: Archivio
storico lombardo, 41(1914), fasc. 1-2, parte 1], Milano (Milan), L.
F. Cogliati, 1914.
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36. Felix
Liebrecht, Zur Volkskunde (1879)
Felix Liebrecht semble avoir
traité en passant du personnage de Jean des Temps, d’après
Gaston Paris, qui renvoie à son ouvrage de 1879.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Édition:
Felix LIEBRECHT, Zur Volkskunde.
Alte und Neue Aufsätze [in-8; XVI+522 p.], Heilbronn, Henninger,
1879, p. 107 [cité par PARIS 1891].
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37. Edward Peacock & Abram Smythe Palmer
(1883)
Le célèbre
périodique oxfordiens Notes and Queris (qui fut immité
en France par l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux),
fondé par l’érudit W. J. Thomas, existe toujours
et reste consacré aux questions relatives à la langue
et à la littérature anglaise, à la lexicographie,
à l’histoire et à l’érudition ancienne. Ses anciens
numéros ont té mis en ligne par l’Oxford University Press,
mais sur un site dont l’accès est payant et fort coûteux
(seize dollars la notice), à la différence de ce qui passe
en France pour l’Intermédiaire, mis à la disposition
de tous par notre très glorieuse et méritoire BNF.
Aussi nous ne saurons pas quelles
information échangèrent en 1883 par ce biais sur
Jean des Temps les sires Edward Peacock, esq., de Bottesford (Lincolnshire)
et A. Smythe Palmer du Trinity College de Dublin, à moins
qu’une âme charitable et bienfaitrice nous le fasse savoir un
de ces jours.
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Éditions:
Edward PEACOCK a Abram SMYTHE
PALMER (du Trinity College de Dublin), «Johannes de Temporibus»,
in Notes and Queries series 6, t.VIII (1883), pp.
12 & 184.
Dont une réédition
numérique en mode image par OXFORD UNIVERSITY PRESS [éd.],
Oxford Journals [site d’accès payant: 16$ par article!],
http://nq.oxfordjournals.org/cgi/reprint/s6-VIII/184/12-b
& http://nq.oxfordjournals.org/cgi/reprint/s6-VIII/184/12-c,
en ligne en 2006.
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38. Gaston Paris, Le Juif errant: deuxième
étude (1891)
Gaston Paris (1839-1903),
de son nom complet Bruno Paulin Gaston Paris, médiéviste
et philologue français, succéde en 1872 à son père
Paulin Paris au Collège de France, dont il devient directeur
en 1895. Il participe à la création de la Revue
Critique en 1866 et de Romania en 1872.
Dans cette étude de 1891,
on surprend son manque de rigueur lorsqu’il évoque en passant
la figure de Jean des Temps. On enrage d’entrevoir ce mandarin sorbonagre,
qui, disposant des meilleures bibliothèques du monde, se
contente paresseusement de recopier un texte de deuxième ou
troisième main, et, pis encore, s’autorise par coquetterie à
le corriger parce qu’il ne l’a pas compris, induisant tout le monde
en erreur du haut de la chaire que déshonore son indolence.
Texte de l’édition
de 1891
|
Notes de l’auteur
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Je voudrais revenir sur la légende
du Juif Errant. […] [L’auteur étudie différentes
variante de la légende et notamment celle où ce
mystérieux personnage porte le nom de Jean Boutedieu,
Johannes Boutadeus. (B.G.)]
[…] Mais voici un témoignage
curieux qui vient compliquer la question. Mon regretté
confrère le comte Paul Riant l’a trouvé dans un des
manuscrits qu’il avait examinés au cours de ses immenses recherches
sur les sources de l’histoire de l’Orient latin; c’est un manuscrit
de la fin du XIVe siècle qui se trouve à Évreux
(n° 36), et qui contient sous le nom de Liber terre sancte Jerusalem,
un ouvrage que M. Riant, dans la note qu’il avait bien voulu me communiquer,
appréciait ainsi: «Guide pour les pèlerins, compilé
d’après Ludolf de Sudheim et Philippus, troisième quart
du XIVe siècle; très peu de notices originales; le manuscrit
n’est pas original, est une copie incomplète et mauvaise (43).» L’une des notices ajoutées
par le compilateur est celle qui nous intéresse: «Aussitôt
après l’église du Spasme, la station de Simon le Cyrénéen
et la maison de Judas (Philippus, p. 52), on lit: Item magis ultra
per eamdem viam est locus a vulgo [il manque évidemment dictus
et un nom], ubi Johannes Buttadeus impellit (1. impulit)
Christum Dominum quando ibat ligatus ad mortem, insultando
dicens Domino: Vade ultra, vade ad mortem! Cui respondit Dominus:
Ego vado ad mortem, sed tu usque ad diem judicii non (44). Et, ut quidam dicunt simplices,
visus est aliquando multis; sed hoc asseritur a sapientibus quia dictus
Johannes, qui corrupto nomine dicitur Johannes Buttadeus, sano vocabulo
appellatur Johannes Devotus Deo, qui fuit scutifer Karoli Magni et vixit
CCL annis. Vient ensuite la maison du mauvais riche.» Tout
est digne de remarque dans cette notice, et d’abord l’assurance avec
laquelle l’auteur oppose à la bonne foi des simples, qui croient
qu’on a rencontré plus d’une fois Jean Boutedieu, la meilleure
information des gens raisonnables, qui savent que le personnage en question
était Jean Dévot-à-Dieu, l’écuyer de Charlemagne;
puis le rapprochement étymologique de M. Morpurgo, ou du moins un
rapprochement très semblable, fait à son insu cinq cents
ans avant lui. Signalons aussi la formule, jusqu’à présent
inconnue, et très ingénieuse, du dialogue entre le Juif
et le Seigneur: c’est parce que, en poussant Jésus, il lui a dit
expressément d’aller à la mort qu’il est condamné,
lui, à chercher la mort, sans la trouver jamais, jusqu’au jour
du jugement. Il règne d’ailleurs dans ces quelques lignes, qui ont
au moins deux sources différentes, une assez grande confusion. L’auteur
semble admettre d’abord comme vraie l’histoire de Joannes Buttadeus
et ensuite reprocher à ceux qui l’admettent d’avoir, pour la construire,
défiguré le nom et altéré le caractère
de Johannes Devotus Deo. Mais ce qui nous importe, c’est l’existence
légendaire de ce dernier personnage, évidemment identique
au Juan de Voto-a-Dios signalé en Espagne au XVIe siècle
par Mme de Vasconcellos. Quelle est la bonne forme entre les deux? Si l’on
admet la première, il faut la croire originairement latine, le mot
dévot et ses congénères n’ayant pas été
aussi anciennement populaires dans l’idiome vulgaire des pays romans. Si
l’on croit une forme vulgaire plus vraisemblable à l’origine, il faudra
admettre l’espagnol de Voto-a-Dios, ou l’italien de
Voto-a-Dio (car le français ni le provençal
ne peuvent entrer en ligne de compte). La question est fort obscure, et
il faudrait, pour la résoudre, des éléments qui nous
font défaut. Mais quel est le personnage dont il s’agit ici et qui
passait pour avoir atteint, non l’immortalité, mais une longévité
extraordinaire? Il n’est pas aussi inconnu qu’il le semble au premier abord.
Il est évident, en effet, que c’est le même que ce
Jean des Temps dont Vincent de Beauvais, d’après une
source qui m’est inconnue, dit simplement à l’année 1139:
Joannes de Temporibus moritur, qui vixerat annis trecentis
sexaginta uno (45) a tempore Karoli
Magni, cujus armiger fuerat, notice qui a été
répétée depuis par divers chroniqueurs, notamment
flamands (46), et révoquée
en doute ou plutôt bizarrement atténuée par
l’historien Paul Émile quand il daigna recouvrir de son beau
style cicéronien sa compilation extraite de nos vieilles annales
(47). Il faut d’ailleurs que
Jean des Temps ait été plus célèbre qu’il
ne résulte de cette mention chez un chroniqueur du XIIIe siècle,
puisque l’arrangeur du traité contenu dans le manuscrit d’Évreux
le connaissait sous le nom de Johannes Devotus
Deo, tout en ne lui accordant que deux cent cinquante ans de vie
(48), et qu’en Espagne il est resté
connu sous son nom de Juan de los Tiempos, par lequel il est désigné
dans un drame de Calderon (49).
Il est même probable que c’est la célébrité
attachée à son nom qui engagea, au XIIIe siècle,
un aventurier à se donner à son tour pour l’écuyer
non plus de Charlemagne, mais d’Olivier, appelé Richard, et à
jouer ce rôle avec succès, notamment à la cour de
Frédéric II (50),
jusqu’à sa mort, arrivée en 1234 (51). Mais le nom de Jean Dévot-à-Dieu,
que lui donne notre guide de Terre-Sainte, ne se rencontre pas ailleurs
que dans le dialogue espagnol du XVe siècle, où il
n’est accompagné d’aucun trait caractéristique, et,
jusqu’à ce qu’il se produise de nouveaux éclaircissements,
je suis porté à regarder ce nom soit comme altéré
de celui de Buttadeo, soit au moins comme en étant
parfaitement indépendant.
Deuxième étude
(1891)
|
(43) D’après une note de M, Omont
dans le tome II du Catalogue des bibliothèques
des départements, page 419, ce traité, malgré
ses défauts, devait être inséré dans
le tome III des Archives de l’Orient latin.
(44) M.
Morpurgo cite un passage assez analogue, mais moins intéressant
par sa forme, dans le voyage de Ser Mariano de Sienne, fait en 1431.
Après avoir parlé de la porte par où Jésus
sortit pour aller au Calvaire, il ajoute: «Dicesi che qui era
quello che è chiamato Johanni Botadeo, e dixe per dispecto
a Jhesù : Va’ pur giù, che tu n’arai una tua, una!
Rispose l’umile Jhesù: Io andaro: tu m’aspecterai
tanto che io torni. Non ci è perdonanza.»
(45) Le
texte porte 341, mais Guillaume de Nangis, qui reproduit ce passage,
donne 361, qui est préférable: Jean des Temps aurait
vécu de 778 à 1439.
(46) Voir
Liebrecht, Zur Volkskunde, p. 107.
(47) Il
a d’ailleurs prétendu corriger le nom (d’après quels
documents, je l’ignore): Sub hoc tempus obiit Johannes
a Stampis, quem per errorem a Temporibus multi vocarunt ob diuturnam
vitam. Et pour diminuer le merveilleux de l’histoire,
il propose de supposer que ce personnage avait vécu non sous Charlemagne,
mais sous Charles le Simple [Il
y a ici une erreur de lecture de Gaston Paris ou de sa source (B.G.)]:
«nec 360 sed circiter 160 (lisez 210 circiter)
[Cette correction proposée
par Gaston Paris est intuile et fondée sur l’erreur qui précède
(B.G.)] annorum vitam ei contigisse, id quod etiam consenescente
mundo magnum et memorabile sit.» (Cité par Graesse,
Der Tanhäuser und der ewige Jude, Dresde, 1861,
p. 117.)
(48) Il
serait mort alors vers 1030, et il y aurait eu bien longtemps, au
XIVe siècle, qu’il n’aurait pu être rencontré
par des «simples» et pris pour Jean Boutedieu.
(49) Voir
Liebrecht, l. c.
(50) Voir
le passage impayable de Tommaso Tusco, chroniqueur du XIIIe siècle,
cité par M. A. d’Ancona dans les Rendiconti de l’Académie
des Lincei (séance du 17 mars 1889).
Tusco avait vu Richard en 1231 et avait pieusement cru toutes ses
histoires: Et in his omnibus divinam nobis est attendere
majestatem, quam in omnibus et ex omnibus collaudemus, quae facit
magna et inscruptabilia quorum non est numerus. Le même
Guido Bonatti qui parle de Buttadeo avait vu Richard, qui dicebat
se fuisse in curia Caroli Magni et vixisse quadragentis annis... Vidi
Ricardum Ravenne era Christi millesima ducentesima vigesima tertia.
(Cité dans Neubauer, p. 111.) C’est à cause de cela qu’on
a souvent allégué «Guy
Donatus» comme ayant vu ce survivant de l’époque de
Charlemagne. (Voir Liebrecht, l. c.). Il est remarquable
que dans ce que le bon Tusco nous rapporte des récits de Richard,
il n’y a rien qui se rattache à l’épopée française.
(51) Je
ne doute pas en effet que ce ne soit de lui qu’il s’agisse dans
un passage d’Albéric des Trois-Fontaines que j’ai cité
jadis (Hist. poét. de Charlemagne, p. 323) en corrigeant,
comme il faut le faire (et comme ne l’a pas fait le dernier éditeur),
Guidonius en Gaidonius: In Apulia mortuus est hoc anno
(1234) quidam senex dierum, qui dicebat se fuisse armigerum Rollandi
Theodricum, qui dux Guidonius dictus est, et imperator multa ab
eo didicit. (Monum., Germ., SS., t. XXIII, p 936). La tradition
orale, qui avait amené cette notice à Albéric,
avait naturellement substitué le célèbre écuyer
de Roland à l’écuyer inconnu d’Olivier. |
Éditions
Gaston PARIS (1839-1903),
Le juif errant [in-8°; 20 p.; extrait de l’Encyclopédie
des sciences religieuses], Paris, G. Fischbacher, 1880.
Gaston PARIS, Le Juif
errant en Italie [in-4°; 16 p.; extrait du Journal
des savants (septembre 1891); compte rendu de L’Ebreo errante
in Italia, par S. Morpurgo], Paris, E. Bouillon, 1891.
Gaston PARIS, «Le
juif errant» [réédition de l’étude de
1880 et de celle de 1891], in ID., Légendes du moyen âge
[in-16; IV+291 p.; contient: «Roncevaux», «Le
paradis de la reine Sibylle», «La légende du
Tannhäuser», «Le juif errant», «Le lai
de l’oiselet»], Paris, Hachette, 1903. Rééditions:
1904. 1908. 1912. [reproduction en fac-similé de l’édition
de 1903], Amsterdam, Rodopi, 1970.
Réédition
numérique en mode texte: François MORIN &
Dolène SCHMIDT [éd.], «Gaston Paris: Le
Juif errant», in Biblisem (Bibliothèque
de Littérature Spiritualiste Et Mystique), http://www.biblisem.net/etudes/parislje.htm,
en ligne en 2006.
|
39.
Volkrat Stampa (1994)
Volkratt Stampa, généalogiste
allemand, s’est efforcé de déterminer s’il existait
un lien entre sa famille et la noble lignée des comtes Stampa.
Il a reproduit dans un ouvrage une page écrite par Seletti en
1877 (voyez plus bas).
Texte non disponible
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Traduction à venir
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Édition:
Volkrat STAMPA, Stampa-album
[généalogie familiale],
chez l’auteur, 1994, pp. 28-29
[avec p. 29 le fac-simile de la page de SELETTI 1877 relative
à l’inscription de la villa Stampa de Basalmo; communiqué
au Corpus Étampois par Jesko Stampa, mail
de novembre 2003].
|
40.
Jesko Stampa (2003)
Jesko
Stampa, petit-fils du précédent, nous a communiqué
en 2003, plusieurs données, dont une page de Seletti, et nous
a adressé en 2005 une mise au point sur l’absence totale
de liens avérés entre cette famille allemande et celle des
comtes de Soncino:
Courriel de novembre 2003
|
[...] Si Jean d’Étampes
était l’un des douze comtes du Saint Empire, il était
aussi l’un des douze Pairs de Charlemagne. La Chanson de
Roland, qui date des 1080, raconte la bataille de Roland
contre les Basques en 778. Dans cette bataille le plus célèbre
des Pairs est Roland lui-même. Mais sont également mentionnés
les onze autres: Olivier, Gerin, Gerier, Ivon, Ivorie, Berengier,
Otes, Astor, Anseis, Gerard de Rousillon et Gaifier.
Peut-être
Ivon est-il Giovanni
alias Ioannes?
Morigia, en
1592, cite, avec quatre autres documents du même genre,
le témoignage de Giovanni Selino, "che discrive la vita
di Carlo Magno, narra che Giovanni de Stampa fu uno de dodici Conti
del Sacro Imperio", l’un des douze comtes de l’Empire.
On dit que
les légendes ont un fond de réalité.
Mais qui ne
désirerait, quitte à prendre ses rêves
pour des réalités, remonter à Charlemagne?
[...]
|
Courriel
de mars 2005
|
[...]
Notre branche généalogique
finit autour 1720 avec Augustin Stampa. Nous ne connaissons pas de lien
entre nous et la famille de Stampa de Soncino. [...]
|
Sources courriels
en date de novembre 2003 et de mars 2005.
|
41. Giacomo
Cavallo (2004)
Giacommo
Cavallo, travaille a Paris dans une organisation internationale, nous
a signalé plusieurs des chroniques éditées dans les
Monumenta Germaniae et qui parlent de Jean des Temps.
Courriel
|
[...] Vous demandez
ma théorie? Aucune, mais je crois aux explications simples. Il
y avait peut-être un vieux de grand âge qui s’appelait Jean
d’Estampes et quelqu’un avait trouvé que Charlemagne avait un
écuyer de ce nom. On aura demande au vieux s’il était l’ecuyer
de Charlemagne et il aura répondu que oui. Fin de la theorie.
Qui serait parfaite si dans une vie de Charlemagne
on trouvait un Johannes scutifer ou armiger. Je
n’en ai pas trouvé, bien que j’ai consulté plusieurs livres
ce soir. Johannes n’est pas un nom de militaire du
neuvième siècle, à ce qu’il paraît. [...]
(13 mars 2004)
|
Sources courriel
en date du 13 mars 2004.
|
42.
Henri P. comte de Stampa (2004)
M. le Comte Henri
de Stampa nous a fait parvenir en 2004 un courrier des plus intéressant
réumant les traditions qui ont cours dans sa famille au sujet
de ses lointaines origines, supposées étampoises.
Henri P. de STAMPA
***, PARIS
|
Le 12 mai 2004
|
Cher Monsieur,
|
|
NOTES (B.G., 2006)
|
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt
votre article très documenté sur Jean d’Etampes paru
sur Internet dans le Corpus historique étampois.
Constatant que vous étiez
amené à faire beaucoup d’hypothèses sur
ce personnage de légende et sur la famille à laquelle
il est attribué, je vous propose, ci-après, un complément
d’information qui repose sur les documents que je détiens.
|
|
[La première page, parue
en 2003 dans le Corpus Étampois, était fort
déficiente et ne reposait que sur des sources remontant au
plus haut au XVIe siècle.]
|
La tradition historique fait descendre
la famille lombarde des Stampa d’un seigneur d’Etampes en France,
nommé Jean, et qui, venu en Italie avec Charlemagne, aurait
été désigné par ce dernier pour gouverner
Milan. Ce personnage, dit la légende, aurait tué
en combat singulier un roi de Cordoue et, pour cette raison, le cimier
surmontant les blasons de cette famille furent souvent un sarrasin.
Après sept premières
générations en Italie les descendants de ce Jean
originaire d’Etampes comptaient quatre frères (Lanfranco-Pio,
Sfeffano, Baldicione et Donato) qui, en 1030, à l’occasion
d’un soulèvement populaire, durent se retirer dans le Nord
de la Lombardie, aux confins de la Suisse actuelle, pour y attendre
les renforts envoyés par l’empereur Conrad II.
Une fois l’ordre rétabli,
la situation de ces quatre frères fut confortée
par les décisions de l’empereur.
— Lanfranco-Pio fut réinstallé
à Milan.
— Steffano fut nommé
gouverneur de Bellinzona, et reçut le comté de Cannobio,
lequel comté fut possédé ultérieurement
par une autre famille.
— Baldicione, nommé
capitaine de la cavalerie impériale, reçut la seigneurie
de Seprio. Aucune descendance ne lui est attribuée.
— Donato reçut la seigneurie
de Valle Pregallia.
Les trois branches issues
de ces frères furent par la suite identifiées par
le même patronyme et, quand l’héraldique apparut, arborèrent
des blasons quasiment identiques.
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Les documents les concernant évoquent
sans ambiguïté l’origine étampoise, affirmation
qui est confortée par deux constatations:
— Les Stampa appliquaient la
loi salique, comme les Francs. Ceci est notamment affirmé
dans un acte notarial de l’an 1052.
— Le mot stampa n’est pas d’origine
italienne.
A cette époque le mot
stampa n’existait pas dans ce qui allait
devenir l’italien. Il n’a été introduit dans cette
langue qu’avec l’imprimerie, vers 1465. C’était un mot
de dialecte germanique qui signifiait «pressoir» et que
les constructeurs allemands des premières presses à
imprimer donnèrent comme nom à leurs machines en raison
de leur ressemblance avec le pressoir à vendange.
Par contre la ville d’Etampes,
en France, s’appelait bien Stampa ou Stampae à
l’époque où Jean (nous dirons aussi Giovanni) qui
en était originaire, accompagna Charlemagne dans son expédition
en Italie.
Les Francs, qui avaient envahi
la Gaule romane, du IIIème au Vème siècle,
avaient très certainement donné ce nom à
cette localité parce qu’il y avait là une foulerie
de grains ou l’un de ces immenses pressoirs qu’ils savaient justement
si bien construire. La machine à broyer se disait «
stampfe » en langue germanique et devint «stampa»
en latin qui était la langue des Francs dans les anciens territoires
romains.
Il était normal que,
voulant marquer sa provenance, Giovanni ajoutât le nom de
sa ville, au génitif, à son nom de baptême,
pour se distinguer, à une époque où les noms
de famille n’existaient pas encore.
Par la suite ce fut lui qui
qualifia de Stampae sa demeure italienne, mais assurément
pas le château qui donna le nom à la famille.
S’il fallait encore se convaincre
du caractère exogène de ce nom dans la société
italienne, une simple statistique viendrait appuyer la démonstration
par comparaison avec trois grands noms de l’aristocratie locale:
en 1991 l’annuaire téléphonique de Rome recensait
130 Spada, 140 Visconti, 160 Sforza, et seulement 5 Stampa.
La racine «stamp»
étant d’origine germanique, nous la retrouvons dans des
noms communs et des noms propres allemands et anglo-saxons avec une
grande variété de combinaisons, et, très naturellement,
des familles homonymes existent, notamment en Allemagne.
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Les Stampa des siècles passés
croyaient ils en cette origine légendaire ?
L’origine étampoise
est régulièrement affirmée dans des documents
officiels. Et il fallait, dans une certaine mesure, qu’ils y croient
car au fil des siècles on constate qu’en Italie il était
malvenu et peu fllatteur de se dire apparenté à des
Français. Un tel comportement était particulièrement
audacieux pour les Soncino.
Il faut savoir qu’en 1535,
lorsque le duc de Milan François II Sforza meurt sans
héritier direct, Maximilien Stampa se trouve être gouverneur
de toutes les forteresses de l’Etat. Le roi de France affirmant toujours
ses prétentions sur la Lombardie, les troupes françaises
envahissent aussitôt le Piémont. Le roi sollicite grandement
Maximilien en allant jusqu’à lui offrir une garde personnelle
de cent lances, mais le choix de ce dernier sera favorable à
Charles Quint.
Pour cette raison, la Lombardie
sera espagnole pendant deux longs siècles, et il parait
très incongru pour des Stampa devenus Grands d’Espagne de
se dire quelque peu français.
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Parlons enfin de «de temporibus»
Un certain Jean a été
surnommé «de temporibus» parce qu’il aurait
vécu 361 ans. C’est en tout cas ce qu’affirme Philippe de
Bergame dans un ouvrage publié en 1539, c’est-à-dire
après l’épisode de 1535. Il y note le décès
de «de temporibus» en l’an 1146, sans préciser à
quelle famille il appartient; et il ne dit pas non plus que ce personnage
vient d’Etampes.
«1146 - Gioani - appelé
de temporibus (comme l’écrivent les historiens) à
l’âge de 361 ans est mort en France cette année, et
l’on dit qu’il fut homme d’armes de Charles que l’on surnomme le
Grand».
S’agissant de la longévité
du personnage nul ne doutera que l’humour et la capacité
de jugement des siècles passés devaient bien être
à la hauteur de notre propre sens critique sur cette fable.
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Quant à son identification avec
le Jean originaire d’Etampes et venu en Lombardie avec Charlemagne,
voici le commentaire que Pierre de Stampa, détenteur d’un
exemplaire de l’ouvrage imprimé en 1539, a formulé
dans des notes manuscrites: «Si de temporibus est mort en 1146
à l’âge de 361 ans il serait né en 785; Charlemagne
étant mort en 814, il aurait pu compter parmi les compagnons d’armes
de l’empereur durant une quinzaine d’années; cependant il ne peut
être que le fils ou petit-fils du Giovanni dont on parle et qui
faisait déjà partie de l’armée de Charlemagne quand
celui-ci est entré en Italie en 774, onze années avant
la naissance de Giovanni de temporibus».
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| Un autre indice me parait significatif:
parmi les 126 inscriptions recensées et commentées
par Emilio Seletti, deux seulement évoquent IOANNES D’ESTAMPES
et elles sont totalement muettes en ce qui concerne sa durée
de vie. |
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L’évocation de cette fable est
clairement le fait de certains chroniqueurs, journalistes people
des temps anciens, qui, inévitablement, se citaient les uns
les autres, et d’ailleurs sont encore cités. Quelle formidable
opération de communication!
La tradition veut que Jean
d’Etampes, compagnon de Charlemagne, ait été célèbre
pour son courage et qu’au cours d’un fait d’arme singulier il
ait abattu un Sarrasin.
A la suite d’une recherche
qu’il avait faite et communiquée en 1987 à
Michel Billard, historien d’Etampes, ainsi qu’à un homonyme
allemand cherchant désespérément une parenté
avec la famille lombarde (Volkrat Stampa), voici ce que Pierre de Stampa
a eu l’occasion d’écrire:
«Selon
les inscriptions et les chroniques, ce chevalier était
“Magnus Scutifer” et comte.
Ce rang était nécessairement la conséquence d’une
prouesse; les inscriptions disent qu’il aurait tué un roi de
Cordoue en combat singulier. Le combat singulier était une pratique
fréquente au moyen âge: elle existait depuis l’antiquité,
la Bible et l’Iliade nous en racontent et on en trouve encore dans l’histoire
militaire de la première république. Par contre, un seul
roi de Cordoue parait avoir été tué en combattant,
c’est l’émir Abd er Rhamman, vaincu à la bataille de Poitiers.
Rien ne nous interdit d’accorder la légende et le fait historique:
pendant plusieurs générations les Stampae se sont prénommés
Giovanni (ou plutôt
Ioannes) et il est impossible de les différentier;
le Magnus Scutifer entré en Lombardie avec l’empereur petit-fils
de Charles Martel, pouvait bien être lui-même le petit-fils
d’un autre Ioannes Stampae vainqueur d’Abder Rhamman. L’hypothèse
n’est pas vérifiable mais rien n’impose de la rejeter.»
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Cher Monsieur, nous retiendrons ces quelques
propos comme une contribution à mieux percevoir la dimension
poétique du personnage.
J’ai eu la chance de rencontrer,
il y a une quarantaine d’années, le chanoine Guibourgé,
puis bien plus tard, Monsieur Michel Billard qui m’a aimablement
dédicacé deux de ses ouvrages.
Je serais maintenant très
heureux etc.
Henri P. de STAMPA
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Source: Courriel de
l’auteur en date du 26 septembre 2004.
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43. Bernard
Gineste (2003-2006)
La solution?
Nous
espérons qu’il aura été agréable au lecteur
de suivre l’histoire d’une légende, qui vole de bouche en bouche
à travers les siècles, traversant ainsi plus de quarante
cerveaux chacun animé de ses préoccupations propres.
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On
a vu l’âge de Jean des Temps beaucoup varier selon les auteurs:
61 ans, 161 ans, 250 ans, 300 ans, 341 ans, 360 ans, 361 ans, 369 ans,
372 ans; à peine autant que la date de sa mort qui oscille entre 1039,
1120, 1138, 1139, 1144, 1146 et 1151: on n’a que l’embarras du choix. On
l’a vu naître en Allemagne, et en France; mener une vie tempérante,
se contenter de peu, manger du miel et s’oindre d’huile, pour éviter
l’évaporation de ses esprits animaux; tuer un calife, passer
d’écuyer à chevalier, voire préfet des écuries
de Charlemagne; devenir tantôt Jean Boute-Dieu, c’est-à-dire
le Juif Errant, et tantôt Jean d’Étampes; être fait
comte de cette bonne ville, épouser la fille du roi Philippe Ier,
à l’âge de 200 ans et davantage; servir à Dieu d’exemple
et de preuve que les Écritures ne mentent pas, et au public de ce
que les évêques anglicans ne savent pas tous leurs tables
de multiplication, ni tous les membres de l’Institut se défier suffisamment de l’érudition allemande; être
la souche d’une noble famille de l’Italie; nourrir enfin l’imagination
des chroniqueurs, des historiens, des généalogistes, des
médecins, des philosophes, des poètes, des collégiens
et des discoureurs de tout poil.
Au bout du compte l’énigme demeure.
Il n’y a pas de vérité, aurait dit Omar Khayyam, mais il
existe des mensonges évidents. Pour ma part je ne peux me
satisfaire d’une réflexion de ce genre. Tous les développements
ultérieurs de la légende semblent bien pouvoir s’expliquer
par des mécanismes relativement simples; mais qu’en est-il de l’origine
ultime de cette légende? Tout semble en effet reposer en définitive
sur le premier rapport d’un chroniqueur antérieur à 1263,
indéfiniment recopié par ses successeurs.
En définitive personne à ce jour n’a
proposé à cette énigme de solution plus élégante
que celle que Paul Émile avait imaginée en 1519. Rappelons-là,
d’autant plus qu’elle n’a pas été correctement rapportée
par ceux qui y ont fait allusion.
Le Jean qui serait mort en 1139 n’aurait
pas été écuyer du Charles surnommé Charlemagne,
mais de Charles de Basse-Lorraine, deuxième fils de Louis d’Outremer,
dernier des carolingiens et rival malheureux d’Hugues Capet de 988 à
991.
On pourrait ainsi corriger 361 en 161, comme
propose de le faire Paul Émile.
Ajoutons-y cette remarque. Le plus ancien témoin
connu de la légende, à savoir Vincent de Beauvais, porte,
non pas 361, mais 341. On pourrait donc théoriquement, dans le
cadre de cette hypothèse, adopter la correction 141. Rappelons
que Jeanne Calmant est morte à 122 ans en 1997.
Mais on
peut même aller plus loin que Paul Émile, et se rapprocher
d’un âge vraisemblable en supposant que nos chroniqueurs n’ont pas
commis une seule confusion, mais bien deux simultanément. Selon
toute apparence, ils n’ont pas confondu seulement deux Charles, mais encore
deux Conrad. |
Charles de Basse-Lorraine captif d’Hugues
Capet en 991 (manuscrit d’une traduction française du De Casibus
de Boccace, XVe siècle, BNF ms fr.232)
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En effet
plusieurs témoins anciens datent la mort de Jean des Temps du règne de l’empereur
Conrad. Or l’on observe bien des traces de confusion entre le règne de Conrad III (1138-1152) et celui de Conrad
II, roi de Germanie (1024-1039) puis empereur (1027-1039). Nos chroniqueurs confondent d’ailleurs fréquemment des
papes ou empereurs homonymes, dont le numéro n’est pas toujours donné
avec exactitude, notamment concernant les pape Luce II et Luce III, comme
on l’a vu dans nos extraits, mais aussi et surtout les empereurs Conrad
II et III.
Il est manifeste par exemple que Martin d’Oppavia et Juan Gil de Zamora confondent allègrement
les règnes de Conrad II et de Conrad III.
Bien plus la chronique de Martin d’Oppavia, pratiquement contemporaine
de celle de Vincent de Beauvais, c’est-à-dire de notre plus ancien
témoin de la légende, date la mort de Jean des Temps non
pas de 1139 mais de l’année 1039.
L’éditeur fait justement remarquer que d’après
le contexte il semble falloir corriger ce texte et lire 1139. Mais faut-il
réellement le corriger? N’est-il pas plus naturel de considérer
que l’erreur de Martin d’Oppavia n’est pas d’avoir porté la mort
de Jean des Temps en 1039, mais de l’avoir décalée sous
le règne de Conrad III, tout en conservant maladroitement la date
exacte? On observe bien un déplacement de ce genre dans la chronique
plus tardive de Philippe de Bergame, qui place la mort de Jean aux alentours
de 1144, parce qu’il a maladroitement intercalé de nouveaux éléments
entre le règne de Conrad III et la mention de la mort de Jean des
Temps.
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Conrad II (mort en 1039), au milieu
(enluminure du XIVe siècle)
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Si
l’on veut bien de plus se rappeler que Charles de Basse-Lorraine fut
proclamé roi de France en 988, un an après Hugues Capet,
et qu’il ne fut neutralisé par ce dernier que trois ans plus tard,
on calculera vite que, de la fin du règne éphémère
de ce Charles à 1039, il ne s’était écoulé
que 48 ans. D’ailleurs Charles de Basse-Lorraine lui-même, né
vers 953, n’est peut-être mort que vers 1001**.
Ainsi, un
chroniqueur local du XIe siècle a très bien pu noter en
1039 la mort d’un noble de sa région appelé Jean, qui
aurait été dans sa jeunesse écuyer du roi Charles,
dernier descendant de Charles le Grand, moins de deux générations
avant cela.
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** Alors qu’on croyait Charles
de Basse-Lorraine mort en prison à Orléans peu après 891, la découverte en
1666 de sa sépulture dans la basilique Saint-Servais à
Maëstricht, qui mentionne une inhumation datée seulement
de 1001, a conduit légitimement certains auteurs à se demander
si ce n’était pas là la date réelle de sa mort, après
une éventuelle libération. Il était né en
953, ce qui ne le ferait mourir qu’à 48 ans.
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A cette
date de 1039, la légitimité de la royauté capétienne
n’était pas tellement assise dans les esprits qu’elle puisse
faire totalement oublier, comme ce sera le cas dans la suite, le règne
malheureux du dernier des carolingiens.
En Flandre, précisément,
régne alors une dynastie comtale plus ancienne que celle des capétiens,
puisque fondée vers 866 par Baudouin Ier Bras de Fer et son épouse
carolingienne Judith, fille de Charles le Chauve.
En 1039 sévit en Flandre son descendant Baudouin
V (1036-1067), à qui le fils d’Hugues Capet, Robert II le Pieux
a donné sa fille Alix, sœur d’Henri Ier (1031-1060).
Sous le règne du dit Henri Ier, qui n’est
que le troisième représentant de sa dynastie, le pouvoir
capétien paraît bien fragile. De son côté Baudouin
est si puissant qu’il exercera la régence sur toute la France pendant
la minorité de son neveu Philippe Ier.
Un chroniqueur
local, et par exemple flamand, aurait parfaitement pu, en signalant la mort
de ce Jean à un âge relativement avancé, en faire l’un
des derniers témoins de l’ancien régime qui est encore alors
dans toutes les mémoires. La toute jeune dynastie capétienne
est encore mal assurée, et son autorité ne repose que sur
l’élection d’Hugues Capet par ses pairs. On se souvient encore très
bien que ce Capet avait un rival plus légitime: et certains de ceux
qui l’ont servi vivent encore, ou sont morts il y a peu, comme notre mystérieux
Jean.
Si par exemple
notre Jean des Temps était mort en 1039 à l’âge canonique de 80 ans, que les Écritures
considèrent comme exceptionnel, il aurait eu de 29 à 32 ans
sous le règne éphémère et contesté
du dernier des Charles, c’est-à-dire entre 988 et 991.
Voici donc la solution
que nous proposons: la première chronique, aujourd’hui perdue,
qui fit mention de la mort de notre Jean rapportait simplement qu’il était
mort très âgé sous l’empereur Conrad (Conrad II, mort
en 1039), ayant été dans sa jeunesse écuyer du roi
Charles (celui que nous appelons de Basse-Lorraine, et qui n’avait été neutralisé
par Hugues Capet qu’en 991).
Le chroniqueur suivant aura compris qu’il s’agissait de
Charlemagne, et un autre encore précisa erronément qu’il était mort sous Conrad III, ce qui fit corriger 1039
en 1139.
Puis on s’est permis de calculer l’âge du mort
d’après ces données. Selon Vincent
de Beauvais par exemple Jean est mort en 1139 âgé de 341
ans; cela signifie qu’il était né en 798 et qu’il n’avait
que 16 ans à la mort de Charlemagne, en 814: et voilà pourquoi
il n’était pas encore chevalier! Car on ne doutait au XIIIe siècle
que toutes les institutions de la chevalerie remontaient à ce monarque,
sinon même à la plus haute Antiquité, et qu’on avait toujours été écuyer
avant que d’être chevalier.
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