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| Le merveilleux répertoire que vient de faire paraître le Père Gatineau, Étampes en lieux et places (janvier 2003), signale en plein centre ville, 12 rue Louis-Moreau, une étonnante statue tout à fait méconnue, qu’il propose d’attribuer au sculpteur étampois Élias Robert (1819-1874), ce qui est fort vraisemblable, sans être absolument certain. |
| L’esprit
d’Étampes incarné par une statue
Qui
a réalisé cette sculpture étonnante? Personne ne semble
le savoir à l’heure qu’il est, et nous espérons que quelque
internaute saura nous renseigner: un document surgira bien un jour ou l’autre
qui puisse lui attribuer enfin une date et un auteur certain.La Louette a subi apparemment plusieurs accidents au travers des décennies, et une épaisse couche de peinture cache mal de légers rafistolages çà et là. En commentaire à cette œuvre énigmatique et isolée, qui devrait être chère à tous les Étampois comme une incarnation de leur patrimoine culturel le plus spécifique, nous renvoyons d’une part à la gravure sur bois qu’inspirée le même poème au célèbre Émile Bayard (l’illustrateur officiel de Victor Hugo). Nous y ajoutons ce que l’historien local Léon Marquis a écrit sur la Louette en 1881, puis les extraits du Chien pêcheur qui sont les plus nécessaires à la compréhension du symbolisme de cette statue originale, toute étampoise dans son inspiration. B.G., mars 2004
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Comme la Chalouette, la source de la Louette était autrefois un peu plus haut, à un kilomètre environ de sa source actuelle, du côté de Boutervilliers. D’après les érudits, la Louette et la Chalouette ne formaient d’abord qu’une seule rivière et se réunissaient au-dessous du moulin de La Ferté, commune de Châlo-Saint-Mard. Sur les bords de cette rivière, de la voie ferrée à Valnay, on trouve des fossiles végétaux provenant de dépôts calcaires des eaux sur les roseaux des anciens marais. Appelé ostéocole par Guettard, ce fossile est composé de tuyaux cylindriques et prismatiques, généralement verticaux, pressés les uns contre les autres, formant une couche compacte qui arrête le développement des racines des [p.232] arbres, lesquels finissent par dépérir lorsqu’ils arrivent à une certaine grosseur. Lorsqu’on détourna le lit de cette rivière, en 1840, on trouva beaucoup de bois pétrifié vers le pont de Chaufour. La Louette subit une crue extraordinaire le 2 février 1753, par suite de la fonte des neiges. Cette crue dura de neuf heures du matin à neuf heures du soir, et l’eau monta à 5 ou 6 pieds de haut. Les moulins situés sur la Louette furent endommagés [Guettard, Mém. de l’Académie des Sciences de 1754, p. 257.]. Cette rivière a été fortement détournée de son cours en 1842, depuis le moulin à tan jusqu’à celui de Chaufour, pour faire passer le chemin de fer d’Orléans, car la rencontre ayant lieu suivant un angles très-aigu, on dut faire en cet endroit des travaux d’art considérables. Des personnes dignes de foi nous ont assuré qu’en faisant le grand remblai, plusieurs chevaux ont été enterrés vivants par suite d’un éboulement. Depuis que la rivière artificielle existe, c’est-à-dire depuis neuf siècles, on en fait tous les trois ans le curage dans son parcours à travers la ville, et on en profite pour réparer les moulins et les murs des riverains. On lève à cet effet les trois vannes des Portereaux, en sorte que les eaux de la Louette et de la Chalouette se précipitent en quelques instants dans la rivière des Prés, pour aller ensuite au Port dans celle d’Étampes, à l’endroit où elle est grossie du Juineteau. La dernière opération de cette nature se fit du 9 au 19 mai 1880. Quand la rivière est mise à clos, — c’est ainsi qu’on appelle cet antique usage, — les habitants peuvent prendre à la main les poissons surpris dans la vase. C’est ce qu’un poète étampois, Hémard de Danjouan, a immortalisé dans le passage suivant de son charmant poème Le Chien pêcheur:
Qui dans un lit forcé captive la rivière. Le fleuve impétueux s’échappe en un moment, Et laisse les poissons hors de leur élément |
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Nous donnons ici quelques extraits du Chien Pêcheur, composé en 1714 par Claude-Charles Hémard de Danjouan, et dont s’inspire très évidemment l’artiste, probablement Elias Robert.
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[Claude-Charles HÉMARD DE DANJOUAN], Le Chien pêcheur ou le Barbet des Cordeliers d’Estampes, poëme héroï-comique en latin et en françois [in-8°; 15 p.], sans lieu ni date, vers 1720 [non vidi]. Révérend Père Pierre-Nicolas DESMOLETS [continuateur], A.-H. de SALLENGRE [†], Continuation des mémoires de littérature et d’histoire [11 vol. in-8°], Paris, 1726-1731 [aliter: (11 vol. in-12), Paris, 1730-1732, t. X, pp. ?-? [non vidi]. Michel de CUBIÈRES-PALMÉZEAUX [pseudonyme de Jean Antoine LEBRUN-TOSSA (1760-1837), alias Père Ignace de CASTEL-VADRA, DORAT-CUBIÈRES, ENÉGISTE-PALMÉZEAUX, Monsieur de MARIBAROU, MÉTROPHILE, C. de PALMÉZEAUX, C.-D. TAVEL, chevalier de MORTON], Épître à Gresset, au sujet de la reprise du ‘Méchant’ par les Comédiens français qui a eu lieu... en 1811. Suivie de deux ouvrages de ce poète célèbre qui ne sont dans aucune édition de ses œuvres, et d’une épître à un jeune provincial intitulée: ‘l’Art de travailler aux journaux’, par l’ex-R. P. Ignace de Castelvadra [Par J.-A. Lebrun-Tossa.] [in-8°; 93 p.; les deux poèmes attribués ici à Jean-Baptiste-Louis GRESSET, le Chien pêcheur et La Musique, poème ne sont en fait pas de cet auteur], Paris, Moronval, 1812. [non vidi]. Maxime de MONTROND,
«Note XI (Chap. XII, p. 176).
Le Chien Pêcheur ou Le Barbet des Cordeliers d’Étampes. Poème
héroï-comique en latin et en français» [édition
en fait partielle], in ID., Essais historiques sur la ville d’Etampes. Tome 1, Etampes,
Fortin (& Paris, Debécourt), 1836,
pp. 221-235. Bernard GINESTE [éd.],
«Émile Bayard et Ettling: Le
Chien Pêcheur (gravure sur bois, 1868)», in Corpus Étampois,
http://www.corpusetampois.com/cae-19-bayard-chienpecheur.html,
2004. |
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