2. Notes de
B. G. (2007)
(1)
On pourrait peut-être reconstituer le préambule de
cette charte s’il s’en trouve un parallèle dans une charte contemporaine
mieux conservée. Malheureusement les chartes des premiers capétiens,
dont la parution était annoncée comme imminente il y a
plus de quinze ans, ne sont toujours pas éditées.
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(2)
La charte désigne l’adversaire des moines sous le simple nom
de Guy (Guido), ici et à la fin de
la charte. L’identité de ce
Guy a été discutée.
1) Il s’agit selon Dom Chazal
de Guy de Rochefort (Guido
de Rupeforti).
2) Maurice Prou de son côté (en
1907 puis 1908) se garde bien de se prononcer, et appelle ce Guy, dans
la notice qui introduit son texte, “un certain Gui”.
3) Estournet
pour sa part croit pouvoir préciser en 1944 que par Wido
il faut entendre Guy Ier de Montlhéry, et par Guido
son fils cadet Guy II dit le Rouge. Il reconstitue un arrière-plan
événementiel assez détaillé mais non moins
hypothétique (a).
On notera
que cette reconstitution suppose que la terre dont il est question
serait très exactement le prieuré de Sonchamp, en Yvelines
(possession de Saint-Benoît citée dès 623), identification
qui n’a pas d’autre fondement que l’identification arbitraire de
notre Guido avec Guy le Rouge. Or c’est invraisemblable
parce que de nombreux indices convergents nous orientent nettement
vers le pays étampois (la présence de l’évêque
de Chartres, du prévôt d’Étampes, de Thion fils
d’Ours possessionné on le sait dans la frange chartraine du
pays d’Étampes, des régisseurs d’Authon et de Sainville).
4) Pour ma part, je remets en question le seul
point sur lequel ces trois auteurs paraissent d’accord: ce Guy, quel qu’il
soit, serait à distinguer de celui qui est mentionné par
le même acte, avec une autre graphie, comme le premier signataire après le roi et les évêques, Guy de Montlhéry, Wido de Monte
Leutherico.
Le Guy avec lequel
les moines sont en conflit est à nouveau appelé
Guido dans l’exposé, puis à nouveau et à
la fin de la liste des témoins, tandis que la rétroversion
choisie pour le nom du premier signataire de l’accord, Guy de Montlhéry
est Wido.
On observe bien parfois dans les chartes
un tel procédé pour distinguer des personnages homonymes
(ex: Godefredus à côté de
Gaufridus pour le même nom Geoffroy).
Cependant une variation orthographique de ce
genre n’est pas forcément significative dans les documents de l’époque.
A supposer qu’elle ait déjà été le fait de
l’acte original, ce qui n'est pas absolument avéré, elle peut
s’expliquer de mille manières. Guy de Montlhéry par exemple,
aura pu imposer la rétroversion qu’il préférait au
moment où son nom a été solennellement porté,
et le notaire aura ensuite repris machinalement machinalement la première
graphie, qui lui était la plus coutumière.
En réalité
rien ne nous impose de considérer qu’il s’agit de deux Guy
différents, et une telle variation de graphie, au sein d’un même
document, ne serait pas un fait isolé.
On voit mal par ailleurs, dans le cadre de
l’hypothèse d’Estournet, pourquoi la filiation de Guy le Rouge
ne serait pas indiquée. A titre de comparaison, dans une charte
en faveur de Saint-Martin des Champs en date de 1085, Guy le Rouge est
encore “Guy fils de Guy de Montlhéry” (Wido
filius Widonis de Leuteriomonte).
On voit mal également,
et surtout, pourquoi le Guy en question, qui était présent,
au dire même du roi lors de la rédaction de l’acte, ne serait
pas mentionné explicitement et en tête de l’une des deux
parties contractantes.
Tandis que précisément c’est
Guy Ier de Montlhéry qui est le premier des signataires après
le roi et les évêques.
Tous ceux qui sont ensuite mentionnés,
après Guy de Montlhéry, à savoir les membres
de la cour, sont ses témoins; tandis que la fin de la liste
est celle des témoins de la partie adverse, c’est-à-dire
de l’abbé Hugues, ex parte
domni Hugonis abbatis, à commencer par
le prévôt de l’abbaye préposé à la
gestion de ses possessions étampoises, suivi par les régisseurs
de Saint-Pierre d’Étampes, d’Authon et de Sainville.
C’est donc de Guy Ier lui-même
qu’il est évidemment ici question tout du long, sans qu’il
soit besoin du roman familial imaginé par Estournet.
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(a)
Voici ce que suppose Gustave Estournet, «La Ferté-Alais,
ses origines, ses noms, ses premiers châtelains», étude
de 1944 que nous avons mise en ligne:
“Guy II, dit le Rouge à cause de la couleur de ses cheveux, second
fils de Guy Ier de Montlhéry et d’Hodierne de La Ferté,
devint comte de Rochefort par son mariage avec Adélaïde,
héritière de cette terre. Il en portait le nom dès
1063, lorsqu’il souscrivit, à côté de son père,
les deux chartes royales octroyées à Saint-Pierre de Hasnon
(M. Prou, op. cit., p. 63, nn°° 22 et 23). Il molesta
les religieux de Saint-Benoît qui possédaient le prieuré
de Sonchamps dans le voisinage de Rochefort: sur les remontrances de
son père, il renonça aux coutumes qu’il percevait injustement
sur leurs terres, ce qui fut sanctionné par un diplôme
de Philippe Ier en 1067 (M. PROU, op. cit.,
p. 98; Chartes de Saint-Benoît-sur-Loire, I, n°77).”
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(3)
Hugues, Hugo abbas, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire,
n’est pas présent à la cour: il y est représenté
par son prévôt pour l’Étampois, le moine Thiélin.
Cet abbé est mentionné par une
charte de Philippe Ier donnée à Orléans le 26 janvier
1065 (a), puis en 1067 à Melun, par notre charte (b), et enfin par
une troisième à Orléans entre le 7 août 1067 et
le 4 août 1068 (c).
Il est aussi mentionné par une charte
de Guillaume le Conquérant donnée en avril avril 1067 au
Vaudreuil (d).
Les chartes conservées de Saint-Benoît-sur-Loire
mentionnent avant cet Hugues, un certain Asnier (e), mais nous
ne pouvons savoir par là si c’était son prédécesseur
immédiat, la charte ne datant que de novembre
de 1035. Son successeur immédiat paraît
avoir été un certain Guillaume, mentionné
par une charte de Gilon de Sully en 1070 (f) et par par une autre de Philippe
Ier en 1071 avant le 4 août à Melun (g).
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(a) Recueil des diplômes
de Philippe Ier, 1908, p. 52, l.10: reverendus abbas Hugo gratia
Dei. Autre édition: Prou et Vidier, Recueil des chartes de
l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, 1907, p. 194.
(b) Recueil des diplômes de Philippe
Ier, p.99, l.14: domnus Hugo abbas.
(c) Ibid., p.107, l.22-p.108, l.1: abbas
monasterii sancti Benedicti nomine Hugo; l.29: abbas; p..109,
l.4: abbas. Autre édition: Prou et Vidier, Recueil des
chartes de l’abbaye..., 1907, p. 198 (sous la date erronée
de 1066).
(d) Prou et Vidier, Recueil des chartes de
l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, 1907, p. 204: Hugo
abbas.
(e) Ibid., p. 192: reverentissimus
abbas monasterii sanctae Mariae, sancti Petri et sancti Benedicti Floriacensis
nomine Azenerius. [On notera cette curiosité: au XIe siècle,
dans une donation de Roger II, comte de Foix, à l’abbaye bénédictine
de Saint Pons de Tomières (dans l’Hérault, diocèse
de Saint-Pons), il est fait mention d’une paroisse de saint Pierre d’Escousse
(près Pamiers en Ariège) où un B. Asnerius abbé
serait inhumé; donation est confirmée en 1079 par Guillaume,
comte de Toulouse (BG, 2007, d’après cette page web, http://www.histariege.com/escosse.htm);
en fait ce nom doit être une altération d’Anserius,
anachorète égyptien du IVe siècle, dont le culte
devait être en vogue chez les moines du XIe.]
(f) Ibid., p.207: dominus noster Willelmus
abbas.
(g) Ibid., p.213: Guillelmus sancti
Benedicti coenobii abbas.Autre édition: Prou, Recueil,
1908., p.146, ll.22-23.
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(4)
Remarques sur la lacune qui se présentent ici.
(1) Dom Chazal a eu sous les yeux
la charte mutilée, mais il n’en a évidemment
transcrit que les mots qui donnaient un sens clair, laissant de côté
ceux dont les articulations grammaticales n’étaient pas devinables.
En effet, il serait extrêmement invraisemblable
qu’aient été seulement conservés et lisibles
ceux qu’ils transcrit et qui permettent à la phrase de retomber
grammaticalement sur ses pattes. C’est pourquoi il faut prendre très
au sérieux l’information qu’il nous donne et qui ne transparaît
pas dans les mots qu’il a transcrits, à savoir que les moines
avaient donnés à Guy quelque chose en retour de sa
rétractation.
(2) A quel titre
et sur quelles terres précises Guy revendiquait-il des droits?
C’est ce que précisait sûrement
cette lacune. Estournet pense qu’il s’agissait essentiellement du prieuré
de Sonchamp, voisin de Rochefort. Cette hypothèse est ingénieuse
mais s’accomode mal de la présence de personnages très
nettement liés au seul pays d’Étampes: le régisseur
d’Authon (avec celui de Sainville), le chevalier étampois Thion
et le prévôt d’Étampes.
(3) Sonchamps ou Saint-Pierre d’Étampes?
Il faut donc plutôt songer à Saint-Pierre
d’Étampes, d’autant qu’il est plusieurs indices de ce que les
seigneurs de Rochefort étaient possessionnés à proximité
immédiate du quartier Saint-Pierre d’Étampes.
La toponymie étampoise en conserve des
indices qui ne paraissent pas avoir été remarqués
jusqu’à présent. Le premier faubourg d’Étampes
en direction de Saint-Pierre s’appelait dès 1226 “Hameau du Comte”, Vicus comitis (d’où l’actuelle
Rue au Comte), et ce plus d’un siècle avant
qu’il n’existe des comtes d’Étampes.
De quel autre comte pouvait-il s’agit que de
celui de Montlhéry, voire, plutôt, de Rochefort?
(4) L’île Biotte et l’île Maubelle.
On remarquera d’ailleurs que l’une des terres
voisines s’appelle l’Île Biotte, du nom de l’une des petites-filles
de Guy Ier (fille de Guy le Rouge), et une autre L’Île Maubelle,
du latin Mabilia, nom de l’épouse d’un petit-fils de Guy Ier, Évrard
III du Puiset, lui-même possesseur de Morigny, qui a vraisemblablement
donné son nom à la porte Évezard, mentionnée
dès 1226 (porta Evrardi).
(5) La Porte Évrard (rue Évezard)
Nous voyons en effet qu’Évrard III, fils de Hugues Blavons
du Puiset, possédait par exemple
Morigny, puisque Philippe Ier lui rachète
cette terre lors de son départ en croisade en 1096 (Chronique
de Morigny, début du livre II). C’est sans doute de cet Évrard
qu’a tiré son nom la porte Évrard
(d’où l’actuelle rue Évezard).
Un autre fils d’Hugues
Blavons, Guy du Puiset (mort au plus tôt en 1127), épousera
de son côté au début de XIIe siècle la fille
du vicomte Marc d’Étampes, et sera tuteur de son beau-frère
mineur Hervé avant de lui succéder en 1108.
(4) L’île
Maubelle et l’île Gallardon.
Il est vrai
cependant qu’il peut s’agir ici d’une autre Maubelle, et notamment du
fait qu’une troisième terre du même secteur s’appelle Gallardon.
Après 1096, Maubelle ou Mabile, Mabilia, veuve de Guérin
de Gallardon, se remarie, à Aymon le Rouge d’Étampes.
Tout
cela nous ramène bien au tournant du XIe et du XIIe siècle.
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(5) Pour le mot conventus,
le Lexicon de Niermeyer donne pour premier sens médiéval
celui d’assemblée générale du royaume, et
pour deuxième celui de plaid public.
(6) La distinction opérée ici entre grands (proceres)
et princes (principes) n’est pas éclaircie par la suite du texte.
(7) Prou donne une dizaine
d’exemples du monogramme royal de Philippe Ier qui a revêtu
plusieurs formes, dont je donne ci-contre un exemple: on voit qu’il
est souvent placé au centre de la mention du roi. A gauche on
voit les S barré qui signifient parfois signum (alors suivis
du génitif) et parfois signavit (alors suivis
du nominatif). |
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(8)
Guy de Ponthieu, évêque
d’Amiens de 1058 à 1075/1076, après avoir été
archidiacre de Notre-Dame d’Amiens.
C’est un arrière-grand oncle
de l’Hugues d’Abbeville (et de Ponthieu), qui signe aussi notre charte.
Cet évêque est le fils cadet d’Enguerrand Ier (mort en
1045), tandis que le Guy de Ponthieu de notre charte descend en droite
ligne de son frère aîné, étant le fils aîné
d’Enguerrand III (mort au combat en 1053), lui-même fils aîné
d’Hugues II (mort au combat en 1052), lui-même fils aîné d’Enguerrand II et
frère aîné de notre évêque Guy de Ponthieu.
Cet évêque est l’auteur
probable d’un poème écrit entre 1067 et 1074, qui célèbre
la conquête de l’Angleterre par le duc Guillaume, le Carmen
de Hastingae proelio.
D’après les chartes conservées
de Philippe Ier, Guy de Ponthieu apparaît à sa cour à Orléans le 26 janvier 1065 (a);
à Orléans la même année avant le 4 août (b), puis à Laon (c), puis à Corbie (d); en 1066 après le 4 août
à Lille (e); quelque part en 1066 (f); à Paris le 29 mai 1067 (g); à Melun en
1067 (h); à Paris le 2 novembre 1071 (i); à Mareolum (Mareuil?) en 1071,
après le 25 décembre (j); à Compiègne en
1073 (k). Un des actes qu’il avait contresigné est rappelé
en 1092 (l).
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(a) Recueil des actes de Philippe
Ier, p.54, l.1: Wido episcopus Ambianensis ecclesiæ,
var. Vido).
(b) Ibid., p.56, l.9: Wido episcopus
Ambianensis, var. Ambianensis ecclesiæ.
(c) Ibid., p.59, l.18: Guido Ambianensis
episcopus.
(d) Ibid ., p.63, l.1: Wido Ambianensis
episcopus; p.66, l.7: id.
(e) Ibid ., p.75, l.19: id.;
traduction française ancienne, p.75, l.37: Widon, evesque
d’Amiens.
(f) Ibid ., p.80, l.16: Wido
Ambianensis; p.83, l.12: Wido Ambianensium episcopus.
(g) Ibid ., p.93, l.10: Guido
Anbianensis episcopus.
(h) c’est notre charte, ibid.,
p.98, l.13: Vuido episcopus Ambianis.
(i) Ibid., p.157, l.26: episcopus
Ambianensis; p.159, l.5: Wido Ambianensis episcopus,
Var. Guidonis.
(j) Ibid., p.163, l.2: Guido
Ambianensis episcopus.
(k) Ibid., p.172, l.2: Wido Ambianensis
episcopus.
(l) Ibid., p.314, l.26: Wido
Ambianensis episcopus.
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(9) Geoffroy de Boulogne, évêque de Paris de 1061
à 1095.
Ce personnage est le fils cadet d’Eustache
de Ier, comte de Boulogne (mort en 1049) et de Mahaut (Mathilde) de
Louvain, En 1067, c’est son frère aîné Eustache
II qui est comte de Boulogne depuis 1049. La Flandria Generosa l’appelle de fait: “Geoffroy évêque de Paris frère
du comte de Boulogne Eustache” (a).
On notera que leur troisième frère,
Lambert, comte de Lens (mort en 1054), avait épousé Adélaïde
de Normandie, sœur de Guillaume le Conquérant et veuve d’Enguerrand
II de Ponthieu (mort en 1045), père de l’évêque
de Guy de Ponthieu, évêque d’Amiens qui signe aussi notre
charte (et arrière-grand-père du comte Guy de Ponthieu
qui la signe aussi).
Ce personnage est très fréquemment
mentionné par les chartes de Philippe Ier d’autant qu’à
partir de 1075 il en deviendra le chancelier. C’est lui qui par exemple
souscrira à Étampes la charte de Philippe Ier en faveur
de Notre-Dame d’Étampes. Nous reviendrons alors sur ce personnage
dont Maurice Prou a soigneusement
retracé la carrière de chancelier (b). On ne mentionnera donc ici que les
premières mentions qu’en font les chartes de Philippe jusqu’à
la date de notre charte en 1067: il apparaît à la cour
de Philippe à Orléans le 26 janvier 1065 (c); à Paris le 27 mai 1067 (d) et deux jours plus tard
(e).
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(a) MGH SS IX, p. 322,
§19: Gosfridus episcopus Parisiacensis, frater Eustachii comitis
Boloniensis.
(b) Prou, Recueil, pp. LVI-LVII.
(c) Ibid., p.53, l.10: Gaufredus
episcopus Parisiacensis ecclesiæ, var. Gaufridus,
Gautfredus, var. Parisiensis.
(d) Ibid., p.90, l.33: Gaufredus
Parisiensis episcopus.
(e) Ibid., p.93, l. 10: Gaufridus, Parisi[u]s
episcopus.
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(10) Je supplée
ici le nom de Robert de Tours, évêque de Chartres de 1065 à 1069, soutien de l’hérétique
Bérenger de Tours et lui-même très suspect d’hérésie
(a). Cet évêque
dont l’épiscopat fut relativement bref, n’est pas autrement
mentionné dans les chartes de Philippe Ier.
Sa présence n’est sans doute ici par fortuite, et s’explique ici très
vraisemblablement par le fait que la plus grande partie des possessions
des moines de Fleury en Étampois relevaient du diocèse
de Chartres, à savoir Authon, le Plessis-Saint-Benoît
et Sainville, sans parler de Mérobert.
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(a) Voyez ce qu’en dit le Cartulaire
de Saint-Père de Chartres appelé Vetus Aganon,
éd. Guérard, p.12, dont une saisie en ligne à cette
adresse: http://mercury.select-servers.com/~theseus/cc/sources/vetusaganon.html)
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( 11) Hadery de Broyes, évêque d’Orléans de
1063 aux environs de 1067, était le fils d’Hugues Bardoul Ier.
Il appartient à une famille qui tenait l’épiscopat d’Orléans
depuis 46 ans, au bénéfice de ses fils cadets.
Renard de Nogent-le-Roi (mort en 960)
eut deux fils: Isembart de Nogent, qui lui succéda, et Odalric,
qui fut évêque d’Orléans (1021-1033)
Isembart de Nogent eut deux fils, Hugues
Bardoul Ier, qui lui succéda, et Isembart, qui fut évêque
d’Orléans (1033-1063)
Hugues Bardoul Ier (mort au plus
tôt en 1058) eut trois fils dont l’ainé, Barthélémy,
lui succéda, et dont le cadet, l’Hadery de notre charte, fut
évêque d’Orléans de 1063 à 1067, date à
laquelle il fut déposé.
|
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( 12) Guy Ier de Montlhéry (mort en 1095), fils de Milon Ier
de Montlhéry (mort après 1057), frère cadet
d’un Hugues de Montlhéry (apparemment mort sans descendance
après 1074) fut d’abord châtelain de Rochefort-en-Yvelines.
Il épouse Hodierne, fille de Guillaume
de Gometz, seigneur de la Ferté qui signe aussi cette charte.
Fonde le prieuré de Longpont dont il devient un moine. Il a d’Hodierne
sept enfants, dont Guy II dit le Rouge et Alix épouse d’Hugues
Ier du Puiset (a).
Guy Ier de Montlhéry est donc
beau-père de cet Hugues Blavons du Puiset qui se rebellera
en 1079 contre Philippe Ier et lui infligera une humiliante défaite.
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(a)
En voici la liste:
1)
Milon de Bray dit le Grand, seigneur de Montlhéry et de Chevreuse,
vicomte de Troyes, qui fit la première croisade en 1096 et
mourra après 1104 (l’aîné de ses neuf enfants
sera Guy III dit Troussel);
2) Guy II, comte de Rochefort-en-Yvelines, châtelain
de Châteaufort et de Gometz, seigneur de Crécy-en-Bray,
de Gournay-sur-Marne et de Bréthencourt, sénéchal
de France de 1104 à 1106 (mort en 1108).
3) Milsent, épouse d’Hugues comte de Rethel (morte
au plus tôt en 1097).
4) Alix, dame
de Villepreux, épouse d’Hugues Ier du Puiset dit Blavons, vicomte
de Chartres (morte au plus tôt
en 1097).
5) Milsent, épouse de Pons de Pont-sur-Seine.
6) Isabelle, première épouse de Joscelin
de Courtenay (morte
avant 1060).
7) Hodierne, épouse de Gautier
de Saint-Valéry-en-Caux.
|
(13) Gosselin de Chauny avait été
l’un des ambassadeurs d’Henry Ier auprès du grand-duc Jaroslav
de Kiev, pour négocier son mariage avec sa fille Anne, selon
la Chronique de Clarius (a). On n’est donc pas étonné
de le voir ici mentionné à côté de la
reine-mère dont il paraît être resté un
familier. Il était selon Prou «seigneur
de Chauny (b) et avoué de la «villa»
de Viry (c), laquelle appartenait à Notre-Dame de Paris; voir
une charte de 1067, publiée dans Guérard, Cartulaire
de l’église Notre-Dame de Paris, t.I, p.308.» (d)
Gosselin de Chauny apparaît
dans plusieurs chartes de Philippe Ier: le 26 janvier 1065 à
Orléans (e); avant le 4 août 1065 à
Laon (f); après le 4 août
1065 à Corbie (g); à Melun enfin
dans notre charte de 1067 (h).
|
(a) Recueil des Historiens,
t. XII, p.197B: Wascelinus de Chalinaco.
(b) Aisne, arrondissement de Laon.
(c) Viry-Noureuil, canton de Chauny.
(d) Prou, Recueil, p. XVIII, note 1.
(e) Ibid., p.54, l.2 & note
d: Gauscelinus [var: Gaulcelmi, Gauscelini domini]
castri Chalenici.
(f) Ibid., p.63, l. 7: Wauselinus
de Calni.
(g) Ibid., p.66, l.14: Waselinus
[var. Walazelinus] de Calni.
(h) Ibid., p. 98, l.18: Waselinus
de Chalney.
|
(14) On en
voit pas clairement ici s’il manque une partie du titre de la reine-mère
Anne ou bien un ou plusieurs noms de signataires.
|
|
(15)
La reine-mère Anne, fille
du grand-duc Iaroslav de Kiev, est assez fréquemment mentionnée
par les chartes de Philippe Ier sous les graphies Anna, Agna,
Agnès ou Ana. Prou a établi de manière
détaillée et convaicante (a) qu’Henri Ier avait envoyé
demander la main d’Anne en 1049, qu’il l’avait épousée
à Reims le 19 mai 1051 et que par suite Philippe Ier n’avait
pu naître avant février 1052. Elle a donné quatre
enfants à son premier époux (b).
Après
la mort d’Henri le 4 août 1060 à Vitry-aux-Loges, près
d’Orléans, Anne se remarie en 1063 avec le comte de Valois,
Raoul de Crépy.
Anne
apparaît tout d’abord auprès de son fils âgé
d’environ huit ans, à Dreux en 1060 après le 4 août
(c) puis la même année à Paris (d), puis à
Senlis (e); la même année elle est mentionnée mais
ne paraît pas présente dans une charte donnée à
Étampes qui pourtant n’a pas sa signature (f); elle paraît
à Compiègne le 30 avril 1061 (g) elle est à
Reims le 14 mai 1061 (h); de retour à Senlis le 27 mai (i),
à Paris avant le 4 août (j); mentionnée on ne sait
où avant le 4 août 1061 (k), et en 1060-1061 (l); à
Soissons en 1063 (m); à Orléans le 26 janvier 1065 (n)
et encore semble-t-il avant le 4 août (o); en 1067 à Melun,
par notre charte alors que le roi a environ 15 ans (p). Ajoutons qu’entre
1060 et 1067 Philippe confirme une charte de sa mère (q).
Anne apparaît encore à
Senlis avant le 4 août 1069 (r), alors que le roi a environ
dix-sept ans, puis seulement avant le 23 mai 1073, à Paris, alors que le roi
a environ 21 ans (s). En 1079 à Saint-Benoît-sur-Loire elle
est juste mentionnée avec le père du roi et ses autres
prédecesseurs, apparemment défunte (t), et de même
en 1089 (u). [D’autres mentions sont plus difficiles à dater et à
utiliser (v)].
Apparemment morte au plus tard en
1079, elle aurait été enterrée à l’abbaye
de Villiers à Cerny près de La Ferté-Alais en Essonne,
mais le fait a été contesté.
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(a) Prou, op. cit., pp.XVII-XXIII.
(b) Philippe Ier (1052-1108); Robert (1054-vers
1063); Emma (1055-vers 1109) et Hugues dit le Grand (1057-1102).
(c) Prou, Recueil..., p.7, l.11.
(d) Ibid., p.12, l.2.
(e) Ibid., p.14, l.29 & 32; p.16,
l.18; p.17, l.6.
(f) Ibid., p.20, l.2.
(g) Ibid., p.30, l.3.
(h) Ibid., p.31, l.12 & 28.
(i) Ibid. p.34, l. 4.
(j) Ibid., p.35, l.31 & 36.
(k) Ibid., p.40, l.27; p. 41, l.2.
(l) Ibid., p.43, l.8.
(m) Ibid., p.48, l.30.
(n) Ibid., p.53, l.6.
(o) Ibid., p.56, l.4.
(p) Ibid., p. 98, l.19.
(q) Ibid., p.105, note 3 & p.106,
l.6.
(r) Ibid., p.121, l.20; cf. p.122 note
a.
(s) Ibid., p.191, l.19.
(t) Ibid., p.247, l.27.*
(u) Ibid., p.304, l.2.
(v) Ibid., p.330, l.9 (et p.442, l.11);
p. 406, l.14; p.433, l.20.
|
(16) Baudouin,
comte de Flandres, ayant épousé Adèle sœur
d’Henri Ier, était l’oncle par alliance du jeune roi âgé
d’environs huit ans à la mort de son père le 4 août 1060 à Vitry-aux-Loges, près d’Orléans.
C’est Henri lui-même qui l’avait désigné pour cette
tâche, de préférence à son frère
Henri comte de Bourgogne qui avait été son rival et qui
de plus était alors l’objet d’une excommunication.
En 1065 on lit: domno Balduino
comiti cujus solerti cura et diligenti providentia regni procuratur
monarchia (a). Il est qualifié en 1066 (b) de Philippi
Francorum regi ejusque regni procurator et bajulus. On lit ici
(c): Balduinus consul, cujus providentia regni monarchia servabatur.
La reine Anne participa aussi au
gouvernement même après son remariage avec Hugues de
Crépy en 1063. La question de savoir quand cessa cete régence
est délicate Luchaire (d), suivi par Prou (e), pense que ce
fut en 1066, lorsque le roi fut adoubé chevalier par la fils de
Baudouin (ce dernier mourant le 1er septembre 1067). Prou précise:
dans les derniers mois de 1066 ou les premiers de 1067, alors qu’il
était dans sa quinzième année ou juste après
ses quinze ans.
Reste qu’il est ici fait mention
de la régence de Baudouin. A cet égard, Prou (f) note:
1) que la date de notre charte n’est pas certaine; 2) que Baudouin a
pu conserver son titre d’une manière purement honorifique; 3)
que dans la charte de 1065 l’action de la régence est exprimée
au présent (procuratur), tandis
qu’en 1067 elle l’est à l’imparfait (servabatur); 4)
que ces deux chartes, qui sont les seules à user de pareilles
périphrases, sont toutes en faveur de Saint-Benoît-sur-Loire
de sorte qu’on peut penser qu’elles ont toutes deux eu pour rédacteur
un moine de saint-Benoît qui aura conservé cette expression
par habitude dans le second cas.
|
(a) Prou, Recueil, p. 53,
l.3.
(b) Ibid., p. 71, ll. 33-34.
(c) p.98, l.20.
(d) Histoire des institutions monarchques
de la France sous les premiers capétiens, 2e éd.,
t.I, p. 146.
(e) Recueil, p. XXXII.
(f) Ibid., p. XXXIII-XXXIV
|
(17) Le comte Raoul. D’après
l’édition de Vidier et Prou de 1907 il ne paraît pas
y avoir de lacune, mais l’édition de 1908 en mentionne une.
Il s’agit de toutes façon de Raoul de Crépy,
second époux de la reine-mère Anne de Kiev, qui l’a
épousé en 1063 après la mort d’Henri Ier en 1060.
Lui-même était veuf d’Adèle de Breteuil depuis le
11 septembre 1051.
Raoul est régulièrement à
la cour de Philippe Ier d’après les chartes de ce dernier,
éditées par Philippe Prou: à Dreux après
le 4 août 1060 (a) avec son fils Simon (b); à Paris
en 1060 (c); à Senlis après le 4 août 1060 (d); à
Reims le 14 mai 1061 (e); à Soissons en 1063, l’année de
son mariage avec la reine-mère (f); à Orléans le 26
janvier 1065 (g); à Orléans avant le 4 août 1065 (h);
à Laon avant le 4 août 1065 (i); à Corbie après
le 4 août 1065 (j); mentionné en 1066 on ne sait où
(k); à Paris le 27 mai 1067 (l), à Melun en 1067 (m); à Senlis le 15 juin 1068 (n); à Paris le
18 mars 1070 (o); à Paris le 2 novembre 1071 (p) après
le 25 décembre 1071 (q); à Paris après le 23
mai 1072 (r); à Compiègne en 1073 (s); à Paris
avant le 4 août 1074, avec son fils Simon (t). Il meurt cette même année 1074. Le 31 mars
1077 à Crépy, Philippe Ier confirme une charte de Simon
fils de Raoul (1048-1081), mentionnant ce dernier comme défunt
et enterré (u);
|
(a) Prou, Recueil,
p.7, l.1: Radulfus comes.
(b) Ibid., l.14.
(c) Ibid., p.12, l.10: Radulfus
comes, à nouveau avec son fils, l.3.
(d) Ibid., p.17, l.11: Rodulus
comes, var. Rodulphus.
(e) Ibid., p.31, l.25: Rodulfus
comes, var. Rodulphus [cf. p.433, l.17].
(f) Ibid., p.48, l.20:
Ratdulfus comes.
(g) Ibid., p.52, l.6:
dominus meus Rodulfus comes, var. Rodulphus,
& p.53, l.8: Rodulfus comes, var. Rodulphus.
(h) Ibid., p.56, l.8:
Radulfus comes, var. Radulphus.
(i) Ibid., p.58, l.4:
comes Radulfus; p.59, l.18-19: Radulfus comes.
(j) Ibid., p.63, l.5:
Radulfus comes; p.66, l. 11, var. Radulphus.
(k) Ibid., p.83, l.14:
Rodulfus comes.
(l) Ibid., p.90, l.
36: Rodulfus comes Crispinianensis.
(m) C’est notre charte, ibid., p.98, l. 21: Rodulphus
comes [suivi d’une lacune d’après l’édition du
Recueil, mais non d’après celle du Cartulaire
de Saint-Benoît].
(n) Ibid., p.113, l.10:
Radulfus comes.0
(o) Ibid., p.139, l.8: Rodulfus
comes, var. Rodulphus.
(p) Ibid., p.159, l.25: Radulfus comes,
var. Radulphus); à Mareolum
(Mareuil?
(q) Ibid., p.162, l.16:
Rodulfus comes, var. Rodulphus.
(r) Ibid., p.165, l.20:
Rodulfus comes.
(s) Ibid., p.173, l.9: Radulfus
comes.
(t) Ibid., p.173, l.9: Radulfus comes.
(u) Ibid., p.229, l.25-27 & p.230,
l. 5: Radulfus, var. Radulphus
|
(18)
Guy comte d’Abbeville, dit aussi comte de Ponthieu, et avoué
de Saint-Riquier. Il a succédé Enguerrand III de Ponthieu,
mort le 9 décembre 1046, dont il paraît avoir été
le fils (a) plutôt que le frère cadet
(b).
Ce personnage est connu pour avoir été
fidèle à Henri Ier, père de Philippe Ier. En
février 1052 cependant il est fait prisonnier par le duc de
Normandie Guillaume, qui le retient captif pendant deux ans et ne le
relâche qu’après qu’il se soit reconnu son vassal (c).
C’est sur ces terres que s’est échoué
Harold de Wessex en 1064, qu’il a dû livrer à Guillaume.
Cet épisode est représenté sur la tapisserie
de Bayeux (ci-contre) avec la légende suivante: Hic apprehendit
Wido Haroldum et duxit eum ad Belrem et ibi eum tenuit, “Ici Guy
fait arrêter Harold, le fait conduire à Beaurain et l’y
retient”.
Il est à
la cour de Philippe à Orléans en 1065, avant le 4 août (d); également avant le 4 août
1065 à Laon (e); quelque part en 1066 (f); en 1067 à
Melun (g). Quelque part en 1067, Philippe confirme
une charte de Guy (h); Guy est encore à la cour de Philippe
à Paris après le 23 mai 1072 (i); quelque part en 1075
(j); en 1075 ou 1076 à Amiens (k).
Guy de Ponthieu est mort le 13 octobre 1100. On lui connaît cinq enfants (d). |
(a) D’après une charte
en date de 1100 du Cartulaire de Saint-Josse.
(b). Selon la Chronique de Saint Riquier.
(c) selon Ordéric Vital.
(d) Prou, Recueil, p.56, l.8: Wido
comes, var. comes Pont.
(e) Ibid., p.59, l. 19: Wido
comes.
(f) Ibid., p.83, l.15: Wido, comes
Ponticensis.
(g) C’est notre charte, ibid., p.98,
l.22: Guido, comes Abbatisvillæ.
(h) Ibid., p.104, l.10: ego Guido
comes Pontivae patriae.
(i) Ibid., p.165, l.22: Wido
de Pontivio, var. de Pont..
(j) Ibid., p.184, l.27: Wido comes.
(k) Ibid., p.201, ll.15-16: Wido
Pontivorii comes, var. Guido Pontivorum comes.
(l) Anne, Enguerrand (mort avant 1080),
Agnès (morte après le 6 octobre 1100, épouse de
Robert de Montgommery dit de Bellême), Ida (abbesse de Sainte-Austreberte
de Montreuil) et Mahaut (Mathilde).
|
(19) Hugues comte de
Dammartin-en-Goële (a) est le fils cadet de Manassé de Ramérupt
(b) et de Constance de Dammartin. Il paraît avoir succédé
à son frère aîné Eudes, comte de Dammartin.
En effet Hugues paraît pour la
première fois à la cour de Philippe, en 1067 à
Melun (c). Avant cette date c’est seulement de son frère aîne
Eudes qu’il était question, le 27 mai 1061 à Senlis (d),
et quelque part la même année (e).
Hugues paraît ensuite fréquemment
à la cour: à Paris entre le 18 mars et le 4 août
1070 (f); à Paris le 2 novembre 1071
(g); à Paris en 1072 avant le 23 mai (h).
En 1080, Philippe Ier confirme la donation par Hugues aux moines de Cluny
du prieuré de Saint-Leu d’Esserent (i), où
il finira ses jours sous l’habit monastique. Il y mentionne alors sa femme et ses enfants alors survivants
(j). Une de ses donations est encore rappelée
en 1082 (k).
C’est le
plus jeune de ses fils, Pierre, seul survivant, qui lui succèdera.
|
(a) Arrondissement de Meaux,
Seine-et-Marne.
(b) Arrondissement de Troyes, Aube.
(c) C’est notre charte, Prou, Recueil,
p.98, l.23: Hugo comes Domnimartini.
(d) Ibid., p.33, l.22: comes Odo
de Domno Martino, dont le père Manassé est mentionne
l.23.
(e) Ibid., p.40, l.30: Odo
comes filius prefati Manassetis; p.41, l.7: Odo comes.
(f) Ibid., p.142, l.6: Hugo de Donno
Martino.
(g) Ibid., p.159, l.27: Hugo comes
Domni Martini.
(h) Ibid., p.165, l.20: Hugo
de Domno Martino;
p.250, l.16: comes Hugo de Domno Martino.
(i) Ibid., Coll. Baluze, t. 46, f°3,
n°69; Prou, p.265, l.18: ego comes Hugo de Domnomartino.
(j) Ibid., p.266, ll. 14-15: uxor
vero mea Roaidis... et filius meus Petrus et filię meę Basilia,
Adalaidis, Eustachia.
(k) Ibid., p.273, ll.10:-11:
Hugo comes de Domnomartino.
|
(20) Le chambrier Galeran, Walerannus camerarius, personnage très fréquemment
cité sous différentes orthographes (a) par les chartes de Philippe Ier, et
qualifié de camerarius, voire de
regis camerarius, “chambrier du roi”, et dans un cas de magister regiae domus, “maître
de la maison du roi”.
Maurice Prou a étudié la carrière
de ce personnage (b), qui semble avoir tenu la chambrerie royale
pendant tout le règne de Philippe Ier, à savoir au moins
de 1061 (c) à 1006 (d), concurremment avec d’autres qui en certaines
occasions paraissent dans les chartes avec le même titre. Ils semblent
avoir été ses subordonnés.
On notera cependant comme suspectes et à
vérifier les deux dernières mentions de Galeran comme chambrier,
qui toutes, près de quinze ans après sa dernière
mention comme tel entre 1086 et 1090 (e), en deux chartes étampoises
où on ne peut exclure a priori un remaniement partiel du texte.
Justement Achille Luchaire (f) supposait, pour
une autre raison, un tel remaniement pour la première de ces chartes,
que néanmoins datée par Prou entre 1101 et 1104 (g). Nous
examinerons cette question ultérieurement, et de même le cas
de la deuxième de ces chartes, datée précisément
de 1106 (h). |
(a) Galeramnus, Galerandus,
Galeranius, Galerannus, Galeranus, Galleranus, Galteranus, Gualteranus,
Valerandus, Waleranus, Walerannus, Wallerannus, Walrannus, quailifié
une fois de frater Balduini (“frère de Baudouin”) et une
autre Silvanecti (“de Senlis”) (cf. Prou, Recueuil,
p. 562).
(b) Ibid., pp. CXLIV-CXLV.
(c) Ibid., p.34, l.4 ( le 27 mai).
(d) Ibid., p.388, l.24 (avant le 4 août
1106).
(e) Ibid., p.310, l.4.
(f) Louis VI, p. 28, n°52.
(g) Recueil, p.379,.
(h) Ibid., p.388.
|
(21) Le sénéchal Raoul, Radulfus,
dapifer, est également un personnage fréquemment cité
sous différentes orthographes (a) par les chartes de Philippe Ier.
Citons ici Maurice Prou (b):
“La souscription du sénéchal apparaît
pour la première fois dans un diplôme du 26 janvier 1065.
C’était alors Raoul (c); la souscription de ce sénéchal
paraît pour la dernière foi au bas d’un diplôme donné
à Senlis, en 1069, avant le 4 août (d).
“Ce Raoul était
dit de Beauvais (e); ses biens étaient sis
à Beauvais et dans le Beauvaisis (f).
“En la même année 1069 et aussi
avant le 4 août, Baudouin, successeur de Raoul au dapiférat,
souscrit un privilège en faveur de Saint-Germain de Pontoise (g)”.
|
(a) Radulfus, Radulphus, Ratdulfus,
Rodulfus, Rodulphus, qualifié de dapiter regis et une
fois Belvacensis, “de Beauvais” (Recueil,
p. 529).
(b) Ibid., p. CXXXVII.
(c) Ibid., p. 158, l.20.
(d) Ibid., p. 123. Liste des diplôme
souscrit par ce sénéchal, ibid, p. CXLVIII-CXLIX.
(e) Cartulaire de Sainte-Croix d’Orléans,
p. 4 (n°3).
(f) Mémoires de la Sociéié
académique de l’Oise, t.IX, p.474.
(g) Recueil, p. 127, l.14.
|
(22) Le connétable (a) Baudry, Baldricus constabularius.
Citons ici Prou.
“Le premier
connétable royal dont on rencontre le nom dans les diplômes
de Philippe Ier, est Baudry. Il souscrit les diplômes de 1065 (b)
à 1069 (c). Mais avant 1065, dès l’année 1060, on
relève parmi les souscriptions des actes royaux le nom d’un certain
Baudry (d), non qualifié, qui paraît devoir être identifié
avec le connétable. Il est possible qu’il ait été
connétable avant 1065, car il semble qu’après
cette date on ait parfois inscrit son nom sans lui donner le titre de
sa charge (e).
“C’était un chevalier de Dreux (f). Il était frère
du bouteiller Engenoul (g).
“Baudry eut pour successeur
à la connétablie, Gautier, qui souscrit deux diplômes,
l’un de 1069 (h), l’autre de 1069 ou 1070 (i)”.
Prou cite au sujet de ce personnage une étude
de l’abbé d’Espagnac sur l’abbaye de Coulombs:
“C’est pendant l’intrusion de Thibaud [abbé de Coulombs]
que Baudry, connétable du roi Philippe Ier, étant malade,
donna à l’abbaye [de Coulombs] la terre de Boulay-les-deux-églises. Ce Balderic était originellement un des chevaliers du
château de Dreux et conséquemment un des vassaux immédiats
du roi... Il se fit revêtir pendant sa maladie d’un froc monastique,
suivant l’usage du tems, mais étant relevé de cette maladie,
il embrassa l’état religieux dans l’abbaye de Coulombs, pour, dit
la charte, combattre à l’avenir avec le diable” (j).
|
(a) Graphies relevées
par Prou de ce titre: constabularius (le plus souvent), conestabulus,
conestablus, constabulus; à comparer à un français
attesté conestaule; et parallèlement stabularius
et comes stabulorum (Recueil, p. CXLI).
(b) Recueil, p.63, l.3 & p.66, l.10.
(c) Ibid., p.123, l.13.
(d) Ibid., p. 15, l.2; p.17, l.8;
p.56, l.9 (1065). De ce dernier texte, deux textes différents nous
sont parvenus, dont l’un porte: “S. Baldrici” et l’autre: “S. Baldrici
conestabularii”.
(e) Ibid., p.83,l.16 (1066) & p.100,
l.18 (1067).
(f) Prou renvoie ici au texte que nous citons
plus bas.
(g) Recueil, p. 109, l.10 & p.CC,
ll.10.
(h) Ibid., p.127, l.16.
(i) Ibid., p.139, l.9.
(j) Abbé d’Espagnac, Mémoires
historiques sur l’abbaye de Coulombs, Bibliothèque de Chartres,
ms.1106, p.51 [fol.30], avec références au Grand Cartulaire,
p.60, et au Petit Cartulaire de Coulombs, p.192, cité par Prou, Recueil,
p. CXLII, note 5. Remarquons qu’un moine de Morigny se réfugiera
dans le même monastère quelque temps plus tard.
|
(23) Le bouteiller
Engenoul était le frère du connétable Baudry
cité juste avant lui par notre charte.
Selon Prou (a) “il y avait à la
cour plusieurs bouteillers, dont l’un était le chef des autres.
Car, si le titre qu’on donne ordinairement au bouteiller est buticularius,
quelquefois pincerna ou pincerna regis, on
trouve aussi l’expression magister pincernarum, appliquée
au bouteiller Hervé, et encore magister pincerna.
“Quant au bouteillers d’ordre inférieur,
le seul titre de pincerna, échanson, leur est appliqué.
“Hugues, le dernioer bouteiller d’Henri Ier, resta en charge
après la mort de celui-ci, mais peu de temps après, car
dès l’an 1060, son fils Gautier lui avait succédé.
Il nous faut venir à une charte du 26 janvier 1065 pour retrouver
la souscription d’un bouteiller (b). C’était alors Engenoul, qui
souscrivit les diplômes jusqu’en 1069 (c). Il était frère
du connétable Baudry (d)”.
|
(a) Recueil, pp. CXLVI-CXLVII.
(b) Ibid., p.54, l.4.
(c) Ibid., p.123, l.14.
(d) Ibid., p.109, l.10: S. Baldrici,
constabularii. S. Ingenulfi pincernae, fratris ejus.
|
(24) Guillaume de Gometz-le-Châtel, père
d’Hodierne et beau-père de Guy Ier de Montlhéry. Voici
les différentes graphies de Gometz dans les chartes de Philippe
Ier selon Prou (a): Gumethum, Giometense castrum, Gomet, Gomethiacus,
Gomez, Gumetum.
|
(a) Recueil, p.496.
|
(25) Le maréchal
Guy, Guido marescallus, officier royal, est l’un des quatre
marchaux du roi que nous font connaître les chartes de Philippe Ier
(a). Il est mentionné pour la première fois le 29 mai 1067
à Paris (b), en même temps que plusieurs autres officiers qui
réapparaissent dans notre charte de Meulun de la même année
(c). Il est encore mentionné en 1069, avant le 4 août, à
Senlis (d).
|
(a) Prou, Recueil, pp.
CLI-CLII: Guy, Dreux, Oscelin et Floher.
(b) Ibid., p.94, l.6: Guido marescalcus.
(c) Ibid., p.98, l.29.
(d) Ibid., p.123, l..16: Wido marascalchus..
|
(26) Robert, avoué
d’Arras, Rotbertus advocatus Atrebatensis.
Ce personnage apparaît
dans deux chartes de Philippe en date de 1065, après le 4 août,
à Corbie (a), puis dans notre charte en 1067 à Melun (b),
et enfin à nouveau en 1067, avant le 4 août, à Chaumont-sur-Loire
(c).
Dans cette dernière
charte, le contexte où il est apparaît est très éclairant,
à l’extrême fin de la charte; c’est un fidèle du comte
Baudouin.
Homines regis: Walerranus camerarius, Radulfus
dapifer ejurs, Baldricus, Ingenulfus (ce sont les mêms quatre
officiers royaux que dans notre présente charte de 1067): Homines
comitis Balduini: Hugo Hauet, Robertus de Arras (c’est le même
que le personnage précédent dans notre charte), Ansellus
de Husdenc et alii (d).
|
(a) Prou, Recueil, p.63,
l.10: Robertus advocatus [de Attrebato (omis par la copie
du XVe siècle mais restitué par Prou d’après le diplôme
suivant)] & p.66, ll.16-17: Robertus advocatus de Atrebato (var.
Attrebato)
(b) Ibid., p.98, l.31.
(c) Ibid, p.100, l.20: Robertus de
Arras.
(d) Ibid, p.100, ll.18-21.
|
(27) Hugues surnommé Havet, Hugo
cognomento Hauet.
Ce personnage apparaît dans deux chartes
de Philippe en date de 1065, après le 4 août, à Corbie
(a), puis dans notre charte en 1067 à Melun (b), et enfin à
nouveau en 1067, avant le 4 août, à Chaumont-sur-Loire (c).
Dans cette dernière charte, le contexte
où il est apparaît est très éclairant, à
l’extrême fin de la charte; c’est un fidèle
du comte Baudouin.
Homines regis:
Walerranus camerarius, Radulfus dapifer ejurs, Baldricus, Ingenulfus
(ce sont les mêms quatre officiers royaux que dans notre présente
charte de 1067): Homines comitis Balduini: Hugo Hauet, Robertus de
Arras (c’est le même que le personnage précédent
dans notre charte), Ansellus de Husdenc et alii (d).
|
(a) Recueil, p.63, l.12
& p.66, l.19: Hugo Hauet.
(b) Ibid., p.98, l.31.
(c) Ibid, p.100, l.20: Hugo Hauet.
(d) Ibid, p.100, ll.18-21.
|
(28) Le panetier
Eudes fils d’Oury, Odo, filius Odolrici, panetarius.
C’est selon Prou (a) le seul panetier mentionné
dans les chartes de Philippe Ier: “Eudes fils
d’Oury, panetier, a souscrit deux diplômes (b), l’un en 1067, autre
en 1068.”.
|
(a) Prou, Recueil, p.CLIII.
(b) Ibid., p.99, l.1 (c’est notre diplôme
de Melun en 1067); p. 114, l.8 (le 15 juin 1068 à Senlis):
S. Ade pincerne. S. Odonis panetarii.
|
(29) Le cuisinier
Robert, Robertus cocus.
Selon Prou en effet (a) “les listes de témoins nous révèlent (...)
l’existence d’un maître queux, coquus; c’est, en 1065 (b) et
1067 (c), Robert, et, de 1070 à 1094, Airy (d).”
|
(a) Prou, Recueil, p.CLIII.
(b) Ibid., p.56, l.11 (avant le 4 août,
à Orléans): Robertus (var. Rotbertus)
cocus.
(c) Ibid., p.99, l.2:.c’est notre charte
de Meulun
(d) Ibid., p.139, l.10; p.144, l.8; p.252,
l.16; p.276, l.11; p.336, l.23.
|
(30)
L’échanson Adam, Adam,
pincerna.
Ainsi que le note
Prou (a) “le bouteiller avait sous ses ordres des échansons (pincernae),
dont deux nous sont connus, Adam et Dreux. La souscription d’Adam figure
dans quelques diplômes de 1065 à 1068 (b). Il est probable
qu’il resta échanson jusqu’à la fin du règne, car
il est encore qualifié pincerna regis dans une notice du
catulaire de Saint-Martin-des-Champs, mentionnant la donation qu’il fit,
en 1108, à cette église, de douze arpents à
Sordida villa (c). Son frère Pierre, qui ratifia cette
donation et qui donna à la même église une terre sise
au même lieu (d), exerça, lui aussi, les fonctions d’échanson,
au moins sous le règne de Louis VI.”
|
(a) Prou, Recueil, p.CXLVIII.
(b) Ibid., p.56, l.10 (avant le 4 août,
à Orléans): S. Engenulfi buticularii. S. Ade pincernę.
S. Hamonis. S. Drogonis pincernę. S. Roberti coci; p.94, l.6: Engenulfus
buticularius. Adam pincerna. (...) S. Drogonis pincernę. S. Roberti coci;
p.99, l.3 (c’est notre charte): S. Ingenulfus, buticularius (...)
S. Odo, filius Odolrici, panetarius. S. Robertus, cocus. S. Adam,
pincerna; p.114, l.7: S. Ingenulfi buticularii (...) S. Ade pincerne.
S. Odonis panetarii..
(c) BNF, collection Balluze, volume 55, folio
192.
(d) Ibid., folio 201.
|
(31) Le chambellan
Allard, Adelardus, camberlanus.
“Parmi les témoins, note Prou (a), on
trouve des personnages qualifiés les uns de cubicularii,
les autres camberlani. Il est possible que cubiculaire
et chambellan soient deux titres d’une même fonction (b). A un même
nom propre est accolé une fois le mot cubicularius,
un autre fois le mot camberlanus. Un Alard paraît comme cubicularius
en 1060 (c), un Alard comme camberlanus en 1067 (d),
et enfin un Alard comme camerarius en 1069 (e) ; ne s’agit-il pas
d’un seul et même personnage? En outre, si Ferry souscrit, comme
camberlanus, un diplôme de 1105 (f), un personnage
du même nom est qualifié cubicularius (g)”.
|
(a) Recueil, p.CLII.
(b) Voir Luchaire, Histoire des institutions
monarchiques de la France, 2e éd., t.I, p.174
(c) Recueil, p.7, l.16 & p.12,
l.4.
(d) Ibid., p.99, l.4.
(e) Ibid., p.123, l.13.
(f) Ibid., p.386, l.23.
(g) Cartulaire de Longpont, BNF ms 9960,
fol. 9v°, cité par Luchaire, op. cit., t.I, p. 174, note
6.
|
(32) Yves chambellan
des enfants royaux, Yvo cambellanus de pueris
regis.
C’est selon Prou
(a) l’un des
deux seuls cas d’officiers des enfants royaux mentionnés par les
chartes de Philippe Ier.
“Nous connaissons par
les souscriptions des diplômes, deux officiers des enfants royaux,
l’un Marcelin, maître d’Hugues (b), frère de Philippe Ier;
l’autre Yves (c), qualifié chambellan des enfants du roi, c’est-à-dire
du roi Henri Ier.”
|
(a) Recueil, p.CLIII.
(b) Ibid., p.7, l.16; p.12, l.4; p.
15, l.2; p.54, l.4; p.69, l.7; p.94, l.7; p.99, l.9.
(c) Ibid., p.114, ll. 9-10.
|
(33)
Hugues de Clermont, Hugo de Claromonte.
Ce personnage apparaît pour la première
fois dans notre charte donnée par Philippe Ier à Melun en
1067, avant le 4 août (a). Il réapparaît en 1068,
avant le 4 août, à Orléans, en compagnie d’Hugues du
Puiset (b), puis en 1077 on ne sait où, toujours en compagnie d’Hugues
du Puiset (c).
|
(a) Recueil, p. 99, l.6.
(b) Ibid., p. 109, l.9: S. Evrardi
militis. S. Hugonis fratris ejus, de Puteiolo. S. Hugonis de Claromonte,
etc.
(c) Ibid., p. 233, l.28: Hugo de Claromont;
Hugo de Puiset et Guillelmus, filius ejus, etc.
|
(34) Hugues Doubleau,
Hugo Dublellus.
Ce personnage apparaît pour la première
fois dans une charte de Philippe Ier datée de 1060, après
le 4 août, à Dreux, déjà en compagnie, comme
ici du chambellan Allard et d’Enguerrand, précepteur du roi
(a), et la même année à Paris, encore avec les mêmes
(b), puis en 1066 à Furnes (c) toujours avec Enguerrand, puis dans
notre charte de Melun en 1067, toujours avec Allard et Enguerrand (d),
et enfin en 1069, avant le 4 août, à Senlis, toujours en compagnie
de Marcelin et d’Allard (e), charte remaniée entre 1081 et 1085
(f).
|
(a) Recueil, p.7, ll.16-17:
Adelardo cubiculario; Ingerrano regis pedagogo; Hugoni
Dublello.
(b) Ibid., p.12, l.4-5: Hugo buticularius,
Adelardus cubicularius, Ingerrannus pedagogus regis, Hugo Dublellus.
(c) Ibid., p.69, l.8: Ingelrannus
magister regis; Fruricus de Curbulo; Rottbertus de Castello; Hugo Dubles,
etc.
(d) Ibid., p.99, l.7: S. Adelardus,
camberlanus. S. Yvo, cambellanus de pueris regis. S. Hugo de Claromonte.
S. Hugo Dublellus.
(e) Ibid., p.123, ll.11-13: S. Hugonis
Duplicis. S. Marchelini (altéré par certains témoins
en Alarchelini). S. Adalardi camerarii.
fd) Ibid., p.296, ll. 11 & 28: .Ingelrannus
magister regis; Fruricus de Curbulo; Hugo Dubbles, etc.
|
(35)
Gautier fils d’Archambaud de Chappes et de
Flandrine. Prou ne propose pas d’identification
pour ce toponyme de Cappis. Il s’agit de Chappes en Champagne
(a). En 1117 une charte du cartulaire de Longpont cite encore un comme
témoin un Clarembaud de Chappes (b) alors qu’il est expressément
question par ailleurs d’un personnage venu de Champagne et précisément
de Troyes (c).
Ce Gautier de Chappes est
mentionné par le Cartulaire de l’abbaye de Saint-Loup
de Troyes (d) et par les Obituaires de Sens
(e).
|
(a) Canton de Bar-sur-Seine,
arrondissement de Troyes, Aube.
(b) Clarembaldus de Cappis.
(c) a Trecassina urbe.
(d) éd. Lalore, 1875, pp.117-118.
(e) t.IV, pp.238F & 453A.
|
(36) Enguerrand, précepteur
du roi. Selon Prou (a), “le précepteur du roi, qualifié tantôt paedagogus
regis, tantôt custos regis, ou encore magister
regis, et qui avait nom Engueran, a souscrit un grand nombre d’actes,
de 1060 à 1068 (b). On ne sait rien de lui, sinon qu’il avait
un frère nommé Herbert (c)”
|
(a) Recueil, p.CLIII.
(b) Ibid., p.7, l.16; p.12, l.4; p.
15, l.2; p.54, l.4; p.69, l.7; p.94, l.7; p.99, l.9.
(c) Ibid., p.114, ll. 9-10.
|
(37) Marcelin, précepteur d’Hugues, frère du roi. C’est
selon Prou (a) l’un
des deux seuls cas d’officiers des enfants royaux mentionnés par
les chartes de Philippe Ier.
“Nous connaissons par
les souscriptions des diplômes, deux officiers des enfants roaux,
l’un Marcelin, maître d’Hugues (b), frère de Philippe Ier;
l’autre Yves (c), qualifié chambellan des enfants du roi, c’est-à-dire
du roi Henri Ier.”
|
(a) Prou, Recueil, p. CLIII-CLIV.
(b) C’est notre charte, ibid., p. 99,
l.10.
(c) C’est aussi notre charte, p. 99, l.5.
|
|
(38) Le prévôt de Paris Étienne est mentionné trois fois par les chartes conservées
de Philippe Ier: à Paris le 29 mai 1067 (a); la même année
à Melun (b); et à Pontoise en 1069
(c). Comme le note Prou (d), “des officiers provinciaux ont été
appelés à souscrire les chartes. Il était naturel
que, se trouvant dans une ville de ses domaines, le roi invitât ses
prévôts ou autres agents à lui faire cortège
et à siéger dans sa cour.” Notons qu’en 1082, le prévôt
de Paris s’appelle Pierre, d’après une charte donnée par
Philippe à Étampes en faveur de Notre-Dame d’Étampes
(e). |
(a) Prou, Recueil, p.94,
l.9: Stephanus prepositus Parisiensis.
(b) c’est notre charte, ibid., p.99,
l. 11: Stephanus, præpositus Parisii.
(c) Ibid., p.127, l.21: Stephanus prepositus
de Parisio.
(d) Ibid., p.CLIV.
(e) Ibid., p.276, ll. 1 & 9: Petrus
prepositus de Parisius.
|
(39) Le prévôt
de Melun, Garin, comme après lui celui d’Étampes,
Durand, a le titre latin de pretor (a),
tandis que celui de Paris avait le titre latin plus usuel de prepositus.
Ce titre curieux et isolé de pretor
ne se retrouve dans aucune autre charte conservé de Philippe Ier;
et il faut noter que le Lexicon de Niermeyer, au mot
prætor, ne place
qu’en cinquième et dernière position ce sens de
“prévôt royal ou seigneurial”;
il n’en donne de plus pour exemple que notre charte de 1067, et une charte
angevine antérieure à 1140 (b).
On remarquera
qu’à cette date de 1067 tant Melun qu’Étampes étaient
le siège de vicomtés, mais non Paris. Or au début
du règne de Robert II, l’instauration des prévôts
de Paris semble avoir suivi naturellement la suppression des comté
et vicomté de Paris. Il y a donc peut-être bien dans
l’évitement du titre usuel de prévôt une volonté
délibérée de ne pas froisser la susceptibilité
des vicomtes de Melun et d’Étampes. Cette subtile variation
de vocabulaire marque peut-être que l’autorité du prévôt
de Paris n’est pas de la même nature que celles des deux autres.
On notera en outre l’existence ultérieure
d’un prévôt de Mantes appelé Garin, en 1077 (c),
à un moment indéterminé du règne de Philippe,
entre 1060 et 1108 (d). Il n’est pas exclu qu’il s’agisse du même
personnage.
|
(a) Guarinus, prætor
Meleduni.
(b) Publiée par Marchegay dans ses
Archives d’Anjou, t.III, n°28, p. 24.
(c) Prou, Recueil, p.232, l.8:
Warinus meus prepositus.
(d) Ibid., p.408, l.13: Guarinus prepositus.
|
(40) Le
prévôt d’Étampes Durand. Ce personnage
n’est pas connu par ailleurs.
Nous sommes peu renseignés sur
les premiers prévôts d’Étampes. Une charte de 1046 en faveur de Notre-Dame, sous Henri Ier
(a), fait état des largesses en faveur de cet établissement,
probablement au tout début du XIe siècle, d’un certain
prévôt Archambaud (b), qui paraît
donc avoir été prévôt d’Étampes au début
du règne de Robert II le Pieux.
On vient de voir
que le titre de prévôt d’Étampes, comme de Melun,
en 1067, est rendu en latin par pretor, et non par prepositus
comme pour celui de Paris. J’ai suggéré plus haut que
cette nuance de vocabulaire était peut-être inspirée
par le souci de ménager la susceptiblité des vicomtes
d’Étampes.
On observera aussi quelque chose d’étrange, et qui va dans le même
sens, dans la charte donnée par Philippe
à Étampes en 1082 en faveur de Notre-Dame d’Étampes: on y voit la signature du prévôt de Paris Pierre
(c) et celle du prévôt d’Orléans Aubert de Suèvres
(d), mais aucune mention d’aucun prévôt que ce soit d’Étampes,
alors que la charte est donnée dans cette ville et la concerne
exclusivement. Il faut remarquer que l’autorité royale a été
très sérieusement mise à mal dans le secteur depuis
la déroute de l’armée royale devant le Puiset au printemps
1079. On peut donc se demander si depuis lors la noblesse étampoise
ne vit pas dans une sorte d’autogestion, et sous la coupe de Hugues
du Puiset, qui était possessionné à Étampes.
Nous voyons en effet qu’Évrard
III, fils de Hugues Blavons, possédait par exemple Morigny, puisque
Philippe Ier lui rachète cette terre lors de son départ
en croisade en 1096 (e). C’est sans doute de cet Évrard
qu’a tiré son nom la porte Évrard (d’où
l’actuelle rue Évezard).
Un autre fils d’Hugues Blavons, Guy du Puiset
(mort au plus tôt en 1127), épousera de son côté
au début de XIIe siècle la fille du vicomte Marc d’Étampes,
et sera tuteur de son beau-frère mineur Hervé avant de
lui succéder en 1108.
Quant à leur frère Hugues III
du Puiset il épousa une certaine Maubelle (Mabilia) qui
a peut-être donné son nom à l’île Maubelle
dans le même secteur si elle l’a reçu en douaire. Il est
vrai que le nom de Maubelle (Mabilia) est
alors assez répandu.
Mais tout près de là se trouve
l’île Biotte qui ne guère devoir son nom qu’à Biotte,
l’une des filles de Guy le Rouge (mort en 1108), comte de Rochefort.
C’est d’autant plus vraisemblable que tout
ce secteur touche au Faubourg du Comte (Vicus comitis),
d’où vient l’actuelle Rue au Comte, ainsi dénommée
dès avant qu’il ait existé des comtes d’Étampes.
Tout cela nous ramène bien au tournant du XIe et du XIIe siècle.
Pour revenir au titre de prévôt
d’Étampes, prepositus, non attesté depuis 1046,
nous le voyons cependant ressurgir, apparemment, quelques années
plus tard à Étampes, dans une charte donnée par
Philippe en faveur de Notre-Dame d’Étampes en 1085, avec la
mention d’un nouveau prévôt d’Étampes, Guillaume
(f). Cependant la date de cette charte, dont l'original n'était
qu'une notice, est très sujette à caution, parce qu'elle apparaît
dans un passage qui a été sans l'ombre d'un doute remanié
au XIIIe siècle. Aucun membre de la famille du Puiset ne se trouve
alors à la Cour, si l'on en croit la liste des témoins, qui
a l'air pour sa part d'être authentique. Il faut sans doute
dater en réalité cette prétendue charte de 1085 de
l'année 1079, d'autant qu'elle reflète une situation de conflit
avec le pays chartrain.
|
(a) Charte éditée
dans le présent Corpus Étampois.
(b) Herchembaldus prepositus.
(c) Prou, Recueil, p.276, ll. 1 &
9: Petrus preposititus de Parisius.
(d) Ibid., l.13.
(e) Chronique de Morigny, début
du livre II.
(f) Recueil, p.288, l.24: Guillermus prepositus
Stampis.
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(41) Thoin, Theduinus, paraît un moine venu de Saint-Benoît-sur-Loire
pour représenter les intérêts de son abbaye et
de l’abbé Hugues.
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|
(42)
Thiélin est certainement prévôt du domaine monastique
de Saint-Benoît-sur-Loire qui est alors alors l’épicentre
des possessions étampoises de ce monastère. Il ne peut
guère s’agir que de Saint-Pierre d’Étampes, les autres
domaines cités étant Authon-la-Plaine (dont l’abbé
est seigneur en partie), du Plessis-Saint-Benoit (qui en est une
dépendance alors dans la même paroisse et cela jusqu’au
milieu du XIXe siècle) et de Sainville.
|
|
(43) On notera que ce domaine, alors appelé obedentia,
constituera jusqu’à la Révolution française une
châtellenie indépendante du bailliage d’Étampes.
Thiélin a sous ses ordres trois régisseurs des différentes
parties du domaine, Gilbert pour Saint-Pierre d’Étampes, Authon
(en partie) et Sainville.
|
|
(44) Gibert, régisseur de la dite terre, Gilbertus, major ipsius terræ. Gilbert paraît donc régisseur en 1067 du
domaine anonyme appelé Terre de Saint-Benoît,
qui doit être à cette date le prieuré de saint-Pierre
et ses dépendances immédiates, dont Authon-la-Plaine en
partie (y compris le Plessis-Saint-Benoist qui ne s’en distingue pas encore),
et Sainville.
|
|
(45) Le nom du frère
de Gilbert, Raoul, était suivi d’un mot commençant
par All- ou par all-, commencement d’une
lacune de longueur non précisée (Gilbertus,
major ipsius terræ, et frater ejus Rodulfus All[...] major Sigenvillæ). S’il ne manquait ici que quelques lettres, il n’est pas
exclu que ce Raoul ait été régisseur du domaine
ensuite mentionné, Sainville.
|
|
(46) Le régisseur de Sainville
( major Sigenvillæ). Son nom a disparu dans la lacune, à moins que cette
lacune n’ait été que de quelques lettres, et qu’il ait
été le Raoul frère de Gilbert, mentionné
juste avant cette lacune (et frater ejus Rodulfus
All[...] major
Sigenvillæ). Sainville est actuellement
une commune du canton d’Auneau, aronndissement de Chartres,
en Eure-et-Loir.
|
|
(47) Geoffroy régisseur
d’Authon, Gosfridus, major d’Alton.
Il s’agit évidemment ici d’Authon-la-Plaine, possession en partie
de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, et dont le Plessis n'est alors
qu'un écart sans importance, destiné à devenir dans
la suite le siège de la châtellenie de Saint-Nenoît en
Etampois.
|
|
(48)
Le chevalier d’Étampes Thion fils d’Ours
(Theudo miles Stampis, filius Ursionis).
A quel titre intervient-il ici sur le même
plan que les régisseurs des terres de Fleury en Étampois?
Il était sans doute possessionné dans certaines de ces mêmes
terres, en temps donc que vassal des moines de Fleury. Rien de plus courant
à cette époque que ce genre d’avouerie.
Il s’agit quoi qu’il en soit ici de Thion II,
fils d’Ours Ier. Je répète ici ce
que j’en ai écrit au sujet de la charte de 1046, où il était
question de son probable grand-père Thion Ier.
1) Thion Ier d’Étampes, né
dans la fin du Xe siècle, est curieusement ignoré de Joseph
Depoin qui veut absolument trouver à ses descendants une origine
parisienne [Bulletin
de la Société historique et archéologique de Corbeil,
d’Étampes et du Hurepoix 15 (1909), pp. 78-83].
Il a donné à l’abbaye de
Saint-Benoît-sur-Loire un alleu qui lui venait de son père
sous l’abbatiat de Gauslin, c’est-à-dire entre 1008 et 1031
(Mémoire de la Société
archéologique de l’Orléanais, II, § 29). On est fondé à se
demander si cet alleu ne serait pas Sainville, ou Authon en partie,
voire l’ensemble de ces deux domaines. Cela expliquerait bien la présence
à Melun de son petit-fils.
Thion Ier est aussi mentionné aussi
en 1046, pour avoir donné de son vivant, et probablement sous
Robert II, c’est-à-dire avant également avant 1031, à
Notre-Dame un alleu non identifié, Anseni Villarium.
C’est probablement ce même personnage
qui a donné son nom au lieu-dit Thionville, actuellement situé
dans la commune de Congerville-Thionville (Essonne), à côté
de Chalou-Moulineux (autrefois Chalo-la-Reine), dans un secteur qui
relevait du diocèse de Chartres bien que tourné naturellement
vers Étampes, bien plus proche que la lointaine métropole
du diocèse.
2) Ours Ier. Thion Ier ne peut
guère être que le père d’Ours Ier, dit le Riche,
lui-même mort avant 1064, date à laquelle il est mentionné
pour avoir détenu de son vivant un certain un alleu à
Étampes, et pour être le père d’un certain Thion
(Cartulaire de Longpont, édition Marion,
n°CCCXIII, p. 251), le Thion II de notre charte
de 1067.
3 ) Thion II, fils d’Ours Ier, mentionné
comme on l’a dit en 1064 comme père du défunt Ours Ier,
et dans notre charte de 1067, Theudo miles
Stampensis filius Orsionis, l’est encore
en 1082 (Prou, p.180), à Étampes, comme témoin de
la charte accordée par Philippe Ier aux chanoines de Notre-Dame.
Quelques auteurs ont cru devoir conclure
de ce passage que le «Thion d’Étampes» en question
était le fils d’un certain «Ours de Paris»; mais
je montrerai prochainement dans mon édition de la charte en
question que ce passage est en réalité corrompu et que
l’élement «de Paris» a été déplacé
par un copiste maladroit: il qualifiait originalement la personne citée
immédiatement après, «Pierre prévôt
(de Paris)» comme le montre la suite de la charte, dont le texte
est d’ailleurs corrompu de la même amnière en plusieurs autres
endroits.
Ce Thion II eut apparemment à
son tour pour fils d’une part Ours II, et d’autre part Aimon et Milon,
qui furent moines. Il paraît être mort avant 1096, date
à partir de laquelle nous le trouvons seul mentionné Ours
II fils de Thion.
4) Ours II, fils du Thion II de
nos chartes de 1064, 1067 et 1082, est l’objet en 1096 d’une plainte
d’Yves, évêque de Chartres (Correspondance,
éd. Leclercq, t.1, pp. 206-207), qui
demande à l’archevêque Daimbert de Sens de le frapper
de sanctions ecclésiastiques en raison des exactions qu’il a
commises dans la partie du diocèse de Chartres qui jouxte le
pays étampois, à savoir probablement dans le secteur
de Thionville.
Vers la même époque Ours
II, alors appelé Ours le Riche d’Étampes, avec son frère
Aimon (Ursus Dives, de Stampis; Aymo,
frater ejus), est témoin d’une donation
en faveur de l’abbaye de Longpont (Cartulaire
de Longpont, éd. Marion, n°CIX, pp. 133-134).
De même, il est témoin
avec son frère Milon, moine (Milone
monacho de Stampis et frater ejus Urso),
d’une donation au monastère parisien de Saint-Martin-des-Champs (Liber testamentorum, éd. Coüard, p. 52).
Ours II (Ursio
filius Tedonis) est encore témoin
d’un acte signé à Étampes apparemment dans les premières
années du XIIe siècle; il est alors accompagné
de son fils Thibaud (Teobaldus filius Ursonis) (Cartulaire de Longpont, éd.
Marion, p. 191).
Ours II paraît être mort avant
les alentours de 1110, et avoir eu un Thion III pour autre fils, que
nous voyons vers 1110 autoriser une donation opérée par
son propre fils Geoffroy (pour la donation de
la moitié du port de Paluel). Voilà
pour la descendance apparente de ce Thion, mentionné par notre
charte.
|
|
(49)
Nous les avons tous relaxés (hos omnes misimus). Il apparaît de ce passage que c’est
au départ Guy de Montlhéry qui avait cité les moines
devant le tribunal du roi, comme l’a remarqué dom Chazal:
Hugues se plaignit du fait devant le roi
(Clamorem illius rei fecit Hugo apud regem).
|
|
(50)
L’an 1067 de l’incarnation
du Seigneur et 6 du roi Philippe. Cette double datation pose un problème,
que Prou semble avoir résolue en note à son édition
de 1908 (voyez plus bas), ce qu’il n’avait pas encore fait en 1907 (voyez
également plus bas le texte et les notes de cette édition).
Il n’est donc pas nécessaire de corriger l’année du règne
comme Mabillon croyait devoir le faire.
|
|
(51)
Le chancelier Baudouin. Le chancelier Baudouin
(a) a commencé sa carrière sous le règne de Robert
le Pieux: il contresigne pour la première fois une charte en
1015 à Dijon, en l’absence du chancelier Francon, en temps que
notaire (b), puis 1018, comme sous-chancelier (subcancellarius)
«à la place de l’archevêque Arnoult, premier chancelier»
(c). A partir de 1019 il est le seul chancelier mentionné jusqu’à
la mort de Robert II (cancellarius), sauf dans un texte lacunaire
et mal daté (d) où il se qualifie seulement de notaire
(e), et tout au long du règne suivant. Sa carrière se
continue sous le règne suivant de Philippe Ier, au moins jusqu’en
1067. Dès 1019 sa suscription est pratiquement la même
qu’en 1046: Ego Balduinus cancellarius relegi et subscripsi:
«C’est moi le chancelier Baudouin qui ai relu et ai souscrit».
Dans notre charte de 1067 nous lisons:
“C’est le chancelier Baudouin qui a souscrit. Les chapelains Eustache et
Geoffroy étaient présents” (Balduinus
cancellarius subscripsit. SS. Eustachius et Gosfridus capellani interfuerunt).
La même année, avant le 4 août, à Chaumont-sur-Moire
(f), on lit: “C’est le notaire Eustache qui a relu et souscrit” (Eustachius
notarius ad vicem recognovit e subscripsit). A partir de la charte
suivante conservée, datée d’Orléans en 1068, avant
le 4 août, le chancelier s’appelle Pierre (g).
|
(a) Sa carrière a été
étudiée par Prou, Recueil, pp. L-LIII.
(b) Recueil des Historiens, tome X,
p. 597D: Balduinus sacri palatii apocrisarius postulatus.
(c) Ibid., p. 602D.
(d) Entre 1021 ou 1027, selon les Mauristes.
(e) Notarius, ibid.,
p. 604E.
(f) Prou, Recueil, p.103, l.1.
(g) Ibid., p.110, ll.15-16.
|
(52) La mention de chapelains après celle du
chancelier s’explique par le fait que ce titre de
chapelain est en fait équivalent de celui de
notaire, dans la chancellerie royale du temps, qui
recrute ses officier dans la chapelle. Citons ici Prou (a):
«La chancellerie, outre l’archichancelier,
le chancelier proprement dit et des chanceliers ordinaires ou vice-chanceliers,
comprenait des notaires choisis parmi les clercs de la chapelle du
roi. Nous connaissons les noms de quelques-uns d’entre
eux, soit qu’ils aient souscrit des diplômes à la place
du chancelier, soit qu’ils aient assisté le chancelier dans
l’expédition du diplôme, soit enfin qu’ils paraissent comme
témoins d’un acte.» (b)
|
(a) Recueil, pp.LXIV-LXV.
(b) Prou ajoute en note: «Sur l’union
de la chancellerie et de la chapelle, voir plus haut, p.LIII, et Luchaire,
Histoire des institutions monarchiques de la France
sous les premiers capétiens, 2e édit., t.I, p.188.»
|
(53) Eustache.
Citons ici Prou (a): «Eustache, qui tantôt s’intitule
notaire (b), tantôt chapelain du roi (c), était déjà
notaire à la chancellerie d’Henri Ier (d). Le premier acte
qu’il ait souscrit sous le règne de Philippe Ier est de l’an
1060 [précisément à Étampes
(B.G.)] (e), et le dernier du 18 mars 1070 (f); mais il paraît
encore, et pour la dernière fois, le 2 novembre 1071 au nombre
des témoins d’une charte de Bouchard de Corbeil confirmée
par le roi (g).»
|
(a) Recueil,
LXV.
(b) N° VI (1060, p.21, l.18): «Eustachius
notarius ad vicem Balduini recognovit et subscripsit». Mêmes
formule aux nn°° VII (1060), p. 24, l.8; VIII (1060), p.27,
l.21; XXXIV (1067, 7 août), p. 103, l.1. Dans le même
acte, n°XXXIV, on annonce sa souscription, p.102, l.20: «Eustachius
firmavit capellanus.»
(c) N°XVI (1063), p.49, l.5:
«Eustachius regis capellanus vice Bauduini cancelarii
regis subscripsit»; n°XLIII (1069), p.123, l.18: «Praesente
Petro cancellario et praecipiente subscripsit Eustachius et Gauffredus
capellani.» Dans un certain nombre d’actes, Eustache apparaît
comme témoin: n°XIX (1065), p.56, l.9; n°XXX (1067, 29
mai), p.94, l.8; n°LIII (1070, 5 mai), p. 144, l.11, et dans ce cas-là
il ne prend que le titre de chapelain. Au n°XIX, «capellarii»
est une faute de copiste, pour «capellani».
(d Voir plus loin , pCLXXXV.
(e) N°V (1060), p.17, l.16:
«Balduinus cancellarius dictavit et Eustachius subscripsit.»
(f) N°LI (1070, 18 mars),
p.139, l.15: «Eustachius subscripsit ad vicem Petri cancelarii.»
(g) N°LX (1071, 2 nov.),
p.159, l.2: «$ Eustachii Capellani.»
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(54) Geoffroy.
Citons ici encore Prou (a): «A côté d’Eustache figure plusieurs fois,
parmi les témoins des chartes, un certain Geoffroy, d’abord
sous-chapelain (b), puis chapelain (c). La mention, à la fin
d’un diplôme de 1069, qu’il a souscrit ce diplôme avec
Eustache, en présence et sur l’ordre du chancelier Pierre (d),
nous autorise à le mettre au nombre des notaires de la chancellerie.
Et nous n’hésitons pas dès lors à l’identifier avec
le chancelier Geoffroy qui, en 1070, 1071 et 1072, au temps que Pierre
dirigeait la chancellerie, souscrivit trois diplômes (e). Donc,
Geoffroy, sous-chapelain puis chapelain et notaire, fut élevé
au rang de chancelier en 1069 ou 1070. Cependant, inscrit comme témoin
au bas d’une charte de Bouchard de Corbeil, du 2 novembre 1071, il n’y
paraît qu’avec
le seul titre de chapelain (f).»
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(a) Recueil, LXV-LXVI
(b) N°XXX (1067, 29 mai), p. 94, l.8:
«Gaufridus subcapellanus». Voir plus haut , p. LIV,
l.4.
(c) N°XXXIV (1067, 7 août),
p. 102, l.20: «Gausfridus capellanus similiter firmavit.»
(d) N°XLIII. Voir plus haut, note
2.
(e) N°LII (1070), p.142, l.8: «Gaufridus
cancellarius»; n°LIV (1071), p.145, l.20, et n°LXII
(1072), p.165, l.26: «Ego Gausfridus cancellarius relegendo
subscripsi.»
(f) N°LX (1071, 2 nov.), p.159, l.3:
«S. Gauffredi capellani».
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