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| Textes publiés en 1937 par André Dumas, annotés par Bernard Gineste en 2001 |
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Henry Charpentier est né le 15 juin 1889, à Paris; mais c’est sur les bancs du collège d’Étampes qu’il a commencé de taquiner la Muse, comme après lui au moins Georges Perec, Jean-Louis Bory et Jean-Jacques Goldman. Charpentier fit des études de médecine tout en poursuivant une carrière poétique remarquée. Il mourut en 1952, président de l’Académie Mallarmé. Ses poésies complètes, parues quatre ans plus tard, attestent d’une poésie extrêmement soignée et inspirée, longuement murie, et pour tout dire arrivée à sa maturité. Nous publions ici six pièces poétiques jadis choisies par André Dumas pour figurer dans son anthologie des Poètes nouveaux (1937), ainsi que de la notice dont il les avait accompagnées. On y a joint quelques notes, qui espèrent faciliter la lecture de cet auteur exigent (et qui sont ouvertes à toutes les suggestions critiques). Merci de nous faire connaître tout ce qu’on aura pu glaner sur ce poète de nos jours un peu oublié. |
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CELUI QUI SAIT LES MOTS...
(Arion, 1928) |
| Source: André Dumas, Poètes nouveaux, 1937, p. 373 (Saisie: Bernard Gineste, septembre 2001). |
Était-ce au fond d’un morose et somptueux domaine, (Signes,
1928).
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Pour la pleine intelligence de ce sonnet, on doit évidemment se référer à celui que Baudelaire avait publié sous le même titre, en 1855, dans la Revue des deux mondes, puis, la même année, comme douzième pièce de ses immortelles Fleurs du Mal:
Que les soleils marins teignaient de mille feux, Et que leurs grand piliers, droits et majestueux Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques. Les houles, en roulant
les images de cieux, C’est là que j’ai
vécu dans les voluptés calmes, Qui me rafraîchissaient
le front avec des palmes, |
| Source: André Dumas, op. cit., p. 369 (Saisie et note: Bernard Gineste, septembre 2001). |
(Signes, 1928).
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Première pièce: L’Arcadie, région pastorale de l’ancienne Grèce, au centre du Péloponèse, passe dans la tradition gréco-latine pour la patrie de la poésie bucolique (c’est-à-dire des garçons-vachers), réputée la plus simple, la plus fraîche, la plus originelle, et à laquelle par exemple Virgile tente de revenir dans ses Bucoliques. On a donc ici, d’emblée, une autocritique du poète, qui s’interroge sur le caractère trop savant, trop intellectuel et détourné de ses premières œuvres, où dominait l’influence du très hermétique Mallarmé. Deuxième pièce: Le baume de Judée
était une résine liquide réputée dans l’Antiquité
pour ses vertus médecinales; mais ici le poète semble se
référer précisément à un passage du
célèbre Corbeau,
d’Edgar Allan Poe, tel du moins que l’ont traduit en français
successivement Charles Baudelaire et Stéphane Mallarmé. Dans
ce poème énigmatique, un érudit, plongé dans
ses lectures, et dans le deuil de sa bien-aimée Leonor, est dérangé
par un mystérieux Corbeau, qui, pour toute réponse à
ses questions, ne profère jamais que ces mots: Nevermore
— Jamais plus. En voici la traduction de Mallarmé: «Prophète,
dis-je, être de malheur! prophète, oui, oiseau ou démon!
Que si le Tentateur t’envoya ou la tempête t’échoua vers ces
bords, désolé et encore tout indompté, vers cette déserte
terre enchantée - vers ce logis par l’horreur hanté : dis-moi,
véritablement, je t’implore! y a-t-il du baume en Judée?
- dis-moi, je t’implore.» Le Corbeau dit: «Jamais plus!».
Le texte anglais porte plus précisément (et on peut
se demander si ses traducteurs l’ont bien compris, ou s’ils ont pensé
devoir le simplifier: «Is there — is there balm in Gilead?
— tell me — tell me, I implore!», réminiscence
d’un passage du prophète Jérémie (VIII,
22) célèbre dans le monde anglo-saxon, et où le Seigneur,
par la bouche de son prophète, se lamente sur la décrépitude
morale de son peuple, malade spirituellement: «De la blessure
de la fille de mon peuple je suis blessé, je reste accablé,
l’épouvante me tient. N’y a-t-il plus de baume en Galaad? N’y a-t-il
là aucun médecin? Oui, pourquoi ne fait-elle aucun progrès,
la guérison de la fille de mon peuple?» (traduction de la
Bible de Jérusalem, 1978). Le sens de cette locution d’origine biblique
dans la tradition religieuse anglo-saxonne (toujours vivante, d’ailleurs,
comme on le voit sur la Toile), via Edgar-Allan Poe, et via ses traducteurs
Baudelaire et Mallarmé, est tout simplement donc: N’y a-t-il
plus aucun espoir de salut? |
| Source: André Dumas, op. cit., 1937, p. 369 (Saisie et notes: Bernard Gineste, septembre 2001). |
(Odes et poèmes, 1932) |
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Cette pièce est toute entière d’inspiration chrétienne. Les deux premières strophes sont une interprétation trinitaire des premières lignes de la Bible; elles se poursuivent par une méditation sur la cosmogénèse qui n’est pas sans rappeler les vues de Teilhard de Chardin (dont le Phénomène humain paraît en 1938), et, pour ce qui concerne la place du poète dans ce monde, l’œuvre de Paul Claudel. A la strophe quatrième, Désormais je puis rendre au Père, / Pour un grain, la gerbe prospère ne peut s’entendre que comme une lecture allégorique, et métaphysique, de la parabole évangélique dite du Semeur et de l’interprétation de cette même parabole par son auteur, le Messie (Évangile de Matthieu, chapitre XIII, versets 1 à 23); dans cette théologie poétique, le sens de l’univers, et de la vie humaine, trouve sa clé dans le drame sacré de l’incarnation du Verbe; la dernière strophe est, autant que le style adopté le permet, explicite: tout culmine dans la Résurrection du Verbe incarné, le troisième jour. Il est bien certain que l’œuvre de Henry Charpentier est une œuvre difficile et exigente, dont la pleine intelligence — pour autant qu’elle soit possible — requiert parfois une culture classique, et religieuse, qui fait défaut à un nombre croissant de nos contemporains. |
| Source: André Dumas, op. cit., 1937, pp. 370-371 (Saisie: Bernard Gineste, septembre 2001). |
(Odes
et poèmes, 1932)
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NOTERappelons que la découverte sensationnelle de la tombe de Toutankhamon par Howard Carter et Lord Carnavon avait eu lieu en 1922, et qu’il s’ensuivit de par le monde une nouvelle vague d’égyptomanie, et d’histoires de momies. Par ailleurs, c’est en cette même année 1932, où Charpentier compose son poème, que paraît The Mummy (La Momie), le très célèbre film de Karl Freund, où la Momie était incarnée par le non moins illustre Boris Karloff. Il
ne faut pas pour autant négliger un autre aspect de cette pièce,
qu’on doit sans aucun doute considérer comme une fable métaphysique
illustrant cette autre parabole du Messie, dans l’Évangile de
Jean, chapitre XII, versets 24 et 25: Si le grain de blé tombé
en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt il porte beaucoup
de fruit. Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera
en vie éternelle. |
| Source: André Dumas, op. cit., 1937, pp. 372-373 (Saisie: Bernard Gineste, septembre 2001). |
(Publié en tant qu’Inédit par André Dumas, 1937)
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Le Sable qui s’exprime ici représente d’une manière plus générale la matière, autant dans sa constitution atomique que dans sa signification théologique (Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière, rappelle au croyant la liturgie catholique du Mercredi des Cendres). C’est ce que qu’expriment assez clairement des deux derniers vers, proprement apocalyptiques: à la fin des temps qu’attendent les Monothéistes, Dieu renversera le sablier. Premier quatrain: Suppléez Il n’est destin que je ne mesure (l’omission archaïsante du pronom sujet est un cas d’obscurité syntaxique typiquement mallarméenne). — De l’éphémère aux Chariots. Comprenez: du moucheron appelé éphémère parce que son cycle de vie ne dépasse pas 24 heures, jusqu’aux deux constellations qui se nomment grand et petit Chariots, ou grande et petite Ourses, c’est-à-dire, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, et ce autant du point de vue temporel que spatial. Deuxième quatrain: Époux changeant d’aucunes formes: Prenez aucunes au sens archaïques de quelques-unes, mais en considérant bien que l’ambiguité est voulue: de plusieurs, et donc d’aucune, la matière épouse des formes, mais c’est c’est un époux infidèle. Le granit est un agglomérat de sable, si solide cependant qu’on en fit les statues colossales de l’antique ville de Thèbes, qui passe dans l’Antiquité pour la berceau de la plus ancienne des civilisations, et dont les princes sont depuis longtemps retournés à la poussière.
Troisième quatrain: L’auteur mêle ici des allusions géologiques
et théologiques, ces dernières plus précisément
apocalyptiques. Rappelons que le van était
naguère encore utilisé lors des moissons pour remuer le grain
et le jeter en l’air, de manière à le dégager
de la balle qui l’enveloppe. Dans la tradition littéraire apocalyptique,
le vannage est une donc métaphore naturelle du Jugement dernier,
où le divin Moissonneur ne recueillera que le bon grain, seul digne
des greniers célestes. Mais ici, c’est l’érosion marine (puisqu’Amphitrite est la déesse de la mer et l’épouse
de Neptune) qui vanne les continents, au cours des âges
géologiques; ainsi tout ce qui passait pour ferme et stable (puisque
c’est en définitive le sens le sens originel du mot continent) est jugé, c’est-à-dire ramené aux yeux de tous à
sa véritable nature d’amas informe et de matière sans substance.
On peut aussi voir ici une allusion au Déluge. Quatrième quatrain: La Route par excellence des caravaniers était celle de la Soie, et c’est pourquoi l’on voit ici trembler dans l’atmosphère, comme des mirages, l’image de deux de ses étapes les plus célèbres. Samarcande est qualifiée ici de soyeuse dans le sens où l’on parle par exemple des soyeux de Lyon, qui vivaient de la culture et du commerce de la soie. Sidon, la moderne Saïda, au Liban, était l’un des termes de cette Route sur les rives de la Méditerranée. Pourquoi Sidon-des-nuages? Parce qu’il s’agit ici d’un de ces phénomènes optiques bien connus des caravaniers, qui leur font paraître tout proches, et comme flottant dans l’atmosphère, des lieux parfois extrêmement lointains; par ailleurs, symboliquement, cette vision à demi céleste d’une ville d’Orient qui est le but ultime des caravaniers évoque sans nul doute la Jérusalem céleste dont parle le Nouveau Testament, patrie ultime du croyant dont la vie en ce monde n’est qu’une étape transitoire (voyez la note suivante).
Cinquième quatrain: La traversée
du désert est une initiation spirituelle qui dépouille des
grandes illusions et des attachement de ce monde, sans que pourtant la vie
ne perde son sens; il faut renvoyer ici à un texte important de la
Lettre aux Hébreux
(XIII, 8-16): Par la foi, Abraham obéit à l’appel
de partir vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit
ne sachant où il allait (...). C’est bien pour cela que d’un seul
homme, et déjà marqué par la mort, naquirent des descendants
comparables par leur nombre aux étoiles du ciel et aux grains de
sable sur le rivage de la mer, innombrables (...); ils ont confessé
qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre (...) Or
en fait ils aspirent à une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste;
le vaste néant dont il ici question
est donc à entendre en un sens positif, d’un dépouillement
progressif de toute illusion comme de tout vain attachement.
Neuvième quatrain: En ce monde il n’est donc que matière; la poussière céleste constituée par les étoiles est égale en nombre à celle des grains de sable de la mer, si l’on prend au pied de la lettre la promesse de Dieu à Abraham qu’on vient de citer. Effrayant l’étendue infinie et sombre: réminiscence possible de Blaise Pascal, autre catholique, L’immensité de ces espaces infinis m’effraie, placée ici, cependant, dans une bouche quelque peu luciférienne; un désespoir métaphysique envahit le monde, qui adopte une attitude de fuite devant la vanité de toutes choses.
Dixième quatrain: Où va
donc cette vaste et désespérante prosopopée de la Matière?
Va-t-on conclure, comme les philosophes atomistes antiques Démocrite
et Épicure, et comme les matérialistes modernes, marxistes
ou autres, à la nécessité de l’athéisme? Après
une dernière réminiscence du fameux panta rheï, tout coule, d’Héraclite, l’auteur conclut au
contraire, en jouant sur l’ingénieuse image du sablier, à l’existence d’un Dieu, pour qui ce formidable écoulement universel
n’est en somme que celui du temps imparti d’avance à la création,
jusqu’à l’apocalypse qui a fait le sujet d’un précédent
recueil: Le poème d’Armageddon.
B. G., 2001
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| Source: André Dumas, op. cit., 1937, p. 373 (Saisie: Bernard Gineste, septembre 2001). |
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BIBLIOGRAPHIE: — La mer fabuleuse (Meissen, 1909). — Tombeau de Stéphane Mallarmé (H.C., 1910) — Le poème d’Armageddon (La Connaissance, 1920). — Océan pacifique (H.C., 1925). — Odes (Marcelle Lesage, 1926). — Océan pacifique (Id., 1926). — Arion (H.C., 1928). — Signes (Le Pigeonnier, 1928). — La nuit de juin (Latinité, 1930). — Odes et poèmes (Crès, 1932). M. Henry Charpentier, né à Paris le 15 juin 1889, vécut une partie de sa jeunesse à Étampes, où, avec son ami Louis Kremer, tué à la guerre en 1918 [et mentionné parmi les anciens élèves du collège Guettard morts pour la France, sur la plaque commémorative du hall d’entrée], il s’éveilla à la poésie en dévorant de vieux numéros du Mercure de France tombés entre les mains des deux jeunes gens. [Cette très ancienne revue, refondée par Alfred Valette en 1890 et bimensuelle à partir de 1905, fut le principal éditeur des écrivains de l’école symboliste.] Il était encore sur les bancs du collège quand il composa le Tombeau de Stéphane Mallarmé, qui, paru en 1910, le fit à ce point estimer par la famille du grand poète que le docteur [Édouard] Bonniot, [exécuteur testamentaire de Mallarmé, et son éditeur posthume en 1914,] à sa mort, désigna M. Henry Charpentier pour conserver et publier éventuellement les manuscrits de son beau-père. [Les notes de Mallarmé ne furent en fait éditée qu’en 1952, par Jacques Scherer, sous le titre: Le «Livre» de Mallarmé.] Il n’est pas difficile, en lisant les poèmes de M. Henry Charpentier, de dire les maîtres auxquels ils s’apparente, et qui sont tous parmi les plus nobles et les plus parfaits. Le Poème d’Armageddon nous apporte d’aussi larges visions que le Qain des Poèmes barbares [de Charles Leconte de Lisle, 1818-1894]; L’Océan pacifique, par sa typographie même, en même temps que par la puissance et la richesse de sa pensée, atteste l’admiration du Coup de dés [de Stéphane Mallarmé, 1842-1898]. Les Odes, amples et pindariques, rappellent le lyrisme d’un La Tailhède [Raymond de la Tailhède, 1867-1938]. La Nuit de juin, aux strophes décasyllabiques, nous offre une angoissante méditation qui sonde certains gouffres de l’âme comme faisait le Cimetière marin [de Paul Valéry, 1871-1945]. Mais s’il a, comme il le devait, subi quelques influences qui lui donnèrent le goût de la perfection et des hautes spéculations philosophiques, M. Henry Charpentier, poète intellectuel, poète de la connaissance, géomètre et constructeur à l’exemple de M. Paul Valéry, garde toujours sa vraie personnalité. L’une de ses originalités vient de sa grande érudition. S’il a fréquenté le pays de légende où Narcisse se penche sur une fontaine, où Phébus-Apollon module ses chants divins, s’il connaît tous les prophètes et leurs disciples, — tel ce vieux Baruch qui fut transporté en songe en un lieu nommé Armageddon [Ce disciple du prophète Jérémie est l’auteur supposé d’un ouvrage qui n’a pas été inclu dans la Bible officielle, l’Apocalypse de Baruch], — il n’ignore rien des plus récentes découvertes de la science. Ainsi, dans ses vers, une terminologie très moderne se mêle [p.369] au vocabulaire biblique et mythologique. Dans l’Océan pacifique, il imagine que deux amies, grâce aux inventions d’Edison [1847-1931, qui déposa plus de 1300 brevets, dont l’un pour une amélioration du téléphone de Bell, et un autre pour une nouvelle sorte de dynamo], peuvent voir de loin leurs fiancés partis avec la flotte américaine, tandis que la dynamo fait entendre les longs gémissements de Neptune. Ses dieux connaissent les ondes hertziennes; Homère et Wells [H.G. Wells, 1866-1946, auteur de célèbres romans d’anticipation et d’ouvrages de vulgarisation scientifique] collaborent. Poésie savante, apocalyptique, souvent mallarméenne, d’un auteur assez difficile; poésie élégante qui nous séduit par sa noblesse et son mystère, mais nous touche mieux quand le poète se fait plus simple et plus humain:
Et, brisant le mot rare et l’orgueil exalté, Nue enfin, de mon coeur, antique et jeune muse, Fais jaillir le sublime et la simplicité. [Ajoutons ceci, d’après le Dictionnaire Encyclopédique Quillet-Flammarion: Devenu secrétaire général de l’Académie Mallarmé en 1941, Henri Charpentier a encore publié au moins un recueil de Poèmes orphiques en 1945, et il est mort en 1952. Ses Poésies complètes ont été éditées en 1956.] |
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Henry Charpentier Robert Sabatier, dans sa monumentale Histoire de la Poésie française, considère d’évidence Charpentier comme un poète mineur, qu’il range parmi les néo-classiques gravitant autour de Paul Valéry, avec Lucien Fabre, François-Paul Alibert et Henri Gautier Du Bayle (p. 42); il nous le montre ensuite (p. 482) dans un groupe assez vaste de poètes (les uns de l’école fantaisiste, les autres partisans d’un classicisme modéré, dont Valéry lui-même), qui publient tous dans la revue du Divan, autour de Henri Martineau (né en 1888); il ne lui consacre en propre que ce paragraphe, dans une section intitulée L’Antiquité et les antiquailles: Henry Charpentier (1889-1952) [...] ira de l’art de Leconte de Lisle ou de Hugo vers celui de Mallarmé et de Valéry par un goût prononcé d’assimiler la Poésie à la Connaissance, mais ses premiers maîtres lui auront donné ce sens de se plaire dans la familiarité des deux antiques (p. 55). Wallace Stevens (http://ourworld.compuserve.com/homepages/Gilles_Mourier/biblio.htm, page qui n'est plus en ligne en 2004) considère d’une manière générale cette Histoire de la Poésie française comme «pitoyable». Il ne nous appartient pas de nous prononcer en pareille matière, qui demande sans doute plus de nuances; c’est à la vérité un art bien difficile que celui de la critique, et l’histoire littéraire étampoise en donne un bon exemple en la personne de Gabriel Alexandre Dufaï, critique redoutable en son temps, brocardé lui-même par de nombreux auteurs (comme Banville ou Flaubert), et finissant ses jours dans un asile d’aliénés. Comment dire surtout tout ce qu’il faut dire d’un si grand nombre d’auteurs? Il faut bien du courage pour entreprendre une Histoire de la Poésie. Mais enfin, en ce qui concerne Henry Charpentier, il faut bien reconnaître que Sabatier est mal renseigné (notamment parce que la première œuvre notable de ce poète est un Tombeau de Mallarmé), et qu’il aurait peut-être mieux de s’abstenir d’en parler. |
| Source: Robert SABATIER, Histoire de la Poésie
française. La Poésie du vingtième siècle. 1.
Tradition et Évolution, Paris, Albin Michel, 1977, pp. 42, 55
& 481 (résumé et discussion: Bernard Gineste, septembre 2001). |
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Henry CHARPENTIER, La mer fabuleuse, Meissen, 1909 [le poète est alors âgé de 20 ans]. Henry CHARPENTIER, Tombeau de Stéphane Mallarmé, à compte d’auteur, 1910. Henry de VERNEUSE [pseudonyme de Henry CHARPENTIER], «Stances», in Le Divan (4e année) [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, gallica.bnf.fr, N092646, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n092646.htm, en ligne en 2003], n°31 (novembre 1912), p. 312 [dont une saisie par le Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cle-20-charpentier-1912divan.html, 2003. Henry CHARPENTIER, Le poème d’Armageddon, La Connaissance, 1920 [une autre source écrit Harmageddon: à vérifier]. Henry CHARPENTIER, Odes et poèmes [in-8° broché; 173 p; édition nuémrotée sur vélin], Paris, G. Crès et Cie, 1922. Henry CHARPENTIER, «Le Pavillon fermé», in Le Divan (15e année) [dont une réédition numérique en mode image par la BNF, gallica.bnf.fr, N092654, http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?E=0&O=n092654.htm, en ligne en 2003], n°85 (1923), p. 312 [dont une saisie par le Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cle-20-charpentier-1923divan.html, 2003. Henry CHARPENTIER, Océan Pacifique, poème [34 cm; 34 p. non paginées], Paris, L. Kaldor [à compte d’auteur], 1925. Henry CHARPENTIER, Odes, Marcelle Lesage, 1926. Henry CHARPENTIER, Océan pacifique, Marcelle Lesage, 1926. Henry CHARPENTIER, Arion [23 cm; 11 p. non paginées], Lyon, Audin [à compte d’auteur], 1928. Henry CHARPENTIER, Signes, Le Pigeonnier, 1928.
Henry CHARPENTIER, Guy LAVAUD, Louis MANDIN & E. MONTFORT, La Poésie
d’aujourd’hui, deuxième série, anthologie nouvelle: Francis
CARCO, Jean COCTEAU, L. DEUBEL, J. DYSSORD, Valéry LARBAUD, Paul
MORAND, J. PELLERIN, Jules ROMAIN, André SPIRE, etc. [grand in-12;
160 p. + 16 p. de catalogue; notices rédigées par H. Charpentier,
etc.], Paris, Librairie Valois, 1929
= Les Marges [nouvelle série de cette revue], Cahier d’Automne
(juillet-septembre 1929).
Henry CHARPENTIER, La nuit de juin, Latinité, 1930.
Henry CHARPENTIER, «Gloses»,
Stéphane MALLARMÉ (1842-1898), [I] Stéphane Mallarmé.
Un faune. Lithographies originales de René Demeurisse. [II] Stéphane
Mallarmé. Lithographies originales de René Demeurisse. L'après-midi
d'un faune, églogue. [III] Claude Debussy. Prélude
à l'après-midi d'un faune. Lithographies originales de René
Demeurisse. [IV] Henry Charpentier,... Gloses. Lithographies originales
de René Demeurisse [4 fascicules in-f° (34 cm sur 26); figures;
musique; portrait; couverture illustrée; Le ″Prélude à
l'après-midi d'un faune″ est la reproduction du manuscrit original;
le t. IV contient des Offrandes à divers du faune, par Stéphane
Mallarme], Paris, Rombaldin, 1943.
Henry CHARPENTIER, Poèmes orphiques, 1945.
Henry CHARPENTIER, Les Bucoliques de Virgile. Texte latin et traduction
nouvelle [in-f° ou gr. in-4° (34 cm sur 26,5); IV+139 p., figures,
planches, lithographies originales de René Demeurisse; couverture
en couleur], Paris, 1946. Henry
CHARPENTIER, «Préface», in Helen MAI, Le Chant des
mains, 14 poèmes accompagnés de 14 lithographies de l’auteur
[grand in-4° 33 cm sur 25); non paginé; texte des poèmes
lithographié], Paris, chez l’auteur, 1950.
Henry CHARPENTIER, «Poème ancien», in René-Louis
DOYON [rédacteur], Les Livrets du Mandarin, 2e Année.
N ° 9. Quelques idées sur André Gide, I, (extraits). A
l’ombre de La Madeleine, variations sur la mode. Exégèse et
amitié: Cocteau et Radiguet. Sur le théâtre: de Knoch
à l’Atelier, clubs et anomalies. Invité: Henry Charpentier,
poème ancien; pour Maurice Du Plessys [in-16; 36 p.], Paris,
La Connaissance, sans date.
Robert SABATIER [de l’Académie Goncourt], Histoire
de la Poésie française. La Poésie du vingtième
siècle. 1. Tradition et Évolution, Paris, Albin Michel,
1977, pp. 42, 55 & 481. Dans le Corpus Étampois
Bernard GINESTE, «Henry Charpentier:
Six pièces poétiques (1928-1937; avec des notes)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cle-20-charpentier-6poemes.html,
2003.
Bernard GINESTE [éd.], «Henry Charpentier:
Le Pavillon fermé (sonnet, 1923)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cle-20-charpentier-1923divan.html,
2003. |
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