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BIBLIOGRAPHIE
Œuvres
de Pierre Goldman
Pierre GOLDMAN, Souvenirs obscurs d’un juif polonais né
en France [285 p.; autobiographie], Paris, Seuil, 1975 [épuisé].
Pierre GOLDMAN, L’ordinaire mésaventure d’Archibald Rapoport. Roman
[189 p.], Paris, Julliard, 1977.
Dossier de presse sur Pierre
Goldman
Libération,
Le Monde, Esprit, Les Temps Modernes, L’Arche,
VSD: 87 articles de presse de 1974, 1975, 1976, 1977, 1979 et
2001, réunis, saisis et mis en ligne sous la direction de Jean-Michel FONTAINE, http://www.parler-de-sa-vie.net/pierre/pierre.html, en
ligne en 2004.
Ouvrages sur Pierre Goldman
Hélène CIXOUS, Un K. incompréhensible:
Pierre Goldman, Paris, Christian Bourgois, 1975.
Régis
DEBRAY, Les
rendez-vous manqués (pour Pierre Goldman), Paris, Le Seuil, 1975.
Wladimir RABI & Alter
Goldman, L’homme qui est entré dans la loi: Pierre Goldman. Entretien
avec Alter Goldman, Paris, La Pensée Sauvage [«supplément à
la revue Les temps modernes numéro 353»], décembre 1976 [dont une réédition
numérique en mode texte par Jean-Michel FONTAINE: http://www.parler-de-sa-vie.net/pierre/197612xx01.html, en ligne en 2004].
Dr Yves
ROUMAJON, Ils ne sont pas nés délinquants, Paris, Robert
Lafon [«Press Pocket»], 1981.
Jean-Paul DOLLÉ, L’insoumis. Vies et légendes de Pierre
Goldman, Paris, Grasset, 1997.
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Message d’une internaute étampoise
qui recommande le livre de Dollé
Au delà du parcours de vie de Goldman l’intérêt de ce
livre réside, à mon sens, dans le témoignage sur une
époque, les années 60-79, marquées par des idéaux
et le brassage d’idées dont on aimerait qu’elles rejaillissent aujourd’hui...
J’ajoute qu’à l’époque le Magazine Littéraire
avait salué ce bouquin comme relatant l’épopée "d’un
héros de notre temps".
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Critique de Josyane Savigneau parue
dans Le Monde du 24 Octobre 1997
Jean-Paul Dollé, témoin
lucide
Ce n’est
pas sans appréhension, en ce temps fanatiquement voué à
la commémoration, que l’on voit venir le trentième anniversaire
de mai 68. Après le déferlement de mythologie virile, guerrière
et «christique» qui entoure le trentième anniversaire
de la mort de Che Guevara, on peut tout craindre. C’est pourquoi, d’emblée,
on se dit que l’essai de Jean-Paul Dollé, L’Insoumis, vies et légendes
de Pierre Goldman, n’est que le premier d’une longue cohorte de livres
«générationnels», déclinant à l’infini
le «qu’avons nous fait de nos années 60?». Si l’on passe
sur le titre, grandiloquent, et sur l’accablante phrase de Péguy placée
en épigraphe «Nous voulons bien avoir été bernés,
mais nous voulons avoir été grands», qui, en fait, décrit
assez justement les protagonistes du récit, on lira un texte remarquable
de finesse et de lucidité. A l’inverse de la pulsion commémorative,
qui porte en elle la volonté d’amnésie, l’analyse de Dollé
incite à comprendre, à penser un individu exceptionnel et une
époque dans toutes leurs complexités et leurs ambiguïtés,
donc à les garder en mémoire.
Comment résumer, pour ceux auxquels ce nom ne
dit rien, le destin de Pierre Goldman, alors que, précisément,
le livre de Dollé va contre toutes les simplifications? Né à
Paris en 1944 dans une famille juive polonaise, Goldman, au début des
années 60, entre dans le cercle de ceux qui militent à l’Union
des étudiants communistes. Ce «héros sartrien» fait
la connaissance de jeunes intellectuels bien décidés à
renverser le vieux monde et qui, pour l’heure, font le coup de poing contre
les étudiants d’extrême droite en rêvant de guérilla
en Amérique latine. Goldman ne sera jamais vraiment l’un d’eux d’ailleurs
parmi eux, déjà, il y a les normaliens de la rue d’Ulm et «les
autres». Régis Debray, qui «se méfie de la marginalité
et de l’amateurisme intellectuel de Goldman», est l’un de ces normaliens
avec lesquels on «bute toujours sur [un] fond de scepticisme, qui est
le nom, plus anodin, de leur arrogance».
Comme Régis Debray, Goldman ira en Amérique
latine. En 1967. En mai 68, à Paris, il ne comprend pas ces gens qui
veulent «parler, comprendre, ne plus obéir bêtement, ni
se faire voler leur vie ; ils ne veulent pas prendre le pouvoir, encore moins
déclencher une guerre civile. Ils veulent être libres».
Goldman rejoint le Venezuela. Quand il en revient, en 1969, il choisit la
marginalité du gangstérisme. Le 8 avril 1970, il est arrêté,
accusé de braquages, qu’il reconnaît, et du meurtre de deux pharmaciennes,
qu’il nie. Lors de son procès, en 1974, on a le sentiment d’assister
à un règlement de comptes entre une société qui
a eu peur et un symbole de la jeunesse qui s’est soulevée à
la fin des années 60. Il est condamné à la réclusion
criminelle à perpétuité, alors que l’accusation n’a rien
pu prouver. Dans la salle de la cour d’assises de Paris, c’est l’émeute.
Puis intellectuels et artistes se mobilisent pour Goldman. Son pourvoi en
cassation est accepté, il est rejugé en 1976 et acquitté
par la cour d’assises de la Somme. En prison, il écrit un très
beau livre, publié en 1975, Souvenirs obscurs d’un juif polonais
né en France.
Selon Dollé, «Goldman est resté un
insoumis. En 1976, quand il sort de prison, c’est une disposition d’esprit
de plus en plus mal vue. Depuis la désagrégation de la mouvance
gauchiste, l’irrégulier est passé de mode». Il écrit
dans Libération, et, en 1977, publie L’Ordinaire mésaventure
d’Archibald de Rapoport, sorte de roman picaresque qui met en scène
un tueur méditatif et qui met mal à l’aise beaucoup de ses amis.
Pour le reste, on ne sait pas très bien quelles sont ses activités.
Certains prétendent qu’il fait de la contrebande d’armes. Le 20 septembre
1979, à quelques jours de la naissance de son fils, il est tué
dans la rue. Il a trente-cinq ans. Un mystérieux groupe «Honneur
de la police» revendique son assassinat, qui n’a jamais été
élucidé.
S’il
ne faisait que raconter, avec empathie et émotion, cette histoire
qui fut celle de son ami, Jean-Paul Dollé aurait simplement écrit
un récit de souvenirs. Mais son livre va bien au-delà. Outre
les portraits, vifs, pertinents, originaux, subtils, qu’il trace des figures
intellectuelles de l’époque, Lacan, Deleuze, Althusser, Dollé
donne à comprendre, de l’intérieur, le parcours de ces «jeunes
mâles» d’hier qui sont devenus les hommes de pouvoir d’aujourd’hui
en politique, dans les médias, dans les entreprises. Goldman partageait
avec eux une impossibilité à «concevoir des rapports
d’égalité avec l’autre sexe», un embarras avec la sexualité
et des désirs «d’honneur et de fraternité», de
«communion avec les autres mâles, combattants, amis ou ennemis,
peu importe». Mais lui, dit Dollé, était assuré
de «ne jamais consentir à la communauté des seigneurs».
Face à tous ces futurs «petits maîtres» à
l’esprit policier, Goldman est le héros ambigu qui veut défier
la mort. Héros sartrien parce que «non récupérable».
Finalement, Goldman est moins éloigné de
cette avant-garde intellectuelle «structuraliste, tel-queliste»,
qu’il détestait lui préférant «l’archaïsme
du courage» que de ceux qui prétendaient «faire la révolution»
par simple passion de commander. Car la question qui l’obsède, c’est
celle de l’écrit. «Je voulais écrire ma vie dans la vie,
l’y inscrire, qu’elle soit un roman, dit-il dans Souvenirs obscurs...
Elle ne le fut pas et de l’avoir écrite sans la romancer ne la transforme
pas en roman.» Et Dollé commente: «Vouloir écrire
sa vie mais ne pas écrire dans sa vie; que sa vie soit un roman et
s’interdire d’être romancier, par honte d’écrire. Goldman n’a
pas d’autre manière de surmonter cette contradiction fondamentale que
d’accomplir des crimes pour les expier, et par là même, se laver
de l’infamie d’écrire, puisqu’il écrit pour se défendre.»
Mais c’est sans doute le sujet d’un autre livre.
Si la lecture de Jean-Paul Dollé est si stimulante,
ce n’est pas à cause de la figure héroïque de Goldman,
c’est au contraire parce qu’il ne cède jamais à l’héroïsation
niaise et que son livre n’est pas un morceau de passé, mais un matériau
pour penser l’avenir. A ce titre on ne saurait trop recommander aux anciens
«jeunes mâles» de le méditer longuement et plus encore
aux jeunes femmes de l’analyser en détail. Car les hommes dont on
parle ici, ce sont leurs pères, et si elles ne sont pas résolues
à combattre leur vision des femmes, elles feraient mieux de ranger
leurs livres et de s’en tenir au tricot.
JOSYANE SAVIGNEAU
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Commissaire Marcel LECLERC, «Pierre Goldman», in ID., De l’anti-gang
à la criminelle. Un grand flic ouvre ses dossiers, Paris, Plon, 2000, chapitre
5, pp. 45-76 [dont une réédition numérique
en mode texte par Jean-Michel FONTAINE: http://www.parler-de-sa-vie.net/pierre/2000xx01.html, en ligne en 2004].
Pages web sur Pierre Goldman
Page de référence, avec
un important dossier de presse et des extraits de différents ouvrages
en ligne sur Pierre Goldman: Jean-Michel FONTAINE, «Pierre
Goldman», in ID., Jean-Jacques Goldman: Parler d’sa vie, http://www.parler-de-sa-vie.net/index2.html, en ligne en 2004.
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