|
|
|
peintres de l’Académie Royale au XVIIIe siècle,
et leurs attaches avec Étampes.
|
| Avec les requêtes et
réponses de différents érudits dans l’Intermédiaire
des chercheurs et des curieux, et une esquisse de bibliographie, par Bernard Gineste. |
|
|
|
|
| Forqueray fils |
Louis XVII |
M. Perrier |
Louis-Stanislas de Provence |
| Nous avons trouvé
aux Archives Municipales d’Étampes une petite notice de Charles Forteau
publiée à Étampes à une date non précisée
mais certainement postérieure à 1902, qui n’a pas fait l’objet
d’un dépôt à la BNF et semble assez rare. Elle est consacrée
à deux peintres du XVIIIe siècle qui avaient des liens avec
le pays étampois, où plusieurs de leurs œuvres sont conservées,
les Frédou, père et fils, Jean-Martial et Jean-Victor. Comme il se trouve que les pastels que conserve le Musée d’Étampes viennent d’être restaurés et vont être prochainement présentés au public, nous avons pensé qu’il serait peut-être à propos de mettre en ligne le texte de cette notice, suivie d’une bibliographie sommaire. B.G, octobre 2003
|
|
Charles FORTEAU
— SOUVENIRS DU VIEIL ÉTAMPES — AU MUSÉE MUNICIPAL — LES FRÉDOU Peintres de l’Académie Royale au XVIIIe Siècle Et leurs attaches avec ÉTAMPES. |
|
SOUVENIRS DU VIEIL ÉTAMPES — AU MUSÉE MUNICIPAL — LES FRÉDOU Peintres de l’Académie Royale au XVIIIe Siècle Et leurs attaches avec ÉTAMPES. — Madame la
vicomtesse Amédée de Viart, née de Crisenoy, morte à
Paris, le 6 septembre 1903, a légué au Musée d’Étampes,
entre autres souvenirs de sa famille, des bustes exécutés par
Elias Robert, un grand pastel de ses enfants, une peinture représentant
Mme Charles de Viart, née Angot des Rotours, et le portrait au crayon
de Claude-Charlotte de Viart, épouse de M.
[p.2] Regnault de Barres, bailli et gouverneur d’Étampes
au XVIIIe siècle, avec ceux au pastel de Mmes Madeleine de Viart,
femme du général de Romanet, et de Lort, née Charlotte
de Viart.
Ces trois dernières œuvres, d’une excellente facture, sont signées «Frédou 1788». Rappelons que Mme de Barres et ses neveu et nièce, Charles et Charlotte de Viart, sont les fondateurs de l’institution de la Rosière à Étampes. Nous avons vu dans l’église de Boissy-la-Rivière, et nous en faisons mention dans nos Registres paroissiaux du canton de Méréville, deux tableaux qui ornent la chapelle de la Vierge, représentant les évêques St Eloi et St Hilaire. Ces toiles qui ont quelque valeur, portent également la signature Frédou, mais la date, bien antérieure, est celle de 1733. Il y eut deux peintres de ce nom, le père et le fils. Le premier, Jean-Martial, est né en 1710, de N. Frédou de Montpont, et de Catherine Chandelier, mariés à Fontenay-Saint-Pierre, près Mantes, en 1697. Nous devons ces détails de famille, et d’autres, qui suivent, à l’obligeance de M. Eudes, descendant direct de Jean-Victor Frédou. Les Chandelier sont mentionnés dans les registres paroissiaux d’Etampes, où ils occupèrent diverses fonctions de 1566 à 1627. Cette dernière date doit indiquer l’époque à laquelle ils quittèrent Etampes pour Fontenay-Saint-Pierre. Une des nombreuses pierres tombales conservées [p.3] dans l’église de Saint-Gilles rappelle le souvenir de cette famille: Cy gisent et reposent Les Corps de honorable fême MARIE MAHON, Elle vivant Femme d’honorable homme ROBERT CHANDELIER, marchant bourgeois d’Estampes, laquelle decedda le 23e jor d’iung 1586. Aussi CHRISTOFLE CHANDELIER leur filz, qui decedda le 18e jor d’Apvril 1587. Et CATHERINE CHANDELIER leur fille, qui decedda le 4e jor de iung 1587. lesquelz ont donné d’leurs biens à l’église d’céans pour estre mis aux prières d’icelle. Priez Dieu pour leurs Ames. Jean-Martial,
élève peintre de l’Académie royale, fut, le 28 septembre
1728, parrain à Saint-Cyr-la-Rivière, d’un enfant de Cantien
Mainfroy. A cet âge de 18 ans, il ne devait fréquenter dans
notre contrée que des parents ou des amis de ses parents, de sa mère
peut-être, ce qui semblerait indiquer un lien entre les Chandeliers
de Fontenay et ceux d’Etampes.
Les date des deux tableaux de Boissy-la-Rivière (1733), prouve que, s’il n’habitait pas ce village, ce qui n’est guère probable, il continuait à venir dans notre pays. Il épousa, en 1735, Mlle Adélaïde Séguier de Liancourt, fille de François Séguier de Liancourt, capitaine de frégate, chevalier, chevalier de Saint-Louis, et de Louise-Marie-Anne de Saint-Pol. François Séguier était le [p.4] descendant direct d’Etienne Séguier, seigneur d’Estang-la-Ville, qui vivait en 1440 et du célèbre magistrat Pierre Séguier, mort en 1580, dont le frère, Martin Séguier, fut convoqué, dans l’Etat de l’Eglise, à la rédaction des Coutumes du bailliage d’Etampes, en 1556, au titre de prieur du Prieuré de Saint-Pierre de cette ville. Louise-Marie-Anne de Saint-Pol, fille de Pierre, dont le mariage avec François Séguier eut lieu en 1708, se rattache encore davantage à notre histoire locale. Elle appartenait à cette noble famille alliée aux Vigny, aux Poilloue, aux Veillard du chesnay, aux Fleurigny, aux La Tranchée, aux Prunelé, aux Des Mazis, etc…, c’est-à-dire aux meilleurs maisons de l’Etampois. Les de Saint-Pol possédèrent les seigneuries de Lesmondant, de La Briche, de Reuilly, de La Haye, de Guillerville, etc… Elle a fourni des commandeurs et des chevaliers de Malte, des officiers de terre et de mer parmi lesquels Marc-Antoine de Saint-Pol, seigneur de Hécourt, commandant de l’escadre des vaisseaux du Roi, tué à l’ennemi et inhumé à Dunkerque, en 1705. On voit dans l’église de Saint-Sulspice-de-Favières plusieurs tombes des Saint-Pol. Mes frère de Mme Séguier, prénommé Pierre comme son père, eut une fille, Anne-Charlotte de Saint-Pol, qui épousa, en 1720, François Duris, conseiller du Roi, lieutenant des maréchaux de France à Etampes (1694-1754). Leur fils, Charles-François Duris de Châtignonville, maréchal des camps et armées du Roi, né [p.5] le 12 novembre 1743, mourut en la ferme de Guinette, sa propriété, le 24 septembre 1825. Comme on le voit, les Frédou avaient une nombreuse parenté dans le pays d’Etampes. On s’explique donc parfaitement les séjours parfois prolongés qu’ils y firent. Jean-Martial Frédou est mort à un âge avancé, en 1795. De 1757 à 1778, il fut très fréquemment employé par la direction des Bâtiments; M. Fernand Enguérand dit que c’était principalement un copiste. Cet auteur a publié dans la Chronique des Arts, il y a quelques années, un travail sur les commandes officielles de tableaux au XVIIIe siècle; il annonce la liste complète des ouvrages que Frédou fit pour le Roi, et qu’il en fera connaître une vingtaine, accompagnés, pour la plupart, des mémoires que le peintre avait envoyés aux Bâtiments à leur sujet. Nous engageons les lecteurs que cela peut intéresser, à se reporter à ce recueil. Jean-Martial avait eu de son mariage avec Mlle de Liancourt, Jean-Victor, né en 1735, que nous voyons de 1741 à 1745, à Fontaine-la-Rivière, soit que son père l’eût envoyé, pour s’instruire, au curé de cette paroisse voisine de celle de Saint-Cyr, soit qu’il l’eût mis en pension dans la famille de son filleul Mainfroy. Malgré son jeune âge, il signe un grand nombre d’actes des registres paroissiaux, ce qui porterait à croire que c’était plutôt au presbytère qu’il résidait. Peintre de l’académie royale comme son père, il demeurait à Paris, rue du Four, paroisse de Saint-Sulpice, en 1762, au moment de son mariage avec [p.6] Marie-Françoise de Ferrières, qui eut lieu le 11 février de cette année. Ils eurent plusieurs enfants dont une fille, Anne-Antoinette, qui mourut, en 1765, à Bois-Herpin, où elle était en nourrice, ce qui prouve que les Frédou visitaient encore notre contrée. Ces artistes, peu connus, semblent avoir produit un certain nombre d’œuvres. Nous lisons dans l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux, sous la signature de M. E. Gandouin, à la date du 30 novembre 1895: «Un fort joli tableau de femme peint par cet artiste (?), a été vendu à l’Hôtel des Ventes, il y a environ dix années. Ce tableau était très frais et d’une exécution soignée. Il fut vendu 1.600 francs.» De plus on lit le 16 janvier suivant: «Je connais quatre charmants portraits de Frédou; deux très petits représentant le Dauphin, fils de Louis XV, et son fils cadet, le comte d’Artois. «Deux autres portraits grandeur naturelle, se faisant pendant, nous donnent les traits et la taille jusqu’à mi-corps de Louis XVI enfant et de son frère aîné le duc de Bourgogne. Les portraits de ce prince mort à l’âge de dix ans, sont fort rares; celui-ci, comme les trois autres dont je viens de parler, ont été donnés par le Dauphin, fils de Louis XV, au marquis de Sinéty, maréchal de camp et sous-gouverneur des Enfants de France. Le marquis de Sinéty actuel, son arrière-petit-fils, les possède. «J’ai vu encore un autre portrait de Frédou dans [p.7] une exposition, il y a quelques années; il représentait un jeune enfant, dont j’ai oublié le nom, avec un chapeau à trois cornes. «Signé: Un Amateur.» On ne peut présumer que par les dates d’existence des personnages, de qui — du père ou du fils — étaient les tableaux que nous venons de citer. Ch. FORTEAU.
Étampes. — Imp. Lecesne. |
| Source: édition
originale, exemplaire des Archives Municipales, saisi par Bernard Gineste,
octobre 2003. |
|
|
|
|
| Forqueray fils |
Louis XVII |
M. Perrier |
Louis-Stanislas de Provence |
|
ESQUISSE BIBLIOGRAPHIQUE
Jean Victor FRÉDOU DE LA BRETONNIÈRE, Observations raisonnées sur l’art de la peinture appliquées, sur les tableaux de la Gallerie électorale de Dusseldorff [110 p.], Dusseldorff, 1776. ANONYME [S. M.], Fernand ENGUERAND, ANONYME [E. M.] & E. GANDOUIN, «Frédou (peintre)», in L’Intermédiaire des Chercheurs et des curieux. Correspondance littéraire, historique et artistique 32 [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, mise en ligne sur son site Gallica, N061470, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n061470.htm, en ligne en 2003], n°700 (30 août 1895), cc. 193; n°704 (10 octobre 1895), c. 375 & n°709(10 octobre 1895), c. 569.
ANONYME [Un amateur], «Frédou (peintre)», in L’Intermédiaire des Chercheurs et des curieux. Correspondance littéraire, historique et artistique 33 [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, mise en ligne sur son site Gallica, N061471, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n061471.htm, en ligne en 2003], n°714 (15 janvier 1896), c. 43.
Charles FORTEAU, «Frédou (peintre)», in L’Intermédiaire des Chercheurs et des curieux. Correspondance littéraire, historique et artistique 34 [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, mise en ligne sur son site Gallica, N061472, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n061472.htm, en ligne en 2003], n°735 (20 août 1896), c. 207.
Charles FORTEAU, «Frédou (peintre)», in L’Intermédiaire des Chercheurs et des curieux. Correspondance littéraire, historique et artistique 38 [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, mise en ligne sur son site Gallica, N061472, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n061472.htm, en ligne en 2003], n°817 (30 novembre 1898), c. 773.
??, «Frédou (peintre)», in L’Intermédiaire des Chercheurs et des curieux. Correspondance littéraire, historique et artistique 41 [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, mise en ligne sur son site Gallica, N073399, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O= n073399.htm, en ligne en 2003, sauf maheureusement le n° 874 qui nous intéresse!], n°874 (vers le 10 mars 1900), c. 441.
Charles FORTEAU, Les registres paroissiaux du canton de Méréville: Pussay [2 vol. (?) in-8°; 35 p.; pp. 38-83 (données confuses selon les notices divergentes); extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais (1899-1902), pp. 38-83 & ??], Fontainebleau, M. Bourges, 1902 [ le tout réédité en fac-similé par BILLARD 1988-1989]. Charles FORTEAU, Les Frédou, peintres de l’Académie Royale au XVIIIe siècle et leurs attaches avec Étampes [7 p.], Étampes, Lecesne, après 1902 [dont une saisie numérique en mode texte par le Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cae-18-fredou-charlesforteau.html, 2003. Émile HOUTH, «Un peintre vexinois, Jean-Martial Frédou», in Mémoires de la Société Historique de Pontoise 39 (1929), pp. ?-?. Charles FORTEAU [mort en 1912], «Les Registres paroissiaux du canton de Méréville: Pussay», in Michel BILLARD [éd., né en 1952], Pussay à travers les âges. Études historiques de Charles Forteau et Michel Billard [21 cm; 126 p; illustrations; réunit la reproduction en fac-similé de «Les Registres paroissiaux du canton de Méréville: Pussay», par C. Forteau, extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais (1899-1902), et «L’Église de Pussay, miroir de la vie quotidienne du village au fil des âges», par M. Billard;.bibliographie p. 114], Paris, ARCAM, 1988. Charles FORTEAU [mort en 1912], «Les Registres paroissiaux de Boissy-la-Rivière», in Michel BILLARD [éd., né en 1952], Boissy-la-Rivière à travers les âges. Textes de Charles Forteau et Michel Billard [21 cm; 109 p.; illustrations; réunit «Les Registres paroissiaux de Boissy-la-Rivière», par C. Forteau, et «Boissy-la-Rivière au XXe siècle, Marc Sangnier et la première auberge de jeunesse de France» ainsi que «Passé et présent, un blason pour Boissy-la-Rivière», par M. Billard ; contient un choix de documents],Paris, ARCAM, 1989. CERCLE D’ÉTUDE HISTORIQUE DE LA QUESTION LOUIS XVII, «Réserve 3 (Fonds Desjeux)» [légendes des images], in ID., Aux amis de Louis XVII, http://www.museelouisxvii.com/res3legendes.htm, en ligne en 2003.
FEDERATION OF VIOLA DA GAMBA SOCIETY, «Jean-Martial Frédou (collection privée): J.-B. Forqueray», http://ibelgique.ifrance.com/violadagamba/Html/Viole/Paintings/France/forqfils.gif, en ligne en 2003. G. C. (?), «L’enfant chéri au siècle des Lumières. La peinture après l’Émile» [compte-rendu d’une exposition: L’enfant chéri au siècle des Lumières. 15 mars - 15 juin. Musée-promenade, « La Grille royale », Parc de Marly, 78430 Louveciennes], in CNDP, Expositions. Sélection du mois, Avril 2003, http://www.cndp.fr/lesScripts/bandeau/bandeau.asp?bas=http://www.cndp.fr/actualites/eleve/expo/E20030402.htm, en ligne en 2003.
UNIVERSITÉ DE LIÈGE, «Jean-Charles
FRANÇOIS (Nancy, 1717 - Paris, 1769)», in ID., Collections
artistiques. Florilège, http://www.ulg.ac.be/wittert/fr/dico/fr/francois_jc_notice.html,
en ligne en 2003.[Cette page contient la reproduction d’un «Portrait de François Quesnay (1767), par Jean-Charles François, d’après Jean-Martial Fredou» qui tend à prouver que ce peintre avait bien épousé une fille de Jean-Martial Frédou, sœur de Jean-Victor.] GALERIE CHARVET ET MOURADIAN [Dessins et tableaux], «Jean-Martial Frédou: Portrait de Mr. Perrier, Fermier Général», http://www.charvet-mouradian.com/Exposes/Fredou.htm, en ligne en 2003.
MINISTÈRE DE LA CULTURE, « » [7 notices en ligne sur des œuvres de Jean-Martial Frédou], in Base Joconde, http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr, en ligne en 2003.
B.G., octobre 2003
|
|
|
|
|
| Forqueray fils |
Louis XVII |
M. Perrier |
Louis-Stanislas de Provence |
|
|