Bernard
Gineste
Le nom d’Étampes signifie-t-il Les Juments d’Étain?
hypothèse étymologique, mars 2009
01. Introduction
Voilà plusieurs années que je suis
intrigué par l’origine et la signification du nom de la ville
d’Étampes, qui pour l’instant n’a pas trouvé de solution
satisfaisante. Pour un rapide aperçu de cette question, depuis
le XVIe siècle jusqu’à nos jours, on peut se reporter à
la compilation un peu brouillonne et inachevée que j’ai mise en
ligne il y a quelque temps déjà (1).
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(1) Cliquez ici.
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Attendu qu’on annonce une prochaine conférence de notre
ami Michel Martin sur la toponymie celtique dans la région d’Étampes
(2), on nous saura peut-être gré de participer au débat
et de proposer, ne serait-ce que d’une façon sommaire, deux ou
trois hypothèses nouvelles sans prétention, au moins pour
le plaisir de la discussion. On nous excusera de ne pas surcharger cette
modeste contribution, au moins pour l’instant, de références
érudites.
Pour ma part,
j’ai l’intime conviction que le nom d’Étampes est d’origine celtique,
et que c’était déjà celui du bourg gallo-romain (vicus)
autrefois situé dans la zone industrielle, et dont l’énorme
cimetière a été récemment découvert
à côté de la zone commerciale des Rochettes.
La langue gauloise malheureusement a disparu
sans laisser autre chose que d’infimes traces dont des générations
de savants, malgré une extraordinaire débauche de science
et d’ingéniosité, ne tirent pas beaucoup plus que quelques
connaissances éparses et toujours plus ou moins hypothétiques.
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(2) Organisée par l’association
Étampes-Histoire à la salle Saint-Antoine le samedi 4 avril
à 16 h 30. Michel Martin a déjà lui-même proposé,
sans conviction, Stam-Pettia, où le premier élément
signifierait peut-être “bouche” et le second probablement “pièce”,
spécialement “pièce de terre”.
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La forme canonique du toponyme latin est Stampae, au
féminin pluriel (accusatif Stampas, génitif Stamparum,
ablatif Stampis); le gentilé est Stampensis
(et, seulement au XVIe siècle, Stempanus). A date ancienne
on trouve surtout une forme indéclinable Stampis, comme pour
bien d’autres villes. Je voudrais d’abord faire
remarquer que parmi les premières attestations sur toponyme, du
VIIe au XIe siècle, on trouve Stambis à côté
de Stampis et de Istampis. On passe ici des
variantes graphiques plus insignifiantes.
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La dernière de ces formes (seulement mérovingienne),
Istampis, est généralement regardée
comme une simple épenthèse (3), reflétant l’évolution
de la langue parlée vers la prononciation Estampes qui finira
par donner Étampes; mais on peut parfaitement imaginer,
vu notre profonde ignorance du gaulois, que ce pouvait être également
la forme originelle du toponyme; en ce cas la graphie Stampis
ne représenterait qu’une hypercorrection, c’est-à-dire une
pure vue de l’esprit, la forme originelle du toponyme ayant bien été
en réalité Istampis ou Estampis.
Mais entendons-nous bien, je dis cela, sans trop y croire, pour soutenir
la première de mes hypothèses, qui me paraît la moins
solide.
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(3) Phénomène
bien connu: de Studium on passe à estude
puis à étude; stella,
estoile, étoile, etc.; et donc, dans notre cas, Stampae,
Estampes, Étampes.
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Ceci considéré, voici les trois hypothèses
étymologiques qui me sont venues à l’esprit ces dernières
années: 1) Est-Ambe: “les
Rivières de l’Ouest”; 2) Stann-Ambe:
“Les Rivières d’Étain”; 3) Stann-Epe, “les
Juments d’Étain”. On me saura gré,
sans doute de m’en expliquer.
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| 02. Sur
le mot ambe |
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Notre connaissance du vocabulaire gaulois est des plus limitées
et c’est ce qui donne tout son intérêt à un petit
lexique gaulois-latin découvert en 1836 par Endlicher.
C’est un vieux débat chez les celtisants
de savoir s’il faut faire confiance à cette liste de 17 termes gaulois.
On tend à croire aujourd’hui qu’elle est d’origine extrêmement
tardive, d’époque carolingienne, et par suite fort peu fiable.
Elle nous dit expressément que le gaulois
ambe signifierait «rivière», et
que l’expression inter ambes signifierait inter rivos, «entre
les rivières».
Pour ma part je ne vois de raison sérieuse
d’en douter, d’autant qu’on peut rapprocher facilement ce mot du latin
amnis, «fleuve», lui-même rapproché,
dans la récente réédition du dictionnaire Gaffiot,
de l’osque aapam et du sanscrit ap-.
Je ne sais pas pourquoi personne ne paraît
avoir fait à ce jour, à ma connaissance ce rapprochement,
ni pourquoi le nouveau Gaffiot ne rapproche pas le latin amnis
du gaulois ambe. Mais je vois pas ce qu’on pourrait y opposer,
ni comment, à cette lumière, on pourrait continuer à
contester cette donnée explicite du glossaire d’Endlicher, suivant
lequel il aurait existé un mot gaulois ambe signifiant
«rivière».
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03. Première
hypothèse
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Resterait à expliquer dans ce cas le premier élément
du toponyme. On pourrait d’abord imaginer, de manière totalement
hypothétique il est vrai, un gaulois est- signifiant «Ouest» et correspondant au vieil anglais, allemand
et néerlandais west, sur une racine racine indoeuropéenne
représenté en latin par vesper et en grec par hesperos,
«soir, couchant, Ouest».
On arriverait ainsi à un toponyme signifiant
«Les Rivières
de l’Ouest». Il semble
en effet que le site d’Etampes ait représenté, près
du confluent de la Louette de la Chalouette et de la Juine, un avant-poste
sénon relativement éloigné, à l’ouest, de la
métropole de ce peuple gaulois, Sens.
Cette hypothèse a évidemment contre
le fait que l’élément est ne soit pas jusqu’à
présent représenté dans ce que nous connaissons du
vocabulaire gaulois.
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04.
Deuxième hypothèse
On peut donc songer plutôt à un
élément initial Stann-, plus assuré, puisqu’il
a donné par emprunt le le latin stannum ou stagnum,
qui lui-même a produit le français “étain”, mais qui
aurait plutôt désigné au départ “plomb argentifère”;
il est cependant quasi certain que ce terme a très tôt qualifié
l’étain proprement dit dont les Gaulois contrôlaient le trafic
depuis la Grande Bretagne jusqu’en Méditerranée. Pline le
Jeune, au premier siècle de notre ère, rapporte déjà
que la technologie de l’étamage, qui consiste à recouvrir
d’une fine couche d’étain d’autres métaux oxydables pour les
préserver de la corrosion, est tout entière d’invention gauloise.
Stanbis serait dans en cas la contraction
de Stann-Ambes, «les Rivières
de Plomb, ou d’Étain». Qu’est-ce à dire?
Il faut remarquer que selon une hypothèse
récente le mot étang lui-même, en ancien français
estanc, dérivé lui-même du verbe étancher,
proviendrait par là d’un bas-latin hypothétique stannicare,
“souder”, d’où,
par métaphore, “figer, arrêter”.
Cette hypothèse aurait pour avantage
de décrire les lieux marécageux, où les eaux des
rivières étampoises tendent naturellement à stagner,
près desquels se dressait l’ancien vicus gallo-romain d’Étampes.
Mais il faut reconnaître à
nouveau deux difficultés à cette hypothèse: la graphie
Stampis est nettement moins représentée
Stampis, et, surtout, la contraction supposée
de notre hypothétique
Stann-Ambes en Stanbis est
difficile.
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04. Gaulois
epa, «jument», c’est-à-dire
peut-être tout simplement «cheval».
Une autre
solution serait donc d’abandonner notre deuxième élément
ambe et de lui substituer un terme pour sa part absolument
incontesté, epa, «jument».
On est là en terrain assez bien connu.
Le gaulois epo, «cheval»,
correspond au latin equus et au grec hippos. Il existe
d’autres racine pour parler de cet animal important dans le monde celtique,
comme semble-t-il manduo, marco et caballo.
Certains celtisants prétendent que le mot epos évoquerait
plus précisément le cheval de selle, d’autres spécialement
le cheval d’attelage. Il paraît bien difficile de prouver de telles
spécificités de sens avec un matériel littéraire
aussi mince que celui dont nous disposons.
Il me paraît plus important de remarquer
que la divinité gauloise attachée aux chevaux est une déesse
bien connue, Épona, dont le culte s’est répandu
dans tout l’empire romain. On peut conjecturer à cette lumière
que le nom de l’espèce était en gaulois plutôt le
féminin que le masculin, et qu’on parlait plus usuellement de
la jument, epa, que du cheval, epo, à l’inverse
du français moderne. Il semble qu’il en allait bien ainsi pour
l’ours, lui aussi divinisé sous une forme féminine, très
clairement, d’après l’épigraphie.
Aussi par epe, faut-il peut-être
entendre «chevaux», sans
spécification de sexe; à titre de comparaison, lorsqu’on
traduit en français un texte latin parlant de vulpes
ou vulpicula (qui a donné goupil), on
rend ce mot par «renard», et non par
«renarde», bien que ce soit
le sens littéral de ces mots latins: car on se conforme alors
à l’usage de chaque langue, spécialement lorsque la pensée
de l’auteur n’était pas de spécifier le sexe de l’animal
dont il parle. Par suite donc il ne faut pas hésiter
à supposer que l’élément epe, dans notre
toponyme, peut simplement signifier «chevaux» plutôt que spécialement «juments».
Quoi qu’il en soit, l’élément epo-/-epa
paraît avoir été très productif en onomastique
gauloise, puisqu’on lui rattache notamment de nombreux noms de personnes
tels que Atepomaros, Epacus, Epadumnacos, Epasius, Epasnactus,
Epenos, Epiacum, Epidi, Epillos, Epomeduos, Eponina, Eporedorix, Epos,
Epossium, Eppia, Eppius, Eppilus, Epponus, etc.
Des peuples gaulois tiraient aussi leurs noms
de cet élement, tels que les Epidii, installés en
Écosse. Plus proche de nous, un peuple client des Éduens
avait aussi nom les Epomandui. Ils avaient un chef-lieu
dénommé Epomanduo sur la carte de Peutinger, Epomantuduro
et Epomanduoduro sur l’Itinéraire d’Antonin (349,2
et 386,4) et enfin Mandroda dans la Cosmographie de Ravenne
(IV, 26), aujourd’hui Mandeure (Doubs).
L’interprétation traditionnelle de ce nom de peuple est “les petits
(manduo) chevaux (epo)” (4). Si le masculin est motivé,
il faut peut-être comprendre “les petits étalons”.
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Cavaliers sur le chaudron de Gundestrup (IIe siècle
av. J.-C)
(4) Xavier Delamare, dans son
Dictionnaire paru en 2003, suppose plutôt
que manduo (rapproché du latin
mannus, “poney”, lui-même sans doute emprunté au
gaulois) signifie à lui tout seul “petit cheval” et qu’epo
est donc à prendre au sens d’“attelage”. Cette interprétation
me paraît bien forcée: ce n’est pas parce que mannus
signifie en latin “petit cheval” que le terme manduo avait déjà
en gaulois un sens aussi spécialisé. Il est plutôt
à supposer que le terme gaulois qui signifiait “petit” a été
emprunté par le latin au sens spécial de “poney”. D’où
également, sans doute, la curieuse disparition de l’élément
epo- dans le nom de la ville de Mandeure, au moment
où le gaulois est totalement supplanté par le latin.
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On
soupçonne bien, à droite et à gauche, la présence
de cet élément epo- ou epa- dans
bien des noms de lieux, mais un seul cas est avéré par une
déclaration explicite de Pline l’Ancien au premier siècle
(Histoire Naturelle, III, 21, 2). Il nous apprend
qu’Eporedia (la moderne Ivrée dans le Val d’Aoste) tire son nom d’un mot gaulois qualifiant les bons dresseurs de chevaux (5).
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(5) Voici le texte:
Oppidum Eporediam, Sybillinis a Populo Romano conditum jussis (Eporedias
Galli bonos equorum domitore vocant); traduction: “L’oppidum d’Eporedia,
fondé par le Peuple Romain sur l’ordre des Sybilles (les Gaulois
appellent eporediae les bons dresseurs de chevaux)”.
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Potin sénon au cheval (monnaie
locale de bronze fortement alliée de plomb ou d’étain)
05. Troisième hypothèse:
«Les Juments d’Étain» ou «Les Chevaux d’Étain».
Nous nous arrêtons
donc pour l’instant à une troisième hypothèse sur
l’origine de la formation du toponyme Stampae, qui serait une contraction
d’un composé Stann-Epe, littéralement «Les Juments d’Étain» ou «Les Chevaux d’Étain».
Reste à expliquer un toponyme aussi énigmatique
à première vue.
1) L’étain envisagé comme marchandise?
On sait qu’une des ressources
économiques principales de la Gaule ancienne était le
commerce de l’étain venu de la Cornouaille britannique, qui transitait
à travers le pays jusqu’aux rives de la Méditerrannée,
spécialement il est vrai par la vallée du Rhône.
C’est ainsi par exemple qu’on a expliqué
l’existence du trésor découvert en 1953 près de Vix (Côte-d’Or)
et plus précisément près l’oppidum du mont
Lassois: cet établissement aurait contrôlé le passage
de l’étain vers la vallée du Rhône.
On pourrait supposer dans le cadre de cette
hypothèse qu’Étampes a été une étape
notable de l’une de ces routes commerciales terrestres de l’étain,
spécialement de celle qui se dirigeait, via Cenabum, c’est-à-dire
Orléans, vers la vallée de la Garonne et l’Espagne, ancêtre
de cette grande voie de communication qu’on a appelée ultérieurement
la Voie Royale, et aujourd’hui la RN 20.
Dans cette perspective on pourrait peut-être
comprendre «Les Chevaux de l’Étain», c’est-à-dire les convois
de cette marchandise. J’avoue cependant préférer nettement à
cette hypothèse celle qui suit.
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Autre potin sénon au cheval
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2) Les Juments
d’Étain, un nom de peuple?
Une autre interprétation se présente
en effet, qui me paraît plus vraisemblable et séduisante dans
le cadre de cette hypothèse. Il faut d’abord remarquer l’immensité
du territoire contrôlé par le peuple des Sénons,
dont la métropole était à Sens. Il en découla
que jusqu’à la Révolution française le pays d’Étampes
a relevé du diocèse de Sens, dont le siège était
pourtant à plusieurs jours de voyage de la vallée de la
Juine.
On peut donc légitimement se demander
si cette vallée de la Juine n’était pas occupée par
une peuplade gauloise distincte, cliente des Sénons certes, mais
dotée d’une identité bien déterminée, et d’un
nom propre, comme dans le cas des Epomandui, peuplade cliente de
celle des Éduens. Ainsi leur nom propre aurait été
Les Juments d’Étain, de même que celui
des Epomandui était Les Petits Chevaux. ou Les
Petits Étalons.
Le déterminant d’Étain pourrait
se rapporter soit à la matière, ou à la couleur
des enseignes sous lesquelles combattaient les contingents étampois
au sein de la fédération sénone (6). Rappelons que
les Gaulois étaient notoirement les inventeurs et les spécialistes du procédé
de l’étamage, destiné à éviter la corrosion
d’objets métalliques tels que l’étaient, précisément,
les enseignes.
On ne peut exclure non plus l’hypothèse selon laquelle les
carnyx (ou trompes de combat) des Étampois aient revêtu la forme
de têtes de chevaux.
On notera en tout cas qu’on a bien découvert
à Tintignac, dans un trésor de guerre daté
du IIIe siècle av. J.-C., en septembre 2004, entre autres,
outre sept carnyx, une tête
de cheval, en tôles de bronze repoussées.
05. Conclusion provisoire
Tout ceci est bien hypothétique. Nous
espérons cependant avoir donné aux Étampois une occasion
de rêver à leurs ancêtres.
Peut-être cette vision est-elle trop belle,
et ressemble-t-elle trop à une image d’Épinal: nos ancêtres
les Étampois, réunis au printemps pour combattre avec leurs
alliés sénons, mais sous leurs propres enseignes, qui auraient
été des chevaux de bronze, joliment étamés
par les forgerons du pays.
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Cheval stylisé, qui fut peut-être une enseigne gauloise.
(6) Selon Pline (X, 5), les
Romains eux-même, jusqu’à l’époque de Marius, eurent
aussi des chevaux pour enseignes de certaines de leurs unités.
Cornyx (chaudron de Gundestrup)
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Bernard Gineste, mars 2009
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