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Congrégation de Notre-Dame
d’Étampes
Déclaration de
biens, rentes et meubles
22 février 1790
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Declaration
exacte des biens, rentes et meubles des religieuses de la congrégation
de Notre-Dame d’Estampes etablie pour l’instruction gratuite des jeunnes
filles
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Notre
couvent contient environs six arpens de terrin y compris l’église
et le jardin, le tout clos de murs.
Une grande cour au dehors, a droite l’eglise, a gauche
les parloirs, au dessus l’appartement du chapelin.
Porte de clauture, en entrant une cour, le batiment
des pensionnaires, deux etages, le ray de chaussée, une classe, refectoire,
et bucher*.
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* Bûcher:
lieu où l’on range le bois à brûler (B.G.).
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1er et
2eme etages, quatre grandes chambres et trois cabinets ou il y a 35 lits,
garnis, un bois lit, une pailliasse, un lit de plumes, un matelat, un traversin,
deux couvertures, tout garnis de rideaux de serge, quatre armoires, plusieurs
tableaux, un seul a cadre doré, chaises, tables et bancs necessaires,
actuellement 33 pensionnaires.
Notre corps de logis, ray de chaussées, les
offices de la maison et le refectoire; le haut, 3 etages: au p(remi)er notre
chœur, la sacristie, notre salle de com(munau)te, l’infirmerie; 2eme et 3eme
etages: 44 celulles, 31 sont ocupées; chacune: un bois de lit, pailliasse,
un matelas, un traversin, deux couvertures, rideaux de serge, une table,
une petite armoire et une chaise, 5 tableaux en papier.
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La biblioteques,
900 a 1000 volumes, tout livres de piété encien.
Basse cour: elle contient trois appartement de dames,
dont un sert de noviciat, la cuisine, le four, un bucher, un [sic] ecurie, deux vacheries, une
grange et un poulaier.
3 classes externes, deux pour la lecture et l’ouvrage,
et la 3eme l’ecriture. Les enfants que nous enseignons sont au nombres de
260 a 280.
En toutes la maison vingt armoires tant grandes que
petites, aucun meubles de prix ny boisseries, ny tapisseries, 80 chaises
de pailles, 18 tables, 30 tableaux de tres bas prix.
Jardin clos de murs, 300 arbres a fruits, au bout
un petit bouquet de bois d’ormes. [p.2]
Suitte du mobillier
Notre eglise: la nef, des bancs cellez tout au tour,
et quelques chaises, une chapelle de chaque cotté ou on peu dire
la messe, l’hautel en bois, le sanctuaire separé par une grille de
fer, le maitre hautel en bois; au dessus sont les orgues; cinq tableaux
en cadres dorés en sont tout l’ornement.
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Argenterie
4 petits chandelliers d’argent pesant 18 mars un once, deux croix pes(ant)
8 mars, un benitier pesant 9 mars, une lampe p(esant) 7 m(ars), 5 on(ce),
1 gr(os), un encensoir et la navette p(esant) 3 m(ars) 6 on(ces), 5 gros,
deux paires de burettes et le plats p(esant) 6 m(ars) 5 on(ces) 1 gros,
en tout cinquante trois mars deux onces cinq gros.
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Trois calices, deux sts ciboires, trois reliquaires* represent(ant) la Ste Vierge, St Joseph et St Augustin,
le soleil pour le St Sacrement.
Ornemens
Une chape de velour cizeles garnis en dentelle argent
fin
Un [sic] chasuble,
fond d’argent garnis en galon d’or fin
Deux dalmatique galonné en or fin
2 chasubles galonnés en or fin
15 autres galonnés en soies
26 aubes, 3 surplis &
28 couvers d’argent a notre usage. [p.3]
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* Nous apprenons ici que les statuettes d’argent mentionnées
par l’inventaire de 1792 étaient des reliquaires (B.G.).
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| Etat
des rentes |
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Rentes sur le Roy
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3062 £
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Rentes sur particuliers
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321 £ 14 s
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| Biens
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Deux maisons a Estampes
donner a bail a vie, l’une a Mr Picart, l’autre à Mr Baron, loué
une 150 £ et l’autre 400 £.
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550 £
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| Un jardin rue Basse,
clos de murs |
150 £
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Une ferme a Ginette
[Guinette] loué
et 50 sacs de blé |
500 £ et
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Une a la Foret le
Roy loué
et 15 sacs de ble |
150 £ et
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Une a Pierrefitte
loué
Et 18 sacs de blé |
120 £ et
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| 55 arpens de terre
labourable et trois arpens de prés loué |
109 £
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| 5 quartiers de terre
a la Montagne |
24 £
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| 43 arpens a Merouville |
160 £
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| 40 arpens a Bois
Herpin |
200 £
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| 38 a Dhuillet 10
sacs de ble et |
150 £
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| 22 a Bouville |
160 £
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| 12 a Etrechy, 3 sacs
de blé et |
50
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Deux arpens de pres,
bail emphiotique aux heritiers de Mr Lesourd
|
63 £
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| Une maison vendue
a rente |
20
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| Produit des 96 sacs
de blé que nous avons de nos fermiers; nous les contons sur les beaux
à 20 £ |
1920 £
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Total du revenu |
8309 £ 15 s.
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Charges cy contre |
3610 £ 14
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Reste
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4699 £ 01
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| Charges de la maison |
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| Droits
du Receveur de nos rentes |
40 £
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| Depences
indispensables pour l’entretient des batimens, de l’eglise, du dome, de nos
maisons, fermes et murs de jardins, années communes |
2000 £
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| Depence
de la sacristie pour la cire, l’huile, linges, ornements |
230
|
| Pour
530 messes fondées |
318 £
|
| Pour
notre chapelin |
800 £
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| Les
decimes |
172 £
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Le
petit sacristin / 18 £
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| Droits
que nous devons au domaine pour plusieurs maisons qui font partis de celles
que nous habitons achetée et payes en 1640 et pour une partis du terrin
de notre eglise par année y compris 16 s 6 de cens *plus |
21 £ 10 s
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Droit
a la cure de St Gille pour pouvoir fairre faire la 1ere communion a nos Dlles
pension(naires) quand nous les en jugeons capable, et pour avoir la liberté
d’enterrer ches nous nos pensionnaires, par ans.
Je ne crois pas ce droits bien fondé |
10 £ 4 s
|
Pour
l’affranchisse
|
1 £
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* plus nous sommes obligés de chanter une grande
messe tous les ans jour de st Louis
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Total
des charges
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3610 £ 14 s
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Nous soussignées,
superieure et procureuse du couvent de la congrégation de Notre-Dame
de cette ville, certifions la presente declaration sincere et veritable
A Estampes ce vingt deux fevrier mil sept cent quatre
vingt dix
[Signatures:]
sr St Denis superieure et St Bruno procureuse.
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Et pour porter les declaration et etat
[p.4] des autres parts a messieurs les officiers municipaux
de la ville d’Estampes, les affirmer sinceres et veritables comme nous le
faisons par ces presentes * et en
requerir acte nous avons prié et nomme Monsieur Empereur, chanoine
de ste Croix et chapelain de notre maison, au quel nous donnons tout pouvoir
de ce faire, a Estampes ledit jour vingt deux fevrier mil sept cent quatre
vingt dix.
* [post-scriptum] Meme*
que nous n’avons aucune connoissance qu’il ait été fait quelques
soustractions de lettres papiers et mobliers de notre maisons
[Signatures:]
Sr St Denis superieure — Sr
St Bruno procureuse
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* Même rend le latin item, “en outre” (B.G.).
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Nous habitans de la parroisse St Gilles d’Estampes soussignés
certiffions que les declaration et etat des autres parts ont esté
publiées et affichés a la principalle porte de laditte eglise,
en foy de quoy nous avons signé, a Estampes ce premier mars mil sept
cent quatre vingt dix
[Signatures:]
Deshayes — Perrot — Deshayes — Masson
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Aujourd’huy premier mars mil sept cent quatre vingt dix, devant nous
officiers municipaux de la ville d’Estampes soussignés, est comparu
Mr Empereur, chapelain de la congrégation de Notre Dame d’Estampes,
lequel a apporté et a affirmé sincere et veritable les declaration
et etat des autres parts transcrit; même*
il n’a aucune connoissance qu’il ait eté fait quelques soustractions
de lettres, papiers et mobiliers de la congrégation; dont il a requis
acte, a luy octroyé pour servir et valloir ce que de raison les jour
et an que dit est, et a signé.
[Signatures:]
T. Petit, maire — Denis — Empereur
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*
Même rend le latin item, “en outre” (B.G.)
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Envoyé à l’assemblée
nationale
Le 13 mars 1790
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ANNEXE
Ce qu’a écrit Léon Marquis sur ces religieuses
Les Rues d’Étampes
et ses monuments (1881)
Il s’agit de passages que nous avons
déjà mis en ligne, mais qu’on nous saura gré peut-être
de regrouper ici en regard de notre document. On notera surtout que le site
du couvent de la Congrégation se trouvait, avant la Révolution,
à peu près sur celui de l’actuel Crédit Agricole, et
non pas sur celui du Couvent des Cordeliers, où elles se réintallèrent
seulement lors de leur retour à Étampes, et dont elles furent
à nouveau spoliées et chassées en 1905.
Carrefour des Religieuses. — A gauche
de la rue Saint-Jacques, en face la rue d’Enfer. Son nom lui vient de
l’ancien couvent des religieuses de la congrégation de
Notre-Dame, établi à Étampes en 1630, du vivant
de Pierre Fourier, fondateur de l’ordre. Ce couvent, primitivement
rue Saint-Jacques, fut transporté quelques années après
à l’endroit occupé aujourd’hui par le grenier d’abondance,
dont la destination première était d’emmagasiner les
farines jusqu’au chiffre de 14,000 quintaux. C’est maintenant [en 1881] un magasin succursale de la papeterie
de M. Darblay, à Essonnes. Le grenier d’abondance est de 1823;
il s’effondra vers 1825. [...]
La maison n°8 du carrefour des Religieuses
dépendait de l’ancien couvent, et on y voit une belle cave de
11 mètres de profondeur qui contient une ancienne chapelle (1).
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(1)
Minute de Me Hautefeuille, notaire.
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Le 19 septembre 1645, les religieuses de la Congrégation, malgré
l’opposition des Cordeliers, obtinrent de la duchesse de Vendôme
et d’Étampes la permission de renfermer la rivière dans
l’étendue de leurs héritages.
Le couvent eut beaucoup à
souffrir en 1652. Les religieuses furent renfermées dans leur
quartier et dans la cour des pensionnaires; le reste de la maison
fut livré au pillage. Le jardin servait de place d’armes aux
soldats des princes. Voyant les dangers continuels auxquels elles étaient
exposées, vingt et une religieuses et pensionnaires munies de
passeports furent menées avec une
[p.123] bonne escorte à Paris, chez les dames
de Port-Royal. Les religieuses qui étaient restées pour
empêcher la perte de la maison soutinrent de continuelles alarmes,
mais les soldats n’entrèrent point dans leur quartier, où
il y avait toujours deux gardes qui les préservaient des insultes
(1).
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(1) Annales
de la Congrégation.
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En 1695, le couvent était des plus florissants, car il était
composé de cinquante-deux sœurs professes et de six converses
(2). En 1740, il n’est composé que de quarante à cinquante
religieuses (3).
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(2) Almanach de Sens de
1778.
(3) Mémoires manuscrits particuliers.
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De 1752 à 1745, le désaccord régna entre le couvent
et l’autorité diocésaine, à propos de la bulle
Unigenitus et d’un nouveau catéchisme de
l’archevêque de Sens. Durant la nuit du 1er juin 1756, huit religieuses
furent enlevées et conduites par le prévôt de
la maréchaussée chez les religieuses de Saint-Charles
d’Orléans. Leur crime était d’avoir refusé de
reconnaître pour supérieure celle que l’archevêque
de Sens avait fait élire.
En janvier 1760, pour subvenir aux
besoins de l’État, la congrégation de Notre-Dame d’Étampes
fait l’envoi à la Monnaie de Paris de sa vaisselle d’argent,
pesant 27 mars 4 onces 2 gros.
Le 5 septembre 1792, les religieuses,
au nombre de trente, furent chassées de leur couvent, et on
les recueillit dans différentes maisons de la paroisse Saint-Basile
(4).
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(4) Archives nationales,
manuscrits particuliers. Le nombre de quarante à cinquante est
indiqué sur un mémoire manuscrit de 1740.
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Le 4 novembre 1792, il y eut un envoi à la Monnaie de Paris,
par les administrateurs et procureur syndic du district d’Étampes
de l’argenterie provenant de la congrégation, pesée
par les citoyens Hugo et Énard, orfèvres, après
en avoir séparé les corps étrangers, savoir:
Deux calices, deux patènes,
un plateau, un soleil et un ciboire, le tout en vermeil et pesant 17
mars 6 onces 1 gros;
Une lampe avec sa chaîne,
quatre burettes et plats, un bénitier, un encensoir, une navette
et sa cuillère, quatre chandeliers, deux croix, un calice, un
ciboire et son couvercle, trois écuelles, une tasse, un gobelet
à pied, deux boites, une plaque, trois statues [p.124] représentant saint
Augustin, saint Joseph et la sainte Vierge, le tout en argent et pesant
85 marcs 6 onces 7 gros.
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L’inventaire fait en 1792 nous apprend que le clocher contenait quatre
cloches, trois grosses et une petite (1).
Les religieuses persécutées,
accusées de complots contre la sûreté de l’État,
furent obligées de quitter leur établissement, devenu
bien national en 1792, et c’est un serrurier d’Étampes nommé
Delaville qui l’acheta, le 9 fructidor an IV (2).
Grâce à des temps
meilleurs, les sœurs le rachetèrent et s’y établirent
en 1808. Une ordonnance royale du 1er novembre 1826 leur a donné
une existence légale.
En 1864, elles firent reconstruire
l’ancienne chapelle des Cordeliers, qui leur était devenue insuffisante,
et c’est l’abbé Guillet, ancien vicaire de Notre-Dame, mort directeur
du petit séminaire de Versailles, qui se chargea de la plupart
des décorations. On y remarque surtout un ancien tableau du peintre
Liébaur, représentant l’apothéose du bienheureux
Fourier.
Le clocheton de la chapelle a
une ancienne cloche venant de la prison, et qui aurait été
donnée au couvent par le maire Romanet au commencement de
ce siècle. Elle porte cette inscription en lettres gothiques:
JE FU FAICTE L’AN MIL Vc LV ET FU NOMMÉE MARTHE. Son diamètre
est de 45 centimètres et sa hauteur de 40.
Derrière cette chapelle
on en voit une autre très-ancienne où prêcha, dit-on,
saint Bernard. A côté est une pièce munie d’une
immense cheminée sur laquelle sont écrits dans un style
gothique les mots: La Paix.
A droite est l’ancien cloître
des Cordeliers, ayant une quinzaine de belles colonnes en pierre
à chapiteaux sculptés; à côté, le
pensionnat datant de 1847 et sous lequel sont d’anciens souterrains.
Enfin, dans les cours, on voit les traces d’énormes piliers venant
du couvent des Cordeliers.
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(1)
V. la note B. Voici
cette « Note justificative» B (p. 401): «B. Inventaire fait en la Congrégation les
21, 22, 23, 20 et 27 juillet 1790. Récolement et évaluation
de la maison les 3 et 4 septembre 1792. Sont comparues vingt-deux sœurs
d’Étampes, deux de Meaux, quatre sœurs converses et deux novices….
Suit l’inventaire des objets se trouvant dans l’établissement:
la sacristie, l’église, la bibliothèque, l’infirmerie,
l’apothicairerie, le laboratoire, le réfectoire, la cuisine, les
trente-quatre lits dans les trente-quatre cellules, le chapitre, le pensionnat,
le dortoir, les offices, le parloir, le noviciat, les serres, la laiterie,
la basse-cour, la buanderie, les jardins, le poulailler, le bûcher
et les caves…. Biens immeubles, rentes, dettes passives, titres
et papiers dont soixante-trois concernent la ferme de Guinette louée
à Hélye….. Dans le clocher, trois cloches de différentes
grandeurs et une autre petite cloche servant à une horloge en fer
garnie de ses cordes et poids….. A chacune des sœurs il est demandé
si elles veulent rester ou sortir de la maison; et toutes ont répondu
que leur plus grand désir était d’y vivre et mourir…. Signé:
Voizot, Préaux, Sibillon, maire, Crosnier, secrétaire (Archives
départementales.)»
(2) V. la note C. Voici
cette «Note justificative» C (pp. 401-402):
«C. La commune
d’Étampes demande à être autorisée à
faire l’acquisition de la maison conventuelle de la ci-devant Congrégation
(12 novembre 1792).
“Vu la délibération du conseil général
de la commune; considérant l’utilité dont peut être
à la commune d’Étampes les bâtiments et dépendances
de la Congrégation, soit pour y construire des casernes, soit
pour y transporter l’hospice….. soit enfin pour y établir une
maison d’éducation, estime qu’il y a lieu d’autoriser la commune
à se rendre adjudicataire de la maison de la Congrégation.»
Signé: Sagot, Crosnier, secrétaire.
Dans une autre pièce du 13 nivôse an II, on voit “le
comité révolutionnaire de surveillance de la commune faire
paraître devant lui les religieuses dénoncées
indignement par la citoyenne Coffi, ex-religieuse, [p.402] pour
de prétendus complots qui auraient existé au couvent
en 1788 et 1789.”
Il existe aux archives départementales des pièces analogues
pour les autres couvents d’Étampes.»
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Sur cette congrégation
Dom
Basile FLEUREAU, «Du Monastere des Religieuses de la Congregation
de Nôtre-Dame», in
ID., Les Antiquitez de la ville, et du Duché d’Estampes
avec l’histoire de l’abbaye de Morigny et plusieurs
remarques considerables, qui regardent l’Histoire generale de France
[in-4°], Paris, J.-B. Coignard, 1683, pp.
445-447.
Dont une réédition électronique en ligne:
Bernard
GINESTE [éd.], «Dom Fleureau: De I’Eglise & du Couvent des RR. PP. Cordeliers (1668)», in Corpus
Étampois, http://www.corpusetampois.com/che-17-fleureau-c19.html, 2006.
Jacques GÉLIS, «Religieux et religieuses
à Étampes aux XVIIe et XVIIIe siècles» (7 illustrations),
in ID. [dir.], Église et Société dans le Pays d’Étampes,
Étampes, Association Étampes-Histoire [«Les Cahiers
d’Étampes-Histoire» 7], 2005
[ISSN 1291-7791; 10 € en 2005], pp. 4-24, spécialement pp. 11-15 &
21-24 [La légende de l’illustration de la page 12 doit être rectifiée:
il s’agit des locaux du XIXe siècle sur le site de l’ancien couvent
des Cordeliers].
Bernard GINESTE [éd.], «Congrégation
Notre-Dame d’Étampes: Déclaration de biens, rentes et meubles
(22 février 1790)», in Corpus Étampois,
http://www.corpusetampois.com/che-18-17900222congregation.html,
2008.
Sur l’histoire de l’Éducation à Étampes
CORPUS ÉTAMPOIS,
«Histoire de l’Éducation au Pays d’Étampes: base de données
en construction (depuis 2007)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cbe-histoiredeleducation.html,
depuis 2007.
Toute critique, correction ou
contribution sera la bienvenue. Any criticism or contribution welcome.
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Source
du texte: Archives municipales
d’Étampes, cliché et saisie de B. Gineste, août 2008.
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