CORPUS HISTORIQUE ÉTAMPOIS
 
 
Frédéric Gatineau
Étampes en lieux et places
2003
 
 
Etampes en lieux et places, 2003 (couverture dessinée par Ader)
    Frédéric Gatineau, archiprêtre d’Étampes et secrétaire de notre association, a fait paraître en 2003 un ouvrage qui fait désormais référence en matière de toponymie étampoise. Il en a offert généreusement le texte corrigé au Corpus Étampois, au bénéfice de tous.

    Chacun peut adresser ses remarques, corrections ou additions à l’auteur, Frédéric Gatineau, fregat65@hotmail.co
. Nous espérons que tout le monde sen fera un devoir. En attendant, achetez loriginal avant quil ne soit épuisé, en vente dans toutes les bonnes librairies!
B.G.
 
Préface
Avant-Propos
Avertissement
Sources
 
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Frédéric Gatineau

Étampes en Lieux et Places
Toponymie de la ville et de la commune d’Étampes.



Édition A Travers Champs
Membre de l’Association des Auteurs Autoédités


2003

Préface du maire d’Étampes
 

     Depuis la parution, en 1881, du maître-ouvrage de Léon Marquis, consacré aux «Rues d’Étampes et à ses monuments», aucun travail exhaustif sur la toponymie et la topographie étampoise, n’avait été livré au public par un de nos chers érudits.

     C’est désormais chose faite, grâce au talent du père Frédéric Gatineau, archiprêtre de la collégiale Notre-Dame, et infatigable arpenteur de notre mémoire collective, déjà auteur d’un remarquable et remarqué livret sur les cimetières et monuments funéraires de notre ville.

     Sous sa plume, ressurgissent avec allégresse, des ombres du passé que l’on croyait à tort et à tout jamais vouées à l’oubli. Les ténèbres s’illuminent soudain et l’histoire s’anime, restituant pour notre plus grand plaisir, la mémoire des champs et des chemins, des fermes et des auberges, des lieux-dits et des non-dits.

     Désormais, pour comprendre les mots, pour connaître les noms propres et les noms communs qui ont forgé l’identité d’Étampes, le «Gatineau» sera notre Littré de chevet.


Étampes, c’est une grosse tour entrevue
à droite dans le crépuscule
au-dessus des toits d’une longue rue…

Victor Hugo, lettre du 22 août 1834


A ma mère qui m’a donné le jour dans cette bonne ville d’Étampes.
A mon père qui m’a éveillé à la poésie des mots.
Aux Étampois d’hier et d’aujourd’hui, puisque l’éternité nous relie.


Avant-Propos.

     J’aime Étampes. J’y ai des milliers de souvenirs, des souvenirs forts, ceux de l’enfance. Étampes a le goût du jus de raisin que me donnait ma mère pour me consoler d’avoir trop marché. Étampes, c’est le bruit des pas sur les planches vermoulues de la vieille passerelle au-dessus du chemin de fer. Étampes et ces interminables trajets en car scolaire, quand on  passait dans l’avenue de Dourdan les immeubles me faisaient penser aux tristes poissons panés de la cantine. Étampes de ma jeunesse, c’est la musique, les rifs des guitare électrique dans la Salle des Fêtes. Étampes c’est l’église Saint Gilles, déserte et son odeur de bois et de pierre fraîche. Étampes c’est le vent glacé qui s’engouffre sous la marquise de la Gare au passage des rapides. Étampes c’est aussi les sons assourdis dans l’escalier du nouvel hôpital, l’écho de la porte qui résonna plus sourd encore ce jour-là, quand le médecin m’a annoncé que mon père allait mourir.

     Étampes est une ville assez particulière. C’est un peu la banlieue et un peu la province. Elle brille comme un petit astre redouté pour la région alentour mais elle reste si dépendante du soleil parisien tout proche.

     Quand on venait de mon village, Étampes s’annonçait bruyamment avec les pavés de la route de Pithiviers. Mais que sont devenus ces panneaux émaillés qui signalaient l’entrée dans «Étampes, petite ville d’Art»?
     La sous-préfecture est une belle petite ville. Objectivement nous «avons» un des patrimoines les plus concentrés, les plus variés et les plus riches d’Ile de France. Eglises, belles demeures, tableaux, sculptures…en matière de sites et d’objets classés, Étampes dépasse de loin toutes les autres communes de l’Essonne. Mais Étampes n’est pas un bijou  préservé dans un écrin soyeux. L’urbanisation est disparate, il est difficile de trouver 50 mètres de trottoirs homogènes. Son aspect s’améliore sans doute, mais il reste encore beaucoup de façades lépreuses et de vitrines désespérément fermées. Étampes est belle tout de même. La ville n’a ni la beauté digne des vieilles dames distinguées, ni la beauté insolente de la jeunesse, Étampes jouit de la beauté du temps qui passe.
     Depuis quatre ans je ne suis plus seulement de passage dans la petite ville. Je suis devenu étampois. Étampes n’est plus seulement un réservoir à souvenir, Étampes est devenu mon espace de rencontres.
     Les rues, les places évoquent désormais la vie des gens, ces étampois de toutes sortes que j’essaie de servir et avec qui, je dois bien le reconnaître, je me sens très heureux. Ceux qu’on voit naître et ceux qui se marient, ceux qu’on accompagne, ceux qu’on enterre. Ceux qui semble très heureux et ceux que le malheur ne semble pas quitter. Ceux que je ne ferai que croiser et ceux dont je commence à appréhender le mystère.
     J’aime à Étampes la variété extrême de la population qui y vit. Dans les assemblées du dimanche le paysan qui peut s’enorgueillir de dix générations d’ancêtres étampois y côtoie le congolais qui débarque. Tous les deux vivent à Étampes, pour un mois, un an, ou peut être, une vie. Chacun s’approprie et nomme la ville à sa façon. Car c’est le propre de l’humain que de nommer l’espace où il habite.
     Je me suis toujours intéressé aux noms et particulièrement aux noms de lieux. Quand j’étais petit j’entendais mon père dire qu’il allait labourer à la Côte Rouge, ou au Bois à Lapin et ça me fascinait. J’aime les noms, il nous révèle l’épaisseur du temps.
     Ce petit guide se présente sous la forme d’un dictionnaire. Tout y est mélangé, le temps et l’espace: voies actuelles et noms disparus, les pavillons de Barthélemy Durand et les anciennes auberges, l’impasse moyenâgeuse et le petit lotissement, la ferme, le hameau et la cité HLM, le cinéma et le lieu-dit perdu dans la plaine. Au hasard de l’ordre alphabétique se succèdent des mots de l’ancien français, des noms d’écrivains célèbres ou ceux de bienfaiteurs locaux complètement oubliés. Cet inventaire, parfois saugrenue, vous amusera un peu j’espère. C’est peut être ça, la curieuse poésie de la vie.

Frédéric Gatineau décembre 2002

Avertissement

(2 pages à venir)


Sources


Aux Archives Nationales (AN)

     (AN F 14 8447) Plan Trudaine vers 1750.

     (AN MC) Archives Nationales, Minutier central. Un fichier concernant les actes des communes de l’actuelle Essonne est consultable aux Archives départementales de l’Essonne.

Aux Archives départementales de l’Essonne (ADE)

     Les archives consultables à Chamarande sont particulièrement riches en documents concernant les anciennes seigneuries du Bourgneuf à Saint-Pierre, mais aussi celle de Valnay et de la commanderie du Chesnay (série E). La série S révèle des trésors concernant les cours d’eau, lavoirs, moulins, ponts, etc. On trouve dans les archives récentes quantité de renseignements concernant les dommages de guerre, la reconstruction ou les lotissements (série W).

     (ADE 5 MI 11) Microfilms des Fiches d’inventaires établies par Dominique Hervier, Monique Chatenet et Julia Fritsch.

     (ADE E 3802) Plan daté de 1648.

     (ADE E sup. 803) Traité des noms et surnoms des rues de la ville et des faubourgs d’Étampes (opuscule manuscrit de 1731).

     (ADE pl. DD) Plan Duprat Dauphin 1945.

     (ADE tch) Terrier des Chartreux de Saint-Pierre d’Étampes.

     (ADE 1 01 D) Nomenclature des rues rédigée à l’occasion de la pose des plaques en 1827.

     (ADE L109) «Il faut changer la dénomination des places, rues qui rappellent le pouvoir de l’aristocratie, le fanatisme et la féodalité» (an II).

Aux Archives municipales d’Étampes (AM)

     (AM tv) Terrier de Valnay (16e s.)

     (AM Reg SM) Registre paroissial de Saint-Martin

     (AM 1) 8 registres d’impôts non cotés, datés de 1759 à 1789. Très intéressants documents qui présentent, rue par rue, l’ensemble des propriétés de l’époque.

     (AM 1 O 1 D) Dossier sur les nouvelles plaques de rues (1851).

     (AM série J) Dossier des établissements dangereux.

     (AM 2) Deux grands registres de plans non datés, postérieur à l’établissement des chemins de fers.

     (AM dcm) Délibérations du Conseil Municipal. Le dépouillement complet des registres de délibérations (de 1800 à nos jours) a permis d’établir avec précision la date des changements d’appellation des voies. Ils donnent par ailleurs quantité de détails sur l’évolution des équipements de la ville.
     Les feuilles du cadastre de 1827 sont conservées aux Services techniques de la Ville. Les matrices sont conservées aux Archives municipales.
     A signaler également une série de plans datés de 1815 établis pour les besoins de l’alignement. Ces plans, plus précis encore que le cadastre de 1827, nous révèlent un état ancien du bâti.

Aux Archives diocésaines d’Évry (A dioc)

     (A dioc 1) Registre des biens de Notre-Dame (1605)

     (A dioc 2) Registre des biens de Notre-Dame (1673)

     (A dioc rfnd) Registre du conseil de fabrique de Notre-Dame.

     (A dioc 3) Déclaration pour messieurs de N.-D. d’Étampes de toutes les maisons et lieux qu’ils tiennent en censive… (1644)

     (A dioc 4) Registre des inventaires des titres et papiers de l’œuvre et fabrique de Saint-Basile (de 1588 à 1762).

     (A dioc 5) Censier de la fabrique Notre-Dame (1593).

Aux Archives départementales des Yvelines

     (ADY 1Q 182) Vente révolutionnaire (congrégation Notre-Dame).

     (ADY 5Q2) Répertoire des ventes du district d’Étampes.

     (ADY 1Q353) Répertoire des ventes du district d’Étampes de 1790 à l’an V.

     (ADY 1Q 311) Plan du château du Bourgneuf.

Autres archives privées.

     (fpj) Fiches établies par Paul Jousset.

     (apFJ) Archives privées, François Jousset.

     (P 2) Plan établi par le Corps Royal des Officiers Géographes (vers 1820). Ce document privé a été exposé dans le hall des Archives départementales à Chamarande en 2002.

Ouvrages imprimés

     (BF) Basile Fleureau, Les Antiquités de la ville et du duché d’Estampes (1683).

     (CB) Claudine Billot, Étampes. Collection «Atlas historique des villes de France» (1989).

     (CF) Claire Fondet, Dialectologie de l’Essonne et de ses environs immédiats, thèse présentée devant l’université de Dijon en 1977, librairie Honoré Champion (1980).

     (CND) Cartulaire de Notre-Dame d’Étampes, par l’abbé Alliot.

     (CP) Cahiers du Patrimoine. Étampes, un canton entre Beauce et Hurepoix (1998).

     (de Wever) Ormoy-la-Rivière, un village du pays d’Étampes.

     (Dupieux) Les Institutions du pays d’Étampes (1931).

     (f d m c) Texte de la fondation de la messe au comte cité par Basile Fleureau (p. 317).

     (FG) Francis Gutton, L’ordre de Santiago, Lethielleux (1972).

     (lm) Léon Marquis, Les rues d’Étampes et ses monuments (1881).

     (mel) Les noms de lieux en Eure-et-Loir. 10 volumes publiés par la société Historique d’Eure-et-Loir.

     (MN) Mannier, Commanderie du grand prieuré de France.

     (PB) Paul Bailly, Toponymie en Seine-et-Marne, édition Amateis (1989).

     (Peek) Peek, Inventaire des mégalithes d’Île-de-France.

     (Dujardin) Estampes Mythologiques (1904) (Ce curieux ouvrage propose des étymologies  farfelues dont il est difficile de tenir compte. En revanche il témoigne d’une réelle connaissance du terrain et des appellations populaires).

     Étampes-Histoire, Étampes en Révolution (1989).

     Étampes-Histoire, Le Pays d’Étampes au 19e siècle (1991).

     Étampes-Histoire, Travail des hommes, images de la ville (1994).

     Étampes-Histoire, Étampes, l’album du souvenir (1997).

     Huguet (E.), Dictionnaire de la langue française du XVIe siècle, Paris, Champion-Didier, 1925-1967.

     Godefroy (F.), Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes, Paris, 1881-1902, 10 volumes.

     Site internet des Amis du Château Royal d’Étampes: www.château-royal.com/ [N.B.: site disparu en 2004, en partie relayé part le site http://www.stampae.org (B.G.)]

Périodiques

     (bm) Bulletin municipal puis Étampes info.

     (adg) Annales du Gâtinais.

     Bulletin de la Société Historique et archéologique de l’Essonne et du Hurepoix.

     Le Pli, Le Républicain, Le Parisien (édition de l’Essonne).

     L’article sur le nom d’Étampes s’inspire largement de l’article de Bernard Jeanson paru dans le Courrier d’Île-de-France n°1 d’avril 1966.

Toute critique, toute correction ou toute information seront les bienvenues.
 
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ABANDON (rue de l’)
     Nom donné pendant la période révolutionnaire aux actuelles rues du Sablon et Sadi-Carnot. Ce nom est sans doute une allusion au curieux nom de «rue Sans-Pain» donné à une partie de cette voie au 18e siècle.
ABATTOIRS
     Situé au n° 52, avenue de Paris, l’abattoir d’Étampes a été achevé en 1863 sur le site de l’ancien couvent des Capucins. Il est dû aux architectes Alphonse Adam et Pierre Magne. On dit qu’il aurait été en partie édifié avec les pierres de la ferme de la Grange Saint-Père (LM). Des générations d’animaux y seront abattues jusqu’à sa fermeture définitive en 1977. En 2002, on termine la réalisation sur ce site du Domaine des Capucins.
     L’édifice central (ancienne salle d’abattage) est surmonté d’un grand lanternon. La porte centrale est décorée d’une clef à tête de bovin. Derrière le bâtiment principal était le brûloir, au fond à gauche le dépôt de cuir. Les grands bâtiments qui ferment le clos au nord et au sud étaient occupés par les étables. Les deux pavillons de part et d’autre de l’entrée étaient réservés au logement du personnel. Face à l’entrée se trouvait le bureau d’octroi. Il existait dans une dépendance une fabrique de glace «Pantin» en 1934.
ABBESSES DE VILLIERS (hôtel des)
     L’abbaye «Notre-Dame de Villiers aux Nonnains» était située près de Montmirault sur l’actuelle commune de Cerny. Fondée en 1220, elle possédait beaucoup de biens dans la région. Cette maison d’Étampes en faisait partie. Cet hôtel est cité dans un acte de 1394 (B F).
ABONDANCE (rue de l’)
     Nom donné pendant la période révolutionnaire à l’ancienne rue du Pain. Elle est citée en l’an II (ADY 1Q353). Pour l’idéal révolutionnaire, le pain ne pouvait être qu’abondant! Hélas, Étampes connaîtra durant cette période les troubles de la subsistance et les émeutes sur les marchés...
ABREUVOIR (rue de l’)
     Cette petite impasse disparue qui débouchait sur la rue de la Pirouette figure sur le plan de 1827. Il reste un petit renfoncement entre les nos 10 et 12 de la rue de la Pirouette. Cette voie desservait un lieu aménagé sur la Chalouette pour faire boire les animaux, ainsi qu’un petit bassin visible sur le plan de 1827.
ABREUVOIR (rue de l’)
     Nom donné à la partie de la rue du Pont d’Anjouan qui débouchait sur la rive droite de la Rivière d’Étampes sur le plan de 1827. L’abreuvoir en question était situé près du pont.
ABREUVOIR (rue de l’)
     Une autre rue du même nom est citée à Saint-Pierre, sans doute près du moulin du Bourgneuf (ADY 1Q353).
ABREUVOIR (ruelle de)
     Cette voie disparue débouchait sur la rue Saint-Martin face à la rue du Pont-Martine. Elle est aussi appelée ruelle des Mathurins en 1790 (AM 1G2) et passage des Mathurins sur le plan de 1827. Elle a été détruite à la reconstruction de la nouvelle école Saint-Martin filles (Hélène-Boucher). Elle figure encore au plan de 1946. Les abreuvoirs sont des lieux aménagés pour faire boire les animaux. Cette ancienne voie menait bien à un abreuvoir sur la Louette près du moulin Chamois.
ABREUVOIR (ruelle de l’)
     Petite voie citée en 1790, incluse aujourd’hui dans la partie nord de l’actuelle place du Port (AM 1G2). Cette voie desservait l’abreuvoir sur la Rivière d’Étampes près du Moulin du Port.
ABREUVOIR DE LA MANIVELLE (ruelle de)
     Cette petite voie en impasse et sa dénomination figurent déjà au plan de 1827. Au bout, on trouvait le gué de la Manivelle (celui-ci figure sur le plan de 1844). L’abreuvoir était situé près du gué sur la Rivière d’Étampes. [PV H6]
ABREUVOIR DES CORDELIERS (rue de l’)
     Cette petite voie et sa dénomination figurent déjà au plan de 1827. Elle est aussi dénommée rue de l’Abreuvoir-Saint-Gilles sur un plan de 1854 (ADE 7S201). Au bout de la rue était situé ledit abreuvoir sur la Rivière d’Étampes. Cette ruelle jouxtait l’ancien couvent des Cordeliers.
     Au n° 5, ancien moulin dit Moulin Rabourdin du nom de son propriétaire. [PV H6]
ABREUVOIR DU MOUTON (rue de l’)
     Cette voie est dénommée rue du Port-Saint-Gilles sur le plan de 1827. Le nom de «mouton» n’est pas d’abord une référence à la présence de ces animaux au marché Saint-Gilles, mais plutôt à l’ancienne Auberge du Mouton située rue des Cordeliers. Cette rue a bénéficié de grands travaux lors de l’établissement du Marché-Franc en 1866. L’abreuvoir, aménagé sur la rivière d’Étampes, est toujours visible près du pont. Ce pont a été élargi en 1868 et reconstruit en 1908 (ADE 7S38).
     Au n° 2, grande maison avec joli décor du 19e siècle. [PV H6]
ABREUVOIR SAINT-GILLES (rue de l’)
     Nom donné à la rue de l’Abreuvoir des Cordeliers sur un plan de 1854 (ADE 7S201).
ACACIAS (les)
     Ce nom a été donné à l’un des pavillons de l’Etablissement Public de Santé Barthélémy-Durand. Il y a effectivement des acacias à proximité.
ACACIAS (les)
     Cette petite résidence pavillonnaire située au 14 rue de la Croix-de-Vernailles a été construite dans les années 1970. Il y a effectivement des acacias à proximité. Ce lotissement est desservi par une voie restée sans nom.
A DUPRÉ (sente à)
     Ce chemin du cadastre a donné son nom au lieu-dit la Sente à Dupré. [C 52]
AÉRODROME DE VILLESAUVAGE
     Nom donné à la première école de pilotage fondée par Louis Blériot en avril 1910 sur les champs des lieux-dits les Longues Raies et le Paron. Elle fonctionne jusqu’en 1912 puis quittera les lieux pour s’établir à Buc. En 1915 s’installe sur les lieux l’aérodrome de l’école militaire belge. Vers 1930, le terrain sert d’annexe à l’aérodrome de Mondésir pour l’école de pilotage militaire. On y installe une section d’autogire de 1936 à 1937.
NB l’aerodrome d’Étampes Mondésir n’est pas traité dans cet ouvrage car il est situé sur le territoire de la commune de Guillerval.
AÉRODROME DE LA BEAUCE
     En 1909, les frères Farman ouvrent l’aérodrome de la Beauce sur les champs des lieux-dits les Grès et les Pièces de l’Arche. Il y a au départ trois hangars et une buvette. Trois autres hangars seront construits et, en mars 1910, une école de pilotage est ouverte sur le terrain qu’on appellera par la suite «Étampes-Aviation». Cet aérodrome fut le théâtre de quelques records. Le 18 décembre 1910, Henri Farman bat le record de durée de vol en tenant en l’air un peu plus de huit heures. Le 30 décembre 1910, le record de distance est battu par le français Maurice Tabuteau qui couvre 525 km à bord d’un Farman. Le 5 août 1911, le capitaine Félix bat le record d’altitude en partant de ce terrain. Un nouveau record d’altitude y est établi par Gouguenheim le 8 février 1912 (752 m). L’aérodrome devient militaire en 1915. Il prend le nom d’Aérodrome de la Beauce en 1933 (ADE 4 M 36). Après 1967, il ne reste sur le site que la station d’émission de Villesauvage.
AÉRODROME DE LA ROUTE DE DOURDAN
     Cet autre terrain d’aviation fut établi vers 1910 au lieu-dit les Nosolles pour l’école d’aviation Tellier. Il fut ensuite occupé par l’école Deperdussin à partir de 1912.
AIGLE D’OR (l’)
     Cette ancienne auberge citée au 19e siècle était située vers le 111 rue Saint-Jacques (fpm). Le créateur de l’enseigne avait-il quelques nostalgies impériales? On sait que, lors de passages de troupes, des personnalités de l’Empire ont séjourné à Étampes: le maréchal Kellermann en 1809, le général Grouchy et le général Suchet la même année.
AIRES (les)
     Lieu-dit non identifié cité au 16e siècle (ADE E3835). Ce toponyme n’apparaît plus par la suite. Ce nom peut désigner un terrain vague, inculte (mEL).
ALAIN (rue)
     Un des anciens noms de la rue Évezard cité en 1731 (E sup. 803). Ce nom vient sûrement d’un propriétaire notable qui habitait la rue à l’époque.
ALHAMBRA (cinéma)
     Ancienne salle de cinéma située au 33 rue des Cordeliers. Elle est citée dès 1931. La dernière séance eut lieu vers 1965. Alhambra, de l’arabe «al-hamra», signifie «la rouge». C’est le nom de l’ancienne cité de gouvernement des princes arabes de Grenade. On avait donné à beaucoup de salles de spectacle ce nom évocateur de luxe.
ALIZÉS (allée des)
     Nom donné en 1999 à l’une des voies restées sans nom desservant le bâtiment C de la résidence du Murger de la Bataille sur le plateau de Guinette. L’alizé est un vent régulier soufflant sur l’Atlantique et le Pacifique. Tous ces noms de vents ont été donnés en référence au nouveau groupe scolaire de Guinette dénommé Éric-Tabarly. [PV F4]
ALLENDE Salvador (rue)
     Nom donné en 1980 à la nouvelle voie créée par l’élargissement de l’ancienne rue de la Gare-Saint-Martin.
     Salvador Allende fut élu président de la République du Chili en 1970. Il se suicida le 11 septembre 1973 lors du coup d’état militaire dirigé par le général Pinochet. Il fut une des figures emblématiques de la lutte des militants de gauche contre les régimes réputés fascistes. [PV E6]
     Au n° 2, Hôtel des Impôts.
ALOUETTES (rue des)
     Cette voie était dénommée ruelle du Hameau-de-Bretagne en 1829 et ce jusqu’en 1970.
     Les alouettes sont les oiseaux compagnons des laboureurs. [PV L9]
ALOUETTES (les)
     Champtier cité en 1549 (AM tv) aussi appelé les Mellites en 1773 (ADE H dépôt 1 B62).
     Ce nom ne sera plus retenu par la suite.
ALPHA (pavillon)
     Ce curieux nom a été donné à l’un des pavillons de l’Etablissement Public de Santé Barthélémy-Durand. La première lettre de l’alphabet grec peut évoquer en physique le nom d’un certain type de rayonnement. Alpha peut aussi faire référence au système de classification des humains décrit dans «le Meilleur des Mondes», les «alphas» étant l’élite de la société imaginée par Aldous Huxley.
ALUN (rue de l’)
     La «rue de Lalleu» est citée en 1553 (AD 3778). On trouve «rue de Lalun» sur un plan du Bourgneuf en 1736. Sur le plan d’alignement de 1833, cette voie est dénommée grande rue du Faubourg-Saint-Pierre. Ce nom de rue de l’Alun désigne aussi l’actuelle rue de l’Avaloir sur un plan du Bourgneuf datant du 18e siècle.
     Ce nom pourrait rappeler le souvenir d’une ancienne alunière. L’alun est un des sels utilisés en tannerie et teinturerie, activités très pratiquées à Étampes jusqu’au début du 20e siècle. Mais peut-être faudrait-il voir dans la vieille forme «alleu» une référence au «Franc alleu», terre de pleine propriété, affranchie de toutes obligations (à l’opposé du fief)? Une explication plus farfelue donnée par un certain Dumont (dans l’éphémère commission du vieil Étampes en 1943) prétend «qu’à l’origine la rue s’appelait “rue de la Lune”, mais que par manque de place sur la plaque le graveur a écrit rue de l’Alun»... N’importe quoi!
     Au coin de la rue de l’Avaloir, ancien presbytère Saint-Pierre jusqu’en 1779.
     Dans une des maisons de la rue était installé l’un des bureaux d’octroi créés en 1930. [PV K8]
AMANDIER (l’)
     Champtier cité en 1512 situé «au-dessus du Larry de Brières» (ADE E3913). Ce toponyme ne sera plus retenu par la suite. Les amandes n’ayant jamais été une production locale, ce nom pourrait faire référence à la vieille pratique de l’amendement des sols.
ANCIENNE COMÉDIE (place de l’)
     Place créée vers 1827 à partir du carrefour du Pont-Doré, de la placette devant l’Hôtel Saint-Yon et de l’ancienne rue du Mesnil-Girault (à l’est). Elle sera encore agrandie vers 1846. La création de cette place entraînera aussi la démolition de l’Hôtel du Grand et du Petit Mesnil-Girault pour la relier à l’ancienne rue des Oisons (ADE 3O 165). Cette place est dénommée place Royale en 1830 puis place Dauphine jusqu’en 1848. Son nom actuel lui vient de l’ancienne salle de spectacle qui était située dans une dépendance de l’auberge du Coq en Pâte, détruite en 1841 car trop exiguë et dangereuse.
     Au n° 2, maison avec porte en pierre moulurée.
     Au n° 16, maison natale de Rose Chéri (la plaque est sur la façade de la rue Sainte-Croix). Il s’agit en fait de la maison où étaient logés les acteurs de cet ancien théâtre. [PV J7]
ANCIENNE COMÉDIE (rue de l’)
     Un des anciens noms de l’actuelle rue Paul-Hugo tout près de la place.
ANCIENNE LAITERIE (ruelle de l’)
     Ce nom désignait la ruelle privée, au sud de l’ancien Abattoir, qui débouche sur la sente des Capucins. Elle est aussi dénommée ruelle du Gué de Saint-Jacques-de-l’Épée en 1894.
     Cette voie desservait effectivement une ancienne laiterie.
ANNE DE PISSELEU (hôtel d’)
     Cette belle maison est située au 16 rue Sainte-Croix. Auparavant, elle est désignée comme hôtel Audren au 16e siècle et comme hôtel du Plateau au 18e siècle. En 1712, elle appartient aux Duris de Vigny, en 1770 à J. Hochereau des Grèves qui fut maire d’Étampes.
     La maison a subi une grosse restauration au 19e siècle. Achetée par la commune en 1962, elle a été à nouveau restaurée de 1966 à 1970. Les façades, toitures, escalier à vis et porte sculptée de la salle du rez-de-chaussée du corps de logis ont été classés comme monuments historiques en 1982.
     L’hôtel comprend une curieuse tourelle en poivrière avec toiture en forme de cloche. Cette tourelle en briques est décorée d’une petite lucarne de pierre ouvragée. En arrière, une tourelle d’escalier octogonale hors-œuvre est percée de deux portes d’accès.
     L’accès primitif à la cour se faisait par la rue Sainte-Croix. Il reste une partie du pilastre droit de l’ancienne porte cochère (décoré de cannelures, il semble dater du 16e siècle). Dans la cour, la façade principale est percée d’une porte décorée de putti guerrier, de putti dansant et au-dessus un Christ ressuscité. La porte en bois est récente, elle est décorée de médaillons représentant François 1er et Anne de Pisseleu. La fenêtre du rez-de-chaussée porte la date 1538 au milieu d’un décor de masques et d’instruments de musique. Les encadrements des deux fenêtres du 1er étage sont également richement décorés de frises de putti et de masques. Les meneaux de pierre sont récents, tout comme le riche décor des lucarnes supérieures (création du sculpteur Mainporte, 1970). La façade comprend également deux grands médaillons représentant François 1er en empereur romain (création du 20e siècle) et Anne de Pisseleu en Cléopâtre avec son aspic. L’aile en retour (les anciens communs) a été reconstruite au 18e siècle, mais la façade conserve une petite porte du 16e siècle joliment décorée d’un buste de roi. La façade Est et sa fenêtre ont été très restaurées en 1970.
     A l’intérieur, la maison a conservé une cheminée ornementale ainsi qu’une porte Renaissance dont le linteau richement décoré comprend un enfant triton et un portrait d’enfant. L’hôtel comprend aussi des caves remarquables.
     L’attribution orale de cet hôtel à Anne de Pisseleu est confirmée par un ouvrage de M. de Montrond en 1837. Il est certain que la première duchesse d’Étampes n’a elle-même jamais possédé l’édifice. Anne de Pisseleu (1508-1580), favorite de François Ier à partir de 1528, fut mariée par lui en 1534 à Jean de Brosse duc de Penthièvre. François Ier leur offre alors le comté d’Étampes (qui deviendra duché en 1537). Anne devient donc la première duchesse d’Étampes. Clément Marot, pour marquer l’événement, compose un poème tout à la gloire d’Étampes et de sa nouvelle duchesse  (voir Étampes).
     Afin de l’éloigner de son conjoint, le roi nomme de Brosse gouverneur du Bourbonnais et, en 1542, gouverneur de Bretagne. Réputée pour sa beauté et son intelligence, femme de grande culture, «la plus savante des belles et la plus belle des savantes» avait une grande influence sur le roi.
Anne de Pisseleu rencontre une rivalité en la personne de Diane de Poitiers, maîtresse d’Henri II, alors dauphin. Tout sépare ces deux femmes. Si Diane de Poitiers est opposée aux idées luthériennes, Anne de Pisseleu est plus tolérante. Anne de Pisseleu souhaite éliminer Diane, qu’elle juge dangereuse. A la mort de François Ier en 1547, elle sera exilée en Bretagne. Le duché d’Étampes passera alors à sa rivale Diane de Poitiers.
     Les salles de l’Hotel dit d’anne de Pisseleu abritent des expositions artistiques, le service municipal de tourisme ainsi que le service culturel.
ANSE (rue de l’)
     Cette toute petite voie est désignée simplement comme «ruelle allant au carrefour» en 1790 (AM 1G2). Le nom d’anse pourrait avoir été donné en fonction de la position de cette petite voie située juste au-dessus de la rue du Petit-Panier. Anse signifie aussi oreille en argot médiéval. Par altération, elle est désignée comme «rue de Lance» sur le plan de 1815. [PV J6]
     Au n° 2, vieille porte à l’entourage de pierre.
ANTIOCHE
     Ce champtier situé près de Villeneuve-Monfaucon est cité en 1577 (ADE E3913). Ce nom ne sera plus retenu par la suite. Au 16e siècle, l’expression «royaume en Antioche» désigne des biens imaginaires. Ce nom pourrait suggérer une possession qui a promis plus qu’elle n’a tenu.
ANTIQUES (sente des)
     Ce chemin est cité dès 1827 comme «nouvellement nommé» car «il traverse d’antiques carrières abandonnées» (ADE 3O158). [C 140]
AQUILONS (rue des)
     Nom donné en 1999 à l’une des voies restées sans nom desservant la résidence du Murger de la Bataille sur le plateau de Guinette. Ces noms de vents ont été donnés en référence au nouveau groupe scolaire dénommé Éric-Tabarly. Les peintures de style «graph» sur les bâtiments C et D ont été réalisées en 1999 par des jeunes du quartier encadrés par les professionnels de l’association Fétigra. Ils représentent des sportifs en action. [PV F4]
ARBOUVILLE
     Nom d’une censive dépendant de la seigneurie du Bourgneuf consistant en diverses «maisons situées rue du Perray». Elle figure sur un plan du 18e siècle (AD E3845). Ce nom est-il celui du premier détenteur de la censive? Une famille d’Arbouville était seigneur de Buno au 16e siècle. Il est aussi question d’un Gillet d’Arbouville en 1368 (f d m C).
ARBRES DE LA LIBERTÉ
     C’est sur la place Saint-Gilles qu’ont été plantés les deux arbres «révolutionnaires» en 1793 et en 1848.
     Un nouvel arbre de la Liberté a été planté dans l’avenue de la Libération en mars 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Révolution.
ARCHE DE NOÉ (l’)
     Nom d’une ancienne auberge située au n° 49 de l’actuelle rue de la République et citée en 1773 (AM 1G1).
     On prétend que c’est là que logèrent les ouvriers qui travaillèrent au chantier de Notre-Dame! Cette maison conserve des parties du 16e siècle. On y trouve une tourelle d’escalier polygonale et une niche à dais qui abrite une vierge en pierre Renaissance. Une inscription au-dessous dit que «l’original de cette image est un chef-d’œuvre si parfait que l’ouvrier qui l’a fait s’est renfermé dans son ouvrage. 1733». Cette phrase énigmatique est-elle une allusion (un peu orgueilleuse) au savoir-faire de l’artiste ou plutôt une confession d’émerveillement devant le mystère de l’Incarnation? Cette statue a remplacé en 1733 une statue d’homme représentant Noé qui devait être l’enseigne originale (Abeille d’Étampes, 25-12-1847). La niche est ornée de marguerites. Ce décor est trop répandu pour y voir une allusion à Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er. Dans un angle de la même maison, on voit une figure d’ange sculptée sur un culot.
ARCHE (ru de l’)
     Un des bras du Juineteau, sans doute ainsi dénommé à cause d’un pont à belle arche qui le traversait. On appelait communément «arche» un pont d’une seule portée.
ARCHEPEAU (rue)
     Rue non identifiée citée en 1731 (E sup. 803). Elle était située dans la paroisse Saint-Martin.
     Est-ce une déformation locale du nom Charpeau?
ARCHERS (rue des)
     Voie dénommée ainsi en 1969 en souvenir de l’ancien Hôtel de l’Arquebuse, siège de la compagnie des archers d’Étampes. Cette voie est une partie de l’ancienne Promenade du Port. [PV J6]
     On y voit dans une maison les vestiges de l’ancienne chapelle du Grand Cimetière.
     La «moyenne surface» ED a été aménagée dans l’ancien Casino.
ARDENNES (chemin d’)
     Cette voie citée en 1791 (AM 1G2) menait vers Ardennes. Ce joli hameau situé sur le plateau de Saint-Hilaire est un ancien fief des Célestins de Marcoussis cité dès 1248. Ce nom d’Ardennes pourrait venir du gaulois «ard» qui signifie hauteur. [C 421]
ARDOISE (l’)
     Cette grande maison située au 4 rue du Petit-Saint-Mars était aussi appelée la ferme de la Belle-Ardoise.
     Ce nom doit venir de la couverture en ardoise sur les bâtiments qui contrastait sans doute avec les petites tuiles environnantes des masures du Petit Saint-Mars.
ARQUEBUSE (hôtel de l’)
     Situé au niveau de l’actuelle rue des Archers, le nouvel hôtel de l’Arquebuse a été bâti en 1772. Le bâtiment précédent était situé non loin.
     L’arquebuse était une arme à feu qui, peu à peu, a supplanté l’arc et l’arbalète. La compagnie des arbalétriers d’Étampes est citée dès 1179, mais c’est en 1549 qu’est établie la Compagnie d’arquebuse royale. Au 18e siècle, son cri était «les Sables» ou «les écrevisses». La Compagnie d’arquebuse d’Étampes était une des plus importantes du Royaume à la veille de la Révolution. En 1786, il est dit que: «La compagnie de l’arquebuse vient de faire bâtir un bâtiment près le Jeu de Paume» (AM I). La première fête de la rosière en 1790 se termina par un bal à «l’Arquebuse» (lm). Cette tradition de salle des fêtes perdura par la suite car sur l’emplacement de cet hôtel s’établit au 19e siècle le café-salle de bal «la Rotonde», puis la salle du Casino.
ARTISANAT (rue de l’)
     Cette voie située dans la zone industrielle a été dénommée ainsi, sans doute pour honorer la «première entreprise de France». [PV L2]
ASILE (passage de l’)
     Venelle qui débouche sur un pont de la Louette près de l’asile Saint-Martin (actuellement site de l’école Hélène-Boucher) et de l’abreuvoir. Ce nom figure sur un plan de 1851 (ADE 7S38). L’expression «salle d’asile» désignait, au 19e siècle, une école maternelle.
ASSAS (allée d’)
     Nicolas, chevalier d’Assas (1733-1760), était capitaine du prestigieux Régiment d’Auvergne. Il tomba héroïquement à la bataille de Cloestercamp. Tout le lotissement de la résidence du Pont Saint-Jean est cerné par les noms de héros qui n’ont, hélas pour beaucoup, rien à voir avec l’histoire d’Étampes. [PV H5]
ATLANTIQUE (avenue de l’)
     Nom donné en 1999 à l’une des rues restées sans nom desservant la résidence du Murger de la Bataille sur le plateau de Guinette. Ce nom a été donné en référence au nouveau groupe scolaire dénommé Éric-Tabarly. Tant de fois le grand navigateur a traversé le grand Océan! [PV F4]
AUBERGE DU SAUVAGE (venelle de l’)
     Cette petite voie aujourd’hui disparue est citée en 1599. Elle était située près du n° 6 rue du Cloître-Notre-Dame, et fut par la suite incluse dans le clos du presbytère Notre-Dame. Elle desservait, bien sûr, l’Auberge du Sauvage.
AU BON COING
     Le nom de cet ancien débit de boissons est cité par Marquis, en 1881, comme récemment disparu. L’établissement était situé au coin des actuelles rues Saint-Antoine et Cyrille-Brossard (anciennement rue du Collège, puis rue des Barnabites, puis Petite-Rue-Saint-Antoine). Claude Parrain signale par ailleurs qu
il a lui-même connu un débit de boisson homonyme, Au Bon Coin, celui-là à langle de la rue de la Juiverie et de la rue Sainte-Croix.
AUBRAC Lucie (allée)
     Cette petite voie située près du groupe scolaire Éric-Tabarly fut inaugurée en présence de la résistante en 2001.
AUDEMARD Pierre (rue)
     Nouvelle voie du Petit Saint-Mars dénommée en 1965. Pierre Audemard, radio-électricien, tenait un magasin rue de la République et fut maire-adjoint d’Étampes pendant l’Occupation. Il organisa le réseau de résistance «Ceux de la Libération» avec Louis Moreau. Arrêté en juin 1943 après le parachutage de la Montagne, il est déporté à Buchenwald. Il meurt à Mathausen en 1945, le jour même de la libération du camp. Sa tombe est au cimetière de Roinville-sous-Dourdan. [PV E7]
AU-DESSUS DE VILLENEUVE
     Lieu-dit du cadastre, en grande partie boisé, aujourd’hui compris dans l’enceinte de l’hôpital Barthélémy-Durand (voir Villeneuve-Montfaucon). [LD 14]
AU-DESSUS DES MITRESSES
     Ce lieu-dit du cadastre de 1827 n’a pas été retenu dans le cadastre actuel (voir les Mitresses). [ALD 365]
AU-DESSUS DES ROCHES
     Lieu-dit du cadastre en partie boisé (voir les Roches). [LD 122]
AU DESSUS DU BOIS
     Toponyme du cadastre de 1827 qui n’a pas été retenu dans l’actuel cadastre.
     Le bois en question est celui des Bois-Blancs. [ALD 304]
AUDITOIRE SAINT-PIERRE
     Aussi appelée «auditoire du Bourgneuf», cette maison était située au 18 rue de l’Avaloir ou bien au 45 rue Sadi-Carnot (d’après C B). Cette dernière maison comprend toujours une porte piétonnière cintrée en pierre. Les auditeurs du Roi étaient des personnels de justice qui, sous l’Ancien Régime, recevaient les accords des parties et menaient les enquêtes.
AUDREN (hôtel)
     Nom ancien de l’hôtel dit Anne de Pisseleu. Ce nom vient d’un des prévost d’Étampes Simon ou Guillaume Audren qui en étaient propriétaire entre 1512 et 1538 et qui l’ont, semble-t-il, fait construire.
AUGUSTINES (allée des)
     Nom donné en 1974 pour la voie qui dessert ce lotissement créé en 1968. Les sœurs Augustines de l’Hôtel-Dieu de Paris possèdent la maison voisine de Gérofosse depuis 1862, mais la congrégation est présente à l’Hôtel-Dieu d’Étampes dès le 17e siècle. [PV J9]
AULNOIS BRULÉS (les)
     Champtier cité en 1785 vers la Prairie Saint-Martin (ADE 136J16). Ce genre de toponyme peut évoquer le souvenir d’un incendie ou plutôt d’un défrichement. L’aulne est une essence d’arbre utilisée jadis comme bois de chauffage ou encore pour la fabrication des sabots.
AUMÔNERIE DES BRETONS
     Le premier établissement de ce nom est cité en 1085 comme «maison-Dieu du Vieil Étampes». Il était situé au bord d’une grande voie de pèlerinage pour venir en aide aux pauvres voyageurs. Au 13e siècle, ce petit hôpital laissa sa place au couvent des Mathurins pour s’installer à l’emplacement de ce que l’on appellera plus tard l’Hôpital Saint-Antoine. Le nom de «bretons» trouverait son origine de ce que l’établissement passe pour avoir logé les bretons qui passaient pour aller aux pèlerinages de Jérusalem, de Saint-Jacques ou de Rome. Plus certainement, ce nom pourrait être un indice d’une immigration bretonne au moyen âge.
AUTHON (chemin d’)
     Ce chemin conduisait au village d’Authon-la-Plaine qui était dénommé Authon-en-Beauce jusqu’en 1847.
AUTOMNE (allée d’)
     Nom donné à l’allée sud de la promenade du Port sur un plan de l’an IV (AM 1 O 168).
     Qu’elle devait être jolie la promenade bordée d’arbres à la chute des feuilles!
AVALOIR (rue de l’)
     On trouve les formes suivantes: rue «de la Valloyere» en 1580 (AD E3771), «de Lavalloy» sur le plan de 1648, «de Lavalouer» au 18e siècle. Cette voie est dénommée aussi comme rue de l’Alun sur un autre plan du Bourgneuf au 18e siècle, et rue du Faubourg-du-Levant pendant la Révolution.
Un avaloir est une pêcherie en vieux français mais la rue n’est bordée par aucune rivière. Ce mot désigne aussi la courroie qui passe sur les fesses du cheval (CF). On appelait aussi «pierre d’avaloir» la pierre qui permettait de monter et descendre de cheval. Enfin, avaloir peut aussi signifier «descente». Ce nom pourrait venir simplement de la déclivité de la rue vers le Port. [PV K8]
     Dans cette rue était l’ancienne ferme du Prieuré Saint-Pierre.
     Au n° 18, ancien Auditoire cité au 18e siècle.
     A l’angle de la rue de l’Alun, un plan du Bourgneuf (18e siècle) nous apprend qu’on y voyait les «restes des ruines d’un ancien presbytère compris dans le domaine».
AVEUGLES (rue des)
     Cette rue est citée dès 1605 (Adioc.reg ND). Elle est citée comme petite rue des Aveugles en 1791 (AM 1G2).
     Un puits est cité dans la rue en 1821. Pourquoi ce nom? On peut imaginer que ce lieu fût possédé comme biens de fondations par une communauté hébergeant des aveugles, mais on n’en trouve pas trace... «Aveuglement» est aussi un terme couramment usité pour indiquer une fermeture, un manque de vue; en l’occurrence, peut-être, du fait de la présence des murs des fortifications du faubourg Saint-Pierre.
     Au 18e siècle, une maison située rue des Aveugles appartenait à la commanderie Saint-Jean de Latran. [PV J8]
AVOCAT (l’)
     Ce lieu est aussi dénommé «Preneux» en 1461 (ADE 52 H 6).
     Ce toponyme disparu était sûrement situé près de l’actuel Gué de l’Avocat.
     
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
Z
 
BADRAN (rue)
     Cette rue est citée dès 1731 (ADE E sup. 803). Badre en vieux français signifie farine délayée dans l’eau. Ce nom pourrait donc être lié à l’activité minotière du lieu. Le pont pavé sur la Chalouette pourrait dater du 18e siècle. [PV D6]
     Au n° 2 bis se trouvait le presbytère Saint-Martin au début du 20e siècle.
     Au n° 3, cette grange, aujourd’hui propriété privée, a été achetée par la ville comme remise des pompiers en 1919.
     Au n° 3 bis, ancienne laiterie Bocquet citée en 1940 (journal paroissial, 1940).
     Un lavoir est cité en 1875 au coin de la rue des Moulins.
BADRAN INFÉRIEUR (moulin)
     Situé au n° 5 de la rue Badran, ce moulin est cité dès 1768 (AM 1). Il aurait été établi au cours du 18e siècle.
     Il est désigné comme moulin Martin au début du 20e siècle. Un détachement de l’école d’aviation s’y installe en 1914, le site prend alors le nom de Quartier Princeveaux. Puis le moulin sert de logement pour les prisonniers de guerre allemands, de fin 1915 à 1919 (AM dcm).
BADRAN SUPÉRIEUR (moulin)
     Situé au n° 7 de la rue Badran, il est aussi appelé moulin Caroline au 19e siècle (LM). Dans un acte de 1760, il est qualifié «moulin à papier». Le moulin a été déclassé en 1938 (ADE 7S49). Il reste l’emplacement et l’axe de la grande roue.
BAILDAR (moulin)
     Le moulin «Beldard» est cité en 1790 (AM 1G2). Il aurait été établi au cours du 18e siècle. Il est aussi appelé moulin Charpentier au 19e siècle (LM). Ce moulin disparu était situé à l’emplacement du n° 9 de la rue Badran. Il a servi de logement pour les soldats en garnison en 1915 (AM dcm).
BAINS DOUCHES
     Il y eut plusieurs établissements de bains publics à Étampes. Des bains figurent sur le plan sur le Juineteau dès 1826 (ADE 7S51). L’établissement est encore cité en 1838 (ADE 7 S 26). Il en existait aussi près de l’Usine à Gaz dès la fin du 19e siècle. Des bains-douches sont aussi cités sur la place Saint-Gilles en 1905.
     Toujours en 1905, voit le jour un nouveau projet de bains et de piscine aux Portereaux. Il sera vite abandonné. Enfin, les bains-douches municipaux seront établis dans la piscine du Pont Saint-Jean en 1930.
BALBIANO sous Lieutenant (rue du)
     Roger Firmin Balbiano est l’un des deux aviateurs français dont l’appareil a été abattu le 16 juin 1940 au-dessus du Rougemont. Il appartenait au groupe aérien 502 basé à Amiens. Il avait 37 ans en 1940. [PV H4]
BANNIÈRE (la)
     Lieu-dit du cadastre. Ce terme peut désigner un lieu humide («baignieres») mais ce n’est pas le cas pour cette portion de plaine au Sud-Est de Lhumery. Bannière signifierait plutôt: lieu soumis au ban (banal) ou appartenant à l’officier des bans seigneuriaux (mEL). [LD 189]
BARAGINE (sente de la)
     Ce chemin figure au cadastre de 1827. La «rue Baragine» est citée en 1684 (ADEtch). On trouve aussi «rue Baraquine» citée en 1704 (AD E 3813) et «sente de la Baraquine» en 1869 (ADE 3O168).
     «Les Barragines» est un lieu-dit de la commune de Morigny-Champigny proche de Saint-Pierre. Ce chemin qui part d’Étampes y menait. Le nom de baragine pourrait indiquer un chemin coupé par un barrage (peut-être l’octroi entre Morigny et Étampes) ou bien il pourrait venir du mot barrocher qui signifie amasser. [C 418]
BARDEAU (le)
     Ce champtier est cité en 1657 sous diverses formes: «Bardeau», «Barbie» ou «Barbion». Il était situé «près les fossés de la porte Saint-Martin» (ADE E3913). Ce nom n’a pas été retenu par la suite. Ce mot tiré du gaulois «bard» peut indiquer un lieu argileux (m.EL). Un vestige de fossé, jadis sans doute rempli d’eau, subsiste à cet endroit près de la rue du Filoir.
BARGAULT (le)
     Champtier cité en 1655 mais non situé (ADE E3772). Ce nom n’apparaît plus par la suite. Il pourrait venir de barguigner, commercer. Le «bargault» pourrait donc être une terre issue d’un marchandage.
BARNABITES (rue des)
     Un des anciens noms de l’actuelle rue Cyrille-Brossard (ADE 2O509). Cette voie longe le mur Est de l’ancien couvent de la rue Saint-Antoine. Les Barnabites sont des religieux de l’ordre des clercs de Saint-Paul. Leur nom vient de ce que leurs fondateurs s’assemblèrent à l’origine dans l’église Saint-Barnabé de Milan. Une communauté de Barnabites s’installe à Étampes rue Saint-Antoine, en 1629, dans la maison à tourelle à l’angle de la rue Magne (le premier Collège). Très vite, on leur donne la maison de l’ancien hôpital Saint-Antoine. Pendant la période révolutionnaire, une partie des locaux de l’ancien couvent va servir d’Hôtel de Ville. Sur un plan de l’an VI figure la mairie avec le bureau du maire.
BARNABITES (impasse des)
     Ancien nom de l’impasse des Pavillons qui débouche sur le mur ouest de l’ancien couvent.
BARON (le)
     Cet ancien hôtel était situé à l’angle de la rue de la Juiverie et de la rue Sainte-Croix. C’est ici, ainsi qu’à l’hôtel de Danjouan, que fut logée l’infante Marie Thérèse et sa suite le 21 février 1745 (lm).
     Le nom de cet hôtel pourrait venir d’un certain Pierre Baron, médecin, seigneur de Lhumery, qui fut maire d’Étampes en 1630. Il est surtout connu comme l’auteur d’un poème en latin intitulé «la prise d’Étampes» daté de 1657.
BARRE (porte de la)
     Ancien nom de la porte Saint-Martin ou porte de la Bastille (BF). La porte était située à l’entrée de la rue d’Enfer. «Barre» signifie limite ou lieu de péage en vieux français; il s’agissait effectivement de la matérialisation de la limite entre la ville d’Étampes et son faubourg Saint-Martin. Barré peut aussi signifier fortifié. De fait, c’était la porte la plus fortifiée de la ville et elle fut le lieu de terribles combats en 1652.
     On sait que pour redresser le coude par où passait la route de Paris Orléans à cette endroit la municipalité en 1769 «fit combler les fossés et demolir une partie du mur des remparts qui descendait aux Portereaux». La porte fut finalement démolie en 1772 car elle menaçait ruine (lm)
BARRE (la)
     Ce fief, aussi appelé fief du Vivier, était situé vers l’actuelle place du Filoir, c’est-à-dire tout proche de la porte de la Barre. Il est cité parmi les possessions des Célestins de Marcoussis en 1407.
BARRÉE (sente)
     Ce chemin cité