CORPUS HISTORIQUE ETAMPOIS
 
 Dom Basile Fleureau 
De la maladerie de saint Lazare d’Estampes. 
Antiquitez d’Estampes II, 21
1668
 
Ancienne Léproserie Saint-Michel (carte postale Ramean n°200)  
Ancienne Léproserie Saint-Michel (carte postale Ramean n°200) 
   
     Dom Fleureau traite ici de la Léproserie Saint-Lazare d’Étampes. Notez qu’il l’appelle maladerie, conformément à l’étymologie, et non maladrerie. Il édite et commente dix chartes médiévales relatives à cet établissement, tirées des archives qui existaient encore au XVIIe siècle. Elles vont de 1120 à 1312. Pour d’autres, il se contente de les citer ou de les résumer, en raison de leur moindre intérêt ou peut-être dans certains cas de leur état de conservation insuffisant.
     Nous donnons ci-après traduction de chacune de ces chartes, remises dans l’ordre chronologique, avec quelques notes. Deux seules de ces chartes à notre connaissance avaient déjà été traduites, l
une par Louis-Marin Vénard en 1787, lautre par François Guizot, en 1839.
     Ce travail m’a occupé plusieurs jours d’affilée. Il doit y rester des coquilles. Merci de votre indulgence et des critiques ou notes que vous voudrez bien nous adresser pour améliorer cette première édition en ligne du chartrier de la léproserie d’Étampes, qui est loin d’être définitive, mais qui sera peut-être déjà utile aux non latinistes.

     Nous donnons aussi en Annexe 12 et Annexe 13 ce que Léon Marquis et Frédéric Gatineau ont écrit çà et là de cette Léproserie, puis une petite Bibliographie.


     La saisie des textes anciens est une tâche fastidieuse et méritoire. Merci de ne pas décourager ceux qui s’y attellent en les pillant sans les citer.
     
Les Antiquitez de la Ville et du Duché d’Estampes
Paris, Coignard, 1683
Seconde partie, Chapitre XXI,
pp. 451-462.
De la maladerie de saint Lazare d’Estampes.
 
CHAPITRE PRÉCÉDENT
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE SUIVANT


SECONDE PARTIE, CHAPITRE XIX. 
De la maladerie de saint Lazare d’Estampes.
 
UN peu au delà des Capucins du côté de Paris, on rencontre un autre lieu de pieté de plus ancienne fondation que la Commanderie de saint Jacques, appellé la maladerie de saint Lazare. Ce lieu a esté anciennement bâty & doté par la pieté de nos Roys, de quelques Seigneurs particuliers, & des habitans d’Estampes, pour y retirer & nourrir les Lepreux separez du commerce des autres personnes. L’Eglise dediée sous l’invocation [p.452] de saint Michel Arcange, & de saint Lazare Evêque de Marseille a esté enrichie de grands dons spiritucls par le Pape Clement V. lequel par une Bulle donnée en Avignon l’an septiéme de son Pontificat, a accordé à tous les Fideles de l’un & de l’autre sexe, qui vrayement penitens & confessez, visiteront cette Eglise & y feront des aumônes, les jours de la Nativité, Circoncision, Epiphanie, Resurrection, Ascension, & de la fête du Corps de Nôtre Seigneur, de la Pentecôte, de la Nativité, Annonciation, Purification, & de l’Assomption de la sainte Vierge, de la Nativité de S. Jean, & de la fête des Apôtres S. Pierre & S. Paul, la remission d’une année & d’une quarantaine des penitences qui leur auront esté imposées: & à ceux qui feront le semblable les jours des Octaves de ces fêtes, ou quelqu’un des six jours immediatement suivant la Pentecôte, cinquante jours seulement, & afin que les fideles ne doutent point du bon employ de leurs aumônes, ou qu’elles soient diverties à d’autres choses qu’à l’utilité de cette Eglise, & des pauvres malades, il defend à qui que ce soit de l’oser entreprendre, à peine d’encourir sa malediction, & de pouvoir jamais obtenir l’absolution de son peché que du saint Siege; après avoir actuellement satisfait & restitué les choses qu’il auroit prises, si ce n’est à l’article de la mort. Voicy la Bulle.sa
Armoiries de Clément V (© Fabio Ceresa 2004)
Armoiries de Clément V
(© Fabio Ceresa 2004)
Sacre de Bertrand de Goth, pape sous le nom de Clément V (miniature tirée de la chronique Villani © Rue des Archives/The Granger Collection NYC)


Sacre de Clément V en 1305
(miniature de la chronique Villani)
(© Rue des Archives/The Granger Collection NYC)






     Clemens Episcopus servus servorum Dei universis Christi fidelibus præsentes litteras inspecturis Salutem, & Apostolicam benedictionem. Licet is de cujus munere venit, ut sibi à fidelibus dignè & fideliter serviatur, de abundantia pietatis suæ, quæ merita supplicum excedit & vota, benè servientibus sibi multo majora retribuat quam valeant promereri: nihilominùs tamen desiderantes Domino reddere populum acceptabilem, & bonorum operum sectatorem, fideles ipsos ad complacendum & quasi quibusdam allectivis muneribus, indulgentiis, videlicet, & remißionibus invitamus,ut ipsi exinde reddantur divinæ gratiæ aptiores. Cupientes igitur ut Capella leprosorum sancti Lazari Stamparum Senonensis Diocœsis congruis honoribus frequentetur: & ut infirmi in dicta domo degentes sustententur: ac domus quæ utique sicut accepimus, reparatione indiget, non modicùm sumptuosa reparetur: & ut Christi fideles ad dictam Capellam causa devotionis confluant, & ad sustentationem infirmorum & reparationem domus hujusmodi manus proprias porrigant adjutrices, quo exindè ibidem uberiùs dono cælestis gratiæ conspexerint refectos, de Omnipotentis Dei misericodia & SS. Petri & Pauli Apostorum ejus auctoritate [p.453] confisi. Omnibus verè pœnitentibus & confeßis , qui in Nativitatis, Circumcisionis, Epiphaniæ, Resurrectionis, Ascensionis, Corporis Domini nostri Iesu Christi, Pentecostes: Nec non Nativitatis, Annuntiationis, Purificationis, & Assumptionis Beatæ Mariæ Virginis, & Nativitatis B. Ioannis, & BB. Apostolorum Petri & Pauli, prædictarum festivitatum Octavas & per sex dies dictam festivitatem Pentecostes immediatè sequentes, præfatam Capellam visitaverint annuatim, & ad sustentationem infirmorum & reparationem hujusmodi manus porrexerint adjutrices; singulis videlicet festivitatum & celebritatis unum annum & quadraginta dies: Octavarum verò & sex dierum prædictorum, quibus Capellam ipsam visitaverint & manus porrexerint adjutrices ut præfertur quinquaginta dies de injunctis eis pœnitentiis misericorditer relaxamus. Cæterùm ut omnia & singula quæ per eosdem fideles pro relaxationis hujumodi gratiæ consequenda offerri contigerit vel donari in usus ad quos donata vel oblata fuerint integrè convertantur, sub interminatione divini judicii districtiùs inhibemus, ne quis cujuscumque status, conditionis vel dignitatis existat, quidquam de donatis vel oblatis ipsis, sibi aliquatenùs appropriet vel usurpet. Si quis autem hoc attemptare præsumpserit non poßit à reatu præsumptionis hujusmodi ab aliquo, nisi apud sedem Apostolicam, ac satisfactione debita per eum de illis, quæ sibi appropriaverit vel usurpaverit, realiter priùs impensa; nisi in mortis articulo constitutus, absolutionis beneficium obtinere. Datum Avenione, VIII. Idus Iulii Pontificatus nostri anno VII. sigillatum sub plumbo. Exemple de charte de Clément V (1308)
Un privilège de Clément V

Bulle de Clément V (recto de ce sceau de plomb)
Bulle de Clément V (recto)

Bulle de Clément V (verso de ce sceau de plomb)
Bulle de Clément V (recto)

     Aprés avoir veu les biens spirituels de ce lieu de pieté, il faut parler des temporels, le premier bien-facteur de cet Hôpital, qui soit venu à ma connoissance est le Roy Louis VI. surnommé le Gros, lequel par le titre suivant, de l’an 1120. de son regne le XII. donne aux pauvres Lepreux de la ville d’Estampes, de la terre pour le labourage d’une Charuë au village de Boissy, avec un muid de bled Fourment mesure de Paris sur son Moulin d’Arnatal d’Estampes, au jour & fête de saint Remy: & deux muids de vin de ses vignes au temps des vendanges. Le Roy fit cette donation du consentement de Philippe son fils aîné, selon l’usage du temps, (c’est celuy qui fut écrasé par son cheval à Paris) en la presence des plus grands de sa Cour.

     In Christi nomine. Ego Ludovicus Dei gratia Rex Francorum: Notum fieri volo tàm futuris quàm & instantibus, quoniam pro animarum [p.454] patris mei, & matris meæ prædecessorumque nostrorum remedio infirmis, Stampensibus videlicet Leprosis, donavimus terram arabilem quantum sufficere uni carrucæ in villa Bußiaci: & modium frumenti parisiaci, in festo sancti Remigii, scilicet in Molendino apud Darnum stallum sito: & duos modios vini in vineis nostris, videlicet quando vindemiabuntur. Hoc autem ne valeat oblivione deleri scripto commendavimus, & ne possit à posteris infringi sigilli nostri auctoritate, nominis nostri charactere subterfirmavimus. Actum Castro Curiæ anno Incar. MCXX. Regni nostri 12. Adelaidis Reginæ 6. annuente Philippo filio nostro. Astantibus in Palatio nostro quorum nostra
[sic, lisez nomina] subtitulata sunt, & signa. Stephani Dapiferi, & Cancellari. Signa, Hugonis Constabularii. Guidonis Camerarii. Acta per manum Stephani Cancellarii.
Louis VI d'après un camée des années 1630
Louis VI (camée des années 1630)

Traduction en Annexe 2
     Louis VII. dit le Jeune, heritier de la pieté de son Pere, & successeur de son Roiaume ajoûta par ses Lettres patentes de l’an 1147 de son regne le 10. à ce don, qu’il avoit fait aux pauvres Lepreux d’Estampes, une pareille quantité de terre, au même lieu, & joignant la precedente: deux muids de bled fourment mesure de Paris à prendre dans ses greniers: & dix muids de vin dans sa cave tous les ans au jour de saint Remy pour leur aider à vivre. Il leur accorda une foire qui se tiendroit le jour de saint Michel, auprés de l’Eglise de saint Lazare, avec tous les droits de marché, qui luy pouvoient appartenir pendant huit jours dans Estampes, & l’exercice de toute justice, excepté de la Haute, qu’il reserve à ses Officiers: & sauve-garde pour ceux qui viendront à cette Foire, tant en venant qu’en retournant, sans qu’ils puissent être arrestez que pour crimes. La datte de cette concession n’est pas lisible, mais il est certain qu’elle a été faite avant l’an 1147. aussi bien que le don de l’usage du bois dans la forest de Montbardon le vieil, Montbardon le jeune; parce qu’il est fait mention de ces deux donations dans les lettres de sauve-garde que ce Roy accorda à la même Maladerie ladite année 1147. Ces titres meritent d’être veûs.

     In nomine sanctæ, & individuæ Trinitatis. Ludovicus Dei gratia Francorum Rex, & Dux Aquitanorum, omnibus in perpetuum. Æterna sine dubio retributione carere non posse confidimus quidquid ad sustentationem Pauperum Christi clementer impertimur. Eo nimirùm intuitu leprosorum Stampensium infirmitatem, & indigentiam benigna pietate considerantes, dignum duximus de redditibus nostris victui eorum aliquod perenne beneficium misericorditer providere. Donamus [p.455] igitur eis in perpetuum, & per præsentis paginæ auctoritatem quietè semper ac liberè poßidendum firmamus duos modios frumenti in granario nostro, Stampis: Et in Cellario decem modios vini in festo S. Remigii, absque omni contradictione, annis singulis persolvendos. Quod ut ita ratum inposterum inconcussumque permanent, scripto commendari, sigilli nostri impreßione signari, nostrique nominis subter inscripto charactere corroborari præcepimus. Actum publicè Parisius, an. ab Incarn. Domini MCXLVII. Regni verò nostri X. Adstantibus in Palatio quorum nomina subtitulata sunt, & signa. Radulphi Viromanduorum Comitis, Dapiferi nostri. Guillelmi Buticularii. Matthæi Camerarii. Matthæi Constabularii. Acta per manum Cadurci Cancellarii.

     Ludovicus ego Dei gratia Rex Francorum, & Dux Aquitanorum. Notum facimus universis præsentibus pariter & futuris, quod fratribus S. Lazari de Stampis, Feriam quamdam dierum octo, singulis in perpetuum annis, ad festivitatem B. Michaëlis juxta prædicti S. Lazari Ecclesiam donavimus atque conceßimus; ea nimirùm libertate quod nihil omninò nobis in ea retinemus: nihil penitùs in ea nostri capere poterunt Ministeriales, præter latronem, quem ideò à potestate nostra non dejicimus, ut debitam de illo justitiam faciamus. Euntes si quidem ad feriam istam in conducto nostro recipimus. Quod ut ratum habeatur in posterum sigilli nostri auctoritate muniri fecimus , & signari, &c.
Louis VII d'après un camée des années 1630
Louis VII (camée des années 1630)


Traduction en  Annexe 4


Sceau de Louis VII
Sceau de Louis VII



Traduction en Annexe 3

     In nomine sanctæ, & individuæ Trinitatis. Ludovicus Dei gratia Rex Francorum, & Dux Aquitanorum, omnibus in perpetuum. Ipsa nos humanæ conditionis hortatur infirmitas, Leprosorum angustiis, & egestatibus tanto majori humanitate compati quanto eos videmus acerbius in nostræ carnis humilitate torqueri: quo nimirùm intuitu leprosorum Stampensium utilitatibus ac quieti in posterum providentes, ipsos & universa quæ poßident ex dono prædecessorum nostrorum, vel ex eleemosinis quorumdam fidelium sibi collata, sub protectionis nostræ perenni tuitione suscipimus, & auctoritatis nostræ præcepto communimus; quorum hæc propriis duximus experimenta vocabulis. In terra Bußiaci terram arabilem quantùm sufficere poßit uni carrucæ, de dono patris nostri, & alteram carrucatam continuam in eadem villa, quam nos præfatis fratribus præposito dono contulimus Parisius. Modium frumenti in festo S. Remigii, in molendino videlicet apud Darnum stallum sito: & duos modios vini in vineis nostris, quando vindemiabuntur Stampis. Feriam octo dierum ad festivitatem S. Michaëlis. Ea [p.456] nimirum libertate quod nihil omninò nobis in ea retinemus præter latronem: omnes etiam euntes ad feriam istam, & redeuntes ab ipsa, in conducto nostro recipientes. Prætereà confirmamus eis nemus mortuum de Montebardon juvene, de Montebardon veteri ad omnes proprios usus. Hæc igitur omnia quæcumque in præsentiarum continentur liberè sibi in perpetuum poßidenda concedimus, & per præsentem munitionis nostræ paginam confirmamus. Quod in perpetuæ stabilitatis obtineat munimenta scripto commendari, sigillique nostri impreßione signari, nostrique nominis subter inscripto charactere fecimus consignari. Actum publicè Stampis anno ab lncarn. Domini MCXLVII. Regni verò nostri X. adstantibus in Palatio nostro quorum nomina subtitulata, & signa. Radulphi Comitis Viromanduorum Dapiferi nostri, Guillelmi Buticularii, Matthæi Camerarii, Matthæi constabularii. Data per manum Cadurci Cancellarii.

     Il se trouve deux autres confirmations de l’usage du bois: l’une de Louis d’Evreux, Comte d’Estampes, donnée Paris le XIV. Avril MCCCXIXC. [sic] avant Pâques: & l’autre de Jean, fils de Roy de France, Duc de Berry, & Comte d’Estampes, du VI. Decembre MCCCCIV.




Sceau de Louis VII

Sceau de Louis VII




Traduction en Annexe 5

     La diverse façon de parler de Louis le Gros, & de Louis le jeune son fils, en leurs lettres cy-dessus rapportées, est remarquable. Le premier dit qu’il donne aux pauvres Lepreux d’Estampes, infirmis Stampensibus videlicet Leprosis, & le second aux Freres de S. Lazare d’Estampes Fratribus S. Lazari de Stampis: parce que de cette diversité l’on infere que dans l’intervalle de ces deux concessions, qui ne peut avoir été que de vingt-sept ans, le gouvernement de cette Maladerie a été reglé sous un Maître, & des freres pour servir les Lepreux, qui vivoient en quelque sorte de communauté, & traitoient leurs affaires Capitulairement, comme on l’apprend de l’Acte suivant, par lequel ils demandent delay au Roy saint Louis de luy payer quarante livres parisis, qu’ils étoient obligez de luy donner à la fête de la Purification, jusques au jour de saint Remy suivant, auquel temps ils auront recueilly leurs fruits, dont ils pouront retirer de l’argent.

     Ludovico Dei gratia Regi Francorum Illustrißimo Capitulum sancti Lazari Stampensis salutem in præsenti, & gloriam in futuro, & semper de suis hostibus triumphare. Majestati Regiæ duximus Rex illustrißime ut de XL. lib. Paris. quas vobis ad instantem Purificationem Beatæ Mariæ Virginis tenemur persolvere, ad instans [p.457] festum sancti Remigii terminum concedatis misericorditer, & respectum: & tunc nostris collectis fructibus de primo fructu nostro super dicto debito vestrum beneplacitum faciemus. Datum sabbato post festum sancti Vincentii Anno Domini MCCXXXVI.

     Le plus illustre bienfacteur de cette Maladerie, aprés nos Rois, est Thibault Comte de Blois, & Grand Maître de la Maison du Roy, lequel du consentement de la Comtesse Alix sa femme, de ses deux fils Jacques, & Louis, & de ses deux filles Marguerite & Isabelle, donna aux Lepreux d’Estampes, dix muids de son vin de Chartres chaque année à perpetuité par le titre suivant de l’an MCLXXXIII.
Saint Louis IX d'après un camée des années 1630
Saint Louis (camée des années 1630)

Traduction en Annexe 10

     Ego Theobaldus Blesensis. Comes, & Franciæ Senescallus, notum facio universis, quòd pro remedio animæ meæ, &c. animarum Patris, & Matris meæ, Adelicia Comitissa uxore mea, filiisque, & filiabus meis, Ludovico, & Iacobo, Margarita, & Isabella laudantibus, & concedentibus, Leprosis Stamparum decem modios vini, singulis annis in redditu meo vini, Carnoti, in perpetuum dedi, reddendos eis semper in vindemiis. Quod ut ratum maneat semper, & firmum, litteris commendavi, & sigilli mei impositione confirmavi. Testes inde fuerunt Lambertus Saccus, Reginaldus de Roboreto. Herbertus Marescallus, Fulco Camerarius. Raginus [sic, lisez Raginaldus] Crispinus, Sancio Belellus, Herveus de Curvavilla Rag. Capellanus, Gaufridus Presbyter. Actum Stampis an. Incarn. Dominicæ MCLXXXIII. Data per manum Magistri Hildrici Cancellarii, & sigillatum.

     Par Lettres du 8. Octobre 1594. Alphonse d’Este, Duc de Ferrare & de Chartres, a abandonné le droit des Terreaux de Chartres, pour être déchargé de ces dix muids de vin de redevance, comme il est porté par un Arrest du Conseil du 29. Mars 1617. rendu entre Henry de Savoye, Duc de Nemours, & de Chartres, & François Hardy, Fermier du revenu de la Maladerie d’Estampes.
Blason de Thibault de Blois (© Odejea, Wikipédia)

Traduction en Annexe 7

     Manassés de Garlande, Evêque d’Orleans, aprés avoir fait tous ses efforts pour se faire adjuger une partie d’une Metairie assise en la Paroisse d’Audeville, que la maison de saint Lazare d’Estampes possedoit avec d’autres terres à Merobrés, que Guillaume Lisiard, & Milon d’Estampes les vieilles luy avoient données en aumônes; lesquelles ce Prelat soûtenoit être tenues de luy en fief, & que cette maison ne pouvoit pas les tenir sans son agrément: Il accorda tellement ce differend, que par le conseil, & à la priere [p.458] de plusieurs Gentils-hommes d’Estampes ses amis, & pour procurer du soulagement aux amis [sic, lisez: ames] d’Estienne de Garlande son frere, & de Jean Doyen, son Cousin, il consentit que la Leproserie jouît paisiblement, de tout ce qui luy avoit été donné: & qu’elle peût encore acquerir des terres pour le labourage d’une charuë, à la charge de payer tous les ans le jour des Morts, au Chantre de Pluviers, en sa place, dix livres de cire de quinze onces chacune: & trois autres de pareil poids par forme d’amende, en cas de delay de payement jusques au jour de S. Martin suivant, comme nous l’apprend le titre suivant.

Audeville, Sermaises et Merobes sur la carte de Cassini, édition de 1756

     Omnibus sanctæ Ecclesiæ curam gerentibus specialiter expedit, ut in omnibus actionibus suis opera imitentur charitatis, & eleemosinas suas tàm potentibus quàm impotentibus largiantur egenis: undè ego Manasses Dei gratia Aurelianensis Ecclesiæ Minister humilis, declarandum duximus universis tàm instantibus quàm futuris, quod lis, & contentio erat inter nos, & Domum sancti Lazari de Stampis. Nos quidem reclamabamus partem terræ de Audevilla quàm [sic] Theodoricus ejusdem villæ Presbyter diù excoluerat: nostro tamen juri non potuimus adprobare nisi……. uno. Reclamabamus etiam quod feodos nostros in prædicta villa absque assensu, & laude nostra poßidebant, videlicet villam de Mesrobrai, & eleemosinam Guillelmi Lisardi, & Milonis de Stampis veteribus. Tandem intuitu pietatis, & ob remedium animæ Domini Stephani de Garlanda, & Ioannis Decani fratris, & Cognati nostri: compulsus etiam carorum nostrum hominum, scilicet Stampensium composuimus ut terram prædictam teneant, videlicet Alledii, quam nostro dominio reclamabamus. Censuales fecimus eleemosinas prædictas de feodis nostris factas: Terram etiam ad unam carrucam arabilem, si quidem acquirere poterunt; laudavimus, & conceßimus tali siquidem pacto, quatenùs singulis annis ad festum Mortuorum decem ceræ libras, libras scilicet quindecim unciarum, Cantori Pitiviensi loco nostro, Ministeriales Domus prædictæ persolvant. Quod si tardi, & negligentes reddendi censum prædictum usque ad sequens festum Beati Martini extiterint, per tres ceræ libras ejusdem ponderis emendabunt, & prædicta pacificè poßidebunt. Actum publicè Pivieriis. anno Incarn. verbi MCLXIX. Regnante Lodovico, Ludovici filio, an. XXXIII. Episcopatus verò nostri anno XXIII. astantibus ex parte nostra Marseto Archidiacono, Gernaudo Succentore, Mauberto, Cadulæo sanctæ Crucis Canonicis. Michaële Sarginensi Cantore sancti Petri… Cantore ex parte infirmorum Milone de Stampis Veteribus; Roberto [p.459] de Catena, Federico de Gondrevilla, Guillelmo Gulduani, Reginaldo Bestira, Theobaldo de Papilione, Hugone infirmorum Cellerario. Data per manum Roberti Pitiveris Cantoris.
Traduction en Annexe 6
Audeville, Sermaises et Merobes sur la carte de Cassini, réédition de 1815

     Quelques années aprés le Prieur, & les Freres de cette Maison de saint Lazare acquirent de Guillaume de Champtembre Damoiseau, & d’Aalés sa femme vingt arpens de terre, assis en la même Paroisse d’Audevile [sic] mouvans du fief de Guillaume de Tignonville Chevalier, qui consentit avec Jeanne sa femme, qu’ils leur demeurassent a perpetuité, moiennant la somme de trente livres, & un denier, qui luy furent payées, pour son droit d’indemnité, comme il appert par Acte du mois d’Avril 1221. scellé du sceau de ce Chevalier.

     L’an 1209. Guillaume Bourguignel donna à cette Maladerie pour le salut de son ame, & de celle d’Emeline sa femme, & de ses pere & mere, du consentement de Thibault son fils, de ses autres enfans, & amis, & d’Isembert Curé, la dixme de toutes les terres labourables qu’il avoit à Villiers prés de Bauville [Lisez Bouville] voulant que le revenu fust employé à donner aux freres, & sœurs de cette Leproserie, tant sains que malades, quatre Oeufs tous les Vendredis de chaque Semaine, depuis la saint Remy, jusques au Carnaval, & deux Harengs depuis le Carnaval jusques à Pâques. En reconnoissance de laquelle aumône le Prieur nommé Simon, & tout le Chapitre de la maison de saint Lazare s’obligerent de leur bongré & par charité, de celebrer tous les Vendredis une Messe pour le repos des ames de leurs bienfacteurs, & autres cy devant nommez: & des anniversaires pour luy, pour sa femme, pour son pere, & pour sa mere, aux jours convenables. Ce que Robert Brucard, Chanoine de Sens, au nom, & comme Procureur de l’Archevêque approuva, au mois d’Aoust de la même année: & au mois d’Octobre suivant l’Archevêque luy-même, comme il appert par les titres suivans.

Bouville et Villiers sur la carte de Cassini, réédition de 1815

     Notum sit omnibus quod ego Vvillermus Burginellus pro redemptione animæ meæ, & animæ Emelinæ uxoris meæ, & patris mei, & matris meæ, & omnium prædecessorum meorum dedi & conceßi in perpetuam eleemosinam, assensu Theobaldi filii mei, & aliorum puerorum meorum Domui sancti Lazari de Stampis, & omnibus in servientibus decimam terræ meæ arabilis quam habeo apud Villiers juxta Bovillam, tali facta institutione, quod de hac præfata decima, Domus præfata debet ministrare omnibus fratribus, & sororibus ejusdem [p.460] domus, tàm sanis, quàm infirmis, omnibus diebus Veneris, à festo sancti Remigii usque ad carnis privium, quatuor Ova, à carnis privio usque ad Pascha, omni sexta feria duo Halecia; per ita quod si dicta decima ad hanc refectionem sufficere non potuerit domus prædicta de proprio perficiet: Si autem aliquod residuum affuerit, domui liberè remanebit. Prætereà dedit, & integrè conceßit unam hostiliam cum censu, & rentitia integra, quam habebat apud Stampas veteres. Simon verò Prior totumque ejusdem domus Capitulum panes, & capones quos habebant apud Fontenettes, & apud Ezarville eidem Vvillermo, ejus hæredi liberè quittaverunt. Simon siquidem domus prædictæ Prior totumque domus Capitulum benignè, & charitativè concesserunt dicto Vvillermo, pro redemptione animæ suæ, & uxoris suæ Emelinæ, & aliorum prænominatorum, singulis diebus Veneris celebrationem unius Missæ de fidelibus. Concedunt etiam in perpetuum eidem Vvillermo celebrationem anniversarii sui, & anniversarii uxoris suæ Emelinæ, & Patris sui, & Matris suæ annuatim diebus advenientibus. In cujus rei testimonium præsentem chartam conscribi, & sigilli Capituli, & nostri munimine fecimus roborari. Actum anno gratiæ MCCIX. Traduction en Annexe 8
Fontenettes et Ezarville sur la carte de Cassini, édition de 1815  

     Petrus Dei gratia Senonensis Archiepiscopus, dilectis filiis Magistro Simoni, & fratribus domus Leprosorum Beati Lazari Stampensis, salutem in vero salutari. Cùm nobis petitur quod justum est, vel quod videtur honestum, assensum nostrum ex injuncto nobis officio tenemur de facili impertiri. Eapropter, Carissimi in Christo filii, vestris justis postulationibus annuentes, Decimam omnium terrarum Villermi [sic] Borginelli [sic] arabilium, quas habet apud Villare juxta Bovillam, Vobis ab ipso, de assensu Isemberti Presbyteri de Villari, misericorditer collatam, secundum quod in litteris dilecti nostri Roberti Bocardi, quondam Archiepiscopalium procuraroris, perspeximus contineri, vobis & Ecclesiæ vestræ perpetuo poßidendam confirmamus, & præsenti scripti patrocinio donationem ipsius Decimæ communimus. Actum anno gratiæ MCCIX. mense Octobri.
Traduction en Annexe 8
Bouville et Villiers sur la carte de Cassini, édition de 1756

     Au mois de Janvier MCCXXXIV. Gautier de Nanteüil Seigneur de Boissy, du consentement de Marguerite sa femme, & de Jean son fils, pour le soulagement de leurs ames & de celles de leurs Parens consentit & approuva, en qualité de Seigneur de fief, que le Prieur & les Freres de la Leproserie d’Estampes, possedassent en main morte toutes les terres assises entre Boissy & Chandoux, tenantes à celles qu’ils avoient déja, qu’Odeline de [p.461] Boissy, vefve de Marc le Maire, dudit Boissy, Guerin, Hilaire, & Girard ses enfans, & Anseau son Nepveu, leur avoient vendus pour la somme de soixante livres parisis une fois payée, & trois muids de bled métail mesure d’Estampes, du meilleur de leur metairie chaque année, à ladite Odeline sa vie durant, dans la quinzaine d’aprés la saint Remy: à la charge de luy payer seulement tous les ans, & à ses heritiers cinq sols parisis de censive. Voicy cet acte d’amortissement.

Boissy le Sec et Champdoux sur la carte de Cassini, réédition de 1815

     Ego Galterus de Nantolio, Miles, & Dominus de Buxiaco, omnibus præsentes Litteras inspecturis notum facio quòd Odelina de Buxiaco, relicta Marci quondam Majoris de Buxiaco, Guerinus Clericus, Hilarius & Girardus Laïci, Fratres, filii dictæ Odelinæ, & Ansellus Nepos ejusdem Odelinæ, in præsentia mea constituti, recognoverunt se vendidisse, & conceßisse Priori & fratribus Domus sancti Lazari Stampensis totam terram suam quam habebant inter Duxiacum [sic] & Chandoux, contiguam terræ dictorum Prioris & fratrum, pro sexaginta lib. Paris. jam solutis: & pro tribus modiis melioris mistolii de grangia dictorum Prioris & fratrum, ad mensuram Stampensem, dictæ Odelinæ, quamdiù vixerit, infra quindenam B. Remigii annuatim persolvendis: quam terram tenebant à me in feodo prædicti Odelina, & tres filii sui, & Ansellus Nepos ejusdem Odelinæ. Predicti autem Odelina & tres filii sui, & Ansellus Nepos ejusdem Odelinæ in manu dicti Prioris fidem præstiterunt corporalem, quod in prædicta terra, per se, vel per alios, jure hæreditario, vel alio modo nihil de cætero reclamarent: hanc autem venditionem & conceßionem, ut superiùs dictum est, factam volui, laudavi & ad preces bonorum virorum, assensu & voluntate Margaretæ uxoris nostræ, nobilis mulieris, & Ioannis filii mei, ob remedium animarum, nostrarum & parentum nostrorum, dictis Priori & fratribus sancti Lazari, in manu mortua, in perpetuum poßidendam conceßi pro quinque solidis paris. censualibus, & nihil ampliùs, mihi vel hæredibus meis, singulis annis, in festo Beati Remigii persolvendis in futurum. Post decessum verò dictæ Odelinæ, prædicti Prior & fratres à solutione trium modiorum mistolii liberi, quieti & absoluti remanebunt. Quod ut ratum & stabile permaneat, & memoriæ commendetur in posterum ad petitionem prædictarum partium præsentes Litteras sigilli mei munimine roboravi. Actum publicè anno Domini MCCXXXIV. mense Ianuanio.
Traduction en Annexe 9
     Pour ce qui est du Moulin de la maladerie, situé à Estampes les vieilles, au dessous de celuy de la Trinité, il a esté autrefois [p.462] donné à huit livres de rente par an, aux Ministres de cette maison, qui l’ont laissé tomber en ruine. Un titre du mois d’Octobre 1243. fait voir que le Prieur & les Freres de saint Lazare en ont acquis la moitié d’Adam de Berenville, Escuyer, & de Richaudis sa sœur, femme d’Arnoul de Gondreville, pour la somme de soixante & cinq livres parisis. Peut-être que l’autre moitié leur avoit esté auparavant donnée, & qui [sic] les obligea à faire cette acquisition.

     Je ne m’étendray pas davantage sur les donations, acquisitions, & autres droits de cette maladerie, pour n’avoir pû voir les tiltres qui en font mention, qui sont entre les mains de quelques particuliers.


  
CHAPITRE PRÉCÉDENT
TABLE DES MATIÈRES
CHAPITRE SUIVANT
NOTES

1) La Bulle de Clément V de 1312 (Voir Annexe 11)

Bulle de Clément V (recto de ce sceau de plomb)      Le Pape Clement V.... l’an septiéme de son Pontificat.  La bulle est datée d’Avignon le septième jour avant les ides de juillet, en la septième année du pontificat de Clément V, qui a été élu pape à Lyon le 5 juin 1305. Elle a donc été expédiée le 9 juillet 1312. Nous proposons en Annexe 11 une traduction de cette Bulle.

     Nativité (Noël, naissance du Christ): 25 décembre. Circoncision (du Christ, “huit jours” après sa naissance): 1er janvier. Épiphanie (visite du Christ enfant par les mages, baptême du Christ par Jean-Baptiste et miracle de Cana): 6 janvier, ou, en France, 1er dimanche après le 1er janvier. Resurrection (du Christ), dite aussi Pâques: le dimanche qui suit le 14éme jour de la lune, au plus tôt le 21 mars. Ascension (du Christ au ciel, “quarante jours” après sa résurrection): le jeudi 39e jour après Pâques. Fête du Corps de Nôtre Seigneur (dite aussi Fête-Dieu): 60 jours après Pâques. Pentecôte (effusion du Saint-Esprit sur les Apôtres “cinquante jours” après la Résurrection du Christ): le dimanche 49 jours après Pâques. Nativité (naissance de la Sainte-Vierge): 8 septembre. Annonciation (annonce par l’ange Gabriel à la Sainte-Vierge de la conception virginale en elle du Christ): 25 mars. Purification (de la Sainte-Vierge au Temple de Jérusalem après son retour de couches), dite aussi Présentation (du Christ au Temple) ou Chandeleur (fête des chandelles): 2 février. Assomption de la sainte Vierge (sa montée au ciel après sa semi-mort ou Dormition): 15 août. Nativité de saint Jean (de saint Jean-Baptiste, 6 mois exactement avant celle du Christ à Noël): 24 juin. Fête des Apôtres saint Pierre et saint Paul: 29 juin.

     
Licet is de cujus munere venit, etc.
Tout le préambule de cette Bulle et plus largement l’ensemble de sa structure et sa phraséologie sont totalement stéréoypés. On les retrouve tels quels dans de nombreuses bulles papales ou documents assimilés depuis au moins Grégoire IX en 1235. En avril 2006 il y avait déjà en ligne au moins dix bulles de cette famille, mises en ligne par des sites allemand, autrichien, italiens et espagnol, datant respectivement de 1235, 1252, 1257, 1284, 1287 (bis), 1289, 1381, 1392 et 1400. Nous avons réuni ces textes en Annexe 11
     L’examen de ce formulaire et de ses variantes permet au passage de voir sur le vif le fonctionnement de la chancellerie apostolique, qui recopie à la chaîne des formulaires où se sont parfois introduites des corruptions qui sont le plus souvent recopiées sans sourciller.
     Ainsi on écrit d’abord
ad complacendum ei quasi (1235, 1252, 1257, 1284, 1287, bis, et 1289) puis, par mégarde, ad complacendum et quasi. On pourrait croire à une erreur de lecture de Fleureau, mais cette erreur se retrouve en 1392 et en 1400, et la corruption est confirmée entre temps en 1381 par la correction maladroite d’un scribe qui a vu le problème mais corrigé incorrectement ad complacendum sibi quasi.

Bulle de Clément V (recto de ce sceau de plomb)      Populum acceptabilem, & bonorum operum sectatorem. Citation de la Lettre de saint Paul à Tite, chapitre 2, verset 14: (Jesus Christus) qui dedit semet ipsum pro nobis ut nos redimeret ab omni iniquitate et mundaret sibi populum acceptabilem sectatorem bonorum operum«Jésus Christ qui s’est offert lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de se purifier un peuple agréable (c’est-à-dire susceptible d’être offert en offrande) et adepte des bonnes œuvres.» On notera que dans les parallèles en ligne du texte de cette bulle, la réminiscence biblique se réduisait originellement à populum acceptabilem (1235, 1252, 1257, 1284, 1287, bis, et 1289), tandis qu’elle n’est complétée par sectatorem bonorum operum qu’ultérieurement, en même temps que s’introduit la corruption et pour ei (1312, 1381, 1392 et 1400).

     Sigillatum sub plumbo. «scellé avec du plomb». Il s’agit de la fameuse «bulle», reproduite ci-contre, qui donne son nom  ce genre de document.

2) La charte de Louis VI de 1120 (Voir Annexe 2)


     Le titre suivant, de l’an 1120. de son regne le XII. Cette charte, dont Fleureau paraît avoir consulté l’original, disparu relativement récemment, nous est également connue par une copie du 14 mars 1787, faite par Louis-Marin Vénard, notaire royal au bailliage d’Étampes, qui est conservée aux Archives nationales sous la cote R4 998, avec une traduction par le même, dans le dossier «Étampes».
     Selon Dufour (p. 360, n. 2), «L’inventaire sommaire manuscrit des archives hospitalières d’Étampes de 1865 l’analyse et le décrit encore ainsi sous la cote “carton n°14”: “feuille simple en parchemin, longue et étroite; le sceau n’existe plus.” Le récolement effectué à partir de cet inventaire montre le déficit de cette pière, comme de nombreux autres titres des XIIe-XIXe siècle». Rappelons que nous avons mis en ligne l’Inventaire des archives anciennes d’Étampes par Marie-Anne Chabin de 1990.
     Sur la base de ces deux témoins (l’édition de Fleureau et la copie de Vénard) Jean Dufour en a donné en 1990 une nouvelle édition dans son Recueil des actes de Louis VI. Nous donnons son texte en regard de celui de Fleureau, et de notre traduction, en Annexe 2.

     Son Moulin d’Arnatal d’Estampes
. Graphie aberrante pour Darnatal (comme l’écrit d’ailleurs Fleureau p. 404). La charte porte: in molendino apud Darnum Stallum sito, «Au moulin situé au Darne Estal». Ce secteur s’appelle à Étampes Darnatal et non Darnétal comme l’écrit Dufour par distraction et par confusion avec le faubourg rouennais de ce nom. Le latin nous permet ici indirectement de remonter à l’étymologie de ce nom de lieu longtemps énigmatique. Darne représente l’ancien français Derrain et ses variantes dialectales Dergne, Dargne, Derne ou Darne, c’est-à-dire «dernier» pris en l’occurence au sens de «nouvel».
     
C’est ce que j’ai montré dans le Cahier d’Étampes-Histoire n°7, pp. 119-120. Il s’agit (ici comme pour les autres Darnétal, Darnatal ou Darnestal de France), des nouvelles boucheries fondées par Philippe-Auguste, qu’on appelait aussi à Étampes ad novos stallos (chartes de 1246 et de 1274 citées par Fleureau pp. 128 & 136), «aux nouveaux étaux», comme on appela bien plus tard certains magasins Au bon marché, et Les Nouvelles Galeries.
     N. B. Les auteurs qui répercuteraient cette découverte étymologique, qui peut intéresser les historiens locaux de plusieurs villes de France, peuvent produire la référence suivante: Bernard GINESTE,
«Darnatal», in Cahier d’Étampes-Histoire n°7 (2005), pp. 119-120.

     Actum Castro Curiæ anno Incar. MCXX. Regni nostri 12. c’est-à-dire «donné au Castrum Curiae l’an de l’incarnation 1120 et le 12e de notre règne.» Le lieu désigné par le tour Castrum Curiae, «château de la cour (de justice)» est inhabituel et isolé, de sorte que Dufour, à la suite de Luchaire, se permet de corriger, malgré le témoignage des deux témoins qu’il suppose pourtant copiés sur l’original, le C initial en E, arrivant ainsi à Castro Evriae, «à Yèvre-le-Châtel». Mais dans la foulée il est aussi obligé de corriger la date de la douzième année du règne en treizième année du règne, XIII plutôt que XII (et donc après le 13 août plutôt qu’avant), par comparaison avec la seule autre charte de Louis VII datée de Yèvre-le-Châtel, qui porte cette leçon.
     Tout ceci est fort ingénieux, mais il me semble difficile que deux témoins indépendants du même texte original aient pu commettre les deux mêmes bourdes. Il est plus naturel de penser qu’il est ici question d’un château (castellum) qui a pour particularité de servir de siège à une cour de justice (curia); il est donc ainsi dénommé par rapport aux autres châteaux parisiens, et il s’agit déjà probablement du Châtelet. Le diminutif d’origine vulgaire castelletum ne sera en effet admis en latin qu’à partir du XIIIe siècle, au dire de Niermeyer.


3) Les trois chartes de Louis VII (Voir Annexe 3, Annexe 4 et Annexe 5)

Sceau de Louis VII      Fleureau donne dans le désordre trois chartes de Louis VII, qui a régné de 1137 à 1180: 1° une charte de 1147 qui accorde un rente de deux muids de blé et de dix muids de vin; 2° une carte dont la date n’était plus lisible de son temps et qui accorde un droit de foire; 3° une deuxième charte de 1147 qui confirme plusieurs donations antérieures: a) la charte de 1120 par laquelle Louis VI, père de Louis VII avait donné un premier champ à Boissy; b) une charte précédente de Louis VII lui-même, qui avait été donnée à Paris à une date non précisée (entre 1137 et 1147 donc), que Fleureau ne paraît pas avoir trouvée, et qui donnait un deuxième champ à Boissy-le-Sec; c) la précédente charte de la même année 1147 où Louis VII avait donné une rente de deux muids de blé et de dix muids de vin; d) un droit de ramasser le bois mort à Montbardon (dans l’actuelle commune de Richardville).
     Nous ne savons pas qui avait accordé ce dernier droit de ramassage du bois mort à Montbardon, dont Fleureau ajoute qu’il fut confirmé ultérieurement par Louis d’Évreux puis par Jean de Berry, ce qui donne à penser qu’il avait été formulé originellement par une charte spécifique de date et d’auteur inconnus: il peut aussi bien remonter à Louis VI, voire à l’un de ses prédécesseurs.
     Au total c’est donc au moins quatre chartes qui avait été données par Louis VII à la léproserie Saint-Lazare d’Étampes: les deux premières avant 1147 (la deuxième de Fleureau, et une autre, qu’il n’a pas pu retrouver); les deux autres de 1147, la dernière récapitulant toutes les précédentes.

     Une foire... avec... l’exercice de toute justice, excepté de la Haute. Fleureau a déjà fait allusion à ce droit de justice au chapitre XVIII de la première partie, p. 32: «La Maladrerie de S. Lazare a Justice, moienne, & basse, en titre de Prevôté, le jour de la Foire de S. Michel, au lieu où elle se tient.»

4) La requête à saint Louis IX en 1236 (voir Annexe 10)

5) La charte de Thibault de Blois de 1183 (Voir Annexe 7)

Blason de Thibault de Blois (© Odejea, Wikipédia)      Thibault (ou Thibaud) de Blois. Il s’agit de Thibault V dit le Bon (1130-1191), comte de Blois et de Chartres, fils de Thibault IV dit le Grand (1093-1051). En 1152, il hérita de son père les comtés de Blois et de Chartres, tandis que son aîné Henri Ier recevait la Champagne. Devenu Sénéchal de France et veuf de Sybille de Château-Renard, il épousa en 1164 Alix de France (1151- après 1195), fille de Louis VII (1100-1154) et de sa première épouse Aliénor d’Aquitaine (1122-1204). Elle lui donnera sept enfants. Il mourra lors de la troisième croisade, devant Acre.

      Theobaldus... Isabella... Raginus (sic) Crispinus. Raginus constitue vraisemblablement une erreur de lecture de Fleureau qui aura mal résolu une abréviation de Raginaldus (quelques mots plus loin il porte carrément pour un homonyme: Rag. Capellanus).
     En effet c’est bien un Renaud Crépin, personnage bien connu à Chartres, qui apparaît comme témoin dans une autre charte de Thibault de Blois au bénéfice de Notre-Dame des Vaux-de-Cernay, aux côtés des mêmes
Lambertus Saccus et Sancio Belellus (charte éditée en 1857 par Luc Merlet et Auguste Moutié, et mise depuis en ligne par l’École Nationale des Chartes, http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte81), et que nous avons reproduite en Annexe 7.
     Voici les trois notes que porte Luc Merlet à cette charte en faveur de Notre-Dame des Vaux-de-Cernay, et qui valent aussi pour la nôtre:
     «
1. Le P. Anselme (tome II, page 845) dit que Thibaut mourut peu de temps après l’an 1182.
     «2. Le P. Anselme en citant Isabelle parmi les enfants de Thibaut, comte de Blois, la nomme Élisabeth, et dit qu’elle épousa Sulpice, seigneur d’Amboise.
     «3. Ce Renaud Crespin appartenait à une famille illustre de Chartres. Vers l’année 1180, étant sur le point de partir pour Jérusalem, il donna à la léproserie du Grand-Beaulieu, du consentement de sa femme Gillette, un des étaux qu’il possédait dans la rue de Bourc à Chartres. Plus tard, en 1196, nous le retrouvons maréchal de Louis, successeur du comte Thibaut (...). L. M.»
     Le Cartulaire de Notre-Dame des Vaux-de-Cernay a encore conservé une autre charte de Thibault de Blois de 1178 d’après un vidimus de 1255 (voyez http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte50, en ligne en 2006).

     Reginaldus de Roboreto. «Renaud de Rouvray». Mais de quel Rouvray s’agit-il ici? Il se présente au moins deux possibilités:
     1) Notre Renaud de Rouvray, cité ici 1187, serait apparenté
à un Jean de Rouvray que Philippe Auguste fit en 1197 seigneur de Poigny et Auffargis, qui s’illustra à Bouvines en 1214, et qui amortit en 1229 une donation faite sur ses fiefs à Notre-Dame des Vaux-de-Cernay, dans le diocèse de Chartres, ainsi qu’à son fils probable Henri de Rouvray, que l’on voit seigneur d’Auffargis en 1250 (Voyez ce qu’on écrit Auguste Merlet dans son édition en 1867 du Cartulaire de Notre-Dame des vaux-de-Cernay, pp. 280-281, mise en ligne par l’École Nationale des Chartes, http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/vauxcernay1/acte304/ , en ligne en 2006). Il s’agirait alors selon selon toute apparence du Rouvray qui est dans le canton de Vernon, dans le diocèse d’Évreux, 124 km d’Étampes.
     2) Deuxième possibilité: il s’agirait de Rouvray-Saint-Denis, dans le diocèse de Chartres, à seulement 27 km d’Étampes où l’acte est rédigé.


     Herveus de Curvavilla. Hervé de Courville-sur-Eure, à 18 km à l’est de Chartres.

6) La charte de Manassé d’Orléans de 1169 (Voir Annexe 6)

     Manassés de Garlande, Evêque d’Orleans. Manassé de Garlande, a été évêque d’Orléans de 1146 à 1185. Le Cartulaire de Sainte Croix d’Orléans contient de nombreuses autres chartes de lui, dont l’une de cette même année 1169, que Joseph Thillier donne en note dans l’introduction à son édition de ce Cartulaire (http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/scroix/pageCX/ et suivante).

     D’Estienne de Garlande son frere, & de Jean Doyen, son Cousin. Le texte de Fleureau est ici ambiguë. Il faut prendre ici Doyen comme la dignité du dit Jean, plutôt que son patronyme.

     Cet Étienne de Garlande, frère de Manassé, quoi qu’on en ait écrit, n’est pas à confondre avec son célèbre homonyme évêque de Beauvais en 1100, puis archidiacre de Paris, et chancelier de Louis VI de 1106 à 1128, qu’on fait mourir vers 1142. On voit mal en effet comment Manassé, mort vers 1185, pourrait être le frère d’un personnage qui était évêque dès 1100. Dans le Cartulaire de Sainte-Croix d’Orléans édité par Thillier il est fait de nombreuses mentions du doyen Étienne, de 1110 à 1155, date de sa mort (p. 16).

     Jean, cousin de Manassé (probablement du côté maternel puisquil ne paraît pas un Garlande), succède à Étienne comme doyen du chapitre de Sainte-Croix d’Orléans. C’est ce Jean qui a conclu en 1155 au nom du chapitre un accord avec Herbert le Vallet au sujet de la Forêt-Sainte-Croix en Étampois (cf. Alain DEVANLAY, in Cahiers d’Étampes-Histoire 7, p.61). La dernière charte connue de Jean est de cette même année 1169 (http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/scroix/pageCX/ et suivante), année de sa mort puisque nous entendons ici parler du salut de son âme en même temps que de celle d’Étienne. Son successeur sera Hugues, neveu de Manassé (p. 170) dont le frère, pour sa part chevecier du chapitre, s’appelle aussi Manassé comme son oncle. On est en plein népotisme.


     Ob remedium animæ Domini Stephani de Garlanda, & Ioannis Decani fratris, & Cognati nostri. Cette sorte de «dédicace» de la charte de Manassé à ses défunts frère et cousin Étienne de Garlande et Jean, anciens doyens du chapitre, se retrouve encore dans des chartes de 1176, alors que ce sont désormais ses neveux Hugues et Manassé qui sont doyen et chevecier: pro remedio anime nostre et Stephani de Garlanda et Johannis decani bone memorie (p.167), pro remedio anime nostre et Stephani de Gallanda, et pretaxati Johannis decani (p.170), pro anime nostre et Johannis decani bone memorie cognato nostri remedio (p.174).


     
Michaële Sarginensi Cantore sancti Petri. Michel de Sergines (à 20 km au nord de Sens) chantre de l’abbaye Saint-Pierre de Sens.


     Milon d’
Estampes les vieilles (de Stampis veteribus). Rappelons que cette locution dans les chartes latines, et dans la langue de Fleureau, désigne le quartier Saint-Martin d’Étampes, par suite d’une mauvaise rétroversion en latin du toponyme Les vez Estampes («les gués d’Étampes») compris les veiz Estampes («Les vieilles Étampes»), confusion qu’on observe en plusieurs autres endroits de France (Pithiviers-le-Vieil, le Vieux Rouen, le Vieil Amiens, etc.), comme je l’ai montré dans le Cahier d’Étampes-Histoire n°6 (2004), pp. 72-75.

     Roberto de Catena. Ce Robert de Catena est cité en 1169. Comment faut-il entendre de Catena? L’abbé Lebeuf (dans son Histoire de Paris, 1757), parlant de Montlhéry (http://montlhery.com/lebeuf5.htm) signale un acte de 1154, apparemment dans le Cartulaire de Longpont, où l’on voit qu’un Jean de Catena était alors abbé de l’église saint-Pierre du château de Montlhéry. Lebeuf traduit littéralement «Jean de la Chaîne, De Catena», sans doute en désespoir de cause. Notons qu’on trouve aussi dans le même cartulaire un «Anseau fils d’Archembault de Catena», dans un acte que nous avons mis en ligne et qui date approximativement de 1140 (http://www.corpusetampois.com/cls-12-cartulairedelongpont.html, acte XIX).

     Federico de Gondrevilla. «Ferry de Gondreville». On trouve trois Gondreville dans le Loiret: une commune proche de Montargis, à 75 km d’Étampes; un lieu-dit de la commune d’Auxy, à 55 km dans la même direction de Montargis, après Pithiviers; un lieu dit enfin de la commune d’Andonville à 26 km au sud d’Étampes, tout près de l’actuel département de l’Essonne et relevant de l’ancien bailliage d’Étampes: c’est très vraisemblablement de ce dernier lieu qu’est originaire le dit Ferry, puisqu’il fait partie des témoins étampois.

     Theobaldo de Papilione. «Thibault du Pavillon» (et non «Thibault de Papillon» comme le porte Fleureau par distraction p. 128). Voyez notre Note au chapitre 29 de la première partie sur cette famille étampoise de Papilione. La famille du Pavillon est clairement étampoise aus XIIe et XIIIe siècles.

7) La charte de Guillaume Bourgueignel (Voir Annexe 8), et sa confirmation par Pierre de Sens en 1209 (Voir Annexe 8b)


     L’an 1209. Guillaume Bourguignel… Emeline sa femme… ses pere & mere… Thibault son fils… ses autres enfans… Que savons-nous de cette famille étampoise des Bourguinel ou Bourgueignel ou peut-être Bourgueigneux? La charte de Guillaume porte Vvillermus Burginellus. La charte de confirmation donnée par Pierre de Sens porte une rétroversion latine légèrement différente: Villermi Borginelli.
       Un autre membre de cette famille est Jean Bourgueignel, qui fut chambellan de saint Louis.
       Le 8 juin 1253 Saint-Louis, voulant récompenser son chambellan, achète à Berthault Cocalogon, seigneur de Femerez au Perche, près de Chateauneuf en Thymerais, une seigneurie, dépendante de celle de Dourdan pour l’offrir à Jean Bourgueignel et à sa femme Marguerite, après avoir rattaché le village au baillage d’Orléans. Jean Bourgueignel la revend en octobre 1266 aux religieuses de l
abbaye de Longchamp. Un vidimus de 1299 édité en 1869 par Guyot dans son Histoire de Dourdan porte lorthographe française suivante: Jehan Bourgueignel. Il a récemment été mis en ligne sur le site Wikipédia à l’article «Les Granges-le-Roi», http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Granges-le-Roi, en ligne en 2006
       Une autre charte en date de mai 1274, éditée par Fleureau (pp. 419-420), donnée par Philippe III le Hardy (1270-1285), fils de saint Louis IX (1226-1270) nous fait connaître que le même Jean Bourgueignel, depuis décédé, avait donné par testament «trente-neuf livres de cens annuel & perpetuel, avec les droits qui en dependoient, mouvant en fief du Roy, à prendre sur plusieurs heritages assis à Estampes, & au-dedans de la banlieuë, lequel cens il avoit acquis de Philippe de Veres & d’Eremburge sa femme, pour la dotation de deux Chapellenies, qu’il ordonna étre fondées dans l’Hôtel-Dieu d’Estampes, pour prier Dieu pour le repos de l’âme du Roy, de la sienne, & de celle de Marguerite sa femme».
     La charte transcrite par Fleureau porte alors Ioannes Burguineus de Stampis, ce que notre auteur rend erronément dans son commentaire par «Jean de Bourginel», orthographe malheureusement reproduite par Alliot dans son édition partielle du Cartulaire de Notre-Dame d’Étampes (p. 25), et il est alors qualifié de quondam serviens de saint-Louis, ce qui est compatible avec la charge de chambellan.
     Nous sommes donc en présence d’une grande famille étampoise de la deuxième moitié du XIIe siècle et de la première moitié du XIIIe. En 1209, la donation de Guillaume à la léproserie d’Étampes mentionne en effet non seulement ses père et mère, mais aussi «tous nos prédécesseurs». La famille est alors possessionnée non seulement à Villiers près de Bouville mais à Fontenette
(commune dAbbéville-la-Rivière) et Ézarville, c’est-à-dire aux quatre coins du pays étampois. En 1253, Jean est déjà depuis au moins plusieurs années chambellan de Louis IX et se voit attribuer une seigneurie du pays de Dourdan rattachée pour l’occasion au bailliage d’Orléans; mais il revend ultérieurement, en 1266. Nous le voyons concurremment acquérir différents biens à Étampes même (apud Stampas) et dans sa banlieue (infra banleucam), peut-être pour recentrer les biens de la famille et en faciliter la gestion. Il poursuit à sa mort la tradition familiale d’évergétisme local en fondant deux chapellenies à l’Hôtel-Dieu d’Étampes.
      Il est a espérer que la documentation largement inexplorée, ou inexploitée, qui nous a été conservée sur le Moyen Age étampois, nous réserve encore beaucoup d’informations sur cette famille étampoise des Bourguinel.


Harengs Harengs      Carnis privium. «Mardi gras». Ce terme barbare (puisque privium, qui dérive sans doute de privus et signifie probablement «privation» n’existe pas en latin naturel) s’écrit aussi Carnisprivium ou Carniprivium et désigne le Carême-prenant (c’est-à-dire commençant), autrement dit mardi gras, autrement dit carnaval, c’est-à-dire le dernier jour gras avant le Carême, qui commence au «mercredi des cendres». On trouve aussi pour dire la même chose Carnislevarium (en vieil italien Carneleva, d’où par métathèse Carnavale).

     Duo Halecia.
Une des graphies du latin médiéval pour «hareng», mot toujours neutre mais d’orthographe et de déclinaison variable: alec, a