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Louis Krémer, nous savons pour l’instant peu de choses (février
2002). Né peut-être à Cormeilles-en-Parisis (Val-d’Oise),
il a en tout cas fait ses études au Collège d’Étampes
en même temps que son ami André Charpentier. Il était
donc probablement né comme ce dernier en 1889. La lecture de vieux
numéros du Mercure de France a été pour eux
une révélation, et c’est sur les bancs de notre collège
qu’ils ont tous deux commencé de taquiner la Muse. André Dumas
nous dit que le Tombeau de Mallarmé, que Charpentier ne fit
paraître qu’en 1910 (et qui fut encore imprimé à Etampes,
par Dormann) avait été composé au Collège. Cependant
le destin de ces deux amis fut bien différent.
Tous deux firent publier leur première œuvre en 1909, chez des éditeurs parisiens: Charpentier La mer fabuleuse, chez Messein, et Krémer Le tribut d’airain, chez Falque, l’ouvrage étant imprimé par Ollivier Lecesne à Étampes, à 125 exemplaires seulement; on y trouve l’annonce d’une prochaine publication en commun avec Henry Charpentier, qui ne paraît pas avoir eu de suite. Charpentier poursuivit une carrière poétique remarquée et mourut en 1952; ses poésies complètes, parues quatre ans plus tard, attestent d’une poésie extrêmement soignée et inspirée, longuement murie, et pour tout dire arrivée à sa maturité. Krémer, lui, sera fauché en pleine jeunesse par la Grande Guerre en 1918. Son nom est porté, dans le hall d’entrée du Collège, parmi ceux des anciens élèves tombés au champ d’honneur. Il n’apparaît guère ailleurs. Son recueil est passé naturellement inaperçu. On ne manquera pas d’y trouver plusieurs défauts inhérents à une poésie encore adolescente, notamment un peu d’emphase, et quelques tics. Cependant on y relève aussi de beaux vers, dont le sujet surtout a quelque chose de touchant, et de prophétique. L’évocation des horreurs de la guerre y est très stylisée: Krémer ne les connaissait que par ouï-dire, par les récits de ses professeurs, par ses lectures classiques, et par les chants surtout de ces poètes dont il rêvait de rejoindre les rangs, comme Hugo ou Leconte de Lisle. Mais on pourrait inscrire, sous la liste de tous les élèves du Collège comme lui morts pour la France, ces vers prophétiques, écrits à 20 ans:
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| Les Triomphateurs [titre et dédicace] |
| I. Au conquérant fabuleux [Thésée] |
| II. [Les Égyptiens en Israël] |
| III. [Marc-Antoine?] |
| IV. [Un général à la fin de l’Empire Romain?] |
| V. [Prise de Rome par les Ostrogoth?] |
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André Dumas: Mention de Krémer (1937)
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Notice provisoire (février 2002)
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Bibliographie provisoire (février
2002)
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Au poète Henry Charpentier.
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LA haute majesté des nefs au becs d’airain
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PARCE qu’il ont foulé Galaad sous des herses,
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UN soir d’ombre et de sang, sinistre, suffocant,
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De livides éclairs, dans le jour finissant, |
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[...] M. Henry Charpentier, né à Paris le 15 juin 1889, vécut une partie de sa jeunesse à Étampes, où, avec son ami Louis Kremer, tué à la guerre en 1918 [et mentionné parmi les anciens élèves du collège Guettard morts pour la France, sur la plaque commémorative du hall d’entrée], il s’éveilla à la poésie en dévorant de vieux numéros du Mercure de France tombés entre les mains des deux jeunes gens. [Cette très ancienne revue, refondée par Alfred Valette en 1890 et bimensuelle à partir de 1905, fut le principal éditeur des écrivains de l’école symboliste.] Il était encore sur les bancs du collège quand il composa le Tombeau de Stéphane Mallarmé, qui, paru en 1910, le fit à ce point estimer par la famille du grand poète que le docteur Bonniot, à sa mort, désigna M. Henry Charpentier pour conserver et publier éventuellement les manuscrits de son beau-père. [...] |
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Henry CHARPENTIER, La mer fabuleuse, poèmes [in-16; 35 p.; planche: bois d’A. Danger], Paris, A. Messein, 1909 [le poète est alors agé de 20 ans; dans l’exemplaire sur Japon de la BNF, avec un envoi autographe de l'auteur à Tancrède de Visan, on a joint 3 poèmes autographes de l’auteur]. Louis KRÉMER, Le Tribut d’airain — Poèmes [in-16; non paginé (93 p.); 23 pièces poétiques en deux parties: 1. Les Triomphateurs (19 pièces); 2. Le Rire de la Saison (4 pièces)], Paris, Henri Falque [imprimé à Étampes par Ollivier Lecesne; 125 exemplaires], 1909. Henry CHARPENTIER & Louis KRÉMER, L’heure qui fut charmante. Poèmes. Proses [parution annoncée par KRÉMER 1909, p.3, mais dont il n’est pas trace à la Bibliothèque Nationale] Henry CHARPENTIER, Tombeau de Stéphane Mallarmé, poème [in-4°; non paginé (19 p.); avec un (poème-)frontispice de Guy-Robert Du Costal], Paris, à compte d’auteur (imprimé à Etampes par M. Dormann), 1910. André DUMAS, «Henry Charpentier», in ID., Poètes nouveaux. Morceaux choisis accompagnés de notices bio- et bibliographiques et de nombreux autographes [in-16; 447 p.], Paris, Delagrave [«Collection Pallas»], 1937, p. 368-376. Bernard GINESTE [éd.], «Louis Kremer : Les Triomphateurs (1909)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cle-20-louiskremer.html, 2002. Bernard GINESTE [éd.], «Collège d’Étampes: Aux maîtres et élèves morts pour la Patrie», in Corpus Étampois, http://corpusetampois.com/che-20-clg-memorial1918.html, 2002-2003. FRANCE-GENWEB, «Cormeilles-en-Parisis, Monument aux Morts», in Mémorial-GenWeb (Relevé n° 9223, saisi par Thierry Davroux), http://www.memorial-genweb.org (en ligne en 2003): mention d’un Louis Kremer qui est peut-être notre homme. FRANCE-GENWEB, «Étampes, Plaque commémorative Collège Jean-Etienne Guettard», in Mémorial-GenWeb, http://www.memorial-genweb.org (relevé n° 12075, saisi par par Bernard Gineste, en ligne en 2003). |
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