Corpus Historique Étampois
 
Archives des abbés de Saint-Benoît-sur-Loire
Nomination du curé de Saint-Pierre d’Étampes
19 pièces, 1760

Saint-Pierre d'Etampes en 1648 (détail du plan de Fleury (AD91, E3802, cliché François Jousset, 1999)
L’église Saint-Pierre d’Étampes en 1648 (plan du géomètre Fleury, AD 91, E3802, cliché F. Jousset)
 
     Voici un dossier inconnu à ce jour, qui jette un jour intéressant sur l’histoire de la paroisse et du quartier Saint-Pierre d’Étampes en 1760 et vient heureusement sajouter aux nombreux documents conservés aux Archives départementales de l’Essonne analysés en 2000 et 2001 par les deux premiers cahiers d’Étampes-Histoire. On y trouve notamment quatre lettres du marquis de Valory, seigneur de Saint-Pierre, et une lettre d’un prêtre orléanais qui explique d’une manière détaillée pourquoi il refuse la cure de Saint-Pierre à laquelle il avait été nommé.
B.G. (13 février 2008, 1ère édition)

     La saisie des textes anciens est une tâche fastidieuse et méritoire. Il ne faut pas décourager ceux qui s’y attellent en les pillant sans les citer.

 
Archives des abbés de Fleury
Nomination du curé de Saint-Pierre d’Étampes en 1760
19 pièces, 1760



Le comte de Saint-Florentin peint par Van Loo en 1768 (château de Versailles)      J’ai trouvé ce dossier en août 2007 aux Archives départementales du Cher, dont Frédéric Gatineau et moi-même avons commencé d’explorer les ressources l’été dernier, et dont j’ai déjà signalé dans le présent Corpus la richesse et l’intérêt pour les études historiques étampoises. Et en effet la chatellenie étampoise de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, quelques années avant la Révolution, était tombée dans l’escarcelle de ses derniers abbés commandataires, à savoir les archevêques de Bourges. En 1760, l’abbé en était Alexandre Milon, evêque-comte de Valence de 1725 à 1771. A ce titre, il lui revenait de nommer les curés de Saint-Pierre d’Étampes, paroisse qui appartenait à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire depuis les origines mêmes de ce monastère, au VIIe siècle. L’archevêque de Sens sur le diocèse de qui se trouvait alors Étampes, ne pouvait qu’entériner cette nomination, pourvu qu’elle ne déroge pas aux règles du droit canon. C’était alors Paul d’Albert de Luynes (1703-1788), cardinal de Luynes, qui  tint ce siège de 1753 à 1788. Son portrait gravé est ci-contre à droite.

     Nos pièces, actuellement conservées aux archives départementales du Cher sous la cote G 140, ont été cotées deux fois à date ancienne. La deuxième, ce fut par un archiviste qui écrivait en rouge et qui a réuni ces pièces dans un dossier par lui intitulé «Nominations par monseigneur l’evesque de Valence a la cure de saint Pierre au faubourg de la ville d’Etampes 13 9bre 1760» (notre pièce n°19).

Paul d'Albert de Luynes, archevêque de Sens      Cependant, ce titre est assez inexact, car, si l’on y regarde bien, ce dossier est avant tout celui d’un certain François Mauduison, prêtre du diocèse d’Orléans, protégé, pour une raison que nous ignorons pour l’instant, par le très puissant comte de Saint-Florentin. Louis Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, marquis (1725) puis duc (1770) de La Vrillière, né le 18 août 1705 et mort le 27 février 1777, est un homme d’État français. Succédant à son père en 1725 comme secrétaire d’État de la Religion prétendue réformée, il fut reçu dans la franc-maçonnerie en 1735. Ministre d’État en 1761, il fut secrétaire d’État à la Maison du Roi de Louis XV de 1749 à 1775; après le renvoi de Choiseul en 1770, il fut brièvement secrétaire d’État aux Affaires étrangères; il fut aussi chancelier et Garde des Sceaux de l’Ordre du Saint-Esprit de 1716 à 1770. Le château de Versailles conserve le beau portrait qu’en a donné Van Loo en 1769 (ci-contre à gauche).


       Le dossier de Mauduison est suivi par l’Intendant de l’évêque, Brisson. On essaye d’abord de caser François Mauduison à la cure de Vitry-aux-Loges (n°1), apparemment en vain, puis de le doter d’une chapellennie (qui n’est qu’une source de revenu ecclésiastique) (n°2). Quelques mois plus tard le marquis de Valory apprend à l’évêque de Valence l’agonie (n°3) puis la mort (n°4) de François Tiffonet, curé de Saint-Pierre d’Étampes. Bien que Valory rappelle à l’évêque qu’il lui avait promis qu’il lui laisserait le choix de ce curé, c’est en fait Mauduison qui est d’abord nommé (n°5 = n°6). Cependant, les protestations du marquis (n°7), et la déception de Mauduison en découvrant la paroisse de Saint-Pierre 
conduisent ce dernier à présenter sa démission (n°8, n°9), qu’il justifie d’une manière détaillée à l’intendant de l’évêque (n°10), qui lui retourne un formulaire de démission plus officielle (n°11). Cette démission entraîne la nomination de Jérôme Barbier (n°12), à la grande satisfaction du marquis (n°13). De son côté François Mauduison, après avoir patienté (n°14), signale l’année suivante la maladie (n°15) puis la mort (n°16) du curé de Dampierre-en-Burly. Bien qu’un certain Marville demande la même cure pour un autre prêtre (n°17), c’est bien cette fois François Mauduison qui  obtient gain de cause (n°18).

     Ce Marville est le comte Claude-Henri Feydeau de Marville, d’abord maître des requêtes, puis lieutenant de police, et enfin conseiller d’État
, qui fut aussi ambassadeur de Louis XV en Hollande. C’était une connaissance de Saint-Florentin et le Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV d’Edmond Barbier par exemple les cite dans la même page, lors de la démission du chancelier Lamoignon en octobre 1763: «M. de Marville a rapporté les sceaux au roi, ou du moins dans son cabinet, lundi au soir, très-tard. C’est apparemment M. le comte de Saint-Florentin, ministre, qui les a reçus, attendu que le roi était parti pour Choisy.» (tome IV, p. 471)

Le Comte de Valory (huile sur toile d'Antoine Pesne)      Sans tenir compte des cotes que portent ces documents, je les ai remunérotés ici, dans l’ordre chronologique de leur composition. En définitive seulement la moitié de ces documents intéressent directement l’histoire d’Étampes. Cependant c’eût été un grave péché contre l’esprit que de mutiler cette série documentaire: on ne peut pleinement la comprendre qu’en la lisant autant que possible dans son intégralité.

     On notera comme particulièrement intéressantes pour l’histoire d’Étampes, d’une part la lettre de François Mauduison expliquant à l’intendant de l’archevêque de Valence, abbé commandataire de Saint-Benoît-sur-Loire, pourquoi il refuse la cure de Saint-Pierre (il évoque clairement, à l’intention de l’intendant Brisson, la pauvreté de cette paroisse, dont la cure ne peut pas le faire vivre convenablement); et d’autre part les quatre lettres du Marquis de Valory conservées par ce dossier. Rappelons que Jacques Gélis a donné un article en 2001 sur ce grand commis du roi, bailly d’Étampes et seigneur du Bourgneuf, où il déplorait notamment la perte de sa correspondance. Notre petite découverte a pour mérite de combler, si petitement que ce soit, cette regrettable perte. Nous donnons ci-contre un portrait gravé du marquis qui est conservé notamment à la BNF.

     Nous trouvons par chance dans ces lettres une passionnante tranche de vie, où le bailli d’Étampes, qui se vante d’avoir récemment acheté aux chartreux d’Orléans la seigneurie de Saint-Pierre, exprime notamment sans détour la volonté d’avoir à sa botte le curé de sa seigneurie, et se plaint des cancans qui courraient en ville si jamais il n’avait pas gain de cause.
Bernard Gineste, février 2008.

  
N°1
Première lettre du comte de Saint-Florentin à l’évêque de Valence
18 mai 1760

à Paris le 18 may 1760

     on me mande Monsieur que le curé de ma terre de Vitry aux Loges près Châteauneuf, est fort malade et sans espérance, je m’interresse particulierement au sieur Mauduison mon chapelain et vicaire à Châteauneuf, qui est un très bon sujet et je serois fort aise qu’il eut cette cure, comme elle [p.2] est à vôtre nomination a cause de vôtre abbaye vous me ferez plaisir de vouloir bien la luy accorder si le curé vient à deceder. Je me flatte que vous auriez lieu d’être content de luy et que vous êtes assuré des sentimens avec lesquels j’ai l’honneur d’être Monsieur votre très humble et très obéissant serviteur.

Florentin
     [En bas de la première page: M. l’eveque de Valence a Paris.]
     [En rouge: G.140 n°43]
     [En noir dans la marge:
Cent cinquante cinq, Cotte quatorze (paraphe)]

Signature du comte de Saint-Florentin
 
   
N°2
Deuxième lettre du comte de Saint-Florentin à l’évêque de Valence
30 juin 1760

A Paris le 30 juin 1760

     La chapelle de Narbonne, Monsieur, que vous voulez bien m’accorder pour le s. Mauduison mon vicaire à Châteauneuf luy faisant plaisir je vous prie de vouloir luy accorder vôtre nomination, il se nomme François Mauduison pretre du diocese d’Orléans, vous me ferez plaisir de vous resouvenir de luy dans l’occasion, et je vous remercie d’avoir pour luy à ma recommandation. [p.2] Vous connaissez les sentimens d’attachement avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Florentin
     [En bas de la première page: M. l’eveque de Valence à Paris.]
     [En rouge: G.140 n°44]
     [En noir dans la marge:
Cent cinquante six, Cotte quatorze (paraphe)]

Signature du comte de Saint-Florentin
   
     
N°3
Première lettre du marquis de Valory à l’évêque de Valence
9 novembre 1760

Au Bourgneuf à Estampes le 9. 9bre 1760.

     Monseigneur

     J’ai êté bien reconnoissant dans le tems de la promesse que vous m’avez faite de ne nommer à la cure de St Pierre ma paroisse que le sujet que je prendrois la liberté de vous proposer. Le sieur Tiffonet curé actuel est tombé en apoplexie depuis trois jours et n’a peut être pas deux heures à vivre, il est à l’agonie à l’heure [p.2] que j’ai l’honneur de vous ecrire. J’ose vous supplier, Monseigneur, d’accorder cette cure, à votre nomination, au sujet que je prendrai la liberté de vous proposer vraisemblablement dans la journée de demain, j’ose vous répondre qu’il sera approuvé de M. le Cardl de Luynes et de ses grands vicaires. Mon frere l’abbé de Valory partagera ma vive reconnoissance, et comme moi, Monseigneur, vous assure du respect infini avec lequel nous avons [p.3] l’honneur d’être
Monseigneur

Votre très humble et très obéissant serviteur
Valory
     [En rouge: G.140 n°45]
     [en noir dans la marge:
Cent cinquante sept, Cotte quatorze (paraphe)]


Signature de Valory

   
   
N°4
Deuxième lettre du marquis de Valory à l’évêque de Valence
10 novembre 1760

au Bourgneuf à Estampes le 10. 9bre 1760.

     Monseigneur

     J’eus l’honneur de vous annoncer hier l’extrémité où se trouve le Sr Tiffonet curé de saint Pierre: il est mort ce matin. Je compte toujours, Monseigneur, sur la promesse que vous avez daigné me faire. En consequance je me hâte de vous proposer de nommer à la cure de St Pierre, la paroisse etant une des cinq de la ville d’Estampes, et dont j’ai acquis la seigneurie des [p.2] chartreux d’Orleans, je prends la liberté dis-je de vous proposer le sieur Jean Baptiste Barbier maître es arts, prêtre depuis dix huit ans et curé depuis quinze, possedant actuellement la cure de Moigny, supérieure en revenus à celle de saint Pierre, mais le Sr Barbier préfére une cure de ville ou reputée telle, je ne puis assé vous en dire de bien, il a toujours mérité le sufrage des grands vicaires de Sens, enfin c’est un fort honnête homme, pieux, aimé dans les differentes paroisses où il a êté, ayant de plus quelque chose au delà de son bénéfice qui le mettera en etat de subsister. [p.3] Mon frere l’abbé de Valory et moi, Monseigneur, vous serons infiniment redevables de la bonté que vous aurez de le nommer, j’ose esperer cette faveur et la grace de me croire avec un très profond respect
Monseigneur

Votre très humble et très obéissant serviteur
Valory

     Le deffunt curé s’appelloit François Tiffonet
     [En bas de la première page: Mgr l’Evq de Valence à Paris.]

Le Comte de Valory (huile sur toile d'Antoine Pesne)
     [En rouge: G.140 n°46]
     [En noir dans la marge:
Cent cinquante huit, Cotte quatorze (paraphe)]


   
     

N°5
Première lettre de l’évêque de Valence à l’archevêque de Sens
13 novembre 1760

     [Papier timbré des notaires parisiens: GEN(éralité) DE PARIS / N(otaire) A. P(aris) / 3. SOLS /// 10 SOLS / ACT. DES NOT. DE PARIS]
Papier timbré à 10 sous des notaires de Paris
     A son Eminence Monseigneur le cardinal de Luynes, archevêque de Sens, premier aumosnier de madame la Dauphine.
     Alexandre Milon par la grace de Dieu et l’autorité du saint Siège apostolique, eveque et comte de Valence, prince de Soyon, abbé commendataire de l’abbaye de Saint Benoist lez Fleury sur Loire, ordre de saint Benoist, congregation de saint Maur, diocese d’Orleans, et de Notre-dame de Leoncel, ordre de Citeaux, diocèse de Valence, le cy devant aumosnier ordinaire de Sa Majesté, salut en Notre Seigneur Jésus Christ.
     [En bas de la première page: A M  Evq de V.]

     [En rouge: G.140 n°48]
     [En noir dans la marge:
Cent soixante, Cotte quatorze (paraphe)]

     La cure et eglise paroissiale de saint Pierre scituée dans le fauxbourg de la ville d’Estampes en votre diocese de Sens etant actuellement vacante par le deceds de Mr François Triffonet pretre dernier possesseur d’icelle arrivé le dix du present mois de novembre, et comme le droit de nommer et presenter a la ditte cure nous appartient, en notre ditte qualité d’abbé de la ditte abbaye de saint Benoist lez Fleury sur Loire, et l’institution, provision et autre disposition, a vous, Monseigneur, a cause de votre dignité archiepiscopalle, a ces causes etant bien informé des bonnes vies, mœurs, piété, capacité et saine doctrine de Mr François Mauduison, pretre dudit diocese d’Orleans, vicaire de la paroisse de [p.2] Chateauneuf sur Loire meme diocese, nous le nommons et presentons a votre Eminence, Monseigneur, pour remplir et posseder laditte cure et eglise paroissiale de saint Pierre scituée dans le fauxbourg de la ville d’Estampes, vous priant, Monseigneur, d’accorder audit sieur François Mauduison les lettres d’institution et provisions de la ditte cure de Saint Pierre d’Estampes, affin qu’il puisse en prendre possession, la desservir, et jouir des honneurs, droits, fruits, et revenus y attachés et en dependants, ainsy qu’en ont jouy ou dû jouir les precedents titulaires de laditte cure. Dont acte fait et passé a Paris en notre hotel rue de l’université fauxbourg Saint Germain, paroisse Saint Sulpice, en presence et par devant les conseillers du roy notaires au Chatelet de Paris soussignez, l’an mil sept cent soixante, le treizième jour du mois de novembre avant midy, avons signé avec lesdits notaires tant ces presentes auxquelles nous avons fait apposer le cachet de nos armes que leur minutte demeurée à Desmeure, l’un desdits notaires soussignez. [paraphe]

Signature d'Alexandre Milon
     [Cet exemplaire est l’original sur le papier timbré à 10 sous des notaires de Paris, qui avait été expédié à Mauduisson mais qu’il a renvoyé, eaprès y avoir porté en marge sa démission (notre pièce n°9); il y est de plus agraphé une copie du brouillon de déclaration plus officielle de démission qu’on lui envoya alors à sa demande (notre pièce n°11)]

Sceau d'Alexandre Milon, evêque-comte de Valence
Sceau d’Alexandre Milon
evêque-comte de Valence

    [signé:] + Alexandre Evesque Comte de Valence abbé de St Benoist sur Loire

     [Signatures:] Lecuyer. Desmeures.

     [en marge: Scellé ce jour (paraphe)]


     

N°6
Copie de la même lettre
13 novembre 1760

     [Papier timbré de la généralité de Paris: GEN. DE PARIS / G. P. 4 S(ols) / LA F(euille)]

     A son Eminence Monseigneur le cardinal de Luynes, archevêque de Sens, premier aumonier de madame la Dauphine.
     Alexandre Milon par la grace de Dieu et l’autorité du saint Siège apostolique, evêque et comte de Valence, prince de Soyon, abbé commendataire de l’abbaye de Saint Benoist lez-Fleury sur Loire, ordre de saint Benoist, congregation de saint Maur, dioceze d’Orléans, et de Notre-dame de Leoncel, ordre de Citaux, dioceze de Valence, le cy devant aumonier ordinaire de Sa Majesté, salut en Notre Seigneur Jésus Christ.

     [Conservé hors du dossier qui contient les dix sept autres pièces; cet exemplaire-ci est celui qui avait été conservé dès le départ, sur un papier timbré simple à 4 sous]

     [En rouge: G.140 n°42]
     [En noir dans la marge:
Cent cinquante, Cotte quatorze (paraphe)]

     La cure et eglise paroissialle de saint Pierre située dans le faûbourg de la ville d’Etampes en votre dioceze de Sens etant actuellement vacante par le deceds de Mr François Triffonet pretre, dernier possesseur d’ycelle arrivé le dix du present mois de novembre, et comme le droit de nommer et presenter a la ditte cure nous appartient, en notre ditte qualité d’abbé de la ditte abbaye de saint Benoist lez-Fleury sur Loire, et l’institution, provision et autre disposition, a vous, Monseigneur, a cause de votre dignité archiepiscopalle, a ces causes, etant bien informé des bonnes vie, mœurs, piété, capacité et [p.2] saine doctrine de Mr François Mauduison, pretre du dioceze d’Orleans, vicaire de la paroisse de Chateauneuf sur Loire, même diocese, nous le nommons et présentons a votre Eminence, Monseigneur, pour remplir et posseder laditte cure et eglise paroissialle de saint Pierre située dans le fauxbourg de la ville d’Etampes, vous priant, Monseigneur, d’accorder audit sieur François Mauduison les lettres d’institution et provisions de la ditte cure de Saint Pierre d’Estampes, affin qu’il puisse en prendre possession, la desservir, et jouir des honneurs, droits, fruits, et revenus y attachés et en dependans, ainsy qu’en ont joui ou dû joüir les precedents titulaires de laditte cure.


Papier timbré à 4 sous
Papier timbré à 4 sous


     Dont acte fait et passé a Paris en notre hotel rue de l’université fauxbourg St Germain, paroisse St Sulpice, en presence et par devant les conseillers du roy notaires au Chatelet de Paris soussignés, l’an mil sept cent soixante, le treizième jour du mois de novembre avant midy, avons signé avec lesdits notaires tant ces presentes auxquelles nous avons fait apposer le cachet de nos armes que leur minutte demeurée à Me Desmeure, l’un desdits notaires soussignés. Signé + Alexandre, evêque comte de Valence, abbé de St Benoist sur Loire, L’Ecuyer [p.3] et Desmeures notaires. Scellé lesdits jour et an, et au dessous est un cachet.

 
 
N°7
Troisième lettre du marquis de Valory à l’évêque de Valence
15 novembre 1760

au Bourgneuf à Estampes le 15. 9bre 1760.

     Monseigneur

     Je reçois une lettre de M. l’abbé de Broüins qui a eu l’honneur de vous rendre ses devoirs à l’occasion de la nomination d’un curé de St Pierre. Il me mande, Monseigneur, que vous ne pouvez pas y nommer le Sr Barbier parce qu’étant déjà pourvu vous pouriez perdre votre droit de présentation et que les archevêques de Sens vous en avoient enlevé quelqu’unes. Je n’insisterai point sur un objet de discution qui m’est [p.2] tout a fait etrangé. Je prenderai seulement la liberté de vous representer que la promesse que vous m’avez faite s’est rependüe dans la ville d’Estampes et ses environs, et que s’il vous plaît de nommer quelque sujet qui se soit déjà adressé à moi, et à qui j’ai donné pour reponse que j’etois engagé, je n’aye un curé, qui ne m’en ayant aucune obligation puisqu’il auroit obtenu la cure malgré moi, ne tombât dans le cas assé ordinaire à ses messieurs de tracasser leur seigneur. Sans la promesse que vous avez daigné me faire la chose m’eût êté assé indiferente. Mais, Monseigneur, je vous ai presenté un sujet pieux, sage, honnête et qui quitteroit  une cure beaucoup meilleure pour le revenu que cette cure de St Pierre, [p.3] d’ailleurs très capable de remettre l’ordre et l’instruction dans cette paroisse abandonnée eu egard aux fonctions curialles depuis plus de vingt ans*. Mon frere et moi n’avons garde de vous demander en quelque façon que ce soit quelque chose qui puisse vous répugner, et si la presentation d’un pourvu est un obstacle, nous vous prions instemment l’un et l’autre de nommer le Sr Gandon depuis dix ans vicaire de Notre Dame d’Estampes et peut être le plus ancien du dioceze, prêtre très avoué du vicariat de Sens que l’on tâcheroit de déterminer à une permutation avec le Sr Barbier curé de Moigny, et si on ne pouvoit y parvenir il resteroit toujours à la paroisse de St Pierre un très honnête homme pour curé et la parolle que vous avez bien voulu me donner se trouvroit aquittée. [p.4] J’ose vous suplier, Monseigneur, d’avoir égard aux très humbles representations que je prend la liberté de vous faire et d’être persuadé du plus profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être
Monseigneur
Votre très humble et très
Obéissant serviteur
Valory
     [En bas de la première page: Mgr l’Evq de Valence à Paris.]


     [En rouge: G.140 n°47]
     [En noir dans la marge:
Cent cinquante neuf, Cotte quatorze (paraphe)]



Signature de Valory


     * Le marquis fait ici allusion au curé précédent, François Tiffonet, curé de 1732 à 1760, qui ne résidait sans doute même pas dans sa paroisse, comme avant lui Louis Lemoulnier, en 1720 (voyez notre édition du dossier de la nomination de 1719) (B.G.).
   
     
N°8
Première lettre de François Mauduison à l’évêque de Valence
17 novembre 1760

Monseigneur

     J’ay appris par M. Reculle avec les sentimens d’une vive reconnaissance vos bontés pour moy. L’indetermination de M. Brisson sur la valeur de la cure d’[Estampes (rayé)] St Pierre du fauxbourg d’Estampes, et la liberté que vous voulez me donner, m’ont engagé a faire quelques recherches et a examiner sur les lieux. Je me suis adressé a des personnes de confiance et en etat de connoitre, qui m’ont prouvé que cette cure chargée d’un vicaire et de decimes ne pouvait raporter douze cens livres; que d’ailleurs il fait tres [cher?] vivre dans le pays. [p.2]

     Cela me détermine a vous supplier, Monseigneur, d’agreer mes tres humbles humbles remerciemens et a me permettre de vous demander la continuation de vos bontés, pour un autre benefice qui puisse me faire vivre honestement. Je n’ose accepter celuy ci dans l’esperance d’en sortir, mais plutot j’attendray avec patience l’effet de votre protection.

     J’ai l’honneur avec un profond respect
Monseigneur
d’Estampes, le 17 9bre 1760
      De votre grandeur
Le tres humble serviteur
et tres obeissant serviteur
Mauduison, vicaire et chapelain
de Chateauneuf sur Loire

     [En rouge: Cotte n°51]
     [En noir: Cent soixante deux, Cotte quatorze (paraphe)]



Signature de François Mauduison
   
 
N°9
Démission de Mauduisson portée en marge de sa lettre de nomination 21 novembre 1760

     [En marge, addition postérieure écrite verticalement sur trois lignes à l’acte de nomination (pièce 5):] Je soussigné François Mauduison, pretre vicaire de Chateauneuf sur Loire, diocese d’Orleans, nommé a la cure de St Pierre d’Estampes par l’acte cy a coté remercie tres humblement Monseigneur l’évêque de Valence, abbé de St Benoist, de sa nomination et le prie d’accepter ma demission pure et simple de ma nomination a ce benefice. A Chateauneuf sur Loire le vingt et un novembre mil sept cens soixante.
     [Signé:] Mauduison


   
Saint-Pierre d'Etampes en 1648 (détail du plan de Fleury (AD91, E3802, cliché François Jousset, 1999)
L’église Saint-Pierre d’Étampes en 1648 (plan du géomètre Fleury, AD 91, E3802, cliché F. Jousset)
 
N°10
Première lettre de Mauduison à Brisson, intendant de l’évêque 21 novembre 1760

    Monsieur

     Je n’ai point osé entrer, dans la lettre que j’ay pris la liberté d’ecrire a Monseigneur l’eveque de Valence, lors de mon voyage a Etampes, dans un detail de la valeur de la cure de St Pierre, je vous prise de me permettre de vous montrer les eclaircissemens que j’ai eu. Il y a 300 liv. de gros, 150 liv. de nouvel arrangements entre les chartreux et le curé pour novales et autres contestations, 288 liv. pour fondation de leglise, quelques arpens de terre affermes 50 liv. ou 60 liv., un arpent de vignes qui ne vaut que les façons, et le casuel dans une paroisse de 500 communians, ou apres Monsieur le Marquis de Vallori, il ni a nul bourgeois tres peu artisans aisés, et grand nombre de pauvres, des decimes assez considerables, obligation de nourrir le vicaire pour les messes, qui a 150 liv. des gros decimateurs pour honoraires. Les denrées sont cheres dans le pays, les entrées considerables. Le defunct curé s’approprioit une partie des 150 liv. du vicaire, en appellant un religieux pour les premieres messes, ce que je ne pourois faire, n’etant pas d’une assez forte complexion, pour pouvoir dire habituellement les grandes messes, y parler dans les autres fonctions du ministère. Ce sont toutes ces considerations qui m’ont determiner a presenter mes humbles remercimens a Monseigneur l’eveque, et a le supplier de me continuer sa [p.2] protection, dont j’attendrois avec patience l’effet. A mon retour d’Etampes mercredi au soir, j’ai trouvé la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’ecrire le 15; et hier j’y repondois. Le defaut d’occasion l’a retenu icy, et je la supprime. Hier au soir je recu votre seconde du 18 qui m’a beaucoup consolé, en me faisant connoitre que Sa Grandeur agreoit mes representations. En meme tems je recevois par monseigneur le comte de St Florentin la nomination. Je n’ai point eu d’autre intention, dans le cas ou il y auroit nomination en ma faveur que de me demettre entre les mains de mon bienfaiteur. Etant a Etampes et dans la paroisse de St Pierre, je n’ay pas cru devoir en sortir sans presenter mon respect a Monsieur le Marquis de Vallori, et luy communiquer mes sentimens.

     Vous me marquez de renvoier promptement la nomination avec un écrit, portant que j’en fais a Monseigneur l’eveque de Valence demission pure et simple, sans dire si ce doit etre un acte par notaire apostolique. Je ne suis point au fait de ces affaires, et je ne peux trouver de conseil ici. Les notaires du lieu ne sont point apostoliques. Je prends le parti le plus court et le plus prompt, je fais une demission pure et simple a la marge de l’acte. Si elle ne suffit pas vous aurez la bonté de me prescrire la formule, et quel notaire est necessaire et j’obeiray aussitost, je remettrai a qui vous m’indiquerez, ou a vous memes a votre premier voiage en vous presentant mes reconnoissances, les 12 liv. que vous avez bien voulu debourcer pour ma nomination. Je vous supplie, Monsieur, de me continuer vos bontes et de m’obtenir celles de Monseigneur l’eveque de Valence. [p.3]

     Je previens monseigneur le comte de St Florentin et monsieur Duchesne sur ma demission. M. Recullé trop occupé n’a pu vous ecrire.

     J’ai l’honneur d’etre avec un profond respect
Monsieur
     A Chateauneuf sur Loire
     Le 21 9bre 1760

Votre tres humble et tres obeissant servieteur
Mauduison, vicaire et chapelain

     [En rouge: G.140 n°52]
     [En noir:
Cent soixante trois, Cotte quatorze (paraphe)]



Signature de François Mauduison
   
 
N°11
Brouillon de démission en bonne et due forme suggéré à Mauduisson novembre 1760

     Par devant…. notaire royal…. soussigné et les temoins cy après nommez, fut present Me François Mauduison pretre du diocese d’Orleans, vicaire de l’eglise paroissiale de Chateauneuf sur Loire, diocese d’Orleans, demeurant ordinairement audit Chateauneuf, etant ce jour….

     Lequel ayant appris que Monseigneur Alexandre Milon eveque et comte de Valence et abbé de st Benoist sur Loire a eu la bonté de le nommer et presenter par acte passé devant Desmeure notaire à Paris le 13 du present mois d’octobre a la cure et eglise paroissiale de St Pierre scituée dans le fauxbourg de la ville d’Estampes, diocese de Sens, comme vacante par le décès de Mr François Tiffonet pretre dernier paisible possesseur d’icelle a volontairement dit et declaré qu’il n’entend point occuper la dite cure ny se servir des lettres de nomination et presentation expediées en sa faveur par le dit seigneur  eveque  comte de Valence en qualité d’abbe de St Benoist sur Loire, consentant ledit Sr François Mauduison que mon dit seigneur eveque Comte de Valence insinue et presente à la dite cure de St Pierre d’Estampes telle autre personne que bon luy semblera, tout ainsy et de meme que s’il n’y avoit point insinué et presenté ledit Mauduison, qui, pour [p.2] faire insinuer les presentes et les notiffier quand et a qui il appartiendra, a fait et constitué son procureur le porteur des presentes auquel il donne a cet effet tous pouvoirs requis et necessaires, dont acte faict et passé à…. l’an 1760, le …. Octobre, en presence de….., et de…., demeurants…., temoins requis et appelez qui ont signé avec le Sr Mauduison et moy dit notaire.

     [Petit mot agraphé à l’acte de nomination renvoyé par Mauduison (pièces 5 et 9), sans cotte en noir]

     [En rouge: G.140 n°49]


     Il faut garder minutte de cet acte et la faire controller au controlle laie* du lieu ou il sera passé et en delivrer expedition que l’on renverra avec la nomination.
     *Laie: laïc.
   
 
N°12
Deuxième lettre de l’évêque de Valence à l’archevêque de Sens
23 novembre 1760

     [Papier timbré de la généralité de Paris: GEN. DE PARIS / G. P. 4 S(ols) / LA F(euille)]

     A son Eminence Monseigneur le cardinal de Luynes, archevêque de Sens, premier aumosnier de madame la Dauphine.

     Alexandre Milon par la grace de Dieu et l’autorité du saint Siège apostolique eveque et comte de Valence, prince de Soyon, abbé commendataire des abbayes de Saint Benoist les Fleury sur Loire, ordre de saint Benoist, congregation de saint Maur, diocese d’Orleans, et de Notre Dame de Leoncel, ordre de Citeaux, diocèse de Valence, et cy devant aumosnier ordinaire de Sa Majesté, salut en Notre Seigneur Jésus Christ.
     [En rouge: G.140 n°50]
     [En noir dans la marge:
Cent soixante, Cotte quatorze, vu (paraphe)]

     La cure et eglise paroissiale de saint Pierre située dans le faubourgt de la ville d’Etampes en votre diocese de Sens etant actuellement vacante par le deceds de Mr François Tiffonet prestre dernier possesseur d’icelle arrivé le dix du present mois de novembre, et comme le droit de nommer et presenter a la ditte cure nous appartient, en notre ditte qualité d’abbé de la ditte abbaye de saint Benoist les Fleury sur Loire, et l’institution, provision et autre disposition a vous, Monseigneur, a cause de votre dignité archiepiscopalle, a ces causes etant bien informé des bonnes vie, mœurs, piété, capacité et saine doctrine de Mr Jean Baptiste Barbier, prestre du diocese de Sens. Nous le nommons et presentons a votre Eminence, Monseigneur, pour remplir et posseder laditte cure et eglise paroissialle de saint Pierre située [p.2] dans le faubourgt de la ville d’Etampes, vous priant, Monseigneur, d’accorder audit sieur Jean Baptiste Barbier les lettres d’institution et provisions de laditte cure de Saint Pierre d’Etampes, affin qu’il puisse en prendre possession, la desservir, et jouir des honneurs, droits, fruits, et revenus y attachés et en dependants, ainsy qu’en ont jouy ou deub jouir les precedents titulaires de laditte cure. En temoin de quoy nous avons signé les presentes, icelles fait contresigner par un de nos secretaires et y apposer le sceau de nos armes. Donné a Paris en notre hotel l’an mil sept cent soixante, le vingt troisieme jour du mois de novembre.
     [Pas de signature, il s’agit d’une copie]
   
     
N°13
Quatrième lettre du marquis de Valory à l’évêque de Valence 25 novembre 1760

au Bourgneuf-les-Estampes le 25. 9bre 1760.

     Monseigneur

     Mon frere n’a pas perdu de tems, Monseigneur, à me faire parvenir les provisions du Sr Barbier curé de Moigny pour la cure de St Pierre. Je vous en rend milles très humble graces. Le sieur Barbier est un bon sujet à ce que tout le monde me dit, de façon qu’il y a lieu de croire que vous n’aurez pas occasion de vous repentir de la grace que vous lui avez accordée. Ma reconnoissance est égale au profond respect avec lequel j’ai l’honneur d’être
Monseigneur
Votre très humble et très
Obéissant serviteur
Valory
     [En rouge: G.140 n°54]
     [En noir:
Cent soixante cinq, Cotte quatorze (paraphe)]

Signature de Valory
   

N°14
Deuxième lettre de Mauduison à Brisson, intendant de l’évêque
3 décembre 1760

A Monsieur
Monsieur Brisson Intendant
de Monseigneur l’Eveque de Valence
en son hotel Rue de L’université
 au coin de la rue Bellechasse
a Paris


[cachet postal: ORLEANS, avec paraphe]
     Cette lettre a conservé le cachet aux armes de Mauduison, en cire noire.

     Monsieur

     Je suis très sensible a vos bontés, et je vous supplie de me les conserver. La lettre dont vous m’avez honoré le 30 dernier, et que j’ay reçu aujourd’huy, par la quelle vous me marquez que Monseigneur l’eveque de Valence veut bien me continuer sa protection, m’a beaucoup rejoui. Je prens la liberté de luy en temoigner ma vive reconnoissance. Je sens ce que je vous dois en cela, et je vous prie d’agreer mes tres humbles remercimens. Le permission que vous me donnez de la part de Monseigneur m’embarasse. Je connais peu de benefice a la nomination, je n’ose jetter les yeux sur aucun, mais je prens la liberté de vous exposer qu’il y a 15 ans que je suis prêtre et vicaire*, dont plus de 12 dans cette paroisse, que le peu de cure a la nomination de Mgr l’éveque d’Orleans et les changemens dans le diocese ont retardé les anciens vicaires; que je ne suis pas d’une assez forte complexion pour pouvoir satisfaire aux obligations d’une paroisse où il n’y auroit pas de vicaire, ni assez avantagé du bien de famille. Je n’ay aucun benefice. [p.2]

     Je me remets a vous de tout, et j’attens tout de vous, avec cela je suis tranquille. S’il se trouvait quelque petit benefice simple, cela me flatteroit beaucoup: je vous la voue, Monsieur; et je vous aurois une eternelle obligation si vous pouviez m’en faire obtenir un. Je pourois trouver alors un repos que le ministere ne donne guere, surtout ici.

     A Chateauneuf sur Loire
     Le 3 10bre 1760

J’ai l’honneur d’etre avec un tres profond respect,
Monsieur,
Votre tres humble et tres obeissant serviteur
Mauduison, vicaire et chapelain
     [En rouge: G.140 n°53]
     [En noir:
Cent soixante quatre, Cotte quatorze (paraphe)]


Sceau de François Mauduison (cire noire)
Sceau de Mauduison
(couronne de vidame?)


Signature de François Mauduison
   
     * François de Mauduison est donc prêtre depuis les environs de 1745; il doit donc être né vers 1720 (B.G.).


N°15
Deuxième lettre de Mauduison à l’évêque de Valence
29 août 1761

A Paris ce 29 aoust 1761

     Monseigneur

     Vous m’avez ordonné de faire la guerre a tout, et de vous donner avis de ce qui pouroit survenir dans le vosinage a ma connaissance J’apprens a l’instant que le curé de Dampierre* en ce diocèse d’Orleans est dangereusement malade. Je supplie votre Grangeur de me continuer ses bontés, et dans le cas de vacance de ce benefice, de me permettre d’esperer l’acquit de la lettre d’echange qu’elle m’a permit de demander. Ce seroit pour moy un motif eternel de reconnoissance. J’attens tout de la protection que vous voulez bien m’accorder. [p.2]

     J’ay l’honneur d’etre avec le plus profond respect,
Monseigneur,
                     de votre Grandeur,
Le tres humble et tres obeissant serviteur
Mauduison chapelain et vicaire de Chateauneuf
     [En rouge: G.140 n°57]
     [En noir:
Cent soixante huit, Cotte quatorze (paraphe)]

     *Dampierre-en-Burly, canton Canton d’Ouzouer-sur-Loire, touchant au canton de Sully-sur-Loire, arrondissement d’Orléans (B.G.). 
 
Signature de François Mauduison
   
 
N°16
Troisième lettre de Mauduison à Brisson, intendant de l’évêque
27 août 1761

A Monsieur
Monsieur Brisson intendant
de Monseigneur l’eveque de
Valence en son hotel rue de
L’Université au coin de la rue Bellechasse
a Paris

[Courrier contresigné: Frenche]
     Cette lettre a conservé le cachet aux armes de Mauduison, en cire rouge.

     Monsieur

     J’ai pris lundy dernier la respectueuse liberté de representer à Monseigneur l’eveque de Valence l’esperance qu’il avoit bien voulu me donner au mois de decembre dernier de la premiere vacance, en donnant avis suivant son ordre du danger ou etoit le curé de Dampierre, dont le benefice est a sa nomination. J’en ecris aujourd’huy a sa Grandeur la mort. Je vous supplie, Monsieur, de me rendre service et si je puis  me flatter de la protection de Monseigneur, de faire pour moy ce que vous avez bien voulu faire, lorsqu’il s’est agi de la cure de St Pierre du fauxbourg d’Etempes, je veux dire les debours que je remettrois a qui vous m’indiquerez. J’avais toujours esperer, depuis ce temps, de pouvoir presenter mon respect a Monseigneur, et avons, Monsieur, mes reconnoissances.
 
A Chateauneuf sur Loire
Le 27 aoust 1761

J’ai l’honneur d’être avec respect,
Monsieur
Votre tres humble et tres obeissant serviteur François Mauduison pretre vicaire chapelain de Chateauneuf

     [En rouge: G.140 n°58]
     [En noir:
Cent soixante neuf, Cotte quatorze (paraphe)]

Sceau de François Mauduison (cire rouge)
Sceau de Mauduison
(couronne de vidame?)
 
     
N°17
Lettre d’un certain Marville à l’évêque de Valence
29 août 1761

    Voicy Monsieur la lettre que nous sommes convenus ce matin que je vous adresserois pour M de Valence. Je vous seray tres obligé de la luy faire passer
C’est mercredy 26 du mois que le Sr André Morand, curé de Dampierre est decedé, et le sujet pour lequel je sollicite M. de Valence de nommer Critophle Cet du diocese d’Orleans et actuellement vicaire de la paroisse de St Germain de Sully, il est bon sujet et neveu de celuy qui fait des affaires a Dampierre, ce qui augmente encore le desir que j’ay de luy rendre service, je vous seray tres obligé des bons offices que vous voudrés bien luy rendre, et de croire tres sincerement, Monsieur, votre tres humble et tres obeissant serviteur

A Paris ce 29 aoust 1761
Marville
     [En rouge: G.140 n°56]
     [En noir dans la marge:
Cent soixante sept, Cotte quatorze (paraphe)]

Signature de Marville
   
   
N°18
Lettre de l’évêque de Valence à l’archidiacre de Sully 30 août 1761

     [Papier timbré de la généralité de Paris: ? GEN (éralité) DE PARIS / N. PAR. / 3 - SOLS)]

      A Monsieur l’archidiacre de Sully dans l’eglise cathédrale d’Orleans.
     Alexandre Milon par la grace de Dieu et l’autorité du saint Siège apostolique evesque et comte de Valence, prince de Soyon, abbé commendataire des abbayes de Saint Benoist lez Fleury sur Loire, ordre de saint Benoist, congregation de saint Maur, diocese d’Orleans, et de Notre Dame de Leoncel, ordre de Citeaux, diocèse de Valence, et cy devant aumosnier ordinaire de Sa Majesté, salut en Notre Seigneur Jésus Christ.
     [En rouge: G.140 n°55]
     [En noir dans la marge:
Cent soixante six, Cotte quatorze (paraphe)]

     La cure et eglise paroissialle de Dampierre situes diocese d’Orleans estant actuellement vacante par le deceds de M. André Morand, prestre dernier paisible pocesseur d’icelle arrivé le vingt six du present mois d’aoust, et comme le droit de nommer et presenter a laditte cure nous appartient en notre ditte qualité d’abbé de ladite abbaye de saint Benoist les Fleury sur Loire et l’institution, provision et autre disposition a Monsiegneur l’evesque d’Orleans accause de sa dignité espicopale, à ces causes, etant bien informé des bonnes vie, mœurs, piété, capacité et seine doctrine de M. Francois Mauduison, [p.2] prestre du diocese d’Orleans, vicaire et chapelain de chateauneuf sur Loire, nous le nommons et presentons pour remplir et posseder ladite cure et eglise paroissiale de Dampierre, diocese d’Orleans, vous priant, Monsieur, de la presenter a Monseigneur l’evesque d’Orleans ou Messieurs les vicaires generaux a leffet de faire accorder audi M. Francois Mauduison les lettres d’institution et provision de ladite cure de Dampierre, affin qu’il puisse en prendre pocession, la deservir, et jouir des honneurs, droits, fruits et revenus y attachés et en dependants, ainsy qu’en ont jouy ou dû jouir les precedents titulaires de la dite cure. En temoin de quoy nous avons signé ces presentes, icelles fait contresigner par l’un de nos secretaires et y apposer le sceau de nos armes. Donné a Paris en notre hotel l’an mil sept cent soixante un, le trentième jour du mois d’aoust avant midy.

Pour minutte [paraphe]
     Par monseigneur
     Brisson

Papier timbré à 3 sous
Papier timbré à 3 sous




Signature de Brisson

   
 
N°19
Titre du dossier contenant les 17 autres pièces (fin XVIIe s?)
sans date

13 9bre  1760

St Benoit Benefices
Nominations par monseigneur l’evesque de Valence a la cure de saint Pierre au faubourg de la ville d’Etampes 13 9bre 1760

17 pièces
     [En rouge: G. 140 n°43-56]
 
ANNEXE 1
Notice de l’Inventaire Sommaire des Archives départementales du Cher
par Alfred Gandillon (1931)


     [p.392] […]
     G.140 (Liasse).— 1 parchemin; 144 pièces, papier.— Anciennes cotes: Tablette III, carton EEE (N°1 à n°17) et liasse 45.— Cf G.421, f°236vo.
[…] [c.394] […]
     876-1771. — Bénéfices.—
[…] [c.397] […] 37.— Nomination, par l’abbé A. Milon, à la chapelle Saint-Fiacre de Narbonne, vacante par suite du décès du titulaire, Joseph-Jean-Baptiste de Corsambleu, de François Mauduison, vicaire de Chateauneuf-sur-Loire (Paris, 20 juin 1760).— 38. Remerciements adressés à l’abbé A. Milon par l’abbé Mauduison, de sa nomination à la chapelle Saint-Fiacre de Narbonne (Châteauneuf-sur-Loire, 24 juin 1764).— 39. Lettre de M. Marville recommandant à l’évêque de Valence de nommer à la chapelle de Narbonne le frère du dernier titulaire, l’abbé de Corsambleu (Paris, 19 juin 1760).— 40. Autre recommandation pour l’abbé de Corsambleu. 41-42. Nomination, par l’abbé A. Milon, évêque-comte de Valence, à la chapelle de Narbonne, vacante par suite du décès de Joseph-Jean-Baptiste de Corsambleu, dernier titulaire, de Me François-Auguste Ringards, clerc tonsuré du diocèse de Paris (Paris, 20 juin 1760).— [On notera que les pièces 43 à 58 sont actuellement incluses dans un dossier à part intitulé un peu arbitrairement «Nominations par monseigneur l’evesque de Valence a la cure de saint Pierre au faubourg de la ville d’Etampes 13 9bre 1760, 17 pièces», et portant les cotes 43-46; on aurait pu y joindre la pièce 42; j’édite pour ma part ici les pièces 42 à 58, n’ayant pas photographié les pièces 37 à 41 (B.G.)] 43-44. Lettres de recommandation de M. de Saint-Florentin à l’évêque de Valence, en faveur de l’abbé Mauduison, pour qu’il soit nommé à la cure de Vitry-aux-Loges, puis à la chapelle de Narbonne (Paris, 8 mai et 30 juin 1760).— 45-46. Lettres de M. de Valois [sic, lisez de Valory] à l’évêque de Valence au sujet de la cure de  Saint-Pierre d’Étampes. Si le curé de Moigny ne peut y être nommé, comme déjà pourvu, ce qui, en cas de nomination, entraînerait pour l’évêque de Valence la perte de son droit de présentation, qu’il y nomme le sieur Gandon, vicaire de N.-D. d’Étampes (Bourgneuf-d’Étampes, 15 novembre 1760).— 48. Présentation à l’archevêque de Sens par l’abbé Milon, pour la cure de Saint-Pierre d’Étampes, de François Mauduison, vicaire de Châteauneuf-sur-Loire (Paris, 13 novembre 1760).— Cachet de l’abbé Milon. — 49. Renonciation par l’abbé Mauduison à la cure de Saint-Pierre d’Étampes (1760).— 50. Présentation à l’archevêque de Sens, par l’abbé A. Milon, pour la cure de Saint-Pierre d’Étampes, vacante par le décès de François Tiffonet, dernier titulaire, de Me Jean, [c.398] Baptiste Barbier, prêtre du diocèse de Sens (Paris, 23 novembre 1760).— 51. Lettre de l’abbé Mauduison à l’évêque de Valence. La cure de Saint-Pierre d’Étampes ne saurait rapporter 1200 livres; par suite, il ne peut l’accepter et préfère attendre un autre bénéfice (Étampes, 27 novembre 1760).— 52. Autre lettre de l’abbé Mauduison au sujet de la valeur de la cure de Saint-Pierre d’Étampes (Châteauneuf-sur-Loire, 21 novembre 1760).— 53. Autre lettre de l’abbé Mauduison à l’intendant de l’évêque de Valence lui faisant connaître que sa santé ne lui permet pas d’occuper une cure importante, sans vicaire, et qu’il se contenterait de «quelque petit bénéfice» (Châteauneuf-sur-Cher, 3 octobre 1760).— Remerciements de M. de Valois [lisez: de Valory (B.G.)] à l’évêque de Valence pour la nomination à la cure de Saint-Pierre d’Étampes du sieur Barbier (Bourgneuf d’Étampes, 25 novembre 1760).— 55.— Présentation à l’archidiacre de Sully, pour la cure de Dampierre, au diocèse d’Orléans, vacante par le décès du titulaire, André Morand, de François Mauduison, vicaire et chapelain de Châteauneuf-sur-Loire (Paris, 20 août 1761).— 56. Lettre de M. Marville recommandant à l’évêque de Valence, pour la cure de Dampierre, en remplacement du sieur Morand, décédé le 26 août, le nommé Christophe, vicaire de la paroisse de Saint-Germain de Sully (Paris, 29 août 1761).— 57. Lettre de l’abbé Mauduison, chapelain et vicaire de Châteauneuf-sur-Cher, demandant à l’évêque de Valence de lui réserver la cure de Dampierre (Châteauneuf-sur-Loire, 27 août 1761).— 58. Autre lettre du sieur Mauduison demandant à M. Brisson, intendant de l’évêque de Valence, de recommander à celui-ci sa condidature à la cure de Dampierre (Châteauneuf-sur-Loire, 27 août 1761). […]
     Alfred GANDILHON, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790. Cher. Archives ecclésiastiques. Série G. Tome I. Archevêché de Bourges. 1re partie [in-f°; XX+571 p], Bourges, Archives départementales du Cher, 1931, col. 392-398.
ANNEXE 2