A. Pays d’Étampes sous influence
chartraine
Les notices que nous éditons ici concernent
donc un village situé dans une zone frontière
relevant à la fois du pays d’Étampes et de celui
de Chartres, et il est nécessaire pour en comprendre
les données d’avoir une idée générale
de la situation du point de vue chartrain, situation nettement
mieux connue que celle du pays étampois à la même
époque, pour laquelle une synthèse serait actuellement
prématurée.
Il existe à l’époque considérée
un comte de Chartres (comes), un vicomte de Chartres
(vicecomes), et un vidame de Chartres (vicedominus).
1. Le comté de Chartres appartient
alors à la famille des comtes de Blois. A Thibaut
III (1037-1089) succède son fils Étienne-Henri
(1089-1102), époux d’Adèle d’Angleterre, fille
de Guillaume le Conquérant. Étienne-Henri
part en Palestine de 1096 à 1098, puis de 1101 à
1102, date de sa mort lors la bataille de Rama, en Palestine.
Il laisse un enfant de neuf ans qui sera Thibaud IV dit le Grand
(1102-1152), sous la régence d’Adèle, sœur d’Henri
Ier d’Angleterre, amie d’Yves de Chartres et d’Anselme de Cantorbéry,
jusqu’en 1107. Le comte n’apparaît pas ni n’est même
mentionné dans nos notices; le secteur semble dépendre
alors seulement du vicomte, Hugues Blavons.
2. La vicomté de Chartres fut
donné en effet en 1073 par Thibaud III à Hugues
Ier du Puiset, dit Blavons, cadet d’un vicomte précédent,
Évrard. Hugues Blavons s’était emparé
du château royal du Puiset en 1067, profitant des troubles
de la minorité du roi Philippe Ier. En 1079, le nouveau
seigneur du Puiset, désormais vicomte, mène
une fronde victorieuse contre l’autorité du roi, dont l’armée
est battue à plates coutures devant le Puiset.
Marié
à la fille d’un autre grand vassal du roi, Guy
Ier de Monthléry, il meurt selon les conjectures de Dion, reprises
sans examen par Depoin, en 1094: mais nous trouvons dans le
Cartulaire de Saint-Père une charte
de lui datée expressément de 1096.
C’est
à sa cour, réunie en pleine Beauce à
la grange de Boisville-Saint-Père, et non pas à
celle du roi de France, que le chevalier étampois
Payen fils d’Anseau donne son assentiment à la donation
de Vierville aux moines de Marmoutier.
C’est une bonne preuve de l’éclipse que connaît
alors l’autorité royale dans le secteur, dont les
historiens ne paraissent pas avoir pris la mesure jusqu’ici.
En revanche, vers 1123, c’est-à-dire sous Louis VI,
qui a vengé en 1111 l’humiliation du Puiset, le
consentement du même Payen d’Étampes à des
donations dans le même secteur se fera en présence
du roi.
3. Le Vidamé de Chartres d’abord
tenu par un certain Renaud était passé à
son premier fils Aubert, mort en 1032, puis à son
cadet Hugues I encore vivant en 1059. En 1063 nous voyons
que c’est son fils Guerry qui a pris le relais; il est paraît
être mort vers 1089, date à partir de laquelle nous
voyons sa veuve Helsent tutrice de leur fils Hugues II.
Guerry et Helsent avaient eu également
une fille dénommée Hersent, qui avait épousé
le chevalier Thion Chef-de-Fer et lui avait donné deux enfants, Hardouin
Chef-de-Fer et Milsent. Il avaient eu aussi un deuxième fils, Étienne, qui fut plus tard abbé
de Saint-Jean-en Vallée, puis patriarche de Jérusalem,
de 1128 à 1130.
Helsent et son fils Guerry
étaient possessionnés dans le secteur, comme on
le voit par les trois exemples suivants, respectivement à Roinville-sous-Auneau,
Manterville et Vierville:
1) En 1079 il est mentionné
que l’église Saint-Georges de Roinville-sous-Auneau
est détenue pour moitié par Hersent (et par son fils Hardouin
Chef-de-Fer), et pour moitié par Ade, veuve
du vidame Hugues I et mère du vidame Guerry.
2) Helsent était possessionnée tout
près de là à Manterville,
comme on le voit d’une des ses
donations vers 1108 au bénéfice du monastère de Saint-Jean-en-Vallée.
3)
Hugues
détenait la moitié de Vierville, dont il
était aussi le dominus capitalis, seigneur
principal, notion qui reste à éclaircir, mais qui semble
supposer que lorsque le village avait été légué
en fait à sa sœur Hersent (qui l’avait elle-même donné
à sa fille Milsent), on avait réservé
les droits de son frère aîné sur ce bien.
Un fait est
de plus à remarquer, comme particulièrement troublant et
intéressant pour l’histoire d’Étampes: tant à Vierville
qu’à Manterville la seigneurie est partagée entre la famille
vicomtale de Chartres et certains Étampois, qui paraissent de ce
fait avoir une ascendance commune. Une moitié de Vierville est
tenue par Gauthier de Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes,
et la villicatio ou mairie de Vierville est tenue par Payen fils
d’Anseau. Or nous retrouvons le même Payen fils d’Anseau possessionné
à Manterville lors de la donation qu’en fait Helsent vers 1108.
Tout semble indiquer que Payen fils d’Anseau était
apparenté à la famille des vidames de Chartres, dont son
père était sans doute sorti à la génération
précédente. Nous y reviendrons.
4. La
châtellenie d’Auneau est alors tenue par Hugues de Gallardon, fils aîné d’Hervé
Ier de Gallardon, mort en 1092, et de Béatrice
d’Auneau, elle-même fille de Guy Ier de Montlhéry
et d’Hodierne de Gometz, sœur d’Alais de Montlhéry.
Hugues de Gallardon est par suite le neveu de la femme
d’Hugues Blavons du Puiset, vicomte de Chartres.
C’est
à cette période semble-t-il que se dessine
pour des siècles le sort de cette zone frontière
relevant à la fois de Chartres et d’Étampes. Le secteur d’Auneau dépendait à
l’origine du puissant comté de Rochefort, dont les seigneurs
étaient vraisemblablement possessionnés à
Étampes même, d’où sans doute l’actuelle
rue au Comte, dont le nom est attesté dès
1237, bien avant qu’il y ait eu des comtes d’Étampes.
Mais ce comté de
Rochefort fut progressivement démembré,
et la seigneurie d’Auneau tomba vers cette époque dans
la zone d’influence des vicomtes de Chartres, eux aussi possessionnés
à Méréville, à Étampes,
et à Morigny.
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Denier de Thibaud III de Chartres (1050-1090)
Donjon d’Auneau,
élevé par
Hugues de Gallardon entre 1090 et 1100
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B. Les familles des donateurs principaux,
Gautier et Milsent
1. La
famille d’Aunay. Le donateur principal de Vierville
est un certain Gautier d’Aunay. J’ai réuni en
Annexe 7 toutes les chartes que j’ai
trouvées dans le secteur qui relatives à cette
famille et je crois avoir établi les faits suivant.
Gautier I d’Aunay-sous-Crécy
(près de Dreux)
est son premier membre connu. Il paraît
essentiellement possessionné en Beauce, et, mentionné
dès les alentours de 1067, il est mort avant 1082. Gautier,
qui semble avoir épousé une sœur du chevalier
Hugues de Nonant-le-Pin, laisse cinq fils: Gounier, Jocelyn,
Gautier II, qui est notre homme, donateur de Vierville, Arnoux
et Garin.
Rainaud d’Aunay est son frère
cadet; il est aussi appelé, d’après l’une
de nos notices, Rainaud des Têtières,
hameau d’Unverre en Dunois
où il est possessionné. Il paraît encore
vivant à l’époque de la donation de Vierville, vers
1094, et paraît même survivre à son neveu Gautier
II.
Gounier
succédant à son père Gautier,
s’appelle d’abord Gounier de Molitard,
près Châteaudun, ce qu’il indique qu’il est possessionné
de ci de là depuis Dreux jusque dans le pays dunois.
Je propose d’identifier ce personnage à un chevalier
du même nom qui tenait Bayeux en 1105 pour le compte le
duc de Normandie Robert Courteheuse, et qu’Orderic Vital nous
dit avoir été un neveu d’Hugues de Nonant-le-Pin,
lui même gouverneur de Rouen à la même époque:
il est alors fait prisonnier par Henri Beauclerc, roi d’Angleterre.
Dès 1108 nous le voyons de retour au pays, et qualifié
de Saint-Avit, ayant récupéré
cette terre après la mort de son frère cadet sans
descendance. Vers 1115 il paraît résider pour un temps
à Orléans. Il vit longtemps, sans doute près de quatre-vingts
ans, car on a encore trace de lui vers 1146.
Jocelyn paraît être mort
jeune et sans postérité.
Gautier II reçoit Saint-Avit-les-Guespières
en héritage; il épouse Milsent, fille du
chevalier Thion Chef-de-Fer, qui reçoit en dot Vierville,
possession de sa mère Hersent, dame de Denonville, qui
le tenait elle-même de son père le vidame Guerry, son frère
aîné Guerry en demeurant le dominus capitalis; mais,
sans postérité, ils cèdent Vierville aux
moines de Marmoutier dont Thion Chef-de-Fer a pris l’habit
du vivant de sa femme.
Nous voyons Gautier résider avec sa femme, au
moment de la donation, à Saint-Avit-les-Guespières,
où ils ont un régisseur particulier de ce
domaine, tout à fait en dehors de notre secteur.
Une charte de Saint-Père
de Chartres nous le montre en conflit avec ce monastère
au sujet de l’église d’Épeautrolles, entre
Saint-Avit et Chartres, qui avait été donnée
aux moines par Hugues de Dreux. Avec sa femme il est cité
cependant comme bienfaiteur par l’obituaire de Saint-Jean-en-Vallée
Chartres.
Après
la mort de Gautier, ses biens semblent être retournés
à son frère aîné, qui prend
nom Gounier de Saint-Avit, vers 1108.
Arnoux d’Aunay ne nous est connu que
par deux de nos notices (qui en revanche ne mentionnent ni
Gounier ni Jocelyn, le premier peut-être absent alors
de la région, et le second mort jeune sans descendance).
Garin, témoin de l’une de
nos transactions, par contre est bien documenté, et nous
connaissons même les noms de ses cinq enfants survivants.
Il fut surnommé Torcul,
c’est-à-dire Pressoir,
sans doute parce qu’il pressurait
ses tenanciers, surnom qu’il transmis à son fils Aubert, dit Payen
Torcul.
2. La famille Chef-de-Fer. Si Vierville
est aux mains de Gautier II d’Aunay, c’est que sa femme Milsent
l’a reçu en dot, de sa mère Milsent, fille du vidame Guerry, sœur du vidame Hugues et
dame de Denonville, qui avait épousé
un chevalier du château de Courville-sur-Eure, Thion
Chef-de-Fer, lui-même possessionné, semble-t-il,
à Chuisnes.
Étienne
Chef-de-Fer est cité
entre 1048 et 1060, avec ses deux fils Thion et
Aimon.
Un Vivien Chef-de-Fer est cité dans
le Vendômois vers la même époque (de 1065 à 1069)
dans l’entourage du chevalier Guismand de Vendôme (fils de Guismand
de la Chappe et d’Aimeline fille d’Hugues Doubleau, ce dernier fondateur
de Montdoubleau et fidèle d’Eudes II de Chartres). C’est sans doute
l’un de leur parents proches.
Thion Chef-de-Fer, fils
d’Étienne, est cité à Courville entre 1064 et 1079 comme témoin,
avec son oncle Aimon et son fils Hardouin. Puis en 1079, avec sa femme Hersent et son fils Hardouin comme possessionné à
Roinville. Vers 1080 à Bréthencourt comme s’étant
fait moine de Marmoutier. Viennent ensuite nos notices,
antérieures au moins pour les premières à
1096, et postérieures à 1092.
Hardouin est ensuite cité
à plusieurs reprises, notament par une charte qui
précise qu’il est un chevalier du sire de Courville.
Il aura lui-même un fils nommé Hugues.
Je donne
en Annexe 6 tout ce que j’ai trouvé
pour l’instant sur cette famille.
|
Henri Ier
Beauclerc d’Angleterre,
qui prit Bayeux en 1105 à Gounier
d’Aunay,
frère de notre Gauthier II d’Aunay
La sorte de
heaume qui donne
son nom à la famille Chef-de-Fer
|
A Vierville Gautier détient (du chef de sa femme)
le village même de Vierville, l’église
avec l’enclos qui l’entoure, où est le cimetière,
la dîme et de droit de sépulture afférents,
et une terre de deux charrues qui doit constituer la réserve
seigneuriale, exploitée directement par les serfs du
maître des lieux. Gautier et Milsent paraissent seigneurs
de tout le finage, qui est donné à fief à différents
exploitants principalement étampois, où sont prélevés
le champart, redevance en nature due à la moisson, et les autres droits coutumiers, tant dans le village même
qu’à l’extérieur.
Il s’agit d’un fief qui est tenu pour
une moitié du vicomte de Chartres, dominus capitalis
du village. Ce dernier terme est ambigu. Faut-il comprendre
que le dominus capitalis est le détenteur du droit de chevage, exigible
de chaque résident? Je tendrais plutôt à croire
qu’on est plutôt en présence ici d’un principe féodal
formulé explicitement à une époque ultérieure,
et qui réserve à la branche aîné d’une famille
le droit de récupérer un bien qui tomberait en déshérence
par extinction de la branche cadette qui l’a reçu en partage. Quoi qu’il en soit, l’autre moitié du village
est tenu par Gautier en fief d’un Étampois, Guillaume fils de
Bernoal.
La pyramide féodale paraît
ici relativement complexe, car on remarquera que l’autorisation
du seigneur d’Auneau paraît requise pour
ce qui est des donations de Gautier et de Guillaume fils de Bernoal,
mais non pas pour celle du vidame de Chartres. Il faut donc intercaler
le seigneur d’Auneau dans cette pyramide entre le vicomte de Chartres,
seigneur principal du village, et Guillaume d’Étampes.
Intervient-il ici comme héritier de droits ayant appartenu
originellement à la châtellenie de Rochefort?
Quoi qu’il en soit, Vierville, reçu
en dot par Milsent, était une possession de sa mère,
dame de Denonville, qui l’avait elle reçu
en dot, en même temps que Denonville et que, nous le savons
par ailleurs, la moitié de l’église Saint-Georges de
Roinville-sous-Auneau. L’autre moitié de cette église de Roinville-sous-Auneau
était détenue par Ade, veuve du vidame Hugues et mère
du vidame Guerry. L’avait-elle reçu en douaire de son mari, ou
apportée en dot? Il nous manque certains chaînons pour démêler
avec certitude l’origine de la situation complexe que nous constatons vers
1094. Ainsi nous constatons qu’ont alors des droits sur Vierville deux descendants
de lits différents de la vidamesse Ade, Hugues fils de son premier
mari Guerry, et l’Étampois Payen, petit-fils de son second mari Jocelyn
II de Lèves.
Gautier d’Aunay, qui réside
en fait avec sa femme Milsent dans son propre fief de
Saint-Avit-les-Guespières, n’exploite pas lui-même
ce domaine, qui est donné en fief, depuis sans doute
déjà la génération précédente,
à des gens du pays d’Étampes, qui ont acquis
au fil du temps des droits et des possessions héréditaires
difficiles mais non impossibles à démêler.
Ainsi par exemple
l’Étampois Aubert fils d’Anseau, détient pour sa part deux tenures, avec le champart
afférent. Il les a données en fief à un certain
autre Étampois.
Plus curieusement son frère
aîné Payen fils d’Anseau détient ce
qui semble être la mairie du village (villicatio),
c’est-à-dire probablement le titre de régisseur
(villicus ou major) et surtout les revenus
et droits afférents à cette charge. Il l’a lui
donnée en fief aux deux frères Arnaud fils d’Aubrée
et Godéchal fils d’Oury: deux tiers au premier, le troisième
tiers au deuxième. Il y détient certainement aussi
des tenures comme son frère cadet.
***
D’où viennent les droits
sur Vierville (comme aussi à Manterville) des Étampois
Payen et Aubert fils d’Anseau? Selon toute apparence de leur père
Anseau: car il faut l’identifier, contrairement à ce qu’en
a écrit jadis Joseph Depoin, avec un certain Anseau fils de Jocelyn,
c’est-à-dire de Jocelyn II de Lèves, qui avait épousé
la même Ade ou Adèle après la mort de son premier mari.
Adèle avait eu de son premier mari le vidame de Chartres
un fils, Guerry, qui lui succéda et eut lui même pour
fils Hugues II. Après la mort d’Hugues Ier, après 1059,
Adèle se remaria avec Jocelyn II de Lèves dont elle eut,
outre Jocelyn III, un Anseau fils de Jocelyn qui
s’installa à Étampes, et qui fut le
père de notre Payen fils d’Anseau (dont le véritable nom de
baptème était Isembard). De la sorte Guerry et Anseau étaient
frères utérins, et par suite, l’Étampois Payen
fils d’Anseau et le vidame Hugues II fils de Guerry, cousins germains,
issus tous deux de la vidamesse Adèle, dont tout indique qu’elle
avait été la première détentrice de la seigneurie
de Vierville.
|
Cérémonie d’hommage
féodal (XIIIe siècle)
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Avec les deux frères Arnaud et Godéchal,
nous atteignons semble-t-il le plus bas niveau de la pyramide
seigneuriale et nous nous rapprochons de celui des exploitants
réels du village. Ils sont frères, mais par
un parent seulement, situation à l’époque extrêmement
fréquente; et nous ne savons pas lequel, car l’un
est dit fils d’Aubrée (cette femme étant apparemment
celle qui a donné son nom au hameau d’Aubray dans le territoire
de l’actuelle commune, toute proche, de Mérobert), et
l’autre fils d’Oury de Vierville. Cet Oury dit de Vierville était
selon toute apparence déjà lui-même fieffé
des vidames de Chartres, sans doute surtout au titre de sa femme
Aubrée.
1. Arnaud, qui est Étampois,
et que nous connaissons par ailleurs comme bienfaiteur
de l’abbaye de Morigny, est le mieux loti. Il tient en fief
la moitié du village, à savoir semble-t-il
la partie que Gautier tient lui-même du vidame de Chartres;
il a de plus pris à fief de Payen d’Étampes
les deux tiers du fermage (villicatio) de Vierville.
2. Godéchal pour sa part réside
à Méréville; il détient huit
tenures, dont il perçoit le champart et les dîmes
afférentes, plus le tiers restant du fermage (villicatio),
et encore d’autres menus biens et droits, qu’il finit par
donner intégralement, sentant la mort venir, contre le droit
de revêtir à son dernier jour l’habit monachal qui le
mettra sous la protection de saint Benoît.
3. Amaury Roux d’Ablis, autre
Étampois, tient encore à fief deux tenures d’Aubert,
frère cadet de Payen.
Par ailleurs, apparemment quelques années plus
tard, deux autres exploitants nous sont signalés par
leurs donations; ils exploitent peut-être des alleux échappant
à la pyramide féodale, car aucun consentement
n’est donné à leurs donations, hormis celles
de leurs propres parents et collatéraux; cependant
on peut aussi penser qu’il s’agit de terres qu’ils tenaient en fief
des donateurs précédents, et qu’ils étaient
donc, dès avant leurs donations, passés sous la
seigneurie des moines de Marmoutier:
4. Rainaud
fils de Thiou donne une terre non identifiée
du nom de Lomlu.
5.
Geoffroy de l’Eau, ou de l’Ève, ou de Lèves,
fils de Félicie, enfin, donne également une
terre d’une charrue et trois tenures. C’est sans doute le
fils d’un Thibaud de l’Eau (ce qui se disait en ancien français
de l’ Ève), ou
de Lèves signalé à Étampes en 1082
par une charte de Philippe Ier. Dans le cadre de l’hypothèse
que nous avons développée plus haut au sujet d’Anseau,
qui serait Anseau de Lèves, on pourrait imaginer que ce Thibaud
ait été son frère, également installé
à Étampes, et que notre Geoffroy ait été
un autre cousin de Payen fils d’Anseau.
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Labour au XIe siècle
(Saint-Zénon de Vérone)
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E. Installation de nouveaux serfs
Les donateurs, Gautier et son épouse Milsent, envisagent
dès le départ la faculté pour les donataires
d’installer à leur gré de nouveaux
hôtes sur le terroir de Vierville.
De fait Hersent et Hardouin,
mère et frère de Milsent, à la sollicitation
de Thion Chef-de-Fer, leur ex-époux et père,
donnent à cet effet ultérieurement aux moines quatre
familles de colliberts, c’est-à-dire
de serfs, celles des fils et filles d’un certain Geoffroy.
On entrevoit aussi
dans le secteur un certain Constance, serf
des moines de Marmoutiers originaire de leur prieuré champenois de Ventelay; ils paraissent
gérer leurs ressources humaines, comme on dit aujourd’hui, à l’échelle nationale.
|
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F. Résumé des 18 transactions
1. Gautier d’Aunay
se rend à Marmoutier pour poser l’acte de donation
du village de Vierville sur l’autel de saint Martin. — 2. Milsent Chef-de-Fer
fait le même don à Saint-Avit-les-Guespières:
elle donne rituellement un rameau de sureau à un serf censé
représenter le prieur de Marmoutier de passage à
Chuisnes. — 3. Arnaud fils d’Aubrée, chez lui
à Étampes, donne la moitié de Vierville qu’il tient
à fief de Gautier, plus une part de l’autre moitié du village
qu’il tient à fief de l’Étampois Payen fils d’Anseau, avec
l’accord de son frère Godéchal fils d’Oury. — 4. Hardouin Chef-de-Fer, frère
de Milsent, consent à Chuisnes à la donation faite par sa sœur. — 5. Le vidame de Chartres Hugues
fils de Guerry, seigneur principal de Vierville, et sa mère
Helsent, de qui Gautier tient à fief la moitié
de Vierville, consentent à la donation. — 6. Guillaume fils de Bernoal d’Étampes,
de qui Gautier tient à fief la deuxième moitié
de Vierville, consent, à Étampes, à la donation. — 7-8. Godéchal fils d’Oury donne progressivement
tout ce qu’il détenait à Vierville. — 9. L’Étampois Amaury Roux
d’Ablis donne aussi ce qu’il détenait à
Vierville, avec l’accord de sa femme et de ses deux fils,
et l’autorisation d’Aubert d’Étampes de qui il
tenait ce bien à fief. — 10. A la grange de Boisville-la-Saint-Père (qui
paraît un fief chartrain de la famille d’Aunay), en présence
du vicomte de Chartres Hugues I du Puiset, dit Blavons, un
envoyé de l’Étampois Payen fils d’Anseau, frère
aîné d’Aubert, autorise en son nom les donations
d’Arnaud et de Godéchal: il donne rituellement
son gant. — 11. A Auneau, Hugues de Gallardon, seigneur
du lieu, autorise les donations faites par Gautier, Guillaume
fils de Bernoal et Arnaud fils d’Aubrée. — 12. Arembour, veuve de Godéchal
et leur fils Eudes consentent la donation du défunt Godéchal. — 13. Anseau Robert fils de Béguin
et sa mère Eudeline consentent à la
donation de Godéchal et d’Amaury. — 14. Hersent et son fils Hardouin
Chef-de-Fer, à Chuisnes, donnent quatre familles de
serfs pour mettre en valeur Vierville.
— 15. Gautier d’Aunay et sa femme Milsent Chef-de-Fer
consentent, à Chartres, à cette donation. — 16-17. Rainaud fils de Thiou donne la
terre de Lomlu, moyennant des contre-dons à lui-même et aux
siens. — 18. Geoffroy fils de Félicie et son
épouse Gile donnent une terre à Vierville.
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G. Datation précise de nos transactions
Malgré
tous mes efforts je ne suis arrivé à trouver
qu’une fourchette chronologique relativement large pour
ces transactions, qui ont dû de toutes façons
s’étaler sur plusieurs années.
Malgré le grand
nombre de personnes concernées, nous sommes en manque
de dates précises à une époque où
l’usage ne s’est pas encore généralisé de
dater tout document écrit.
Il serait intéressant
par exemple de dater la période précise où
fut en fonctions le prieur de Marmoutier Robert de Vierzon, mentionné
par les transactions 2 et 4.
La transaction 10
est antérieure à 1096, date du départ
en croisade de son témoin Nivelon II de Fréteval,
qui ne reviendra pas au pays avant 1108.
La transaction 11
est postérieure à 1092, date de la mort d’Hervé
de Gallardon, puisqu’elle nous montre son fils Hugues de Gallardon
agissant en seigneur et maître du secteur d’Auneau
en lieu et place de son père.
La transaction
12, qui prend place après plusieurs donations
de Godéchal fils d’Oury de Vierville, et même
après sa mort, est cependant antérieure à
1098, date à laquelle son témoin Hardouin, prieur
d’Épernon, semble déjà remplacé dans
cette charge par un certain Guillaume.
En revanche
les transaction 16 à 18 peuvent avoir été
conclues bien des années plus tard, par exemple dans
les premières années du XIIe siècle, quoique
du vivant de Thion Chef-de-Fer; car il semble bien que Gautier d’Aunay
lui-même soit alors décédé;
d’ailleurs l’écriture des notices C et D est très
nettement du XIIe siècle; mais il est vrai qu’elles ont pu
être recopiées tardivement sur le premier manuscrit,
sans pour cela être être elles-mêmes fort tardives.
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NOTICE A
(première partie du premier
parchemin)
| Notitia de
Vervilla quam dedit nobis Gualterius
de Alneto. Carnoti. |
Notice
sur
Vierville, que nous a donné Gautier
d’Aunay. Chartres
|
Nouerint omnes posteri
quod Gauterius de Alneto et uxor eius Milesindis
dederunt beato Martino Maioris Mona[2]sterii
et nobis suis monachis pro animabus
suis uillam quandam quę dicitur Veriuilla
et ecclesiam et decimam et sepulturam et terram [3]
ad duas carrucas cum decima et camparcio et omnes
hospites qui in eadem uilla hospitari uoluerint
ita ut nobis reddant omnes [4] consuetudines nec
alicui respondeant de aliquo nisi nobis, preter camparcium
quod retinuerunt sibi extra uillam: hoc red[5]dent
eis in eadem uilla, non alias deferentes. Pepigerunt
uero nobis, si illud quod retinuerunt sibi vellent
dare quandoque uel uendere [6] nulli alii se daturos
uel uendituros nisi nobis. Vnam aream tantum
retinuerunt sibi in eadem uilla ad domum sibi faciendam,
[7] de qua tamen reddent nobis omnes consuetudines
sic alii hospites. Factum est hoc apud Sanctum
Auitum in domo ipsius [8] Gauterii, presente patre uxoris
eius Milesindis* Teudone Capite de Ferro, et Rotberto de Virsone nostris
monachis, [9] quibus ipsa Milesindis* dedit hoc
donum per unum baculum, quoniam id maxime pertinebat
ad eam, et Archembaldo [10] famulo Theudonis monachi
et Theudone milite de Cramisiaco.
* corrigé par une deuxième main: Milesendis.
|
(2) Que tous nos successeurs
sachent que Gautier d’Aunay et sa femme
Milsent ont donné à saint
Martin de Marmoutier et à nous ses
moines, pour le salut de leurs âmes, un
certain village appelé Vierville, l’église,
la dîme, le droit de sépulture,
une terre de deux charrues avec sa dîme,
et son champart et tous les tenanciers qui voudraient
être accueillis dans le dit village sous
condition de nous rendre tous les devoirs coutumiers
et de ne dépendre de personne d’autre que
de nous, exception faite du champart qu’ils se
sont réservé en dehors du village;
on le leur donnera dans le dit village, sans le transporter
ailleurs. Mais ils nous ont promis que si un jour
ils voulaient donner ou vendre ce qu’ils se sont
réservé, ils ne le donneraient ni ne
le vendraient à personne d’autre qu’à
nous. Ils se sont réservé seulement
un emplacement dans le dit village pour s’y construire
une maison, mais ils nous rendront pour elle tous
les devoirs coutumiers comme les autres hôtes.
Cela s’est fait à Saint-Avit dans la maison
du dit Gautier, en présence du père
de son épouse Milsent, Thion Chef-de-Fer, et de
Robert de Vierzon, nos moines, à qui la dite Milsent
a fait cette donation par le moyen d’un bâton,
puisque c’est surtout à elle que cela appartenait;
ainsi que d’Archambaud, serviteur du moine Thion,
et du chevalier Thion de Crémisay.
|
Concessit hoc etiam donum
nobis Harduinus [11] Caput de Ferro frater
ipsius Milesindis* apud
Choinam in claustro nostrorum monachorum.
Qui etiam huic dono inter[12]fuerunt: Teudo Caput de
Ferro pater ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus
prior claustri Maioris Mona[13]sterii, Euanus, Ebroinus,
Guastho, Fulco, Gingomarus Erneisius, Odo famulus.
* corrigé par une deuxième main: Milesendis.
|
(4) Cette donation en
notre faveur a été aussi
autorisée par Hardouin Chef-de-Fer,
frère de la dite Milsent, à Chuisnes
dans le cloître de nos moines. Ont
aussi assisté à cette donation:
Thion Chef-de-Fer, père du dit Hardouin;
le prieur Thibaud; le prieur du cloître
de Marmoutier, Robert; Évain; Évroin;
Gaston; Foulques; Gimard Ernèse; le serf Eudes.
|
Hoc etiam donum ipsius [14] Gauterii
de Alneto et uxoris eius Milesindis* concessit nobis Hugo
filius Guerrici et mater eius Helisindis, a quibus
[15] habebat idem Gauterius in feuo partem unam illius uillę
Veriuillę, testibus istis: Iuone filio Norberti, [16]
Tetbaldo filio Stephani, Pagano filio Girardi Mariscalci,
Guarino filio Amalrici Biseni**, Alberto filio [17] Alberti d’Vlmeio.
* corrigé par une deuxième main: Milesendis.
** corrigé par une deuxième
main: Besenis.
|
(5) Cette donation du
dit Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent
en notre faveur a encore été
autorisée par Hugues fils de Guerry
et sa mère Helsent, de qui le dit
Gautier tenait en fief une part du dit village
de Vierville, en présence des témoins
suivants: Yves fils de Norbert; Thibaud
fils d’Étienne; Payen fils de Girard
Maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen;
Aubert fils d’Aubert d’Ormoy.
|
Aliam uero partem huius
sepe dictę uillę Veriuillę concessit
nobis Guillelmus filius Bernoalii de [18]
Stampis, quam habebat ille Gauterius in feuo
ab illo. Testes sunt huius rei Arraldus patruus
illius Guillelmi, [19] Bernoalius abbas
Sanctę Marię de Stampis, Albertus frater eius,
Godefridus* de Bardul Villa, Haubertus [20]
filius Haimelini, Hugo Bornus, Vrso de Petris,
Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus
clericus [21] de Sancto Sigio, Arnaldus filius Balduini,
Harpinus de Stampesio, Petrus filius Gerberti
Barbati, [22] Eblonius frater Arraldi, Teudo
monachus Caput Ferri.
* corrigé
par une deuxième main:
Godefredus.
|
(6) Quant à l’autre
partie de ce village plusieurs fois mentionné
de Vierville, sa donation en notre
faveur a été autorisée
par Guillaume, fils de Bernoal d’Étampes,
parce que le dit Gautier la tenait de
lui en fief. Les témoins de cette
affaire sont: Airaud, oncle paternel du dit Guillaume;
l’abbé de Notre-Dame d’Étampes Bernoal;
son frère Aubert: Geoffroy de Baudreville;
Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours
de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc
de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin;
Harpin de l’Étampois; Pierre fils de Gerbert
Barbu; Éblon frère d’Airaud; le
moine Thion Chef-de-Fer.
|
Sciendum est etiam quod
Godescalis filius [23] Hulrici de Veruilla
concessit sancto Martino et nobis monachis suis
decimam de sex hospitibus qui erant [24]
in eadem uilla. Huius concessionis testes sunt
hi: Teudo Caput Ferri, Galdinus filius Ausuei de
Mereruilla, Lisiardus de Stampis, Rotbertus filius
Arraldi, Herbertus de Danonuilla.
|
(7) Il faut savoir encore
que Godéchal fils d’Oury de
Vierville a concédé à
saint Martin et à nous ses moines
la dîme de six tenanciers qui se trouvaient
dans le dit village. Les témoins
de cette autorisation sont les suivants: Thion
Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ausoué
[Lisez: Ansoué]
de Méréville; Lisiard
d’Étampes; Robert fils d’Airaud; Hébert
de Denonville.
|
NOTICE B
(deuxième
parchemin)
Cette deuxième
notice reprend d’abord les choses
au début en les précisant.
Il semble en fait qu’il y ait eu deux cérémonies
de donation, la première par Gautier
à Marmoutier, la deuxième par son épouse,
qui était la propriétaire réelle
du bien en question, à Saint-Avit.
| Noticia
de Veriuilla quam dedit Gaulterius de Alneio
beato Martino Maioris Monasterii et monachis
eius. CARNOTIS |
Notice
sur
Vierville, que Gautier d’Aunay a donné
à saint Martin de Marmoutier
et à ses moines. Chartres
|
Nouerint posteri nostri
quod Gauterius de Alneio et uxor eius Milesendis
et Ernaldus filius Alberedę dederunt
beato Martino Maioris Monasterii et nobis monachis
suis, pro animabus ipsorum, totum corpus uillę
quę dicitur [2] Verisuilla, id est quicquid in
ipsa hospitari poterimus Carnotensibus arpennis
nichil sibi omnino retinentes ex ea. Dederunt
etiam sancto et nobis terram ad duas carrucas ab
omnibus consuetudinibus absolutam, ecclesiam quoque
cum decima, et omnibus quę ad ipsam [3] attinent.
De exteriori uero terra nichil omnino retinuerunt,
sed sancto et nobis omnia dederunt, excepto camparcio
quod in ipsam uillam et non alias eis deferetur,
et hoc etiam, quod si quantumlibet de eadem* exteriori
terra propriis bubus colere uoluerint, faci[4]ent
in cimitherio unam uel duas domos si eis placuerit,
et de ipsis reddent censum monachis. Conuenit
etiam hoc inter ipsos et monachos, quod si aliquid eorum
quę sibi retinuerunt uel dare uel uendere uel commutare
uoluerint, non** facient
alicui nisi nobis [5] Z
* Le scribe
avait oublié eadem et l’a ajouté
au-dessus de la ligne.
** Pour
non, l’le scribe
de la notice D utilise exactement
la mêm abréviation
que pour A, ce qui tend à démontrer
que la main qui a rédigé
D est la même qui avait mis A par
écrit.
|
(2) (3) Que nos successeurs sachent
que Gautier d’Aunay et son épouse Milsent
ainsi qu’Arnaud fils d’Aubrée ont donné
à saint Martin de Marmoutier et à
nous ses moines, pour le salut de leurs âmes,
le corps entier du village appelé Vierville,
à savoir tout ce que nous pourrons y loger
d’arpents chartrains, sans rien s’en réserver
du tout. Ils ont encore donné au saint et à
nous une terre de deux charrues libre de tout droit
coutumier, ainsi qu’une église avec sa dîme
et tous les biens afférents. Quant
au finage ils ne s’en sont rien réservé
du tout, mais ont tout donné au saint et
à nous, excepté le champart.
Il leur sera apporté au village même
et non pas ailleurs. Et encore ceci: s’ils
souhaitent cultiver une partie du finage (autant
qu’il leur plaira avec leurs propres bœufs),
ils se feront une, voire deux maisons, dans le cimetière,
si c’est leur volonté, et ils en paieront
le cens aux moines. Il a été
convenu entre eux et les moines que s’ils veulent donner
ou vendre ou échanger quelqu’un des biens
qu’ils se sont réservés, ils ne
le feront à personne d’autre qu’à nous.
|
Ipsum hoc donauit predictus
Gaulterius in capitulo Maioris Monasterii,
et ipsam donationem super altare
posuit, testibus multis, tam monachis quam
militibus et famulis. Z
|
(1) Le susdit Gautier a fait
la dite donation au chapitre de Marmoutier,
et il a posé la dite donation sur l’autel
en présence de nombreux témoins,
tant moines que chevaliers et que
serfs.
|
Quod etiam predicta
Milesendis auctorizauit postea apud Sanctum
Auitum in domo ipsius Gaute[6]rii mariti
sui, et quia eadem uilla maxime pertinebat ad
ipsam, dedit eam domno Rotberto de Virsone monacho
pro sancto et monachis aliis et Archenbaldo
famulo per baculum uice ipsius monachi, presente
eodem uiro suo Gaulterio de Alneio et Theudone
Capite Ferri [7] patre ipsius et Theudone milite
de Cramisiaco et Rotberto maiore suo de Sancto Avito
qui ambo cum ea* erant. Z
*Le mot ea a été
oublié, et le scribe a mis a sa place
une croix; il a fait suivre erant d’une autre croix, puis
a écrit ea.
|
(2) La susdite Milsent
y a encore donné sa permission
à Saint-Avit, dans la demeure
du dit Gautier son mari, et, parce que le
village lui appartenait surtout à elle,
elle l’a donné au moine monsieur Robert
de Vierzon au bénéfice du saint
et des autres moines, et au serf Archambaud, par
le moyen de la baguette, en lieu et place du dit moine,
en présence de son dit mari Gautier d’Aunay,
et de son père à elle Thion Chef-de-Fer,
ainsi que du chevalier de Crémisay Thion,
et de Robert, son régisseur de Saint-Avit,
qui tous deux étaient avec elle.
|
Predictus etiam Ernaldus
filius Alberedę qui sepedictę Veriuillę medietatem
tenebat de Gaulterio predicto dedit
sicut superius determinauimus hoc donum beato
Mar[8]tino et nobis, nec non etiam duas partes
uillicationis predictę uillę quam* tenebat de
Pagano filio Anselli dedit, in domo sua apud Stampas,
concedente fratre Godiscale, cui domnus Theudo Caput
Ferri dedit propter hoc ipsum X solidos et beneficium
nostrum utrique ipsorum. Si uero idem Er[9]naldus
aliquando desiderans fieri monachus precatur, dato quicquid
de eadem uilla sibi retinuerat omnino, sic eum ad monachilis
habitus conuentum nostrum admittemus. Huius igitur donationis
et concessionis sunt testes: Albertus filius Gondagri,
Albertus filius Anselli, Petrus filius [10] Erardi,
Rainerius filius Alberti, Gaufredus filius Girelmi,
Godefredus de Balduluilla, Arnulfus maior de Roureio, Paganus
filius Harduini, Rainaldus Teuldi filius, Iohannes
filius Pagani, Hugo minerius*, Herbertus
de Danunuilla. Z
* sic.
*ou bien Minerius?
|
(3) En outre le susdit Arnaud
fils d’Aubrée, qui tenait en fief du susdit
Gautier la moitié du souvent mentionné
Vierville, en a fait le don, comme nous
l’avons indiqué plus haut, à saint
Martin et à nous; et en plus de cela,
il a donné deux parts du fermage du susdit
village qu’il tenait en fief de Payen fils d’Anseau,
dans sa demeure d’Étampes, avec l’autorisation
de son frère Godéchal, à
qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné
pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez nous
à tous deux. Si donc le dit Arnaud, désirant
un jour se faire moine, en fait la demande, une
fois qu’il aura donné tout ce qu’il s’est
réservé dans le dit village, nous l’admettrons
dans notre communauté de vie monastique.
Ainsi donc de cette donation et autorisation sont
témoins: Aubert fils de Gondagre; Aubert
fils d’Anseau; Pierre fils d’Airard; Rainier
fils d’Aubert; Geoffroy fils de Gireaume; Geoffroy
de Baudreville; Arnoux régisseur de Rouvray;
Payen fils d’Hardouin; Rainaud fils de Thiou, Jean fils
de Payen; le minier Hugues*; Hébert
de Denonville.
* ou bien Hugues Minier.
|
Idem etiam donum concessit
et auctorizauit nobis Hardu[11]inus
Caput Ferri apud Coina, frater predictę
Milesendis in claustro monachorum. Qui etiam
huic dono interfuerunt, Teudo Caput Ferri pater
ipsius Harduini, Tetbaldus prior, Rotbertus
prior claustri Maioris Monasterii, Euanus, Ebroinus,
Guastho, Fulco, Gingomarus, Odo famu[12]lus.
Z
|
(4) Le même don
en notre faveur a été
autorisé et permis, à
Chuisnes, par Hardouin Chef-de-Fer,
frère de la susdite Milsent, dans le cloître
des moines. Ceux qui ont assisté
à cette donation sont: Thion Chef-de-Fer,
père du dit Hardouin; le prieur
Thibaud; le prieur du cloître de Marmoutier,
Robert; Évain; Évroin; Gaston; Foulques;
Gimard; le serf Eudes.
|
Hoc ipsum donum fecit
predictus Gaulterius de Alneio concedi a Hugone
filio Guerrici et matre ipsius Helisendę,
qui eiusdem uillę est capitalis dominus,
a quo etiam habebat idem Gaulterius medietatem
prefatę Veriuillę in feuo. Huius concessionis
testes sunt: Iuo filius Norberti, Tetbaldus [13] filius
Stephani, Paganus filius Girardi Mariscalis,
Guarinus filius Amalrici Biseni, Albertus de Vlmeio.
Z
|
(5) Le susdit Gautier
a obtenu l’autorisation de la dite donation
auprès d’Hugues fils de Guerry
et de sa mère Helsent, lui qui est le
seigneur percevant le chevage du dit village,
de qui le dit Gautier tenait encore la moitié
du susdit Vierville en fief. De cette autorisation
sont témoins: Yves fils de Norbert;
Thibaud fils d’Étienne; Payen fils de Girard
maréchal; Garin fils d’Amaury Bisen;
Aubert d’Ormoy.
|
Hoc ipsum donum annuit
et auctorizauit Guillelmus filius Bernoali
de Stampis et dedit beato Martino et
nobis, a quo sepedictus Gaulterius habebat in
feuo medietatem prefate Veriuillę. Domnus
etiam The[14]udo Caput Ferri dedit propter hoc
ipsum ei X solidos et de beneficio beati Martini
reuestuit eum. Huius rei sunt testes: Arraldus
patruus ipsius Guillelmi, Ebulo frater eius,
Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis, Albertus
frater eius, Godefredus de Bauduluilla, Aubertus
filius Hamelini, [15] Hugo Bornus, Vrso de Petris,
Bernardus clericus iuuenis, Gaufredus clericus
de Sancto Sigio, Ernaldus filius Balduini, Harpinus
de Stampis, Petrus filius Herberti Barbati, Teudo
Caput Ferri. A
|
(6) Cette donation a été
consentie et permise et faite par Guillaume
fils de Bernoal d’Étampes à saint
Martin et à nous, parce c’est de lui
que le souvent mentionné Gautier tenait
en fief la moitié du susdit Vierville. Monsieur
Thion Chef-de-Fer à cet effet lui a donné
dix sous et il l’a vêtu de neuf par un effet
de la générosité de saint
Martin. De cette affaire sont témoins: Airaud
oncle paternel du dit Guillaume; son frère
Éblon; Bernoal abbé de Notre-Dame
d’Étampes; son frère Aubert;
Geoffroy de Baudreville; Aubert fils d’Aimelin; Hugues Borgne; Ours
de Pierrefitte; le jeune clerc Bernard; le clerc
de Saint-Cyr, Geoffroy; Arnaud fils de Baudouin;
Harpin d’Étampes; Pierre fils d’Hébert
Barbu; Thion Chef-de-Fer.
|
Sciendum preterea quod
Godiscalis filius Vlrici dedit beato Martino Maioris
Monasterii [16] et nobis monachis eius tertiam
partem uillicationis totius predictę Veriuillę
et decimam totius terrę quam in ea habebat. Huius
doni sunt testes: Teudo Caput Ferri, Gaudinus
filius Ansei de Merer Villa, Lisiardus de
Stampis, Rotbertus filius Arraldi, Herbertus
de Danouilla. Z
|
(7) Il faut savoir en outre
que Godéchal fils d’Oury a donné
à saint Martin de Marmoutier et à
nous ses moines le tiers de tout le fermage
de tout le susdit Vierville et la dîme
de toute la terre qu’il y détenait.
De cette donation sont témoins: Thion
Chef-de-Fer; Gaudin fils d’Ansoué de Méréville;
Lisiard d’Étampes; Robert
fils d’Airaud; Hébert de Denonville.
|
Postea uero dedit [17]
idem Godiscalis eidem sancto et nobis
octo hospitalia quę in predicta Veriuilla
habebat, et quicquid denique in ea habebat,
excepto terragio quod illi qui in predictis
hospitalibus hospitabuntur deferent ei, uel
ad Mereruilla uel ad Bertolcuriam, ad quod horum
[18] ipsi placuerit, ita tam ut unus predictorum
hospitum de quo securus erit seruet idem terragium*, ei, et nullus
eorumdem colat alicuius terram ante illam quam de ipso habemus.
Cui etiam dedit ob hoc domnus Teudo Caput Ferri monachus XXX
solidos Carnotensis monetę, et beneficum nostrum. Pepigit
[19] quoque ei quod quando mortuus fuerit, sepeliet eum
monachus qui in predicta Veriuilla morabitur ad ęcclesiarum
nostrarum quamlibet, si tamen hoc ipsi mandauerit. Huius
rei testes sunt: Gaulterius de Stampis, Amalricus Rufus
de Ableis, Girbertus major de Seenuilla. [20], Richerius
mercator de Stampis, Herbertus de Danunuilla. Z
* Le scribe avait oublié terragium et l’a ajouté
au-dessus
de la ligne.
|
(8) Mais après cela le
dit Godéchal a donné, au
même saint et à nous, huit tenures
qu’il avait dans le dit Vierville, et
pour finir tout ce qu’il y possédait, excepté
le terrage. Ceux qui seront établis
sur les susdites tenures le lui apporteront, soit
à Méréville ou bien
à Bréthencourt, au lieu qu’il lui
plaira, de telle manière qu’un seul des susdits
tenanciers, auquel il fera confiance, aura
la garde de son terrage, et qu’aucun des susdits ne cultivera
la terre de qui que ce soit d’autre avant celle que
nous tenons de lui. Pour cela monsieur Thion Chef-de-Fer
lui a encore donné trente sous de monnaie chartraine,
et une place chez nous. Il lui a aussi promis que, quand
il sera mort, il sera enterré par le moine qui
résidera au dit Vierville, dans celle de nos
églises qu’il voudra, si du moins il le lui
demande. De cette affaire sont témoins: Gautier
d’Étampes; Amaury Roux d’Ablis; le régisseur
de Sainville, Gibert; le marchand d’Étampes
Richer; Hébert de Denonville.
|
Sciendum quoque quod Amalricus
Rufus de Ableis dedit in eadem sepedicta
Veriuilla beato Martino et nobis monachis eius
duas ut ita dicam hospitalitates et quicquid
omnino ibi habebat, nichil [21] inde sibi
retinens propter campartium, quod ei ad Stampas
uel ad Bertoucuriam portabitur, quod unus eorum
duorum qui ibi hospitabuntur uersabit ei, de
quo securior erit, qui etiam nullam aliam terram
colent ante eam de qua reddent ei terragium. Factum
est autem [22] hoc apud Stampas, concedente Alberto
filio Anselli de cuius casamento erat eadem terra,
concedentibus etiam uxore sua, id est Amalrici eiusdem,
duobusque filis et filia, dante sibi propter ipsum
Teudone Capite Ferri monacho X solidos. Huius [23] rei
testes sunt: Ernaldus filius Alberedę, Christoforus
Rex, Obertus de Stampis, Girbertus canonicus, Guillelmus
de Stampis Veteribus, Rotbertus de Cimiterio, Baldricus
de Fossato, Herbertus de Danunuilla. T.
|
(9) Il faut savoir aussi
qu’Amaury Roux d’Ablis a donné dans
le souvent mentionné Vierville,
à saint Martin et à nous ses moines,
deux, pour ainsi dire, tenures, et tout ce qu’il
y détenait, ne s’en réservant
rien du tout, mis à part le champart,
qui lui sera porté soit à Étampes
ou bien à Bréthencourt, et que
l’un de ceux qui les tiendront lui versera, celui en
qui il aura le plus confiance; ils ne cultiveront
en outre aucune autre terre avant celle de laquelle ils
lui paieront le terrage. Cela a été
conclu à Étampes, avec l’autorisation
d’Aubert fils d’Anseau, de la mouvance de
qui relevait la dite terre; avec l’autorisation de son
épouse, c’est-à-dire de celle d’Amaury,
et celle de ses deux fils, et de sa fille; le moine
Thion Chef-de-Fer lui donnant pour cela dix sous.
De cette affaire sont témoins: Arnaud fils
d’Aubrée; Christophe Roi; Obert d’Étampes;
le chanoine Gibert; Guillaume des Vieilles Étampes;
Robert du Cimetière; Baudry du Fossé;
Hébert de Denonville.
|
Preterea quoque sciendum quod
Paganus filius Anselli concessit et [24]
dedit in grangia Boesuillę beato Martino
Maioris Monasterii et nobis per cyrotecam Anselli
filii Aremberti idem donum uillacationis totius
iam dictę uillę, quod dederant Ernaldus filus
Alberedę et Godescalis filius Vlrici, testibus
his: Alberto filio Anselli, qui hoc fecit ab
eo conce[25]di, Gaulterio de Alneio, Hugone
uicecomite Castelliduni, Hugo de Puteolo, Niuelone
filio Fulcherii, Guarino de Friesia. Z.
|
(10) En outre il faut savoir
que Payen fils d’Anseau a autorisé
et donné, dans la grange de Boisville,
à saint Martin de Marmoutier et
à nous, au moyen du gant d’Anseau fils
d’Arembert, la dite donation de Vierville, qu’avait
opérée Arnaud fils d’Aubrée
et Godéchal fils d’Oury, en présence
des témoins suivants: Aubert fils
d’Anseau, qui a obtenu cette autorisation,
Gautier d’Aunay; Hugues vicomte de Châteaudun;
Hugues du Puiset; Nivelon fils de Foucher;
Garin de Friaize.
|
Sciendum quod Hugo de
Gualardone concessit et auctorizauit in
domo monachorum de Alneello et dedit predicto
sancto [26] et nobis idem ipsum donum
Veriuillę, quod dederant Gauterius de Alneio
et Guillelmus filius Bernoali et Ernaldus filius
Alberedę, rogatu domni Teudonis Capitis Ferri
et Costabli monachorum. Huius doni sunt testes:
Guido filius Serli, Amalricus filius Raherii,
Marinus prepositus [27] de Alneello, Rotbertus
Britto, Iohannes Vitulus, Rotbertus de Adunuilla
et Adelelmus frater eius, Hugo Canis, Osmundis de Gualardone.
T.
|
(11) Il faut savoir qu’Hugues
de Gallardon a autorisé et
permis, dans la maison des moines d’Auneau,
et qu’il a accordé, au susdit saint
et à nous, la dite donation de
Vierville opérée par Gautier
d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes
et Arnaud fils d’Aubrée,
à la supplique des moines monsieur
Thion Chef-de-Fer et Costable. De cette donation
sont témoins: Guy fils de Serlon; Amaury fils
de Rahier; le prévôt d’Auneau
Marin; Robert Breton; Jean Veau; Robert d’Adonville
et son frère Aleaume; Hugues Chien; Osmond
de Gallardon.
|
Preterea sciendum quod
Eremburgis uxor predicti Godiscalis filii Vlrici
et Odo filius ipsorum concesserunt
donationem quam idem Godescalis fecerat [28]
de Veriuilla beato Martino Maioris Monasterii
et nobis monachis eius, testibus, Gaudino
filio Ansue de Merervilla, Rainardo Farinardo,
Baldrico de Fossato, Harduino priore Sparronensi
et Ermengiso famulo eius, Gaufredo de Moreth,
Odone de Paniceriis, [29] Rainaldo de Alneio. Cui,
id est Aremburgi, dedit domnus Theudo Caput Ferri
tres solidos propter hoc ipsum donum. T
|
(12) En outre il faut savoir
qu’Arembour, épouse du susdit
Godéchal fils d’Oury, et Eudes, leur
fils, ont autorisé la donation que le
dit Godéchal avait opérée
de Vierville à saint Martin de Marmoutier
et à nous ses moines. En sont témoins:
Gaudin fils d’Ansoué de Méréville;
Rainard Farinard; Baudry du Fossé;
Hardouin prieur d’Épernon et son
serf Ermengise; Geoffroy de Moret; Eudes de
Pannecières; Rainaud d’Aunay. Monsieur Thion
Chef-de-Fer lui a donné, à
savoir à Arembour, trois sous en raison
même de cette donation.
|
Notum sit omnibus tam
futuris quam presentibus quatinus illud
donum quod Godiscal et Amalricus de terra
quę Veriuilla dicitur beato Martino et monachis
dederunt, [30] illud ipsum donum
Ansellus Rotberti filius Beguini et Odelina mater
eius pro sua suorumque salute partimque propter VII solidos
quos Teudo monachus ob hoc Odeline tribuit nobis
concesserunt. Huic dono interfuerunt: Radulfus Gauscelini
filius de Danunuilla et Gaufredis clericus.
[31] Ex nostra autem parte: Gaulterius famulus, et de Extolui Gaulterius*, et de Ludone Fulchaldus*. T.
* Le manuscrit porte bien de Extolui Gaulterius et de Ludone Fulchaldus, peut-être parce que ces éponymes avait été
surajoutés à
la première rédaction au
dessus de la ligne, comme on le constate souvent dans
les originaux, et qu’il ont été mal
reportés dans notre texte. On a une inversion analogue en C32-33.
|
(13) Qu’il soit connu de
tous, tant présent qu’à venir
que la donation du village appelé Vierville
qui avait été opérée
par Godéchal et Amaury à
saint Martin et aux moines, cette même
donation, Anseau Robert fils de Béguin et
sa mère Eudeline nous l’ont autorisée,
pour leur salut et celui des leurs, et pour une part
à cause des sept sous que le moine Thion a donné
à cet effet à Eudeline. A cette
donation ont assisté: Raoul fils de Gauscelin,
de Denonville, et le clerc Geoffroy. Et de notre
côté: le serf Gautier, Gautier de Léthuin
et Fouchaud de Ludon. |
Nouerint omnes nostri successores
quod Hersendis et filius eius Harduinus
Caput Ferri dederunt pro suis suorumque
animabus beato Martino et monachis Maioris
Monas[32]terii, admonitione Teudonis Capitis
Ferri iam monachi, patris predicti Harduini,
quatuor familias collibertorum de Danonisuilla,
id est Gaufredum cum filiis filiabusque suis.
Vnde et donationem fecerunt apud Coinam domno Tetbaldo
priori Coinę pro [33] domno abbate per ramum
sebuci. Cuius rei testes sunt, de monachis: Teudo Caput
Ferri, Harduinus prepositus Carnotensis, Guarinus
clericus. De laicis: Hugo Malueil, Guerrisius filius
Herberti, Rotbertus de Dallei Monte, Rainaldus famulus
Gau[34]fredis de Bello Monte, Guillelmus Rufus
de Coina et alii plures.
|
(14) Que tous nos successeurs
sachent que Hersent et son fils
Hardouin Chef-de-Fer ont donné, pour
le salut de leurs âmes et de celles des
leurs, à saint Martin et aux moines
de Marmoutier, sur les représentations
de Thion Chef-de-Fer désormais moine, père
du dit Hardouin, quatre familles de
colliberts de Denonville, à savoir Geoffroy
avec ses filles et ses filles. De quoi ils
ont aussi fait la donation à Chuisnes au prieur
de Chuisnes monsieur Thibaud tenant lieu de monsieur
l’abbé par le moyen d’une tige de sureau.
De cette affaire sont témoins, du
côté des moines: Thion Chef-de-Fer; le
prévôt de Chartres, Hardouin; le
clerc Garin; et du côté des laïcs:
Hugues Malveil; Guerrise fils d’Hébert;
Robert de Dolmont; le serf de Geoffroy de Beaumont, Rainaud;
Guillaume Roux de Chuisnes; et de nombreux autres.
|
Hoc ipsum donum concesserunt
Gaulterius de Alneio et uxor eius
Milesendis predictę Hersendis filia, sororque
prefati Harduini aput* Carnotum,
testibus istis: Iuone filio Herberti, [35] Rotberto
Flagello, Guarino de Baillole, Hugone
de Tracheto, Gaulterio de Sancto Germano, Harduino
de Adonis Villa, Arnulfo fratre Gaulterii de Alneio.
* sic.
|
(15) Cette même donation
a été autorisée
par Gautier d’Aunay et sa susdite femme Milsent
fille d’Hersent, sœur du susdit Hardouin,
à Chartres, en présence
de ces témoins: Yves fils d’Hébert;
Robert Fléaud; Garin de Bailleau; Hugues
de Tracy; Gautier de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville;
le frère de Gautier d’Aunay, Arnoux.
|
NOTICE C
(deuxième partie du premier
parchemin)
Cette notice
a été portée
sur la partie du premier parchemin qui restait
vierge, mais par une autre main que la première
et dans une écriture caractéristique
du XIIe siècle.
[25] Nouerint nostri presentes
et posteri sancti Martini monachi quod
Rainaldus Tetulfi filius quandam terram
que Lomlu [26] uocatur sancto Martino tribuit* tota ex
integro et quicquid in ea habebat, concedente Petro
fratre eius et matre eius que Ermentrudis dicitur,
ac conce[27]dentibus sororibus eis, Arenburge
scilicet et Roscelina atque Ascelina. Testes huius
donationis sunt isti: Albericus presbiter, [28]
Guido Serlonis filius, Arraldus de Dordano, Hungerius
de Villa Illa, Milo Bosonis filius, Albertus Vaslinus,
Gualterius faber, Raherius molen[29]dinarius, Rodbertus
Grimaldi filius, Albertus Burchardi filius.
Huius donationis
gratia nostri, monachi, id est
domnus Teudo qui Caput de Ferro dicitur [30]
ac domnus Constabilis Rainaldo et matri
eius ac sororibus certisque parentibus XXti
Vque solidos denariorum dederunt**, Petro
autem fratri germano Vque, [31] Falconi autem unam
spatam et Majoris Monasterii beneficium.
Quod uidit et audiuit Arnulfus de Alneto, Guarinus
frater eius, Rainaldus de [32] Testiariis, Herueus
armiger. Ex parte monachorum adfuerunt isti: Tamueius
presbiter, Guauterius de Anglica Terra famulus, de Venti[33]laio,
Constancius famulus et Guauterius de Veruilla
famulus.
* Le scribe a oublié:
sancto
Martino tribuit, et l’a lui-même
ajouté au dessus
de la ligne.
** Il a aussi ajouté: dederunt au dessus de la ligne.
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(16)
Que tous les moines de saint Martin,
présents aussi bien qu’à
venir, sachent que Rainaud fils de Thiou
a offert à saint Martin une certaine
terre qui s’appelle Lomlu, dans son
entier, indivise, et tout ce qu’il y possédait,
avec l’autorisation de son frère
Pierre et de sa mère qui s’appelle Ermentrut,
ainsi qu’avec l’autorisation de ses
sœurs, à savoir Arembour et Rosceline ainsi
qu’Asceline. Les témoins de cette donation
sont les suivants: le prêtre Aubry; Guy
fils de Serlon; Airaud de Dourdan; Hongier de Villeau;
Milon fils de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron
Gautier; le meunier Rahier; Robert fils de Grimaud;
Aubert fils de Bouchard.
(17) A cause
de cette donation, nos moines, à
savoir monsieur Thion, surnommé
Chef-de-Fer, et monsieur Costable ont donné
à Rainaud et à sa mère,
ainsi qu’à ses sœurs et à certains
parents: vingt-cinq sous; à son frère
de père et de mère Pierre: cinq sous;
à Faucon, une épée et une place
à Marmoutier. Cela a été vu
et entendu de: Arnoux d’Aunay; son frère Garin;
Rainaud des Têtières; l’écuyer
Hervé. Du côté des moines,
y ont assisté: le prêtre Tamoué;
le serf Gautier d’Angleterre, le serf Constance de Ventelay*, et le serf de Vierville Gautier.
* De Ventelay se rapporte à ce
qui suit et non à ce qui précèce,
comme nous l’apprend une autre charte du prieuré
de Bréthencourt (ici donnée
en Annexe 6e). On constate
une autre inversion du toponyme éponyme en B 31.
|
NOTICE D
(troisième partie
du premier parchemin)
Notificamus successoribus
nostris quod Godefredus de Aqua filius
Felicie [34] et Gila uxor eius dederunt
sancto Martino Maioris Monasterii et
monachis eius terram ad unam carrucam et tres
hosticias in uilla quę Veruilla [35] dicitur
et totum scilicet quicquid in ea possidebat
pro salute animarum suarum et suorum antecessorum.
Dederunt tamen monachi eis in caritate so[36]lidos
XXXta Vque Stanpensis monetæ. Huic donationi
affuerunt plures ex parte monachorum et
ex parte illorum. Ex parte illorum fuerunt [37]
hii: Rotbertus medicus de Stampis, Amalricus Rufus,
Harduinus clericus, Guarinus quidam famulus eorum.
Ex parte monachorum fuerunt hii: Tamueius presbiter
[38] de Stonno, Adelardus de Bertoldicuria et Rodbertus
eiusdem Adelardi socius. Monachus qui hoc donum recepit
et ceteris fratribus Maioris Monasterii detulit, [39]
domnus Teudo Caput Ferri fuit. Sciendum uero est quod
isdem* Teudo eis beneficium Maioris Monasterii tribuit,
ea scilicet conuentione ut si [40] aliquo
tempore ad monasterium pergerent ab abbate et ceteris
fratribus omnibus reciperent.
*Lisez: idem.
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(18) Nous faisons savoir à
nos successeurs que Geoffroy de l’Eau fils de
Félicie et son épouse
Gile ont donné à saint Martin
de Marmoutier et à ses moines une terre
d’une charrue et trois tenures au village qui
s’appelle Vierville, ainsi que tout ce qu’il
y possédait, pour le salut de leur
âmes et de celles de leurs prédécesseurs.
Les moines leur ont cependant donné
par charité 35 sous en monnaie d’Étampes.
A cette donation
ont assisté bon nombre de
personnes du côté des moines et
de leur côté. De leur côté
il y a eu ceux-ci: le médecin
d’Étampes Robert; Amaury Roux; le
clerc Hardouin; un certain Garin leur serf.
Du côté des moines il y a eu ceux-ci:
le prêtre de Léthuin Tamoué; Allard
de Bréthencout; et Robert compagnon du
dit Allard. Le moine qui a reçu ce don
et l’a fait connaître aux autres frères
de Marmoutier a été monsieur
Thion Chef-de-Fer. Il faut savoir que le dit
Thion leur a accordé une place à Marmoutier,
à savoir qu’il a été convenu
que si un jour ils veulent gagner le monastère,
ils aient gain de cause auprès de l’abbé
et des autres moines.
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ANNEXE 1
RÉPERTOIRE
DES LIEUX CITÉS
Notes de toponymie
Le secteur de Vierville sur la carte de Cassini
(1756)
de Ableis (B 19,
20): Ablis
Le contexte
ne permet pas de préciser le
genre de ce toponyme, qui paraît ici à
l’ablatif pluriel. En 1218, une charte du
Cartulaire de l’abbaye du Porrois
(n°53) porte le féminin (apud Abluyas),
qui permettrait de supposer ici un nominatif
*Ableae ou *Ableiae. Cependant
il faut sans doute reconnaître ici une forme indéclinable.
Dans le Cartulaire des Vaux-de-Cernay, on trouve ultérieurement trois
formes indéclinables concurrentes, Abluies vers 1168 (n°XXXI,
p. 49), en 1207 (n°CXLV, p. 160), 1227 (n°CCLXXV,
p.261), 1240 (n°CCCXCIX, p. 366), 1241 (n°CCCCIV, p.
370), 1243 (ibid. n°CCCCXVII, p. 383), Abluis
en 1239 (n°CCCXCVI, t. I, p. 363), 1241 (n°CCCCIX,
p. 375), 1246 (n°CCCCXLIV, p. 405), 1300 (n°DCCCCXC,
p. 980), 1321 (n°MXLIV, t. II, p. 62), et
Ablues en 1227 (n°CCLXXV, p. 261). Ultérieurement
on trouvera aussi de Ablusiis,
pour qualifier Geoffroy d’Ablis (célèbre inquisiteur mort
à Lyon entre 1316 et 1319). On a avancé une étymologie fondée
sur un anthroponyme romain Apilius,
hypothèse assez gratuite, et qui, outre un très
difficile passage du p ou b, expliquerait mal pourquoi le mot
semble toujours avoir été perçu comme
pluriel.
Aujourd’hui commune du canton Saint-Arnoult-en-Yvelines,
arrondissement de Rambouillet
(Yvelines).
Lieu
éponyme d’Amaury Roux d’Ablis
(Amalricus Rufus de Ableis), qui
paraît cependant résider à Étampes
(transactions 8 et 9).
|
Adunuilla (B 27),
Adonis Villa (B 35): Adonville
Voici la seule
graphie ancienne que donne Merlet dans
son Dictionnaire
topographique du département
d’Eure-et-Loir de 1861 (pp. 1-2): Adunvilla (1202, charte de l’abbaye de Belhomert).
A
titre de comparaison, notons plusieurs graphies anciennes données
pour le toponyme lorrain Haudonville (Henri Lepage, «Dictionnaire
géographique de la Meurthe», in Mémoires de la
Société d’archéologie lorraine, 2e série,
III, 1860, p. 129): Haidonvilla (1156, 1164), Haidunvilla
(1182), Hadunvilla et Haydunville
(1186), Adonvilla (1195), Haldonville (1393),
Hadonville (1414), Hauldonville (1433).
Aujourd’hui hameau de la commune
de Denonville (canton d’Auneau, arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir). Merlet
(ibid.) note que le fief d’Adonville relevait
du duché de Chartres et ressortissait pour
la justice à Auneau.
Lieu
éponyme de trois nobliaux mentionnés
par la notice B. Il est d’abord question d’un Robert d’Adonville et
son frère Alleaume (B 27), témoin
à Auneau d’une concession d’Hugues de Gallardon
(transaction 11), puis d’un Hardouin d’Adonville,
témoin à Chartres d’une concession
de Gautier d’Aunay (transaction 15): tous trois paraissent
des nobles voire des chevaliers. |
Alneellum (B 24, 26): Auneau
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.6): Auneellum (1111, charte
de l’abbaye de Bonneval);
Alnetellum, 1130 (id.);
Alneolum (cartulaire des Vaux-de-Cernay,
p. 48); Alneelum, 1172 (charte
de l’abbaye de Josaphat); Auneel
(1279, charte de l’abbaye de l’Eau);
Aulnel (1469, registre des contrats
du chapitre de Chartres); Aulneau
(1565, terrier de Reboulin);
Saint-Remy d’Auneau (1736, pouillé).
Actuellement chef-lieu de canton
et de la communauté de communes de la
Beauce alnéloise (arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir). Alors siège
d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Bonneval.
Merlet (ibid.) note qu’Auneau était d’une part une
baronnie vassale du duché de Chartres
et ressortissant pour la justice au bailliage de
Chartres; il ajoute d’autre part que c’était chef-lieu
d’un doyenné dépendant de l’archidiaconé
de Chartres et comprenant les paroisses d’Auneau,
Aunay-sous-Auneau, Béville-le-Comte,
la Chapelle-d’Aunainville, Denonville, Francourville,
Gellainville, Gouillons, Houville, Léthuin,
Levesville-la-Chenard, Louville-la-Chenard, Maisons, Mondonville-Saint-Jean,
Moutiers-en-Beauce, Oinville-sous-Auneau, Ouarville,
Prasville, Prunay-le-Gillon, Roinville-sous-Auneau,
Saint-Germain-la-Gâtine, Sours et Villeau.
C’est chez les moines
d’Auneau, en présence du prévôt
(prepositus) d’Auneau, Marin, qu’a lieu
la concession d’Hugues de Gallardon (transaction
11).
De fait Hugues de Gallardon était
alors seigneur d’Auneau, seigneurie qu’il tenait
de sa mère, fille du seigneur de Rochefort.
|
Alnetum (A titre,
1, 14; B 31), Alneium
(D titre, 1, 6, 11, 24,
25, 28, 33, 34): Aunay-sous-Crécy,
et non Aunay-sous-Auneau
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet pour Aunay-sous-Crécy:
Alnetum (vers 1080), Alaretum
(sic selon Merlet, 1110, charte de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée),
Altum et Covetum (vers 1250,
pouillé), Alnetum-juxta-Covetum
(1310, charte de l’abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois),
Saint-Martin d’Aunay-sous-Couvé
(1736, pouillé). Notons aussi, pour mémoire,
celles qu’il donne pour Aunay-sous-Auneau (p.6): Aunetum (1118, charte de
l’abbaye de l’Ouïe);
Alnetum (1389, id.); Alnetum-sub-Alneolo
(1432, charte de l’abbaye de Josaphat); Saint-Éloy
d’Aunay-sous-Auneau (1736, pouillé).
Il ne s’agit pas d’Aunay-sous-Auneau,
comme l’ont cru Lefèvre et Depoin, commune du
canton d’Auneau dans l’arrondissement
de Chartres (qui était
un fief vassal du duché de Chartres
et ressortissant pour la justice au bailliage de
Chartres), mais d’Aunay-sous-Crécy, commune du canton
de Dreux.
1) Gautier,
époux de Milsent et gendre de Thion Chef-de-Fer,
en tire son nom dans les notice A et B. Il est accompagné
une fois de son frère Arnoux (transaction 15).
2) Dans la notice
C, sans doute postérieure à sa mort, c’est
son frère Arnoux qui est titré d’Aunay
(transaction 17), accompagné cette fois de son frère
Garin.
3) La notice B cite
aussi un Rainaud d’Aunay (transaction 12), qu’il faut identifier
à Rainaud des Têtières, cité juste
après Arnoux et Garin (transaction 17).
Le recoupement des
données présentées par un certain nombre
de documents du temps permet d’affirmer qu’un certain noble,
originaire d’Aulnay-sous-Crécy et possessionné depuis
Dreux jusqu’au pays Dunois, eut deux fils, Gautier I d’Aunay
et Rainaud d’Aunay dit aussi des Têtières. Gautier
I a eu lui même six fils: Gounier titré tantôt
d’Aunay, tantôt de Molitard et tantôt de Saint-Avit;
Jocelyn; Gautier II d’Aunay; Arnoux; et Garin surnommé Torcul.
Cette famille est
clairement possessionnée depuis le secteur de Dreux jusqu’au
pays dunois.
|
Anglica Terra (B 32): Angleterre
S’agit-il de l’Angleterre, conquise
en 1066 par le duc de Normandie Guillaume,
ou bien d’un lieu-dit Angleterre,
comme il en existe bien
par exemple dans la commune d’Andeville
(canton de Méru, arrondissement de Beauvais,
Oise)? Ce surnom semble
avoir été porté par des personnes de condition modeste.
C’est ainsi par exemple qu’un Guillaume d’Angleterre, de statut incertain,
est cité entre des cuisiniers et un tailleur comme témoin
d’une transaction des moines de Marmoutiers en 1072, en Vendômois
(Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°XLIX,
p. 49.)
Ce
nom d’Angleterre donne son nom à un
serf des moines de Marmoutier, Guauterius
de Anglica Terra, témoin quelque part entre Aunay et Vierville
des contredons des moines à la parentèle
de Rainaud fils de Thiou après la donation de
la terre de Lomlu (transaction 17).
(a) Ce serf nous est aussi connu, Gaulterius
de Anglica Terra, par une charte du
prieuré de Bréthencourt d’environ 1080,
dont nous donnons le texte en Annexe
6e.
(b) Un autre (?) Gautier d’Angleterre, Gaulterius
de Anglia, de statut incertain, est témoin, apparemment à
Marmoutier même, d’une transaction relative à la terre de
Bezai, en Vendômois, sous l’abbé Bernard soit entre 1081
et 1099 (Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois, n°CLXXXI,
p. 259.
|
Aqua (D 33): l’Eau
ou L’Ève ou Lèves, lieu-dit
non identifié
Il existe un
lieu dit l’Eau près
de Chartres (actuellement Eau-lès-Chartres,
hameau de la commune de Ver-lès-Chartres),
mais cette dénomination n’est attestée
par Merlet (p.62) qu’à partir du XIIIe
siècle, lors de la fondation en ce lieu d’une abbaye
féminine cistercienne par Isabelle, comtesse
de Chartres): Pentoison (1226,
Cartulaire de l’Eau, p.9); Panthoison
(1229, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée,
p. 686); Pantoison (1229, charte
de l’abbaye de l’Eau); Aqua-prope-Carnotum
(1230, id.); Pontoison (1259,
id.); l’abeie de l’Iau-de-lez-Chartres
(1279, id.).
Il faut par ailleurs remarquer
que le latin aqua
peut représenter un toponyme en ancien
français L’Ève
ou Lève (car eau
se dit alors ève, d’où le
mot actuel évier), qui pourrait
constituer une latinisation curieuse mais possible du
lieu-dit chartrain de Lèves, et ce d’autant que
le prénom Geoffroy est bien attesté à cette époque
dans la famille de Lèves, par Geoffroy de Lèves, seigneur
du Tartre-Gaudran, chanoine de Notre-Dame de Chartres, qui sera évêque
de Chartres de 1116 à 1149.
Ce lieu dit donne son nom
à un certain Geoffroy de Aqua
fils de Félicie, époux d’une
certaine Gile (Godefredus de Aqua filius
Felicie et Gila uxor eius), qui
possède des biens à Vierville et
les donne, à Étampes (transaction 18).
(a) Ce lieu-dit, où
qu’il se trouve, donne apparemment son nom à une famille
clairement installée à Étampes, car nous trouvons comme témoin
d’une charte purement étampoise
de 1082 un certain Thibaud de l’Eau, Tetbaudus de Aqua (éd. Prou, p. 276,
l. 8, seule occurence du toponyme dans toutes les
chartres de ce monarque). (b) Ce
Thibaud est probablement le père de notre Geoffroy,
la notice D datant vraisemblablement du début
du XIIe siècle.
(c) Il faut noter
cependant la présence d’un chevalier apparemment chartrain
Roger de Aqua à Courville en mars
1094, dans la liste de témoins suivante: Philippa; son fils Yves; Nivelon, Garin de Friaize,
Hardouin Chef-de-Fer; Thibaud fils de Suger;
Fron fils de Themier; son fils Yves; Yves fils d’Hébert;
Roger de l’Eau (Rogerius de Aqua), monseigneur
l’évêque, etc (Nous éditons ce texte
en Annexe 6g).
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Baillolis
(B 35): Bailleau
Il existe trois Bailleau
en Eure-et-Loir, tous trois dans l’arrondissement de
Chartres: 1)
Bailleau-le-Pin (canton d’Illiers-Combray,
arrondissement de Chartres), pour
lequel Merlet donne: Baliolus
(vers 977, cart. de Saint-Père),
Bauliolum (vers 1165, cart. du Grand-Beaulieu),
Balliolum de Pinu (1215, ch. du
chapitre de Chartres), Balliolum-Pinus
(1221, ibid.), Balliolum-Pini
(1270, ibid.), Balliolum-Spini (vers 1250, pouillé),
Baillotum-Pini (1626, pouillé),
Saint-Chéron
de Bailleau-le-Pin (1736, pouillé);
2) Bailleau-l’Évêque
(canton de Mainvilliers) pour lequel Merlet donne:
Baliolum (vers 977),
Baliolis-villa (vers 1080, cart de
Saint-Père), Bajulolium (vers
1123 (cart. de Josaphat), Balliacum
(1148, charte du chapitre de Chartres),
Ballolium domini episcopi (1224,
id.), Saint-Étienne
de Bailleau-l’Evesque (1736, pouillé),
Bailleau-les-Bois (1793); et enfin 3) Bailleau-Armenonville,
dit aussi tout simplement Bailleau
(canton de Maintenon, arrondissement de Chartres),
pour lequel Merlet donne: Baillolium
(vers 1250, pouillé), Balliolum-sub-Galardone
(1626, pouillé), Saint-Martin
de Bailleau-sous-Gallardon (1736, pouillé).
Il doit s’agir de
Bailleau-le-Pin tout proche
de Saint-Avit-les-Guespières, dans le même
canton d’Illiers-Combray, et sur la route de cette ville à Chartres.
Cette localité donne son nom à
un certain Garin (Guarinus de Baillole), témoin à Chartres du consentement
donné par Gautier d’Aunay et sa
susdite femme Milsent au don de quatre familles de
colliberts de Denonville par Hersent (transaction 15).
|
Bardul Villa (A 19), Balduluilla (B 9), Bauduluilla (D
13): Baudreville
Ces trois anciennes graphies alternatives
du toponyme de Baudreville sont intéressantes,
car elles illustrent bien à quel
point il faut se méfier des apparences
en matière de toponymie. En effet,
on serait tenté en première analyse
de faire remonter Baudreville
à un hypothéthique
*Baldrici Villa, «domaine de Baudry»
(comme dans le cas du Beaudrevilliers
du Loiret, dans la commune de Bondaroy,
qui s’écrit dans les chartes de Philippe
Ier: Baldrivillare,
Baldrevillare et
Baldricivillare). Il existe aussi
Baudreville dans le département
de la Manche, et un autre, lieu-dit de
la commune d’Erceville dans le Loiret: mais ils
n’ont pas forcément la même
origine étymologique, comme on va le voir.
Les trois
graphies divergentes de notre notice
sont en effet d’accord pour attester qu’au
XIe siècle le R de
Baudreville était encore
un L, ce qui ne peut s’accommoder d’une telle origine.
La troisième graphie trahit
la véritable prononciation
de la première
syllabe au XIe siècle,
qui est déjà la nôtre,
bau-. On prononçait
quelque chose comme *Baudoulville.
La deuxième est une rétroversion mécanique
de Bau- en Bal- (par analogie,
cf. Baudouin, Balduinus). La troisième
est la plus intelligente. L’auteur
essaie de reconstituer l’anthroponyme qui
est à la base du toponyme, et il s’inspire
avec raison de la forme Bardoul,
qui était illustrée encore de son
temps par le fameux Hugues Bardoul.
Baudreville
était donc au départ le
domaine (villa) d’un certain
Bardulf, sous la forme
Bardoul. *Bardoulville a d’abord donné par assimilation
*Baldoulville,
d’où *Baudoulville
au XIe siècle; ultérieurement,
par rhotacisme, *Baudourville,
et pour finir, par métathèse,
Baudreville.
Les anciennes
graphies de ce toponyme données par
Merlet (p.10) confirment ces conjectures faites
avant d’avoir pu le consulter:
Baudorvilla
(v. 1250, pouillé), Bauldrouville (1542,
terrier de Reboulin); Baudreville
(1626, pouillé); Saint-Fiacre
de Baudreville (1736, pouillé).
Actuellement
commune du canton de Janville (arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir).
Lieu éponyme
d’un certain Geoffroy
de Baudreville, témoin
deux fois à Étampes, la première d’une donation d’Arnaud
fils d’Aubrée (transaction
3), la deuxième fois d’une
concession de Guillaume fils de
Bernoal d’Étampes (transaction 6).
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Bellus Mons (B 34): Beaumont (hameau de Chuisnes)
Il s’agit d’un toponyme assez courant.
Il était par exemple représenté
à l’époque de Philippe
Ier à Beaumont-sur-Oise, siège
d’un comté. Notre lieu-dit est ici mentionné
parce qu’un des témoins est le serf
ou domestique d’un certain Geoffroy de Beaumont
(Rainaldus famulus Gaufredis de Bello Monte). Or précisément
nous trouvons la
signature
de Geoffroy comte de Beaumont, $ Gaufredi
comitis Bellimontis dans une charte de Philippe Ier donnée
à Paris le 27 mai 1067, mais que Prou
considère comme un faux d’époque composé
entre 1071 et 1073 (p. 90, l. 37). C’est une fausse piste.On trouve en effet plusieurs Beaumont
dans notre secteur: un Beaumont à Chalo-Saint-Mars
(canton et arrondissement d’Étampes,
Essonne), un autre à Valpuiseaux (canton et arrondissement d’Étampes,
Essonne). En Eure-et-Loir le Dictionnaire
topographique de Marlet, page 12, ne signale
pas moins de cinq Beaumont.
Mais l’un d’eux s’impose absolument.
C’est un hameau
de la commune de Chuisnes, où témoigne
précisément notre Rainaud. Il est
cité en 1300 par le Polyptique
de Chartres sous le nom de Bellus Mons,
et en 1346 par une charte du chapitre de Chartres
sous le nom de Beaumont-soubz-Courbeville;
Le bois de Beaumont
est mentionné en 1527 par une charte du chapitre
de Chartres.
Aujourd’hui
hameau de la commune de Chuisnes (canton de Courville-sur-Eure,
arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
Ce lieu donne son
nom à un certain Geoffroy, dont le
serf Rainaud est témoin, à Chuisnes,
de la donation par Hersent et Hardouin, ex-épouse
et fils de Thion, de quatre familles de colliberts
en provenance de Denonville (transaction 14).
(a) Nous possédons
une charte de ce prieuré faisant état d’une donation
de Hardouin Chef-de-Fer, où apparaît pour témoin
le même Geoffroy de Beaumont, cette fois en personne.
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Bertolcuria (B 17),
Bertoucuriam (B 21), Bertoldicuria (D 38): Bréthencourt
Les scribes de nos notices, et
d’autres, semblent penser qu’il s’agissait au départ
d’un anthroponyme masculin, Bertold-Berthoud, comme
le marque très nettement la troisième graphie. Un
autre copiste, vers la même époque, écrit pareillement: Bertolcor
(Archives départementales d’Eure-et-Loir, H. 2261).
On
pourrait donc croire en première analyse à l’exactitude
de cette rétroversion supposant une étymologie
«Cour de Berthold», de même
que dans le secteur Berthouvilliers, hameau
de la commune de Neuvy-en-Beauce au canton de Janville,
représente un «Villier de Berthold»
et Baudreville, au même canton
de Janville, un «Domaine de Bardoul».
Cependant une charte des environs de 1080, rédigée
à Bréthencourt même en présence
de la dame du lieu, écrit, bien différemment,
Bertildis Curia (charte éditée ici
en Annexe 6e): il s’agit donc plutôt d’un anthroponyme
féminin, Berthilde, Berthaut (cf. Brunehilde-Brunehaut, Richilde-Richaut,
Mathilde-Mahaut, etc.), puis, par métathèse, Brétaud.
Une autre charte encore datée d’environ 1110, porte également
Bertildis Curia (Archives d’Eure-et-Loir, H
2256)
Autres preuves d’une
prononciation vernaculaire en -haut, le
Cartulaire de Saint-Père de Chartres
interprète cette terminaison comme un diminutif
masculin en -ellus, et écrit, dans un acte daté
précisément de 1137, Bretelli Curia;
et une autre charte du prieuré de Bréthencourt en
date de 1176 porte de Bertotcurte (Archives d’Eure-et-Loir, H 2256).
Quant à la
transition de *Brétaucourt à l’actuel
Bréthencourt, elle ne présente
pas la moindre difficulté. Nous constatons déjà
dans nos notices déjà un flottement entre les
son -an- et -au-, dans le cas de
l’anthroponyme Ansoué écrit d’abort
Ausoué (A 24:
Ausueus de Mereruilla, B 16: Anseus de Merer Villa; B 28:
Ansue
de Merervilla). Cette confusion existe d’ailleurs
encore de nos jours à Étampes, où j’ai
lu début juin 2008, dans la copie d’une collégienne,
enrevoir pour au revoir.
C’est un exemple intéressant
des erreurs que pouvaient commettre les scribes du
XIe siècle dans leur compréhension
des toponymes dont ils percevaient nettement le fonctionnement
étymologique sans pour autant être à
l’abri d’erreur de détail.
Aujourd’hui
lieu-dit de la commune
de Saint-Martin-de-Bréthencourt
canton de Saint-Arnoult-en-Yvelines, arrondissement
de Rambouillet, Yvelines), alors siège
d’un prieuré de l’abbaye de Marmoutier.
1) La notice B précise que deux donateurs,
Godéchal et Amaury Roux d’Ablis, continueront
à percevoir le champart de Vierville au lieu
qui leur agréera, soit à Méréville
pour l’un, et à Étampes pour l’autre, où
ils résident respectivement, ou bien à
Bréthencourt, où se trouve sans doute
le grenier des moines de Marmoutier pour le secteur (transaction
8 et transaction 9).
2) La notice C mentionne par ailleurs pour
témoins un Allard de Bréthencout
et Robert compagnon du dit Allard
(transaction 18).
(a) Une charte conservée aux Archives d’Eure-et-Loir, H.2261, datée par l’inventaire
également de 1090 environ, et donnée
plus bas en Annexe 6e, mentionne
comme prieur de ce lieu un certain Geoffroy (Godefredus de Balae, prior
de Bertolcor), en présence de Thion
Chef-de-Fer déjà moine.
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Boesuilla (grangia Boesuillę) (D 23): Boisville-la-Saint-Père
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.23):
Bodasivilla
(vers 954, Cartulaire de Saint-Père-en-Vallée); Boesvilla (vers 1090: c’est notre
occurrence, et la date
est celle qui est supposé par
l’inventaire des Archives d’Eure-et-Loir),
Boasi Villa (vers
1100, Cartulaire
de Saint-Père-en-Vallée),
Boeinvilla (vers 1250, pouillé),
Boivilla (1252, charte du chapitre de Chartres), Besvilla (1270, charte de l’abbaye de Bonneval), Boevilla-Sancti-Petri (1272, charte du chapitre de Chartres),
Boyville-la-Saint-Père
(1366, registre des contrats
du chapitre de Chartres), Boivilla-in-Belsia
(1626, pouillé), Saint-Laurent
de Boisville-la-Saint-Père
(1736, pouillé).
Aujourd’hui
commune du canton de Voves (arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir), alors siège
d’un prieuré dépendant de l’abbaye
de Saint-Père-en-Vallée. Merlet note
que le fief de Boisville-la-Saint-Père ressortissait
pour la justice à Janville.
C’est dans la grande de Boisville
que l’Étampois Payen fils d’Anseau, représenté
par Anseau fils d’Arembert, a autorisé
les donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal
fils d’Oury, en présence
notamment d’Hugues Ier du
Puiset dit Blavons, d’Hugues vicomte
de Châteaudun et de son beau-frère
Nivelon fils de Foucher de Fréteval (transaction
10).
(a) La famille d’Aunay
semble avoir été possessionnée à
Boisville, car une notice du Cartulaire de Saint-Père
(dont nous donnons le texte en Annexe 7b) nous
montre Gautier I d’Aunay consentir à la donation de
la voirie d’Honville par son vassal Gautier fils de Fléaud,
et une autre son frère Rainaud d’Aunay témoin à
Quémonville (Annexe 7f).
(b)
Nous savons entre autres par une charte de Philippa
de Courville en date de mars 1094 (Cartulaire de Saint-Père
de Chartres, éd. Guérard, tome
II, pp. 499-500, texte donné ici en
Annexe 6g) qu’Hardouin Chef-de-Fer
comme Garin de Friaize étaient vassaux (fideles
feodalesque nostri) du seigneur de Courville, qui
lui-même rendait hommage à son suzerain (patronus)
Nivelon de Fréteval.
(c) L’absence
lors de la cérémonie de la grange
de Boisville du chaînon féodal intermédiaire
entre la famille Chef-de-Fer et le sire de Fréteval,
c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius),
s’explique sans doute par le fait que c’est alors sa veuve
Philippe (Philippa) qui tient Courville au nom
de leur fils Yves.
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Britto (B 27): Breton ou plutôt
Berthon
Breton, en
latin Britto ou Brito,
est un anthroponyme assez bien représenté
dans le secteur à cette époque en
temps que patronyme. C’est sans doute en fait une variante par
métathèse et par analogie de l’anthroponyme Berthon, de
même que Berthaucourt est déjà devenu alors Bréthaucourt
(Bréthencourt), et que surtout, dans le secteur,
Berthoni Villare (Cartulaire de Saint-Père,
p. 53) est devenu Bretonvilliers, lieu-dit d’Aunay-sous-Auneau
(aussi représenté à Maisse en Essonne, où
la même étymologie est la plus vraisemblable).
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Carnotum (aput) (B
34), Carnotis
(A titre; B titre), Carnotensibus arpennis
(B 2), Carnotensis monetę
(solidos) (B 18), Carnotensis (Harduinus
prepositus Carnotensis) (B 33):
à Chartres, arpents
chartrains, monnaie
chartraine, Hardouin prévôt
de Chartres
Le toponyme
se décline (B 34); dans le titre
Carnotis il faut sans doute voir la forme
indéclinable du toponyme (comme souvent à
cette date pour Étampes,
Stampis).
Chartres
(préfecture de l’Eure-et-Loir)
est le siège du diocèse dont relève
Vierville (A titre, B titre) et bien que ce village
appartienne depuis toujours au pays d’Étampes,
il se trouve clairement dans une zone frontière.
Les moines de Chuisnes
y comptent les surfaces en arpents chartrains
(B2, transaction 1) et payent un noble de Méréville,
Godechal, en sous chartrains (B 18, transaction
8). Le don à Chuisnes par l’ex-épouse
de Thion, Hersent, et par leur fils Hardouin,
de quatre familles de serfs en provenance de Denonville
se fait en présence du prévôt de Saint-Martin
de Chartres, Hardouin (B 33, transaction 14), et
l’autorisation donnée à cette donation par
Milsent et son mari Gautier d’Aunay est enregistrée
à Chartres (B 34, transaction 15).
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Castellidunum (B 24):
Châteaudun
La possession de certain
biens à Châteaudun est confirmée
aux moines de Marmoutier par l’évêque
de Chartres Renaud vers 1190: le prieuré de Châteaudun
avec la chapelle dans laquelle demeurent les moines
et avec l’église Saint-Jean de la Chaîne
(prioratum Castridunense, cum capella in qua manent
monachi et cum parrochiali ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
Chef-lieu d’arrondissement
de l’Eure-et-Loir.
Le vicomte de Châteaudun
Hugues (avec son beau-frère
Nivelon fils de Foucher de Fréteval) est témoin de l’autorisation
donnée par l’Étampois
Payen fils d’Anseau fils d’Arembert aux
donations opérées par Arnaud fils d’Aubrée et Godéchal
fils d’Oury (transaction 10).
C’est sans doute qu’il est alors avec eux à la cour
de d’Hugues Ier du
Puiset, dit Blavons (qui n’est pas mort avant 1096).
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Cimitherium (B 4);
Cimiterium
(B 23): Cimetière
Rappelons que le mot
de cimetière est d’origine purement chrétienne
et qu’il signifie étymologiquement
“dortoir” (dans l’attente de la résurrection).
Michel Lauwers a montré récemment
que les cimetières, pendant une courte parenthèse
constituée par les dixième et
onzième siècle, sont curieusement devenus
des lieux de vie et d’habitation. Nos notices confirment
pleinement cette vue.
Il est question
d’une part du cimetière de Vierville
où Gautier d’Aunay et sa femme Milsent se
réservent le droit d’édifier
une ou deux maisons, et d’autre part d’un cimetière
qui donne son nom à un certain Étampois,
Robert du Cimetière (Rotbertus de Cimiterio), sans qu’on sache de quel cimetière
il s’agit. Il est cité
juste avant un Baudry du Fossé (Baldricus
de Fossato): ils sont témoins de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à
Étampes (transaction
9).
Rappelons
que les fouilles de l’été 2007 opérées
par l’INRAP sous la direction de Xavier
Peixoto ont mis à jour des sépultures
du XIe siècle rue de la République
devant l’Hôtel-Dieu jusqu’au portail de la collégiale
Notre-Dame, et plus haut, près de Saint-Basile.
Ci-contre un cliché de Jacques Corbel lors d’une fouille
plus haut dans la rue de la République, au niveau de la
place Romanet, derrière Saint-Basile, où été
mis à jour une trentaine de squelettes.
Voir:
Michel LAUWERS [né en 1963],
Naissance
du cimetière: lieux sacrés
et terre des morts dans l’Occident médiéval
[22 cm; 393 p.; bibliographie pp.
343-382; index], Paris, Aubier [«Collection
historique»], 2005 [ISBN 2-7007-2251-5;
24€].
Jacques CORBEL, “Le gisant de Saint-Basile”, in ID.,
Le Blog du Flâneur Étampois,
http://flaneur-etampes.over-blog.com/article-6993248.html, 2007, en ligne en 2008.
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Choina (A
11); Coina (B 11, 32a, 32b, 34): Chuisnes
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.49),
les premières tirées de chartes
du prieuré de Chuisnes: Vicus
Choinensis (v. 1020); Choina
(v. 1045); Cheoni (v. 1050);
Chonia (1117); Chuenia (1239);
Chuinia (1258); Chuene,
Chuyne (1338); Chuisnes
(1473); les autres tirées d’autres sources:
Chenua (1215, charte de la
léproserie du Grand-Beaulieu);
Chenia (cartulaire du Grand-Beaulieu, p.34),
Chuesne (1384, charte de l’abbaye
de Saint-Jean-en-Vallée); Saint-Martin
de Chuisnes (1736, pouillé).
Commune du canton
de Courville-sur-Eure, arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir, alors siège
d’un prieuré dépendant de l’abbaye
de Marmoutier, fondé vers 1080.
1)
C’est à Chuisnes qu’Hardouin vient donner
son autorisation à la donation de Vierville
faite par sa sœur Milsent (A 11 = B 11, transaction
4).
2) C’est encore à Chuisnes
qu’il vient avec sa mère Hersent faire la donation
de quatre familles de colliberts de Denonville (B 32,
transaction 14). Il y a en
effet à Chuisnes un cloître (A 11
= B 11), dont le prieur s’appelle Thibaud (domno Tetbaldo priori Coinę), qui représente l’abbé de Marmoutier.
Chuisnes donne aussi son nom à un témoin
ce cette même transaction qui y réside,
Guillaume Roux de Chuisnes (B 34).
(a) En 1083 le prieur est un certain Thierry
(témoin de la donation par Giroie de Courville de Saint-Nicolas
de Courville à Marmoutier, AD28, H.3385, éditée
dans le Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée,
n°2, p. 2: Theoderic prior de Chonia).
(b) Le 29 novembre
1119 c’est un certain Henri (accord entre les les moines
de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier,
Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée,
n°20, p. 14: S. Henrici Choiniae prioris).
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Cramisiacum
(A 10 = B 7): Crémisay
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.56):
Cramisium
(v. 1050, charte du prieuré de
Vieuvicq); Cramisiacum (v. 1080,
ibid.); Crémisy
(1380, note d’Illiers).
Hameau aujourd’hui
disparu de Saint-Avit-les-Guespières.
A ne
pas confondre avec le moulin de Crémisay dans la paroisse de
Villevillon, appelé Crimisium vers 1070
(Charte du prieuré de Vieuvicq ), Moulin
de Crémisé en 1677 (Registres de
Villevillon), Moulin de Crémisay en
1691 (Registres de Villevillon); ni avec Cramoisy, commune du canton de Montataire, arrondissement
de Senlis, département de
l’Oise (in
territorio Vilcassino villam quae dicitur Cramisiacum
au début du IXe siècle, Cramisiacus
en 859, Villam Cramitiacum en 875, Guillelmus
de Cramisiaco en 1007, apud Cramesy en 1136,
Vuillelmum de Cramiseio en 1150, Cramoisi
en 1177, 1358 et 1530, Cremoisi en la diocesse
de Beauveiz en 1273, Johannes de Cramoysiaco en 1269, Cramoisy
en 1349, 1480 et 1585, Kramoisi en 1363).
Ce hameau donne son
nom à certain chevalier, Thion de Crémisay
(Theudone milite de
Cramisiaco), qui se porte témoin
de la donation de Vierville effectuée
à Saint-Avit par Milsent selon le rite
(transaction 2).
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Dallei Mons (D 32): Dolmont
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.60), à
qui celle-ci a échappé:
Daullomons
(1246, charte du chapitre de Chartres);
Daulemont (1259, nécrologe
du chapitre de Chartres);
Dalemont (1274, charte du
chapitre de Chartres); Domnont
(1280, id.); Dalimons
(1300, polyptique de Chartres); Dallimons
(1351, registre des contrats du chapitre de Chartres);
Dromont (1555, terrier des
Sandarville). Merlet note que le fief de Dolmont était
vassal du duché de Chartres.
Une autre graphie ancienne a échappé
à Merlet, tant est déficient le précieux
index que Guérard à donné dans son édition
du Cartulaire de Saint-Père, ou bien
lui a paru ne pas devoir être retenue, entre 1116 et 1124: Allemont (p.307:
Radulfus de Allemont, corrigé dans le
titre donné par le Cartulaire, p. 306,
Radulfo de Dallemont).
Dolmont, actuellement faubourg
de Saint-Georges-sur-Eure (canton de Courville-sur-Eure,
arrondissement de
Chartres, Eure-et-Loir).
Dolmont donne son
nom à un certain Robert de Dolmont, qui est témoin
à Chuisnes de la donation par Hardouin de quatre
familles de colliberts de Denonville (transaction 14).
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Danonuilla
(A 24), Danunuilla (B 10; 20, 23, 30), Danouilla (B 16),
Danonisuilla (B
32): Denonville
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.59):
Danunvilla (vers
1080, charte du prieuré de Bréthecourt);
Danonis-Villa (1109, id.);
Danonvilla (vers 1250, pouillé);
Denonvilla-in-Belsia (1626,
pouillé); Saint-Léger
de Denonville (1736, pouillé). Merlet note que
le fief de Denonville était vassal
d’Étampes et y ressortait pour la justice.
Il a relevé de fait ultérieurement,
très clairement et sans contestation, du
bailliage d’Étampes.
Aujourd’hui commune du canton d’Auneau
(arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
(1) Denonville donne
son nom à un certain Hébert
de Denonville, dont le nom conclut quatre listes de
témoins de quatre transactions différentes
toutes passées à Étampes:
1° celle d’Arnaud fils
d’Aubrée, faite à Étampes
(transaction 3); — 2° une première
donation de Godéchal
fils d’Ourly, sans doute à Méréville
(transaction 7); — 3° une autre donation du même
Godéchal, à
Étampes (transaction 8); — 4°
une donation d’Amaury Roux d’Ablis avec l’autorisation d’Aubert fils d’Anseau, à Étampes (transaction 9). Cette position systématique en fin de liste
indique peut-être que de Hébert
était le clerc de la famille Chef-de-Fer.
Voyez en effet ce qui suit:
(2) Denonville donne son
nom également à un certain Raoul fils
de Jocelyn de Denonville, témoin en même
temps qu’un certain clerc Geoffroy (Radulfus
Gauscelini filius de Danunuilla et Gaufredis clericus) du consentement donné à la donation
de Godéchal par Anseau Robert fils
de Béguin et sa mère Eudeline, apparemment
dans le secteur de Méréville (transaction
14).
(3) Enfin ce sont quatre
familles de colliberts de Denonville qui
sont données par Hersent et Hardouin, respectivement
ex-épouse et fils de Thion Chef-de-Fer,
à savoir Geoffroy
avec ses filles et ses filles,
qui sont données aux moines de Marmoutier par
Hersent et son fils Hardouin
Chef-de-Fer, apparemment pour coloniser
des terres de Vierville (transaction 14).
Il
est clair que les Chef-de-Fer étaient
possessionnés à Denonville, mais
semble-t-il seulement du fait d’Hersent, ex-épouse
de Thion et mère d’Hardouin et de Milsent,
car une charte de Chuisnes faisant état d’une
donation d’Hardouin Chef-de-Fer le qualifie de chevalier
du château de Courville (de l’autre côté
de Chartres). |
Dordanum (B 28):
Dourdan
Hippolyte
Cocheris (qui malheureusement ne cite pas ses sources)
donne, dans son
Dictionnaire des anciens noms
de communes de Seine-et-Oise: Dortenco (monnaie mérovingienne),
Dordinga
(936), Dordingha
(956), Dordeneus villa (936),
Doringa (956), Drodinga
villa (956), Dordingum
(986), Dordinchum (1147),
Dordentium (1120),
Dourdain, Dordan (1174),
Dordanum (1222), Dordam
(1257), Durdactum (1514).
Chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Étampes (Essonne).
Dourdan donne son
nom à un certain Airaud de Dourdan (Arraldus
de Dordano), témoin de la donation
de Lomlu, vraisemblablement à Vierville même
(transaction 16).
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Extolui (B 30);
Stonnum (C 38): Léthuin
Voici les graphies
anciennes extrêmemement variées
que donne Merlet (p.101-102) pour ce toponyme qui a donné
du fil à retordre aux scribes qui voulaient
lui donner une forme latine, et qui devait alors se prononcer
quelque chose comme *L’Estoin.
Les premières
dans des chartes du prieuré de Léthuin:
Leston (vers 1050);
Stoniae (vers 1120); Stonium
(1154); Lestonium (1209);
Lestuem (1210); Lestolium
(1215); Lestuen-in-Belsia,
Lestoen (1230); Estolium (1231);
Leustonium (1247) Lestun-en-Beaulce
(1487); les autres ailleurs: Estonium
(vers 1120, charte du prieuré d’Épernon);
Lestem (vers 1250, pouillé);
Lestunum (1365, registre des contrats
du chapitre de Chartres); Lestuing
(1466, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Scone (1653, carte de Sansom d’Abbeville);
Saint-Germain et Saint-Protais de
Lestuin (1736, pouillé). Il est clair que le L initial du toponyme a été
le plus souvent ressenti par les clercs, à
tort ou à raison, comme un article, et qu’il
a donc été omis en latin. La possession de l’église de Léthuin (ecclesiam
de Lestonio) est confirmée
aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres
Renaud vers 1190. Merlet note que le fief de Léthuin
ressortissait pour la justice au bailliage d’Orléans.
Actuellement commune du canton d’Auneau
(arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir).
C’était alors
le siège d’un prieuré de l’abbaye
de Marmoutier.
Les notices C et D mentionne comme
premier témoin des moines pour deux transactions
un certain prêtre Tamoué (Tamueius
presbiter, transaction 16), la notice D précisant
qu’il est prêtre de Léthuin (Tamueius
presbiter de Stonno, transaction 16).
Léthuin donne
aussi son nom à un certain
Gautier d’Extolui, témoin du côté des moines,
et vraisemblablement moine lui-même, sans doute
à Vierville même ou à Léthuin,
du consentement d’Anseau Robert fils de
Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville
par Godéchal et Amaury (transaction 13).
Une charte des environs
de 1090 conservée aux archives départementales
de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2406, que j’éditerai
l’un de ces jours, mentionne le don par Baudry Tuault, Baldricus
cognomento Tuellus, de huit arpents de terre à Léthuin,
apud Leston.
Une autre charte des environs
de 1120 conservée sous la même cote,
que j’éditerai également l’un de ces jours,
mentionne le don par Aubert fils d’Anseau,
Albertus Anselli filius, de tout ce qu’il possédait à Noir-Épinay,
quidquid in Nigro Spineto habebat in
corpore ville et deforis juxta villam. Chartes citées
ici, pour l’instant, d’après l’Inventaire-Sommaire
de Merlet, p. 261.
La possession de
l’église de Léthuin est confirmée
aux moines de Marmoutier par l’évêque
de Chartres Renaud vers 1190 (AD28, H.2234, d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237: ecclesiam de Lestonio).
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Fossatum (B 23, 28): le
Fossé
Il s’agit d’un
secteur à Étampes.
Ce Fossé d’Étampes
donne son nom à Baudry du Fossé (B
23: Baldricus de Fossato), cité juste avant un
Robert du Cimetière (Rotbertus
de Cimiterio): ils sont témoins, témoin de la donation d’Amaury
Roux d’Ablis à Étampes
(transaction 9).
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Friesia (D 25):
Friaize
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.76):
Friaxa (vers 1080,
charte du prieuré de Chuisnes);
Friase (vers 1150, charte de la léproserie
du Grand-Beaulieu); Friessa
(vers 1160, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Friesia (1168, charte
de la léproserie du Grand-Beaulieu);
Friasia (1171, id.); Friesa (1207, charte
de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Freisia (1223, charte de la léproserie
du Grand-Beaulieu); Frieze
(1518, terrier de Landelles);
Saint-Maurice de Friaize (1736, pouillé).
Actuellement
commune du canton de la Loupe (arrondissement
de Nogent-le-Rotrou, Eure-et-Loir).
Friaize donne son
nom à Garin de Friaize (vassal d’Yves de II de Courville dont les sources
conservées nous gardent des traces de 1079
à 1120) dont l’importance est marquée
par le contexte puisque, quoi qu’en fin de
liste, il est mis sur le même plan qu’Hugues
Blavons du Puiset, Hugues vicomte de Châteaudun
et Nivelon de Fréteval; il est témoin
avec eux de l’autorisation
donnée par l’Étampois
Payen fils d’Anseau (en fait représenté
par Anseau fils d’Arembert) aux donations opérées
par Arnaud fils d’Aubrée
et Godéchal fils d’Oury
(transaction 10); il est alors avec eux à
la cour de d’Hugues Ier du Puiset,
qui n’est pas mort avant 1096.
Nous
savons entre autres par une charte de mars 1094
(Cartulaire de Saint-Père de Chartres,
éd. Guérard, tome II, pp. 499-500,
texte donné ici en Annexe
6g) que Garin de Friaize comme Hardouin
Chef-de-Fer étaient vassaux (fideles
feodalesque nostri) du seigneur de Courville,
qui lui-même rendait hommage à son suzerain
(patronus) Nivelon de Fréteval. L’absence
lors de la cérémonie de la grange de Boisville
du chaînon féodal intermédiaire
entre la famille Garin et le sire de Fréteval,
c’est-à-dire celle de Giroie (Gerogius),
s’explique sans doute par le fait que c’est alors (en 1094
du moins) sa veuve Philippe (Philippa) qui tient
Courville au nom de leur fils Yves cf. notre Annexe 6g).
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Gualardo (B 25,
27): Gallardon
Voici les graphies
anciennes que donne Merlet (p.77): Galerdo (1024, charte du prieuré
d’Épernon); Walardo
(1028, charte de l’abbaye de Coulombs);
Galardo (1094, charte de l’abbaye
de Bonneval); Galardo (vers 1100,
charte du prieuré d’Épernon); Galardum
(vers 1130, cartulaire de Thiron); Gaillardon
(plan de Châtillon); Saint-Pierre
de Gallardon (1736, pouillé). Alors
prieuré dépendant de l’abbaye
de Bonneval. Merlet note que c’était le chef-lieu
d’une seigneurie du chapitre de Chartres dont dépendaient
les mairies de Gallardon, Bleury, Écrosnes et
Germonval.
Aujourd’hui commune
du canton de Maintenon (arrondissement de Chartres,
Eure-et-Loir).
Gallardon
donne son nom à Hugues de
Gallardon, qui consent, dans la maison des moines
d’Auneau, la donation de Vierville opérée
par Gautier d’Aunay, Guillaume fils
de Bernoal d’Étampes et Arnaud fils
d’Aubrée (transaction 11).
Gallardon donne aussi son
nom à un certain Osmond
de Gallardon, témoin de ce
même consentement (transaction
11).
Selon Coüard
et Depoin, (Liber Testamentorum, p. 98, note
384), Gallardon appartint d’abord à Aubert le Riche,
qui eut trois fils: Aubert II, Garin et Thion. Aubert II n’eut
que deux filles. Il légua Thimert à Froheline,
épouse de Gasce, et Gallardon à Haubour (Hildeburge),
épouse d’un certain Hébert de Paris. Hébert
et Haubour eurent pour fils Hervé I de Gallardon.
Hervé eut pour enfant: Hugues I, Garin, Guy, Milon et
sans doute un certain Geoffroy de Gallardon, ainsi que la
bienheureuse Haubour (Hildeburge), épouse de Robert
d’Ivry. A la mort d’Hugues I, sans doute en Palestine, qui ne
laissa qu’une fille, son frère Garin lui succéda.
Garin mourut à son tour peu après, laissant un
fils mineur, Hugues II, dont Guy fut pour un temps le tuteur.
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Lomlu (C 25): lieu non identifié
dans le terroir de Vierville
La formation
de ce toponyme est caractéristique
du secteur où il se trouve, où l’élement
final –lu est
bien représenté. On trouve encore
en effet rien que dans ce canton d’Auneau
deux noms de communes ainsi formés: Ardelu
et Orlu.
Considérant que le
village d’Orlu (commune du canton d’Auneau, arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir) est à deux
kilomètres de Vierville, on peut se
demander si ce nom de Lomlu n’a
pas pu évoluer naturellement en Orlu. Voici les formes anciennes
que donne Merlet (p.135) pour Orlu: Orleium
(1154, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Orliacum (1162,
id.); Orli (1285, charte du chapitre
de Chartres); Orliarum locus (1435,
registre des contrats du chapitre de Chartres);
Saint-Médard d’Orlu (1736, pouillé).
Il faudrait imaginer d’abord un rhotacisme (Lomlu
devenu *Romlu ou *Rolu), puis une métathèse
(*Rolu devenu Orlu). En
effet dans le même secteur on voit évoluer
le nom de Baudreville dans le même sens:
Baudulvilla (vers 1090) en Baudorville
(1250) puis en Bau(l)drouvilla (1542),
Baudreville (1626). Pareillement pour
le nom de Dolmont, qui connaît une évoution
provisoire du même genre au XVIe siècle: Daulemont (1259), Dromont
(1555). De même Rotelu,
hameau de Videlles près La ferté-Alais
(orthographié ainsi au XIIe siècle
et à nouveau de nos jours) est devenu Ortelu
à l’époque de la carte de Cassini au
milieu du XVIIIe siècle (et encore à
l’époque de Gustave Estournet en 1944).Mais je ne crois pas trop moi-même
à cette hypothèse, car nous ne
voyons pas dans la suite qu’Orlu ait appartenu aux moines
de Marmoutier.
Cette terre de Lomlu
est donnée par Rainaud fils de Thiou,
vraisemblablement à Vierville même
(transaction 16), moyennant des contre-dons (transaction
17).
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Ludo (B 30):
Ludon
Voici la seule
graphie ancienne que donne Merlet (p.106):
Lueton
(vers 1080, cartulaire de Saint-Père-en-Vallée,
p. 225). Merlet note que le fief de Ludon était
vassal de Frécot.
Hameau de la commune de Saumeray
(canton de Bonneval, arrondissement
de Châteaudun, Eure-et-Loir), à
8 km de Saint-Avit-les-Guespières.
Ludon donne son nom à
un certain Fouchaud de Ludon, témoin du côté
des moines, et vraisemblablement moine lui-même, sans doute à Vierville même ou à Léthuin, du consentement d’Anseau Robert
fils de Béguin et de sa mère Eudeline à la donation de Vierville par Godéchal
et Amaury (transaction 13).
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Maius Monasterium (A, 1-2, 12-13; B
titre, 1, 5, 15, 24, 28, 31-32; C 31, D 34, 38, 39), monasterium (D 40):
Marmoutier
L’Abbaye de
Marmoutier se dressait au nord
de la Loire, face à l’ancienne ville
de Tours, au lieu où
se retirait pour prier saint Martin,
évêque
de Tours de la fin du IVème siècle.
Les dépendances
de cette abbaye bénédictine
s’étendaient dans une
bonne partie de la France. Il en subsiste les vestiges d’une
ancienne église abbatiale plus
grande que la cathédrale de Tours,
et les grottes où séjournait Saint Martin.
C’est aujourd’hui un lieu-dit de la commune
de Sainte-Radegonde, dans le canton de Tours
(Indre-et-Loire), où s’élève
un établissement d’enseignement privé.
Liste des abbés de Marmoutier pendant
cette période: Aubert (1037-1063/1064), Barthélémy (1064/1084),
Bernard de Saint-Venant (1084-7 avril 1100), Heugaud/Hilgot (1100-10
août 1104), Guillaume de Nantes (Nanticensis, natif en
fait de Combourg, 1105-1124). La
doantion de Vierville eut donc lieu sous l’abbatiat de Bernard. Je n’ai
pas pour l’instant pu consulter de relevé des prieurs de Marmoutier.
(1) Robert de Vierzon,
prieur de Marmoutier, est représenté
à Saint-Avit-les-Guespières, lors de
la cérémonie d’investiture de Vierville,
par un serf du moine Thion
(transaction 2).
(2) En revanche il
assiste personnellement, à Chuisnes,
au consentement donné par Hardouin et Hersent
à cette donation (transaction
4).
Voici une liste non exhaustive de prieurés
dont la possession est confimée
aux moines de Marmoutier dans son diocèse
par l’évêque de Chartres Renaud vers
1190 (AD28, H.2234,
d’après Merlet, Inventaire-Sommaire, p.237):
le prieuré de Saint-Thomas d’Épernon
avec l’église paroissiale du dit
lieu (prioratum
Santi Thomae Sparnonensis cum parrochiali ecclesia ejusdem loci);
l’église Saint-Pierre et l’église
Saint-Jean qui sont dans la même
place forte (ecclesiam Sancti Petri, ecclesiam
Sancti Johannis, que sunt in eodem castro);
le prieuré de Chuisnes
avec l’église du dit lieu (capellam
de Bello Loco, prioratum de Chonia, cum parrochiali
ecclesia ejusdem loci, ecclesiam Sancti Marini); l’église
de Saint-Avit (ecclesiam Sancti Aviti);
le prieuré de Châteaudun avec
la chapelle dans laquelle demeurent les moines et
avec l’église Saint-Jean de la Chaîne (prioratum
Castridunense, cum capella in qua manent monachi et cum parrochiali
ecclesia Sancti Johannis de Cathena).
On notera
que n’y sont pas mentionnés en temps que
prieurés mais seulement en tant qu’églises,
Léthuin (ecclesiam
de Lestonio, ecclesiam de Villeael), ni
Bréthencourt ni Vierville,
cette dernière église cependant
mentionnée juste après celle de Bréthencourt
(ecclesiam Sancti Martini de Bertoldi Curia, cum
capella Beate Marie Magdalene de castro, ecclesiam de
Vervilla).
On remarquera
que nos notices parlent précisément
d’Épernon (et de son prieur
Hardouin, Harduino priore
Sparronensi, B 28, également connu par un acte
en date de 1092, et tandis que nous le voyons remplacé en 1098
par un Guillaume), de Chuisnes et de son prieur
Thibaud, Tetbaldus
prior Coinę, B 32; c’est à Chuisnes
que sont passées trois des transactions
en question, la dernière en présence
d’un certain Guillaume
Roux de Chuisnes, Guillelmus Rufus de Coina,
de Saint-Avit, où est passée
une transaction, de Châteaudun,
dont le vicomte Hugues, Hugo uicecomes Castelliduni, B 25, est présent à l’une des transactions,
et de Léthuin, dont viennent
deux témoins, le prêtre Tamoué,
Tamueius presbiter de Stonno, C 32 et D 34-38, et un certain Gautier de Léthuin, Gaulterius
de Extolui, B 31.
Il est aussi question
indirectement d’un prieuré champenois
des moines de Marmoutier à
Ventelay dont est originaire le serf
Constance, de Ventilaio,
Constancius, C 32-33.
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Mereruilla (A 24; B 17, 28),
Merer
Villa (B 16): Méréville
L’étymologie
de ce toponyme n’est pas évidente. Même
graphie vers 1105 dans le Liber testamentorum, qui mentionne comme témoin
un Stephanus de Merervilla (voir notre Annexe 7). Cocheris note seulement
(sans référence comme
d’habitude), «Merezvilla
et Mereville (1262)».
Le Cartulaire de
Saint-Père de Chartres (p.402)
contient une charte non datée entre 1069
et 1079 (p.CCCL) faisant état d’une donation
d’un Ingelgerius de Merervilla,
mais il est notable que dans la suite de ce document
(et dans le titre) le copiste porte une orthographe
différente, Ingelgerius de Merravilla
(titre et p.403), Galterius de Merravilla
(p.403). L’éditeur, Benjamin Guérard,
porte dans le Dictionnaire géographique
qu’il a mis en annexe (p828): «MERERVILLA , MERRAVILLA,
peut-être Mérouville.
Il y a plusieurs hameaux nommés Mèreville.
V. aussi MERREVILLA. MERREVILLA, Marville-Moutier-Brulé.»
Hors de notre secteur
on trouve peu de piste. 1) Dans le Calvados
Merville est noté
Matervilla en 1078 (cartulaire
de l’abbaye de la Trinité de Caen),
Merravilla en 1268. 2) Le Méréville
de Meurthe-et-Moselle a une autre
étymologie, car il s’écrit encore
au XIe siècle Amerelli
villa. Dans le Calvados Merville est noté
Matervilla en 1078 (cartulaire
de l’abbaye de la Trinité de Caen), Merravilla
en 1268. Notons ici à titre de
curiosté ce qu’Henri Lepage a écrit
des dénominations anciennes du
Méréville de Meurthe-et-Moselle:
«MÉRÉVILLE,
canton de Nancy (Ouest). — Amerelli villa.
1065. H. L. [= Histoire
de Lorraine par Dom Calmet], I, c.
456. — Sylva de Amerelli villa. 1094. Ib., c.
498 [= titre de fondation du prieuré
de Saint Tiébaut (actuellement ferme
Saint Thiébaut)]. — Ameralli
villa. 1105. Ib., c. 516. — Merevilla.
1127-1168. — Abb. de Clairlieu. — Merelvilla.
1183. Ib. — Mereiville. 1349. Tr. des ch.,
1. Fiefs de Lorraine, n° 21. — Le fief de Méréville
relevait de la châtellenie de Nancy, bail,
de cette ville. — Doy. du Saintois, dio. de Toul.»
(Henri Lepage, «Dictionnaire géographique
de la Meurthe», in Mémoires de la Société
d’archéologie lorraine, Seconde série IIe volume, Nancy, Lepage, 1860,
p.167). Quoi qu’il en soit, cette rétroversion
suppose ou atteste une aphérèse
(disparition de l’élément
initial), en reconstituant un anthroponyme
Amerel, formé
sur la même racine germanique que dans
Aimon ou Aimeric, avec
un suffixe latin -ellus. Cet anthroponyme doit
être à l’origine,
me semble-t-il, des patronymes modernes
Emerel,
Emereau, Aimereau,
Hemerel,
Haimerel et Hemereau.
Mais
cette piste ne paraît pas concerner notre Méréville,
où on n’a aucune raison de soupçonner
une aphérèse.
Il est certain qu’à l’époque
de notre charte, le nom du personnage qui a donné
son nom à Méréville est devenu
méconnaissable et l’on prononce Mérerville
sans reconstituer de génitif de l’anthroponyme,
probablement sorti de l’usage et que le scribe
ne tente pas de reconstituer. Cet anthroponyme est sans
doute, à mon sens, Mérier
(qui a survécu comme patronyme) et qui dérive
selon toute apparence d’un anthroponyme germanique
Mar-hari (latin théorique
Marharius, Mararius).
Chef-lieu de canton, arrondissement
d’Étampes, Essonne.
1) C’est à Méréville
(B 16) qu’habite habituellement Godéchal
fils d’Oury de Vierville, puisque libre
choix lui est donné de recevoir son champart
à Méréville ou à Bréthencourt
(transaction 8), de la même façon que
pour Amaury Roux, qui est clairement un Étampois, le champart
sera porté à son gré à Étampes
ou à Bréthencourt.
2) Méréville donne
son nom à un certain Gaudin
fils d’Ansoué de Méréville (transaction 7, A 24: Galdinus
filius Ausuei de Mereruilla, B 15: Gaudinus filius Ansei de Merer
Villa: B 28: Gaudino
filio Ansue de Merervilla), témoin de la première donation de Godéchal,
peut-être à Méréville
(transaction 7), puis, à
Méréville sans doute également,
du consentement de sa veuve et de son fils Arembour
et Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du pays,
Geoffroy de Moret et Eudes de Pannecières.
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Moreth (B 28):
Moret
Au milieu du
IXe siècle, le Cartulaire de Saint-Père
de Chartres enregistre la possession d’une
petite ferme à Malaredum
(éd. Guérad, 1840, p. 53: in
pago Stampense, in villa quæ dicitur Malaredus,
mansum unum); il s’agit peut-être de Moret,
bien qu’on ait aussi proposé, avec plus de vraisemblance,
Melleray, à Oinville-Saint-Liphard; car
la possession de ce manse est confirmée par Rainfroy
évêque de Chartres, tandis que Moret
est du diocèse de Sens.
Moret, hameau de la commune de Méréville,
chef lieu de canton, arrondissement
d’Étampes, Essonne.
Moret donne son nom à un
certain Geoffroy
de Moret, témoin
semble-t-il à Méréville
du consentement à
la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils
Eudes (transaction
12), avec des nobliaux du pays, Gaudin
fils d’Ansoué de Méréville et Eudes de Pannecières.
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Paniceriae
(B 28): Pannecières
Il s’agit
évidemment de Pannecières
dans le Loiret. Il existe au moins six communes ou lieux-dits
homonymes avec quatre graphies différentes qui s’expliquent par le fait que le
nom commun qu’elles reflètent n’a jamais, très
curieusement, été relevé par
les auteurs des dictionnaires usuels, et qui était
pourtant très répandu comme le montre la toponymie:
Panissières
(canton de Feurs, arrondissement de Montbrison,
Loire) et Pannessières
(canton de Conliège, arrondissement
de Lons-le-Saunier, Jura); un Pannecière
à Chaumard (Nièvre), un Panissière à
Lamure-sur-Azergues (Rhône), un Panissière à
Meyrieu-les-Étangs (Isère), un
Panissière à Bosjean
(Saône-et-Loire). Relevons
peut-être aussi la commune de
Panissage (Isère).
L’étymologie
de ces toponymes est transparente et dérive
du latin panicum, “panic” (sorte de milet).
Littré porte la définition
suivante: “PANIC (pa-nik), s. m. Genre de
plantes graminées dont fait partie le milet.
Le panic d’Italie, ou milet à grappe,
panicum italicum, Linnée. Le grand milet,
ou panic, panicum jumentorum,
Persoon. — ÉTYM. Lat. Panicum,
qui vient probalement de panus,
fil.”. Cependant la forme panic
me paraît de formation savante, tandis que le
Lexique de l’ancien français de Godefroy
porte de fait un mot panil, substantif
masculin disparu, dont il donne pour définition
“panic”, et qui me paraît formé sur une
forme diminutive (paniculum, paniclum). Le
Dictionnaire Robert de 1977 est plus
instructif: «“PANIC (-nik’)
ou PANIS (-niss’), n. m., lat.
panicum, dérivé de panus,
“fil de tisserand”. Bot. Plante monocotylédone
(Graminées), herbacée, annuelle
ou vivace, cultivée comme céréale
ou plante fourragère. Panic millet.
Voir Mil 2, Millet. Panic d’Italie (“milet
des oiseaux”). Panic ou Panis germanicum.
Voir Moha.»
Commune du canton
de Malesherbes, arrondissement de Pithiviers,
Loiret.
Pannecières donne son nom à un certain Eudes de Pannecières, témoin à Méréville
du consentement à
la donation de Godechal de sa veuve Arembour et de son fils
Eudes (transaction 12), avec des nobliaux du
pays, Gaudin fils d’Ansoué
de Méréville et Geoffroy de Moret.
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Petræ (A 20; B 15):
Pierrefitte
Ce toponyme
Petræ, littéralement “les Pierres”, clairement
étampois (puisqu’il s’agit
d’une liste de témoin étampois)
s’est conservé ailleurs, en pays chartrain sous la
forme Pierres. Voici les graphies
anciennes que donne Merlet (p.143)
cette commune homonyme
au canton de Chartres-Sud-Est, autrefois
du canton de Maintenon:
Petra-ficta (774,
diplôme de Carloman); Petræ
(vers 1125, cartulaire de Thiron); Petra
(1240, charte du prieuré d’Épernon);
Saint-Gervais et Saint-Protais
de Pierres (1736, pouillé). On y constate donc a même alternance
Pierres / Pierrefitte qu’à Étampes.
Aujourd’hui
Pierrefitte, hameau d’Étampes, au singulier puisqu’il ne reste plus guère
qu’un seul menhir debout, les autres
ayant été détruits à
l’époque moderne.
Ce toponyme donne
son nom à un nobliau étampois: Ours
de Pierrefitte (Urso de Petris, littéralement:
“des Pierres”), témoin
à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville
par Gautier (transaction 6). Il s’agit vraisemblablement d’Ours II fils de Thion II,
bien connu par ailleurs, et dont se plaint notamment l’évêque
saint Yves de Chartres.
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Puteolum (b 24):
Le Puiset
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.143):
Puteolum (1095, charte
du prieuré de Saint-Martin
de Chamars); Puisat (vers 1120, id.);
Puseatum (1122, charte de
l’abbaye de Bonneval); Puteacensum
castrum (1129, charte de l’abbaye de Thiron);
Pusiacum (1179, charte du chapitre de Chartres);
Puteacum (1217, charte de la léproserie du Grand-Beaulieu); Puysatum (1230, id.);
Pusatum (1232, charte
de l’abbaye de Bonneval); Puisiolum (1240,
charte de la léproserie du Grand-Beaulieu);
Puisatum (1299, charte
de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Pusacium (Orderic Vital, t. II, p. 412);
Le Puisas (Chanson d’Antioche,
vol. II, p. 112).
Commune
du canton de Janville (arrondissement de
Chartres, Eure-et-Loir).
Le Puiset donne son
nom à son seigneur Hugues Ier du Puiset,
qui n’est pas mort avant 1096, rebelle à son suzerain
le roi de France Philippe, à qui il a infligé
un sévère défaite en 1079 devant
le Puiset, et à la cour duquel il ne reparaîtra
jamais. Le seigneur du Puiset, vicomte de Chartres,
est témoin du consentement de l’Étampois Payen fils d’Anseau
(en fait représenté par Anseau fils d’Arembert)
aux donations opérées par
Arnaud fils d’Aubrée
et Godéchal fils d’Oury (transaction 10).
Il ne peut pas s’agir
d’Hugues II, seigneur du Puiset de 1097 à
1106 puisque pendant qu’il en fut le seigneur,
avant de partir en Palestine dont il ne reviendra
pas, Nivelon de Fréteval, qui signe aussi,
était déjà parti en Palestine, dont
il ne reviendra pas avant 1108.
Il semble bien qu’à cette date
encore Hugues du Puiset soit plus puissant dans
le secteur que le roi de France Philippe Ier. Il a à
sa cour le vicomte de Châteaudun, le seigneur
de Fréteval, le seigneur de Friaize, et deux
des plus puissants chevaliers d’Étampes,
Payen et Aubert, les
deux fils d’Anseau fils d’Arembert. Personne
ne paraît songer à faire appuyer ces donations
par un acte de l’autorité royale.
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Roureium
ou plutôt Rovreium
(B 10): Rouvray
Voici les graphies
anciennes que donne Merlet: Rubridum
(vers 1080, charte de l’abbaye de Saint-Denis-en-France);
Rivereium (vers
1250, pouillé); Rouvrayum-Sancti-Dionysii (1626,
pouillé); Rouvray-les-Chaumes
(1793).
Il s’agit
d’après le contexte très
vraisemblablement de Rouvray-Saint-Denis,
actuellement commune du canton
de Janville, arrondissement de Chartres, car il est
question du maire ou régisseur
de Rouvray juste après un
certain Geoffroy de
Baudreville, village distant
de 7 km de Rouvray-Saint-Denis et situé dans le
même canton.
Le maire ou régisseur
de Rouvray-Saint-Denis, Arnulfus maior
de Rovreio, est témoin
à Étampes de la donation d’Arnaud fils d’Aubrée (transaction
3).
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Sancta Maria
de Stampis (A 19, B 14):
Notre-Dame d’Étampes
On notera cette rétroversion
Sancta-Maria, tandis qu’on
aura plutôt, ultérieurement
Beata-Maria.
Collégiale
fondée autour de l’an mil.
L’abbé de Notre-Dame
d’Étampes, Bernaol (A 19: Bernoalius
abbas Sanctę Marię de Stampis, B 14:
Bernoalus abbas Sanctę Marię de Stampis)
est témoin à Étampes du consentement donné
par son parent Guillaume fils de Bernoal
d’Étampes à la donation de
Vierville (transaction 6).
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Sanctus Avitus (A 7; B 5, 7): Saint-Avit-les-Guespières
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet:
Sanctus-Avitus-Guesperiae
(vers 1250, pouillé);
Sanctus-Avitus-juxta-Guesperiam
(1359, registre des contrats du chapitre de Chartres);
Saint-Avy-la-Guespière
(1485, charte du prieuré de Nottonville); Sanctus-Avitus-prope-Illerium
(1541, charte de l’abbaye de Thiron). La
possession de l’église de Saint-Avit est confirmée
aux moines de Marmoutier par l’évêque de Chartres Renaud
vers 1190 (ecclesiam
Sancti Aviti).
Commune du canton de Brou
(arrondissement de Châteaudun, Eure-et-Loir),
à 22 km de Chuisnes, à 48 km de Denonville,
à 56 km de Vierville. Merlet note qu’il y avait là un prieuré
dépendant de l’abbaye de Saint-Calais.
Saint-Avit est selon
toute apparence le lieu de résidence
habituel de Gautier d’Aunay et de sa femme Milsent.
Ils y ont leur demeure (domus), où Milsent
accomplit le rite de la donation de Vierville en donnant
un rameau de sureau au serf Archambaud, représentant
un moine de Chuisnes qui n’a pas fait le déplacement
(comme le précise la la notice B alors que
la notice A avait masqué le fait). En revanche
est présent un certain Thion de Cramisay,
hameau de saint-Avit, qui leur est peut-être apparenté
(transaction 2). La même notice précise
un témoin oublié par la première
rédaction, Robert,
son régisseur de Saint-Avit (B 7: Rotberto
maiore suo de Sancto Avito).
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Sanctus Germanus (B 35): Saint-Germain
Merlet (p.164) ne relève
pas moins de huit Saint-Germain
dans le diocèse de Chartres entre lesquels
il est difficile de trancher.
Plutôt que du lieu-dit
d’Alluyes appelé Saint-Germain, au canton de Bonneval,
qui n’est qu’à 9 km de Saint-Avit-les-Guespières,
il doit s’agit de Saint-Germain-le-Gaillard,
à 5,5 km de Chuisnes, et comme cette commune
dans l’orbite de Courville-sur-Eure, où se trouve
un château dont dépendent les chevaliers
de la famille Chef-de-Fer.
Cette localité donne son nom à
un certain Gautier (Gaulterio
de Sancto Germano),
témoin à Chartres du consentement
donné par Gautier d’Aunay et sa susdite
femme Milsent au don de quatre familles de colliberts
de Denonville par Hersent (transaction 15).
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Sanctus Sigius (A 21; B 15): Saint-Cyr-la-Rivière
Cette graphie étonnante
reflète en fait une prononciation vernaculaire
où le R final s’est amui, comme l’atteste
aussi une graphie Sanctus-Ciacus attestée
en 1116 selon Merlet pour le hameau de Saint-Cyr
dans la commune de Senonches (arrondissement de
Dreux, Eure-et-Loir) qui reflète clairement
une prononciation *Saint-Cy. L’identification de ce lieu est légèrement
douteuse, car il peut s’agir théoriquement
autant du hameau de Saint-Cyr dans la commune
de Senonches (arrondissement de Dreux, Eure-et-Loir), que de Saint-Cyr-sous-Dourdan (canton de
Saint-Chéron, arrondissement d’Étampes,
Essonne) ou de Saint-Cyr-la-Rivière. Le contexte pointe cependant vers cette dernière
solution. Pour Saint-Cyr-la-Rivière
Hippolyte Cocheris donne seulement (sans
références, comme d’habitude),
S. Ciricus
et S. Ciriacus.
Saint-Cyr-la-Rivière,
au canton de Méréville,
arrondissement d’Étampes, Essonne.
Saint-Cyr donne
son nom à un certain Geoffroy clerc de Saint-Cyr
(Gaufredus clericus de Sancto Sigio),
qui apparaît dans une liste de témoins
clairement étampois du consentement
donné par Guillaume,
fils de Bernoal d’Étampes,
à la donation de Vierville (transaction 6).
Une charte
de 1222 conservée aux archives départementales
de l’Eure-et-Loir sous la cote H.2368, que j’éditerai
l’un de ces jours, mentionne un bail donné
à un certain Thomas clerc de Saint-Cyr d’Étampes,
Thome clerico de Sancto Ciriaco
Stampensi, c’est-à-dire de Saint-Cyr-la-Rivière.
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Seenuilla (B 19):
Sainville
Voici les graphies anciennes
que donne Merlet (p.143): Segetis-Villa, c’est-à-dire
“domaine”, villa, de la “récolte”, seges,
segetis (1084,
charte du chapitre de Chartres); Sainvilla
(vers 1130, charte du chapitre de Saint-Jean-en-Vallée);
Seenvilla (1208, charte de
l’abbaye de Saint-Chéron);
Saivilla (vers 1250, pouillé);
La maladrye du Petit-Saintville
(1487, charte de prieuré de Léthuin);
Saint-Pierre de Sainville (1736,
pouillé). Ajoutons-y une graphie plus ancienne encore
Sigenvilla (1067, charte de Philippe
Ier). Je ne cacherai pas ici mon opinion, suivant laquelle il
s’agit étymologiquement d’une “domaine de Seguin” où l’anthroponyme revêtait
probablement sa forme “Sewin”.
Sainville est ici représenté
par le “maire”
ou plutôt régisseur
Gibert (Girbertus major de Seenuilla). Cette mairie appartenait au monastère
de Saint-Benoît-sur-Loire. La
charte de Philippe Ier de 1067 nous montre aussi comme
témoin un maire de
Sainville, au milieu d’autres maires de domaines
appartenant à Saint-Benoît-sur-Loire;
mais le texte est lacunaire et l’on ne connaît
pas l’étendue de la lacune (quelques lettre ou plusieurs mots?): Gilbertus, major ipsius
terræ, et frater ejus Rodulfus All[...] major Sigenvillæ,
Gosfridus, major d’Alton,
c’est-à-dire:
“Gibert, régisseur de la dite terre [probablement
Saint-Pierre d’Étampes] et son frère
Raoul All... régisseur de
Sainville, Geoffroy régisseur d’Authon”. Apparemment en 1067
le maire de Sainville est déjà le
frère d’un certain Gibert lui aussi maire,
et le Gibert de notre notice, maire de Sainville à
la génération suivante, est vraisemblablement
le fils de l’un d’entre eux, sans doute de Raoul. Il
apparaît comme témoin à Étampes
de la donation de Godechal (transaction 8).
Vers 1127,
le régisseur de Sainville est un certain Ascelin
(Cartulaire de Saint-Jean-en-Vallée, n°40,
p. 25: Ascelinus major de Seinvilla).
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Sparronensis (Harduinus prior)
(B 28): d’Épernon
Voici les
graphies anciennes d’Épernon que donne
Merlet (p.143), les premières dans des
chartes du prieuré d’Épernon:
Sparro (1024 [erreur probable de Merlet à
corriger en 1052]); Sparnaicum
(1095); Esparnonium (vers 1120);
Esparlo (vers 1150);
Parlo (1208);
Espernonne (1450); les autres ailleurs:
Esparlum (cartulaire de Thiron);
Sparnonium (vers 1130, charte du prieuré
de Bréthencourt); Sparlo (vers
1130, charte de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée);
Sparnotum (vers 1140, charte de prieuré
de Chuisnes); Sperno
(1415, id.); Esperlio (chron. Trivetti);
Asparlo (Orderic Vital, t. III,
p. 347); Esparnon (1282, charte du chapitre
de Chartres); Esparno (vers
1297, cartulaire des Vaux-de-Cernay, p. 949);
Espernon, qui jadis s’appelait Autrist, puis Espierremont
(1603, terrier de Dancourt).
Commune du canton
de Maintenon, arrondissement de Chartres,
Eure-et-Loir, où les moines de Marmoutier
avaient un prieuré.
Le prieur d’Épernon
Hardouin, avec son serf Ermengise, est témoin
de la concession faite
par Arembour, veuve de Godéchal fils
d’Oury (transaction 12) peut-être à Étampes,
ou bien quelque part dans le pays de Méréville
(les témoins étant des nobliaux
de Méréville, de
Moret et de Pannecières). Cet Hardouin est
le premier prieur connu du prieuré Saint-Thomas
d’Épernon (dont le roi Henri Ier a entériné
la fondation par une charte donnée à
Étampes en 1052). Il est aussi connu par une
charte de 1092 entérinant à Blois un
accord passé devant le comte Étienne (Cartulaire
de Marmoutier pour le Dunois).
Il paraît
être mort avant 1098, date à laquelle
le prieur de Saint-Thomas s’appelle Guillaume.
Un
accord en date de 29 novembre 1119 entre les les moines
de Saint-Jean-en-Vallée et ceux de Marmoutier (Cartulaire
de Saint-Jean-en-Vallée, n°20,
p. 14) nous montre que le prieur de Chuisnes s’appelle alors
Henri (S. Roberti Sparnonensis prioris).
Voir: Émile LEDRU, «Le Prieuré
Saint-Thomas d’Épernon»
(daté 1897), in Charles MÉTAIS,
Archives du diocèse de Chartres. III.
Pièces détachées pour servir à
l’Histoire du diocèse de Chartres. 1er volume.
Études et documents publiés par
L. l’Abbé Ch. Métais, Ch. Honoraire de Chartres
[448 p.], Chartres, Ch. Métais, 1899, pp. 293-340,
spécialement pp. 327 et 328.
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Stampae (A 18, 19,
24; B 8, 13, 14, 15, 16, 19,
20, 21, 22, 23; D 37),
Stampis Veteribus
(B 23bis), Stanpensis moneta (D 36): Étampes,
les Vieilles-Étampes,
monnaie d’Étampes
L’étymologie d’Étampes
(chef-lieu d’arrondissement de l’Essonne)
n’est pas établie. Toponyme attesté
depuis l’époque mérovingienne.
Étampes
est le lieu de résidence de plusieurs
témoins, et celui de plusieurs transactions,
bien que cela ne soit pas indiqué explicitement.
Voici les données explicites.
Deux transactions
sont localisées explicitement à
Étampes, la donation d’Arnaud fils d’Aubrée,
chez lui (in domo sua apud
Stampas, B 8, transaction 3) et
celle d’Amaury Roux d’Ablis (Factum
est autem hoc apud Stampas, B 21-22, transaction
99), ce dernier habitant également Étampes
puisque contrat précise que son champart lui
sera réglé soit à Bréthencourt,
soit à Étampes (B 21:
ad Stampas uel ad Bertoucuriam).
Neuf personnages tirent leur nom ou leur
dénomination d’Étampes:
1) Guillaume fils de Bernoald d’Étampes (A
18-19: Guillelmus filius Bernoalii
de Stampis; B 13: Guillelmus filius Bernoali de Stampis)
qui consent, à Étampes,
à la donation de Vierville par Gauthier
d’Aunay (transaction 6).
2) Bernoal abbé
de Notre-Dame d’Étampes (A 19: Bernoalius abbas Sanctę
Marię de Stampis, B 14: Bernoalus
abbas Sanctę Marię de Stampis),
témoin du même consentement (transaction
6).
3)
Harpin
d’Étampes
(B 15: Harpinus de
Stampis), également témoin
de ce consentement, quoique la première
rédaction l’appelle plutôt Harpin de
l’Étampois (A 21:
Harpinus de Stampesio) (transaction
6).
4) Lisiard d’Étampes (A 24 = B 16: Lisiardus de Stampis) témoin,
peut-être à Étampes,
de lapremière donation de Godéchal fils d’Oury (transaction 7).
5) Gautier d’Étampes (B 19: Gaulterius
de Stampis), témoin de la donation
de Godéchal effectuée à
Étampes (transaction
8).
6) Richer marchand d’Étampes (B 20: Richerius mercator
de Stampis), témoin
de la même donation de Godechal effectuée
à Étampes
(transaction 8).
7) Obert d’Étampes (B 23: Obertus de Stampis), témoin de
la donation d’Amaury Roux d’Ablis à
Étampes (transaction
9).
8) Guillaume des Vieilles Étampes (B 23: Guillelmus
de Stampis Veteribus), témoin
de la même donation d’Amaury Roux d’Ablis
à Étampes
(transaction 9).
9) Robert médecin d’Étampes (C 37:
Rotbertus medicus de Stampis)
témoin à Étampes de la donation par
Geoffroy de l’Eau d’une
terre de Vierville (transaction 18).
Il faut y joindre
d’autres personnages dont les noms renvoient clairement
à des toponymes étampois:
Baudry du Fossé (B 23: Baldricus de Fossato), Robert du Cimetière (B 23: Rotbertus de Cimiterio), cités juste après
Guillaume des Vieilles
Étampes (B 23:
Guillelmus de Stampis Veteribus): ils sont témoins, témoin
de la donation d’Amaury Roux d’Ablis à
Étampes
(transaction 9), et encore Ours
de Pierrefitte (Urso de Petris,
littéralement: “des Pierres”), témoin
à Étampes du consentement de Guillaume, fils de Bernoal, à la donation de Vierville
par Gautier (transaction 6).
|
Stampesium (A 21):
l’Étampois (le pays
d’Étampes)
C’est à ma connaissance la
première occurence de ce terme, qui paraît
synonyme du tour plus classique
pagus Stampensis.
Ce toponyme donne son nom à
Harpin de l’Étampois, du moins dans la première version de la
transaction n°6, opérée à
Étampes (A 21: Harpinus de Stampesio),
car dans sa deuxième rédaction il s’appelle
tout simplement Harpin d’Étampes (B 15: Harpinus
de Stampis).
|
de Stonno (B 38): Léthuin;
voir de Extolui
|
Testiariae (de) (B
32): les Têtières.
Ce terme
de Têtière est encore en usage dans
la microtoponymie du pays chartrain, et désigne, au moins
en patois beauceron, la partie élevée
d’un champ ou d’un tertre, aussi appelée sommière;
et c’est ainsi par exemple qu’une
terre de la commune de Vierville s’appelle encore
la Têtière à Tureau, au témoignage de
Raymond Bouquery (voir notre bibliographie).
Il s’agit ici d’un hameau de la
commune d’Unverre dans le Dunois (arrondissement de
Châteaudun).
Ce toponyme donne son nom à
un certain Rainaud
des Têtières, témoin
en un lieu indéterminé des contre-dons
des moines à Rainaud fils de Thiou et à
sa parentèle après la donation par
Rainaud fils
de Thiou de la terre de Lomlu (transaction 17).
Il n’est pas
douteux que ce Rainaud
des Têtières, cité après
la mort de Gautier, juste après Arnoux d’Aunay
et son frère Garin (B 32: Arnulfus de Alneto,
Guarinus frater eius, Rainaldus de Testiariis) soit à identifier avec le Rainaud d’Aunay (B 29: Rainaldus
de Alneio), frère des
précédents et témoin de la
transaction 12. Son neveu Gounier d’Aunay,
aîné de Gauthier II, est lui même qualifié
ailleurs, comme nous le montrerons, Gounier de Molitard,
puis Gounier de Saint-Avit.
|
Trachetum (D 34): lieu-dit
non identifié: Tracy.
Ce toponyme est difficile.
Il qualifie un certain Hugues, témoin
à Chartres du consentement de Gautier
d’Aunay et de sa femme Milsent Cherf-de-Fer
à la donation par Hardouin de quatre famille de
collierts de Denonville (transaction 15).
Liste des témoins:
Yves fils d’Hébert; Robert Fléaud;
Garin de Bailleau; Hugues de Tracy; Gautier
de Saint-Germain; Hardouin d’Adonville; le frère
de Gautier d’Aunay, Arnoux.
Ce qui ne nous aide pas, c’est
que tant Bailleau et Saint-Germain peuvent pour
leur part être identifiés difficilement.
On cite ultérieurement
un Giraud ou Girard de Tracheto, auteur
de Vies des frères prêcheurs (Vitae
fratrum ord. Praedicatorum a Geraldo de Tracheto),
au XIVe siècle [B.-M. REICHERT (éd.),
Fratris Gerardi de Tracheto O.P. Vitae
fratrum ordinis praedicatorum necnon Cronica ordinis ab
anno 1203 usque ad 1254, ad fidem codicum manuscriptorum
accurate recognovit notis breviter illustravit Benedictus
Maria Reichert (24 cm; 362 p.), Romae ("Monumenta ordinis
fratrum praedicatorum historica" 1), 1896.
Il existe un Traceium
dans la Calvados, aujourd’hui Tracy (Narcisse
de Caumont, Statistique monumentale du
Calvados, Caen, Hardel, 1857, t. III, p. 566:
Ecclesia de Tracheio), un autre Tracy
dans l’Oise près Compiègne et un Tracy-sur-Loire
dans la Nièvre.
Dans notre secteur,
rien. S’agirait-il d’une altération
de Tron-
en Tra-? De fait il existe un lieu-dit le
Tronchet, à Chalo-Saint-Mars; en 1177
ou 1178, une charte de Jocelyn d’Auneau a pour témoin
un Ricardus de Troncheio
(Recueil de chartes et documents
de Saint-Martin-des-Champs, t. II, p. 365): Depoin
propose alors
Le Tronchay-Maquereau, comm. de St-Arnoult-des-Bois,
ca. Courville, ar. Chartres (Ibid.,
n. 372), mais pourquoi pas Le Tronchet
étampois, plus proche?
Il
reste cependant que cette supposée altération
de Tron- en Tra- ne paraît
pas bien explicable, ni bien satisfaisante.
Il s’agit donc sans doute d’un lieu-dit Tracy, homonyme
de celui du Calvados, aujourd’hui disparu.
|
Ventilaium
(B 32-33): Ventelay
Il s’agit de Ventelay, en
latin Ventiliacum ou Ventilaium
(canton de Fismes, arrondissement de Reims,
Marne). Thibaud Ier de Blois, comte de Chartres, de
Blois, de Châteaudun, de Tours, de Sancerre,
et de Champagne avait fondé en 1040, de concert
avec sa mère, un prieuré de Marmoutier
à Ventelay, près de Reims (Henry Arbois
de Jubainville, Histoire des ducs et des comtes
de Champagne, 1859, p. 380).
Les moines de Marmoutier
paraissent avoir envoyé à Vierville
un des serfs de leur prieuré champenois de
Ventelay, près de Reims, qui est témoin quelque part entre Aunay et Vierville des contredons
des moines à la parentèle de Rainaud fils
de Thiou après la donation de la terre de Lomlu,
Constance de Ventelay (transaction 17).
Ce moine nous est aussi connu par une
charte du prieuré de Bréthencourt datée
environ de 1080 et dont nous donnons le texte en
Annexe 6e.
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Vervilla (A titre, 23; B 33; C 34), Veriuilla (A 2, 15,
17, 18; D 1, 6, 11, 12, 15, 16, 18, 19, 22, 25,
27, 28), Verisuilla (D 2): Vierville
Mise à part une graphie
aberrante et isolée,
Verisvilla, la rétroversion
latine habituelle de ce toponyme
est Verivilla, «Domaine
de Vérus». Toutefois, à quatre
reprises, transparaît ce qui doit
être prononciation vernaculaire du XIe siècle,
Vervilla,
«Verville», d’où notre
Vierville.
Citons ici Lefèvre (1867):
“L’origine de Vierville est très-ancienne,
si l’on en juge par les noms latins que
ce lieu porte dans les chartes du moyen-âge:
Verisvilla, Verivilla, Vervilla,
Viervilla. Nous y trouvons deux étymologies:
Veris-villa (la ville
ou résidence du printemps, par opposition avec
la résidence de l’hiver — Hyemis-villa
— Janville. — Veri Villa,
la villa ou ferme de Verus, appellation
toute romaine. Cette dernière semble justifiée
par les ruines anciennes que nous allons exhumer”. L’argument de l’existence de ruines
romaines n’a guère de valeur, car de nombreux lieux
d’occupation gallo-romaine ont été rebaptisés
au cours des âges et on a fort peu d’exemples
avérés de conservation d’un toponyme
gallo-romain pour des villages de cette taille. Surtou l’élément
final -ville n’est pas compatible avec une étymologie gallo-romaine.
On remarquera
que dans le cas du lieu-dit homonyme
Vierville-sur-Mer, en Normandie, on
rapporte ce nom à un anthroponyme germanique
Wivar,
car on trouve antérieurement pour
ce lieu-dit les graphies Wiarevilla
(1158) et Viarvilla
(1264). Cependant cette
évolution n’est pas supposable dans une région
comme la notre ou le W- initial s’altère régulièrement
en G-.
Il reste donc à
supposer que nous sommes en présence d’une aphérèse
par déglutination (de même que dans le cas bien
documenté du village voisin de Manterville,
Ermentardivilla en 1111, Mentarvilla en 1257);
le toponyme originel était vraisemblablement *Agobertivilla, prononcé *Aiverville ou *Averville,
domaine d’un certain Aivert, évolution
bien attestée localement, dès le XIe siècle,
de l’anthroponyme Agobertus, représenté notamment dans
le cas de l’évêque de Chartres dont nous donnons une
charte de 1055 environ (Annexe 6a) et qui
la signe Aivertus.
Commune du canton d’Auneau, arrondissement
de Chartres, Eure-et-Loir.
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Villa Illa (B 28): Villeau
Voici les
graphies anciennes que donne Merlet (p.189):
Villeel (vers 1125, cartulaire
de Josaphat, p. 26); Vilael
(vers 1250, pouillé); Villaelli
(1300, polyptique de Chartres);
Villeolum (1626, pouillé);
Saint-Jean de Villeau (1736, pouillé).
Actuellement commune du canton
de Voves (arrondissement de Chartres, Ruere-et-Loir).
Ce lieu donne son
nom à un certain Hongier, Hungerius
de Villa Illa, témoin
de la donation, vraisemblablement à Vierville
même, de la terre de Lomlu par Rainaud fils de Thiou (transaction 16).
Les moines de Marmoutier
avait là un prieuré, dont les Archives
départementales de l’Eure-et-Loir conservent
deux chartes de cette époque, l’une de 1080 environ
(H.2416: apud villam Viledellum
nuncupatam) et l’autre de 1096 (H.2418).
Au reste la possession de l’église
de Villeau est confirmée aux moines de Marmoutier
par l’évêque de Chartres Renaud
vers 1190, juste après celle de Léthuin (AD28, H.2234, d’après Merlet,
Inventaire-Sommaire, p.237: ecclesiam de Lestonio, ecclesiam de
Villeael).
|
Virso
(A 8 = B 2): Vierzon
Lefèvre
dans son édition partielle de 1867 a
porté erronément de
Ursione (qui n’a pas de sens) au lieu que
le manuscrit porte de Uirsone. Il s’agit
de Vierzon, chef-lieu d’arrondissement du Cher. La Chronique des Seigneurs d’Amboise
(éd. Marchegay et Salmon,
Chroniques d’Anjou, t. 1,
1866, p. 210) cite au Xe siècle un
Ernulfus de Virsone. Une charte
de Marmoutier des environs de 1037 (éditée
1844 par Benjamin Guérard en annexe au Polyptyque
de l’abbé Irminon, p. 356) porte
la signature d’une moine Geoffroy de Vierzon (S.
Gausfredi de Virsone).
Vierzon donne son
nom au prieur de Marmoutier, Robert de
Vierzon (Rotberto de Uirsone),
à qui Milsent fait
la donation, nominalement et bien qu’il soit absent
de Saint-Avit, de Vierville (transaction 2), mais
que nous voyons plus tard présent à Chuisnes (transaction
4).
Il ne s’ensuit pas que que personnage
vienne d’aussi loin, car Robert de Vierzon n’est peut-être
que de Vieuvicq, à la limite des pays chartrain
et dunois.
En effet plusieurs chartes datant de la période
de 1050 à 1090, et relatives au prieuré
que Marmoutier avait à Vieuvicq, aux confins des
pays chartrain et dunois, font allusion à des
alleux qui y avaient appartenu à un certain Geoffroy
de Vierzon (Gausfredus de Virsonio) puis à
son fils, un certain clerc Humbaud, Uncbaldum
clericum filium Gausfredi de Virsonio (1061);
Unbaldus de Virsone (vers
1070); ex alodiis Humbaud que
fuerunt Huncbaldi de Virsone in confinio pagorum Carnotensis
atque Carnotensis (vers 1070). Textes cités ici d’après
l’Inventaire-sommaire de Merlet, sous
les cotes H.2500 et H.2501, p. 271.
|
Vlmeium (A 17; B
12). Ormoy
Ulmeium est une variante
fort courante en latin médiéval pour
Ulmetum (“lieu planté d’ormes”, de ulmus, “orme”). Il existe bien des Ormoy dans
le secteur dont trois en Eure-et-Loir (une commune du canton
de Nogent-le-Roi dans l’arrondissement de Dreux,
un lieu-dit de la commune de Dammarie,
dans le canton de Chartres-Sud-Est, et un
lieu-dit de la commune de Courbehaye dans le canton
d’Orgères-en-Beauce, arrondissement
de Châteaudun) et deux en Essonne,
Ormoy (commune du canton de Mennecy) et Ormoy-la-Rivière
(commune du canton d’Étampes).
Le contexte ne permet malheureusement pas ici
de trancher.
Cet Ormoy non identifié
donne son nom à un certain
Aubert (B
12: Albertus
de Vlmeio), témoin
de l’autorisation (en un lieu indéterminé)
de la donation de Gautier d’Aunay par Hugues
fils de Guerry et sa mère Helsent; son père appelé aussi Aubert déjà
en prenait nom (A 17: Alberto filio Alberti d’Vlmeio) (transaction 5).
|
Le secteur de Vierville sur la
carte de Cassini (1756)
|
ANNEXE 2
RÉPERTOIRE
DES PERSONNES CITÉES
Notes de prosopographie
Ce
document mentionne nominativement plusieurs dizaines
de personnes dont un certain nombre sont mentionnées
par ailleurs dans des documents de même époque,
dont l’analyse est à chaque fois nécessaire.
L’analyse de ces données est en cours, mais elle
est loin d’être terminée.
Aimelin (Haimelinus,
A 20, Hamelinus, B 14),
père d’Aubert
C’est
le père d’un certain Aubert (A 19-20:
Haubertus filius
Haimelini, B 14: Aubertus
filius Hamelini), témoin à
Étampes du consentement de Guillaume fils de Bernoal
à la donation faite par Gautier (transation 6).
|
Airard, père de
Pierre (Erardus,
B 10), père de Pierre
C’est le père d’un
Pierre, témoin à
Étampes de la donation d’Arnaud fils
d’Aubrée et du consentement de son frère
Godéchal fils d’Oury de Vierville (transaction
3).
(a) Airard est aussi connu en
temps que tel par deux chartes étampoises
de Philippe Ier, l’une de 1082 en faveur de Notre-Dame
d’Étampes, qui nous fait connaître son
deuxième fils Hugues, frère cadet d’Airard
(p. 276, l.11: Petrus
Airardi filius et Hugo frater ejus);
(b) l’autre en faveur de la famille
d’Eudes le maire de Chalo-Saint-Mard, non datée
précisément, la date de 1085 apparaissant
seulement dans une interpolation du XIIIe siècle
(éd. Prou,
p. 425, l. 4: Petrus filius Erardi 1082).
(c) Une charte de Guy le Large de Pithiviers,
datée de 1070 environ, nous fait
connaître encore un troisième
fils d’Airard appelé Thibaud peut-être
décédé entre-temps. Elle porte
la signature d’un Pierre d’Étampes, qui
fut avec Thibaud, fils d’Airard (Bruel, Chartes
de Cluny, tome IV, n°3438: S. Petri de Stampis, qui fuit cum
Tetbaldo filii Arardi). On notera que Depoin, généralement
très fiable, porte ici par erreur Airaud au lieu d’Airard
dans une note de son édition du Liber
Testamentorum, note 255, Araudi
pour Arardi).
On est donc fondé
à croire qu’Airard d’Étampes
a eu au moins trois fils, Thibaud, sans doute mort jeune,
Pierre, aîné des survivants à
l’époque de notre notice, et Hugues.
|
Airaud frère de Bernoal
I d’Étampes et d’Éblon
(Arraldus patruus illius Guillelmi,
A 18, Arraldus patruus
ipsius Guillelmi, B 14, Arraldus,
A 22)
Airaud
est témoin à Étampes de la
transaction 6. Il est l’oncle paternel du donateur
Guillaume fils de Bernoal (A 18 = B 14); son frère
Éblon est également témoin de la même
transaction (A 20: Eblonius
frater Arraldi; B
14: Ebulo frater
eius).
Le père commun
de ces trois frères étampois,
Bernoal I, Airaud et Éblon, était peut-être
Geoffroy, lui-même fils du premier vicomte connu
d’Étampes, Roscelin et frère cadet de Marc, successeur
de Roscelin. En effet une notice du Liber Testamentorum
de Saint-Martin-des-Champs datée par Depoin
du début du XIIe siècle (n°XXVII, p. 36), mais qu’il faut peut-être dater
plutôt d’avant nos transactions, cite comme témoin,
avant même Payen fils d’Anseau, un certain Bernoal
fils de Geoffroy fils de Roscelin (Interfuerunt autem ex parte ejus: Bernoalus filius Godefridi
filii Roscelini, Paganus filius Anselli, etc.)
On peut aussi
s’interroger sur leur parenté avec Bernoal II,
alors abbé de Notre-Dame d’Étampes
et son frère Aubert (Albertus), cités
juste après eux comme témoins de la
transaction 6, ainsi qu’avec les autres Bernoal dont
nous parlerons sous ce nom.
D’autres documents mentionnent
Airaud en temps que père de deux personages,
Ours et Arnoux.
(a) Une charte du Cartulaire de Longpont
(éd. Marion, n°CCCXVIII, p. 254)
datée des environs de 1100 nous fait connaître
deux fils d’Airaud (Adraldus) qui est alors
encore vivant quoique proche de la mort: Arnoux (Arnulfus,
Adraldi filius, de Stampis) qui donne alors aux
moines de Longpont une terre située à Favières;
et Ours, alors décédé (pro
anima fratris sui defuncti Ursonis).
(b) Le même cartulaire
de Longpont contient une charte de la même
époque où
Arnoux fils d’Airaud est cité comme témoin
juste après Geoffroy de Moret (éd.
Marion, N°CCCXV, p. 253:
Gaufredus de Moreto; Arnulfus, filius Arraldi). Rappelons que ce Geoffroy de Moret apparaît comme
témoin de notre transaction 12 (B 28: Gaufredo de Moreth).
(c) Une troisième
charte non datée de ce cartulaire (n°CCCXXVI,
pp.258-259) nous montre Arnoux fils d’Airaud
(Arnulfus, filius Arraldi de Stampis) témoin d’une donation d’un certain Bernoal
d’Étréchy très vraisemblement
apparenté aux deux Bernoal d’Étampes
(Ce Bernoal a alors un fils survivant Hugues,
Hugo, et un fils décédé
Thibaud, Tebaldus). |
Airaud
(Arraldus, A 24, B 16), père de Robert.
Cet Airaud est
le père d’un certain Robert, témoin
de la première donation de Godéchal
(transaction 7) qui semble avoir lieu quelque part
dans le pays étampois, entre Étampes
et Méréville. Nous n’avons aucune
bonne raison de l’identifier à Airaud
frère de Bernoal I d’Étampes et d’Éblon,
et d’en faire un frère d’Arnaud et Ours,
quoi qu’on ne puisse l’exclure
a priori.
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Airaud de Dourdan (Arraldus de Dordano, C 28)
Airaud de Dourdan est le troisième
témoin de la donation par Rainaud fils de
Thiou de la terre de Lomlu (transaction 16).
D’après sa place, c’est un nobliau.
Sont témoins avant avec lui: le prêtre Aubry et Guy fils de Serlon;
et après lui: Hongier de Villeau; Milon fils
de Boson; Aubert Vaslin; le forgeron Gautier; le
meunier Rahier; Robert fils de Grimaud; Aubert fils de
Bouchard.
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Allard de Bréthencourt (Adelardus
de Bertoldicuria, D 38 bis)
Témoin
de la donation de
Geoffroy de l’Eau fils de Félicie
(transaction 18) avec son compagnon
(socius) Robert, peut-être à
Vierville. L’étude des chartes de Brétencourt
nous en apprendra peut-être plus sur ce personnage.
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Alleaume, frère
de Robert d’Adonville (Adelelmus frater
eius, B 27)
La notice
B mentionne trois nobliaux qualifiés
d’Adonville. Il est d’abord question
d’un Robert d’Adonville
et son frère Alleaume (B 27), témoins
à Auneau du consentement donné par Hugues
de Gallardon aux donations faites par Gautier d’Aunay,
Guillaume fils de Bernoal d’Étampes et
Arnaud fils d’Aubrée (transaction
11); plus tard un Hardouin
d’Adonville sera témoin à
Chartres d’une concession de Gautier d’Aunay (transaction
15): tous trois paraissent des nobles voire des chevaliers.
Rappelons
qu’ultérieurement, selon Merlet,
le fief d’Adonville relevera du duché de
Chartres et ressortissait pour la justice à
Auneau.
Des
recherches plus poussées aux archives
départementales de Chartres nous
en apprendront peut-être
plus sur ces personnages.
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Amaury fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii,
B 26)
C’est l’un des témoins à
Auneau du consentement donné par
Hugues de Gallardon aux donations faites par
Gautier d’Aunay, Guillaume fils de Bernoal d’Étampes
et Arnaud fils d’Aubrée (transaction 10).
Il est cité
en deuxième place, après Guy fils
de Serlon, mais avant et avant le prévôt
d’Auneau, Marin.
Il s’agit d’Amaury
fils de Rahier Ier de Mondonville (Amalricus filius Raherii). Mondonville est un hameau de la commune d’Amilly, canton
de Lucé, arrondissement de Chartres, Eure-et-Loir.
(a) Nous le connaissons
en effet par ailleurs comme auteur d’une donation à
l’abbaye parisienne de Saint-Martin-des-Champs, avant 1096
(Liber Testamentorum, acte n°80). Il donne alors une terre dans son fief, de l’aveu de son
seigneur, Garin de Gallardon (frère d’Hugues de Gallardon
mentionné par notre transaction 11). Sa femme s’appelle
Richaut (Richildis) et ses fils Rahier II et Jocelyn (Raherius
et Joscelinus). Plus tard, Mabile, veuve de Garin remariée
à Aimon Roux d’Étampes, contestera cette donation.
(b) On possède aussi le texte d’une notice
enregistrant une donation d’Amaury sur son lit de mort (Cartulaire
de Saint-Père, n°LVI, p. 309) qui ajoute à
la liste de ses enfants les noms de ses filles Libour et Eustachie
(annuentibus conjuge sua Richilde, filiis Raherio, Joscelino,
Guarino, Pagano, Amalrico, filiabusque Letburge et Eustachia)
et qui nous donne le nom de sa sœur, fille
de Rahier I, Godhaut (Godechildis ejusdem soror).
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Amaury Roux d’Ablis (Amalricus Rufus de Ableis,
B 19, 20, Amalricus Rufus, D 37,
Amalricus,
B 22, 29)
1) Amaury Roux d’Ablis est témoin,
apparemment à Étampes de la deuxième
donation de Godechal. Il est sans doute chevalier
car alors cité en deuxième position
après Gautier
d’Étampes; viennent ensuite le régisseur
de Sainville Gibert; le marchand d’Étampes
Richer, et Hébert de Denonville (transaction 8).
2) Il donne lui
même juste après cela un bien
à Vierville, en se réservant le champart,
qu’il percevra à son gré à Bréthecourt,
c’est-à-dire semble-t-il au grenier des
moines, ou bien à Étampes, ce qui
tend à indiquer que c’est là son lieu de résidence
habituel (A titre de comparaison, Godéchal
se réservait le droit de percevoir le champart
à Brétencourt ou à Méréville).
Du reste, cette transaction se passe clairement
à Étampes, car les témoins
en sont: Arnaud fils d’Aubrée,
Christophe Roi, Obert d’Étampes, le chanoine
Gibert, Guillaume des Vieilles Étampes,
Robert du Cimetière, Baudry du
Fossé et Hébert de Denonville. La transaction
se fait avec l’autorisation de
son épouse, c’est-à-dire de
celle d’Amaury, et celle de ses deux fils, et de
sa fille (transaction 9).
3) Il tenait cette terre en fief d’Aubert
fils d’Anseau (frère de Payen) qui donne
son consentement (transaction
9).
4)
La donation faite par Amaury (ainsi que celle
de Godéchal) reçoit ultérieurement, sans doute à Vierville même ou à
Léthuin, le consentement d’Anseau
Robert fils de Béguin et de sa mère
Eudeline, on ne sait à quel titre
(transaction 13).
5) Enfin Amaury Roux est
témoin de la donation de Geoffroy de l’Eau fils de Félicie
et de son épouse Gile (transaction 18). Il est alors cité
en deuxième position après le médecin
d’Étampes Robert; viennent ensuite:
le clerc Hardouin et un certain Garin serf de Geoffroy
et Gile.
(a)
Cet Amaury résidant à Étampes est vraisemblablement
à identifier avec un certain Emmauricus, Stanpensis oppidanus,
vir egregius, marié, avec des enfants (filiis suis
et uxore concendentibus), signalé par la Chronique de
Morigny (f°62v°) comme l’un de ses bienfaiteurs, qui a
donné à cette abbaye la chapelle de Saint-Julien,
dont nous savons qu’elle était du côté de la Tour
de Brunehaut, près Morigny. Reste à déterminer
ce que veut dire ici oppidanus Stanpensis, car ce mot
d’oppidanus a en latin médiéval tantôt l’acception
de châtelain, tantôt tout simplement celle d’habitant.
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Amaury Bésen,
père de Garin Bésin (Amalricus Bisenus,
ultérieurement corrigé
en Amalricus Besenus, A 16, Amalricus Bisenus,
B 13), père de Garin Bésin.
C’est le père d’un
certain Garin témoin du consentement d’Hugues fils de Guerry et sa mère
Helsent à la donation de Vierville
par Gautier d’Aunay (transaction 5).
(a) Nous savons par ailleurs
par une charte de Philippe Ier que ce Garin s’appelait
lui aussi Bisen
(éd.
Prou, p. 21, l. 7: Guarinus Basinus): il signe en
1060 une charte de l’évêque Aivert
de Chartres ensuite confirmée à
Étampes par Philippe Ier.
(b) Garin appellera son propre fils aîné
Amaury. Voyez notre article Garin Bésin.
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Anseau Ier père
de Payen et d’Aubert d’Étampes (Ansellus, B 8,
9, 22, 23, 24)
On prononçait probablement
encore Ansel au XIe siècle, mais
nous adoptons ici des orthographes normalisées.
Il est probable par ailleurs que Ansellus, Anseau,
est un hypocoristique d’usage pour Anselmus, Anseaume.
Cet Anseau est le père
défunt de Payen (B 8, 23), qui est
clairement chef de famille dès la transaction
3, et d’Aubert (B 9, 22, 24a).
(a) Joseph Depoin s’était
jadis persuadé que cet Anseau, père
de Payen et d’Anseau, était lui-même
le fils d’un certain Gautier d’Étampes (Walterius
de Stampis) mentionné par le
Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs,
avant 1096, comme le père d’un Pierre
et d’un Anseau.
(b)
Or Gautier d’Étampes (Gaulterius de Stampis) intervient comme témoin de notre
transaction 8. Il semble donc que Depoin se soit fourvoyé.
En effet nous le voyons ici témoin à Étampes alors que Depoin suppose être
son petit-fils y agit en chef de famille (dès la
transaction 3) et que son arrière-petit-fils
supposé Jean est suffisamment âgé
pour être témoin (dès la même
transaction 3).
(c)
Il me semble plutôt que cet Anseau est l’Anseau fils de
Jocelyn (Ansellus, Gauslini filius) que mentionne une
notice du Liber Testamentorum de Saint-Martin-des-Champs
(n°XXVII, pp. 34-36), notice que Depoin date sans argument
du début du XIIe siècle mais qui pourrait au contraire
être antérieure à nos transactions. En effet la
notice en question évoque en deux temps, d’abord la donation de
Gautier, puis, après lamort de Gautier. Si j’ai raison, Payen
serait né d’une première union d’Anseau, qui épousa
ensuite Haugart, sœur d’un certain Geoffroy, qui ne peut-être que
le frère de Marc, vicomte d’Étampes, et fils comme lui de Roscelin.
Nous voyons d’ailleurs au passage que Gautier, loin
d’être le père d’Anseau, était apparemment le mari
d’une fille que Haugart avait eu d’un premier lit (Walterius qui habebat privignam uxoris
ejus).
Surtout, dans la seconde partie de cette notice,
qui prend place après la mort d’Anseau, nous voyons précisément
surgir comme deuxième témoin, après Bernoal
fils de Geoffroy fils de Roscelin (Geoffroy paraissant mort lui aussi
), Payen fils d’Anseau, qui n’intervient que comme témoin, après
la mort de son père, n’ayant pas de droit sur le bien naguère
cédé par sa belle-mère Augart.
On notera que le lieu-dit concerné
par la donation est mal identifié par Depoin qui parle de
Janville. Mais le texte, qui porte en fait Al Junvilla (sic),
est certainement corrompu, et, comme il est dit que ce lieu-dit se
trouve à côté de Gouillons (terra nostra quam
habemus apud Al Junvillam que est juxta Goelliolum), ce qui ne s’accorde pas avec Janville, qui en est distant
d’une trentaine de kilomètres, il faut certainement corriger,
à mon sens, Abunvilla, Abonville, commune jouxtant
bien, elle, celle de Gouillons.
(d) On comprendrait ainsi
comment il peut se faire que Payen fils d’Anseau détienne
la villicatio du villlage d’un village tel que Vierville,
dont est seigneur principal le vidame de Chartres. Son père
Anseau aurait été le fils de Jocelyn II de Lèves
et d’Adèle (Adila, Ada), veuve d’Hugues Ier (lui-même
vidame de Chartres, au moins jusqu’en 1059). Ainsi donc Guerry et
Anseau auraient été frères utérins,
et par suite, l’Étampois Payen fils d’Anseau et le vidame Hugues
II fils de Guerry auraient été cousins germains, issus
tous deux de la vidamesse Adèle.
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Anseau fils d’Arembert (Ansellus filius
Aremberti, B 24)
Cet Anseau fils d’Arembert
qui représente à Boisville-la-Saint-Père
Payen fils d’Anseau paraît être
l’un de ses hommes liges (transaction 10).
Nous connaissons ce personnage
par ailleurs.
(a) Anseau fils
d’Arembert fut aussi témoin de la
charte étampoise de Philippe Ier en faveur d’Eudes
de Chalo (charte dont la date de 1085 est très
douteuse). Voici le texte adopté par
Prou (p. 425, l. 2): Anselmus
(avec une variante Ansellinus)
filius Aremberti (avec une
variante Aramberti); Fleureau (p. 79) porte Anselinus filius
Aremberti. On observe
d’autres flottements entre les anthroponyme
Anselmus et Ansellus dans
les chartes de Philippe Ier éditées
par Prou (p. 280, l. 29; p. 281, ll. 6 et17; p.
428, l.3). Il faut donc
conclure à l’identité
de ces deux Ansel ou Ansellin fils d’Arembert.
(b) Anseau fils d’Arembert (Ansellus
filius Arenberti) est aussi mentionné par la Chronique
de Morigny comme un bienfaiteur de cette abbaye, à laquelle
il a donné la moitié de l’église d’Étréchy
(f°62v°), l’autre moitié étant donnée
par Aimon fils de Sénhaut (Haimo filius Senechildis de Firmitate
Bauduini).
(c)
Il a aussi donné à cette abbaye (noster Ansellus), selon la même Chronique de
Morigny (f°63), un sixième de l’église Saint-Germain
de Morigny, un autre sixième étant donné par
le moine Élie (dont deux cousin s’appellent Geoffroy et Bernard),
deux autres par Ours et Arnaud les fils d’Aubrée, les deux sixièmes
restant n’étant pas encore récupéré par
les moines à l’époque de la Chronique.
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Anseau Robert fils de Béguin et d’Eudeline
(Ansellus Rotberti
filius Beguini, B 30)
La
deuxième partie du nom de ce personnage
est au génitif (Ansellus Roberti),
ce qui indique qu’il s’agit ici d’un patronyme qu’il
a hérité de son père Béguin,
qui devait donc lui-même s’appeler Béguin
Robert. Anseau et sa mère, sans
doute à Vierville même ou à Léthuin, consentent aux donations opérées par
Godéchal et Amaury (transaction 13).
|
Ansoué de Méréville
(Anseus de Merer Villa, B 16,
Ansua, génitif Ansue,
de Merervilla,
B 28, Ausueus de Mereruilla, A 24), père de
Gaudin.
Ansoué, dont le nom a donné
du fil à retordre à nos scribes, qui hésitent
sur la rétroversion latine à lui donner,
était un chevalier possessionné à
Méréville et apparement défunt,
dont le fils Gaudin est témoin, quelque part entre Étampes
et Méréville, de deux transactions
relatives aux donations de Godéchal fils d’Oury
de Vierville, l’une de son vivant (transaction 7), l’autre
après (transaction 12).
Il était
peut-être apparenté à la
veuve de Godéchal, Arembour, qui paraît
résider, au moins depuis le décès
de Godéchal, dans le secteur de Méréville.
Le nom de leur fils Eudes doit être aussi rapproché
de celui d’Eudes de Pannecières (transaction 12).
(a) Il ne faut probablement pas l’identifier à
un certain chevalier Anseis, père d’un certain Payen témoin
à Longpont vers 1110 (Moreherius miles,
Paganus filius Anseis), avec d’autres Étampois
(éd. Marion, p.191), et vivant vers 1105 (Anseius miles, Moreherius
miles, ibid. p. 203), encore qu’il ait bien existé un
Moreherius de Stampis (ibid., p. 225).
Le flottement dans la transcription de la première
syllabe (Au- dans la première rédaction, An-
dans la deuxième) ne doit pas nous étonner daans un secteur
où on constate qu’on passe facilement de *Brétaucourt
à l’actuel Bréthencourt. Cette confusion existe d’ailleurs encore
de nos jours à Étampes, où j’ai lu début
juin 2008, dans la copie d’une collégienne,
enrevoir pour au revoir.
|
Archambaud, serf du moine Thion (Archembaldus
famulus Theudonis monachi, A 9-10, Archenbaldus famulus,
B 6)
La première
rédaction nous dit simplement que ce domestique
du moine Thion a été témoin
à Saint-Avit-les-Guespières, au domicile
de Gautier d’Aunay, de la donation de Vierville
Milsent; la deuxième précise qu’il y remplaçait
le prieur de Marmoutier, qui n’avait pas fait le déplacement
de Saint-Avit, et que c’est à lui que Milsent
a donné rituellement le bâton d’investiture,
baculum (transaction
2).
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Arembert (Aremberti, B
24), père d’Anseau (Ansellus).
Arembert est
le père d’un Anseau qui paraît
être un homme lige de de Payen
fils d’Anseau, qu’il représente lors d’une cérémonie
d’armortissement
dans la grange de Boisville-Saint-Père (transaction 10).
Cet Arembert est aussi mentionné par
la charte étampoise pour Eudes de Chalo (trafiquée au XIIIe siècle
et daté douteusement 1085),
Arenbertus, père d’Anselmus,
altération d’Ansellus
(éd. Prou, p.
425, l. 2; on observe d’autres flottements entre les
anthroponyme Anselmus
et Ansellus dans les chartes de Philippe
Ier éditées par Prou, p. 280, l. 29; p. 281,
ll. 6 et17; p. 428, l.3; quant au texte de
Fleureau, étonnamment négligé par
Prou, il porte alors Anselinus;
il est plus que probable,
de toutes façons, qu’Ansellus et
Anselinus étaient des formes
hypocoristiques d’Anselmus).
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Arembour, épouse de Godéchal fils
d’Oury (Aremburgis,
B 29, Eremburgis
uxor predicti Godiscalis filii Vlrici,
B 27)
Arembour, veuve
de Godéchal fils d’Oury, avec leur fils Eudes,
leur fils, donnent leur consentement à
la donation de Godéchal, se trouvant alors
apparemment dans le secteur de Méréville,
puisque les témoins sont alors notamment
Gaudin fils
d’Ansoué de Méréville,
Geoffroy
de Moret et Eudes de Pannecières (transaction 12). |
Arembour, fille de Thiou (Arenburgis, C 27)
Fille de Thiou et
d’Ermentrud, sœur de Rainaud,
Pierre, Rosceline et Asceline, elle consent
à la donation de la terre de Lomlu
opérée par son frère Rainaud
(transaction 16). Elle fait ensuite partie de
ceux qui reçoivent un contre-don (transaction 17).
|
Arnaud fils d’Aubrée
et sans doute d’Oury de Vierville
(Ernaldus filius Alberedę,
B 1, 7, 24, 24, 26, Ernaldus, B 8-9), frère de
Godéchal
1)
Arnaud tenait à fief de Gautier
d’Aunay la moitié de Vierville, sans doute celle que ce dernier
tenait à fief de Guillaume fils de Benoal (cf. transaction 3 et transaction 7).
2) Arnaud fils d’Aubrée tenait à
fief de Payen d’Étampes les deux tiers de la mairie
(villicatio) de Vierville, le tiers restant étant
détenu par son frère Godéchal
(cf. transaction 3).
3) Il
concède les unes et les autres. Cette donation se fait chez lui à
Étampes (in domo sua apud Stampas)
(transaction 3).
4) Cette donation se fait
avec l’accord de son frère Godéchal
(B 8: concedente
fratre Godiscale),
à qui monsieur Thion Chef-de-Fer a donné
pour cela deux sous, ainsi qu’une place chez
nous à tous deux (transaction
3).
5)
Les donations qu’il effectue nécessitent
aussi le consentement de Payen fils d’Anseau,
donné par l’intermédiaire d’Anseau fils
d’Arembert à la grange de Boisville-Saint-Père
en présente d’Hugues du Puiset; elle est nécessaire
pour ce qui concerne les deux tiers de la villicatio (transaction
10).
6)
La donation d’Arnaud nécessite enfin le consentement
d’Hugues de Gallardon, pour la part de Vierville qu’il tient
en fief de Guillaume via Gautier, vassal du seigneur d’Auneau pour
ce bien-ci. Hugues de Gallardon donne donc
à Auneau son
consentement à la donation d’Arnaud en même
temps qu’à celles de Gautier et de Guillaume fils
de Bernoal (transaction
11).
(a)
Cet Arnaud fils d’Aubrée
nous est également
connu par la Chronique de
Morigny, qui rapporte que les fils
d’Aubrée Ours et Arnaud (filii Alberee
Urso et Arnaldus) ont donné aux
moines de Morigny chacun
le sixième de l’église
de Saint-Germain qu’ils détenaient
(f°63). On notera que le premier sixième en fut donné
par Anseau fils d’Arembert (noster Ansellus),
selon la même Chronique de Morigny (f°63),
personnage qui intervient aussi pour représenter Payen fils
d’Anseau lors de notre transaction 10.
Il semble donc qu’Oury, veuf et père de Godéchal,
avait épousé Aubrée, veuve et mère d’Ours,
et qu’ils avaient eu ensemble pour fils Arnaud. On peut donc légitimement
se demander si le premier mari d’Aubrée n’avait pas été
Thion II d’Étampes, fils d’Ours I et père d’Ours
II, qui doit peut-être être identifié à
Ours de Pierrefitte.
(b)
Quant à sa mère Aubrée, c’est elle
qui très probablement qui a donné son nom
au hameau d’Aubray dans la commune de
Mérobert (Essonne), non loin de Vierville
(Eure-et-Loir), qui est appelé Albereth dans une charte de Saint-Jean-en-Vallée
à Chartres antérieure à
1130.
|
Arnaud fils de Baudouin (Arnaldus filius Balduini, A
21, Ernaldus filius Balduini, B
15)
Cet Arnaud est témoin à Étampes
du consentement donné par Guillaume fils de Bernoal
à la donation de Gautier d’Aunay (transaction
6). |
Arnèse (Erneisius,
A 13).
Surnom
ou nom de famille porté par un certain
moine de Chuisnes, Gimard (Gingomarus
Erneisius), qui disparaît dans la deuxième
rédaction (B 11: Gingomarus)
|
Arnoux d’Aunay, frère
de Gautier II (Arnulfus
de Alneto, C 31, Arnulfus frater Gaulterii de Alneio, D 34)
Arnoux
d’Aunay est le frère de Gautier d’Aunay
et paraît lui succéder comme chef de
famille.
1) Il est témoin
à Chartres de la dernière transaction
enregistrée par la notice B: du consentement
donné son frère aîné Gautier
à la donation par son beau-frère de quatre
familles de colliberts: Arnulfus frater Gaulterii de Alneio (transaction 15).
2) Dans la notice C, qui
paraît plus tardive et peut-être du
début du XIIe siècle, alors que Gautier
est probablement mort, il est cité comme témoin
de la donation par Rainaud fils de Thiou et sa mère
Ermentrut de la terre de Lomlu, ou plutôt des contre-dons
des moines à la parentèle de Thiou,
quelque part entre Aunay et Vierville. Il n’est plus alors cité comme frère de
Gautier, mais lui-même titré
d’Aunay; en revanche est cité
après lui, et pour la première fois,
leur frère cadet Garin: Arnulfus de Alneto,
Guarinus frater eius (transaction
17).
(a) Un Arnoux d’Aunay est mentionné
après 1062 (ce qui n’est malheuresement pas très précis)
par une notice de Marmoutier pour le Vendômois (éd. De Trémault,
Cartulaire pour le Vendômois, Paris, Picard,
1893, n°LXXXVII, p. 138: Arnulfo de Alneto).
(b) Entre 1075 et 1085 le même Cartulaire
mentionne un Arnoux qui est peut-être le même, qualifié
de Spelteriis, toponyme qui recouvre peut-être
Épeautrolles, où nous voyons Gauthier d’Aunay émettre
de son côté des revendications sur l’église du lieu
(ibid., n°22A, p. 310: Arnulfus de Spelteriis).
|
Arnoux, régisseur
de Rouvray-Saint-Denis (Arnulfus maior de Roureio, B 10)
Ce maire, c’est-à-dire
régisseur, Arnoux est simple témoin
de la deuxième donation d’Arnaud
fils d’Aubrée, au domicile de ce dernier à
Étampes (transaction 3).
|
Asceline, fille de Thiou
(Ascelina, C
27)
Fille de Thiou et d’Ermentrud,
sœur de Rainaud,
Pierre, Arembour et Rosceline. Elle consent
avec eux à la donation de la terre de Lomlu opérée
par son frère Rainaud (transaction
16) et fait ensuite partie de la parentèle qui reçoit
des contredons (transaction 17).
|
Aubert fils d’Anseau (Albertus filius
Anselli, B 9, 22, 24).
Aubert fils
d’Anseau est le frère cadet de Payen fils d’Anseau.
1) Il est
témoin de la donation d’Arnaud fils
d’Aubrée, au domicile de ce dernier
à Étampes
(transaction 3).
2) Lui-même détient
un bien à Vierville, deux tenures, qu’il
avait données à fief à Amaury
Roux d’Ablis, et il consent à la donation de
ce dernier (transaction 9).
3) C’est lui qui obtient
le consentement de son frère Païen
fils d’Anseau aux donations opérées
par Arnaud fils d’Aubrée et Godechal
fils d’Oury (transaction 10).
4) Il est donc le premier
témoin cité de la cérémonie
qui se déroule dans la grange de
Boisville, avant même le vicomte
de Châteaudun Hugues et le seigneur du
Puiset Hugues, Nivelon fils de Foucher et Garin
de Friaize, lorsque ce consentement est donné,
au nom de Payen, par Anseau fils d’Arembert (transaction 10).
(a) Il est aussi cité comme témoin
par la charte accordée par Philippe
Ier à Notre-Dame d’Étampes
en 1082 (éd. Prou, 276, l. 7) et cela
juste avant Bernoal, abbé de Notre-Dame
d’Étampes.
L’on est donc naturellement porté
à se demander si Aubert fils d’Anseau
et Aubert frère de Bernoal abbé
de Notre-Dame d’Étampes ne pourraient pas être
une seule et même personne; d’où
il découlerait encore et surtout que
l’abbé de Notre-Dame serait aussi à
mettre au nombre des fils d’Anseau: mais rien ne l’indique
positivement).
(b) Il sera encore cité en 1106
par une charte de Philippe Ier, qui nous fait aussi
connaître son fils Mainier (éd. Fleureau,
p. 483; éd. Menault, p. 41; éd. Prou,
p. 390, ll. 15-16): Alberto ejusdem
Pagani fratri, Manerio ejus filio.
(c)
Une charte de Louis VII en date de 1162 environ, en faveur du monastère
des Vaux-de-Cernay, le mentionnera encore en temps
que père d’un certain Guy (Guido, filius
Auberti de Stampis, concedente filia sua Adeliza
et genero, dedit vineas quas habebat apud Estrecheium
sicut eas libere possidebat, et hoc per manum Ludovici
regis Francorum, t.1, pp. 34-35, elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte24/);
à moins qu’il ne s’agisse alors d’un certain Aubert fils d’Isembard
cité par le cartulaire de Longpont (n°CVIII, CCXXXVI & CCLXXXI).
(d)
Il est possible qu’il faille l’identifier
au suivant, s’il est le père du Rainier qui
est témoin avec lui, et d’autres,
de la donation d’Arnaud fils
d’Aubrée, au domicile de ce dernier
à Étampes
(transaction 3: Aubert
fils de Gondagre; Aubert fils d’Anseau;
Pierre fils d’Érard; Rainier fils
d’Aubert; etc.).
|
Aubert père de Rainier (Albertus,
B 10), père
de Rainier.
Peut-être
à identifier avec Aubert fils d’Anseau.
En effet cet Aubert est
le père d’un certain Rainier qui témoigne
en même temps qu’Aubert fils d’Anseau
de la donation
d’Arnaud fils d’Aubrée, au domicile de ce
dernier à Étampes
(transaction 3).
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| Aubert | |