JEAN
GOUJON
ET LA
MAISON DE DIANE DE POITIERS
A ÉTAMPES
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QUEL est, dans
cette incomparable pléiade d’artistes français du XVIe siècle,
l’architecte ou le sculpteur dont nous connaissions bien complètement
la biographie?
En est-il un seul dont l’existence et les travaux
puissent être fixés avec certitude? Si gros que soit le volume
de documents inédits et de textes publiés par nos érudits
modernes sur l’art de la Renaissance, on aimerait à connaître
mieux, pour les apprécier davantage, les Du Cerceau, les Chambiges,
les Bullant, les Biard, les Lemercier, les Philibert de l’Orme, les Lescot,
les Du Tremblay, les Goujon.
Il est vrai que les travaux de MM. de Laborde,
de Montaiglon, Guiffrey, Palustre, Jai, Bonnaffé et autres ont déjà
éclairci bien des mystères et soulevé bien des voiles;
il est également vrai que ce que nous connaissons de ces artistes est
universellement admiré, comparé, gravé; et leurs noms
ont un tel prestige que l’on voudrait partout découvrir un fragment,
signaler un morceau ignoré qui [p.6]
portât incontestablement la marque de leur
brillant génie. N’a-t-on pas attribué à Jean Cousin toutes
les plus insignifiantes verrières du XVIe siècle conservées
encore dans les environs de Sens? N’a-t-on pas voulu voir partout la main
si gracieuse et si élevée de Germain Pilon? Le champ des hypothèses
est vaste, mais aussi le domaine de la vérité s’est récemment
agrandi dans de larges proportions, grâce aux révélations
des documents d’archives toujours fertiles en imprévu.
Il y a un demi-siècle,
que connaissait-on de la vie de Jean Goujon? Rien ou à peu près.
Aujourd’hui, par le groupement de certains faits et le rapprochement de certaines
dates, on arrive à fixer quelques points importants de sa biographie.
On sait qu’il a travaillé à Rouen (église Saint-Maclou
et cathédrale) en 1541 et 1542, à Paris (église Saint-Germain
l’Auxerrois) l’année suivante, qu’il fut chargé (1544-1547)
de travaux considérables au château d’Ecouen, pour le connétable
de Montmorency, et que presque toute la partie artistique du château
d’Anet, pour Diane de Poitiers (1547-1550), fut l’œuvre de son immortel ciseau.
Vers la même époque il produit les délicieuses sculptures
de la fontaine des Innocents, à Paris; puis de 1555 1562 il est occupé
à la décoration du Louvre, «dernière étape
du maître»; enfin, à une époque encore non déterminée
il travaille à l’hôtel Carnavalet et à l’ancien hôtel
de ville de Paris. Ces renseignements sont tirés des auteurs contemporains
ou des Comptes des Bâtiments royaux qui sont parvenus jusqu’à
nous. Et cette énumération suffit à montrer que Jean
Goujon, qualifié de sculpteur [p.7] et
d’architecte, comme la plupart des grands artistes de son temps, se multiplia
dans ces deux genres de travaux.
Mais ce que l’on ne sait pas, c’est son état
civil, l’époque et le lieu de sa naissance, la preuve de son mariage,
l’époque de sa mort: il appartenait à la religion protestante,
et si depuis quelques années seulement on ne le compte plus au nombre
des innocentes victimes de la Saint-Barthélemy (1) c’est grâce
à M. A. de Montaiglon: dans deux remarquables articles qu’il faut lire
(2), il a prouvé, pièces en mains, que l’artiste vivait encore
en Italie après 1572. Il dut s’expatrier sans doute à cause
de sa religion pour échapper aux haines de ses compatriotes, et abriter
son génie sous un ciel plus hospitalier.
Dans l’état actuel de la question, Jean
Goujon nous échappe complètement pendant une période
de quatre ou cinq années, de 1551 à 1555.
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(1)
Ce qui n’empêche pas l’erreur de se propager malgré tout. Cf.
l’Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, XXII (1889), p. 505.
(2) Dans la Gazette des Beaux-Arts, XXX (1884),
pp. 377-394, et XXXI (1885), pp. 5-21. — Par un malencontreux hasard, provenant
d’un changement d’imprimeur pour cette revue au 31 décembre 1884, ces
articles n’ont pu être réunis et tirés à part.
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L’attention vient d’être
attirée récemment, à Etampes, sur une maison historique
dite Maison de Diane de Poitiers. Depuis de longues années, le conseil
municipal de cette ville avait le projet d’en faire l’acquisition pour y placer
le Musée, mais les prétentions exagérées du propriétaire
avaient retardé [p.8] la
conclusion de l’affaire. Les négociations reprises en 1887 ont enfin
amené la vente de cette maison à l’administration de la Caisse
d’épargne qui, très intelligemment et très promptement,
vient de s’y installer en rétrocédant une portion des bâtiments
à la ville pour y établir le Musée municipal (3). [p.9] L’appropriation a été habilement conduite par MM.
Letavernier et Anjubault, architectes; et les nombreux travaux de sculpture
très délicate qu’il y avait à faire sont l’œuvre de
M. Sandrier. Il ne nous suffit pas de dire que les restaurateurs ne sont
point demeurés au-dessous de leur tâche; nous prendrons la
liberté de donner quelques détails sur la maison elle-même,
qui, dans son état primitif aussi bien que dans l’état actuel,
mérite d’attirer l’attention.
La partie formant façade
sur la rue, vis-à-vis le bas-côté droit de l’église
Saint-Basile, est ajourée d’une grand’porte cintrée à
fronton rectangulaire ou attique, supporté par deux piliers terminés
par des chapiteaux corinthiens et par des fenêtres ornées de
fines sculptures, de cartouches et de motifs décoratifs du plus simple
et du plus gracieux effet.
A l’intérieur, on voit çà
et là les armoiries de France accompagnées de la couronne royale
ou les armes de Diane surmontées du croissant. Les lettres D et H entrelacées
se lisent au milieu des caissons des chapiteaux. Sous la voûte d’entrée
on a restauré deux portes aujourd’hui condamnées, se faisant
face; ces deux portes caractéristiques, aux entrelacs élégants
et aux retombées gracieuses, portent chacune au sommet un écusson
mutilé: sur le premier se voient les armoiries de France; sur le second
l’emblème [p.10]
de la belle duchesse. L’une
des fenêtres prenant jour sur la cour intérieure est en outre
sur montée d’un cartouche portant la date de 1554, très authentique
et très visible (4).
La plus jolie partie de l’hôtel est sans
contredit le corps de bâtiment en aile dans la cour, qui regarde le
levant. Ajourée de quatre fenêtres, deux en plein cintre, deux
en forme de lucarnes, cette façade est restée longtemps inconnue
à Etampes, malgré son très vif intérêt.
La porte cintrée, flanquée de deux
[p.11] colonnes corinthiennes cannelées, que l’on voit
à droite, est d’une pureté de lignes s’adaptant fort bien avec
le charmant bas-relief qui la domine, et qui représente la descente
de l’Esprit saint sur les apôtres (5).
Je ne veux pas prétendre cependant que
tout y soit sans défauts, et je ne saurais donner autant d’attention
aux sculptures des lucarnes, qui trahissent une main plus lourde et un ciseau
moins expérimenté (6). Ces lucarnes sont conçues toutes
deux dans le même style général, avec des différences
dans les détails: dans l’une, deux génies supportent des guirlandes
de fruits nouées au centre par une tète de lion, la gueule traversée
d’un anneau; dans l’autre, la même tête de lion relie les mêmes
guirlandes, mais les deux supports sont deux personnages antiques appuyés
sur un bouclier. Deux sphinx assez bizarres et d’attitude dissemblable en
forment la base d’appui.
Le bâtiment du
fond de la cour, parallèle à la
[p.12] façade sur la rue, a été sensiblement
remanié pour sa nouvelle destination: c’est là qu’est placée
l’entrée du Musée. S’il n’a pas entièrement perdu son
cachet primitif, il a subi des défigurations successives qui en ont
modifié l’aspect.
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(3)
Sur les différents propriétaires de cette maison depuis 1753
jusqu’à présent, voir une intéressante chronique de l’Avenir
de Seine-et-Oise, journal d’Étampes, dans son n° du 19 janvier
1889. Les actes consultés ne permettent pas de remonter plus haut,
mais nul doute que des recherches bien conduites dans les minutiers des notaires
d’Étampes ne permettent de retrouver les transmissions successives
de cette propriété à une époque antérieure.
(4) Il est bon de rappeler que l’année
précédente Diane avait été honorée du
titre de duchesse d’Etampes. Cette date nous permet d’inférer avec
[p.11] assez de vraisemblance que la maison de Diane de Poitiers a bien l’origine
qu’on lui suppose, contrairement à d’autres qui, comme celle d’Orléans
et celle de Poitiers par exemple, ont usurpé ce titre, leur construction
étant beaucoup plus moderne.
(5) On a pensé que ce pouvait être
là l’entrée d’un petit oratoire; rien ne paraît s’y opposer.
D’aucuns (cf. l’Avenir de Seine-et-Oise, n° du 8 septembre 1888) ont pensé
que cette délicate sculpture était une allusion à la
fondation de l’ordre du Saint-Esprit; cette supposition est inadmissible,
l’ordre du Saint-Esprit ayant été créé le 31
décembre 1578, tandis que, comme l’inscription en fait foi, la construction
de cette maison remonte à l’année 1554.
(6) La lucarne du haut qui est reproduite dans
notre gravure est moderne, mais elle a été pour ainsi dire calquée
sur l’ancienne, qu’on a placée à titre de curiosité dans
une des salles du musée, et que le temps avait trop dégradée
pour qu’il fût possible de la rétablir fidèlement dans
son primitif état. |
Tel est ce petit ensemble de constructions qui
constituaient, au milieu du XVIe siècle, l’apanage de la belle Diane
à Etampes, où elle ne parut peut-être jamais, et dont
le souvenir s’y trouve évoqué de toutes parts. Qui donc fut
chargé d’élever cette modeste mais gracieuse demeure? Et pourquoi
ne pas y voir une nouvelle œuvre de l’illustre Jean Goujon?
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J’entends déjà celui-ci se récrier, cet autre rester
incrédule et demander des preuves de cette attribution, plus difficile
à expliquer qu’à énoncer. Sans avoir la prétention
de convaincre, je puis au moins publier un document inédit qui, dans
l’espèce, pourra singulièrement augmenter en ma faveur la possibilité
d’une entente avec mes contradicteurs.
C’est précisément pendant les années
où nulle trace ne nous permettait de suivre les différentes
péripéties de sa vie et la variété de ses travaux,
que nous avons retrouvé (7) Jean Goujon ayant avec la justice des
démêlés dont les détails ne sont malheureusement
pas parvenus jusqu’à nous.
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(7)
M. J. Guiffrey connaissait ce texte d depuis longtemps lorsque le hasard me
l’a mis entre les mains; il a bien voulu m’autoriser néanmoins, avec
sa parfaite amabilité, à en faire usage ici.
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Cet éminent artiste ne serait-il pas venu, vers la [p.13] fin de 1553, à Étampes,
pour construire et orner l’hôtel, qu’il aurait terminé en 1554,
et n’aurait-il point passé ensuite de longs mois dans d’humides cachots
jusque vers la fin de l’année 1555? Ce n’est là qu’une hypothèse,
mais on va voir comme elle se justifie pleinement.
Du vingt-septiesme jour de septembre l’an 1555,
en la Tournelle criminelle du Conseil, où estoient Messieurs.
Veue par la Court la requeste à elle présentée
par JEHAN GOUJON, sculteur du Roy au Louvre, prisonnier, appelant en ladite
Court de l’emprisonnement faict de sa personne par ordonnance du bailli d’Etampes
ou son lieutenant, par laquelle requeste et pour les causes y contenues il
requéroit estre élargy par tout à tout le moins, en faisant
les submissions en tel cas requises et accoustumées; oy sur ce le
procureur général du Roy, lequel, après avoir veu ce
qui auroit esté faict à l’encontre dudict Goujon, n’auroit voullu
empescher icelluy Goujon estre eslargy; et, tout considéré,
la Court a ordonné et ordonne ledict Jehan Goujon estre élargy
et l’élargist par ceste ville et faulxbourgs de Paris seullement jusques
au dict jour que sur ladicte cause d’appel sera plaidoyé en icelle
Court, en faisant par lui les submissions en tel cas requises et accoustumées,
élisant domicille en ceste dicte ville de Paris et baillant caution,
ledict procureur général du Roy présent ou appellé,
de se représenter et rendre en l’estat qu’il est audict jour, sur
peine de perdicion de cause et d’estre attaint et convaincu des cas à
luy imposéz, et à la charge de faire dedans troys jours signifier
ce présent arrest aux parties adverses, si aucunes y a, ou à
leur procureur, sur peine d’estre privé et déboutté de
l’effect et contenu d’iceluy.
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SÉGUIER.
DU DRAC (8).
[p.14]
Ce qui veut dire en bon français que Jean
Goujon, sculpteur du Roi, se trouvant à Etampes, y fut emprisonné
par le lieutenant du bailli, puis conduit à Paris; après un
certain temps de détention, il demanda à être mis en liberté
provisoire sous caution; ce qui lui fut accordé le 27 septembre 1555.
La présence de Jean Goujon à Etampes est donc affirmée
par un document indiscutable et quasi-officiel peu de mois avant 1555. Cela
ne concorde-t-il pas parfaitement avec la date de 1554, inscrite au-dessus
de l’une des fenêtres de la cour intérieure, dans la maison
de Diane de Poitiers à Etampes? Et, de bonne foi, que serait venu
faire Jean Goujon à Etampes, si ce n’était pour y exercer son
art?
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(8) Archives
nationales, Parlement criminel, X2a 117. — L’issue de l’affaire ne nous est
pas révélée, mais il est probable qu’elle ne fut pas
au désavantage de l’artiste, puisque le Roi presque aussitôt
lui confia d’importants travaux au Louvre.
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L’hypothèse se confirmera encore davantage si l’on songe que l’artiste
fut chargé maintes fois par le Roi de France ou par de grands seigneurs
d’orner des hôtels et des maisons princières; elle se confirmera
d’autant plus que, si l’on veut bien s’en souvenir, le château d’Anet
fut construit et embelli sous le règne de Henri, II, pour Diane de
Poitiers, tout comme l’hôtel d’Etampes dont nous parlons (9). Et n’était-ce
pas une des plus admirables choses d’Anet que cette «Diane chasseresse»
de Jean Goujon, appuyée sur son cerf et accompagnée de ses deux
chiens Procion et Sirius (10) dont aujourd’hui s’enorgueillit le musée
du Louvre? [p.15] [p.16] Le Roi
ne pouvait mieux réaliser les vœux de sa maîtresse qu’en confiant
au plus grand artiste de son temps le soin de lui préparer des demeures
dignes d’elle.
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(9) On lisait à Anet, dans l’inscription
de la porte, la date de 1552; la cloche de l’horloge portait la date de 1554,
et en 1557, Diane y dépensait encore 16278 livres tournois. Cf. Gazette
des Beaux-Arts, tome XVII (1878), p. 292.
(10) Nous pouvons reproduire ci-contre ce beau
morceau de sculpture, d’après le dessin de Maillart, gravé pour
la Gazelle des Beaux-Arts, grâce à une obligeante communication
de l’administration de cette revue.
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Quelle avait été la raison de l’emprisonnement de Jean Goujon
à Etampes? Nous ne le savons et ne le saurons peut-être jamais.
Faut-il en chercher la cause dans quelque «fait» inconnu de la
religion réformée, ou dans quelque imprudence commise par le
sculpteur «huguenot»? C’est possible; bien que Diane de Poitiers
fût loin d’être toujours tendre pour les protestants, il ne semble
cependant pas que son influence se soit exercée d’une façon
quelconque dans la circonstance présente. On aimera sans doute mieux
admettre cette hypothèse qu’y voir le résultat d’une rixe violente,
un défaut de payement ou une poursuite de créanciers, en attendant
que lumière se fasse.
Quoi qu’il en soit d’ailleurs, on voudra bien m’accorder
que de véritables analogies entre des motifs détachés
de sculpture d’Anet, par exemple, et certaines parties de décoration
que nous pouvons admirer à Etampes, donnent encore plus de poids à
ma thèse et peuvent à un certain degré la justifier.
Que si l’on m’objecte la lourdeur de la composition des lucarnes et la disproportion
dans leur exécution, je répondrai que là, comme à
l’hôtel Carnavalet, par exemple, l’infériorité de quelques
figures ne peut empêcher d’admirer la conception de l’ensemble, et que,
si leur dessin semble du maître, l’exécution peut bien être
d’une autre main. Pourquoi ne pas admettre, si l’on veut, que Jean Goujon
fut interrompu [p.17] dans le
cours de ses travaux à Étampes, de par l’autorité judiciaire,
et qu’il dut laisser à d’autres le soin de terminer l’œuvre qu’il
avait conçue et entreprise pour une protectrice passionnée des
arts, avec toute l’excellence de son génie personnel?
Nous voudrions voir tous les musées de province
aussi élégamment installés que l’est désormais
celui d’Etampes; quelque modestes que soient encore ses collections, il nous
plaît de les voir ainsi placées sous la protection du célèbre
sculpteur de la Renaissance, sur l’existence de qui nous avons pu apporter
quel que information nouvelle; ses angoisses et ses tribulations sous les
verrous de la geôle ont augmenté notre admiration pour lui, sans
avoir porté la moindre atteinte à son inimitable talent.
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