CORPUS ARTISTIQUE ÉTAMPOIS
 
Jacques Corbel et alii
La villa Myriam de Jeanie d’Adler
années 1930
 
Villa Myriam
Villa Myriam, promenade de Guinette, années 1930

     Une série de cartes photos vient d’être signalée sur un site d’enchères en ligne, relatives à la villa Myriam, qui se dressait autrefois promenade de Guinette. C’est l’occasion d’ouvrir un dossier documentaire sur ce petit bijou futuriste de l’architecture étampoise aujourd’hui détruit. Toutes les contributions, documents, commentaires ou témoignages seront les bienvenus.
     Jacques Corbel et B. G., mars 2010
 
Jacques Corbel et alii
La villa Myriam de Jeanie d’Adler
compilation

     Nous sommes preneurs de toute information, document, commentaire éclairé ou souvenirs personnels sur cette maison étampoise des années 30. Participez à la mémoire du patrimoine étampois! Merci dès à présent à Bernard Paillasson et Claude Bosc de leurs contributions à ce dossier.
Jacques Corbel et B.G.

     TABLE DES MATIÈRES: Une série de cartes-photos. — Résultat du bombardement de 1944. — État actuel du site. — Témoignage de Guibourgé. — Témoignage de Bernard Paillasson. — Quelques données sur Willy et Jeanie d’Adler. — Sépulture de la famile d’Adler au cimétière Saint-Martin.


01. Une série de cartes-photos des années 1930

Villa Myriam
Vue extérieure
Villa Myriam
Vue depuis la terrasse vers Saint-Pierre
Villa Myriam
Intérieur
Villa Myriam
Intérieur
Villa Myriam
Intérieur
Villa Myriam
Intérieur
Villa Myriam
Chapelle

 Photo récupérées par Jacques Corbel sur le site d’enchères en lignes Delcampe en mars 2010.
02. Résultat du bombardement de juin 1944
(clichés Rameau)

Villa Myriam

Villa Myriam

 Clichés Robert Rameau mis en ligne par le Corpus Étampois.


Liste des sinistrés
 
Liste des sinistrés
Clichés Jacques Corbel, mars 2010.



Ce document est conservé aux Archives municipales d’Étampes sous la cote 2W 151.


Avec nos remerciements à Clément Wingler, archiviste.
   
03. État actuel du site
(clichés de Jacques Corbel, mars 2010)

Villa Myriam

Villa Myriam

Villa Myriam

Villa Myriam

     La vue contemporaine est prise depuis l’allée voisine qui contient le monument Dallier à la mémoire des victimes du bombardement de 1944, érigé par Madame Dallier, voisine des d’Adler, en souvenir de tous les siens qui s’étaient réfugiés à cet endroit et périrent tous sous les bombes anglaises dans leur fragile abri de jardin.
 Clichés de Jacques Corbel, mars 2010.
04. Témoignage de Léon Guibourgé (1957)
(Étampes ville royale, chapitre VII.2: Le Petit-Saint-Mars)

Léon Guibourgé      Les héritiers de Mme la comtesse de la Bigne vendirent le château du Petit-Saint-Mars. Ce fut M. Willy d’Adler qui en devint acquéreur. Nous avons demandé à Mme d’Adler, sa veuve, toujours bien connue et estimée à Etampes, de nous parler de son cher et distingué mari. Elle nous a remis un article de la revue L’Illustration paru le 4 février 1929 [sic (1928)], à l’occasion du décès de M. d’Adler et qui en fait le plus bel éloge. Le voici: «Ces jours derniers est mort à Paris Willy d’Adler. Ce nom évoque pour tous ceux qui l’ont connu le souvenir d’un de ces fidèles amis de la France, tel que nous n’en avons jamais assez. Né à Constantinople, de parents autrichiens, il fut élevé dans la langue française et dans l’admiration de notre pays.
     «Marié à une Française, il occupait avant la guerre dans le monde financier de Paris une place des plus importantes. On y appréciait son vif désir de servir à la fois notre patrie et la sienne, en amenant entre la France et l’Autriche-Hongrie un rapprochement qui eût pu éviter la grande crise.
     «La guerre le sépare de nous; mais à peine l’armistice lui eut-il rendu la liberté de parler et d’agir qu’il remit son activité au service de la même cause. Il combattit énergiquement le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne et l’un de nos distingués diplomates, qui l’avait vu à l’œuvre, considérait que, si ce rattachement a pu être évité, le mérite en revenait en grande partie à Willy d’Adler.
     «La France s’en montra reconnaissante et lui facilita par tous les moyens le retour parmi nous. C’est ainsi qu’il eut la consolation de passer dans sa propriété du Petit-Saint-Mars d’Etampes les dernières années de sa vie, hélas! trop brève, et de voir ses enfants fonder des familles françaises et avancer ainsi dans la voie qu’il leur avait tracée.»


     Après la mort de son mari, Mme d’Adler, isolée dans cette vaste demeure seigneuriale du Petit-Saint-Mars, vendit sa propriété à un grand industriel, directeur général des Etablissements Desmarais, M. Cayrol (1). Elle fit construire sur le coteau de Guinette, dominant toute la ville, un curieux pavillon moderne. Le bombardement de 1944 rasa le pavillon. A son grand regret, Mme d’Adler dut nous quitter et aller dans le Midi, à Grasse, près de sa famille, mais tous les ans aux beaux jours, elle ne manque pas de revoir ses amis d’Etampes.

     A son tour, M. Cayrol quitte le Petit-Saint-Mars et actuellement nos vieillards l’occupent. Ceux-ci pourront tranquillement y terminer leurs vieux jours, dans un décor rappelant les souvenirs d’antan. [p.210]

Le Château du Petit-Saint-Mars (carte postale de Louis des Gachons n°82)
Le château du Petit-Saint-Mars vers 1901


Villa Myriam
La villa Myriam (années 1930)


Texte mis en ligne par le Corpus Étampois.

     (1) Sur Robert Cayrol, voyez Maurice GUIERRE, Robert Cayrol (1883-1959). De la mer au pétrole. L’unité d’une vie [55 p.], Paris, Éditions Perceval, 1960 [non conservé à la BNF], dont des extraits en ligne à l’adresse suivante: http://www.annales.org/archives/x/cayrol.html, en ligne en 2009 (signalé par J. C.)
05. Témoignage de Bernard Paillasson
(2010)

     Bernard Paillasson nous apprend que Mme d’Adler était la seconde épouse de Willy d’Adler, à qui elle ne donna pas de nouveaux enfants. Selon la tradition locale, son mari aurait été ambassadeur d’Autriche en France, ce qui n’est pas tout à fait exact, même si Willy d’Adler a joué apparemment un rôle important dans les relations franco-autrichiennes.

     Willy d’Adler, avant-dernier propriétaire privé du château du Petit-Saint-Mars, était décédé quand sa veuve vendit ce château et se fit construire la villa Myriam sur le promenade de Guinette. Autrefois, ce site était mieux desservi qu’aujourd’hui depuis le centre-ville, car on y accédait directement, par dessus le chemin de fer, par la passerelle Saint-Gilles, qui continuait autrefois la rue Nicolaï, aujourd’hui Albert-Masse.

     En quittant le château du Petit-Saint-Mars pour cette villa, Mme d’Adler devint une paroissienne de l’église Saint-Gilles. C’était, selon les souvenirs de Bernard Paillasson, une petite femme assez marquée par son milieu, sympathique mais exigeante, et par ailleurs très pieuse.

     Lors de la construction de sa villa, la réalisation de la peinture intérieure fut confiée à la maison Durand, qui avait son siège place de l’Hôtel-de-Ville près de la Poste. Bernard Paillasson tient du regretté M. Rameau, photographe, qu’elle tutoyait, l’anecdote suivante. Monsieur Durand dut réaliser lui-même la peinture de la salle de bain. Il eut le malheur ce faisant de laisser tomber une goutte de peinture sur la baignoire de marbre. Il fallut changer la baignoire.

     Madame d’Adler avait fait faire une chapelle particulière dans sa villa, qui était desservi une matinée par semaine. Les enfants de chœur y allaient volontiers parce que les pourboires étaient généreux. Mais elle était très attentive à la qualité de leur service. Lors de la messe paroissiale, elle se rendait dans la sacristie et distribuait aux uns des félicitations, à d’autres des réprimandes.

     Si Madame d’Adler ni personne de sa famille n’est mort lors du bombardement de 1944, c’est parce que sa villa fut l’une de celles s’attribuèrent les occupants allemands en 1940. Elle fut hébergée pendant toute l’Occupation par Mme Durocher, veuve d’un vétérinaire, non loin de la maison qu’habitait alors Bernard Paillasson.

     Après guerre, le terrain fut racheté par une famille d’agriculteurs, les Coisnon, qui firent raser ce qui restait de la villa Myriam, et y firent construire la maison qu’on voit aujourd’hui au n°48 de la Promenade de Guinette.

     Bernard Paillasson se souvient qu’alors qu’il était très jeune enfant de chœur, Madame d’Adler lui avait demandé, plus tard, de prier sur sa tombe.
Villa Myriam
Chapelle
  Témoignage recueilli par B. G. en mars 2010.
06. Quelques données sur Willy d’Adler et sa veuve Jeanie
compilation (B. G. et Claude Bosc)

1909

     En 1909, l’Annuaire Desfossés, qui répertorie toutes les valeurs cotées sur la place de Paris, signale Wilhelm von Adler comme l’un des administrateurs de la Steaua Romana, ou “Étoile roumaine”, société anonyme pour l’industrie du pétrole dont le siège social est à Bucarest.

     Annuaire Desfossés. Valeurs cotées en banque à la Bourse de Paris. Édition 1909, Paris, E. Desfossés et Fabre frères, 1909, p. 604. 

1910

     En décembre 1910, le chevalier Willy d’Adler est mentionné par le Capitaliste, journal de la banque parisienne: il vient d’être élu administrateur pour six ans de Compagnie française de Mines d’or.

     Le Capitaliste, journal de la banque parisienne 33/51 (22 décembre 1910), p. 844: “Les banques intéressées aux mines d’or ont participé au raffermissement du marché minier. La Compagnie française de Mines d’or s’est élevée à 107 et 109. Les actionnaires ont tenu le 21 décembre courant une assemblée générale extraordinaire, sous la présidence de M. le baron Hély d’Oissel, président du conseil. L’assemblée a voté à l’unanimité les modifications statutaires proposées par le conseil, concernant notamment l’extension à toutes les affaires de banque des opérations de la Société jusqu’ici limitées à celles concernant uniquement les mines d’or, et l’augmentation éventuelle du capital social de 17 1/2 à 25 millions sur simple décision du conseil, sans qu’aucune nouvelle autorisation ait besoin d’être demandée. Cette autorisation est valable jusqu’au 31 décembre 1912.
     “MM. le chevalier W. d’Adler, Charles Gahen d’Anvers, Alfred Heilbronn, le professeur Jules Landesberger, Théodore Mottet ont été nommés administrateurs pour six années.”

janvier 1913

     En janvier 1913 a lieu à Londres une conférence  internationale organisée par la France relative à ce qu’on appelle alors la guerre des Balkans, qu’on cherche à éviter. Selon l’Abeille d’Étampes du 31 octobre 1914 (texte signalé par Claude Bosc, et reproduit plus bas), Willy d’Adler y aurait été ministre plénipotentiaire du gouvernement austro-hongrois.
Le Château du Petit-Saint-Mars (carte postale de Louis des Gachons n°82)
Le château du Petit-Saint-Mars vers 1901
avril 1913

     En avril 1913, nous trouvons Wilhelm von Adler, alias Willy d’Adler, bien installé dans le paysage de la finance française, où il joue un rôle non négligeable dans les négociations internationales en cours. Ancien directeur d'une banque de Vienne, il est désormais un des conseillers les plus influents de la Société Générale. Nous empruntons ici un extrait à un ouvrage qu’à consacré en 2005 l’historien Peter Hertner au financement international du réseau des chemins de fer balkaniques.
     «Depuis la fin de la première guerre des Balkans, ce qui signifie en avril 1913, un soi-disant “Syndicat d’Initiative (en français dans le texte) avait été constitué par l’entreprise de travaux publics bien connu la “Régie française des chemins de fer” (en français dans le texte) du comte Vitali et la banque privée Gunzburg avec Wilhelm von Adler, ancien directeur de la Wiener Bankverein, qui avait atteint une position notable au sein de la Société Générale francaise, en temps que conseiller. Vers novembre 1913, le groupe français avait mis au point un projet qui consistait à créer deux compagnies d’exploitation, l’une pour le réseau serbe, l’autre pour le réseau grec. Dans  chacun d’entre elles tant les Serbes que les Grecs obtiendraient un tiers du capital nominatif. Un autre tiers était réservé au capital français, et le troisième au capital austro-hongrois. Chacune de ces compagnies aurait été contrôlée par un holding financier ou, comme on l’appelait, une “société de trust” (en français dans le texte), organisée selon la loi française et basée à Paris. Au sein de ce holding, les capitaux français et austro-hongrois auraient eu des parts égales, ainsi qu’un nombre égal de représentants. Son président aurait été un Français.
     «On demanda sa collaboration à la Société Générale, l’une des plus importantes
“banques de dépôts” (en français dans le texte) de Paris, mais c’était une simple formalité puisque Wilhelm von Adler, conseiller influent de cette banque, était l’un des promoteurs du projet.»
     Peter Hertner ajoute cette note consacrée à Willy d’Adler, qui est pour nous d’un grand intérêt:
     «Selon une enquête menée par l’ambassadeur d’Allemagne à Vienne, von Tschirschky, von Adler, ou bien, comme les Français l’appelaient, d’Adler, n’était pas un citoyen français, mais en France il est considéré comme un Français. Il vit à Paris, joue un rôle important dans le monde français des affaires, et jouit en même temps de la confiance des cercles d’affaires autrichiens” (Die Große Politik der Europäischen Kabinette 1871-1914. Sammlung der Diplomatischen Akten des Auswärtigen Amtes, Berlin ff. Historisches Archiv der Deutschen Bank, Frankfurt/Main, tome 37/2, page 726, document n°15131: von Tischirschky au chancellier Berthmann Hollweg, 2 janvier 1914). Bernard Michel (Banques et banquiers en Autriche au début du 20e siècle, Paris, 1976) nous dit que l’ambassadeur de France à Vienne, Dumaine, appelait von Adler en 1913 un “financier cosmopolite”. “Cette étiquette quelque peu méprisante […] ne nous apprend rien, sinon la méfiance des ambassadeurs pour les milieux financiers”. Déjà en 1913 von Adler avait proposé une joint-venture composée de capitaux français et autrichiens à loccasion de l’acquisition de la partie occidentale du réseau ferré d’Orient. Une initiative de ce genre aurait “accru les garanties que sur cette ligne allant jusqu’à Salonique (…) aucune politique tarifaire ne puisse être menée à l’encontre de l’Autriche et que les règlements existants soient respectés scrupuleusement” (Wilhelm von Adler au Sektionschief Ritter von Wimmer du ministère autrichien des Finances, 4 janvier 1913, in Österreichisches Staatsarchiv, Haus-, Hof- und Staatsarchiv, Ministerium des Äußern, AR F 23, Karton 105)».
(traduction par Bernard Gineste, mars 2010).



     Peter HERTNER, The Balkan Railways, International Capital en Banking from the End of the 19th Centur until the Outbreak of the First World War. A paper presented at the EABH Conference ‘Finance and Modernisation’, Wien, 20-21 May 2005  Sofia, Bulgarian National Bank [“Discussions Papers” 53], 2006, p. 33. Ouvrage intégralement en ligne sur le site Scribd, à cette adresse (cliquez), en ligne en 2010.
    Autre édition : Peter HERTNER, «The Balkan Railways: capital and banking», in Gerard D. FELDMAN & Peter HERTNER, Finance and Modernization: A Transnational and Transcontinental Perspective for the Nineteenth and Twentieth Centuries [300 p.; recueil des contributions faites à une conférence organisée en 2005 par l’European Association for Banking and Financial History in Vienna, conférence hébergée par la Bank Austria Creditanstalt, institution héritière de l’Österreichische Creditanstalt], Farnham (Royaume-Uni), Ashgate Publishing, 2008, p. 151. Ouvrage partiellement en ligne sur le site Google Book, à cette adresse (cliquez),en ligne en 2010.
juillet 1913

     En juillet 1913 a lieu à Paris
une nouvelle réunion internationale à Paris visant à éviter les conflits entre les nations européennes par l’institution d’une juridiction arbitrale, d’un caractère international, chargée de trancher les conflits éventuels. Willy d’Adler est alors mentionné comme délégué de l’Autriche-Hongrie, vice-président et rapporteur du comité des concessions et contrats, et membre du sous-comité des concessions minières.
     MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, Commission financière des affaires balkaniques : procès-verbaux des séances plénières et rapports présentés au nom des divers Comités : première session 4 juin-18 juillet 1913 [450 p.], Paris, Imprimerie. Nationale, 1913, pp. 7, 13, 29, 34, 35, 43, 51, 62, 66 et 81.
    Cf. La Correspondance d’Orient. Revue économique, politique et littéraire 6/115 (1er juillet 1913), p. 35; A. W. SIJTHOFF, Lighthouses case between France and Greece: Judgment of March 17th, 1934 [469 p.], La Haie, Cour de Justice Internationale (Series A./B., fascicule n°62), 1934, p. 389.
     On peut trouver et lire le rapport de Willy d'Adler à cette adresse (cliquez), en ligne en 2010, pages 384-389.
Octobre 1914

     Fin octobre 1914, l’Abeille d’Étampes signale que le château du Petit-Saint-Mars, propriété d’un citoyen autrichien, vient d’être mis sous séquestre
     «Etampes. — Le président du tribunal civil d’Etampes vient de placer sous séquestre le château du Petit-Saint-Mars, acquis depuis quelques années par le banquier d’Adler qu’on avait dit être le ministre plénipotentiaire du gouvernement austro-hongrois  à la conférence de Londres de la guerre des Balkans.
    
«Pareille mesure a été prise en ce qui concerne la propriété sise rue Rose-Chéri, qui appartenait à un nommé Engel, coulissier autrichien, lequel a également disparu depuis fin juillet dernier.
    
«M. Ferré, receveur de l’enregistrement, a été nommé administrateur-séquestre de ces deux propriétés.»

Abeille d’Étampes - Réveil d’Étampes n°18 (31 octobre 1914), p.3.
(texte signalé et saisi par Claude Bosc)
Le Château du Petit-Saint-Mars (carte postale de Louis des Gachons n°82)
Le château du Petit-Saint-Mars vers 1901
1928

     Après la mort de Willy Adler le 18 janvier 1928, L’Illustration publie la nécrologie suivante dans son numéro n°4431 du 4 février (1928 et non 1929 comme l’indique par erreur Guibourgé):

M. Willy d’Adler, ami de la France
     «Ces jours derniers est mort à Paris Willy d’Adler. Ce nom évoque pour tous ceux qui l’ont connu le souvenir d’un de ces fidèles amis de la France, tel que nous n’en avons jamais assez. Né à Constantinople, de parents autrichiens, il fut élevé dans la langue française et dans l’admiration de notre pays.
     «Marié à une Française, il occupait avant la guerre dans le monde financier de Paris une place des plus importantes. On y appréciait son vif désir de servir à la fois notre patrie et la sienne, en amenant entre la France et l’Autriche-Hongrie un rapprochement qui eût pu éviter la grande crise.
     «La guerre le sépare de nous; mais à peine l’armistice lui eut-il rendu la liberté de parler et d’agir qu’il remit son activité au service de la même cause. Il combattit énergiquement le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne et l’un de nos distingués diplomates, qui l’avait vu à l’œuvre, considérait que, si ce rattachement a pu être évité, le mérite en revenait en grande partie à Willy d’Adler.
     «La France s’en montra reconnaissante et lui facilita par tous les moyens le retour parmi nous. C’est ainsi qu’il eut la consolation de passer dans sa propriété du Petit-Saint-Mars d’Etampes les dernières années de sa vie, hélas! trop brève, et de voir ses enfants fonder des familles françaises et avancer ainsi dans la voie qu’il leur avait tracée.»
     (D’après la transcription de Guibourgé).


1928-1935

     Madame d’Adler est signalée comme propriétaire du château du Petit-Saint-Mars par l’Annuaire des châteaux.
     Annuaire des châteaux et des villégiatures : 40.000 noms & adresses de l’aristocratie, du high life, de la colonie étrangère, du monde politique, de la magistrature, de l’armée, du clergé, des sciences, lettres et beaux arts, de tous les propriétaires des châteaux de France, etc. etc., avec notices descriptives, anecdotes & illustrations, Paris, A. La Fare, 1928, p. 38; 1931, p. 38; 1933, p. 4; 1935, p. 4.
Annuaire des châteaux 1928
Annuaire des châteaux, 1928

Annuaire des châteaux 1931
Annuaire des châteaux, 1931

Annuaire des châteaux 1933
Annuaire des châteaux, 1933

Annuaire des châteaux 1935
Annuaire des châteaux, 1935
1941

     La villa de Jeanne d’Adler est réquisitionnée par l’Occupant allemand en février 41.

Archives municipale d’Étampes, sous la cote 2W 78-80.
(Jacques Corbel, remerciements à Clément Wingler)

 
07. La sépulture de la famille d’Adler
(clichés de Jacques Corbel, mars 2010)

Sépulture
 
     Voici ce que nous lisons dans Étampes en lieux et place, de notre ami Frédéric Gatineau, p. 37:
CIMETIÈRE SAINT-MARTIN NOUVEAU
     Le cimetière actuel a été créé en 1842. Une grande partie du mur de clôture originel subsiste. Le portail principal avec son fronton de pierre ne manque pas de charme. Ce cimetière a été agrandi en 1891, en 1949 (partie nord-ouest) et en 1962 (partie nord-est). [...] 8) Grande sépulture de la famille d’Adler encadrée de thuyas. Les d’Adler possédaient le château du Petit Saint-Mars, puis une grande maison sur la promenade de Guinette.
    Voici par ailleurs les inscriptions que porte cette sépulture:
     Pax vobis. Ego sum. Nolite timere (Luc, XXIV, 36), ce qui se traduit ainsi: “La paix soit avec vous. C’est moi. N’ayez pas peur”; ce sont les paroles du Christ ressucité à ses disciples, d’abord effrayés par son apparition.

FAMILLE D’ADLER

— Willy d’Adler (3 décembre 1863 — 18 janvier 1928)
— Jeanie d’Adler, née Félizet (21 avril  1878 — 25 février 1967)
— Rosalie Elbogen, née Schwabacher (10 décembre 1850 — 22 février 1940)
— Edgar d’Adler (16 juillet 1900 —  8 mars 1966)
— Rodolphe d’Adler (16 mai 1898 — 27 avril 1969)
— Huguette d’Adler, née de Paniagua (6 février 1909 — 24 juillet 1969)
— Jacqueline R. d’Adler, née Arnodin (31 août 1901 — 21 novembre 1982)
J.C. et B.G.
Sépulture
Sépulture
Sépulture
  Clichés de Jacques Corbel, mars 2010


     TABLE DES MATIÈRES: Une série de cartes-photos. — Résultat du bombardement de 1944. — État actuel du site. — Témoignage de Guibourgé. — Témoignage de Bernard Paillasson. — Quelques données sur Willy et Jeanie d’Adler. — Sépulture de la famile d’Adler au cimétière Saint-Martin.


BIBLIOGRAPHIE PROVISOIRE

Édition

     Jacques CORBEL et alii, «La villa Myriam de Jeanie d’Adler (années 1930)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cae-20-villamyriam.html
, 2010.

Quelques sources

     MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, Commission financière des affaires balkaniques: procès-verbaux des séances plénières et rapports présentés au nom des divers Comités: première session 4 juin-18 juillet 1913 [450 p.], Paris, Imprimerie. Nationale, 1913, pp. 7, 13, 29, 34, 35, 43, 51, 62, 66 et 81.
     Cf. La Correspondance d’Orient. Revue économique, politique et littéraire 6/115 (1er juillet 1913), p. 35; A. W. SIJTHOFF, Lighthouses case between France and Greece: Judgment of March 17th, 1934 [469 p.], La Haie, Cour de Justice Internationale (Series A./B., fascicule n°62), 1934, p. 389.
     Le texte du rapport présenté par Willy d'Adler est reproduit en Annexe à ce dernier ouvrage, qui a été mis en ligne, on peut le lire à cette adresse:
     Willy d’ADLER (Wilhelm VON ADLER) [rapporteur], «Compte rendu des travaux préparatoires du comité des concessions et contrats (18 juin-17 juillet 1913)», en ligne à cette adresse (cliquez), en ligne en 2010, pages 384-389.

     Abeille d’Étampes (et) Réveil d’Étampes [journaux fusionnés pendant la durée des hostilités]
n°18 (31 octobre 1914), p.3.

     Annuaire des châteaux et des villégiatures: 40.000 noms & adresses de l’aristocratie, du high life, de la colonie étrangère, du monde politique, de la magistrature, de l’armée, du clergé, des sciences, lettres et beaux arts, de tous les propriétaires des châteaux de France, etc. etc., avec notices descriptives, anecdotes & illustrations, Paris, A. La Fare, 1928, p. 38; 1931, p. 38; 1933, p. 4; 1935, p. 4.

     L’Illustration 4431 (4 février 1928), p. ? [nécrologie dont le texte est reproduit par GUIBOURGÉ 1957].

     Eugène ou Robert RAMEAU [auteur probable,
photographes étampois bien connus de la propriétaire], Cartes photos de la Villa Myriam, fin des années 1930.

     Réquisition de la villa d’Adler par les Allemands, document conservé aux Archives municipale d’Étampes, sous la cote 2W 78-80.

     Robert RAMEAU [photographe étampois], Photographies du résultat du bombardement de 1944, clichés entre les mains de nombreuses familes étampoises.

     VILLE D’ÉTAMPES, Liste des sinistrés, registre de 1944 conservé aux Archives municipale d’Étampes, sous la cote 2W 151, n°393.

     
Léon GUIBOURGÉ, Étampes, ville royale [253 p.], Étampes, chez l’auteur (imprimerie de la Semeuse), 1957 [réédition en fac-similé: Péronnas, Éditions de la Tour Gile, 1997], p. 209.édition électronique in Corpus Étampois, http://corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes602petitsaintmars.html, 2004.

     Frédéric GATINEAU, Étampes en lieux et places, Étampes, A travers champs, 2003, p. 37.

     Peter HERTNER, The Balkan Railways, International Capital en Banking from the End of the 19th Centur until the Outbreak of the First World War. A paper presented at the EABH Conference ‘Finance and Modernisation’, Wien, 20-21 May 2005  Sofia, Bulgarian National Bank [“Discussions Papers” 53], 2006, p. 33. Ouvrage intégralement en ligne sur le site Scribd, à cette adresse (cliquez), en ligne en 2010.
    Autre édition: Peter HERTNER, «The Balkan Railways: capital and banking», in Gerard D. FELDMAN & Peter HERTNER, Finance and Modernization: A Transnational and Transcontinental Perspective for the Nineteenth and Twentieth Centuries [300 p.; recueil des contributions faites à une conférence organisée en 2005 par l’European Association for Banking and Financial History in Vienna, conférence hébergée par la Bank Austria Creditanstalt, institution héritière de l’Österreichische Creditanstalt], Farnham (Royaume-Uni), Ashgate Publishing, 2008, p. 151. Ouvrage partiellement en ligne sur le site Google Book, à cette adresse (cliquez),en ligne en 2010.

     Bernard PAILLASSON,
«Témoignage sur Madame d’Adler (mars 2010)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cae-20-villamyriam.html#paillasson, 2010.

     Jacques CORBEL, Bernard PAILLASSON, Claude BOSC, Bernard GINESTE et alii, «La villa Myriam de Jeanie d’Adler (années 1930)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cae-20-villamyriam.html, 2010.


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Sources: indiquées en lieux et places.
     
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