CORPUS  STAMPENSE LATINUM
 
Thion Chef-de-Fer
Notices sur Vierville, fief étampois
vers 1094
Plus quelques dizaines dautres documents relatifs aux personnages qu’elles mentionnent.

Laboureur anglosaxon (calendrier, 2e quart du XIe siècle)

SOMMAIRE

     Voici quatre notices rédigées sur deux parchemins à la fin du XIe siècle et au début du XIIe, résumant dix-huit transactions impliquant deux cents personnes. Toutes sont relatives au village de Vierville (actuellement en Eure-et-Loir), où étaient possessionnés plusieurs nobliaux d’Étampes et de son arrière-pays. Un certain chevalier seigneur de Denonville, dans la partie chartraine du pays étampois, a pris l’habit des moines de Marmoutier, Thion Chef-de-Fer. Il s’efforce de faire tomber dans l’escarcelle de son prieuré tous les fiefs entre lequels est alors morcelé ce village.
     Je donne en Annexes quelques dizaines d
autres documents, dont 35 traduits en français pour la première fois, de nature à éclairer ces notices un peu arides mais d’une grande importance documentaire pour qui sait les lire, dans une période très peu étudiée, en donnant à voir tout ce que l’on peut savoir des individus en question et des institutions au sein desquelles ils évoluaient. Ils constitueront de plus un dossier intéressant à consulter pour les étudiants en histoire médiévale qui ne pratiquent pas le latin.

1ère édition (1er juin 2008)
2e édition (18 juin)
     J’avais seulement soupçonné jusqu’ici que Vierville avait appartenu à la belle famille de Thion Chef-de-Fer, et que sa femme Hersent était apparentée de près aux vidames de Chartres. Il s’avère que la dite Hersent était tout bonnement la fille du défunt vidame Guerry, et donc la sœur du vidame en exercice Hugues, dont Thion Chef-de-Fer était le beau-frère. La présente troisième édition contient d’autres menues corrections, précisions et additions de moindre importance, notamment sur Hugues de Gallardon.
3e édition (janvier 2009)
     Pour citer cet article on voudra bien utiliser cette référence: Bernard GINESTE [éd.], «Thion Chef-de-Fer: Notice sur Vierville (fin du XIe siècle)», in Corpus Étampois, http://www.corpusetampois.com/cls-11-vierville.html, 2008. Avant de le citer vérifiez que vous en avez la dernière version.

Vierville en 2006 (photographie aérienne de Michel De Pooter)
© Michel De Pooter

Introduction

       Voici un nouveau document à verser au dossier un peu maigre de l’histoire du onzième siècle étampois. Il s’agit de quatre notices rédigées sur deux parchemins à la fin du XIe siècle et au début du XIIe. Toutes sont relatives au village de Vierville, actuellement en Eure-et-Loir, mais où étaient alors possessionnés plusieurs nobliaux étampois. Du reste Vierville releva du baillage d’Étampes tout au long de l’Ancien Régime.

     Ces notices ont déjà connu une édition fragmentaire et une traduction partielle par Édouard Lefèvre en 1867 dans ses Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d’Auneau, mais personne ne semble y avoir pris garde depuis, ni être retourné consulter les originaux beaucoup plus détaillés pourtant disponibles aux Archives départementales de Chartres*.


     Thion Chef-de-Fer, fils d’Étienne Chef-de-Fer, était au départ un nobliau possessionné notamment à Denonville (également aujourd’hui en Eure-et-Loir, mais relevant alors du pays d’Étampes). Cette famille était vassale des châtelains de Courville-sur-Eure, qui l’étaient eux-mêmes des sires de Gallardon, eux-mêmes dépendant de l’autorité des sires de Fréteval. Thion avait épousé une fille du vidame de Chartres Guerry dénommée Hersent, qui lui avait donné deux enfants, à savoir Hardouin Chef-de-Fer et sa sœur Milsent, elle-même mariée à Gauthier II d’Aunay-sous-Crécy.


     Thion Chef-de-Fer, du vivant de son épouse, prit l’habit des moines de Marmoutier, apparemment à leur prieuré de Chuisnes, fondé semble-t-il vers 1080. Il entreprend alors, vers 1090, d’acquérir, au bénéfice des moines, tout le village de Vierville. Il convainc d’abord son gendre Gauthier et sa fille Milsent, qui l’avait eu en dot, de leur céder tout ce qu’ils y détenaient.

     Mais cela obtenu, la tâche ne fait que commencer. La seigneurie de Vierville est en effet morcelée en un grand nombre de fiefs qu’il importe de récupérer de ci de là, avec à chaque fois l’accord des parents du donateur ou du pseudo-donateur (car la plupart de ces donations sont en fait des ventes déguisées). La détention des biens fonciers est alors régie par le système féodal, qui est une structure pyramidale où chaque transaction, don, vente ou échange nécessite l’accord de tous les échelons de cette pyramide, avec à chaque fois l’accord de tous les ayant-droit de chaque intervenant.
Autoportrait du copiste bénédictin Hugues de Jumièges (ms Bodl. 717, f°287v, fin XIe siècle)
     * Les remarquables érudits de l’ancien département de Seine-et-Oise de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, débordés par la tâche, n’ont pas pu explorer toutes les ressources documentaires du pays chartrain. Depoin fait deux fois allusion à nos notices mais en les situant aux Archives du département de l’Eure. Quant à Merlet, dans son inventaire-sommaire des Archives d’Eure-et-Loir publié en 1897, il ne paraît pas connaître l’édition partielle qu’en avait donnée Lefèvre en 1867. En 1912, Métais cite nos notices mais en donne un résumé plutôt confus, largement erroné.
     Ces nombreuses transactions se déroulent en différents lieux, dont certains seulement sont cités expressément, où Thion se déplace pour solliciter l’accord des personnes concernées. Plusieurs habitent à Étampes. Ces transactions ont un caractère essentiellement oral et rituel, et c’est pourquoi il est absolument nécessaire d’enregistrer à chaque fois le nom des personnes qui pourraient éventuellement en témoigner s’il s’élevait une contestation du donateur ou de ses ayant-droit, ce qui se produit fréquemment, et comme c’est apparemment déjà le cas du vivant de Thion. Au total sont mentionnées d’une manière ou d’une autre plus de deux cents personnes.

     C’est une lourde tâche que de les identifier une par une, en essayant d’en retrouver la trace dans d’autres documents de la même époque, soit du côté étampois, soit du côté chartrain. C’est ce que j’ai entrepris ici en consacrant à chacune des personnes nommées une notice où se puissent enregistrer au fur et à mesure toutes les données disponibles, éparpillées dans divers documents dont certains ne sont pas encore édités. Cette tâche ne sera pleinement terminée que lorsqu’auront été collectées toutes les données disponibles sur toutes les personnes connues dans le secteur à la période considérée, tâche qui prendra plusieurs années
*. La recherche est en effet compliquée par le fait que toute enquête sur les personnages concernés nécessite des recherches dans au moins quatre de nos départements actuels: Essonne, Eure-et-Loir, Yvelines et Loiret, sans parler de ce qui se pourrait trouver à Paris. Or la présente première édition de ce texte ne représente qu’un an de travail.
     * Je dois remercier ici Michel Martin de m’avoir communiqué un relevé onomastique numérisé de son cru, qui m’a aidé à repérer plusieurs données intéressantes et complémentaires dans des documents que je n’avais pas encore consultés.
     Il semble que la rédaction de nos quatre notices s’échelonne de la fin du XIe siècle (entre 1092 et 1096 pour les dix premières) au début de XIIe, peut-être sur plus d’une dizaine d’années, au fur et à mesure des succès qu’enregistre le moine Thion Chef-de-Fer. La première est celle à laquelle j’ai donné le nom de A, au début du premier parchemin. Elle est reprise, détaillée et complétée par la notice B, qui occupe le deuxième parchemin. Plus tard, apparemment au début du XIIe siècle, sont notées de nouvelles transactions à la suite de la notice A sur le premier parchemin: ce sont les notices C et D.

      Ces quatre notices sont ici traduites et annotées. Après un bref commentaire, on y joint et on joindra, en Annexe 6, 7 et 8, le texte de quelques dizaines d’autres chartes mettant en scène les mêmes personnages, déjà éditées pour la plupart, mais ici traduites pour la première fois. Ce sont des chartes qui ne concernant pas directement le pays d’Étampes. Par ailleurs en effet je renvoie et renverrai à d’autres chartes où apparaissent les mêmes personnages, mais qui méritent chacune d’être éditées à part dans notre Corpus Étampois.

     On notera que cette édition, qui n’a rien de définitif, prend le risque de traduire des textes qui présentent un grand nombre de données prosopographiques et toponymiques, c’est-à-dire un grand nombre de noms propres. Il s’y glissera donc presque nécessairement des erreurs, ou des hypothèses qui ne s’imposent pas. On mise ici sur l’indulgence des internautes et des chercheurs, et surtout sur leur réactivité. N’hésitez pas à nous communiquer vos réactions ou suggestions, quelles qu’elles soient.

     Merci de nous signaler également toutes les coquilles ou incohérences que vous constateriez dans ce travail, qui n’a pas encore acquis sa forme définitive

Bernard Gineste, 11 mai 2008
(révisé en janvier 2009)

 
RÉSUMÉ


A. Pays d’Étampes sous influence chartraine

     Les notices que nous éditons ici concernent donc un village situé dans une zone frontière relevant à la fois du pays d’Étampes et de celui de Chartres, et il est nécessaire pour en comprendre les données d’avoir une idée générale de la situation du point de vue chartrain, situation nettement mieux connue que celle du pays étampois à la même époque, pour laquelle une synthèse serait actuellement prématurée.

     Il existe à l’époque considérée un comte de Chartres (comes), un vicomte de Chartres (vicecomes), et un vidame de Chartres (vicedominus).

     1. Le comté de Chartres appartient alors à la famille des comtes de Blois. A Thibaut III (1037-1089) succède son fils Étienne-Henri (1089-1102), époux d’Adèle d’Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant. Étienne-Henri part en Palestine de 1096 à 1098, puis de 1101 à 1102, date de sa mort lors la bataille de Rama, en Palestine. Il laisse un enfant de neuf ans qui sera Thibaud IV dit le Grand (1102-1152), sous la régence d’Adèle, sœur d’Henri Ier d’Angleterre, amie d’Yves de Chartres et d’Anselme de Cantorbéry, jusqu’en 1107. Le comte n’apparaît pas ni n’est même mentionné dans nos notices; le secteur semble dépendre alors seulement du vicomte, Hugues Blavons.

     2. La vicomté de Chartres fut donné en effet en 1073 par Thibaud III à Hugues Ier du Puiset, dit Blavons, cadet d’un vicomte précédent, Évrard. Hugues Blavons s’était emparé du château royal du Puiset en 1067, profitant des troubles de la minorité du roi Philippe Ier. En 1079, le nouveau seigneur du Puiset, désormais vicomte, mène une fronde victorieuse contre l’autorité du roi, dont l’armée est battue à plates coutures devant le Puiset.
     Marié à la fille d’un autre grand vassal du roi, Guy Ier de Monthléry, il meurt selon
les conjectures de Dion, reprises sans examen par Depoin, en 1094: mais nous trouvons dans le Cartulaire de Saint-Père une charte de lui datée expressément de 1096.
     C’est à sa cour, réunie en pleine Beauce à la grange de Boisville-Saint-Père, et non pas à celle du roi de France, que le chevalier étampois Payen fils d’Anseau donne son assentiment à la donation de Vierville aux moines de Marmoutier.
     C’est une bonne preuve de l’éclipse que connaît alors l’autorité royale dans le secteur, dont les historiens ne paraissent pas avoir pris la mesure jusqu’ici. En revanche, vers 1123, c’est-à-dire sous Louis VI, qui a vengé en 1111 l’humiliation du Puiset, le consentement du même Payen d’Étampes à des donations dans le même secteur se fera en présence du roi.

     3. Le Vidamé de Chartres d’abord tenu par un certain Renaud était passé à son premier fils Aubert, mort en 1032, puis à son cadet Hugues I encore vivant en 1059. En 1063 nous voyons que c’est son fils Guerry qui a pris le relais; il est paraît être mort vers 1089, date à partir de laquelle nous voyons sa veuve Helsent tutrice de leur fils Hugues II.
     Guerry et Helsent avaient eu également une fille dénommée Hersent, qui avait épousé le chevalier Thion Chef-de-Fer et lui avait donné deux enfants, Hardouin Chef-de-Fer et Milsent. Il avaient eu aussi un deuxième fils
, Étienne, qui fut plus tard abbé de Saint-Jean-en Vallée, puis patriarche de Jérusalem, de 1128 à 1130.
     Helsent et son fils Guerry étaient possessionnés dans le secteur, comme on le voit par les trois exemples suivants, respectivement à Roinville-sous-Auneau, Manterville et Vierville:
     1)
En 1079 il est mentionné que l’église Saint-Georges de Roinville-sous-Auneau est détenue pour moitié par Hersent (et par son fils Hardouin Chef-de-Fer), et pour moitié par Ade, veuve du vidame Hugues I et mère du vidame Guerry.
     2) Helsent était possessionnée tout près de là
à Manterville, comme on le voit d’une des ses donations vers 1108 au bénéfice du monastère de Saint-Jean-en-Vallée.
     3)
Hugues détenait la moitié de Vierville, dont il était aussi le dominus capitalis, seigneur principal, notion qui reste à éclaircir, mais qui semble supposer que lorsque le village avait été légué en fait à sa sœur Hersent (qui l’avait elle-même donné à sa fille Milsent), on avait réservé les droits de son frère aîné sur ce bien.
     Un fait est de plus à remarquer, comme particulièrement troublant et intéressant pour l’histoire d’Étampes: tant à Vierville qu’à Manterville la seigneurie est partagée entre la famille vicomtale de Chartres et certains Étampois, qui paraissent de ce fait avoir une ascendance commune. Une moitié de Vierville est tenue par Gauthier de Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, et la villicatio ou mairie de Vierville est tenue par Payen fils d’Anseau. Or nous retrouvons le même Payen fils d’Anseau possessionné à Manterville lors de la donation qu’en fait Helsent vers 1108.
     Tout semble indiquer que Payen fils d’Anseau était apparenté à la famille des vidames de Chartres, dont son père était sans doute sorti à la génération précédente. Nous y reviendrons.

     4. La châtellenie d’Auneau est alors tenue par Hugues de Gallardon, fils aîné d’Hervé Ier de Gallardon, mort en 1092, et de Béatrice d’Auneau, elle-même fille de Guy Ier de Montlhéry et d’Hodierne de Gometz, sœur d’Alais de Montlhéry. Hugues de Gallardon est par suite le neveu de la femme d’Hugues Blavons du Puiset, vicomte de Chartres.
     C’est à cette période semble-t-il que se dessine pour des siècles le sort de cette zone frontière relevant à la fois de Chartres et d’Étampes. 
Le secteur d’Auneau dépendait à l’origine du puissant comté de Rochefort, dont les seigneurs étaient vraisemblablement possessionnés à Étampes même, d’où sans doute l’actuelle rue au Comte, dont le nom est attesté dès 1237, bien avant qu’il y ait eu des comtes d’Étampes.
     Mais ce comté de Rochefort fut progressivement démembré, et la seigneurie d’Auneau tomba vers cette époque dans la zone d’influence des vicomtes de Chartres, eux aussi possessionnés à Méréville, à Étampes, et à Morigny.









Denier de Thibaud III de Chartres
Denier de Thibaud III de Chartres (1050-1090)
















Donjon d'Auneau élévé par Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100
Donjon d’Auneau, élevé par
Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100



B. Les familles des donateurs principaux, Gautier et Milsent

     1. La famille d’Aunay. Le donateur principal de Vierville est un certain Gautier d’Aunay. J’ai réuni en Annexe 7 toutes les chartes que j’ai trouvées dans le secteur qui relatives à cette famille et je crois avoir établi les faits suivant.
    
Gautier I d’Aunay-sous-Crécy (près de Dreux) est son premier membre connu. Il paraît essentiellement possessionné en Beauce, et, mentionné dès les alentours de 1067, il est mort avant 1082. Gautier, qui semble avoir épousé une sœur du chevalier Hugues de Nonant-le-Pin, laisse cinq fils: Gounier, Jocelyn, Gautier II, qui est notre homme, donateur de Vierville, Arnoux et Garin.
     
Rainaud d’Aunay est son frère cadet; il est aussi appelé, d’après l’une de nos notices, Rainaud des Têtières, hameau d’Unverre en Dunois où il est possessionné. Il paraît encore vivant à l’époque de la donation de Vierville, vers 1094, et paraît même survivre à son neveu Gautier II.
     Gounier succédant à son père Gautier, s’appelle d’abord Gounier de Molitard, près Châteaudun, ce qu’il indique qu’il est possessionné de ci de là depuis Dreux jusque dans le pays dunois. Je propose d’identifier ce personnage à un chevalier du même nom qui tenait Bayeux en 1105 pour le compte le duc de Normandie Robert Courteheuse, et qu’Orderic Vital nous dit avoir été un neveu d’Hugues de Nonant-le-Pin, lui même gouverneur de Rouen à la même époque: il est alors fait prisonnier par Henri Beauclerc, roi d’Angleterre. Dès 1108 nous le voyons de retour au pays, et qualifié de Saint-Avit, ayant récupéré cette terre après la mort de son frère cadet sans descendance. Vers 1115 il paraît résider pour un temps à Orléans. Il vit longtemps, sans doute près de quatre-vingts ans, car on a encore trace de lui vers 1146.
     Jocelyn paraît être mort jeune et sans postérité.
     Gautier II reçoit Saint-Avit-les-Guespières en héritage; il épouse Milsent, fille du chevalier Thion Chef-de-Fer, qui reçoit en dot Vierville, possession de sa mère Hersent, dame de Denonville, qui le tenait elle-même de son père le vidame Guerry, son frère aîné Guerry en demeurant le dominus capitalis; mais, sans postérité, ils cèdent Vierville aux moines de Marmoutier dont Thion Chef-de-Fer a pris l’habit du vivant de sa femme.
     Nous voyons Gautier résider avec sa femme, au moment de la donation, à Saint-Avit-les-Guespières, où ils ont un régisseur particulier de ce domaine, tout à fait en dehors de notre secteur.
Une charte de Saint-Père de Chartres nous le montre en conflit avec ce monastère au sujet de l’église d’Épeautrolles, entre Saint-Avit et Chartres, qui avait été donnée aux moines par Hugues de Dreux. Avec sa femme il est cité cependant comme bienfaiteur par l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée Chartres.
     Après la mort de Gautier, ses biens semblent être retournés à son frère aîné, qui prend nom Gounier de Saint-Avit, vers 1108.
     Arnoux d’Aunay ne nous est connu que par deux de nos notices (qui en revanche ne mentionnent ni Gounier ni Jocelyn, le premier peut-être absent alors de la région, et le second mort jeune sans descendance).
      Garin, témoin de l’une de nos transactions, par contre est bien documenté, et nous connaissons même les noms de ses cinq enfants survivants. Il fut surnommé Torcul, c’est-à-dire Pressoir, sans doute parce qu
il pressurait ses tenanciers, surnom quil transmis à son fils Aubert, dit Payen Torcul.

Etienne Chef-de-Fer et ses fils

     2. La famille Chef-de-Fer. Si Vierville est aux mains de Gautier II d’Aunay, c’est que sa femme Milsent l’a reçu en dot, de sa mère Milsent,
fille du vidame Guerry, sœur du vidame Hugues et dame de Denonville, qui avait épousé un chevalier du château de Courville-sur-Eure, Thion Chef-de-Fer, lui-même possessionné, semble-t-il, à Chuisnes.
     Étienne Chef-de-Fer
est cité entre 1048 et 1060, avec ses deux fils Thion et Aimon.
     Un Vivien Chef-de-Fer est cité dans le Vendômois vers la même époque (de 1065 à 1069) dans l’entourage du chevalier Guismand de Vendôme (fils de Guismand de la Chappe et d’Aimeline fille d’Hugues Doubleau, ce dernier fondateur de Montdoubleau et fidèle d’Eudes II de Chartres). C’est sans doute l’un de leur parents proches.
     Thion Chef-de-Fer, fils d’Étienne, est cité à Courville entre 1064 et 1079 comme témoin, avec son oncle Aimon et son fils Hardouin. Puis en 1079, avec sa femme Hersent et son fils Hardouin comme possessionné à Roinville. Vers 1080 à Bréthencourt comme s’étant fait moine de Marmoutier. Viennent ensuite nos notices, antérieures au moins pour les premières à 1096, et postérieures à 1092.
     Hardouin est ensuite cité à plusieurs reprises, notament par une charte qui précise qu’il est un chevalier du sire de Courville. Il aura lui-même un fils nommé Hugues.
     Je donne en Annexe 6 tout ce que j’ai trouvé pour l’instant sur cette famille.

Henri Ier Beauclerc (enluminure du XIIIe siècle)
Henri Ier Beauclerc d’Angleterre,
qui prit Bayeux en 1105 à Gounier d’Aunay,
frère de notre Gauthier II d’Aunay
















Chevalier (tapisserie de Bayeux, vers 1077)
La sorte de heaume qui donne
son nom à la famille Chef-de-Fer

C. La pyramide féodale

     A Vierville Gautier détient (du chef de sa femme) le village même de Vierville, l’église avec l’enclos qui l’entoure, où est le cimetière, la dîme et de droit de sépulture afférents, et une terre de deux charrues qui doit constituer la réserve seigneuriale, exploitée directement par les serfs du maître des lieux. Gautier et Milsent paraissent seigneurs de tout le finage, qui est donné à fief à différents exploitants principalement étampois, où sont prélevés le champart, redevance en nature due à la moisson,
et les autres droits coutumiers, tant dans le village même qu’à l’extérieur.

     Il s’agit d’un fief qui est tenu pour une moitié du vicomte de Chartres, 
dominus capitalis du village. Ce dernier terme est ambigu. Faut-il comprendre que le dominus capitalis est le détenteur du droit de chevage, exigible de chaque résident? Je tendrais plutôt à croire qu’on est plutôt en présence ici d’un principe féodal formulé explicitement à une époque ultérieure, et qui réserve à la branche aîné d’une famille le droit de récupérer un bien qui tomberait en déshérence par extinction de la branche cadette qui l’a reçu en partage. Quoi qu’il en soit, l’autre moitié du village est tenu par Gautier en fief d’un Étampois, Guillaume fils de Bernoal.

     La pyramide féodale paraît ici relativement complexe, car on remarquera que l’autorisation du seigneur d’Auneau paraît requise pour ce qui est des donations de Gautier et de Guillaume fils de Bernoal, mais non pas pour celle du vidame de Chartres. Il faut donc intercaler le seigneur d’Auneau dans cette pyramide entre le vicomte de Chartres, seigneur principal du village, et Guillaume d’Étampes. Intervient-il ici comme héritier de droits ayant appartenu originellement à la châtellenie de Rochefort?

     Quoi qu’il en soit, Vierville, reçu en dot par Milsent, était une possession de sa mère, dame de Denonville, qui l’avait elle reçu en dot, en même temps que Denonville et que, nous le savons par ailleurs, la moitié de l’église Saint-Georges de Roinville-sous-Auneau. L’autre moitié de cette église de Roinville-sous-Auneau était détenue par Ade, veuve du vidame Hugues et mère du vidame Guerry. L’avait-elle reçu en douaire de son mari, ou apportée en dot? Il nous manque certains chaînons pour démêler avec certitude l’origine de la situation complexe que nous constatons vers 1094. Ainsi nous constatons qu’ont alors des droits sur Vierville deux descendants de lits différents de la vidamesse Ade, Hugues fils de son premier mari Guerry, et l’Étampois Payen, petit-fils de son second mari Jocelyn II de Lèves.

     Gautier d’Aunay, qui réside en fait avec sa femme Milsent dans son propre fief de Saint-Avit-les-Guespières, n’exploite pas lui-même ce domaine, qui est donné en fief, depuis sans doute déjà la génération précédente, à des gens du pays d’Étampes, qui ont acquis au fil du temps des droits et des possessions héréditaires difficiles mais non impossibles à démêler.

       Ainsi par exemple l’Étampois Aubert fils d
Anseau, détient pour sa part deux tenures, avec le champart afférent. Il les a données en fief à un certain autre Étampois.

      Plus curieusement son frère aîné Payen fils d’Anseau détient ce qui semble être la mairie du village (villicatio), c’est-à-dire probablement le titre de régisseur (villicus ou major) et surtout les revenus et droits afférents à cette charge. Il l’a lui donnée en fief aux deux frères Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury: deux tiers au premier, le troisième tiers au deuxième. Il y détient certainement aussi des tenures comme son frère cadet.

***

     D’où viennent les droits sur Vierville (comme aussi à Manterville) des Étampois Payen et Aubert fils d’Anseau? Selon toute apparence de leur père Anseau: car il faut l’identifier, contrairement à ce qu’en a écrit jadis Joseph Depoin, avec un certain Anseau fils de Jocelyn, c’est-à-dire de Jocelyn II de Lèves, qui avait épousé la même Ade ou Adèle après la mort de son premier mari.

     Adèle avait eu de son premier mari le vidame de Chartres un fils, Guerry, qui lui succéda et eut lui même pour fils Hugues II. Après la mort d’Hugues Ier, après 1059, Adèle se remaria avec Jocelyn II de Lèves dont elle eut, outre Jocelyn III, un Anseau fils de Jocelyn qui s’installa à Étampes, et qui fut le père de notre Payen fils d’Anseau (dont le véritable nom de baptème était Isembard). De la sorte Guerry et Anseau étaient frères utérins, et par suite, l’Étampois Payen fils d’Anseau et le vidame Hugues II fils de Guerry, cousins germains, issus tous deux de la vidamesse Adèle, dont tout indique qu’elle avait été la première détentrice de la seigneurie de Vierville.





Cérémonie d'hommage (XIIIe siècle)
Cérémonie d’hommage féodal (XIIIe siècle)
D. Les exploitants réels

     Avec les deux frères Arnaud et Godéchal, nous atteignons semble-t-il le plus bas niveau de la pyramide seigneuriale et nous nous rapprochons de celui des exploitants réels du village. Ils sont frères, mais par un parent seulement, situation à l’époque extrêmement fréquente; et nous ne savons pas lequel, car l’un est dit fils d’Aubrée (cette femme étant apparemment celle qui a donné son nom au hameau d’Aubray dans le territoire de l’actuelle commune, toute proche, de Mérobert), et l’autre fils d’Oury de Vierville. Cet Oury dit de Vierville était selon toute apparence déjà lui-même fieffé des vidames de Chartres, sans doute surtout au titre de sa femme Aubrée.

     1. Arnaud, qui est Étampois, et que nous connaissons par ailleurs comme bienfaiteur de l’abbaye de Morigny, est le mieux loti. Il tient en fief la moitié du village, à savoir semble-t-il la partie que Gautier tient lui-même du vidame de Chartres; il a de plus pris à fief de Payen d’Étampes les deux tiers du fermage
(villicatio) de Vierville.

     2. Godéchal pour sa part réside à Méréville; il détient huit tenures, dont il perçoit le champart et les dîmes afférentes, plus le tiers restant du fermage (villicatio), et encore d’autres menus biens et droits, qu’il finit par donner intégralement, sentant la mort venir, contre le droit de revêtir à son dernier jour l’habit monachal qui le mettra sous la protection de saint Benoît.

     3. Amaury Roux d’Ablis, autre Étampois, tient encore à fief deux tenures d’Aubert, frère cadet de Payen.

     Par ailleurs, apparemment quelques années plus tard, deux autres exploitants nous sont signalés par leurs donations; ils exploitent peut-être des alleux échappant à la pyramide féodale, car aucun consentement n’est donné à leurs donations, hormis celles de leurs propres parents et collatéraux; cependant on peut aussi penser qu’il s’agit de terres qu’ils tenaient en fief des donateurs précédents, et qu’ils étaient donc, dès avant leurs donations, passés sous la seigneurie des moines de Marmoutier:

    4. Rainaud fils de Thiou donne une terre non identifiée du nom de Lomlu.

     5. Geoffroy de l’Eau, ou de l’Ève, ou de Lèves, fils de Félicie, enfin, donne également une terre d’une charrue et trois tenures. C’est sans doute le fils d’un Thibaud de l’Eau (ce qui se disait en ancien français de
l’ Ève), ou de Lèves signalé à Étampes en 1082 par une charte de Philippe Ier. Dans le cadre de l’hypothèse que nous avons développée plus haut au sujet d’Anseau, qui serait Anseau de Lèves, on pourrait imaginer que ce Thibaud ait été son frère, également installé à Étampes, et que notre Geoffroy ait été un autre cousin de Payen fils d’Anseau.
Adam laboureur (Saint-Zenon de Vérone, XIe siècle)
Labour au XIe siècle (Saint-Zénon de Vérone)

E. Installation de nouveaux serfs

     Les donateurs, Gautier et son épouse Milsent, envisagent dès le départ la faculté pour les donataires d’installer à leur gré de nouveaux hôtes sur le terroir de Vierville.

     De fait Hersent et Hardouin, mère et frère de Milsent, à la sollicitation de Thion Chef-de-Fer, leur ex-époux et père, donnent à cet effet ultérieurement aux moines quatre familles de colliberts, c’est-à-dire de serfs, celles des fils et filles d’un certain Geoffroy.

     On entrevoit aussi dans le secteur un certain Constance, serf
des moines de Marmoutiers originaire de leur prieuré champenois de Ventelay; ils paraissent gérer leurs ressources humaines, comme on dit aujourdhui, à léchelle nationale.

F. Résumé des 18 transactions

      1. Gautier d’Aunay se rend à Marmoutier pour poser l’acte de donation du village de Vierville sur l’autel de saint Martin. — 2.
Milsent Chef-de-Fer fait le même don à Saint-Avit-les-Guespières: elle donne rituellement un rameau de sureau à un serf censé représenter le prieur de Marmoutier de passage à Chuisnes. — 3. Arnaud fils d’Aubrée, chez lui à Étampes, donne la moitié de Vierville qu’il tient à fief de Gautier, plus une part de l’autre moitié du village qu’il tient à fief de l’Étampois Payen fils d’Anseau, avec l’accord de son frère Godéchal fils d’Oury. — 4. Hardouin Chef-de-Fer, frère de Milsent, consent à Chuisnes à la donation faite par sa sœur. — 5. Le vidame de Chartres Hugues fils de Guerry, seigneur principal de Vierville, et sa mère Helsent, de qui Gautier tient à fief la moitié de Vierville, consentent à la donation. — 6. Guillaume fils de Bernoal d’Étampes, de qui Gautier tient à fief la deuxième moitié de Vierville, consent, à Étampes, à la donation. — 7-8. Godéchal fils d’Oury donne progressivement tout ce qu’il détenait à Vierville. — 9. L’Étampois Amaury Roux d’Ablis donne aussi ce qu’il détenait à Vierville, avec l’accord de sa femme et de ses deux fils, et l’autorisation d’Aubert d’Étampes de qui il tenait ce bien à fief. — 10. A la grange de Boisville-la-Saint-Père (qui paraît un fief chartrain de la famille d’Aunay), en présence du vicomte de Chartres Hugues I du Puiset, dit Blavons, un envoyé de l’Étampois Payen fils d’Anseau, frère aîné d’Aubert, autorise en son nom les donations d’Arnaud et de Godéchal: il donne rituellement son gant. — 11. A Auneau, Hugues de Gallardon, seigneur du lieu, autorise les donations faites par Gautier, Guillaume fils de Bernoal et Arnaud fils d’Aubrée. — 12. Arembour, veuve de Godéchal et leur fils Eudes consentent la donation du défunt Godéchal. — 13. Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline consentent à la donation de Godéchal et d’Amaury. — 14. Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer, à Chuisnes, donnent quatre familles de serfs pour mettre en valeur Vierville. — 15. Gautier d’Aunay et sa femme Milsent Chef-de-Fer consentent, à Chartres, à cette donation. — 16-17. Rainaud fils de Thiou donne la terre de Lomlu, moyennant des contre-dons à lui-même et aux siens. — 18. Geoffroy fils de Félicie et son épouse Gile donnent une terre à Vierville.



Autoportrait du copiste bénédictin Hugues de Jumièges (ms Bodl. 717, f°287v, fin XIe siècle)

G. Datation précise de nos transactions

     Malgré tous mes efforts je ne suis arrivé à trouver qu’une fourchette chronologique relativement large pour ces transactions, qui ont dû de toutes façons s’étaler sur plusieurs années.
     Malgré le grand nombre de personnes concernées, nous sommes en manque de dates précises à une époque où l’usage ne s’est pas encore généralisé de dater tout document écrit.
     Il serait intéressant par exemple de dater la période précise où fut en fonctions le prieur de Marmoutier Robert de Vierzon, mentionné par les transactions 2 et 4.
     La transaction 10 est antérieure à 1096, date du départ en croisade de son témoin Nivelon II de Fréteval, qui ne reviendra pas au pays avant 1108.
     La transaction 11 est postérieure à 1092, date de la mort d’Hervé de Gallardon, puisqu’elle nous montre son fils Hugues de Gallardon agissant en seigneur et maître du secteur d’Auneau
en lieu et place de son père.
     La transaction 12, qui prend place après plusieurs donations de Godéchal fils d’Oury de Vierville, et même après sa mort, est cependant antérieure à 1098, date à laquelle son témoin Hardouin, prieur d’Épernon, semble déjà remplacé dans cette charge par un certain Guillaume.
     En revanche les transaction 16 à 18 peuvent avoir été conclues bien des années plus tard, par exemple dans les premières années du XIIe siècle, quoique du vivant de Thion Chef-de-Fer; car il semble bien que Gautier d’Aunay lui-même soit alors décédé; d’ailleurs l’écriture des notices C et D est très nettement du XIIe siècle; mais il est vrai qu’elles ont pu être recopiées tardivement sur le premier manuscrit, sans pour cela être être elles-mêmes fort tardives.


 
SOMMAIRE
NOTICE A
(première partie du premier parchemin)

     Notitia de Vervilla quam dedit nobis Gualterius de Alneto. Carnoti.
     Notice sur Vierville, que nous a donné Gautier d’Aunay. Chartres
     Nouerint omnes posteri quod Gauterius de Alneto et uxor eius Milesindis dederunt beato Martino Maioris Mona[2]sterii et nobis suis monachis pro animabus suis uillam quandam quę dicitur Veriuilla et ecclesiam et decimam et sepulturam et terram [3] ad duas carrucas cum decima et camparcio et omnes hospites qui in eadem uilla hospitari uoluerint ita ut nobis reddant omnes [4] consuetudines nec alicui respondeant de aliquo nisi nobis, preter camparcium quod retinuerunt sibi extra uillam: hoc red[5]dent eis in eadem uilla, non alias deferentes. Pepigerunt uero nobis, si illud quod retinuerunt sibi vellent dare quandoque uel uendere [6] nulli alii se daturos  uel uendituros nisi nobis. Vnam aream tantum retinuerunt sibi in eadem uilla ad domum sibi faciendam, [7] de qua tamen reddent nobis omnes consuetudines sic alii hospites. Factum est hoc apud Sanctum Auitum in domo ipsius [8] Gauterii, presente patre uxoris eius Milesindis* Teudone Capite de Ferro, et Rotberto de Virsone nostris monachis, [9] quibus ipsa Milesindis* dedit hoc donum per unum baculum, quoniam id maxime pertinebat ad eam, et Archembaldo [10] famulo Theudonis monachi et Theudone milite de Cramisiaco.

     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     (2) Que tous nos successeurs sachent que Gautier d’Aunay et sa femme Milsent ont donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines, pour le salut de leurs âmes, un certain village appelé Vierville, l’église, la dîme, le droit de sépulture, une terre de deux charrues avec sa dîme, et son champart et tous les tenanciers qui voudraient être accueillis dans le dit village sous condition de nous rendre tous les devoirs coutumiers et de ne dépendre de personne d’autre que de nous, exception faite du champart qu’ils se sont réservé en dehors du village; on le leur donnera dans le dit village, sans le transporter ailleurs. Mais ils nous ont promis que si un jour ils voulaient donner ou vendre ce qu’ils se sont réservé, ils ne le donneraient ni ne le vendraient à personne d’autre qu’à nous. Ils se sont réservé seulement un emplacement dans le dit village pour s’y construire une maison, mais ils nous rendront pour elle tous les devoirs coutumiers comme les autres hôtes. Cela s’est fait à Saint-Avit dans la maison du dit Gautier, en présence du père de son épouse Milsent, Thion Chef-de-Fer, et de Robert de Vierzon, nos moines, à qui la dite Milsent a fait cette donation par le moyen d’un bâton, puisque c’est surtout à elle que cela appartenait; ainsi que d’Archambaud, serviteur du moine Thion, et du chevalier Thion de Crémisay.
     Concessit hoc etiam donum nobis Harduinus [11] Caput de Ferro frater ipsius Milesindis* apud Choinam in claustro nostrorum monachorum. Qui etiam huic dono inter[12]fuerunt: Teudo Caput de Ferro pater ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus prior claustri Maioris Mona[13]sterii, Euanus, Ebroinus, Guastho, Fulco, Gingomarus Erneisius, Odo famulus.
     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     (4) Cette donation en notre faveur a été aussi autorisée par Hardouin Chef-de-Fer, frère de la dite Milsent, à Chuisnes dans le cloître de nos moines. Ont aussi assisté à cette donation: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes.
     Hoc etiam donum ipsius [14] Gauterii de Alneto et uxoris eius Milesindis* concessit nobis Hugo filius Guerrici et mater eius Helisindis, a quibus [15] habebat idem Gauterius in feuo partem unam illius uillę Veriuillę, testibus istis: Iuone filio Norberti, [16] Tetbaldo filio Stephani, Pagano filio Girardi Mariscalci, Guarino filio Amalrici Biseni**, Alberto filio [17] Alberti d’Vlmeio.
     * corrigé par une deuxième main: Milesendis.
     ** corrigé par une deuxième main: Besenis
.
     (5) Cette donation du dit Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent en notre faveur a encore été autorisée par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent, de qui le dit Gautier tenait en fief une part du dit village de Vierville, en présence des témoins suivants: Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne; Payen fils de Girard Maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen; Aubert fils d’Aubert d’Ormoy.
     Aliam uero partem huius sepe dictę uillę Veriuillę concessit nobis Guillelmus filius Bernoalii de [18] Stampis, quam habebat ille Gauterius in feuo ab illo. Testes sunt huius rei Arraldus patruus illius Guillelmi, [19] Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, Albertus frater eius, Godefridus* de Bardul Villa, Haubertus [20] filius Haimelini, Hugo Bornus, Vrso de Petris, Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus [21] de Sancto Sigio, Arnaldus filius Balduini, Harpinus de Stampesio, Petrus filius Gerberti Barbati, [22] Eblonius frater Arraldi, Teudo monachus Caput Ferri.

     * corrigé par une deuxième main: Godefredus.
     (6) Quant à l’autre partie de ce village plusieurs fois mentionné de Vierville, sa donation en notre faveur a été autorisée par Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, parce que le dit Gautier la tenait de lui en fief. Les témoins de cette affaire sont: Airaud, oncle paternel du dit Guillaume; l’abbé de Notre-Dame d’Étampes Bernoal; son frère Aubert: Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin; Harpin de l’Étampois; Pierre fils de Gerbert Barbu; Éblon frère d’Airaud; le moine Thion Chef-de-Fer.
     Sciendum est etiam quod Godescalis filius [23] Hulrici de Veruilla concessit sancto Martino et nobis monachis suis decimam de sex hospitibus qui erant [24] in eadem uilla. Huius concessionis testes sunt hi: Teudo Caput Ferri, Galdinus filius Ausuei de Mereruilla, Lisiardus de Stampis, Rotbertus filius Arraldi, Herbertus de Danonuilla.
     (7) Il faut savoir encore que Godéchal fils d’Oury de Vierville a concédé à saint Martin et à nous ses moines la dîme de six tenanciers qui se trouvaient dans le dit village. Les témoins de cette autorisation sont les suivants: Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ausoué [Lisez: Ansoué] de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
 
NOTICE B
(deuxième parchemin)

     Cette deuxième notice reprend d’abord les choses au début en les précisant. Il semble en fait qu’il y ait eu deux cérémonies de donation, la première par Gautier à Marmoutier, la deuxième par son épouse, qui était la propriétaire réelle du bien en question, à Saint-Avit.

     Noticia de Veriuilla quam dedit Gaulterius de Alneio beato Martino Maioris Monasterii et monachis eius. CARNOTIS
     Notice sur Vierville, que Gautier d’Aunay a donné à saint Martin de Marmoutier et à ses moines. Chartres
     Nouerint posteri nostri quod Gauterius de Alneio et uxor eius Milesendis et Ernaldus filius Alberedę dederunt beato Martino Maioris Monasterii et nobis monachis suis, pro animabus ipsorum, totum corpus uillę quę dicitur [2] Verisuilla, id est quicquid in ipsa hospitari poterimus Carnotensibus arpennis nichil sibi omnino retinentes ex ea. Dederunt etiam sancto et nobis terram ad duas carrucas ab omnibus consuetudinibus absolutam, ecclesiam quoque cum decima, et omnibus quę ad ipsam [3] attinent. De exteriori uero terra nichil omnino retinuerunt, sed sancto et nobis  omnia dederunt, excepto camparcio quod in ipsam uillam et non alias  eis deferetur, et hoc etiam, quod si quantumlibet de eadem* exteriori terra propriis bubus colere uoluerint, faci[4]ent in cimitherio unam uel duas domos si eis placuerit, et de ipsis reddent censum monachis. Conuenit etiam hoc inter ipsos et monachos, quod si aliquid eorum quę sibi retinuerunt uel dare uel uendere uel commutare uoluerint, non** facient alicui nisi nobis [5] Z

     * Le scribe avait oublié eadem et l’a ajouté au-dessus de la ligne.
     ** Pour non, l’le scribe de la notice D utilise exactement la mêm abréviation que pour A, ce qui tend à démontrer que la main qui a rédigé D est la même qui avait mis A par écrit.
     (2) (3) Que nos successeurs sachent que Gautier d’Aunay et son épouse Milsent ainsi qu’Arnaud fils d’Aubrée ont donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines, pour le salut de leurs âmes, le corps entier du village appelé Vierville, à savoir tout ce que nous pourrons y loger d’arpents chartrains, sans rien s’en réserver du tout. Ils ont encore donné au saint et à nous une terre de deux charrues libre de tout droit coutumier, ainsi qu’une église avec sa dîme et tous les biens afférents. Quant au finage ils ne s’en sont rien réservé du tout, mais ont tout donné au saint et à nous, excepté le champart. Il leur sera apporté au village même et non pas ailleurs. Et encore ceci: s’ils souhaitent cultiver une partie du finage (autant qu’il leur plaira avec leurs propres bœufs), ils se feront une, voire deux maisons, dans le cimetière, si c’est leur volonté, et ils en paieront le cens aux moines. Il a été convenu entre eux et les moines que s’ils veulent donner ou vendre ou échanger quelqu’un des biens qu’ils se sont réservés, ils ne le feront à personne d’autre qu’à nous.

     Ipsum hoc donauit predictus Gaulterius in capitulo Maioris Monasterii, et ipsam donationem super altare posuit, testibus multis, tam monachis quam militibus et famulis. Z
     (1) Le susdit Gautier a fait la dite donation au chapitre de Marmoutier, et il a posé la dite donation sur l’autel en présence de nombreux témoins, tant moines que chevaliers et que serfs.
     Quod etiam predicta Milesendis auctorizauit postea apud Sanctum Auitum in domo ipsius Gaute[6]rii mariti sui, et quia eadem uilla maxime pertinebat ad ipsam, dedit eam domno Rotberto de Virsone monacho pro sancto et monachis aliis et Archenbaldo famulo per baculum uice ipsius monachi, presente eodem uiro suo Gaulterio de Alneio et Theudone Capite Ferri [7] patre ipsius et Theudone milite de Cramisiaco et Rotberto maiore suo de Sancto Avito qui ambo cum ea* erant. Z

     *Le mot ea a été oublié, et le scribe a mis a sa place une croix; il a fait suivre erant d’une autre croix, puis a écrit ea.
     (2) La susdite Milsent y a encore donné sa permission à Saint-Avit, dans la demeure du dit Gautier son mari, et, parce que le village lui appartenait surtout à elle, elle l’a donné au moine monsieur Robert de Vierzon au bénéfice du saint et des autres moines, et au serf Archambaud, par le moyen de la baguette, en lieu et place du dit moine, en présence de son dit mari Gautier d’Aunay, et de son père à elle Thion Chef-de-Fer, ainsi que du chevalier de Crémisay Thion, et de Robert, son régisseur de Saint-Avit, qui tous deux étaient avec elle.
     Predictus etiam Ernaldus filius Alberedę qui sepedictę Veriuillę medietatem tenebat de Gaulterio predicto dedit sicut superius determinauimus hoc donum beato Mar[8]tino et nobis, nec non etiam duas partes uillicationis predictę uillę quam* tenebat de Pagano filio Anselli dedit, in domo sua apud Stampas, concedente fratre Godiscale, cui domnus Theudo Caput Ferri dedit propter hoc ipsum X solidos et beneficium nostrum utrique ipsorum. Si uero idem Er[9]naldus aliquando desiderans fieri monachus precatur, dato quicquid de eadem uilla sibi retinuerat omnino, sic eum ad monachilis habitus conuentum nostrum admittemus. Huius igitur donationis et concessionis sunt testes: Albertus filius Gondagri, Albertus filius Anselli, Petrus filius [10] Erardi, Rainerius filius Alberti, Gaufredus filius Girelmi, Godefredus de Balduluilla, Arnulfus maior de Roureio, Paganus filius Harduini, Rainaldus Teuldi filius, Iohannes filius Pagani, Hugo minerius*, Herbertus de Danunuilla. Z

     * sic.
     *ou bien Minerius?

     (3) En outre le susdit Arnaud fils d’Aubrée, qui tenait en fief du susdit Gautier la moitié du souvent mentionné Vierville, en a fait le don, comme nous l’avons indiqué plus haut, à saint Martin et à nous; et en plus de cela, il a donné deux parts du fermage du susdit village qu’il tenait en fief de Payen fils d’Anseau, dans sa demeure d’Étampes, avec l’autorisation de son frère Godéchal, à qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez nous à tous deux. Si donc le dit Arnaud, désirant un jour se faire moine, en fait la demande, une fois qu’il aura donné tout ce qu’il s’est réservé dans le dit village, nous l’admettrons dans notre communauté de vie monastique. Ainsi donc de cette donation et autorisation sont témoins: Aubert fils de Gondagre; Aubert fils d’Anseau; Pierre fils d’Airard; Rainier fils d’Aubert; Geoffroy fils de Gireaume; Geoffroy de Baudreville; Arnoux régisseur de Rouvray; Payen fils d’Hardouin; Rainaud fils de Thiou, Jean fils de Payen; le minier Hugues*; Hébert de Denonville.

     * ou bien Hugues Minier.
     Idem etiam donum concessit et auctorizauit nobis Hardu[11]inus Caput Ferri apud Coina, frater predictę Milesendis in claustro monachorum. Qui etiam huic dono interfuerunt, Teudo Caput Ferri pater ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus prior claustri Maioris Monasterii, Euanus, Ebroinus, Guastho, Fulco, Gingomarus, Odo famu[12]lus. Z
     (4) Le même don en notre faveur a été autorisé et permis, à Chuisnes, par Hardouin Chef-de-Fer, frère de la susdite Milsent, dans le cloître des moines. Ceux qui ont assisté à cette donation sont: Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin; le prieur Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques; Gimard; le serf Eudes.
     Hoc ipsum donum fecit predictus Gaulterius de Alneio concedi a Hugone filio Guerrici et matre ipsius Helisendę, qui eiusdem uillę est capitalis dominus, a quo etiam habebat idem Gaulterius medietatem prefatę Veriuillę in feuo. Huius concessionis testes sunt: Iuo filius Norberti, Tetbaldus [13] filius Stephani, Paganus filius Girardi Mariscalis, Guarinus filius Amalrici Biseni, Albertus de Vlmeio. Z
     (5) Le susdit Gautier a obtenu l’autorisation de la dite donation auprès d’Hugues fils de Guerry et de sa mère Helsent, lui qui est le seigneur percevant le chevage du dit village, de qui le dit Gautier tenait encore la moitié du susdit Vierville en fief. De cette autorisation sont témoins: Yves fils de Norbert; Thibaud fils d’Étienne; Payen fils de Girard maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen; Aubert d’Ormoy.
     Hoc ipsum donum annuit et auctorizauit Guillelmus filius Bernoali de Stampis et dedit beato Martino et nobis, a quo sepedictus Gaulterius habebat in feuo medietatem prefate Veriuillę. Domnus etiam The[14]udo Caput Ferri dedit propter hoc ipsum ei X solidos et de beneficio beati Martini reuestuit eum. Huius rei sunt testes: Arraldus patruus ipsius Guillelmi, Ebulo frater eius, Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis, Albertus frater eius, Godefredus de Bauduluilla, Aubertus filius Hamelini, [15] Hugo Bornus, Vrso de Petris, Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus de Sancto Sigio, Ernaldus filius Balduini, Harpinus de Stampis, Petrus filius Herberti Barbati, Teudo Caput Ferri. A
     (6) Cette donation a été consentie et permise et faite par Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à saint Martin et à nous, parce c’est de lui que le souvent mentionné Gautier tenait en fief la moitié du susdit Vierville. Monsieur Thion Chef-de-Fer à cet effet lui a donné dix sous et il l’a vêtu de neuf par un effet de la générosité de saint Martin. De cette affaire sont témoins: Airaud oncle paternel du dit Guillaume; son frère Éblon; Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes; son frère Aubert; Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin; Harpin d’Étampes; Pierre fils d’Hébert Barbu; Thion Chef-de-Fer.
     Sciendum preterea quod Godiscalis filius Vlrici dedit beato Martino Maioris Monasterii [16] et nobis monachis eius tertiam partem uillicationis totius predictę Veriuillę et decimam totius terrę quam in ea habebat. Huius doni sunt testes: Teudo Caput Ferri, Gaudinus filius Ansei de Merer Villa, Lisiardus de Stampis, Rotbertus filius Arraldi, Herbertus de Danouilla. Z
     (7) Il faut savoir en outre que Godéchal fils d’Oury a donné à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines le tiers de tout le fermage de tout le susdit Vierville et la dîme de toute la terre qu’il y détenait. De cette donation sont témoins: Thion Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Lisiard d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
     Postea uero dedit [17] idem Godiscalis eidem sancto et nobis octo hospitalia quę in predicta Veriuilla habebat, et quicquid denique in ea habebat, excepto terragio quod illi qui in predictis hospitalibus hospitabuntur deferent ei, uel ad Mereruilla uel ad Bertolcuriam, ad quod horum [18] ipsi placuerit, ita tam ut unus predictorum hospitum de quo securus erit seruet idem terragium*, ei, et nullus eorumdem colat alicuius terram ante illam quam de ipso habemus. Cui etiam dedit ob hoc domnus Teudo Caput Ferri monachus XXX solidos Carnotensis monetę, et beneficum nostrum. Pepigit [19] quoque ei quod quando mortuus fuerit, sepeliet eum monachus qui in predicta Veriuilla morabitur ad ęcclesiarum nostrarum quamlibet, si tamen hoc ipsi mandauerit. Huius rei testes sunt: Gaulterius de Stampis, Amalricus Rufus de Ableis, Girbertus major de Seenuilla. [20], Richerius mercator de Stampis, Herbertus de Danunuilla. Z
     * Le scribe avait oublié terragium et l’a ajouté au-dessus de la ligne.
     (8) Mais après cela le dit Godéchal a donné, au même saint et à nous, huit tenures qu’il avait dans le dit Vierville, et pour finir tout ce qu’il y possédait, excepté le terrage. Ceux qui seront établis sur les susdites tenures le lui apporteront, soit à Méréville ou bien à Bréthencourt, au lieu qu’il lui plaira, de telle manière qu’un seul des susdits tenanciers, auquel il fera confiance, aura la garde de son terrage, et qu’aucun des susdits ne cultivera la terre de qui que ce soit d’autre avant celle que nous tenons de lui. Pour cela monsieur Thion Chef-de-Fer lui a encore donné trente sous de monnaie chartraine, et une place chez nous. Il lui a aussi promis que, quand il sera mort, il sera enterré par le moine qui résidera au dit Vierville, dans celle de nos églises qu’il voudra, si du moins il le lui demande. De cette affaire sont témoins: Gautier d’Étampes; Amaury Roux d’Ablis; le régisseur de Sainville, Gibert; le marchand d’Étampes Richer; Hébert de Denonville.
     Sciendum quoque quod Amalricus Rufus de Ableis dedit in eadem sepedicta Veriuilla beato Martino et nobis monachis eius duas ut ita dicam hospitalitates et quicquid omnino ibi habebat, nichil [21] inde sibi retinens propter campartium, quod ei ad Stampas uel ad  Bertoucuriam portabitur, quod unus eorum duorum qui ibi hospitabuntur uersabit ei, de quo securior erit, qui etiam nullam aliam terram colent ante eam de qua reddent ei terragium. Factum est autem [22] hoc apud Stampas, concedente Alberto filio Anselli de cuius casamento erat eadem terra, concedentibus etiam uxore sua, id est Amalrici eiusdem, duobusque filis et filia, dante sibi propter ipsum Teudone Capite Ferri monacho X solidos. Huius [23] rei testes sunt: Ernaldus filius Alberedę, Christoforus Rex, Obertus de Stampis, Girbertus canonicus, Guillelmus de Stampis Veteribus, Rotbertus de Cimiterio, Baldricus de Fossato, Herbertus de Danunuilla. T.
     (9) Il faut savoir aussi qu’Amaury Roux d’Ablis a donné dans le souvent mentionné Vierville, à saint Martin et à nous ses moines, deux, pour ainsi dire, tenures, et tout ce qu’il y détenait, ne s’en réservant rien du tout, mis à part le champart, qui lui sera porté soit à Étampes ou bien à Bréthencourt, et que l’un de ceux qui les tiendront lui versera, celui en qui il aura le plus confiance; ils ne cultiveront en outre aucune autre terre avant celle de laquelle ils lui paieront le terrage. Cela a été conclu à Étampes, avec l’autorisation d’Aubert fils d’Anseau, de la mouvance de qui relevait la dite terre; avec l’autorisation de son épouse, c’est-à-dire de celle d’Amaury, et celle de ses deux fils, et de sa fille; le moine Thion Chef-de-Fer lui donnant pour cela dix sous. De cette affaire sont témoins: Arnaud fils d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes; le chanoine Gibert; Guillaume des Vieilles Étampes; Robert du Cimetière; Baudry du Fossé; Hébert de Denonville.
     Preterea quoque sciendum quod Paganus filius Anselli concessit et [24] dedit in grangia Boesuillę beato Martino Maioris Monasterii et nobis per cyrotecam Anselli filii Aremberti idem donum uillacationis totius iam dictę uillę, quod dederant Ernaldus filus Alberedę et Godescalis filius Vlrici, testibus his: Alberto filio Anselli, qui hoc fecit ab eo conce[25]di, Gaulterio de Alneio, Hugone uicecomite Castelliduni, Hugo de Puteolo, Niuelone filio Fulcherii, Guarino de Friesia. Z.
     (10) En outre il faut savoir que Payen fils d’Anseau a autorisé et donné, dans la grange de Boisville, à saint Martin de Marmoutier et à nous, au moyen du gant d’Anseau fils d’Arembert, la dite donation de Vierville, qu’avait opérée Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury, en présence des témoins suivants: Aubert fils d’Anseau, qui a obtenu cette autorisation, Gautier d’Aunay; Hugues vicomte de Châteaudun; Hugues du Puiset; Nivelon fils de Foucher; Garin de Friaize.
     Sciendum quod Hugo de Gualardone concessit et auctorizauit in domo monachorum de Alneello et dedit predicto sancto [26] et nobis idem ipsum donum Veriuillę, quod dederant Gauterius de Alneio et Guillelmus filius Bernoali et Ernaldus filius Alberedę, rogatu domni Teudonis Capitis Ferri et Costabli monachorum. Huius doni sunt testes: Guido filius Serli, Amalricus filius Raherii, Marinus prepositus [27] de Alneello, Rotbertus Britto, Iohannes Vitulus, Rotbertus de Adunuilla et Adelelmus frater eius, Hugo Canis, Osmundis de Gualardone. T.
     (11) Il faut savoir qu’Hugues de Gallardon a autorisé et permis, dans la maison des moines d’Auneau, et qu’il a accordé, au susdit saint et à nous, la dite donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée, à la supplique des moines monsieur Thion Chef-de-Fer et Costable. De cette donation sont témoins: Guy fils de Serlon; Amaury fils de Rahier; le prévôt d’Auneau Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond de Gallardon.
     Preterea sciendum quod Eremburgis uxor predicti Godiscalis filii Vlrici et Odo filius ipsorum concesserunt donationem quam idem Godescalis fecerat [28] de Veriuilla beato Martino Maioris Monasterii et nobis monachis eius, testibus, Gaudino filio Ansue de Merervilla, Rainardo Farinardo, Baldrico de Fossato, Harduino priore Sparronensi et Ermengiso famulo eius, Gaufredo de Moreth, Odone de Paniceriis, [29] Rainaldo de Alneio. Cui, id est Aremburgi, dedit domnus Theudo Caput Ferri tres solidos propter hoc ipsum donum. T
     (12) En outre il faut savoir qu’Arembour, épouse du susdit Godéchal fils d’Oury, et Eudes, leur fils, ont autorisé la donation que le dit Godéchal avait opérée de Vierville à saint Martin de Marmoutier et à nous ses moines. En sont témoins: Gaudin fils d’Ansoué de Méréville; Rainard Farinard; Baudry du Fossé; Hardouin prieur d’Épernon et son serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de Pannecières; Rainaud d’Aunay. Monsieur Thion Chef-de-Fer lui a donné, à savoir à Arembour, trois sous en raison même de cette donation.
     Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus quatinus  illud donum quod Godiscal et Amalricus de terra quę Veriuilla dicitur beato Martino et monachis dederunt,  [30] illud ipsum donum Ansellus Rotberti filius Beguini et Odelina mater eius pro sua suorumque salute partimque propter VII solidos quos Teudo monachus ob hoc Odeline tribuit nobis concesserunt. Huic dono interfuerunt: Radulfus Gauscelini filius de Danunuilla et Gaufredis clericus. [31] Ex nostra autem parte: Gaulterius famulus, et de Extolui Gaulterius*, et de Ludone Fulchaldus*. T.

     * Le manuscrit porte bien de Extolui Gaulterius et de Ludone Fulchaldus, peut-être parce que ces éponymes avait été surajoutés à la première rédaction au dessus de la ligne, comme on le constate souvent dans les originaux, et qu’il ont été mal reportés dans notre texte. On a une inversion analogue en  C32-33.
     (13) Qu’il soit connu de tous, tant présent qu’à venir que la donation du village appelé Vierville qui avait été opérée par Godéchal et Amaury à saint Martin et aux moines, cette même donation, Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline nous l’ont autorisée, pour leur salut et celui des leurs, et pour une part à cause des sept sous que le moine Thion  a donné à cet effet à Eudeline. A cette donation ont assisté: Raoul fils de Gauscelin, de Denonville, et le clerc Geoffroy. Et de notre côté: le serf Gautier, Gautier de Léthuin et Fouchaud de Ludon.
     Nouerint omnes nostri successores quod Hersendis et filius eius Harduinus Caput Ferri dederunt pro suis suorumque animabus beato Martino et monachis Maioris Monas[32]terii, admonitione Teudonis Capitis Ferri iam monachi, patris predicti Harduini, quatuor familias collibertorum de Danonisuilla, id est Gaufredum cum filiis filiabusque suis. Vnde et donationem fecerunt apud Coinam domno Tetbaldo priori Coinę pro [33] domno abbate per ramum sebuci. Cuius rei testes sunt, de monachis: Teudo Caput Ferri, Harduinus prepositus Carnotensis, Guarinus clericus. De laicis: Hugo Malueil, Guerrisius filius Herberti, Rotbertus de Dallei Monte, Rainaldus famulus Gau[34]fredis de Bello Monte, Guillelmus Rufus de Coina et alii plures.
     (14) Que tous nos successeurs sachent que Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer ont donné, pour le salut de leurs âmes et de celles des leurs, à saint Martin et aux moines de Marmoutier, sur les représentations de Thion Chef-de-Fer désormais moine, père du dit Hardouin, quatre familles de colliberts de Denonville, à savoir Geoffroy avec ses filles et ses filles. De quoi ils ont aussi fait la donation à Chuisnes au prieur de Chuisnes monsieur Thibaud tenant lieu de monsieur l’abbé par le moyen d’une tige de sureau. De cette affaire sont témoins, du côté des moines: Thion Chef-de-Fer; le prévôt de Chartres, Hardouin; le clerc Garin; et du côté des laïcs: Hugues Malveil; Guerrise fils d’Hébert; Robert de Dolmont; le serf de Geoffroy de Beaumont, Rainaud; Guillaume Roux de Chuisnes; et de nombreux autres.
     Hoc ipsum donum concesserunt Gaulterius de Alneio et uxor eius Milesendis predictę Hersendis filia, sororque prefati Harduini aput* Carnotum, testibus istis: Iuone filio Herberti, [35] Rotberto Flagello, Guarino de Baillole, Hugone de Tracheto, Gaulterio de Sancto Germano, Harduino de Adonis Villa, Arnulfo fratre Gaulterii de Alneio.

     * sic.
     (15) Cette même donation a été autorisée par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent fille d’Hersent, sœur du susdit Hardouin, à Chartres, en présence de ces témoins: Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.
 
NOTICE C
(deuxième partie du premier parchemin)

     Cette notice a été portée sur la partie du premier parchemin qui restait vierge, mais par une autre main que la première et dans une écriture caractéristique du XIIe siècle.

     [25] Nouerint nostri presentes et posteri sancti Martini monachi quod Rainaldus Tetulfi filius quandam terram que Lomlu [26] uocatur sancto Martino tribuit* tota ex integro et quicquid in ea habebat, concedente Petro fratre eius et matre eius que Ermentrudis dicitur, ac conce[27]dentibus sororibus eis, Arenburge scilicet et Roscelina atque Ascelina. Testes huius donationis sunt isti: Albericus presbiter, [28] Guido Serlonis filius, Arraldus de Dordano, Hungerius de Villa Illa, Milo Bosonis filius, Albertus Vaslinus, Gualterius faber, Raherius molen[29]dinarius, Rodbertus Grimaldi filius, Albertus Burchardi filius.
     Huius donationis gratia nostri, monachi, id est domnus Teudo qui Caput de Ferro dicitur [30] ac domnus Constabilis Rainaldo et matri eius ac sororibus certisque parentibus XXti Vque solidos denariorum dederunt
**, Petro autem fratri germano Vque, [31] Falconi autem unam spatam et Majoris Monasterii beneficium. Quod uidit et audiuit Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius, Rainaldus de [32] Testiariis, Herueus armiger. Ex parte monachorum adfuerunt isti: Tamueius presbiter, Guauterius de Anglica Terra famulus, de Venti[33]laio, Constancius famulus et Guauterius de Veruilla famulus.

     * Le scribe a  oublié: sancto Martino tribuit, et l’a lui-même ajouté au dessus de la ligne.
     ** Il a aussi ajouté: dederunt au dessus de la ligne.
     (16) Que tous les moines de saint Martin, présents aussi bien qu’à venir, sachent que Rainaud fils de Thiou a offert à saint Martin une certaine terre qui s’appelle Lomlu, dans son entier, indivise, et tout ce qu’il y possédait, avec l’autorisation de son frère Pierre et de sa mère qui s’appelle Ermentrut, ainsi qu’avec l’autorisation de ses sœurs, à savoir Arembour et Rosceline ainsi qu’Asceline. Les témoins de cette donation sont les suivants: le prêtre Aubry; Guy fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.

     (17) A cause de cette donation, nos moines, à savoir monsieur Thion, surnommé Chef-de-Fer, et monsieur Costable ont donné à Rainaud et à sa mère, ainsi qu’à ses sœurs et à certains parents: vingt-cinq sous; à son frère de père et de mère Pierre: cinq sous; à Faucon, une épée et une place à Marmoutier. Cela a été vu et entendu de: Arnoux d’Aunay; son frère Garin; Rainaud des Têtières; l’écuyer Hervé. Du côté des moines, y ont assisté: le prêtre Tamoué; le serf Gautier d’Angleterre,
le serf Constance de Ventelay*, et le serf de Vierville Gautier.

     * De Ventelay se rapporte à ce qui suit et non à ce qui précèce, comme nous l’apprend une autre charte du prieuré de Bréthencourt (ici donnée en Annexe 6e). On constate une autre inversion du toponyme éponyme en B 31.
 
NOTICE D
(troisième partie du premier parchemin)

     Notificamus successoribus nostris quod Godefredus de Aqua filius Felicie [34] et Gila uxor eius dederunt sancto Martino Maioris Monasterii et monachis eius terram ad unam carrucam et tres hosticias in uilla quę Veruilla [35] dicitur et totum scilicet quicquid in ea possidebat pro salute animarum suarum et suorum antecessorum. Dederunt tamen monachi eis in caritate so[36]lidos XXXta Vque Stanpensis monetæ. Huic donationi affuerunt plures ex parte monachorum et ex parte illorum. Ex parte illorum fuerunt [37] hii: Rotbertus medicus de Stampis, Amalricus Rufus, Harduinus clericus, Guarinus quidam famulus eorum. Ex parte monachorum fuerunt hii: Tamueius presbiter [38] de Stonno, Adelardus de Bertoldicuria et Rodbertus eiusdem Adelardi socius. Monachus qui hoc donum recepit et ceteris fratribus Maioris Monasterii detulit, [39] domnus Teudo Caput Ferri fuit. Sciendum uero est quod isdem* Teudo eis beneficium Maioris Monasterii tribuit, ea scilicet conuentione ut si [40] aliquo tempore ad monasterium pergerent ab abbate et ceteris fratribus omnibus reciperent.

     *Lisez: idem.
     (18) Nous faisons savoir à nos successeurs que Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et son épouse Gile ont donné à saint Martin de Marmoutier et à ses moines une terre d’une charrue et trois tenures au village qui s’appelle Vierville, ainsi que tout ce qu’il y possédait, pour le salut de leur âmes et de celles de leurs prédécesseurs. Les moines leur ont cependant donné par charité 35 sous en monnaie d’Étampes.

     A cette donation ont assisté bon nombre de personnes du côté des moines et de leur côté. De leur côté il y a eu ceux-ci: le médecin d’Étampes Robert; Amaury Roux; le clerc Hardouin; un certain Garin leur serf. Du côté des moines il y a eu ceux-ci: le prêtre de Léthuin Tamoué; Allard de Bréthencout; et Robert compagnon du dit Allard. Le moine qui a reçu ce don et l’a fait connaître aux autres frères de Marmoutier a été monsieur Thion Chef-de-Fer. Il faut savoir que le dit Thion leur a accordé une place à Marmoutier, à savoir qu’il a été convenu que si un jour ils veulent gagner le monastère, ils aient gain de cause auprès de l’abbé et des autres moines.

   
Laboureur anglosaxon (calendrier, 2e quart du XIe siècle)
SOMMAIRE

Introduction

Résumé
     A. Pays d’Étampes sous influence chartraine.
     B. Les familles des donateurs principaux, Gautier et Milsent.
     
C. La pyramide féodale.
     
D. Les exploitants réels.
     
E. Installation de nouveaux serfs.
     F. Résumé des 18 transactions.
     
G. Date précise de nos transactions.
Texte
NOTICE A
NOTICE B
NOTICE C
NOTICE D
Annexe 1
Répertoire analytique des lieux cités par nos dix-huit notices (49 entrées).
Annexe 2
Répertoire analytique des personnes et familles citées par nos dix-huit notices (199 entrées).
Annexe 3
Répertoire du vocabulaire concernant les Statuts des personnes et des biens dans nos dix-huit-notices.
Annexe 4
Édition et traduction partielle de ces notices par Édouard Lefèvre (1867)
Annexe 5
Analyse archivistique de ces notices par Merlet (1897)
Annexe 6
Dossier sur la famille Chef-de-Fer (8 documents)
Annexe 7
Dossier sur la famille d’Aunay (29 documents)
     7a. Gautier I d’Aunay se porte caution pour un jardin (vers 1068).
     7b. Gautier I d’Aunay et ses fils consentent à une donation près de Boisville (avant 1079).
     7c. Gautier I d’Aunay renonce à l’église d’Épeautrolles (entre 1079 et 1082).
     7d. Gautier I et Gautier II d’Aunay consentent à une donation à Abonville (avant 1079).
     
7e. Gautier I et Rainaud d’Aunay témoins d’un affranchissement (entre 1079 et 1082).
     7f.
Raynaud d’Aunay témoin à Quémonville (Boisville-la-Saint-Père) (entre 1079 et 1101).
     7g. Donation de voiries en Beauce autorisée par Gounier d’Aunay (7 mars 1082).
     7h. Autorisation par Gounier d’Aunay d’une vente de voiries en Beauce (1082 ou peu après).
     7i. Gauthier II d’Aunay témoin pour Hugues Blavons en 1096 (1096).
     7j. Décès de Gautier II d’Aunay, de son épouse Milsent Chef-de-Fer et de belle-mère Hersent (dates incertaines).
     7j2. Mentions d’un Gautier d’Aunay témoin, de son épouse Milsent Chef-de-Fer et de belle-mère Hersent (avant 1112-vers1114).
     7j3. Un Gautier d’Aunay non identifié témoin trente ans plus tard (vers 1128).
     7k. Gounier de Saint-Avit donne une terre à Raville près Dreux (entre 1100 et 1120).
     7l. Gounier d’Aunay gouverneur de Bayeux en 1105 (témoignage d’Orderic Vital).
     7m. Garin d’Aunay témoin d’une donation d’Helsent (1108 ou 1109).
     7n. Gounier d’Aunay renonce à la dîme de Gouillons (1108 ou 1109).
     7o. Gounier d’Aunay renonce à la dîme de Thivars (après 1115).
     7p. Restitution d’une terre par Garin d’Aunay aux moines de Saint-Père (non datée).
 
   7q. Gounier d’Aunay témoin d’une charte du comte Thibaud (vers 1128).
     7r. Donation de Garin d’Aunay sur son lit de mort (après 1130).
     7s.
Gounier témoin de plusieurs actes du Cartulaire de Bonneval (de 1118 à 1141).
     7t. Gounier témoin d’un consentement de Geoffroy IV de Châteaudun (1140).
     7u.
Gounier d’Aunay autorise une donation à Unverre (vers 1146).
     7v. Mention d’Obert d’Aunay dit Payen Torcul, fils de Garin (avant 1151).
     7w. Répertoire un peu vieilli des membres de la famille d’Aunay donnée par Lépinois (1854).
Annexe 8
Dossier sur Hugues de Gallardon, sire d’Auneau
Bibliographie Éléments de bibliographie
   
ANNEXE 1
RÉPERTOIRE DES LIEUX CITÉS
Notes de toponymie

Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)

de Ableis (B 19, 20): Ablis
     Le contexte ne permet pas de préciser le genre de ce toponyme, qui paraît ici à l’ablatif pluriel. En 1218, une charte du Cartulaire de l’abbaye du Porrois (n°53) porte le féminin (apud Abluyas), qui permettrait de supposer ici un nominatif *Ableae ou *Ableiae. Cependant il faut sans doute reconnaître ici une forme indéclinable. Dans le
Cartulaire des Vaux-de-Cernay, on trouve ultérieurement trois formes indéclinables concurrentes, Abluies vers 1168 (n°XXXI, p. 49), en 1207 (n°CXLV, p. 160), 1227 (n°CCLXXV, p.261), 1240 (n°CCCXCIX, p. 366), 1241 (n°CCCCIV, p. 370), 1243 (ibid. n°CCCCXVII, p. 383), Abluis en 1239 (n°CCCXCVI, t. I, p. 363), 1241 (n°CCCCIX, p. 375), 1246 (n°CCCCXLIV, p. 405), 1300 (n°DCCCCXC, p. 980), 1321 (n°MXLIV, t. II, p. 62), et Ablues en 1227 (n°CCLXXV, p. 261). Ultérieurement on trouvera aussi de Ablusiis, pour qualifier Geoffroy d’Ablis (célèbre inquisiteur mort à Lyon entre 1316 et 1319). On a avancé une étymologie fondée sur un anthroponyme romain Apilius, hypothèse assez gratuite, et qui, outre un très difficile passage du p ou b, expliquerait mal pourquoi le mot semble toujours avoir été perçu comme pluriel.
Amalricus Rufus de Ableis      Aujourd’hui commune du canton Saint-Arnoult-en-Yvelines,  arrondissement de Rambouillet (Yvelines).
     
Lieu éponyme d’Amaury Roux d’Ablis (Amalricus Rufus de Ableis), qui paraît cependant résider à Étampes (transactions 8 et 9).
Adunuilla (B 27), Adonis Villa (B 35): Adonville
     Voici la seule graphie ancienne que donne Merlet dans son Dictionnaire topographique du département d’Eure-et-Loir de 1861 (pp. 1-2): Adunvilla (1202, charte de l’abbaye de Belhomert).
     A titre de comparaison, notons plusieurs graphies anciennes données pour le toponyme lorrain Haudonville (Henri Lepage, «Dictionnaire géographique de la Meurthe», in Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, 2e série, III, 1860, p. 129): Haidonvilla (1156, 1164), Haidunvilla (1182), Hadunvilla et Haydunville (1186), Adonvilla (1195), Haldonville (1393), Hadonville (1414), Hauldonville (1433).
     Aujourd’hui hameau de la commune de Denonville (
canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir). Merlet (ibid.) note que le fief d’Adonville relevait du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
     
Lieu éponyme de trois nobliaux mentionnés par la notice B. Il est d’abord question d’un Robert d’Adonville et son frère Alleaume (B 27), témoin à Auneau d’une concession d’Hugues de Gallardon (transaction 11), puis d’un Hardouin d’Adonville, témoin à Chartres d’une concession de Gautier d’Aunay (transaction 15): tous trois paraissent des nobles voire des chevaliers.
Alneellum (B 24, 26): Auneau
Donjon d'Auneau élévé par Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100      Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.6): Auneellum (1111, charte de l’abbaye de Bonneval); Alnetellum, 1130 (id.); Alneolum (cartulaire des Vaux-de-Cernay, p. 48); Alneelum, 1172 (charte de l’abbaye de Josaphat); Auneel (1279, charte de l’abbaye de l’Eau); Aulnel (1469, registre des contrats du chapitre de Chartres); Aulneau (1565, terrier de Reboulin); Saint-Remy d’Auneau (1736, pouillé).
     Actuellement chef-lieu de canton et de la communauté de communes de la Beauce alnéloise (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir). Alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Bonneval. Merlet (ibid.) note qu’Auneau était d’une part une baronnie vassale du duché de Chartres et ressortissant pour la justice au bailliage de Chartres; il ajoute d’autre part que c’était chef-lieu d’un doyenné dépendant de l’archidiaconé de Chartres et comprenant les paroisses d’Auneau, Aunay-sous-Auneau, Béville-le-Comte, la Chapelle-d’Aunainville, Denonville, Francourville, Gellainville, Gouillons, Houville, Léthuin, Levesville-la-Chenard, Louville-la-Chenard, Maisons, Mondonville-Saint-Jean, Moutiers-en-Beauce, Oinville-sous-Auneau, Ouarville, Prasville, Prunay-le-Gillon, Roinville-sous-Auneau, Saint-Germain-la-Gâtine, Sours et Villeau.
     C’est chez les moines d’Auneau, en présence du prévôt (prepositus) d’Auneau, Marin, qu’a lieu la concession d’Hugues de Gallardon (transaction 11).
     De fait Hugues de Gallardon était alors seigneur d’Auneau, seigneurie qu’il tenait de sa mère, fille du seigneur de Rochefort.

Alnetum (A titre, 1, 14; B 31), Alneium (D titre, 1, 6, 11, 24, 25, 28, 33, 34): Aunay-sous-Crécy, et non Aunay-sous-Auneau
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet pour Aunay-sous-Crécy: Alnetum (vers 1080), Alaretum (sic selon Merlet, 1110, charte de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée), Altum et Covetum (vers 1250, pouillé), Alnetum-juxta-Covetum (1310, charte de l’abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois), Saint-Martin d’Aunay-sous-Couvé (1736, pouillé). Notons aussi, pour mémoire, celles qu’il donne pour Aunay-sous-Auneau (p.6): Aunetum (1118, charte de l’abbaye de l’Ouïe); Alnetum (1389, id.); Alnetum-sub-Alneolo (1432, charte de l’abbaye de Josaphat); Saint-Éloy d’Aunay-sous-Auneau (1736, pouillé).
     Il ne s’agit pas d’Aunay-sous-Auneau, comme l’ont cru Lefèvre et Depoin, commune du canton d’Auneau dans l’arrondissement de Chartres (qui était un fief vassal du duché de Chartres et ressortissant pour la justice au bailliage de Chartres), mais d’Aunay-sous-Crécy, commune du canton de Dreux.
     
1) Gautier, époux de Milsent et gendre de Thion Chef-de-Fer, en tire son nom dans les notice A et B. Il est accompagné une fois de son frère Arnoux (transaction 15).
     2) Dans la notice C, sans doute postérieure à sa mort, c’est son frère Arnoux qui est titré d’Aunay (transaction 17), accompagné cette fois de son frère Garin.
     3) La notice B cite aussi un Rainaud d’Aunay (transaction 12), qu’il faut identifier à Rainaud des Têtières, cité juste après Arnoux et Garin (transaction 17).
     Le recoupement des données présentées par un certain nombre de documents du temps permet d’affirmer qu’un certain noble, originaire d’Aulnay-sous-Crécy et possessionné depuis Dreux jusqu’au pays Dunois, eut deux fils, Gautier I d’Aunay et Rainaud d’Aunay dit aussi des Têtières. Gautier I a eu lui même six fils: Gounier titré tantôt d’Aunay, tantôt de Molitard et tantôt de Saint-Avit; Jocelyn; Gautier II d’Aunay; Arnoux; et Garin surnommé Torcul.
     Cette famille est clairement possessionnée depuis le secteur de Dreux jusqu’au pays dunois
.
Anglica Terra (B 32): Angleterre
     S’agit-il de l’Angleterre, conquise en 1066 par le duc de Normandie Guillaume, ou bien d’un lieu-dit Angleterre, comme il en
existe bien par exemple dans la commune d’Andeville (canton de Méru, arrondissement de Beauvais, Oise)? Ce surnom semble avoir été porté par des personnes de condition modeste. C’est ainsi par exemple qu’un Guillaume d’Angleterre, de statut incertain, est cité entre des cuisiniers et un tailleur comme témoin d’une transaction des moines de Marmoutiers en 1072, en Vendômois (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°XLIX, p. 49.)
     Ce nom d’Angleterre donne son nom à un serf des moines de Marmoutier, Guauterius de Anglica Terra, témoin quelque part entre Aunay et Vierville des contredons des moines à la parentèle de Rainaud fils de Thiou après la donation de la terre de Lomlu (transaction 17).
     (a) Ce serf nous est aussi connu, Gaulterius de Anglica Terra
, par une charte du prieuré de Bréthencourt d’environ 1080, dont nous donnons le texte en Annexe 6e.
     (b) Un autre (?) Gautier d’Angleterre, Gaulterius de Anglia, de statut incertain, est témoin, apparemment à Marmoutier même, d’une transaction relative à la terre de Bezai, en Vendômois, sous l’abbé Bernard soit entre 1081 et 1099 (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°CLXXXI, p. 259.
Aqua (D 33): l’Eau ou L’Ève ou Lèves, lieu-dit non identifié
     Il existe un lieu dit l’Eau près de Chartres (actuellement Eau-lès-Chartres, hameau de la commune de Ver-lès-Chartres), mais cette dénomination n’est attestée par Merlet (p.62) qu’à partir du XIIIe siècle, lors de la fondation en ce lieu d’une abbaye féminine cistercienne par Isabelle, comtesse de Chartres): Pentoison (1226, Cartulaire de l’Eau, p.9); Panthoison (1229, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée, p. 686); Pantoison (1229, charte de l’abbaye de l’Eau); Aqua-prope-Carnotum (1230, id.); Pontoison (1259, id.); l’abeie de l’Iau-de-lez-Chartres (1279, id.).
     Il faut par ailleurs remarquer que le latin aqua peut représenter un toponyme en ancien français L’Ève ou Lève (car eau se dit alors ève, d’où le mot actuel évier), qui pourrait constituer une latinisation curieuse mais possible du lieu-dit chartrain de Lèves, et ce d’autant que le prénom Geoffroy est bien attesté à cette époque dans la famille de Lèves, par Geoffroy de Lèves, seigneur du Tartre-Gaudran, chanoine de Notre-Dame de Chartres, qui sera évêque de Chartres de 1116 à 1149.

     Ce lieu dit donne son nom à un certain Geoffroy de Aqua fils de Félicie, époux d’une certaine Gile (Godefredus de Aqua filius Felicie et Gila uxor eius), qui possède des biens à Vierville et les donne, à Étampes (transaction 18).
     (a) Ce lieu-dit, où qu’il se trouve, donne apparemment son nom à une famille clairement installée à Étampes
, car nous trouvons comme témoin  d’une charte purement étampoise de 1082 un certain Thibaud de l’Eau, Tetbaudus de Aqua (éd. Prou, p. 276, l. 8, seule occurence du toponyme dans toutes les chartres de ce monarque).      (b) Ce Thibaud est probablement le père de notre Geoffroy, la notice D datant vraisemblablement du début du XIIe siècle.
     (c) Il faut noter cependant la présence d’un chevalier apparemment chartrain Roger de Aqua à Courville en mars 1094, dans la liste de témoins suivante:
Philippa; son fils Yves; Nivelon, Garin de Friaize, Hardouin Chef-de-Fer; Thibaud fils de Suger; Fron fils de Themier; son fils Yves; Yves fils d’Hébert; Roger de l’Eau (Rogerius de Aqua), monseigneur l’évêque, etc (Nous éditons ce texte en Annexe 6g).
Baillolis (B 35): Bailleau
     Il existe trois Bailleau en Eure-et-Loir, tous trois dans l’arrondissement de Chartres: 1) Bailleau-le-Pin (canton d’Illiers-Combray, arrondissement de Chartres), pour lequel Merlet donne: Baliolus (vers 977, cart. de Saint-Père), Bauliolum (vers 1165, cart. du Grand-Beaulieu), Balliolum de Pinu (1215, ch. du chapitre de Chartres), Balliolum-Pinus (1221, ibid.), Balliolum-Pini (1270, ibid.), Balliolum-Spini (vers 1250, pouillé), Baillotum-Pini (1626, pouillé), Saint-Chéron de Bailleau-le-Pin (1736, pouillé); 2) Bailleau-l’Évêque (canton de Mainvilliers) pour lequel Merlet donne: Baliolum (vers 977), Baliolis-villa (vers 1080, cart de Saint-Père), Bajulolium (vers 1123 (cart. de Josaphat), Balliacum (1148, charte du chapitre de Chartres), Ballolium domini episcopi (1224, id.), Saint-Étienne de Bailleau-l’Evesque (1736, pouillé), Bailleau-les-Bois (1793); et enfin 3) Bailleau-Armenonville, dit aussi tout simplement Bailleau (canton de Maintenon, arrondissement de Chartres), pour lequel Merlet donne: Baillolium (vers 1250, pouillé), Balliolum-sub-Galardone (1626, pouillé), Saint-Martin de Bailleau-sous-Gallardon (1736, pouillé).
     Il doit s’agir de Bailleau-le-Pin
tout proche de Saint-Avit-les-Guespières, dans le même canton d’Illiers-Combray, et sur la route de cette ville à Chartres.
     Cette localité donne son nom à un certain Garin (Guarinus de Baillole), témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
Bardul Villa (A 19), Balduluilla (B 9), Bauduluilla (D 13): Baudreville
     Ces trois anciennes graphies alternatives du toponyme de Baudreville sont intéressantes, car elles illustrent bien à quel point il faut se méfier des apparences en matière de toponymie. En effet, on serait tenté en première analyse de faire remonter Baudreville à un hypothéthique *Baldrici Villa, «domaine de Baudry» (comme dans le cas du Beaudrevilliers du Loiret, dans la commune de Bondaroy, qui s’écrit dans les chartes de Philippe Ier: Baldrivillare, Baldrevillare et Baldricivillare). Il existe aussi Baudreville dans le département de la Manche, et un autre, lieu-dit de la commune d’Erceville dans le Loiret: mais ils n’ont pas forcément la même origine étymologique, comme on va le voir.
     Les trois graphies divergentes de notre notice sont en effet d’accord pour attester qu’au XIe siècle le R de Baudreville était encore un L, ce qui ne peut s’accommoder d’une telle origine.
      La troisième graphie trahit la véritable prononciation de
la première syllabe au XIe siècle, qui est déjà la nôtre, bau-. On prononçait quelque chose comme *Baudoulville. La deuxième est une rétroversion mécanique de Bau- en Bal- (par analogie, cf. Baudouin, Balduinus). La troisième est la plus intelligente. L’auteur essaie de reconstituer l’anthroponyme qui est à la base du toponyme, et il s’inspire avec raison de la forme Bardoul, qui était illustrée encore de son temps par le fameux Hugues Bardoul.
     Baudreville était donc au départ le domaine (villa) d’un certain Bardulf, sous la forme Bardoul. *Bardoulville
a d’abord donné par assimilation *Baldoulville, d’où *Baudoulville au XIe siècle; ultérieurement, par rhotacisme, *Baudourville, et pour finir, par métathèse, Baudreville.
     Les anciennes graphies de ce toponyme données par Merlet (p.10) confirment ces conjectures faites avant d’avoir pu le consulter:
Baudorvilla (v. 1250, pouillé), Bauldrouville (1542, terrier de Reboulin); Baudreville (1626, pouillé); Saint-Fiacre de Baudreville (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de Janville (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Lieu éponyme d’un certain
Geoffroy de Baudreville, témoin deux fois à Étampes, la première d’une donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3), la deuxième fois d’une concession de Guillaume fils de Bernoal d’Étampes (transaction 6).
Bellus Mons (B 34): Beaumont (hameau de Chuisnes)
     Il s’agit d’un toponyme assez courant. Il  était par exemple représenté à l’époque de Philippe Ier à Beaumont-sur-Oise, siège d’un comté. Notre lieu-dit est ici mentionné parce qu’un des témoins est le serf ou domestique d’un certain Geoffroy de Beaumont (Rainaldus famulus Gaufredis de Bello Monte). Or précisément nous trouvons la signature de Geoffroy comte de Beaumont, $ Gaufredi comitis Bellimontis dans une charte de Philippe Ier donnée à Paris le 27 mai 1067, mais que Prou considère comme un faux d’époque composé entre 1071 et 1073 (p. 90, l. 37). C’est une fausse piste.On trouve en effet plusieurs Beaumont dans notre secteur: un Beaumont à Chalo-Saint-Mars (canton et arrondissement d’Étampes, Essonne), un autre à Valpuiseaux  (canton et arrondissement d’Étampes, Essonne). En Eure-et-Loir le Dictionnaire topographique de Marlet, page 12, ne signale pas moins de cinq Beaumont. Mais l’un d’eux s’impose absolument.
     C’est un hameau de la commune de Chuisnes, où témoigne précisément notre Rainaud. Il est cité en 1300 par le Polyptique de Chartres sous le nom de Bellus Mons, et en 1346 par une charte du chapitre de Chartres sous le nom de Beaumont-soubz-Courbeville; Le bois de Beaumont est mentionné en 1527 par une charte du chapitre de Chartres.

     Aujourd’hui hameau de la commune de Chuisnes (
canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Ce lieu donne son nom à un certain Geoffroy, dont le serf Rainaud est témoin, à Chuisnes, de la donation par Hersent et Hardouin, ex-épouse et fils de Thion, de quatre familles de colliberts en provenance de Denonville (transaction 14).

     (a) Nous possédons une charte de ce prieuré faisant état d’une donation de Hardouin Chef-de-Fer, où apparaît pour témoin le même Geoffroy de Beaumont, cette fois en personne.
Bertolcuria (B 17), Bertoucuriam (B 21), Bertoldicuria (D 38): Bréthencourt
     Les scribes de nos notices, et d’autres, semblent penser qu’il s’agissait au départ d’un anthroponyme masculin, Bertold-Berthoud, comme le marque très nettement la troisième graphie. Un autre copiste, vers la même époque, écrit pareillement: Bertolcor (Archives départementales d’Eure-et-Loir, H. 2261). On pourrait donc croire en première analyse à l’exactitude de cette rétroversion supposant une étymologie «Cour de Berthold», de même que dans le secteur Berthouvilliers, hameau de la commune de Neuvy-en-Beauce au canton de Janville, représente un «Villier de Berthold» et Baudreville, au même canton de Janville, un «Domaine de Bardoul».
     Cependant
une charte des environs de 1080, rédigée à Bréthencourt même en présence de la dame du lieu, écrit, bien différemment, Bertildis Curia (charte éditée ici en Annexe 6e): il s’agit donc plutôt d’un anthroponyme féminin, Berthilde, Berthaut (cf. Brunehilde-Brunehaut, Richilde-Richaut, Mathilde-Mahaut, etc.), puis, par métathèse, Brétaud. Une autre charte encore datée d’environ 1110, porte également Bertildis Curia (Archives d’Eure-et-Loir, H 2256)
     Autres preuves d’une prononciation vernaculaire en -haut, le Cartulaire de Saint-Père de Chartres interprète cette terminaison comme un diminutif masculin en -ellus, et écrit, dans un acte daté précisément de 1137, Bretelli Curia; et une autre charte du prieuré de Bréthencourt en date de 1176 porte de Bertotcurte (
Archives d’Eure-et-Loir, H 2256).
     Quant à la transition de *Brétaucourt à l’actuel Bréthencourt, elle ne présente pas la moindre difficulté. Nous constatons déjà dans nos notices déjà un flottement entre les son -an- et -au-, dans le cas de l’anthroponyme Ansoué écrit d’abort Ausoué (
A 24: Ausueus de Mereruilla, B 16: Anseus de Merer Villa; B 28: Ansue de Merervilla). Cette confusion existe d’ailleurs encore de nos jours à Étampes, où j’ai lu début juin 2008, dans la copie d’une collégienne, enrevoir pour au revoir.
     C’est un exemple intéressant des erreurs que pouvaient commettre les scribes du XIe siècle dans leur compréhension des toponymes dont ils percevaient nettement le fonctionnement étymologique sans pour autant être à l’abri d’erreur de détail.

     Aujourd’hui lieu-dit de la commune de Saint-Martin-de-Bréthencourt canton de Saint-Arnoult-en-Yvelines, arrondissement de Rambouillet, Yvelines), alors siège d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.
     1) La notice B précise que deux donateurs, Godéchal et Amaury Roux d’Ablis, continueront à percevoir le champart de Vierville au lieu qui leur agréera, soit à Méréville pour l’un, et à Étampes pour l’autre, où ils résident respectivement, ou bien à Bréthencourt, où se trouve sans doute le grenier des moines de Marmoutier pour le secteur (transaction 8 et transaction 9).
     2) La notice C mentionne par ailleurs pour témoins un Allard de Bréthencout et Robert compagnon du dit Allard (transaction 18).

     (a) Une charte conservée aux Archives d’Eure-et-Loir, H.2261, datée par l’inventaire également de 1090 environ, et donnée plus bas en Annexe 6e, mentionne comme prieur de ce lieu un certain Geoffroy (Godefredus de Balae, prior de Bertolcor), en présence de Thion Chef-de-Fer déjà moine.
Boesuilla (grangia Boesuillę) (D 23): Boisville-la-Saint-Père
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.23): Bodasivilla (vers 954, Cartulaire de Saint-Père-en-Vallée); Boesvilla (vers 1090: c’est notre occurrence, et la date est celle qui est supposé par l’inventaire des Archives d’Eure-et-Loir), Boasi Villa (vers 1100, Cartulaire de Saint-Père-en-Vallée), Boeinvilla (vers 1250, pouillé), Boivilla (1252, charte du chapitre de Chartres), Besvilla (1270, charte de l’abbaye de Bonneval), Boevilla-Sancti-Petri (1272, charte du chapitre de Chartres), Boyville-la-Saint-Père (1366, registre des contrats du chapitre de Chartres), Boivilla-in-Belsia (1626, pouillé), Saint-Laurent de Boisville-la-Saint-Père (1736, pouillé).
     Aujourd’hui commune du canton de Voves (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir), alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée. Merlet note que le fief de Boisville-la-Saint-Père ressortissait pour la justice à Janville.
     C’est dans la grande de Boisville que l’Étampois Payen fils d’Anseau, représenté par Anseau fils d’Arembert, a autorisé les donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury, en présence notamment d’Hugues Ier du Puiset dit Blavons, d’Hugues vicomte de Châteaudun et de son beau-frère Nivelon fils de Foucher de Fréteval (transaction 10).
     (a) La famille d’Aunay semble avoir été possessionnée à Boisville, car une notice du Cartulaire de Saint-Père (dont nous donnons le texte en Annexe 7b) nous montre Gautier I d’Aunay consentir à la donation de la voirie d’Honville par son vassal Gautier fils de Fléaud, et une autre son frère Rainaud d’Aunay témoin à Quémonville (Annexe 7f).

     (b) Nous savons entre autres par une charte de Philippa de Courville en date de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, tome II, pp. 499-500, texte donné ici en Annexe 6g) qu’Hardouin Chef-de-Fer comme Garin de Friaize étaient vassaux (fideles feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus) Nivelon de Fréteval.
     (c) L’absence  lors de la cérémonie de la grange de Boisville du chaînon féodal intermédiaire entre la famille Chef-de-Fer et le sire de Fréteval, c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius), s’explique sans doute par le fait que c’est alors sa veuve Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom de leur fils Yves.

Britto (B 27): Breton ou plutôt Berthon
     Breton, en latin Britto ou Brito, est un anthroponyme assez bien représenté dans le secteur à cette époque en temps que patronyme. C’est sans doute en fait une variante par métathèse et par analogie de l’anthroponyme Berthon, de même que Berthaucourt est déjà devenu alors Bréthaucourt (Bréthencourt), et que surtout, dans le secteur, Berthoni Villare (Cartulaire de Saint-Père, p. 53) est devenu Bretonvilliers, lieu-dit d’Aunay-sous-Auneau (aussi représenté à Maisse en Essonne, où la même étymologie est la plus vraisemblable). 
Carnotum (aput) (B 34), Carnotis (A titre; B titre), Carnotensibus arpennis (B 2), Carnotensis monetę (solidos) (B 18), Carnotensis (Harduinus prepositus Carnotensis) (B 33): à Chartres, arpents chartrains, monnaie chartraine, Hardouin prévôt de Chartres
     Le toponyme se décline (B 34); dans le titre Carnotis il faut sans doute voir la forme indéclinable du toponyme (comme souvent à cette date pour Étampes, Stampis).
     
Chartres (préfecture de l’Eure-et-Loir) est le siège du diocèse dont relève Vierville (A titre, B titre) et bien que ce village appartienne depuis toujours au pays d’Étampes, il se trouve clairement dans une zone frontière.
     Les moines de Chuisnes y comptent les surfaces en arpents chartrains (B2, transaction 1) et payent un noble de Méréville, Godechal, en sous chartrains (B 18, transaction 8). Le don à Chuisnes par l’ex-épouse de Thion, Hersent, et par leur fils Hardouin, de quatre familles de serfs en provenance de Denonville se fait en présence du prévôt de Saint-Martin de Chartres, Hardouin (B 33, transaction 14), et l’autorisation donnée à cette donation par Milsent et son mari Gautier d’Aunay est enregistrée à Chartres (B 34, transaction 15).

Castellidunum (B 24): Châteaudun
     La possession de certain biens à Châteaudun est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190:  le prieuré de Châteaudun avec la chapelle dans laquelle demeurent les moines et avec l’église Saint-Jean de la Chaîne (prioratum Castridunense, cum capella in qua manent monachi et cum parrochiali ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
     Chef-lieu d’arrondissement de l’Eure-et-Loir.
     Le vicomte de Châteaudun Hugues (avec son beau-frère
Nivelon fils de Foucher de Fréteval) est témoin de l’autorisation donnée par l’Étampois Payen fils d’Anseau fils d’Arembert aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10). C’est sans doute qu’il est alors avec eux à la cour de d’Hugues Ier du Puiset, dit Blavons (qui n’est pas mort avant 1096).
Cimitherium (B 4); Cimiterium (B 23): Cimetière
     Rappelons que le mot de cimetière est d’origine purement chrétienne et qu’il signifie étymologiquement “
dortoir” (dans l’attente de la résurrection). Michel Lauwers a montré récemment que les cimetières, pendant une courte parenthèse constituée par les dixième et onzième siècle, sont curieusement devenus des lieux de vie et d’habitation. Nos notices confirment pleinement cette vue.
Fouilles place Romanet de juillet 2007 (cliché Jacques Corbel)      Il est question d’une part du cimetière de Vierville où Gautier d’Aunay et sa femme Milsent se réservent le droit d’édifier une ou deux maisons, et d’autre part d’un cimetière qui donne son nom à un certain Étampois, Robert du Cimetière
(Rotbertus de Cimiterio), sans qu’on sache de quel cimetière il s’agit. Il est cité juste avant un Baudry du Fossé (Baldricus de Fossato): ils sont témoins de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     Rappelons que les fouilles de l’été 2007 opérées par l’INRAP sous la direction de Xavier Peixoto ont mis à jour des sépultures du XIe siècle rue de la République devant l’Hôtel-Dieu jusqu’au portail de la collégiale Notre-Dame, et plus haut, près de Saint-Basile. Ci-contre un cliché de Jacques Corbel lors d’une fouille plus haut dans la rue de la République, au niveau de la place Romanet, derrière Saint-Basile, où été mis à jour une trentaine de squelettes.
     Voir: Michel LAUWERS [né en 1963], Naissance du cimetière: lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval [22 cm; 393 p.; bibliographie pp. 343-382; index], Paris, Aubier [«Collection historique»], 2005 [ISBN 2-7007-2251-5; 24€].
     Jacques CORBEL, “Le gisant de Saint-Basile”, in ID., Le Blog du Flâneur Étampois, http://flaneur-etampes.over-blog.com/article-6993248.html, 2007, en ligne en 2008.
Choina (A 11); Coina (B 11, 32a, 32b, 34): Chuisnes
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.49), les premières tirées de chartes du prieuré de Chuisnes: Vicus Choinensis (v. 1020); Choina (v. 1045); Cheoni (v. 1050); Chonia (1117); Chuenia (1239); Chuinia (1258); Chuene, Chuyne (1338); Chuisnes (1473); les autres tirées d’autres sources: Chenua (1215, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Chenia (cartulaire du Grand-Beaulieu, p.34), Chuesne (1384, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Saint-Martin de Chuisnes (1736, pouillé).
     Commune du canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir, alors siège d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Marmoutier, fondé vers 1080.
     
1) C’est à Chuisnes qu’Hardouin vient donner son autorisation à la donation de Vierville faite par sa sœur Milsent (A 11 = B 11, transaction 4).
      2) C’est encore à Chuisnes qu’il vient avec sa mère Hersent faire la donation de quatre familles de colliberts de Denonville (B 32, transaction 14).
Il y a en effet à Chuisnes un cloître (A 11 = B 11), dont le prieur s’appelle Thibaud (domno Tetbaldo priori Coinę), qui représente l’abbé de Marmoutier. Chuisnes donne aussi son nom à un témoin ce cette même transaction qui y réside, Guillaume Roux de Chuisnes (B 34).
     (a) En 1083 le prieur est un certain Thierry (témoin de la donation par Giroie de Courville de Saint-Nicolas de Courville à Marmoutier, AD28, H.3385, éditée dans le
Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°2, p. 2: Theoderic prior de Chonia).
     (b) Le 29 novembre 1119 c’est un certain Henri (accord entre les les moines de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier, Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°20, p. 14: S. Henrici Choiniae prioris).

Cramisiacum (A 10 = B 7): Crémisay
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.56): Cramisium (v. 1050, charte du prieuré de Vieuvicq); Cramisiacum (v. 1080, ibid.); Crémisy (1380, note d’Illiers).
     Hameau aujourd’hui disparu de Saint-Avit-les-Guespières.
     A ne pas confondre avec le moulin de Crémisay dans la paroisse de Villevillon, appelé Crimisium vers 1070 (Charte du prieuré de Vieuvicq ), Moulin de Crémisé en 1677 (Registres de Villevillon), Moulin de Crémisay en 1691 (Registres de Villevillon); ni avec Cramoisy, commune du canton de Montataire, arrondissement de Senlis, département de l’Oise (in territorio Vilcassino villam quae dicitur Cramisiacum au début du IXe siècle, Cramisiacus en 859, Villam Cramitiacum en 875, Guillelmus de Cramisiaco en 1007, apud Cramesy en 1136, Vuillelmum de Cramiseio en 1150, Cramoisi en 1177, 1358 et 1530, Cremoisi en la diocesse de Beauveiz en 1273, Johannes de Cramoysiaco en 1269, Cramoisy en 1349, 1480 et 1585, Kramoisi en 1363).
     Ce hameau donne son nom à certain chevalier, Thion de Crémisay (Theudone milite de Cramisiaco), qui se porte témoin de la donation de Vierville effectuée à Saint-Avit par Milsent selon le rite (transaction 2).
Dallei Mons (D 32): Dolmont
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.60), à qui celle-ci a échappé: Daullomons (1246, charte du chapitre de Chartres); Daulemont (1259, nécrologe du chapitre de Chartres); Dalemont (1274, charte du chapitre de Chartres); Domnont (1280, id.); Dalimons (1300, polyptique de Chartres); Dallimons (1351, registre des contrats du chapitre de Chartres); Dromont (1555, terrier des Sandarville). Merlet note que le fief de Dolmont était vassal du duché de Chartres.
     
Une autre graphie ancienne a échappé à Merlet, tant est déficient le précieux index que Guérard à donné dans son édition du Cartulaire de Saint-Père, ou bien lui a paru ne pas devoir être retenue, entre 1116 et 1124: Allemont (p.307: Radulfus de Allemont, corrigé dans le titre donné par le Cartulaire, p. 306, Radulfo de Dallemont).
     Dolmont, actuellement faubourg de Saint-Georges-sur-Eure (canton de Courville-sur-Eure, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Dolmont donne son nom à un certain
Robert de Dolmont, qui est témoin à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
Danonuilla (A 24), Danunuilla (B 10; 20, 23, 30), Danouilla (B 16), Danonisuilla (B 32): Denonville
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.59): Danunvilla (vers 1080, charte du prieuré de Bréthecourt); Danonis-Villa (1109, id.); Danonvilla (vers 1250, pouillé); Denonvilla-in-Belsia (1626, pouillé); Saint-Léger de Denonville (1736, pouillé). Merlet note que le fief de Denonville était vassal d’Étampes et y ressortait pour la justice. Il a relevé de fait ultérieurement, très clairement et sans contestation, du bailliage d’Étampes.
     Aujourd’hui commune du canton d’Auneau (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     (1) Denonville donne son nom à un certain Hébert de Denonville, dont le nom conclut quatre listes de témoins de quatre transactions différentes toutes passées à Étampes: 1°
celle d’Arnaud fils d’Aubrée, faite à Étampes (transaction 3); — 2° une première donation de Godéchal fils d’Ourly, sans doute à Méréville (transaction 7); — 3° une autre donation du même Godéchal, à Étampes (transaction 8); — 4° une donation d’Amaury Roux d’Ablis avec l’autorisation d’Aubert fils d’Anseau, à Étampes (transaction 9). Cette position systématique en fin de liste indique peut-être que de Hébert était le clerc de la famille Chef-de-Fer. Voyez en effet ce qui suit:
     (2) Denonville donne son nom également à un certain Raoul fils de Jocelyn de Denonville, témoin en même temps qu’un certain clerc Geoffroy (Radulfus Gauscelini filius de Danunuilla et Gaufredis clericus) du consentement donné à la donation de Godéchal par Anseau Robert fils de Béguin et sa mère Eudeline, apparemment dans le secteur de Méréville (transaction 14).
     (3) Enfin ce sont quatre familles de colliberts de Denonville qui sont données par Hersent et Hardouin, respectivement ex-épouse et fils de Thion Chef-de-Fer, à savoir Geoffroy avec ses filles et ses filles, qui sont données aux moines de Marmoutier par Hersent et son fils Hardouin Chef-de-Fer, apparemment pour coloniser des terres de Vierville (transaction 14).
     
Il est clair que les Chef-de-Fer étaient possessionnés à Denonville, mais semble-t-il seulement du fait d’Hersent, ex-épouse de Thion et mère d’Hardouin et de Milsent, car une charte de Chuisnes faisant état d’une donation d’Hardouin Chef-de-Fer le qualifie de chevalier du château de Courville (de l’autre côté de Chartres).
Dordanum (B 28): Dourdan
     Hippolyte Cocheris (qui malheureusement ne cite pas ses sources) donne
, dans son Dictionnaire des anciens noms de communes de Seine-et-Oise: Dortenco (monnaie mérovingienne), Dordinga (936), Dordingha (956), Dordeneus villa (936), Doringa (956), Drodinga villa (956), Dordingum (986), Dordinchum (1147), Dordentium (1120), Dourdain, Dordan (1174), Dordanum (1222), Dordam (1257), Durdactum (1514).
Arraldus de Dordano      Chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Étampes (Essonne).
     Dourdan donne son nom à un certain
Airaud de Dourdan (Arraldus de Dordano), témoin de la donation de Lomlu, vraisemblablement à Vierville même (transaction 16).     
Extolui (B 30); Stonnum (C 38): Léthuin
     Voici les graphies anciennes extrêmemement variées que donne Merlet (p.101-102) pour ce toponyme qui a donné du fil à retordre aux scribes qui voulaient lui donner une forme latine, et qui devait alors se prononcer quelque chose comme *L’Estoin. Les premières dans des chartes du prieuré de Léthuin: Leston (vers 1050); Stoniae (vers 1120); Stonium (1154); Lestonium (1209); Lestuem (1210); Lestolium (1215); Lestuen-in-Belsia, Lestoen (1230); Estolium (1231); Leustonium (1247) Lestun-en-Beaulce (1487); les autres ailleurs: Estonium (vers 1120, charte du prieuré d’Épernon); Lestem (vers 1250, pouillé); Lestunum (1365, registre des contrats du chapitre de Chartres); Lestuing (1466, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Scone (1653, carte de Sansom d’Abbeville); Saint-Germain et Saint-Protais de Lestuin (1736, pouillé). Il est clair que le L initial du toponyme a été le plus souvent ressenti par les clercs, à tort ou à raison, comme un article, et qu’il a donc été omis en latin. La possession de l’église de Léthuin (ecclesiam de Lestonio) est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190. Merlet note que le fief de Léthuin ressortissait pour la justice au bailliage d’Orléans.
     Actuellement commune du canton d’Auneau (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     C’était alors le siège d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.

     Les notices C et D mentionne comme premier témoin des moines pour deux transactions un certain prêtre Tamoué (Tamueius presbiter, transaction 16), la notice D précisant qu’il est prêtre de Léthuin (Tamueius presbiter de Stonno,
transaction 16).
     Léthuin donne aussi
son nom à un certain Gautier d’Extolui, témoin du côté des moines, et vraisemblablement moine lui-même, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury (transaction 13).
     
Une charte des environs de 1090 conservée aux archives départementales de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2406, que j’éditerai l’un de ces jours, mentionne le don par Baudry Tuault, Baldricus cognomento Tuellus, de huit arpents de terre à Léthuin, apud Leston.
     Une autre charte
des environs de 1120 conservée sous la même cote, que j’éditerai également l’un de ces jours, mentionne le don par Aubert fils d’Anseau, Albertus Anselli filius, de tout ce qu’il possédait à Noir-Épinay, quidquid in Nigro Spineto habebat in corpore ville et deforis juxta villam. Chartes citées ici, pour l’instant, d’après l’Inventaire-Sommaire de Merlet, p. 261.
     La possession de l’église de Léthuin est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237ecclesiam de Lestonio).
Fossatum (B 23, 28): le Fossé
     Il s’agit d’un secteur à Étampes.
     Ce Fossé d’Étampes donne son nom à Baudry du Fossé (B 23: Baldricus de Fossato), cité juste avant un Robert du Cimetière (Rotbertus de Cimiterio): ils sont témoins, témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
Friesia (D 25): Friaize
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.76): Friaxa (vers 1080, charte du prieuré de Chuisnes); Friase (vers 1150, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Friessa (vers 1160, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Friesia (1168, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Friasia (1171, id.); Friesa (1207, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Freisia (1223, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Frieze (1518, terrier de Landelles); Saint-Maurice de Friaize (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de la Loupe (arrondissement de Nogent-le-Rotrou, Eure-et-Loir).
     Friaize donne son nom à Garin de Friaize (
vassal d’Yves de II de Courville dont les sources conservées nous gardent des traces de 1079 à 1120) dont l’importance est marquée par le contexte puisque, quoi qu’en fin de liste, il est mis sur le même plan qu’Hugues Blavons du Puiset, Hugues vicomte de Châteaudun et Nivelon de Fréteval; il est témoin avec eux de l’autorisation donnée par l’Étampois Payen fils d’Anseau (en fait représenté par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10); il est alors avec eux à la cour de d’Hugues Ier du Puiset, qui n’est pas mort avant 1096.
     Nous savons entre autres par une charte de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, tome II, pp. 499-500, texte donné ici en Annexe 6g) que Garin de Friaize comme Hardouin Chef-de-Fer étaient vassaux (fideles feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus) Nivelon de Fréteval. L’absence  lors de la cérémonie de la grange de Boisville du chaînon féodal intermédiaire entre la famille Garin et le sire de Fréteval, c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius), s’explique sans doute par le fait que c’est alors (en 1094 du moins) sa veuve Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom de leur fils Yves cf. notre Annexe 6g).
Gualardo (B 25, 27): Gallardon
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.77): Galerdo (1024, charte du prieuré d’Épernon); Walardo (1028, charte de l’abbaye de Coulombs); Galardo (1094, charte de l’abbaye de Bonneval); Galardo (vers 1100, charte du prieuré d’Épernon); Galardum (vers 1130, cartulaire de Thiron); Gaillardon (plan de Châtillon); Saint-Pierre de Gallardon (1736, pouillé). Alors prieuré dépendant de l’abbaye de Bonneval. Merlet note que c’était le chef-lieu d’une seigneurie du chapitre de Chartres dont dépendaient les mairies de Gallardon, Bleury, Écrosnes et Germonval.
     Aujourd’hui commune du canton de Maintenon (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     
Gallardon donne son nom à Hugues de Gallardon, qui consent, dans la maison des moines d’Auneau, la donation de Vierville opérée par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11).
     Gallardon donne aussi son nom à un certain Osmond de Gallardon, témoin de ce même consentement (transaction 11).
     Selon Coüard et Depoin, (Liber Testamentorum, p. 98, note 384), Gallardon appartint d’abord à Aubert le Riche, qui eut trois fils: Aubert II, Garin et Thion. Aubert II n’eut que deux filles. Il légua Thimert à Froheline, épouse de Gasce, et Gallardon à Haubour (Hildeburge), épouse d’un certain Hébert de Paris. Hébert et Haubour eurent pour fils Hervé I de Gallardon. Hervé eut pour enfant: Hugues I, Garin, Guy, Milon et sans doute un certain Geoffroy de Gallardon, ainsi que la bienheureuse Haubour (Hildeburge), épouse de Robert d’Ivry. A la mort d’Hugues I, sans doute en Palestine, qui ne laissa qu’une fille, son frère Garin lui succéda. Garin mourut à son tour peu après, laissant un fils mineur, Hugues II, dont Guy fut pour un temps le tuteur.
Lomlu (C 25): lieu non identifié dans le terroir de Vierville
     La formation de ce toponyme est caractéristique du secteur où il se trouve, où l’élement final –lu est bien représenté. On trouve encore en effet rien que dans ce canton d’Auneau deux noms de communes ainsi formés: Ardelu et Orlu.
     
Considérant que le village d’Orlu (commune du canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir) est à deux kilomètres de Vierville, on peut se demander si ce nom de Lomlu n’a pas pu évoluer naturellement en Orlu. Voici les formes anciennes que donne Merlet (p.135) pour Orlu: Orleium (1154, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Orliacum (1162, id.); Orli (1285, charte du chapitre de Chartres); Orliarum locus (1435, registre des contrats du chapitre de Chartres); Saint-Médard d’Orlu (1736, pouillé).  Il faudrait imaginer d’abord un rhotacisme (Lomlu devenu *Romlu ou *Rolu), puis une métathèse (*Rolu devenu Orlu). En effet dans le même secteur on voit évoluer le nom de Baudreville dans le même sens: Baudulvilla (vers 1090) en Baudorville (1250) puis en Bau(l)drouvilla (1542), Baudreville (1626). Pareillement pour le nom de Dolmont, qui connaît une évoution provisoire du même genre au XVIe siècle: Daulemont (1259), Dromont (1555). De même Rotelu, hameau de Videlles près La ferté-Alais (orthographié ainsi au XIIe siècle et à nouveau de nos jours) est devenu Ortelu à l’époque de la carte de Cassini au milieu du XVIIIe siècle (et encore à l’époque de Gustave Estournet en 1944).Mais je ne crois pas trop moi-même à cette hypothèse, car nous ne voyons pas dans la suite qu’Orlu ait appartenu aux moines de Marmoutier.
     Cette terre de Lomlu est donnée par Rainaud fils de Thiou, vraisemblablement à Vierville même (transaction 16), moyennant des contre-dons (transaction 17).

Ludo (B 30): Ludon
     Voici la seule graphie ancienne que donne Merlet (p.106): Lueton (vers 1080, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée, p. 225). Merlet note que le fief de Ludon était vassal de Frécot.
     Hameau de la commune de Saumeray (canton de Bonneval, arrondissement de Châteaudun, Eure-et-Loir), à 8 km de Saint-Avit-les-Guespières.
     Ludon donne son nom à un certain Fouchaud de Ludon, témoin du côté des moines, et vraisemblablement moine lui-même, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal et Amaury  (transaction 13).
Maius Monasterium (A, 1-2, 12-13; B titre, 1, 5, 15, 24, 28, 31-32; C 31, D 34, 38, 39), monasterium (D 40): Marmoutier
     L’Abbaye de Marmoutier se dressait
au nord de la Loire, face à l’ancienne ville de Tours, au lieu où se retirait pour prier saint Martin, évêque de Tours de la fin du IVème siècle. Les dépendances de cette abbaye bénédictine s’étendaient dans une bonne partie de la France. Il en subsiste les vestiges d’une ancienne église abbatiale plus grande que la cathédrale de Tours, et les grottes où séjournait Saint Martin. C’est aujourd’hui un lieu-dit de la commune de Sainte-Radegonde, dans le canton de Tours (Indre-et-Loire), où s’élève un établissement d’enseignement privé.
     Liste des abbés de Marmoutier pendant cette période:
Aubert (1037-1063/1064), Barthélémy (1064/1084), Bernard de Saint-Venant (1084-7 avril 1100), Heugaud/Hilgot (1100-10 août 1104), Guillaume de Nantes (Nanticensis, natif en fait de Combourg, 1105-1124). La doantion de Vierville eut donc lieu sous l’abbatiat de Bernard. Je n’ai pas pour l’instant pu consulter de relevé des prieurs de Marmoutier.
     (1) Robert de Vierzon, prieur de Marmoutier, est représenté à Saint-Avit-les-Guespières, lors de la cérémonie d’investiture de Vierville, par un serf du moine Thion (transaction 2).
     (2) En revanche il assiste personnellement, à Chuisnes, au consentement donné par Hardouin et Hersent à cette donation
(transaction 4).

     Voici une liste non exhaustive de prieurés dont la possession est confimée aux moines de Marmoutier dans son diocèse par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (
AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237): le prieuré de Saint-Thomas d’Épernon avec l’église paroissiale du dit lieu (prioratum Santi Thomae Sparnonensis cum parrochiali ecclesia ejusdem loci); l’église Saint-Pierre et l’église Saint-Jean qui sont dans la même place forte (ecclesiam Sancti Petri, ecclesiam Sancti Johannis, que sunt in eodem castro); le prieuré de Chuisnes avec l’église du dit lieu (capellam de Bello Loco, prioratum de Chonia, cum parrochiali ecclesia ejusdem loci, ecclesiam Sancti Marini); l’église de Saint-Avit (ecclesiam Sancti Aviti); le prieuré de Châteaudun avec la chapelle dans laquelle demeurent les moines et avec l’église Saint-Jean de la Chaîne (prioratum Castridunense, cum capella in qua manent monachi et cum parrochiali ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
     O
n notera que n’y sont pas mentionnés en temps que prieurés mais seulement en tant qu’églises, Léthuin (ecclesiam de Lestonio, ecclesiam de Villeael), ni Bréthencourt ni Vierville, cette dernière église cependant mentionnée juste après celle de Bréthencourt (ecclesiam Sancti Martini de Bertoldi Curia, cum capella Beate Marie Magdalene de castro, ecclesiam de Vervilla).
     On remarquera que nos notices parlent précisément d’Épernon (et de son prieur Hardouin, Harduino priore Sparronensi, B 28, également connu par un acte en date de 1092, et tandis que nous le voyons remplacé en 1098 par un Guillaume), de Chuisnes et de son prieur Thibaud, Tetbaldus prior Coinę, B 32; c’est à Chuisnes que sont passées trois des transactions en question, la dernière en présence d’un certain
Guillaume Roux de Chuisnes, Guillelmus Rufus de Coina, de Saint-Avit, où est passée une transaction, de Châteaudun, dont le vicomte Hugues, Hugo uicecomes Castelliduni, B 25, est présent à l’une des transactions, et de Léthuin, dont viennent deux témoins, le prêtre Tamoué, Tamueius presbiter de Stonno, C 32 et D 34-38, et un certain Gautier de Léthuin, Gaulterius de Extolui, B 31.
     Il est aussi question indirectement d’un prieuré champenois des moines de Marmoutier à Ventelay dont est originaire le serf Constance,
de Ventilaio, Constancius, C 32-33.
Mereruilla (A 24; B 17, 28), Merer Villa (B 16): Méréville
     L’étymologie de ce toponyme n’est pas évidente. Même graphie vers 1105 dans le
Liber testamentorum, qui mentionne comme témoin un Stephanus de Merervilla (voir notre Annexe 7). Cocheris note seulement (sans référence comme d’habitude), «Merezvilla et  Mereville (1262)».
     Le Cartulaire de Saint-Père de Chartres (p.402) contient une charte non datée entre 1069 et 1079 (p.CCCL) faisant état d’une donation d’un Ingelgerius de Merervilla, mais il est notable que dans la suite de ce document (et dans le titre) le copiste porte une orthographe différente, Ingelgerius de Merravilla (titre et p.403), Galterius de Merravilla (p.403). L’éditeur, Benjamin Guérard, porte dans le Dictionnaire géographique qu’il a mis en annexe (p828): «MERERVILLA , MERRAVILLA, peut-être Mérouville. Il y a plusieurs hameaux nommés Mèreville. V. aussi MERREVILLA. MERREVILLA, Marville-Moutier-Brulé.»

     Hors de notre secteur on trouve peu de piste. 1) Dans le Calvados Merville est noté Matervilla en 1078 (cartulaire de l’abbaye de la Trinité de Caen), Merravilla en 1268. 2) Le Méréville de Meurthe-et-Moselle a une autre étymologie, car il s’écrit encore au XIe siècle Amerelli villa. Dans le Calvados Merville est noté Matervilla en 1078 (cartulaire de l’abbaye de la Trinité de Caen), Merravilla en 1268. Notons ici à titre de curiosté ce qu’Henri Lepage a écrit des dénominations anciennes du Méréville de Meurthe-et-Moselle: «MÉRÉVILLE, canton de Nancy (Ouest). — Amerelli villa. 1065. H. L. [= Histoire de Lorraine par Dom Calmet], I, c. 456. — Sylva de Amerelli villa. 1094. Ib., c. 498 [= titre de fondation du prieuré de Saint Tiébaut (actuellement ferme Saint Thiébaut)]. — Ameralli villa. 1105. Ib., c. 516. — Merevilla. 1127-1168. — Abb. de Clairlieu. — Merelvilla. 1183. Ib. — Mereiville. 1349. Tr. des ch., 1. Fiefs de Lorraine, n° 21. — Le fief de Méréville relevait de la châtellenie de Nancy, bail, de cette ville. — Doy. du Saintois, dio. de Toul.» (Henri Lepage, «Dictionnaire géographique de la Meurthe», in Mémoires de la Société d’archéologie lorraine, Seconde série IIe volume, Nancy, Lepage, 1860, p.167). Quoi qu’il en soit, cette rétroversion suppose ou atteste une aphérèse (disparition de l’élément initial), en reconstituant un anthroponyme Amerel, formé sur la même racine germanique que dans Aimon ou Aimeric, avec un suffixe latin -ellus. Cet anthroponyme doit être à l’origine, me semble-t-il, des patronymes modernes Emerel, Emereau, Aimereau, Hemerel, Haimerel et Hemereau.
     Mais cette piste ne paraît pas concerner notre Méréville, où on n’a aucune raison de soupçonner une aphérèse.
     Il est certain qu’à l’époque de notre charte, le nom du personnage qui a donné son nom à Méréville est devenu méconnaissable et l’on prononce Mérerville sans reconstituer de génitif de l’anthroponyme, probablement sorti de l’usage et que le scribe ne tente pas de reconstituer. Cet anthroponyme est sans doute, à mon sens, Mérier (qui a survécu comme patronyme) et qui dérive selon toute apparence d’un anthroponyme germanique Mar-hari (latin théorique Marharius, Mararius).
Merervilla      Chef-lieu de canton, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     1) C’est à Méréville (B 16) qu’habite habituellement Godéchal fils d’Oury de Vierville, puisque libre choix lui est donné de recevoir son champart à Méréville ou à Bréthencourt (transaction 8), de la même façon que pour Amaury Roux, qui est clairement un Étampois, le champart sera porté à son gré à Étampes ou à Bréthencourt.
Gaudinus filius Ansei de Merer Villa      2) Méréville donne son nom à un certain Gaudin fils d’Ansoué de Méréville (transaction 7, A 24: Galdinus filius Ausuei de Mereruilla, B 15: Gaudinus filius Ansei de Merer Villa: B 28: Gaudino filio Ansue de Merervilla), témoin de la première donation de Godéchal, peut-être à Méréville (transaction 7), puis, à Méréville sans doute également, du consentement de sa veuve et de son fils Arembour et Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières.
Moreth (B 28): Moret
     Au milieu du IXe siècle, le Cartulaire de Saint-Père de Chartres enregistre la possession d’une petite ferme à Malaredum (éd. Guérad, 1840, p. 53:  in pago Stampense, in villa quæ dicitur Malaredus, mansum unum); il s’agit peut-être de Moret, bien qu’on ait aussi proposé, avec plus de vraisemblance, Melleray, à Oinville-Saint-Liphard; car la possession de ce manse est confirmée par Rainfroy évêque de Chartres, tandis que Moret est du diocèse de Sens.

     Moret, hameau de la commune de Méréville, chef lieu de canton, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     Moret donne son nom à un certain Geoffroy de Morettémoin semble-t-il à Méréville du consentement à la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Gaudin fils d’Ansoué de Méréville et Eudes de Pannecières.
Paniceriae (B 28): Pannecières
      Il s’agit évidemment de Pannecières dans le Loiret. Il existe au moins six communes ou lieux-dits homonymes avec quatre graphies différentes qui s’expliquent par le fait que le nom commun qu’elles reflètent n’a jamais, très curieusement, été relevé par les auteurs des dictionnaires usuels, et qui était pourtant très répandu comme le montre la toponymie: Panissières (canton de Feurs, arrondissement de Montbrison, Loire) et Pannessières (canton de Conliège, arrondissement de Lons-le-Saunier, Jura); un Pannecière à Chaumard (Nièvre), un Panissière à Lamure-sur-Azergues (Rhône), un Panissière à Meyrieu-les-Étangs (Isère), un Panissière à Bosjean (Saône-et-Loire).  Relevons peut-être aussi la commune de Panissage (Isère). L’étymologie de ces toponymes est transparente et dérive du latin panicum, “panic” (sorte de milet). Littré porte la définition suivante: “PANIC (pa-nik), s. m. Genre de plantes graminées dont fait partie le milet. Le panic d’Italie, ou milet à grappe, panicum italicum, Linnée. Le grand milet, ou panic, panicum jumentorum, Persoon. — ÉTYM. Lat. Panicum, qui vient probalement de panus, fil.”. Cependant la forme panic me paraît de formation savante, tandis que le Lexique de l’ancien français de Godefroy porte de fait un mot panil, substantif masculin disparu, dont il donne pour définition “panic”, et qui me paraît formé sur une forme diminutive (paniculum, paniclum). Le Dictionnaire Robert de 1977 est plus instructif: «“PANIC (-nik’) ou PANIS (-niss’), n. m., lat. panicum, dérivé de panus, “fil de tisserand”. Bot. Plante monocotylédone (Graminées), herbacée, annuelle ou vivace, cultivée comme céréale ou plante fourragère. Panic millet. Voir Mil 2, Millet. Panic d’Italie (“milet des oiseaux”). Panic ou Panis germanicum. Voir Moha.»
     Commune du canton de Malesherbes, arrondissement de Pithiviers, Loiret.
     Pannecières donne son nom à un certain Eudes de Pannecières, témoin à Méréville du consentement à la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays, Gaudin fils d’Ansoué de Méréville et Geoffroy de Moret.
Petræ (A 20; B 15): Pierrefitte
     Ce toponyme Petræ, littéralement les Pierres, clairement étampois (puisqu’il s’agit d’une liste de témoin étampois) s’est conservé ailleurs, en pays chartrain sous la forme Pierres. Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143) cette commune homonyme au canton de Chartres-Sud-Est, autrefois du canton de Maintenon: Petra-ficta (774, diplôme de Carloman); Petræ (vers 1125, cartulaire de Thiron); Petra (1240, charte du prieuré d’Épernon); Saint-Gervais et Saint-Protais de Pierres (1736, pouillé). On y constate donc a même alternance Pierres / Pierrefitte qu’à Étampes.
Urso de Petris      Aujourd’hui Pierrefitte, hameau d’Étampes, au singulier puisqu’il ne reste plus guère qu’un seul menhir debout, les autres ayant été détruits à l’époque moderne.
     Ce toponyme donne son nom à un nobliau étampois: Ours de Pierrefitte (Urso de Petris, littéralement:
des Pierres), témoin à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville par Gautier (transaction 6). Il s’agit vraisemblablement d’Ours II fils de Thion II, bien connu par ailleurs, et dont se plaint notamment l’évêque saint Yves de Chartres.
Puteolum (b 24): Le Puiset
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143): Puteolum (1095, charte du prieuré de Saint-Martin de Chamars); Puisat (vers 1120, id.); Puseatum (1122, charte de l’abbaye de Bonneval); Puteacensum castrum (1129, charte de l’abbaye de Thiron); Pusiacum (1179, charte du chapitre de Chartres); Puteacum (1217, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Puysatum (1230, id.); Pusatum (1232, charte de l’abbaye de Bonneval); Puisiolum (1240, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Puisatum (1299, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Pusacium (Orderic Vital, t. II, p. 412); Le Puisas (Chanson d’Antioche, vol. II, p. 112).
     Commune du canton de Janville (arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
     Le Puiset donne son nom à son seigneur Hugues Ier du Puiset, qui n’est pas mort avant 1096, rebelle à son suzerain le roi de France Philippe, à qui il a infligé un sévère défaite en 1079 devant le Puiset, et à la cour duquel il ne reparaîtra jamais. Le seigneur du Puiset, vicomte de Chartres, est témoin du consentement
de l’Étampois Payen fils d’Anseau (en fait représenté par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal fils d’Oury (transaction 10).
     Il ne peut pas s’agir d’Hugues II, seigneur du Puiset de 1097 à 1106 puisque pendant qu’il en fut le seigneur, avant de partir en Palestine dont il ne reviendra pas, Nivelon de Fréteval, qui signe aussi, était déjà parti en Palestine, dont il ne reviendra pas avant 1108.

     Il semble bien qu’à cette date encore Hugues du Puiset soit plus puissant dans le secteur que le roi de France Philippe Ier. Il a à sa cour le vicomte de Châteaudun, le seigneur de Fréteval, le seigneur de Friaize, et deux des plus puissants chevaliers d’Étampes, Payen et Aubert, les deux fils d’Anseau fils d’Arembert. Personne ne paraît songer à faire appuyer ces donations par un acte de l’autorité royale.
Roureium ou plutôt Rovreium (B 10): Rouvray
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet: Rubridum (vers 1080, charte de l’abbaye de Saint-Denis-en-France); Rivereium (vers 1250, pouillé); Rouvrayum-Sancti-Dionysii (1626, pouillé); Rouvray-les-Chaumes (1793).
     Il s’agit d’après le contexte très vraisemblablement de Rouvray-Saint-Denis, actuellement commune du canton de Janville, arrondissement de Chartres, car il est question du maire ou régisseur de Rouvray juste après un certain Geoffroy de Baudreville, village distant de 7 km de Rouvray-Saint-Denis et situé dans le même canton.
     Le maire ou régisseur de Rouvray-Saint-Denis, Arnulfus maior de Rovreio, est témoin à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction 3).
Sancta Maria de Stampis (A 19, B 14): Notre-Dame d’Étampes
     On notera cette rétroversion Sancta-Maria, tandis qu’on aura plutôt, ultérieurement Beata-Maria.
     Collégiale fondée autour de l’an mil.
     L’abbé de Notre-Dame d’Étampes, Bernaol (A 19: Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14: Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis) est témoin à Étampes du consentement donné par son parent Guillaume fils de Bernoal d’Étampes à la donation de Vierville (transaction 6).
Sanctus Avitus (A 7; B 5, 7): Saint-Avit-les-Guespières
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet: Sanctus-Avitus-Guesperiae (vers 1250, pouillé); Sanctus-Avitus-juxta-Guesperiam (1359, registre des contrats du chapitre de Chartres); Saint-Avy-la-Guespière (1485, charte du prieuré de Nottonville); Sanctus-Avitus-prope-Illerium (1541, charte de l’abbaye de Thiron). La possession de l’église de Saint-Avit est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190 (ecclesiam Sancti Aviti).
     Commune du canton de Brou (arrondissement de Châteaudun, Eure-et-Loir), à 22 km de Chuisnes, à 48 km de Denonville, à 56 km de Vierville. Merlet note qu’il y avait là un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Calais.
     Saint-Avit est selon toute apparence le lieu de résidence habituel de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent. Ils y ont leur demeure (domus), où Milsent accomplit le rite de la donation de Vierville en donnant un rameau de sureau au serf Archambaud, représentant un moine de Chuisnes  qui n’a pas fait le déplacement (comme le précise la la notice B alors que la notice A avait masqué le fait). En revanche est présent un certain Thion de Cramisay, hameau de saint-Avit, qui leur est peut-être apparenté (transaction 2). La même notice précise un témoin oublié par la première rédaction,
Robert, son régisseur de Saint-Avit (B 7: Rotberto maiore suo de Sancto Avito).
Sanctus Germanus (B 35): Saint-Germain
     Merlet (p.164) ne relève pas moins de huit Saint-Germain dans le diocèse de Chartres entre lesquels il est difficile de trancher.
     Plutôt que du lieu-dit d’Alluyes appelé Saint-Germain, au canton de Bonneval, qui n’est qu’à 9 km de Saint-Avit-les-Guespières, il doit s’agit de Saint-Germain-le-Gaillard, à 5,5 km de Chuisnes, et comme cette commune dans l’orbite de Courville-sur-Eure, où se trouve un château dont dépendent les chevaliers de la famille Chef-de-Fer.
     Cette localité donne son nom à un certain Gautier (Gaulterio de Sancto Germano), témoin à Chartres du consentement donné par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent au don de quatre familles de colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
Sanctus Sigius (A 21; B 15): Saint-Cyr-la-Rivière
     Cette graphie étonnante reflète en fait une prononciation vernaculaire où le R final s’est amui, comme l’atteste aussi une graphie Sanctus-Ciacus attestée en 1116 selon Merlet pour le hameau de Saint-Cyr dans la commune de Senonches (arrondissement de Dreux, Eure-et-Loir) qui reflète clairement une prononciation *Saint-Cy. L’identification de ce lieu est légèrement douteuse, car il peut s’agir théoriquement autant du hameau de Saint-Cyr dans la commune de Senonches (arrondissement de Dreux, Eure-et-Loir), que de Saint-Cyr-sous-Dourdan (canton de Saint-Chéron, arrondissement d’Étampes, Essonne) ou de Saint-Cyr-la-Rivière. Le contexte pointe cependant vers cette dernière solution. Pour Saint-Cyr-la-Rivière Hippolyte Cocheris donne seulement (sans références, comme d’habitude), S. Ciricus et S. Ciriacus.
     
Saint-Cyr-la-Rivière, au canton de Méréville, arrondissement d’Étampes, Essonne.
     Saint-Cyr donne son nom à un certain Geoffroy clerc de Saint-Cyr (Gaufredus clericus de Sancto Sigio), qui apparaît dans une liste de témoins clairement étampois du consentement donné par Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes, à la donation de Vierville (transaction 6).
     Une charte de 1222 conservée aux archives départementales de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2368, que j’éditerai l’un de ces jours, mentionne un bail donné à un certain Thomas clerc de Saint-Cyr d’Étampes, Thome clerico de Sancto Ciriaco Stampensi, c’est-à-dire de Saint-Cyr-la-Rivière.
Seenuilla (B 19): Sainville
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.143): Segetis-Villa, c’est-à-dire “domaine”, villa, de la récolte, seges, segetis (1084, charte du chapitre de Chartres); Sainvilla (vers 1130, charte du chapitre de Saint-Jean-en-Vallée); Seenvilla (1208, charte de l’abbaye de Saint-Chéron); Saivilla (vers 1250, pouillé); La maladrye du Petit-Saintville (1487, charte de prieuré de Léthuin); Saint-Pierre de Sainville (1736, pouillé). Ajoutons-y une graphie plus ancienne encore Sigenvilla (1067, charte de Philippe Ier). Je ne cacherai pas ici mon opinion, suivant laquelle il s’agit étymologiquement d’une “domaine de Seguin où l’anthroponyme revêtait probablement sa forme Sewin.
Girbertus major de Seenvilla      Sainville est ici représenté par le maire ou plutôt régisseur Gibert (Girbertus major de Seenuilla). Cette mairie appartenait au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire. La charte de Philippe Ier de 1067 nous montre aussi comme témoin un maire de Sainville, au milieu d’autres maires de domaines appartenant à Saint-Benoît-sur-Loire; mais le texte est lacunaire et l’on ne connaît pas l’étendue de la lacune (quelques lettre ou plusieurs mots?): Gilbertus, major ipsius terræ, et frater ejus Rodulfus All[...] major Sigenvillæ, Gosfridus, major d’Alton, c’est-à-dire: Gibert, régisseur de la dite terre [probablement Saint-Pierre d’Étampes] et son frère Raoul  All... régisseur de Sainville, Geoffroy régisseur d’Authon. Apparemment en 1067 le maire de Sainville est déjà le frère d’un certain Gibert lui aussi maire, et le Gibert de notre notice, maire de Sainville à la génération suivante, est vraisemblablement le fils de l’un d’entre eux, sans doute de Raoul. Il apparaît comme témoin à Étampes de la donation de Godechal (transaction 8).
     Vers 1127, le régisseur de Sainville est un certain Ascelin (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°40, p. 25: Ascelinus major de Seinvilla).
Sparronensis (Harduinus prior) (B 28): d’Épernon
     Voici les graphies anciennes d’Épernon que donne Merlet (p.143), les premières dans des chartes du prieuré d’Épernon: Sparro (1024 [erreur probable de Merlet à corriger en 1052]); Sparnaicum (1095); Esparnonium (vers 1120); Esparlo (vers 1150); Parlo (1208); Espernonne (1450); les autres ailleurs: Esparlum (cartulaire de Thiron); Sparnonium (vers 1130, charte du prieuré de Bréthencourt); Sparlo (vers 1130, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée); Sparnotum (vers 1140, charte de  prieuré de Chuisnes); Sperno (1415, id.); Esperlio (chron. Trivetti); Asparlo (Orderic Vital, t. III, p. 347); Esparnon (1282, charte du chapitre de Chartres); Esparno (vers 1297, cartulaire des Vaux-de-Cernay, p. 949); Espernon, qui jadis s’appelait Autrist, puis Espierremont (1603, terrier de Dancourt).    
     Commune du canton de Maintenon,
arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir, où les moines de Marmoutier avaient un prieuré.
     Le prieur d’Épernon Hardouin, avec son serf Ermengise, est témoin de la concession
faite par Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury (transaction 12) peut-être à Étampes, ou bien quelque part dans le pays de Méréville (les témoins étant des nobliaux de Méréville, de Moret et de Pannecières). Cet Hardouin est le premier prieur connu du prieuré Saint-Thomas d’Épernon (dont le roi Henri Ier a entériné la fondation par une charte donnée à Étampes en 1052). Il est aussi connu par une charte de 1092 entérinant à Blois un accord passé devant le comte Étienne (Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois).
     Il paraît être mort avant 1098, date à laquelle le prieur de Saint-Thomas s’appelle Guillaume.
     Un accord en date de 29 novembre 1119 entre les les moines de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier (Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°20, p. 14) nous montre que le prieur de Chuisnes s’appelle alors Henri (S. Roberti Sparnonensis prioris).
     Voir: Émile LEDRU, «Le Prieuré Saint-Thomas d’Épernon» (daté 1897), in Charles MÉTAIS, Archives du diocèse de Chartres. III. Pièces détachées pour servir à l’Histoire du diocèse de Chartres. 1er volume. Études et documents publiés par L. l’Abbé Ch. Métais, Ch. Honoraire de Chartres [448 p.], Chartres, Ch. Métais, 1899, pp. 293-340, spécialement pp. 327 et 328.
Stampae (A 18, 19, 24; B 8, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23; D 37), Stampis Veteribus (B 23bis), Stanpensis moneta (D 36): Étampes, les Vieilles-Étampes, monnaie d’Étampes
     L’étymologie d’Étampes (chef-lieu d’arrondissement de l’Essonne) n’est pas établie. Toponyme attesté depuis l’époque mérovingienne.
Lisiardus de Stampis      Étampes est le lieu de résidence de plusieurs témoins, et celui de plusieurs transactions, bien que cela ne soit pas indiqué explicitement. Voici les données explicites.
     Deux transactions sont localisées explicitement à Étampes, la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, chez lui (
in domo sua apud Stampas, B 8, transaction 3) et
celle d’Amaury Roux d’Ablis (Factum est autem hoc apud Stampas, B 21-22, transaction 99), ce dernier habitant également Étampes puisque contrat précise que son champart lui sera réglé soit à Bréthencourt, soit à Étampes (B 21: ad Stampas uel ad  Bertoucuriam).
Rotbertus medicus de Stampis      Neuf personnages tirent leur nom ou leur dénomination d’Étampes:
     1)
Guillaume fils de Bernoald d’Étampes (A 18-19: Guillelmus filius Bernoalii de Stampis; B 13: Guillelmus filius Bernoali de Stampis) qui consent, à Étampes, à la donation de Vierville par Gauthier d’Aunay (transaction 6).
     2) Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes
(A 19: Bernoalius abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14: Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis), témoin du même consentement (transaction 6).
(So)lidos XXXta Vque Stanpensis monetae      3) Harpin d’Étampes (B 15: Harpinus de Stampis), également témoin de ce consentement, quoique la première rédaction l’appelle plutôt Harpin de l’Étampois (A 21: Harpinus de Stampesio) (transaction 6).
     4) Lisiard d’Étampes
(A 24 = B 16: Lisiardus de Stampis) témoin, peut-être à Étampes, de lapremière donation de Godéchal fils d’Oury (transaction 7).
     5)
Gautier d’Étampes (B 19: Gaulterius de Stampis), témoin de la donation de Godéchal effectuée à Étampes (transaction 8).
     6)
Richer marchand d’Étampes (B 20: Richerius mercator de Stampis), témoin de la même donation de Godechal effectuée à Étampes (transaction 8).
     7) Obert d’
Étampes (B 23: Obertus de Stampis), témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     8)
Guillaume des Vieilles Étampes (B 23: Guillelmus de Stampis Veteribus), témoin de la même donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9).
     9)
Robert médecin d’Étampes (C 37: Rotbertus medicus de Stampis) témoin à Étampes de la donation par Geoffroy de l’Eau d’une terre de Vierville (transaction 18).
     Il faut y joindre d’autres personnages dont les noms renvoient clairement à des toponymes étampois:
Baudry du Fossé (B 23: Baldricus de Fossato), Robert du Cimetière (B 23: Rotbertus de Cimiterio), cités juste après Guillaume des Vieilles Étampes (B 23: Guillelmus de Stampis Veteribus): ils sont témoins, témoin de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à Étampes (transaction 9), et encore Ours de Pierrefitte (Urso de Petris, littéralement: des Pierres), témoin à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville par Gautier (transaction 6).
Stampesium (A 21): l’Étampois (le pays d’Étampes)
     C’est à ma connaissance la première occurence de ce terme, qui paraît synonyme du tour plus classique pagus Stampensis.
Harpinus de Stampesio      Ce toponyme donne son nom à Harpin de l’Étampois, du moins dans la première version de la transaction n°6, opérée à Étampes (A 21: Harpinus de Stampesio), car dans sa deuxième rédaction il s’appelle tout simplement Harpin d’Étampes (B 15: Harpinus de Stampis).
de Stonno (B 38): Léthuin; voir de Extolui
Testiariae (de) (B 32): les Têtières.
     Ce terme de Têtière est encore en usage dans la microtoponymie du pays chartrain, et désigne, au moins en patois beauceron, la partie élevée d’un champ ou d’un tertre, aussi appelée sommière; et c’est ainsi par exemple qu’une terre de la commune de Vierville s’appelle encore la Têtière à Tureau, au témoignage de Raymond Bouquery (voir notre bibliographie).
     Il s’agit ici d’un hameau de la commune d’Unverre dans le Dunois (arrondissement de Châteaudun).
     Ce toponyme donne son nom à un certain Rainaud des Têtières, témoin en un lieu indéterminé des contre-dons des moines à Rainaud fils de Thiou et à sa parentèle après la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 17).
     Il n’est pas douteux que
ce Rainaud des Têtières, cité après la mort de Gautier, juste après Arnoux d’Aunay et son frère Garin (B 32: Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius, Rainaldus de Testiariis) soit à identifier avec le Rainaud d’Aunay (B 29: Rainaldus de Alneio), frère des précédents et témoin de la transaction 12. Son neveu Gounier d’Aunay, aîné de Gauthier II, est lui même qualifié ailleurs, comme nous le montrerons, Gounier de Molitard, puis Gounier de Saint-Avit.
Trachetum (D 34): lieu-dit non identifié: Tracy.
     Ce toponyme est difficile. Il qualifie un certain
Hugues, témoin à Chartres du consentement de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent Cherf-de-Fer à la donation par Hardouin de quatre famille de collierts de Denonville (transaction 15).
      Liste des témoins: Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.
     Ce qui ne nous aide pas, c’est que tant Bailleau et Saint-Germain peuvent pour leur part être identifiés difficilement.
     On cite ultérieurement un Giraud ou Girard de Tracheto, auteur de Vies des frères prêcheurs (Vitae fratrum ord. Praedicatorum a Geraldo de Tracheto), au XIVe siècle [B.-M. REICHERT (éd.), Fratris Gerardi de Tracheto O.P. Vitae fratrum ordinis praedicatorum necnon Cronica ordinis ab anno 1203 usque ad 1254, ad fidem codicum manuscriptorum accurate recognovit notis breviter illustravit Benedictus Maria Reichert (24 cm; 362 p.), Romae ("Monumenta ordinis fratrum praedicatorum historica" 1), 1896.
     Il existe un Traceium dans la Calvados, aujourd’hui Tracy (Narcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, Caen, Hardel, 1857, t. III, p. 566: Ecclesia de Tracheio), un autre Tracy dans l’Oise près Compiègne et un Tracy-sur-Loire dans la Nièvre.

     Dans notre secteur, rien. S’agirait-il d’une altération de Tron- en Tra-? De fait il existe un lieu-dit le Tronchet, à Chalo-Saint-Mars; en 1177 ou 1178, une charte de Jocelyn d’Auneau a pour témoin un Ricardus de Troncheio (Recueil de chartes et documents de Saint-Martin-des-Champs, t. II, p. 365): Depoin propose alors Le Tronchay-Maquereau, comm. de St-Arnoult-des-Bois, ca. Courville, ar. Chartres (Ibid., n. 372), mais pourquoi pas Le Tronchet étampois, plus proche?
     
Il reste cependant que cette supposée altération de Tron- en Tra- ne paraît pas bien explicable, ni bien satisfaisante. Il s’agit donc sans doute d’un lieu-dit Tracy, homonyme de celui du Calvados, aujourd’hui disparu.
Ventilaium (B 32-33): Ventelay
     Il s’agit de Ventelay, en latin Ventiliacum ou Ventilaium (canton de Fismes, arrondissement de Reims, Marne). Thibaud Ier de Blois, comte de Chartres, de Blois, de Châteaudun, de Tours, de Sancerre, et de Champagne avait fondé en 1040, de concert avec sa mère, un prieuré de Marmoutier à Ventelay, près de Reims (Henry Arbois de Jubainville, Histoire des ducs et des comtes de Champagne, 1859, p. 380).
     Les moines de Marmoutier paraissent avoir envoyé à Vierville un des serfs de leur prieuré champenois de Ventelay, près de Reims, qui est témoin quelque part entre Aunay et Vierville des contredons des moines à la parentèle de Rainaud fils de Thiou après la donation de la terre de Lomlu,  Constance de Ventelay (transaction 17).
     Ce moine nous est aussi connu par une charte du prieuré de Bréthencourt datée environ de 1080 et dont nous donnons le texte en Annexe 6e.
Vervilla (A titre, 23; B 33; C 34), Veriuilla (A 2, 15, 17, 18; D 1, 6, 11, 12, 15, 16, 18, 19, 22, 25, 27, 28), Verisuilla (D 2): Vierville
Gauterius de Vervilla famulus      Mise à part une graphie aberrante et isolée, Verisvilla, la rétroversion latine habituelle de ce toponyme est Verivilla, «Domaine de Vérus». Toutefois, à quatre reprises, transparaît ce qui doit être prononciation vernaculaire du XIe siècle, Vervilla, «Verville», d’où notre Vierville.
     Citons ici Lefèvre (1867): L’origine de Vierville est très-ancienne, si l’on en juge par les noms latins que ce lieu porte dans les chartes du moyen-âge: Verisvilla, Verivilla, Vervilla, Viervilla. Nous y trouvons deux étymologies: Veris-villa (la ville ou résidence du printemps, par opposition avec la résidence de l’hiver — Hyemis-villa — Janville. — Veri Villa, la villa ou ferme de Verus, appellation toute romaine. Cette dernière semble justifiée par les ruines anciennes que nous allons exhumer. L’argument de l’existence de ruines romaines n’a guère de valeur, car de nombreux lieux d’occupation gallo-romaine ont été rebaptisés au cours des âges et on a fort peu d’exemples avérés de conservation d’un toponyme gallo-romain pour des villages de cette taille. Surtou l’élément final -ville n’est pas compatible avec une étymologie gallo-romaine.
     On remarquera que dans le cas du lieu-dit homonyme Vierville-sur-Mer, en Normandie, on rapporte ce nom à un anthroponyme germanique
Wivar, car on trouve antérieurement pour ce lieu-dit les graphies Wiarevilla (1158) et Viarvilla (1264). Cependant cette évolution n’est pas supposable dans une région comme la notre ou le W- initial s’altère régulièrement en G-.
     Il reste donc à supposer que nous sommes en présence d’une aphérèse par déglutination (de même que dans le cas bien documenté du village voisin de Manterville, Ermentardivilla en 1111, Mentarvilla en 1257); le toponyme originel était vraisemblablement
*Agobertivilla, prononcé *Aiverville ou *Averville, domaine d’un certain Aivert, évolution bien attestée localement, dès le XIe siècle, de l’anthroponyme Agobertus, représenté notamment dans le cas de l’évêque de Chartres dont nous donnons une charte de 1055 environ (Annexe 6a) et qui la signe Aivertus.
     Commune du canton d’Auneau, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir.
Villa Illa (B 28): Villeau
     Voici les graphies anciennes que donne Merlet (p.189): Villeel (vers 1125, cartulaire de Josaphat, p. 26); Vilael (vers 1250, pouillé); Villaelli (1300, polyptique de Chartres); Villeolum (1626, pouillé); Saint-Jean de Villeau (1736, pouillé).
     Actuellement commune du canton de Voves (arrondissement de Chartres, Ruere-et-Loir).
     Ce lieu donne son nom à un certain
Hongier, Hungerius de Villa Illa, témoin de la donation, vraisemblablement à Vierville même, de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 16).
     Les moines de Marmoutier avait là un prieuré, dont les Archives départementales de l’Eure-et-Loir conservent deux chartes de cette époque, l’une de 1080 environ (H.2416: apud villam Viledellum nuncupatam) et l’autre de 1096 (H.2418).
     Au reste la possession de l’église de Villeau est confirmée aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud vers 1190, juste après celle de Léthuin (AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237ecclesiam de Lestonio, ecclesiam de Villeael).
Virso (A 8 = B 2): Vierzon
     Lefèvre dans son édition partielle de 1867 a porté erronément de Ursione (qui n’a pas de sens) au lieu que le manuscrit porte de Uirsone. Il s’agit de Vierzon, c
hef-lieu d’arrondissement du Cher. La Chronique des Seigneurs d’Amboise (éd. Marchegay et Salmon, Chroniques d’Anjou, t. 1, 1866, p. 210) cite au Xe siècle un Ernulfus de Virsone. Une charte de Marmoutier des environs de 1037 (éditée 1844 par Benjamin Guérard en annexe au Polyptyque de l’abbé Irminon, p. 356) porte la signature d’une moine Geoffroy de Vierzon (S. Gausfredi de Virsone).
     Vierzon donne son nom au prieur de Marmoutier, Robert de Vierzon (Rotberto de Uirsone), à qui
Milsent fait la donation, nominalement et bien qu’il soit absent de Saint-Avit, de Vierville (transaction 2), mais que nous voyons plus tard présent à Chuisnes (transaction 4).
     Il ne s’ensuit pas que que personnage vienne d’aussi loin, car Robert de Vierzon n’est peut-être que de Vieuvicq, à la limite des pays chartrain et dunois.
     En effet plusieurs chartes datant de la période de 1050 à 1090, et relatives au prieuré que Marmoutier avait à Vieuvicq, aux confins des pays chartrain et dunois, font allusion à des alleux qui y avaient appartenu à un certain Geoffroy de Vierzon (Gausfredus de Virsonio) puis à son fils, un certain clerc Humbaud, Uncbaldum clericum filium Gausfredi de Virsonio (1061); Unbaldus de Virsone (vers 1070); ex alodiis Humbaud que fuerunt Huncbaldi de Virsone in confinio pagorum Carnotensis atque Carnotensis (vers 1070). Textes cités ici d’après l’Inventaire-sommaire de Merlet, sous les cotes H.2500 et H.2501, p. 271.
Vlmeium (A 17; B 12). Ormoy
     Ulmeium est une variante fort courante en latin médiéval pour Ulmetum (“
lieu planté d’ormes”, de ulmus, “orme”). Il existe bien des Ormoy dans le secteur dont trois en Eure-et-Loir (une commune du canton de Nogent-le-Roi dans l’arrondissement de Dreux, un lieu-dit de la commune de Dammarie, dans le canton de Chartres-Sud-Est, et un lieu-dit de la commune de Courbehaye dans le canton d’Orgères-en-Beauce, arrondissement de Châteaudun) et deux en Essonne, Ormoy (commune du canton de Mennecy) et Ormoy-la-Rivière (commune du canton d’Étampes). Le contexte ne permet malheureusement pas ici de trancher.
     Cet Ormoy non identifié donne son nom à un certain Aubert (B 12: Albertus de Vlmeio), témoin de l’autorisation (en un lieu indéterminé) de la donation de Gautier d’Aunay par Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent; son père appelé aussi Aubert déjà en prenait nom (A 17: Alberto filio Alberti d’Vlmeio) (transaction 5).
 
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini (1756)

ANNEXE 2
RÉPERTOIRE DES PERSONNES CITÉES
Notes de prosopographie


     Ce document mentionne nominativement plusieurs dizaines de personnes dont un certain nombre sont mentionnées par ailleurs dans des documents de même époque, dont l’analyse est à chaque fois nécessaire. L’analyse de ces données est en cours, mais elle est loin d’être terminée.

Aimelin (Haimelinus, A 20, Hamelinus, B 14), père d’Aubert
Aubertus filius Hamelini      C’est le père d’un certain Aubert (A 19-20: Haubertus filius Haimelini, B 14: Aubertus filius Hamelini), témoin à Étampes du consentement de Guillaume fils de Bernoal à la donation faite par Gautier (transation 6).
Airard, père de Pierre (Erardus, B 10), père de Pierre
     C’est le père d’un Pierre, témoin à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée et du consentement de son frère Godéchal fils d’Oury de Vierville (transaction 3).
     (a) Airard est aussi connu en temps que tel par deux chartes étampoises de Philippe Ier, l’une de 1082 en faveur de Notre-Dame d’Étampes, qui nous fait connaître son deuxième fils Hugues, frère cadet d’Airard (p.
276, l.11: Petrus Airardi filius et Hugo frater ejus);
     (b) l’autre en faveur de la famille d’Eudes le maire de Chalo-Saint-Mard, non datée précisément, la date de 1085 apparaissant seulement dans une interpolation du XIIIe siècle (
éd. Prou, p. 425, l. 4: Petrus filius Erardi 1082).
     
(c) Une charte de Guy le Large de Pithiviers, datée de 1070 environ, nous fait connaître encore un troisième fils d’Airard appelé Thibaud peut-être décédé entre-temps. Elle porte la signature d’un Pierre d’Étampes, qui fut avec Thibaud, fils d’Airard (Bruel, Chartes de Cluny, tome IV, n°3438: S. Petri de Stampis, qui fuit cum Tetbaldo filii Arardi). On notera que Depoin, généralement très fiable, porte ici par erreur Airaud au lieu d’Airard dans une note de son édition du Liber Testamentorum, note 255, Araudi pour Arardi).
     On est donc fondé à croire qu’Airard d’Étampes a eu au moins trois fils, Thibaud, sans doute mort jeune, Pierre, aîné des survivants à l’époque de notre notice, et Hugues.

Airaud frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon (Arraldus patruus illius Guillelmi, A 18, Arraldus patruus ipsius Guillelmi, B 14, Arraldus, A 22)
     Airaud est témoin à Étampes de la transaction 6. Il est l’oncle paternel du donateur Guillaume fils de Bernoal (A 18 = B 14); son frère Éblon est également témoin de la même transaction (A 20: Eblonius frater Arraldi; B 14: Ebulo frater eius).
Arraldus patruus illius Guillelmi      Le père commun de ces trois frères étampois, Bernoal I, Airaud et Éblon, était peut-être Geoffroy, lui-même fils du premier vicomte connu d’Étampes, Roscelin et frère cadet de Marc, successeur de Roscelin. En effet une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs datée par Depoin du début du XIIe siècle (n°XXVII, p. 36), mais qu’il faut peut-être dater plutôt d’avant nos transactions, cite comme témoin, avant même Payen fils d’Anseau, un certain Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Interfuerunt autem ex parte ejus: Bernoalus filius Godefridi filii Roscelini, Paganus filius Anselli, etc.)
     On peut aussi s’interroger sur leur parenté avec Bernoal II, alors abbé de Notre-Dame d’Étampes et son frère Aubert (Albertus), cités juste après eux comme témoins de la transaction 6, ainsi qu’avec les autres Bernoal dont nous parlerons sous ce nom.
     D’autres documents mentionnent Airaud en temps que père de deux personages, Ours et Arnoux.
     (a) Une charte du Cartulaire de Longpont (éd. Marion, n°CCCXVIII, p. 254) datée des environs de 1100 nous fait connaître deux fils d’Airaud (Adraldus) qui est alors encore vivant quoique proche de la mort: Arnoux (Arnulfus, Adraldi filius, de Stampis) qui donne alors aux moines de Longpont une terre située à Favières; et Ours, alors décédé (pro anima fratris sui defuncti Ursonis).
     (b) Le même cartulaire de Longpont contient une charte de la même époque
où Arnoux fils d’Airaud est cité comme témoin juste après Geoffroy de Moret (éd. Marion, N°CCCXV, p. 253: Gaufredus de Moreto; Arnulfus, filius Arraldi). Rappelons que ce Geoffroy de Moret apparaît comme témoin de notre transaction 12 (B 28: Gaufredo de Moreth).
     (c) Une troisième charte non datée de ce cartulaire (n°CCCXXVI, pp.258-259
) nous montre Arnoux fils d’Airaud (Arnulfus, filius Arraldi de Stampis) témoin d’une donation d’un certain Bernoal d’Étréchy très vraisemblement apparenté aux deux Bernoal d’Étampes (Ce Bernoal a alors un fils survivant Hugues, Hugo, et un fils décédé Thibaud, Tebaldus).
Airaud (Arraldus, A 24, B 16), père de Robert.
Rotbertus filius Arraldi      Cet Airaud est le père d’un certain Robert, témoin de la première donation de Godéchal (transaction 7) qui semble avoir lieu quelque part dans le pays étampois, entre Étampes et Méréville. Nous n’avons aucune bonne raison de l’identifier à Airaud frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon, et d’en faire un frère d’Arnaud et Ours, quoi qu’on ne puisse l’exclure a priori.
Airaud de Dourdan (Arraldus de Dordano, C 28)
Arraldus de Dordano      Airaud de Dourdan est le troisième témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
     D’après sa place, c’est un nobliau. Sont témoins avant avec lui:
le prêtre Aubry et Guy fils de Serlon; et après lui: Hongier de Villeau; Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de Bouchard.
Allard de Bréthencourt (Adelardus de Bertoldicuria, D 38 bis)
     Témoin de la
donation de Geoffroy de l’Eau fils de Félicie (transaction 18) avec son compagnon (socius) Robert, peut-être à Vierville. L’étude des chartes de Brétencourt nous en apprendra peut-être plus sur ce personnage.
Alleaume, frère de Robert d’Adonville (Adelelmus frater eius, B 27)
     La notice B mentionne trois nobliaux qualifiés d’Adonville. Il est d’abord question d’un Robert d’Adonville et son frère Alleaume (B 27), témoins à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 11); plus tard un Hardouin d’Adonville sera témoin à Chartres d’une concession de Gautier d’Aunay (transaction 15): tous trois paraissent des nobles voire des chevaliers.
     Rappelons qu’ultérieurement, selon Merlet, le fief d’Adonville relevera du duché de Chartres et ressortissait pour la justice à Auneau.
     Des recherches plus poussées aux archives départementales de Chartres nous en apprendront peut-être plus sur ces personnages.
Amaury fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii, B 26)
     C’est l’un des témoins à Auneau du consentement donné par Hugues de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 10).
     Il est cité en deuxième place, après Guy fils de Serlon, mais avant et avant le prévôt d’Auneau, Marin.
     Il s’agit d’Amaury fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii). Mondonville est un hameau de la commune d’Amilly, canton de Lucé, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir.
     (a) Nous le connaissons en effet par ailleurs comme auteur d’une donation à l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096 (Liber Testamentorum, acte n°80).
Il donne alors une terre dans son fief, de l’aveu de son seigneur, Garin de Gallardon (frère d’Hugues de Gallardon mentionné par notre transaction 11). Sa femme s’appelle Richaut (Richildis) et ses fils Rahier II et Jocelyn (Raherius et Joscelinus). Plus tard, Mabile, veuve de Garin remariée à Aimon Roux d’Étampes, contestera cette donation.
     (b) On possède aussi le texte d’une notice enregistrant une donation d’Amaury sur son lit de mort (Cartulaire de Saint-Père, n°LVI, p. 309) qui ajoute à la liste de ses enfants les noms de ses filles Libour et Eustachie (annuentibus conjuge sua Richilde, filiis Raherio, Joscelino, Guarino, Pagano, Amalrico, filiabusque Letburge et Eustachia) et qui nous donne le nom de sa sœur, fille de Rahier I, Godhaut (Godechildis ejusdem soror).
Amaury Roux d’Ablis (Amalricus Rufus de Ableis, B 19, 20, Amalricus Rufus, D 37, Amalricus, B 22, 29)
     1) Amaury Roux d’Ablis est témoin, apparemment à Étampes de la deuxième donation de Godechal. Il est sans doute chevalier car alors cité en deuxième position après Gautier d’Étampes; viennent ensuite le régisseur de Sainville Gibert; le marchand d’Étampes Richer, et Hébert de Denonville (transaction 8).
Amalricus Rufus de Ableis      2) Il donne lui même juste après cela un bien à Vierville, en se réservant le champart, qu’il percevra à son gré à Bréthecourt, c’est-à-dire semble-t-il au grenier des moines, ou bien à Étampes, ce qui tend à indiquer que c’est là son lieu de résidence habituel (A titre de comparaison, Godéchal se réservait le droit de percevoir le champart à Brétencourt ou à Méréville). Du reste, cette transaction se passe clairement à  Étampes, car les témoins en sont: Arnaud fils d’Aubrée, Christophe Roi, Obert d’Étampes, le chanoine Gibert, Guillaume des Vieilles Étampes, Robert du Cimetière, Baudry du Fossé et Hébert de Denonville. La transaction se fait avec l’autorisation de son épouse, c’est-à-dire de celle d’Amaury, et celle de ses deux fils, et de sa fille (transaction 9).
     3) Il tenait cette terre en fief d’Aubert fils d’Anseau (frère de Payen) qui donne son consentement (transaction 9).
     4) La donation faite par Amaury (ainsi que celle de Godéchal) reçoit ultérieurement, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, le consentement d’Anseau Robert fils de Béguin et de sa mère Eudeline, on ne sait à quel titre (transaction 13).
     5) Enfin Amaury Roux est témoin de la donation de
Geoffroy de l’Eau fils de Félicie et de son épouse Gile (transaction 18). Il est alors cité en deuxième position après le médecin d’Étampes Robert; viennent ensuite: le clerc Hardouin et un certain Garin serf de Geoffroy et Gile.
     (a) Cet Amaury résidant à Étampes est vraisemblablement à identifier avec un certain Emmauricus, Stanpensis oppidanus, vir egregius, marié, avec des enfants (filiis suis et uxore concendentibus), signalé par la Chronique de Morigny (f°62v°) comme l’un de ses bienfaiteurs, qui a  donné à cette abbaye la chapelle de Saint-Julien, dont nous savons qu’elle était du côté de la Tour de Brunehaut, près Morigny. Reste à déterminer ce que veut dire ici oppidanus Stanpensis, car ce mot d’oppidanus a en latin médiéval tantôt l’acception de châtelain, tantôt tout simplement celle d’habitant.
Amaury Bésen, père de Garin Bésin (Amalricus Bisenus, ultérieurement corrigé en Amalricus Besenus, A 16, Amalricus Bisenus, B 13), père de Garin Bésin.
     C’est le père d’un certain Garin témoin du consentement d’Hugues fils de Guerry et sa mère Helsent à la donation de Vierville par Gautier d’Aunay (transaction 5).
     (a) Nous savons par ailleurs par une charte de Philippe Ier que ce Garin s’appelait lui aussi Bisen
(éd. Prou, p. 21, l. 7: Guarinus Basinus): il signe en 1060 une charte de l’évêque Aivert de Chartres ensuite confirmée à Étampes par Philippe Ier.
     (b)
Garin appellera son propre fils aîné Amaury. Voyez notre article Garin Bésin.
Anseau Ier père de Payen et d’Aubert d’Étampes (Ansellus, B 8, 9, 22, 23, 24)
     On prononçait probablement encore Ansel au XIe siècle, mais nous adoptons ici des orthographes normalisées.  Il est probable par ailleurs que Ansellus, Anseau, est un hypocoristique d’usage pour Anselmus, Anseaume.
     Cet Anseau est le père défunt de Payen (B 8, 23), qui est clairement chef de famille dès la transaction 3, et d’Aubert (B 9, 22, 24a).
     (a) Joseph Depoin s’était jadis persuadé  que cet Anseau, père de Payen et d’Anseau, était lui-même le fils d’un certain Gautier d’Étampes (Walterius de Stampis) mentionné par le Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096, comme le père d’un Pierre et d’un Anseau.
     (b) Or Gautier d’Étampes (
Gaulterius de Stampis) intervient comme témoin de notre transaction 8. Il semble donc que Depoin se soit fourvoyé. En effet nous le voyons ici témoin à Étampes alors que Depoin suppose être son petit-fils y agit en chef de famille (dès la transaction 3) et que son arrière-petit-fils supposé Jean est suffisamment âgé pour être témoin (dès la même transaction 3).
     (c) Il me semble plutôt que cet Anseau est l’Anseau fils de Jocelyn (Ansellus, Gauslini filius) que mentionne une notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs (n°XXVII, pp. 34-36), notice que Depoin date sans argument du début du XIIe siècle mais qui pourrait au contraire être antérieure à nos transactions. En effet la notice en question évoque en deux temps, d’abord la donation de Gautier, puis, après lamort de Gautier. Si j’ai raison, Payen serait né d’une première union d’Anseau, qui épousa ensuite Haugart, sœur d’un certain Geoffroy, qui ne peut-être que le frère de Marc, vicomte d’Étampes, et fils comme lui de Roscelin.
     Nous voyons d’ailleurs au passage que Gautier, loin d’être le père d’Anseau, était apparemment le mari d’une fille que Haugart avait eu d’un premier lit (Walterius qui habebat privignam uxoris ejus
).
     Surtout, dans la seconde partie de cette notice, qui prend place après la mort d’Anseau, nous voyons précisément surgir comme deuxième témoin, après Bernoal fils de Geoffroy fils de Roscelin (Geoffroy paraissant mort lui aussi ), Payen fils d’Anseau, qui n’intervient que comme témoin, après la mort de son père, n’ayant pas de droit sur le bien naguère cédé par sa belle-mère Augart.
     On notera que le lieu-dit concerné par la donation est mal identifié par Depoin qui parle de Janville. Mais le texte, qui porte en fait Al Junvilla (sic), est certainement corrompu, et, comme il est dit que ce lieu-dit se trouve à côté de Gouillons (terra nostra quam habemus apud Al Junvillam que est juxta Goelliolum
), ce qui ne s’accorde pas avec Janville, qui en est distant d’une trentaine de kilomètres, il faut certainement corriger, à mon sens, Abunvilla, Abonville, commune jouxtant bien, elle, celle de Gouillons.
     (d) On comprendrait ainsi comment il peut se faire que Payen fils d’Anseau détienne la villicatio du villlage d’un village tel que Vierville, dont est seigneur principal le vidame de Chartres. Son père Anseau aurait été le fils de Jocelyn II de Lèves et d’Adèle (Adila, Ada), veuve d’Hugues Ier (lui-même vidame de Chartres, au moins jusqu’en 1059). Ainsi donc Guerry et Anseau auraient été frères utérins, et par suite, l’Étampois Payen fils d’Anseau et le vidame Hugues II fils de Guerry auraient été cousins germains, issus tous deux de la vidamesse Adèle.
Anseau fils d’Arembert (Ansellus filius Aremberti, B 24)
     Cet Anseau fils d’Arembert qui représente à Boisville-la-Saint-Père Payen fils d’Anseau paraît être l’un de ses hommes liges (transaction 10).
     Nous connaissons ce personnage par ailleurs.
     (a) Anseau fils d’Arembert fut aussi témoin de la charte étampoise de Philippe Ier en faveur d’Eudes de Chalo (charte dont la date de 1085 est très douteuse). Voici le texte adopté par Prou (p. 425, l. 2): Anselmus (avec une variante Ansellinus) filius Aremberti (avec une variante Aramberti); Fleureau (p. 79) porte Anselinus filius Aremberti. On observe d’autres flottements entre les anthroponyme Anselmus et Ansellus dans les chartes de Philippe Ier éditées par Prou (p. 280, l. 29; p. 281, ll. 6 et17; p. 428,  l.3). Il faut donc conclure à l’identité de ces deux Ansel ou Ansellin fils d’Arembert.
     (b)
Anseau fils d’Arembert (Ansellus filius Arenberti) est aussi mentionné par la Chronique de Morigny comme un bienfaiteur de cette abbaye, à laquelle il a donné la moitié de l’église d’Étréchy (f°62v°), l’autre moitié étant donnée par Aimon fils de Sénhaut (Haimo filius Senechildis de Firmitate  Bauduini).
     (c) Il a aussi donné à cette abbaye (noster Ansellus), selon la même Chronique de Morigny (f°63), un sixième de l’église Saint-Germain de Morigny, un autre sixième étant donné par le moine Élie (dont deux cousin s’appellent Geoffroy et Bernard), deux autres par Ours et Arnaud les fils d’Aubrée, les deux sixièmes restant n’étant pas encore récupéré par les moines à l’époque de la Chronique.
Anseau Robert fils de Béguin et d’Eudeline (Ansellus Rotberti filius Beguini, B 30)
     La deuxième partie du nom de ce personnage est au génitif (Ansellus Roberti), ce qui indique qu’il s’agit ici d’un patronyme qu’il a hérité de son père Béguin, qui devait donc lui-même s’appeler Béguin Robert. Anseau et sa mère, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, consentent aux donations opérées par Godéchal et Amaury (transaction 13).
Ansoué de Méréville (Anseus de Merer Villa, B 16, Ansua, génitif Ansue, de Merervilla, B 28, Ausueus de Mereruilla, A 24), père de Gaudin.
Gaudinus filius Ansei de Merervilla
     Ansoué, dont le nom a donné du fil à retordre à nos scribes, qui hésitent sur la rétroversion latine à lui donner, était un chevalier possessionné à Méréville et apparement défunt, dont le fils Gaudin est témoin, quelque part entre Étampes et Méréville, de deux transactions relatives aux donations de Godéchal fils d’Oury de Vierville, l’une de son vivant (transaction 7), l’autre après (transaction 12).
Galdinus filius Ausuei      Il était peut-être apparenté à la veuve de Godéchal, Arembour, qui paraît résider, au moins depuis le décès de Godéchal, dans le secteur de Méréville. Le nom de leur fils Eudes doit être aussi rapproché de celui d’Eudes de Pannecières (transaction 12).
     (a) Il ne faut probablement pas l’identifier à un certain chevalier Anseis, père d’un certain Payen témoin à Longpont vers 1110
(Moreherius miles, Paganus filius Anseis), avec  d’autres Étampois (éd. Marion, p.191), et vivant vers 1105 (Anseius miles, Moreherius miles, ibid. p. 203), encore qu’il ait bien existé un Moreherius de Stampis (ibid., p. 225).
     Le flottement dans la transcription de la première syllabe (Au- dans la première rédaction, An- dans la deuxième) ne doit pas nous étonner daans un secteur où on constate qu’on passe facilement de *Brétaucourt à l’actuel Bréthencourt. Cette confusion existe d’ailleurs encore de nos jours à Étampes, où j’ai lu début juin 2008, dans la copie d’une collégienne, enrevoir pour au revoir.
Archambaud, serf du moine Thion (Archembaldus famulus Theudonis monachi, A 9-10, Archenbaldus famulus, B 6)
     La première rédaction nous dit simplement que ce domestique du moine Thion a été témoin à Saint-Avit-les-Guespières, au domicile de Gautier d’Aunay, de la donation de Vierville Milsent; la deuxième précise qu’il y remplaçait le prieur de Marmoutier, qui n’avait pas fait le déplacement de Saint-Avit
, et que c’est à lui que Milsent a donné rituellement le bâton d’investiture, baculum (transaction 2).
Arembert (Aremberti, B 24), père d’Anseau (Ansellus).
     Arembert est le père d’un Anseau qui paraît être un homme lige de de Payen fils d’Anseau, qu’il représente lors d’une cérémonie d’armortissement dans la grange de Boisville-Saint-Père (transaction 10).
     
Cet Arembert est aussi mentionné par la charte étampoise pour Eudes de Chalo (trafiquée au XIIIe siècle et daté douteusement 1085), Arenbertus, père d’Anselmus, altération d’Ansellus (éd. Prou, p. 425, l. 2; on observe d’autres flottements entre les anthroponyme Anselmus et Ansellus dans les chartes de Philippe Ier éditées par Prou, p. 280, l. 29; p. 281, ll. 6 et17; p. 428,  l.3; quant au texte de Fleureau, étonnamment négligé par Prou, il porte alors Anselinus; il est plus que probable, de toutes façons, qu’Ansellus et Anselinus étaient des formes hypocoristiques d’Anselmus).
Arembour, épouse de Godéchal fils d’Oury (Aremburgis, B 29, Eremburgis uxor predicti Godiscalis filii Vlrici, B 27)
     Arembour, veuve de Godéchal fils d’Oury, avec leur fils Eudes, leur fils, donnent leur consentement à la donation de Godéchal, se trouvant alors apparemment dans le secteur de Méréville, puisque les témoins sont alors notamment Gaudin fils d’Ansoué de Méréville, Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières (transaction 12).
Arembour, fille de Thiou (Arenburgis, C 27)
     Fille de Thiou et d’Ermentrud, sœur de Rainaud, Pierre, Rosceline et Asceline, elle consent à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16). Elle fait ensuite partie de ceux qui reçoivent un contre-don (transaction 17).
Arnaud fils d’Aubrée et sans doute d’Oury de Vierville (Ernaldus filius Alberedę, B 1, 7, 24, 24, 26, Ernaldus, B 8-9), frère de Godéchal
Ernaldus filius Alberede      1) Arnaud tenait à fief de Gautier d’Aunay la moitié de Vierville, sans doute celle que ce dernier tenait à fief de Guillaume fils de Benoal (cf. transaction 3 et transaction 7).
     2)
Arnaud fils d’Aubrée tenait à fief de Payen d’Étampes les deux tiers de la mairie (villicatio) de Vierville, le tiers restant étant détenu par son frère Godéchal (cf. transaction 3).
     3) Il concède les unes et les autres. Cette donation se fait chez lui à Étampes (in domo sua apud Stampas) (transaction 3).
     4) Cette donation se fait avec l’accord de son frère Godéchal (B 8:
concedente fratre Godiscale), à qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez nous à tous deux (transaction 3).
     5) Les donations qu’il effectue nécessitent aussi le consentement de Payen fils d’Anseau, donné par l’intermédiaire d’Anseau fils d’Arembert à la grange de Boisville-Saint-Père en présente d’Hugues du Puiset; elle est nécessaire pour ce qui concerne les deux tiers de la villicatio (transaction 10).
     6) La donation d’Arnaud nécessite enfin le consentement d’Hugues de Gallardon, pour la part de Vierville qu’il tient en fief de Guillaume via Gautier, vassal du seigneur d’Auneau pour ce bien-ci. Hugues de Gallardon donne donc à Auneau son consentement à la donation d’Arnaud en même temps qu’à celles de Gautier et de Guillaume fils de Bernoal (transaction 11).
     (a) Cet Arnaud fils d’Aubrée nous est également connu par la Chronique de Morigny, qui rapporte que les fils d’Aubrée Ours et Arnaud (filii Alberee Urso et Arnaldus) ont donné aux moines de Morigny chacun le sixième de l’église de Saint-Germain qu’ils détenaient (f°63). On notera que le premier sixième en fut donné par Anseau fils d’Arembert (noster Ansellus), selon la même Chronique de Morigny (f°63), personnage qui intervient aussi pour représenter Payen fils d’Anseau lors de notre transaction 10.
     Il semble donc qu’Oury, veuf et père de Godéchal, avait épousé Aubrée, veuve et mère d’Ours, et qu’ils avaient eu ensemble pour fils Arnaud. On peut donc légitimement se demander si le premier mari d’Aubrée n’avait pas été Thion II d’Étampes, fils d’Ours I et père d’Ours II, qui doit peut-être être identifié à Ours de Pierrefitte.
     (b) Quant à sa mère Aubrée, c’est elle qui très probablement qui a donné son nom au hameau d’Aubray dans la commune de Mérobert (Essonne), non loin de Vierville (Eure-et-Loir), qui est appelé Albereth dans une charte de Saint-Jean-en-Vallée à Chartres antérieure à 1130.
Arnaud fils de Baudouin (Arnaldus filius Balduini, A 21, Ernaldus filius Balduini, B 15)
     Cet Arnaud est témoin à Étampes du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal à la donation de Gautier d’Aunay (transaction 6).
Arnèse (Erneisius, A 13).
     S
urnom ou nom de famille porté par un certain moine de Chuisnes, Gimard (Gingomarus Erneisius), qui disparaît dans la deuxième rédaction (B 11: Gingomarus)
Arnoux d’Aunay, frère de Gautier II (Arnulfus de Alneto, C 31, Arnulfus frater Gaulterii de Alneio, D 34)
     Arnoux d’Aunay est le frère de Gautier d’Aunay et paraît lui succéder comme chef de famille.
     1) Il est témoin à Chartres de la dernière transaction enregistrée par la notice B: du consentement donné son frère aîné Gautier à la donation par son beau-frère de quatre familles de colliberts: 
Arnulfus frater Gaulterii de Alneio (transaction 15).
     2) Dans la notice C, qui paraît plus tardive et peut-être du début du XIIe siècle, alors que Gautier est probablement mort, il est cité comme témoin de la donation par Rainaud fils de Thiou et sa mère Ermentrut de la terre de Lomlu, ou plutôt des contre-dons des moines à la parentèle de Thiou,
quelque part entre Aunay et Vierville. Il n’est plus alors cité comme frère de Gautier, mais lui-même titré d’Aunay; en revanche est cité après lui, et pour la première fois, leur frère cadet Garin: Arnulfus de Alneto, Guarinus frater eius (transaction 17).
     (a) Un Arnoux d’Aunay est mentionné après 1062 (ce qui n’est malheuresement pas très précis) par une notice de Marmoutier pour le Vendômois (éd. De Trémault, Cartulaire pour le Vendômois, Paris, Picard, 1893, n°LXXXVII, p. 138: Arnulfo de Alneto).
     (b) Entre 1075 et 1085 le même Cartulaire mentionne un Arnoux qui est peut-être le même, qualifié de Spelteriis, toponyme qui recouvre peut-être Épeautrolles, où nous voyons Gauthier d’Aunay émettre de son côté des revendications sur l’église du lieu (ibid., n°22A, p. 310: Arnulfus de Spelteriis).

Arnoux, régisseur de Rouvray-Saint-Denis (Arnulfus maior de Roureio, B 10)
     Ce maire, c’est-à-dire régisseur, Arnoux est simple témoin de la deuxième donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
Asceline, fille de Thiou (Ascelina, C 27)
     Fille de Thiou et d’Ermentrud, sœur de Rainaud, Pierre, Arembour et Rosceline. Elle consent avec eux à la donation de la terre de Lomlu opérée par son frère Rainaud (transaction 16) et fait ensuite partie de la parentèle qui reçoit des contredons (transaction 17).
Aubert fils d’Anseau (Albertus filius Anselli, B 9, 22, 24).
     Aubert fils d’Anseau est le frère cadet de Payen fils d’Anseau.
Albertus filius Anselli      1) Il est témoin de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
     2) Lui-même détient un bien à Vierville, deux tenures, qu’il avait données à fief à Amaury Roux d’Ablis, et il consent à la donation de ce dernier (transaction 9).
     3) C’est lui qui obtient le consentement de son frère Païen fils d’Anseau aux donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godechal fils d’Oury (transaction 10).
     4) Il est donc le premier témoin cité de la cérémonie qui se déroule dans la grange de Boisville, avant même le vicomte de Châteaudun Hugues et le seigneur du Puiset Hugues, Nivelon fils de Foucher et Garin de Friaize, lorsque ce consentement est donné, au nom de Payen, par Anseau fils d’Arembert
(transaction 10).
     (a) Il est aussi cité comme témoin par la charte accordée par Philippe Ier à Notre-Dame d’Étampes en 1082 (éd. Prou, 276, l. 7) et cela juste avant Bernoal, abbé de Notre-Dame d’Étampes.
     L’on est donc naturellement porté à se demander si Aubert fils d’Anseau et Aubert frère de Bernoal abbé de Notre-Dame d’Étampes ne pourraient pas être une seule et même personne; d’où il découlerait encore et surtout que l’abbé de Notre-Dame serait aussi à mettre au nombre des fils d’Anseau: mais rien ne l’indique positivement).
     (b) Il sera encore cité en 1106 par une charte de Philippe Ier, qui nous fait aussi connaître son fils Mainier (éd. Fleureau, p. 483; éd. Menault, p. 41; éd. Prou, p. 390, ll. 15-16): Alberto ejusdem Pagani fratri, Manerio ejus filio.
     (c) Une charte de Louis VII en date de 1162 environ, en faveur du monastère des Vaux-de-Cernay, le mentionnera encore en temps que père d’un certain Guy (Guido, filius Auberti de Stampis, concedente filia sua Adeliza et genero, dedit vineas quas habebat apud Estrecheium sicut eas libere possidebat, et hoc per manum Ludovici regis Francorum, t.1, pp. 34-35, elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte24/); à moins qu’il ne s’agisse alors d’un certain Aubert fils d’Isembard cité par le cartulaire de Longpont (n°CVIII, CCXXXVI & CCLXXXI).
     (d) Il est possible qu’il faille l’identifier au suivant, s’il est le père du Rainier qui est témoin avec lui, et d’autres, de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3: Aubert fils de Gondagre; Aubert fils d’Anseau; Pierre fils d’Érard; Rainier fils d’Aubert; etc.).
Aubert père de Rainier (Albertus, B 10), père de Rainier.
     Peut-être à identifier avec Aubert fils d’Anseau.
     En effet cet Aubert est le père d’un certain Rainier qui témoigne en même temps qu’Aubert fils d’Anseau
de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à Étampes (transaction 3).
Aubert